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Place des Fêtes
"Ce soir j’ai de la fièvre et toi tu meurs de froid" · Julien Lewkowicz, Guillaume Costanza & Jean-Luc Romero-Michel
Aujourd’hui sur Tsugi Radio, on va parler de musique - ça vous en avez l’habitude - mais aussi de théâtre et de radio. "Ce soir j’ai de la fièvre et toi tu meurs de froid", c’est le titre d’une pièce de et avec Julien Lewkowicz sur la scène du Théâtre Paris-Villette du 19 mars au 4 avril. Qu’on se rassure, il ne s’agit pas d’une comédie musicale avec les chansons de Claude François. Il s’agit d’une pièce inspirée par une émission mythique de la radio Fréquence Gaie, "Lune de Fiel". On est vers la fin des années 80, c’est la dernière de "Lune de fiel", une émission de libre-antenne au ton incroyablement libre et parfois grivois. Fréquence Gaie, radio pirate, devenue radio libre après l’élection de Mitterrand, est la première radio au monde à destination de la communauté homosexuelle à émettre 24h sur 24. Portée par l’arrivée de la gauche au pouvoir, la radio est très écoutée en Île-de-France, y compris par les hétérosexuel·les qui louaient sa liberté de ton et sa curiosité musicale, culturelle et même philosophique. Il faut dire que le paysage audiovisuel de l’époque ne comptait que 3 chaînes de télé et des radios qui, privées ou publiques, semblaient peu enclines à tourner la page des années 70, voire des années 60. Fréquence Gaie doit son incroyable popularité notamment aux Petites Annonces, des années avant l’arrivée de Grindr et l’invention du Minitel. On ne plaisantait pas avec les petites annonces parce que deux reporters à moto, allaient tous les soirs sonner chez les auditeurs, pour vérifier qu’ils ne mentaient pas sur leur apparence physique ou leur âge, et parfois pour profiter d’un petit échantillon promo. Mais en cette fin de décennie, Fréquence Gaie a enterré trop de ses forces vives à cause de l’épidémie de VIH. La pièce de Julien Lewkowicz amène l’esprit libertin et frondeur de Fréquence Gaie sur le plateau, sans occulter la tristesse insondable d’une génération dont les espoirs ont été fauchés en plein vol. Fréquence Gaie, en plus d’être un refuge a participé à la conquête des droits des gays et des lesbiennes. Droits dont on sait qu’ils ne sont jamais acquis. Le Sénégal il y a quelques jours a alourdi la répression contre l’homosexualité, les bonnes nouvelles du premier tour des municipales masquent à peine les réélections triomphales de certains maires d’extrême-droite qui, si elle prend le contrôle du pays, s’attaquera aux droits des minorités comme elle fait en Italie ou aux États-Unis. Alors aujourd’hui, exceptionnellement sur Tsugi Radio, on ne dit pas LGBTQIA+, mais pédé et gouine, aujourd’hui, notre webradio se branche sur le 90FM avec Julien Lewkowicz, la comédienne Laure Blatter, et la particpation de Jean-Luc Romero-Michel, ancien bénévole de Fréquence Gaie.
En fin d'émission, coup de fil au Président du Campus-Condorcet, Pierre-Paul Zalio, à l'occasion de la 3ème édition du Printemps des Humanités. Du 19 au 21 mars, ce festival de sciences sociales se poste une question : pourquoi travailler ? Avec Banlieues Bleues, Tsugi Radio s'associe à la soirée de clôture samedi 21 novembre avec le concert de Da Cruz et un set de nos résidents PPJ.
