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Choses à Savoir - Culture générale
Pourquoi la Lune rapetisse-t-elle ?
Cela peut sembler incroyable, mais notre satellite est en train de rétrécir.
Très lentement, heureusement : au cours des dernières centaines de millions d’années, le diamètre de la Lune aurait diminué d’environ 50 mètres.
Mais comment un astre de près de 3 500 kilomètres de diamètre peut-il rapetisser ?
Pour le comprendre, il faut remonter à sa jeunesse.
Lorsque la Lune s’est formée, il y a environ 4,5 milliards d’années, son intérieur était extrêmement chaud. Cette chaleur provenait notamment des gigantesques collisions qui ont accompagné sa formation, mais également de la désintégration d’éléments radioactifs présents dans ses roches.
Depuis, la Lune évacue progressivement cette chaleur dans l’espace.
Et en refroidissant, les matériaux qui composent son intérieur se contractent.
Imaginez une boule métallique chauffée à très haute température. Lorsqu’elle refroidit, elle diminue légèrement de volume.
La Lune fait à peu près la même chose.
Mais il existe un problème : sa croûte est solide et rigide.
Lorsque l’intérieur se contracte, la surface doit donc s’adapter à un volume légèrement plus petit. Elle se comprime, se fracture et forme des sortes de petites falaises appelées « escarpements de failles ».
La NASA compare volontiers le phénomène à un raisin qui se transforme en raisin sec : lorsque l’intérieur perd du volume, la peau se ride.
À une différence près : la peau du raisin est souple, alors que la croûte lunaire est cassante.
Elle se brise donc.
Les sondes spatiales ont photographié des milliers de ces failles à la surface de la Lune, certaines étant géologiquement très jeunes.
Et le phénomène semble continuer aujourd’hui.
La contraction provoque en effet des tensions dans la croûte. Lorsqu’une faille cède brutalement, cela peut provoquer un « tremblement de Lune », l’équivalent lunaire d’un séisme.
Les sismomètres déposés par les astronautes des missions Apollo en avaient déjà enregistré.
La gravité terrestre peut elle aussi accentuer les contraintes exercées sur ces failles en déformant légèrement la Lune.
Rassurez-vous cependant : notre satellite ne va pas finir par disparaître.
Une diminution de quelques dizaines de mètres sur plusieurs centaines de millions d’années est infime à l’échelle d’un astre.
Mais elle révèle quelque chose de fascinant : contrairement à l’image d’un monde complètement mort et immobile, la Lune continue encore aujourd’hui à évoluer, à se contracter… et même à trembler.
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Pourquoi l’alliance des mariés se met-elle à l'annulaire ?
02:00|Vous le savez : dans de nombreux pays, les époux portent leur alliance à l’annulaire de la main gauche.Et justement, le mot « annulaire » vient du latin annularius, lui-même dérivé d’annulus, qui signifie « anneau ».Mais pourquoi avoir choisi précisément ce doigt ?La réponse tient en partie à une étonnante erreur d’anatomie vieille de plusieurs siècles.Dans l’Antiquité circulait en effet l’idée que le quatrième doigt de la main gauche possédait une connexion particulière avec le cœur.L’écrivain romain Macrobe, qui vécut aux IVe et Ve siècles, rapporte ainsi une tradition qu’il attribue aux Égyptiens : un nerf partirait du cœur pour rejoindre directement le doigt situé juste à côté de l’auriculaire.C’était faux.Mais puisque le cœur était déjà associé aux émotions et à l’attachement, placer l’anneau sur ce doigt prenait une signification particulièrement romantique : en entourant l’annulaire, on symbolisait en quelque sorte l’union de deux cœurs.Au fil des siècles, le fameux nerf va même devenir… une veine.On parlera alors de vena amoris, c’est-à-dire de « veine de l’amour », une veine censée relier directement l’annulaire gauche au cœur.L’expression elle-même est beaucoup plus récente que la croyance : l’une de ses premières attestations connues se trouve au XVIIe siècle, dans un traité anglais consacré au mariage.