Partager

Choses à Savoir - Culture générale
Pourquoi dit-on « une levée de boucliers » et « être un cordon bleu » ?
Rediffusion
Il est toujours intéressant de s'interroger sur l'origine d'expressions que nous utilisons tous les jours. C'est le cas de l'expression "une levée de boucliers". Quand une décision suscite une "levée de boucliers", cela vaut dire qu'elle provoque un rejet massif et spontané. Il s'agit en quelque sorte d'une réaction viscérale.
Mais d'où vient cette expression ? Du fait de son contenu, on l'imagine, elle a une origine militaire. Pour la comprendre, il faut remonter aux tribus germaniques qui, en s'infiltrant peu à peu dans l'Empire romain, ont transmis une partie de leurs coutumes à ses citoyens, et notamment aux légionnaires.
Ceux-ci avaient l'habitude de se servir de leurs boucliers pour exprimer leurs sentiments. Ils les frappaient de leurs épées quand ils étaient satisfaits. Et quand ils voulaient désigner leurs chefs, les guerriers germaniques avaient aussi l'habitude de les hisser sur des pavois, de grands boucliers utilisés lors des batailles.
Mais quand ils désiraient manifester leur désapprobation, ils montaient le bouclier au niveau de leur bouche. D'où le terme « levée » de boucliers.
Intéressons-nous maintenant à l'origine d'une seconde expression, "être un cordon bleu". Une personne qualifiée de la sorte est réputée pour ses talents culinaires.
Pourtant, l'origine de l'expression n'a rien à voir avec la cuisine. Elle remonte à un ordre de chevalerie créé en 1578 par le Roi Henri III : l'ordre du Saint-Esprit. Si ce n'était pas l'ordre de chevalerie français le plus ancien, il devint assurément le plus prestigieux.
Or, on disait de ses membres qu'ils portaient le « cordon bleu ». Ce terme en est d'ailleurs venu à les désigner. La croix de l'ordre du Saint-Esprit était en effet portée sur un ruban de couleur bleue.
Un "cordon bleu" a donc fini par désigner une personne excellant dans un domaine particulier. L'application de cette expression au monde culinaire viendrait de la journaliste Marthe Distel, qui crée, en 1895, la revue "La cuisinière Cordon Bleu" et qui, l'année suivante, fonde l'école du "Cordon Bleu", où l'art culinaire était mis à l'honneur. L'école comprendra bientôt de nombreux établissements.
More episodes
View all episodes

Pourquoi les crayons à papier et de couleur sont-ils hexagonaux ?
02:11|Avez-vous déjà remarqué que la plupart des crayons à papier et des crayons de couleur possèdent six faces ? Pourquoi cette forme hexagonale, alors qu'un crayon parfaitement rond semblerait plus naturel ? La réponse repose sur deux raisons principales : une question de confort, mais surtout une histoire d'économie industrielle.Pendant longtemps, les crayons étaient fabriqués artisanalement, souvent avec une forme cylindrique. Mais au XIXe siècle, un Américain nommé Ebenezer Wood va contribuer à transformer leur fabrication.Installé dans le Massachusetts, Wood est un inventeur spécialisé dans la production de crayons. Il cherche à résoudre un problème : comment fabriquer davantage de crayons, plus rapidement et à moindre coût ?À cette époque, chaque crayon nécessite plusieurs opérations. Il faut notamment préparer le bois, creuser un emplacement pour la mine, assembler les différentes parties, puis façonner l'ensemble.Wood introduit plusieurs innovations, notamment l'utilisation de la scie circulaire et de machines permettant d'automatiser certaines étapes.Il développe également des crayons à six ou huit faces.Et cette idée présente un avantage économique considérable.Pour comprendre, dessinez plusieurs cercles côte à côte sur une feuille. Vous constaterez qu'il reste nécessairement des espaces vides entre eux.Maintenant, faites la même chose avec des hexagones. Cette fois, les formes peuvent s'emboîter parfaitement, sans laisser d'espace.Dans la fabrication industrielle, cela permet d'optimiser l'utilisation des planchettes de bois et de réduire les pertes de matière. On peut donc produire davantage de crayons avec une même quantité de bois.Mais l'hexagone présente aussi plusieurs avantages pratiques.D'abord, il empêche le crayon de rouler facilement sur une table. Un crayon rond, posé sur une surface légèrement inclinée, risque de tomber. Un crayon hexagonal reste beaucoup plus facilement immobile.Ensuite, ses six faces offrent une meilleure prise en main. Les doigts disposent de surfaces planes sur lesquelles s'appuyer, ce qui facilite le contrôle du crayon lorsqu'on écrit ou dessine.Enfin, cette forme permet de ranger les crayons de manière compacte, sans perdre trop d'espace dans les boîtes.Ebenezer Wood ne breveta pas ses innovations et partagea ses techniques avec d'autres fabricants, notamment ceux qui allaient contribuer à l'essor de l'industrie américaine du crayon.Bien sûr, les crayons ronds existent toujours, tout comme les crayons triangulaires, particulièrement appréciés pour leur ergonomie.Mais l'hexagone s'est imposé comme le meilleur compromis entre économie de fabrication, confort d'utilisation et facilité de rangement.Ainsi, derrière un objet aussi banal qu'un crayon se cache une véritable petite révolution industrielle.
