La couleur des mots

Partager

La couleur des mots - Fawzia Zouari

Saison 4, Ép. 3

Rencontre avec le réalisme magique de la romancière et journaliste Fawzia Zouari, Chevalier des Arts et des Lettres, et Prix des 5 Continents en 2016 pour Le corps de ma mère.


Avec son dernier roman, paru chez Plon au début de l’année, ce n’est pas le Macondo de Garcia- Marquez qui nous est raconté, mais le petit village d’Ebba, en Tunisie. Pourtant, l’universel est là. Et l’équilibre entre récit personnel, souvenirs d’enfance et puissance de l’imaginaire aussi.


Intime, poétique, entre secrets et sortilèges, c’est un mode rural, ancré dans sa terre et son histoire que révèle Par le fil je t’ai cousue. Le corps des femmes y est scellé et enfermé, et toute la palette des accommodements, de la violence et de la beauté, du visible et de l’invisible se mêle et s’entrechoque, pour devenir un récit que toutes les femmes peuvent reconnaître, qu’elles soient d’Orient ou d’Occident.

Plus d'épisodes

8/16/2022

La couleur des mots - Beata Umubyeyi Mairesse

Saison 4, Ép. 5
Rencontre avec Beata Umubyeyi Mairesse, voix de l’exil, de la transmission, et surtout de la libération des mots. Avec son 2ème roman, Consolée, qui sort ces jours-ci chez Autrement, elle nous emmène sur les traces de 3 générations de femmes : Consolée-Astrida, une vieille dame métisse, noire ET blanche, qui s’éteint peu à peu dans un EPHAD de l’Hexagone en perdant l’usage du français… La narratrice Ramata, quinquagénaire d’origine sénégalaise qui va tenter de lui venir en aide en se lançant à la recherche du sens des mots mystérieux que la vieille femme parvient encore à prononcer, dans une langue que personne ne comprend… et Inès, la fille de Ramata, une adolescente en colère qui refuse de se plier aux injonctions identitaires et aux clichés du monde qui l’entoure.À travers le parcours de ces 3 femmes, ce sont toutes les strates et les vécus de destins bouleversés par la grande Histoire qui vont se croiser et se faire écho. Des collines du Rwanda au sud-ouest de la France, en passant par le Sénégal, l’Algérie ou la Belgique… De l’orphelinat pour enfants métis de Save, arrachés à leur famille pour être "civilisés" puis adoptés en Europe, à la question des soins apportés au vieux immigrés qui meurent ici en silence, et plus largement à tous nos anciens, c’est toute la complexité, la violence, la poésie et la beauté de mots fragmentés et de silences lourds de chagrins refoulés qui apparaissent au fil des pages. Et qui dévoilent peu à peu toute la mécanique institutionnelle et intime de destins sous contrainte, rendus muets par de nombreuses frontières.