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Choses à Savoir - Culture générale
Pourquoi les publicités utilisent-elles souvent des rimes ?
Haribo, c'est beau la vie, pour les grands et les petits.
Efficace et pas chère, c'est la MAAF que j'préfère
Bien sûr, la rime facilite la mémorisation. Une phrase rythmée est plus facile à retenir, à répéter et à transmettre. Notre cerveau est particulièrement sensible aux régularités sonores : elles demandent moins d’effort cognitif pour être traitées. Mais cet avantage mnésique n’est qu’une partie de l’explication.
Les slogans rimés tirent surtout parti d’un biais cognitif bien documenté : l’effet de rime, aussi appelé rhyme-as-reason effect.
Ce biais a été mis en évidence en 2000 par les psychologues Matthew McGlone et Jessica Tofighbakhsh, dans une étude devenue classique publiée dans la revue Psychological Science. Leur expérience est simple : ils présentent à des participants des affirmations exprimant la même idée, mais sous deux formes différentes. L’une rime, l’autre non.
Résultat : les participants jugent systématiquement la version rimée plus vraie, plus convaincante et plus fiable, alors même que le sens est strictement identique.
Pourquoi ? Parce que notre cerveau confond fluidité cognitive et validité. Une phrase qui rime est plus facile à traiter mentalement. Cette facilité est ressentie comme un signal positif : inconsciemment, nous interprétons ce confort cognitif comme un indice de vérité. Autrement dit, si une phrase « sonne juste », elle nous paraît… juste.
Ce mécanisme est automatique et largement inconscient. Même lorsqu’on sait que la rime n’a aucune valeur logique, l’effet persiste. D’autres travaux ont confirmé ce biais dans des contextes variés : jugements moraux, messages de prévention, slogans politiques ou publicitaires.
Les publicitaires exploitent donc un raccourci mental très puissant. Une phrase rimée donne l’impression d’être plus ancienne, plus partagée, presque proverbiale. Elle évoque la sagesse populaire, l’évidence collective. C’est exactement pour cette raison que de nombreux dictons traditionnels utilisent la rime : elle confère une autorité implicite.
En résumé, les slogans publicitaires ne riment pas seulement pour être jolis ou mémorables. Ils utilisent une faille subtile de notre raisonnement : notre tendance à confondre forme agréable et fond crédible. Une démonstration élégante de la manière dont le cerveau peut être convaincu… sans jamais s’en rendre compte.
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Quelle est la différence entre un dicton, un proverbe et un adage ?
02:02|Dans le langage courant, on emploie souvent dicton, proverbe et adage comme des synonymes. Pourtant, en français, ces trois termes ont des nuances importantes.1) Le proverbe : une leçon de sagesse populaireLe proverbe est une formule courte, imagée, transmise par la tradition, qui exprime une vérité générale ou un conseil tiré de l’expérience.Exemples :« Qui va à la chasse perd sa place. »« Tel père, tel fils. »« Mieux vaut tard que jamais. »Le proverbe a une dimension morale ou pratique. Il prétend exprimer une vérité universelle fondée sur l’expérience collective. Il est souvent ancien, anonyme et appartient au patrimoine culturel. Sa fonction est pédagogique : il enseigne quelque chose sur la vie, le comportement humain ou les relations sociales.2) Le dicton : une observation, souvent liée au temps ou aux saisonsLe dicton est également une formule populaire, mais il est généralement plus descriptif que moral. Il exprime une observation empirique, souvent en lien avec la nature, les saisons ou les traditions.Exemples :« Noël au balcon, Pâques au tison. »« En avril, ne te découvre pas d’un fil. »« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. »Le dicton ne cherche pas forcément à transmettre une leçon morale. Il constate plutôt une régularité observée dans le monde, notamment météorologique ou agricole. Historiquement, ces formules servaient de repères pratiques dans les sociétés rurales.3) L’adage : une maxime à valeur juridique ou savanteL’adage est plus formel. Il s’agit d’une maxime concise, souvent issue du latin, qui exprime un principe général, fréquemment dans un contexte juridique ou intellectuel.Exemples :« Nul n’est censé ignorer la loi. »« On ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. »« Pacta sunt servanda » (les conventions doivent être respectées).L’adage a une portée plus normative. Il énonce un principe abstrait, parfois intégré au droit. Il ne relève pas uniquement de la tradition populaire, mais souvent d’une tradition savante.Le proverbe transmet une sagesse morale issue de l’expérience collective.Le dicton formule une observation pratique, souvent liée aux saisons ou aux coutumes.L’adage exprime un principe général, souvent juridique ou doctrinal.Tous sont des formules brèves et mémorisables, mais ils ne jouent pas le même rôle : le proverbe conseille, le dicton observe, l’adage pose une règle.