Pourquoi Victor Hugo a-t-il donné le nom de Thénardier aux personnages des Misérables ?
02:22|Dans Les Misérables, publié en 1862, les Thénardier comptent parmi les personnages les plus détestables de la littérature française. Aubergistes malhonnêtes, cupides et cruels, ils exploitent notamment la petite Cosette, qu'ils traitent comme une domestique. Mais saviez-vous que leur nom serait inspiré d'un personnage ayant réellement existé ? Et que Victor Hugo aurait ainsi réglé un vieux compte personnel ?Pour comprendre cette histoire, il faut remonter au XIXe siècle et s'intéresser à un homme aujourd'hui largement oublié : Louis-Jacques Thénard.Né en 1777, Thénard est un chimiste français extrêmement célèbre à son époque. Membre de l'Académie des sciences, il a notamment découvert l'eau oxygénée en 1818 et mis au point un pigment toujours utilisé aujourd'hui : le bleu de Thénard, également appelé bleu de cobalt.Mais ce scientifique reconnu mène aussi une carrière politique. Devenu baron, puis pair de France en 1832, il siège parmi les conservateurs de la monarchie de Juillet.C'est précisément dans ce domaine qu'il entre en conflit avec Victor Hugo.L'écrivain, profondément préoccupé par la misère et l'exploitation des plus vulnérables, défend une amélioration des conditions de travail des enfants.À cette époque, certains enfants travaillent jusqu'à seize heures par jour dans les manufactures. Hugo souhaite ramener cette durée à dix heures. Mais Thénard s'oppose à cette réduction.Cette opposition aurait profondément marqué l'écrivain.Lorsqu'il imagine ses personnages des Misérables, Hugo aurait donc choisi de transformer le nom de Thénard en Thénardier, pour désigner un couple qui exploite précisément une enfant.Et cette interprétation n'est pas une simple supposition moderne. Elle est notamment rapportée dans une publication de l'Académie des sciences.Plus intéressant encore, Hugo semble avoir laissé un indice directement dans son roman.À la fin des Misérables, Thénardier adresse une lettre à Marius dans laquelle il évoque explicitement le véritable baron Thénard, membre de l'Académie des sciences. Il prétend même porter le même nom que lui.Cette référence directe rend le rapprochement particulièrement convaincant.Il reste toutefois difficile de prouver que la vengeance personnelle fut l'unique motivation de l'écrivain.Mais l'ironie est remarquable : alors que Louis-Jacques Thénard espérait passer à la postérité grâce à ses découvertes scientifiques, son patronyme est aussi devenu, sous la plume de Victor Hugo, le symbole de la cupidité et de l'exploitation des enfants.Une vengeance littéraire qui dure depuis plus de 160 ans.
Pourquoi Israel Keyes était-il un tueur en série unique en son genre ?