Évidemment, l’anatomie moderne a depuis démontré qu’une telle veine n’existe pas.L’annulaire ne dispose d’aucun vaisseau sanguin privilégié reliant directement ce doigt au cœur. Son réseau veineux fonctionne globalement comme celui des autres doigts.Cela n’a pourtant pas empêché la tradition de survivre.Les anneaux avaient déjà depuis l’Antiquité une forte valeur symbolique. Leur forme circulaire, sans commencement ni fin, se prêtait particulièrement bien à l’idée d’un engagement durable. Les Romains utilisaient notamment des anneaux liés aux fiançailles et au mariage.Avec le temps, l’anneau, le quatrième doigt et cette supposée connexion avec le cœur ont fini par se mêler dans l’imaginaire occidental.Et cette histoire laisse aujourd’hui une trace étonnante sur des millions de mains.Chaque fois qu’un marié glisse une alliance à l’annulaire gauche de son épouse — ou inversement — il perpétue donc, sans forcément le savoir, une tradition en partie fondée sur une erreur anatomique vieille de plusieurs siècles.Comme quoi une croyance peut être scientifiquement fausse… et pourtant devenir un symbole presque universel de l’amour.
Pourquoi parle-t-on de « migration lessepsienne » ?
02:37|Derrière cette expression assez mystérieuse se cache l’une des plus grandes expériences écologiques involontaires provoquées par l’être humain.Le mot « lessepsienne » vient tout simplement d’un nom français : Ferdinand de Lesseps.Au XIXe siècle, ce diplomate et entrepreneur joue un rôle central dans la construction du canal de Suez. Inauguré en 1869, celui-ci relie directement la mer Méditerranée à la mer Rouge.L’objectif est évidemment commercial. Le canal permet aux navires de passer de l’Europe à l’océan Indien sans contourner toute l’Afrique.Mais en créant ce passage artificiel, l’être humain a également ouvert une autoroute pour les animaux marins.Avant la construction du canal, la Méditerranée et la mer Rouge étaient séparées par l’isthme de Suez. Des espèces vivant d’un côté ne pouvaient donc pas naturellement passer de l’autre.Après 1869, tout change.Poissons, mollusques, crustacés, méduses et autres organismes commencent progressivement à emprunter le canal. Et le mouvement se fait surtout dans une direction : de la mer Rouge vers la Méditerranée.C’est ce phénomène que les biologistes appellent la « migration lessepsienne », en hommage – ou plutôt en référence – à Ferdinand de Lesseps.Des centaines d’espèces originaires de la mer Rouge et de l’Indo-Pacifique se sont ainsi installées en Méditerranée orientale. Certaines sont aujourd’hui devenues très communes.C’est notamment le cas de plusieurs poissons-lapins du genre Siganus, mais aussi du poisson-lion, spectaculaire prédateur dont la progression inquiète les scientifiques.Pourquoi ces espèces réussissent-elles si bien ?D’abord parce que la Méditerranée orientale est relativement chaude et offre des conditions compatibles avec celles auxquelles elles sont habituées.Ensuite parce que le réchauffement climatique leur facilite encore davantage la tâche. Une Méditerranée plus chaude devient progressivement plus accueillante pour certaines espèces tropicales.Enfin, le canal lui-même a été profondément modifié. Son élargissement et son approfondissement ont facilité le passage d’organismes entre les deux mers.Cette migration n’est pas anodine.L’arrivée de nouvelles espèces peut bouleverser les écosystèmes : certaines entrent en compétition avec les espèces méditerranéennes, d’autres consomment massivement certaines algues ou deviennent de nouveaux prédateurs.La migration lessepsienne constitue donc un exemple spectaculaire de conséquence écologique indirecte.En creusant un canal pour faire circuler des bateaux, l’être humain a involontairement créé un immense corridor biologique.Et plus de 150 ans après son ouverture, le canal de Suez continue ainsi de transformer la faune de toute la Méditerranée.