Quel est le langage codé utilisé par les alchimistes ?
02:20|La langue des oiseaux. Cette formule ne désigne ni le chant réel des oiseaux, ni une langue secrète parlée à voix haute. Il s’agit d’un langage symbolique, utilisé au Moyen Âge et à la Renaissance par les alchimistes, les hermétistes et certains mystiques pour dissimuler un savoir jugé dangereux, sacré ou réservé aux initiés.Pourquoi ce nom étrange ?Dans de nombreuses traditions, l’oiseau est le symbole du lien entre le ciel et la terre. Il vole, il traverse les mondes. La langue des oiseaux serait donc la langue de ceux qui savent « s’élever », comprendre ce qui est caché derrière les apparences. Ce langage ne repose pas sur une grammaire classique, mais sur des jeux de sons, de doubles sens, d’analogies et de symboles.Au cœur de cette langue se trouve l’idée que les mots contiennent plus que leur sens apparent. Les alchimistes pratiquaient ce que l’on appelle une lecture phonétique et symbolique. Un mot pouvait être découpé, retourné, écouté plutôt que lu. Par exemple, un terme banal pouvait cacher une instruction opérative, un principe spirituel ou une étape du Grand Œuvre.La langue des oiseaux repose sur plusieurs mécanismes précis.D’abord, la phonétique : deux mots différents à l’écrit mais proches à l’oral pouvaient être volontairement confondus. Ensuite, l’étymologie imaginaire : les alchimistes inventaient parfois des origines aux mots pour leur donner un sens caché. Enfin, le symbolisme naturel : métaux, planètes, animaux, couleurs ou saisons étaient autant de codes renvoyant à des processus chimiques ou spirituels.Ce langage avait une fonction essentielle : protéger le savoir. À une époque où certaines connaissances pouvaient conduire au bûcher, écrire de manière obscure était une stratégie de survie. Les traités alchimiques sont ainsi volontairement ambigus, remplis d’énigmes, d’images contradictoires et de métaphores déroutantes. Comprendre un texte d’alchimie sans connaître la langue des oiseaux revenait à lire une recette volontairement fausse.Mais il ne s’agissait pas seulement de cacher. Pour les alchimistes, la vérité ne pouvait pas être transmise directement. Elle devait être devinée, comprise intérieurement. La langue des oiseaux oblige le lecteur à réfléchir, à transformer son regard, exactement comme l’alchimie prétend transformer la matière… et l’esprit.Aujourd’hui encore, cette langue fascine. Elle nous rappelle que, pendant des siècles, le savoir ne se donnait pas frontalement. Il se murmurait, se suggérait, se méritait. La langue des oiseaux n’était pas un simple code : c’était une épreuve intellectuelle et spirituelle, un filtre entre les curieux et les véritables chercheurs.
Le mythe de Sisyphe
03:24|Pour découvrir mon autre podcast de culture générale, La Base:Apple Podcasts:https://podcasts.apple.com/fr/podcast/la-base/id1509903352Spotify:https://open.spotify.com/show/44PCn81HRIoJkbdVb8n8LD?si=a5e6c78a61a44725
Pourquoi mange-t-on du pop corn au cinéma ?