02:31|Le 13 mars 2012, au Texas, la police américaine arrête un automobiliste. Il s'appelle Israel Keyes, il a 34 ans et travaille dans le bâtiment. Derrière cette apparence ordinaire se cache un tueur en série particulièrement atypique, soupçonné d'avoir assassiné onze personnes à travers les États-Unis.Mais pourquoi son cas est-il si particulier ?D'abord, parce que contrairement à de nombreux tueurs en série, Israel Keyes ne semblait pas avoir de profil de victime privilégié.En effet, les enquêteurs recherchent souvent des points communs entre les victimes d'un même criminel : leur âge, leur sexe, leur apparence ou leur situation sociale. Ces ressemblances peuvent permettre de relier plusieurs affaires.Or, Keyes s'attaquait aussi bien à des hommes qu'à des femmes, parfois à des couples. Ses victimes étaient souvent choisies au hasard, sans aucun lien personnel avec lui.Autre particularité : son extraordinaire anticipation.Keyes pouvait préparer ses crimes plusieurs années à l'avance. Lors de ses déplacements, il dissimulait dans différents endroits des États-Unis ce qu'il appelait des « kits de meurtre » : des caches contenant notamment des armes, des outils et de l'argent.Certains de ces équipements pouvaient rester enterrés pendant deux ans avant d'être utilisés.Il voyageait ensuite sur de longues distances pour commettre ses crimes. En 2011, par exemple, il quitte l'Alaska, prend l'avion jusqu'à Chicago, puis parcourt environ 1 600 kilomètres en voiture pour rejoindre le Vermont.Là, il assassine Bill et Lorraine Currier, un couple qu'il ne connaissait absolument pas.Cette dispersion géographique compliquait considérablement le travail des enquêteurs. Les crimes commis dans différents États pouvaient sembler totalement indépendants.Mais malgré ces précautions, Keyes finit par commettre une erreur décisive.En février 2012, il enlève et assassine Samantha Koenig, une jeune femme de 18 ans qui travaillait dans un kiosque à café en Alaska.Il réclame ensuite une rançon à sa famille et utilise la carte bancaire de sa victime pour retirer de l'argent dans plusieurs États américains.Or, ces retraits permettent aux policiers de suivre ses déplacements jusqu'au Texas, où il est finalement arrêté.Pendant ses interrogatoires, Keyes reconnaît plusieurs crimes. Mais le 2 décembre 2012, il se suicide dans sa cellule, emportant avec lui une grande partie de ses secrets.À ce jour, seules trois de ses victimes ont été formellement identifiées.
D’où vient l’expression « Mystère et boule de gomme » ?
02:14|« Mystère et boule de gomme ! » Voilà une expression que l’on utilise lorsqu’on ne comprend pas quelque chose, lorsqu’on ignore la réponse à une question ou lorsqu’on souhaite entretenir un secret. Mais pourquoi associer un mystère à une boule de gomme ? L’histoire de cette formule est particulièrement intrigante, car son origine exacte demeure inconnue.Commençons par sa signification. Dire « mystère et boule de gomme », c’est une manière plaisante de répondre « je n’en sais rien » ou « je ne vous le dirai pas ». L’expression appartient au registre familier et possède une tonalité enfantine.Mais quand est-elle apparue ?Pendant longtemps, les dictionnaires situaient ses premières apparitions littéraires à la fin des années 1940. On la retrouve notamment en 1947 dans un roman de Geneviève Néranval, puis en 1949 dans une pièce d'Henry de Montherlant intitulée Demain il fera jour.Cependant, des recherches plus récentes ont permis de remonter beaucoup plus loin. L'expression figure dans le journal Le Soleil du 24 septembre 1909, où une chroniqueuse écrit, à propos d'une situation incertaine : « Mystère… et boules de gomme ». Elle existait donc déjà au début du XXe siècle.Reste à comprendre pourquoi une boule de gomme.Une première hypothèse fait référence aux voyantes et à leur célèbre boule de cristal. Traditionnellement, cette boule transparente est censée permettre de découvrir l'avenir. Mais remplacez-la par une boule de gomme, parfaitement opaque : impossible d'y voir quoi que ce soit ! Le mystère reste donc entier.L'explication est amusante, mais aucun document historique ne permet de la confirmer.Une deuxième hypothèse évoque Jules Verne et son roman Les Cinq Cents Millions de la Bégum, publié en 1879. L'expression serait née d'un jeu de mots transformant « Bégum » en « boule de gomme ». Là encore, aucune preuve solide ne soutient cette interprétation.Enfin, une troisième piste paraît plus convaincante aux yeux de certains linguistes : celle du langage enfantin.En effet, les enfants affectionnent les formules absurdes, rythmées et sonores. Associer un mot sérieux, « mystère », à une expression inattendue, « boule de gomme », produit un contraste comique.Le linguiste Alain Rey évoquait ainsi une probable origine dans le langage codé et fantaisiste des enfants.D'ailleurs, dès le XIXe siècle, on trouvait des associations tout aussi farfelues, comme « Mystère et jambonneau ! », attestée en 1877.Finalement, l'explication la plus prudente est celle d'une plaisanterie verbale progressivement entrée dans le langage courant.Et si vous demandez qui l'a inventée, la réponse est toute trouvée : mystère et boule de gomme !