Pourquoi les poules pourraient-elles un jour avoir des dents ?
02:19|Vous connaissez tous l’expression « quand les poules auront des dents ».Elle signifie, en gros : jamais. Quelque chose qui se produira « quand les poules auront des dents » est censé ne jamais arriver.Et pourtant, scientifiquement, l’expression est beaucoup moins absurde qu’elle n’en a l’air. Car les ancêtres des poules avaient bel et bien des dents. Et, plus étonnant encore, les poules modernes conservent une partie de la machinerie génétique nécessaire pour en fabriquer.Pour comprendre, il faut remonter très loin dans le temps.Les oiseaux descendent de dinosaures théropodes, un groupe qui comprenait notamment de nombreux dinosaures carnivores. Leurs lointains ancêtres possédaient donc des mâchoires garnies de dents, parfois pointues et tranchantes.Et les premiers oiseaux n’y faisaient pas exception.Il y a environ 150 millions d’années, le célèbre Archaeopteryx possédait par exemple de petites dents. Plus tard, au Crétacé, d’autres oiseaux primitifs, comme Ichthyornis, avaient encore une mâchoire dentée.Puis, au cours de l’évolution, les oiseaux ont progressivement perdu leurs dents. Les ancêtres communs des oiseaux modernes semblent les avoir abandonnées il y a plus de 100 millions d’années, tandis que le bec prenait une importance croissante.Aujourd’hui, une poule normale n’a donc aucune véritable dent.Mais l’histoire devient intéressante lorsqu’on regarde ce qui se passe dans l’embryon.En 2006, des chercheurs ont étudié des embryons de poulets présentant une mutation particulière. Ils ont découvert dans leur bouche de minuscules structures ressemblant à des dents coniques.Plus spectaculaire encore : d’autres expériences ont montré qu’en modifiant certains signaux moléculaires pendant le développement, il était possible d’inciter des tissus de poulet à produire des structures dentaires.Autrement dit, après des dizaines de millions d’années sans dents, une partie du programme biologique nécessaire à leur apparition n’a pas totalement disparu.Il est plutôt devenu inutilisable dans les conditions normales du développement.C’est ce qu’on appelle parfois un caractère ancestral latent : l’évolution ne repart pas forcément de zéro. Elle transforme des mécanismes existants, en désactive certains et en réutilise d’autres.Attention toutefois : cela ne signifie pas que les poules vont naturellement se remettre à avoir des dents demain matin. Elles ont perdu plusieurs éléments génétiques indispensables à la fabrication de véritables dents fonctionnelles.Mais l’expression « quand les poules auront des dents » reste assez savoureuse.Car les poules n’ont certes plus de dents.Mais leurs ancêtres en avaient.Et des scientifiques ont déjà réussi à faire réapparaître chez des embryons de poulet quelque chose qui y ressemble fortement.Finalement, les poules ont déjà eu des dents. Et, expérimentalement, elles peuvent presque en avoir à nouveau.
Pourquoi le magazine Amerika est-il entré dans l’Histoire ?
