Confidences sur la cuvette

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Episode #5 - Gaétano

Saison 1, Ép. 5

Anxieux? Gaetano l’est par nature, sensible qu’il est au monde et aux personnes qui l’entourent. Depuis la lecture du livre Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne en 2015, il expérimente l’éco-anxiété : un mal-être et une souffrance qu’il vit depuis qu’il prend conscience de la possible finitude du monde et des hommes. Il nous l’explique dans ce 5e épisode des Confidences sur la cuvette.


Dépression verte, angoisse climatique, eco-anxiété, solastalgie… Ils sont nombreux les mots pour décrire ce mal être nouveau. Force est de constater que le dérèglement climatique et la crise environnementale n’ont pas que des effets sur la nature et la biodiversité, mais également sur la santé mentale de l’être humain. En 2012 déjà, l’informaticien canadien Paul Chefurka déterminait une échelle de la prise de conscience de l’effondrement par les individus. Une échelle qu’il étalonne en 5 étapes, de ce qu’il appelle le “sommeil profond” à “la prise de conscience que “la situation difficile englobe tous les domaines de la vie”. Dans cet article, l’association Adrastia.org traduit l’échelle de Chefurka en français pour éclairer les balises de nos esprits en questionnements.

De son côté, dans un article de la revue Imagine Demain le monde (oct. 2017), Pablo Servigne “classe” les réactions humaines face à l’effondrement comme ceci: les “aquoibonistes” qui pensent qu’il vaut mieux profiter de la vie à fond tant qu’on peut; les “çavapétistes” qui, entre colère, tristesse et injustice, se disent qu’il est temps que “ça pète”; les “collapsologues” qui s’abreuvent d’informations sur le sujet et les transmettent à leur entourage; et enfin ceux qui pensent qu’il faut agir, tous ensemble pour le bien commun comme les “transitionnistes” ou seul en autosuffisance pour les “survivalistes”.

Petit à petit aussi, de nouvelles disciplines apparaissent, comme l’écophysiologie, cette branche de la biologie qui étudie les réponses comportementales et physiologiques des organismes à leur environnement. Ou comme l’écopsychologie qui s’attèle à comprendre les relations entre les humains et la nature, et à accompagner les individus face au possible déclin du monde tel que nous le connaissons. Deux auteures américaines ont publié des travaux qui nourrissent cette nouvelle dimension de la prise en charge de la dépression et des troubles anxieux : Joanna Macy en 2008 déjà avec son livre Ecopsychologie pratique et rituels pour la Terre (Le Souffle d’or) et Carolyn Baker en 2016, avec L’effondrement, petit guide de résilience en temps de crise (Ecosociété).

Son salut, Gaetano le puise dans l’action: par la création du collectif citoyen Rise for Climate qui appelle à la mobilisation et qui a réuni 75000 personnes dans les rues de Bruxelles le 2 décembre 2018. Pour les spécialistes de l’effondrement, face au déclin de notre système industriel, un véritable travail de deuil s’impose. Pour l’accomplir, Gaetano puise ses forces dans un chemin spirituel teinté de pensée bouddhique qui lui redonne de l’espoir.

L’espoir, c’est ce que sème aussi Rob Hopkins, Dans son dernier livre à paraître le 17 octobre From what is to what if… (L’imagination au pouvoir!), ce pionnier du mouvement de la Transition, invite à redécouvrir notre imaginaire pour envisager d’autres possibles.

Plus d'épisodes

1/3/2020

Episode #2 - Sam

Saison 1, Ép. 2
"Prendre soin de la méthode avec laquelle on se met des trucs dans le crâne", c’est le crédo de Sam qui sème son regard critique par le biais de sa chaîne YoutubeMr. Sam — Point d’Interrogation.Depuis quelques années, ce sont quelque70.000 abonnésqui suivent les vidéos dans lesquelles Sam examine le monde qui nous entoure selon les principes dela zététique. La quoi? La zététique, une discipline ou plutôt unedémarche de réflexionqui aborde avec unregard sceptique et une méthodologie rationnelle les phénomènes extraordinaires(un petit tour sur l’Observatoire de zététiquesi vous voulez en savoir plus).Voyance, télépathie, fantômes, homéopathie, physique quantique, scientologie, Terre plate… autant de sujets passés au crible de sa démarche. Le caillou dans sa chaussure?Les ovnis. Comment maintenir une démarche objective sur les phénomènes extraordinairesalors que l’on est soi-même témoin? Il y a quelques années, Sam a observé quelque chose d’à la fois mécanique et vivant dans le ciel Schaerbeekois; un phénomène qu’il est toujours incapable d’expliquer aujourd’hui confie-t-il, mais qu’il est sûr d’avoir vécu.Et il ne devrait pas être le seul. Car en Belgique, le dernier rapport duCobeps(le Comité belge d’étude des phénomènes spaciaux) signale uneaugmentation du nombre de signalements d’ovnis, tant au nord qu’au sud du pays: 255 notifications au total pour 2018. Analysées, filtrées et identifiées par le Comité, ces données demeurent pour quelques-unes encore inexpliquées: “Il reste environ 5 % de phénomènes non identifiés après enquêtequi focalisent particulièrement notre attention”, peut-on lire sur leur site.Les mois d’été sont les plus propicesaux signalements d’ovnis, ouvrez l’oeil :-)!
1/3/2020