Quel est le vrai village d’Astérix et Obélix ?
02:37|« Toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. »Cette célèbre introduction des aventures d’Astérix et Obélix est évidemment une fiction. Pourtant, elle rappelle un épisode historique bien réel : celui d’Uxellodunum, une forteresse gauloise qui résista jusqu’au bout aux armées de Jules César.Nous sommes en 51 avant Jésus-Christ, un an après la terrible défaite de Vercingétorix à Alésia. La Gaule est presque entièrement soumise à Rome. Mais dans le sud-ouest de l’actuelle France, une dernière poche de résistance refuse de déposer les armes.Son nom : Uxellodunum.Il ne s’agit pas d’un simple village, mais d’un oppidum, autrement dit une place forte installée sur une hauteur et naturellement protégée par des falaises. Les archéologues situent aujourd’hui ce site au Puy d’Issolud, dans le département du Lot.Deux chefs gaulois, Luctérios et Drappès, organisent cette résistance. Face à eux, les légions romaines entreprennent un siège. Mais la forteresse est difficile à prendre : les Gaulois disposent de réserves et surtout d’un accès à l’eau.César comprend alors que la soif pourrait vaincre les défenseurs plus sûrement que ses soldats.Il commence par interdire l’accès à la rivière, puis fait creuser des galeries souterraines pour détourner la source qui alimente la forteresse. L’eau vient à manquer. Les assiégés, persuadés que les dieux les abandonnent, finissent par capituler.Mais la victoire romaine prend une tournure effroyable.César décide d’épargner la vie des combattants, mais ordonne qu’on leur tranche les mains. Ces hommes mutilés sont ensuite relâchés pour servir d’avertissement à toute la Gaule : voilà ce qui attend ceux qui osent défier Rome.Ce châtiment terrible est rapporté dans le huitième livre de La Guerre des Gaules, rédigé par Aulus Hirtius, un proche de César.Uxellodunum marque ainsi l’un des derniers grands épisodes militaires de la conquête romaine de la Gaule.Alors, s’agit-il vraiment du village d’Astérix ?Pas exactement. Dans la bande dessinée créée par René Goscinny et Albert Uderzo en 1959, le village se trouve en Armorique, dans l’actuelle Bretagne. La commune d’Erquy, dans les Côtes-d’Armor, est souvent présentée comme une possible inspiration, notamment pour ses paysages côtiers.En revanche, même si aucun lien direct avec les auteurs n’est établi, Uxellodunum rappelle incontestablement l’esprit d’Astérix : celui d’une poignée de Gaulois déterminés à résister à la puissance de Rome.À une différence près : dans la réalité, il n’y avait ni potion magique, ni fin heureuse.
Pourquoi un simple sac en tissu a été vendu 1,8 million ?
02:09|Tout commence en juillet 1969, pendant la mission spatiale Apollo 11. Après ses premiers pas sur le sol lunaire, Neil Armstrong prélève rapidement un peu de poussière et quelques fragments de roche. C’est un échantillon de secours. Oui, si les astronautes doivent repartir précipitamment, ils auront au moins rapporté quelque chose sur Terre.Ensuite ces prélèvements sont placés dans un contenant spécial, lui-même protégé par un sac blanc muni d’une fermeture éclair, marqué « Lunar Sample Return ». Son rôle est notamment de limiter les risques de contamination. Et à l’intérieur resteront quelques grains de poussière lunaire.Puis, après le retour d’Apollo 11, ce sac entre dans les collections de la NASA. Mais des années plus tard, il se retrouve au Cosmosphere, un musée spatial du Kansas, avant de disparaître.Une enquête est diligentée, e elle révèle qu’un ancien responsable du musée, Max Ary, a détourné et revendu plusieurs objets liés à la conquête spatiale. Les autorités saisissent alors ses biens, dont le fameux sac. Seulement voilà : à cause d’une erreur d’inventaire, personne ne comprend qu’il provient d’Apollo 11. On le croit lié à une autre mission.Il est alors mis aux enchères à plusieurs reprises. Mais il ne trouve d’abord aucun acheteur. Finalement, en février 2015, une collectionneuse américaine, Nancy Lee Carlson, l’emporte pour seulement 995 dollars.Intriguée, elle l’expédie à la NASA pour faire authentifier les traces de poussière présentes à l’intérieur. Surprise : les analyses confirment non seulement leur origine lunaire, mais aussi le lien du sac avec la toute première mission habitée sur la Lune.La NASA refuse alors de le rendre, estimant qu’un tel trésor historique doit rester propriété de l’État américain. Mais Nancy Carlson saisit la justice. Et en 2016, un juge lui donne raison : la vente, bien qu’organisée à la suite d’une erreur, lui a légalement transféré la propriété du sac.Enfin, le 20 juillet 2017, exactement quarante-huit ans après le premier alunissage, le sac est vendu chez Sotheby’s, à New York, pour 1 812 500 dollars, frais compris.