02:35|Imaginez que vous viviez en Union soviétique pendant la guerre froide.Vous ouvrez un magazine et découvrez des photographies en couleurs de supermarchés remplis de nourriture, de familles possédant une voiture, de cuisines équipées, de maisons individuelles ou encore d'étudiants sur des campus américains.Aujourd'hui, ces images sembleraient parfaitement banales.À l'époque, elles pouvaient être explosives.Ce magazine s'appelle Amerika. Il est lancé par les États-Unis à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec une mission très particulière : être diffusé directement en Union soviétique.Il est rédigé en russe, imprimé avec soin et abondamment illustré.Mais sa grande originalité tient à sa méthode.Amerika ne répète pas à longueur de pages : « Le capitalisme est supérieur au communisme. »Il fait quelque chose de beaucoup plus subtil.Il montre.Des voitures. Des vêtements. Des appareils électroménagers. Des logements confortables. Mais aussi des artistes, des scientifiques, des universités, des paysages et la vie quotidienne des Américains.Autrement dit, le message politique se cache derrière des scènes ordinaires.Et cela fonctionne remarquablement bien.Car l'objet lui-même tranche avec la presse soviétique. Papier glacé, photographies spectaculaires, mise en page moderne : Amerika ressemble presque à un produit de luxe.Les exemplaires deviennent si recherchés qu'ils circulent de main en main. Un seul numéro peut être consulté par de nombreux lecteurs.Et c'est là que le magazine devient embarrassant pour le pouvoir soviétique.Depuis des années, la propagande officielle présente volontiers les États-Unis comme une société capitaliste profondément inégalitaire, rongée par la pauvreté et les contradictions sociales.Or Amerika introduit un doute très simple dans l'esprit du lecteur : si le capitalisme est aussi désastreux, pourquoi ces Américains semblent-ils disposer de tant de choses ?Bien sûr, l'image est soigneusement sélectionnée. Le magazine montre une Amérique avantageuse et laisse largement de côté la pauvreté, les inégalités ou les tensions raciales. C'est bien une forme de propagande.Mais justement, sa force vient de ce qu'elle n'en a pas toujours l'apparence.Les autorités soviétiques comprennent le danger. Sa distribution est régulièrement entravée et, en 1952, sa publication est interrompue. Elle reprend quelques années plus tard dans le cadre d'un accord permettant en échange à l'URSS de diffuser son propre magazine aux États-Unis.Amerika continuera finalement jusqu'en 1994, après la disparition de l'Union soviétique elle-même.Son histoire illustre parfaitement ce qu'on appelle aujourd'hui le « soft power » : influencer non par la contrainte, mais par l'attraction.Pendant la guerre froide, les États-Unis disposaient de bombes nucléaires.Mais pour ébranler certaines certitudes soviétiques, quelques photographies de supermarchés bien remplis pouvaient parfois se révéler tout aussi troublantes.
Pourquoi les ascenseurs doivent-ils beaucoup à une grève ?
02:51|Aujourd’hui, entrer dans un ascenseur et appuyer sur un bouton paraît parfaitement banal. Pourtant, pendant des décennies, prendre l’ascenseur nécessitait l’intervention d’un véritable professionnel : l’opérateur d’ascenseur.Son travail ne consistait pas simplement à appuyer sur un bouton. Il devait actionner manuellement une commande pour faire monter ou descendre la cabine, ralentir au bon moment et s’arrêter précisément au niveau de l’étage. Dans les grands immeubles, les hôtels et les magasins, ces employés étaient indispensables.Mais en septembre 1945, à New York, cette dépendance va brutalement apparaître comme une faiblesse.Environ 15 000 opérateurs d’ascenseurs et employés du bâtiment se mettent en grève. Pendant plus d’une semaine, des milliers d’ascenseurs deviennent inutilisables ou fonctionnent très difficilement.Et dans une ville déjà largement verticale, les conséquences sont considérables.On estime qu’environ 1,5 million de personnes sont affectées. Certains bureaux deviennent pratiquement inaccessibles. Des employés doivent monter des dizaines d’étages à pied. Des activités commerciales ralentissent et des livraisons sont perturbées. La presse de l’époque évoque des pertes économiques se chiffrant en dizaines de millions de dollars.Cette grève révèle surtout quelque chose aux propriétaires d’immeubles : leurs bâtiments dépendent d’une main-d’œuvre dont l’absence peut quasiment les paralyser.Or une solution technologique existe déjà.Depuis plusieurs années, les fabricants développent des ascenseurs capables de fonctionner sans opérateur. L’usager entre dans la cabine, appuie sur le bouton correspondant à son étage et un système électrique contrôle automatiquement le déplacement et l’arrêt.Le problème est alors moins technique que psychologique.Beaucoup de gens hésitent encore à monter seuls dans une cabine commandée par une machine. L’opérateur rassure : sa présence donne l’impression que quelqu’un contrôle réellement l’ascenseur.La grève de 1945 contribue à modifier ce calcul. Pour les propriétaires, l’automatisation devient non seulement un moyen de réduire les coûts de personnel, mais aussi de rendre leurs immeubles moins vulnérables aux conflits sociaux.Dans les années suivantes, les ascenseurs automatiques se multiplient. Les fabricants travaillent aussi à rassurer le public : portes automatiques, boutons lumineux, alarmes, téléphones d’urgence et campagnes expliquant que ces nouvelles machines sont sûres.La disparition des opérateurs ne se produit donc pas du jour au lendemain. Elle résulte d’une évolution technologique commencée bien avant 1945.Mais la grande grève new-yorkaise aura joué le rôle d’accélérateur.Ironie de l’histoire : en voulant démontrer à quel point leur travail était indispensable, les opérateurs ont aussi montré aux propriétaires pourquoi il pouvait être avantageux de s’en passer.