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154. The Haunted Youth en live
45:52||Saison 6, Ep. 154Si cela s’est généralisé, il ne faudrait pas croire que la tendance à chanter ses fragilités quand on est un jeune homme si possible affublé d’une guitare, remonte à la pandémie. Dans les années 80 aussi, les garçons se mettaient du noir aux yeux et du vernis sur les ongles. On ne parlait pas encore à ce point de santé mentale, mais la cold wave, héritière du glam rock et du punk, incarnait le réceptacle idéal des tourments de toute une génération d’artistes peu à l’aise avec les injonctions virilistes de la société. Difficile de ne pas penser à The Cure en écoutant la musique de The Haunted Youth, le groupe du Belge, Joachim Liebens, avec sans doute en plus, une dose de nihilisme grunge à la Kurt Cobain. Le premier album du groupe en 2022, porté par le succès de son single teen rebel, a vite fait de tailler une solide réputation à ce groupe indie flamand. Repéré par les medias les plus respectés et invité par de nombreux festivals, ils ont embarqué dans une tournée qui a réjoui Joachim Liebens autant qu’elle l’a mis à l’épreuve. Boys Cry too, c’est le titre du deuxième album de The Haunted Youth, dont la production ambitieuse de synthés romantiques et de murs de guitares anesthésiants, sait aussi se faire plus délicate, révélant les aigus déchirants de la voix de Joachim Liebens. On a profité de leur passage au Trabendo pour attraper The Haunted Youth dans notre studio du Parc de la Villette pour une session live et quelques questions.
152. Avec Anne F. Garréta et la chronique de Juliette De Prigny
01:02:37||Saison 6, Ep. 152Avant la soirée Wet for Me, avant le Pulp, le repaire des lesbiennes parisiennes dans les années 80 s’appelait le Katmandou et se trouvait dans le 6ème arrondissement Rue du Vieux-Colombier. Anne F. Garréta, étudiantes en lettres, y passe ses nuits. À l’époque on ne parlait pas de club, même pas de DJ, on disait plus volontiers disquaire, et la nuit beaucoup moins safe qu’aujourd’hui, était aussi plus romanesque. Un jour de l’été 1982, une des disquaires du Katmandou, Momo, propose à Anne Garréta de la remplacer aux platines. C’est une révélation pour la future écrivaine qui saisit l’occasion de poursuivre sa passion pour la musique mais aussi pour la technologie. Anne Garréta a fini ses études, diplômée d’une grande école, et si elle vit entre la France et les États-Unis, elle n’a jamais abandonné totalement les platines. En 1986, elle publie Sphynx, premier de la littérature française avec une personnage de DJ. Cet hiver, elle a sorti, DJ, portrait de l’artiste en animale nocturne, où elle revient sur ses années de disquaire. Inventaire des lieux interlopes de la capitale, galerie de portrait fascinante, plongée dans la musique des années 80 et goût immodéré pour la lecture de notices techniques pas encore générées par l’intelligence artificielle. Anne F. Garréta a obtenu le Prix Medicis en 2002 pour son livre Pas un jour, elle est aussi membre de l’Oulipo, l’Ouvroir de littérature potentielle créé par Raymond Queneau dont se réclament aussi Georges Perec et Italo Calvino. D’ailleurs, dans son dernier ouvrage, elle écrit : « Toute DJ est dadaïste, à son insu ou à son corps défendant. » Aujourd’hui, dans Place des Fêtes, une heure sur le dancefloor du Katmandou avec Anne F. Garréta. Dans DJ, portrait de l’artiste en animale nocture, comme dans tout roman musical qui se respecte, on trouve à la fin une playlist dans laquelle nous avons pioché pour la playlist du jour.
153. La sélection jeux-vidéo de la saison de Juliette de Prigny
07:17||Saison 6, Ep. 153Pour cette dernière chronique de la saison, Juliette nous parle de jeux qui n’ont pas eu la chance d’avoir leur propre chronique cette saison. Avec Infinity Nikki, Pokopia et Okami.
151. BPM Contest avec Mon Cher Guy, Breakbot, Irfane, Sébastien Roch, Gonthier, Wladimir Pandolfo et Arnaud Andrieu
01:07:03||Saison 6, Ep. 151Le mois d’avril marque le retour d’un rendez-vous important pour la scène électronique : le BPM Contest.Pour cette émission exceptionnelle, Tsugi Radio célèbre la grande révélation de cette 13e édition du BPM Contest : Mon Cher Guy.Un projet à la fois élégant, sensible et profondément émotionnel, qui a su séduire autant les professionnels que le public.Autour de cette victoire rare — doublement saluée par le Jury et le Public — l’émission réunit parrains, artistes et figures majeures de la scène musicale actuelle pour une soirée placée sous le signe de la transmission, de l’émergence et de la passion musicale. Antoine Dabrowski et Sébastien Roch reçoivent au micro : Mon Cher Guy, Breakbot, Irfane, Gonthier, Wladimir Pandolfo, Arnaud Andrieu, Philippe Le Breton et Olivier Ledot.