Quel est le plus ancien livre de blagues de l'histoire ?
02:04|Un homme manque de se noyer en essayant de nager. Une fois sauvé, il prend une grande décision : il ne retournera jamais dans l'eau… avant d'avoir appris à nager !Cette blague pourrait parfaitement être racontée aujourd'hui. Pourtant, elle a environ 1 700 ans ! Elle figure dans le Philogelos, considéré comme le plus ancien recueil de blagues qui nous soit parvenu.Son titre signifie, en grec ancien, « L'ami du rire ». Il contient environ 265 plaisanteries, certaines étonnamment modernes.Mais d'où vient ce mystérieux ouvrage ?Le Philogelos aurait été compilé entre le IIIe et le Ve siècle après Jésus-Christ. Sa date exacte reste discutée. Il est traditionnellement attribué à deux auteurs, Hiéroclès et Philagrios, dont nous ne savons pratiquement rien.À cette époque, le monde méditerranéen est dominé par l'Empire romain, mais le grec demeure une langue très répandue dans sa partie orientale.Or, contrairement à ce qu'on pourrait penser, les habitants de l'Antiquité adoraient déjà se raconter des histoires drôles. Certaines circulaient oralement depuis des générations, avant d'être rassemblées dans ce livre.Et de quoi riaient-ils ?Eh bien, souvent des mêmes choses que nous !Le Philogelos se moque des médecins incompétents, des avares, des devins, des maris malheureux ou encore des intellectuels prétentieux.Ces derniers sont d'ailleurs les principales victimes des plaisanteries. On les appelle les scholastikoi, des hommes instruits, mais tellement enfermés dans leurs raisonnements qu'ils en oublient le bon sens.Voici un autre exemple.Un intellectuel, qui manque cruellement d'argent, décide de vendre ses livres. Puis il écrit fièrement à son père : « Bonne nouvelle ! Je commence enfin à vivre de mes livres ! »L'humour repose donc déjà sur les mêmes mécanismes qu'aujourd'hui : les malentendus, l'absurde, les jeux de mots et les situations ridicules.Cependant, certaines plaisanteries nous semblent désormais cruelles ou incompréhensibles. Elles reposent sur des préjugés propres à la société antique.Et c'est précisément ce qui rend le Philogelos si intéressant pour les historiens.En effet, derrière ces blagues apparaissent les préoccupations de la vie quotidienne : l'argent, le mariage, la maladie, les relations sociales ou encore la réputation.Une dernière précision : le Philogelos n'est pas nécessairement le premier livre de blagues jamais écrit. D'autres recueils existaient auparavant, mais ils ont disparu.Il est simplement le plus ancien conservé.Et il nous rappelle une chose fascinante : si les civilisations changent, notre goût pour le ridicule, lui, traverse les siècles.
Nostradamus a-t-il vraiment prédit l’avenir ?