Pourquoi les hommes doivent-ils la bière aux femmes ?
02:14|La bière est aujourd’hui volontiers associée à un univers masculin. Pourtant, si l’on remonte à ses origines, les femmes occupent une place centrale dans son histoire.Tout commence il y a plusieurs milliers d’années, lorsque les humains commencent à cultiver des céréales au Proche-Orient.Selon un récit souvent raconté sur l’origine de la bière, des femmes chargées de préparer le pain auraient un jour laissé des grains d’orge à l’extérieur. Exposés à l’humidité, ceux-ci auraient commencé à germer. Plutôt que de les jeter, elles les auraient utilisés. Mélangées à de l’eau puis abandonnées quelque temps, les céréales auraient fermenté naturellement grâce aux levures présentes dans l’environnement.Le résultat ? Une boisson trouble, légèrement alcoolisée : une forme primitive de bière.Cette histoire est séduisante, mais il faut être prudent : nous ne savons pas qui a réellement « inventé » la bière, ni si sa découverte s’est produite exactement de cette manière.Ce que l’archéologie montre en revanche, c’est que des boissons fermentées à base de céréales existaient déjà il y a plus de 10 000 ans au Proche-Orient. Et quelques millénaires plus tard, en Mésopotamie, la bière occupe une place considérable dans la vie quotidienne.C’est là que les femmes entrent véritablement en scène.Chez les Sumériens, vers le troisième millénaire avant notre ère, la fabrication et la vente de bière sont notamment associées aux femmes. Certaines tiennent même des tavernes. Plus révélateur encore : la divinité sumérienne de la bière est une déesse, Ninkasi.Un célèbre texte, l’« Hymne à Ninkasi », datant du deuxième millénaire avant notre ère mais probablement issu d’une tradition plus ancienne, décrit d’ailleurs différentes étapes du brassage. On y retrouve un lien étroit entre bière et pain : on préparait notamment un pain à base de céréales maltées qui pouvait ensuite servir à produire la boisson.Pendant des siècles, le brassage restera largement une activité domestique et, dans de nombreuses sociétés, les tâches domestiques liées à la préparation des aliments étaient principalement assurées par les femmes.Ce n’est que progressivement, avec la professionnalisation puis l’industrialisation de la production, que le brassage deviendra un métier de plus en plus masculin.Dire que « sans les femmes, les hommes ne boiraient pas de bière » est donc évidemment une formule provocatrice.Mais elle rappelle une réalité souvent oubliée : pendant une grande partie de l’histoire de cette boisson, celles qui fabriquaient la bière étaient très souvent… des femmes.
Pourquoi dit-on « se faire du mouron » ?