Episode #3 - Gilles

Saison 1, Ép. 3
Dans ce nouvel épisode, c'est Gilles qui prend place sur nos cuvettes. Gilles se prête passionnément au Jeu de Rôle Grandeur Nature (GN) depuis l’âge de 13 ans. Une pratique d’enfant qui nourrit l’homme et le père qu’il est devenu aujourd’hui. L’occasion de mieux comprendre grâce à lui, cet univers ludique qui mêle imaginaire, émotions fortes, introspection, apprentissage et rencontre de l’autre.Le dernier week-end de juillet s’est tenue la 19éme édition d’Avatar Stronghold, un jeu de rôle grandeur nature (à l’international, on parle de LARP pour “Live Action Role-Playing Game”) organisé par laFédération belge de GN, dont Gilles est aussi membre fondateur (… Vous avez dit mordu?). Ce sont environ 1200 personnes venues des quatre coins de la Belgique, mais aussi de France, des Pays-Bas, du Royaume-Unis et du Canada qui, pendant quatre jours, se plongent dans l’univers médiéval fantastique de Caldera, un immense cratère de volcan éteint, dans lequel évoluent communautés humaines, orcs, fées et démons. Un petit tour surle teaser d’Avatar 2019vous donnera le ton!“Ressentir les choses, les vivre en vrai” comme le cherche Gilles, c’est sans doute ce qui motive les quelque3 000 GNistesmembres de la fédération belge aujourd’hui. Un scénario, des personnages, un costume crédible, un cadre de jeu sécurisant, une charte à respecter, une organisation de dingue… il n’en faut pas plus pour s’émouvoir ensemble dans un formidableespace de liberté et d’expression. Cette espèce de match d’impro géant et sans public réunit hommes et femmes de tous les horizons pour jouer à “On disait que” et trouver par là un fabuleuxoutil de socialisation.La rencontre de Gilles nous apprendra également que le jeu de rôle grandeur nature est aussi unoutil pédagogique, comme l’illustrecette école danoise: au lieu d’enseigner les matières de façon magistrale, les professeurs immergent les élèves dans la réalité du sujet étudié. A l’instar de ces innovants Danois, sur le site de la Fédération belge, vous trouverez une multitudes defiches pédagogiquesà utiliser en classe: si vous êtes prof, laissez-vous tenter!
1/3/2020

Episode #4 Catherine

Saison 1, Ép. 4
Un jour, mes princes charmants… Dans ce 4e épisode, Catherine raconte son parcours sentimental de polyamoureuse et les réflexions qui le jalonnent. Où l’on parle d’amour évidemment, mais surtout de respect, de partage, d’illusion et de développement personnel.Polyamour, amours plurielles, lutinage, couple libre, pluriamour… autant de termes pour nommer une conception libre et libérée des relations amoureuses. C’est le choix de Catherine depuis près de 8 ans:s’autoriser à aimer plusieurs personnes à la fois, prendre soin d’elles tout en se respectant, vivre dans la vérité, dans sa vérité.Même si elle concerne une petite minorité encore aujourd’hui (on parle de 2% en France, 5% aux Etats-Unis…), l’idée de l’amour libre n’est pas neuve. Et même si elle est souvent confondue ou associée au libertinage frivole, à l’échangisme ou à l’adultère, le polyamour continue à intriguer les uns, à offusquer les autres… et àattirer hommes et femmes qui cherchent des modèles relationnels et affectifs alternatifs, dessinant par là les tracés de leur propre Carte du Tendre.Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir avec leur “pacte de poly-fidélité”, Virginia et Leonard Woolf et leur couple libre… Ils étaient jusque ici des couples d’intellectuels un peu excentriques, une sorte d’exception qui faisait la règle. Entre-temps, il y a eu Mai 68, la contraception, la dislocation longue et lente du modèle familial et du couple, la recherche perpétuelle de l’égalité entre les hommes et les femmes, l’apparition d’Internet et des sites de rencontre… débridant le schéma classique de nos relations amoureuses. Et pour un plus grand nombre alors,l’envie de questionner la fidélité, le respect, la jalousie, le consentement, le couple.Comment aimer plusieurs personnes? Est-ce possible? Comment l’assumer? Comment l’expliquer?L’idée est belle, mais concrètement? La lecture des livresLe guide des amours pluriellesetAimer plusieurs hommesdeFrançoise Simpère(journaliste française surnommée “la grande amoureuse”) ont été des repères pour beaucoup de “polys”. Côté films, on pense àJules et Jimde Truffaut, àCésar et Rosaliede Claude Sautet, les célèbresValseusesde Bertrand Blier ou plus récemmentVicky Cristina Barcelonade Woody Allen. En 2018, la“comédie-documentaire”Lutined’Isabelle Broué nous embarque en polyamorie.Et si l’envie vous prend d’aller plus loin dans cette réflexion, un petit tour surpolyamour.be, l’écoute dePolyplaisir des utopiessur radio Campus, où la participation à unCafé Polyprès de chez vous peuvent vous être utiles.Et n’oubliez pas: gardez l’esprit ouvert!