02:19|Si le pop-corn est aujourd’hui indissociable des salles de cinéma, ce n’est ni un hasard, ni une tradition ancestrale. C’est le résultat d’une convergence historique, économique et technologique très précise, qui remonte aux États-Unis, au début du XXᵉ siècle.À l’origine, le cinéma n’est pas un loisir populaire. Dans les années 1910 et 1920, les grandes salles américaines veulent ressembler à des théâtres d’opéra : moquettes épaisses, rideaux luxueux, orchestres, et une clientèle plutôt bourgeoise. La nourriture y est mal vue. Le pop-corn, vendu dans la rue par des marchands ambulants, est associé aux classes populaires, au bruit, aux miettes et aux odeurs. Les exploitants de salles n’en veulent pas.Tout change avec l’arrivée du cinéma parlant, notamment après le succès de The Jazz Singer, puis surtout avec la Grande Dépression à partir de 1929. Des millions d’Américains perdent leur emploi. Le cinéma devient l’un des rares divertissements encore abordables : quelques cents pour oublier la crise pendant deux heures.Or, le pop-corn possède alors trois avantages décisifs :Premièrement, il est extrêmement bon marché. Le maïs est produit en masse aux États-Unis, se conserve longtemps, et un sac de grains coûte peu. Pour un vendeur, le bénéfice est énorme : le prix de vente peut être multiplié par dix ou plus par rapport au coût de production.Deuxièmement, il est facile à préparer sur place. Dans les années 1930, les machines à pop-corn portables se répandent. Elles attirent visuellement l’attention, diffusent une odeur appétissante et fonctionnent devant les clients, ce qui rassure sur l’hygiène.Troisièmement, le pop-corn est peu périssable. Contrairement aux sandwiches ou aux pâtisseries, il ne nécessite ni réfrigération ni cuisine complexe.Au début, les vendeurs s’installent simplement devant les cinémas. Certains exploitants tentent de les chasser, mais constatent vite un phénomène frappant : les salles situées près des vendeurs de pop-corn attirent davantage de spectateurs. Progressivement, des directeurs de cinéma décident d’installer leurs propres stands à l’intérieur.Pendant la Seconde Guerre mondiale, le phénomène s’amplifie. Le sucre est rationné, ce qui rend les confiseries rares et chères. Le pop-corn, lui, n’est pas rationné. Il devient la friandise dominante.Dans les années 1950, avec l’arrivée de la télévision, les cinémas traversent une nouvelle crise. Pour survivre, ils augmentent fortement leurs marges sur la nourriture. Le pop-corn devient alors une source majeure de profits, parfois plus rentable que la vente des billets eux-mêmes.Peu à peu, l’habitude se transforme en rituel culturel. Aujourd’hui, le pop-corn n’est pas seulement une collation : il est un symbole du cinéma. Et si l’on mange du pop-corn plutôt qu’autre chose, ce n’est pas parce qu’il serait intrinsèquement meilleur… mais parce qu’il était, au bon moment, le produit parfait pour sauver économiquement les salles.
Pourquoi dit-on “prendre une veste” ?
01:31|Aujourd’hui, nous allons déboutonner une expression que tout le monde connaît, mais dont l’origine est souvent mal comprise. Si je vous dis « prendre une veste », vous pensez sans doute à un râteau amoureux ou à un échec cuisant lors d'un examen. Mais quel est le rapport entre un vêtement et une défaite ?Pour comprendre, il faut remonter au XIXe siècle, et non pas sur un champ de bataille ou dans un salon de couture, mais autour d’une table de jeu.Le jeu de la « Capote »Tout commence avec un jeu de cartes très populaire à l’époque : le piquet. Dans ce jeu, si un joueur ne parvenait à marquer aucun point alors que son adversaire raflait toutes les levées, on disait qu’il était « capot ».Être « mis en capote », c’était l’humiliation suprême, le score de zéro pointé. Mais pourquoi une « capote » ? À l'origine, ce terme désignait un grand manteau à capuche utilisé par les marins ou les soldats pour se protéger des intempéries. L'image était parlante : le perdant était tellement dominé qu'il se retrouvait symboliquement « recouvert » par le manteau du vainqueur, caché, invisible, comme s'il n'avait jamais existé durant la partie.De la capote à la vesteLe langage populaire, toujours adepte de métamorphoses, a fini par faire évoluer le vêtement. Au fil du temps, la lourde « capote » militaire a été remplacée par un habit plus quotidien : la veste.Vers la fin du XIXe siècle, l'expression « prendre une veste » remplace définitivement le terme « être capot ». On l'utilise alors dans le milieu de la politique. Un candidat qui subissait une défaite électorale humiliante ne disait plus qu’il avait perdu, mais qu’il avait « pris une veste ». On imaginait l'homme politique repartant seul, remettant sa veste pour quitter la scène sous les sifflets, symbolisant son retour à la vie civile et anonyme.Pourquoi cette expression reste-t-elle si forte ?Ce qui rend cette origine passionnante, c’est qu'elle illustre parfaitement le sentiment de honte lié à l'échec. La veste n'est pas qu'un vêtement de sortie ; c'est le symbole d'une protection que l'on remet pour masquer sa vulnérabilité après avoir été « mis à nu » par une défaite.Aujourd'hui, que ce soit en sport, en amour ou au travail, « prendre une veste » reste cette petite humiliation textile qui nous rappelle que, parfois, on ferait mieux de rester au chaud chez soi !