150. Rio Loco avec Hey Bony, Fabien Lhérisson, Vincent Lasserre et la chronique d'Olivier Forest
59:03||Saison 6, Ep. 150Rio Loco, 11 juin 2025. Sur la prairie des filtres à Toulouse, au bord de la Garonne, une foule bien compacte se massait pour assister à l’incroyable concert du groupe Kassav’. Pas un téléphone de sorti, des hanches qui chaloupent, tout le monde qui transpire et surtout qui sourit. C’est ça l’effet Kassav’, un groupe transgénérationnel qui embarque par sa générosité et une prestation impressionnante, mais un groupe parfois plus connu à l’étranger qu’en France métropolitaine. Curieux paradoxe de l’histoire qui raconte aussi en creux l’histoire de la colonisation. Pourtant, les îles de notre petite planète, qu’elles soient d’anciennes colonies ou non, nous ont donné le maloya de La Réunion, le reggae de la Jamaïque, le Shatta de la Martinique, le son de Cuba, la morna du Cap Vert… liste interminable et exaltante de musiques qui font remuer les corps. Après avoir fêté ses 30 ans en grande pompe en 2025, Rio Loco a titré son édition 2026 : Insulae pour célébrer les musiques insulaires, qui ont tant voyagé et nourri les artistes de toute la planète. Aujourd’hui rebaptisons l’émission, Île des Fêtes, avec l’équipe du festival et l’artiste guadeloupéen Hey Bony. Mais d’abord première escale à la Martinique.
149. La Tournée · Strasbourg Music Week avec Glaascats, Francis of Delirium, Caprice, damagehead, Isabelle Sire et Lydia Frémaux
01:39:46||Saison 6, Ep. 149Tsugi Radio est en direct de Strasbourg et de cet événement qui existe depuis 4 ans maintenant : le Strasbourg Music Week. Le festival transfrontalier des musiques nouvelles. Objectif : faire connaître des projets musicaux de la région et d’ailleurs.Angèle Chatelier reçoit au micro du plateau, depuis le site de la Grenze : Glaascats, Francis of Delirium, Caprice, damagehead, Isabelle Sire et Lydia Frémaux.
148. Rendez-vous dans l'espace littéraire de mai 2026 · la chronique de Nicolas Jalageas
05:26||Saison 6, Ep. 148Les Oiseaux du Temps d'Amal El-Mohtar et Max Gladstone et Romanée-Conti 1935 de KAIKÔ Takeshi, voici les deux recommandations de Nicolas Jalageas ce mois-ci.
147. Nuits Sonores et les chroniques de Nicolas Jalageas et d'Alexandre Berly
59:15||Saison 6, Ep. 147Aujourd’hui, ce n’est pas un jour tout à fait comme les autres dans la petite histoire de Tsugi Radio… Tsugi Radio, webradio du magazine Tsugi, démarrée en octobre 2015 avec un ordinateur, beaucoup de rêves, pas beaucoup de moyens et zéro business plan… Nous avons grandi, avons ouvert un studio dans la Folie L1 du Parc de la Villette, avons agrandi les équipes, sans rien changer à notre passion de découvrir des artistes et de la nouvelle musique, à notre envie de parcourir les festivals inlassablement, jusqu’à 32 en 2025. Mais aujourd’hui, Tsugi Radio, n’est plus seulement une webradio. À Paris, en région parisienne, à Nice, Cannes et Marseille, depuis ce matin, vous pouvez écouter Tsugi Radio en DAB+. Qu’est-ce que le DAB+, et bien c’est la radio numérique, qui est appelée prochainement à remplacer la FM, comme la TNT a remplacé la télévision hertzienne. Pour nous écouter en DAB+, il faut une radio DAB+, il en existe de toutes les gammes et pour toutes les bourses. Et sachez que les voitures commercialisées depuis décembre 2020 en France en sont obligatoirement équipées. Nous avons toujours considéré Tsugi Radio comme une vraie radio, même si elle n’était disponible que sur le web. Mais c’est aujourd’hui sans doute encore un peu plus vrai qu’hier.Indépendance, c’est la valeur cardinale que le festival Nuits Sonores défend ardemment depuis 23 ans à Lyon… ce qui n’est pas sans présenter son lot de challenges. Mais l’événement lyonnais parvient à résoudre cette impossible équation avec élégance et curiosité. En