Confidences sur la cuvette

Partager

Episode #7 - Margreta

Saison 1, Ép. 7

Dans ce 7e épisode, Margreta lève le voile sur une pratique qui dérange : l’assistance sexuelle à la personne handicapée. Un témoignage riche et décapant qui nourrit tout en nuance notre petite machine à penser.


Ils rêvent tous d’une sexualité normale. Mais voilà. Enfermés dans leur handicap, physique ou mental, ils sont coupés de cette chance, de ce droit humain fondamental. Incapables d’assouvir leurs besoins affectifs et leurs désirs, déconnectées de leur propre corps, reléguées aux oubliettes de notre société, les personnes handicapées souffrent ainsi d’une double peine discriminante. En Belgique, ce n’est que dans les années 90 qu’on se penche sur la question de leur sexualité : en 1997, une recrudescence de l’épidémie du Sida toucha des personnes handicapées au sein même des institutions, créant l’émoi et levant radicalement le voile sur les besoins de ces dernières et sur l’état de leur condition humaine. « Ainsi a-t-on vu trois ministres francophones avaliser, au début des années 2000, la Charte pour agir, rédigée par des acteurs de terrain, dont un des objectifs est le développement de l’information et le soutien à l’épanouissement affectif et sexueldes personnes handicapées », commente le Comité consultatif de bioéthique de Belgique dans l’Avis positif qu’il promulgue en faveur de l’assistance sexuelle à la personne handicapée, en 2017… seulement.


Vouloir sortir ces personnes fragilisées de l’isolement, vouloir comprendre leur misère affective et sexuelle est devenu légitime. Mais l’idée de leur faciliter l’accès à l’exploration et à la découverte de leur corps, de leurs sensations et de leur sensualité paraît une évidence somme toute encore très théorique. Sur le terrain, le sujet reste taboutenduclivant. Soit que les assistants sexuels restent incompris voire à peine tolérés, soit que l’on nie l’existence même des demandes des bénéficiaires, soit que l’on peine à qualifier cette pratique thérapeutique floue, à mi-chemin entre la câlino-thérapie et la prostitution. Dans la tête de certains, l’accompagnement vers les plaisirs intimes est une pratique potentiellement perverse qui pourrait aliéner encore davantage la personne. Dans la bouche des personnes qui témoignent, en revanche, il s’agit « juste » de proposer son aide à des personnes en souffrance. Et les rendre plus humains.


Bien-sûr, les questions sont nombreuses et le cadre nécessaire : Quelle formation enseigner ? Quel statut donner aux assistants sexuels ? Doit-on prévoir un remboursement par la sécurité sociale ? Comment cadrer les demandes des bénéficiaires ? Comment éviter le soupçon d’un « Etat proxénète » ?… En Belgique, la loi autorise la pratique et sa rémunération. Il faut compter une centaine d’euros la séance, hors frais de déplacement. La prise en charge par la mutuelle n’est pas autorisée alors qu’elle l’est dans certains cas au Danemark, en Suisse et aux Pays-Bas. En France, la formation et la pratique sont légales, mais pas leur rémunération…

Concrètement, en Belgique, on compte une centaine d’assistants sexuels, essentiellement des femmes, et majoritairement en Flandre. Ces personnes sont formées par l’association Aditi qui propose (depuis 2009 en Flandre, 2012 en Wallonie et à Bruxelles) des solutions concrètes pour les personnes en situation de handicap et leur entourage, des conseils et des formations pour les professionnels qui les accompagnent. L’association coordonne les demandes des bénéficiaires et les clarifie grâce à un premier rendez-vous avec un sexologue qui voit ensuite vers qui transférer au mieux cette demande si particulière.


Et si la sexualité et le handicap restent un sujet difficile à aborder dans la vraie vie, le cinéma y a déjà pourtant consacré quelques films sensibles, drôles, pertinents, comme le belge Hasta la vista de Goeffrey Enthoven, le mémorable Intouchables d’Olivier Nakache et Eric Tolédano, le récompensé De rouille et d’os de Jacques Audiard et le réaliste The Session de Ben Lewin, qui raconte l’histoire vraie de la rencontre entre un homme paralysé et une thérapeute qui va lui permettre d’aimer « comme tout le monde ».

Plus d'épisodes

1/3/2020

Episode #2 - Sam

Saison 1, Ép. 2
"Prendre soin de la méthode avec laquelle on se met des trucs dans le crâne", c’est le crédo de Sam qui sème son regard critique par le biais de sa chaîne YoutubeMr. Sam — Point d’Interrogation.Depuis quelques années, ce sont quelque70.000 abonnésqui suivent les vidéos dans lesquelles Sam examine le monde qui nous entoure selon les principes dela zététique. La quoi? La zététique, une discipline ou plutôt unedémarche de réflexionqui aborde avec unregard sceptique et une méthodologie rationnelle les phénomènes extraordinaires(un petit tour sur l’Observatoire de zététiquesi vous voulez en savoir plus).Voyance, télépathie, fantômes, homéopathie, physique quantique, scientologie, Terre plate… autant de sujets passés au crible de sa démarche. Le caillou dans sa chaussure?Les ovnis. Comment maintenir une démarche objective sur les phénomènes extraordinairesalors que l’on est soi-même témoin? Il y a quelques années, Sam a observé quelque chose d’à la fois mécanique et vivant dans le ciel Schaerbeekois; un phénomène qu’il est toujours incapable d’expliquer aujourd’hui confie-t-il, mais qu’il est sûr d’avoir vécu.Et il ne devrait pas être le seul. Car en Belgique, le dernier rapport duCobeps(le Comité belge d’étude des phénomènes spaciaux) signale uneaugmentation du nombre de signalements d’ovnis, tant au nord qu’au sud du pays: 255 notifications au total pour 2018. Analysées, filtrées et identifiées par le Comité, ces données demeurent pour quelques-unes encore inexpliquées: “Il reste environ 5 % de phénomènes non identifiés après enquêtequi focalisent particulièrement notre attention”, peut-on lire sur leur site.Les mois d’été sont les plus propicesaux signalements d’ovnis, ouvrez l’oeil :-)!
1/3/2020