Pourquoi vous avez le droit d’arrêter quelqu’un ?
02:26|On pense souvent qu’en France, le droit d’arrêter quelqu’un appartient exclusivement à la police et à la gendarmerie. Pourtant, le droit français prévoit une exception peu connue : dans certaines circonstances bien précises, n’importe quel citoyen peut légalement interpeller une personne. Ce principe est inscrit dans l’article 73 du code de procédure pénale.Que dit exactement cet article ? Il prévoit que, en cas de crime ou de délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement, toute personne a le droit d’appréhender l’auteur des faits. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un simple soupçon ou d’un comportement étrange, mais d’une infraction en train de se commettre ou venant tout juste de se commettre.La notion de flagrance est centrale. Elle couvre plusieurs situations : lorsque l’infraction est observée directement, lorsqu’elle vient d’avoir lieu, lorsque la personne est poursuivie par des témoins, ou encore lorsqu’elle est trouvée en possession d’objets laissant penser qu’elle a participé au délit. Un individu surpris en train de voler un sac, de casser une vitrine ou d’agresser quelqu’un entre donc clairement dans ce cadre.En revanche, cette faculté d’interpellation ne donne pas carte blanche. Le texte impose une obligation très claire : la personne interpellée doit être conduite sans délai devant un officier de police judiciaire. Cela signifie qu’un citoyen n’a pas le droit de garder quelqu’un enfermé chez lui, de l’interroger ou de mener sa propre “enquête”. Son rôle se limite à empêcher la fuite et à remettre l’individu aux autorités.Autre point essentiel : l’usage de la force doit rester strictement proportionné. Il est possible de retenir physiquement quelqu’un si c’est nécessaire, mais toute violence excessive peut engager la responsabilité pénale de celui qui intervient. Si la personne interpellée est blessée sans justification, l’interpellateur peut lui-même se retrouver poursuivi.Il existe également des situations où il vaut mieux s’abstenir. Si l’auteur présumé est armé, dangereux ou en groupe, intervenir peut mettre gravement en péril sa propre sécurité. Le droit reconnaît la possibilité d’agir, mais n’impose jamais à un citoyen de se transformer en justicier.Dans la pratique, ce dispositif vise surtout à permettre une réaction immédiate lorsque les forces de l’ordre ne sont pas présentes. Il rappelle aussi que la sécurité publique n’est pas uniquement l’affaire de l’État, mais repose en partie sur la vigilance collective.En résumé, oui : en France, un citoyen peut arrêter une personne dans certaines conditions très encadrées. Mais il ne s’agit ni d’un pouvoir de police, ni d’un permis de faire justice soi-même. C’est un outil juridique d’exception, fondé sur une idée simple : empêcher qu’un auteur d’infraction flagrante ne s’échappe, en attendant que la justice prenne le relais.
Pourquoi pensons-nous que les grenades ressemblent à des ananas ?