mettant à l’honneur des artistes ukrainiens, colombiens, en accueillant le soundsystem de la légende Mad Professor, mais aussi avec Juan Atkins, Leftflied, 808 State, Anetha, Kittin, Four Tet et toujours ce soutien à la scène et aux collectifs locaux. Aujourd’hui dans Place des Fêtes, on va passer un coup de fil à Pierre Zeimet, un des programmateurs de Nuits Sonores. Au programme aussi la cabine des curiosités de l’ami Alexandre Berly qui viendra nous expliquer la différence entre phaser et flanger pour celleux d’entre vous qui aiment triturer les effets sonores. Pour les autres qui préfèrent la lecture, on a rendez-vous dans l’espace littéraire avec Nicolas Jalageas, notre libraire des Cahiers de Colette. Hier une drôle de faune se dirigeait vers l’Accor Arena de Bercy. La messe un dimanche soir pour les fans d’indie music de tous âges avec le concert de l’Australien, Kevin Parker, plus connu sous le nom de Tame Impala. Grosse scéno avec des barres de lights multicolores, motorisées dont les mouvements et les lasers n’étaient pas sans rappeler la scénographie de la dernière tournée de Justice ou le duo avec Lewis, leur ingé light historique, qui est devenu une influence pour d’autres, comme on se le disait hier soir avec Pedro Winter. Si Pedro était là, c’était bien sûr parce que dans la surenchère de proposition que sont devenus ces grands concerts, il fallait bien une tête d’affiche française pour faire la première partie de Tame Impala. Xavier et Gaspard, aux platines pour un megamix puissant et généreux avant pour le premier titre du rappel de monter sur scène pour jouer Neverenderrer, un des deux featurings de Kevin Parker sur leur album, Hyperdrama. Un dimanche soir comme on les aime. TAME IMPALA "Dracula (JENNIE remix)"808 State "Pacific State"THE LEMON TWIGS "Look For Your Mind"THE HAUNTED YOUTH "deathwish feat. Max Fry"CLARA KIMERA "God Complex"MADONNA & SABRINA CARPENTER "Bring Your Love"
146. Les Francos de Montréal avec Wamen & la chronique de Benoît Felix-Lombard
01:03:07||Saison 6, Ep. 146Aujourd’hui dans Place des Fêtes, on parle italien, car c’est le jour de la visite mensuelle de notre expert en musica leggera Benoît Felix-Lombard, entre hommage à Gino Paoli récemment disparu et coup de cœur pour TonyPitony. Mais d’abord on parle québécois… en 1989, Jean-Louis Foulquier, créateur des Francofolies de La Rochelle, s’associe avec Alain Simard et Guy Latraverse pour créer un nouvel axe majeur de l’amitié franco-québécoise. Les Francos de Montréal sont aujourd’hui le plus important festival francophone au monde. Il faut voir la foule s’assembler devant la scène Rogers sur la place des festivals. Un festival unique aussi dans sa proposition avec une programmation aux deux tiers gratuite. Du 12 au 20, on ira donc célébrer le français, je devrais même dire les français avec une belle brochette d’artistes de toute la francophonie : Québec et France bien sûr, mais aussi les Antilles qui seront représentées avec la star du dancehall Bamby et aussi les toujours impeccables Kassav’, je le rappelle le meilleur groupe français sur scène. Orelsan, Laurent Voulzy, disiz, Zélie, Ino Casablanca, aupinard pour les Français… Pierre Lapointe, Arianne Moffatt, Alphonse Bisaillon, Ariane Roy, Robert Robert, Virginie B, Klô Pelgag pour les Québécois… un hommage à Joe Dassin par Étienne Coppée et sa bande, un à Dôme, l’album culte de Jean Leloup avec Safia Nolin, Les Louanges ou Lou-Adrianne Cassidy. Sans oublier deux fines lames de l’electro française, Léonie Pernet et Romane Santarelli. 114 artistes pour 10 jours de fête dans la capitale du Québec. Aujourd’hui, dans Place des Fêtes, les Francos de Montréal, avec Camille Guitton et aussi avec Wamen, une artiste franco-camerounaise, qui a bien du mal à rentrer dans la vie d’adulte et qui le chante si bien.