Episode #3 - Gilles

Saison 1, Ép. 3
Dans ce nouvel épisode, c'est Gilles qui prend place sur nos cuvettes. Gilles se prête passionnément au Jeu de Rôle Grandeur Nature (GN) depuis l’âge de 13 ans. Une pratique d’enfant qui nourrit l’homme et le père qu’il est devenu aujourd’hui. L’occasion de mieux comprendre grâce à lui, cet univers ludique qui mêle imaginaire, émotions fortes, introspection, apprentissage et rencontre de l’autre.Le dernier week-end de juillet s’est tenue la 19éme édition d’Avatar Stronghold, un jeu de rôle grandeur nature (à l’international, on parle de LARP pour “Live Action Role-Playing Game”) organisé par laFédération belge de GN, dont Gilles est aussi membre fondateur (… Vous avez dit mordu?). Ce sont environ 1200 personnes venues des quatre coins de la Belgique, mais aussi de France, des Pays-Bas, du Royaume-Unis et du Canada qui, pendant quatre jours, se plongent dans l’univers médiéval fantastique de Caldera, un immense cratère de volcan éteint, dans lequel évoluent communautés humaines, orcs, fées et démons. Un petit tour surle teaser d’Avatar 2019vous donnera le ton!“Ressentir les choses, les vivre en vrai” comme le cherche Gilles, c’est sans doute ce qui motive les quelque3 000 GNistesmembres de la fédération belge aujourd’hui. Un scénario, des personnages, un costume crédible, un cadre de jeu sécurisant, une charte à respecter, une organisation de dingue… il n’en faut pas plus pour s’émouvoir ensemble dans un formidableespace de liberté et d’expression. Cette espèce de match d’impro géant et sans public réunit hommes et femmes de tous les horizons pour jouer à “On disait que” et trouver par là un fabuleuxoutil de socialisation.La rencontre de Gilles nous apprendra également que le jeu de rôle grandeur nature est aussi unoutil pédagogique, comme l’illustrecette école danoise: au lieu d’enseigner les matières de façon magistrale, les professeurs immergent les élèves dans la réalité du sujet étudié. A l’instar de ces innovants Danois, sur le site de la Fédération belge, vous trouverez une multitudes defiches pédagogiquesà utiliser en classe: si vous êtes prof, laissez-vous tenter!
1/3/2020

Episode #4 Catherine

Saison 1, Ép. 4
Un jour, mes princes charmants… Dans ce 4e épisode, Catherine raconte son parcours sentimental de polyamoureuse et les réflexions qui le jalonnent. Où l’on parle d’amour évidemment, mais surtout de respect, de partage, d’illusion et de développement personnel.Polyamour, amours plurielles, lutinage, couple libre, pluriamour… autant de termes pour nommer une conception libre et libérée des relations amoureuses. C’est le choix de Catherine depuis près de 8 ans:s’autoriser à aimer plusieurs personnes à la fois, prendre soin d’elles tout en se respectant, vivre dans la vérité, dans sa vérité.Même si elle concerne une petite minorité encore aujourd’hui (on parle de 2% en France, 5% aux Etats-Unis…), l’idée de l’amour libre n’est pas neuve. Et même si elle est souvent confondue ou associée au libertinage frivole, à l’échangisme ou à l’adultère, le polyamour continue à intriguer les uns, à offusquer les autres… et àattirer hommes et femmes qui cherchent des modèles relationnels et affectifs alternatifs, dessinant par là les tracés de leur propre Carte du Tendre.Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir avec leur “pacte de poly-fidélité”, Virginia et Leonard Woolf et leur couple libre… Ils étaient jusque ici des couples d’intellectuels un peu excentriques, une sorte d’exception qui faisait la règle. Entre-temps, il y a eu Mai 68, la contraception, la dislocation longue et lente du modèle familial et du couple, la recherche perpétuelle de l’égalité entre les hommes et les femmes, l’apparition d’Internet et des sites de rencontre… débridant le schéma classique de nos relations amoureuses. Et pour un plus grand nombre alors,l’envie de questionner la fidélité, le respect, la jalousie, le consentement, le couple.Comment aimer plusieurs personnes? Est-ce possible? Comment l’assumer? Comment l’expliquer?L’idée est belle, mais concrètement? La lecture des livresLe guide des amours pluriellesetAimer plusieurs hommesdeFrançoise Simpère(journaliste française surnommée “la grande amoureuse”) ont été des repères pour beaucoup de “polys”. Côté films, on pense àJules et Jimde Truffaut, àCésar et Rosaliede Claude Sautet, les célèbresValseusesde Bertrand Blier ou plus récemmentVicky Cristina Barcelonade Woody Allen. En 2018, la“comédie-documentaire”Lutined’Isabelle Broué nous embarque en polyamorie.Et si l’envie vous prend d’aller plus loin dans cette réflexion, un petit tour surpolyamour.be, l’écoute dePolyplaisir des utopiessur radio Campus, où la participation à unCafé Polyprès de chez vous peuvent vous être utiles.Et n’oubliez pas: gardez l’esprit ouvert!