02:16|L’image est gravée dans l’inconscient collectif : un héros dégoupille avec les dents un projectile quadrillé aux allures d’ananas, avant de le lancer dans un bruit de métal. Pourtant, cette icône de la pop culture, la grenade Mk II, appartient davantage aux musées qu’aux arsenaux modernes.Le règne de l'« ananas »Introduite en 1918 et massivement utilisée durant la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Viêt Nam, la Mk II doit son design si particulier à une théorie balistique aujourd'hui dépassée. À l'époque, les ingénieurs pensaient que les profonds sillons tracés dans la fonte faciliteraient la fragmentation du corps de la grenade en éclats réguliers lors de l'explosion. C’est cette silhouette qui lui a valu son surnom mondial d'« ananas ».En réalité, la physique a prouvé que la fonte se brisait de manière totalement imprévisible, projetant parfois des fragments trop petits pour être efficaces ou, à l'inverse, des morceaux trop gros et dangereux pour le lanceur lui-même.La révolution de la fragmentation contrôléeDepuis 1969, l'armée américaine et la plupart des forces de l'OTAN ont abandonné ce look au profit de modèles comme la M67, une sphère lisse surnommée « la pomme ». Ce changement n'est pas qu'esthétique, il repose sur trois piliers :1. L'efficacité létale : Les grenades modernes utilisent un corps interne tapissé de billes d'acier ou de fils métalliques pré-entaillés. Lors de la détonation, cela garantit une dispersion d'éclats uniforme et une zone d'effet circulaire prévisible.2. L'ergonomie : Une forme sphérique est plus facile à lancer avec précision et roule de manière plus stable.3. La sécurité : Finies les dents ! Dégoupiller une grenade avec les mâchoires est le meilleur moyen de perdre une canine. Les modèles actuels utilisent des systèmes de goupilles et de leviers (la « cuillère ») bien plus fermes pour éviter tout accident.Pourquoi le mythe persiste-t-il ?Si les jeux vidéo et le cinéma (comme dans les sagas Call of Duty ou Indiana Jones) s'accrochent à la Mk II, c'est pour sa clarté visuelle. Sa silhouette est instantanément identifiable par le spectateur. Une grenade moderne, lisse et souvent de couleur sobre, ressemble parfois trop à une simple boîte de conserve ou à un galet pour le néophyte.Pourtant, la réalité du terrain est aujourd'hui celle de la grenade à effet combiné (souffle et fragments), un outil de précision scientifique bien loin du bloc de fonte rustique de nos grands-pères.
Quelle est la différence entre une crise cardiaque et un arrêt cardiaque ?
02:16|La différence entre une crise cardiaque et un arrêt cardiaque est souvent mal comprise, alors qu’il s’agit de deux situations médicales distinctes, même si elles concernent toutes deux le cœur et peuvent parfois se succéder.Une crise cardiaque, appelée médicalement infarctus du myocarde, survient lorsqu’une artère coronaire se bouche. Ces artères apportent l’oxygène et les nutriments au muscle cardiaque. Le plus souvent, l’obstruction est causée par un caillot sanguin formé sur une plaque de cholestérol. Lorsque le sang ne circule plus correctement, une partie du muscle cardiaque est privée d’oxygène. Si la situation n’est pas corrigée rapidement, les cellules de cette zone commencent à mourir.Pendant une crise cardiaque, le cœur continue généralement de battre. La personne est consciente, même si elle peut se sentir très mal. Les symptômes les plus fréquents sont une douleur ou une sensation d’écrasement dans la poitrine, une douleur qui peut irradier vers le bras gauche, l’épaule, le dos ou la mâchoire, un essoufflement, des nausées, des sueurs et une grande fatigue. La crise cardiaque est donc avant tout un problème de circulation sanguine au niveau du cœur.L’arrêt cardiaque, en revanche, correspond à l’arrêt brutal et inattendu du fonctionnement du cœur. Le cœur ne pompe plus efficacement le sang vers le cerveau et les autres organes vitaux. La personne s’effondre, perd connaissance, ne respire plus normalement et n’a plus de pouls. Sans intervention immédiate, les lésions cérébrales commencent en quelques minutes et le décès peut survenir très rapidement.L’arrêt cardiaque est le plus souvent provoqué par un trouble grave du rythme cardiaque, c’est-à-dire un problème électrique. Le cœur se met à battre de façon totalement désorganisée ou cesse de battre. Ce dysfonctionnement électrique peut être déclenché par une crise cardiaque, mais aussi par d’autres causes comme une électrocution, une noyade, un traumatisme sévère ou certaines maladies cardiaques.Le lien entre les deux est important à comprendre. Une crise cardiaque peut entraîner un arrêt cardiaque, mais ce n’est pas systématique. De nombreuses personnes font une crise cardiaque sans jamais présenter d’arrêt cardiaque. À l’inverse, un arrêt cardiaque peut survenir sans qu’il y ait eu de crise cardiaque préalable.En résumé, la crise cardiaque est un problème de tuyauterie : une artère est bouchée. L’arrêt cardiaque est un problème électrique : le cœur ne bat plus correctement. Cette distinction est essentielle, car les réponses d’urgence sont différentes. Une crise cardiaque nécessite une prise en charge médicale rapide. Un arrêt cardiaque nécessite immédiatement un massage cardiaque et, si possible, une défibrillation. Connaître cette différence permet de mieux comprendre les signaux d’alerte et peut réellement sauver des vies.