02:05|Quand quelqu’un s’inquiète beaucoup, on dit parfois qu’il « se fait du mouron ». L’expression est familière et un peu vieillotte, mais elle reste parfaitement compréhensible. Et son origine est assez amusante, car le « mouron » n’a, au départ, absolument rien à voir avec l’anxiété.Le mouron est d’abord… une plante.Ce nom désigne plusieurs petites plantes sauvages très communes, que l’on trouve dans les champs, les jardins ou au bord des chemins. On connaît notamment le mouron des oiseaux, une petite plante aux fleurs blanches.Alors comment cette modeste plante a-t-elle fini par désigner nos inquiétudes ?Il faut passer par l’argot parisien du XIXe siècle.À cette époque, le mot « mouron » prend un nouveau sens populaire : il désigne les cheveux, et plus largement la chevelure. L’origine exacte de cet emploi n’est pas absolument certaine, mais elle serait liée à une comparaison visuelle : les petites touffes de mouron poussant sur le sol auraient évoqué des cheveux poussant sur une tête.Dans l’argot de l’époque, « avoir du mouron sur la cage » signifie ainsi avoir des cheveux sur la tête, la « cage » désignant familièrement le crâne.C’est à partir de là que l’expression « se faire du mouron » aurait pris son sens actuel.Pourquoi ? Parce que les soucis sont traditionnellement associés aux cheveux. On dit encore aujourd’hui que l’on peut « se faire des cheveux blancs » à force de s’inquiéter. Et autrefois, on employait également l’expression « se faire des cheveux », tout simplement, pour dire que l’on se tourmentait.Le « mouron » étant devenu synonyme de cheveux, « se faire du mouron » aurait donc suivi la même logique : se faire des cheveux, autrement dit se faire du souci.L’expression se diffuse surtout dans le langage populaire à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Elle devient ensuite suffisamment courante pour que son origine capillaire soit presque complètement oubliée.Et c’est ce qui rend l’expression intéressante : lorsque vous dites à quelqu’un « ne te fais pas de mouron », vous ne lui parlez donc pas réellement d’une plante.Vous lui dites, indirectement, de ne pas se faire de cheveux blancs.Autrement dit, de ne pas laisser ses soucis lui pousser sur la tête.
Pourquoi croyons-nous à l’impossible au cinéma ?
02:00|Lorsque vous regardez Superman voler dans le ciel, vous savez parfaitement qu’un être humain ne peut pas voler. Pourtant, pendant deux heures, cette impossibilité ne vous empêche pas de suivre l’histoire, de vous inquiéter pour le héros ou d’être ému par ce qui lui arrive.Votre cerveau l'accepte provisoirement. Et ce mécanisme porte un nom: la « suspension consentie de l’incrédulité ». Oui ! Je vous explique.D'abord, sachez que l’expression vient du poète anglais Samuel Taylor Coleridge. En 1817, il évoque cette « willing suspension of disbelief ». Et l’idée est assez simple. Pour profiter d’une œuvre de fiction, nous acceptons temporairement de mettre de côté notre scepticisme face à certains éléments irréalistes ou impossibles. Nous savons que ce que nous voyons ou lisons est inventé, mais nous acceptons de jouer le jeu.Mais cette suspension de l’incrédulité a des limites.En effet une fiction peut être totalement fantastique mais elle doit respecter ses propres règles. Imaginons qu’un roman explique pendant 300 pages que les sorciers ne peuvent devenir invisibles qu’en utilisant une cape magique. Puis, à la dernière page, le héros devient soudainement invisible simplement parce qu’il le souhaite, sans aucune explication.Le lecteur risque alors de se dire que cela n'a aucun sens. Curieusement, le problème n’est pas que l’invisibilité soit impossible dans la réalité. Le lecteur avait déjà accepté cette impossibilité. Le problème est que l’histoire vient de violer les règles qu’elle avait elle-même établies.C’est pourquoi la cohérence est souvent plus importante que le réalisme.Notre cerveau est ainsi capable de maintenir simultanément deux niveaux de compréhension : nous savons qu’une histoire est fictive tout en réagissant émotionnellement comme si ses événements avaient une importance réelle. et voilà pourquoi nous pouvons pleurer devant la mort d’un personnage dont nous savons parfaitement qu’il n’a jamais existé.