02:47|En 1559, le roi de France Henri II meurt après avoir reçu un éclat de lance dans l'œil, lors d'un tournoi. Or, quatre ans plus tôt, un certain Nostradamus avait publié un mystérieux poème évoquant un jeune lion qui vaincrait un vieux lion et lui percerait les yeux. Pour certains, c'est la preuve que cet homme était capable de prédire l'avenir. Mais est-ce vraiment le cas ?Pour le comprendre, il faut d'abord savoir qui était Nostradamus.De son vrai nom Michel de Nostredame, il naît en 1503 à Saint-Rémy-de-Provence. Contrairement à l'image du vieux sorcier qu'on lui associe parfois, il est d'abord un homme de médecine. Il parcourt notamment le sud de la France pour soigner les malades, particulièrement lors des épidémies de peste.Mais Nostradamus se passionne également pour l'astrologie. À cette époque, on considère encore que la position des planètes peut influencer le destin des hommes.En 1555, il publie son ouvrage le plus célèbre : Les Prophéties. Ce livre contient des centaines de quatrains, de courts poèmes de quatre vers, censés annoncer des événements futurs.Seulement voilà : ces textes sont extraordinairement obscurs. Nostradamus emploie des métaphores, mélange plusieurs langues et ne donne presque jamais de dates précises.C'est justement ce qui fait leur force.Prenons l'exemple de la mort d'Henri II. Le fameux quatrain évoque effectivement deux lions et une blessure aux yeux. Mais il ne mentionne ni le nom du roi, ni la France, ni l'année 1559. Son rapprochement avec l'accident royal repose donc sur une interprétation réalisée après les faits.Et c'est tout le problème des prophéties de Nostradamus.Au fil des siècles, certains ont cru y reconnaître l'annonce de la Révolution française, de l'ascension d'Hitler ou encore des attentats du 11 septembre. Mais ces interprétations reposent généralement sur des ressemblances vagues, parfois même sur des textes qui ne sont pas authentiques.Les historiens soulignent ainsi qu'aucune méthode rigoureuse n'a permis de démontrer que Nostradamus avait réellement annoncé ces événements à l'avance.Pourtant, de son vivant, sa réputation est déjà considérable. Il attire notamment l'attention de Catherine de Médicis et devient médecin du roi Charles IX.Il meurt en 1566, à Salon-de-Provence.Alors, Nostradamus pouvait-il prédire l'avenir ? Rien ne le prouve. Son véritable talent était peut-être ailleurs : écrire des textes suffisamment mystérieux pour que chaque génération puisse y reconnaître les événements de son époque.Et c'est précisément ce qui explique pourquoi, près de cinq siècles après sa mort, on parle encore de lui.
Pourquoi les girafes ont-elles la langue bleue ?
01:43|Vous connaissez certainement le long cou des girafes. Mais savez-vous qu’elles possèdent une autre particularité étonnante ? Leur langue est bleue, parfois violette, voire presque noire. Et cette couleur inhabituelle pourrait bien leur servir de protection contre un ennemi invisible : le soleil.Pour comprendre, intéressons-nous d’abord à la manière dont les girafes se nourrissent.Dans les savanes africaines, elles passent une grande partie de leur journée à manger les feuilles des arbres, notamment celles des acacias. Grâce à leur immense cou, elles peuvent atteindre des branches situées à plusieurs mètres du sol. Mais leur véritable outil de précision, c’est leur langue.Celle-ci mesure entre 45 et 50 centimètres, soit presque la longueur d’un avant-bras ! Elle est également préhensile, ce qui signifie qu’elle peut saisir des objets, un peu comme une main. La girafe l’enroule autour des branches pour attraper les feuilles, même lorsqu’elles sont entourées d’épines.Mais revenons à sa couleur.Cette teinte sombre s’explique par la présence d’une importante quantité de mélanine, un pigment que nous possédons également dans notre peau et nos cheveux.Chez l’être humain, la mélanine joue notamment un rôle protecteur contre les rayons ultraviolets du soleil. Plus une peau contient de mélanine, plus elle est naturellement protégée contre certains effets de ces rayonnements.Les scientifiques pensent que le même mécanisme pourrait expliquer la couleur de la langue des girafes.Car contrairement à la plupart des mammifères, qui gardent leur langue à l’intérieur de leur bouche, les girafes l’exposent régulièrement au soleil pendant leurs longues séances d’alimentation.Sa pigmentation foncée agirait donc comme une sorte de crème solaire naturelle, limitant les dommages provoqués par les ultraviolets.Un détail renforce cette hypothèse : seule la partie antérieure de la langue est très foncée. Sa base, qui reste généralement à l’abri dans la bouche, est beaucoup plus rose.Attention cependant : cette explication, bien que plausible, n’est pas définitivement démontrée.D'ailleurs, l’okapi, proche cousin de la girafe, possède lui aussi une langue sombre, alors qu’il vit dans les forêts tropicales, largement protégées du soleil.Cette particularité pourrait donc également être un héritage évolutif partagé par les deux espèces.Quoi qu’il en soit, la langue des girafes constitue un formidable exemple d’adaptation animale.Longue, musclée, extrêmement mobile et peut-être naturellement protégée du soleil, elle est bien davantage qu’un simple organe du goût : c’est un véritable outil de survie.