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Choses à Savoir TECH VERTE

Les métaux lourds sont dangereux… mais pas comme on l’imagine ?

Les métaux lourds, souvent associés à la toxicité, suscitent des débats scientifiques sur leur impact réel. L'ASEF (Association Santé Environnement France) les définit comme des éléments métalliques naturels, d'une densité supérieure à 5 000 kg/m³. Mais pour le Professeur Manish Arora, expert en médecine environnementale, cette définition simplifie une réalité complexe : leur toxicité dépend avant tout de leurs interactions avec notre organisme. 

Certains métaux, comme le fer, le cuivre ou le zinc, sont vitaux pour des fonctions essentielles, mais leur excès peut causer des troubles graves. À l’inverse, des éléments comme le plomb, l’arsenic ou le mercure n’ont aucune utilité biologique et sont particulièrement nocifs. Par exemple, le plomb affecte le développement neurologique, tandis que le mercure altère les fonctions cognitives. Selon l’OMS, ces substances peuvent provoquer des cancers, des maladies cardiovasculaires ou des déficits intellectuels chez les enfants exposés. 


Les études récentes ont établi un lien entre l’exposition aux métaux lourds et les troubles du spectre autistique. Une recherche de 2023, menée par l’équipe de Kelly Bakulski, a montré que le cadmium, inhalé pendant la grossesse, augmente le risque d’autisme chez l’enfant. Ces découvertes soulignent la vulnérabilité particulière des jeunes en développement face à ces éléments. 


Cependant, ces avancées scientifiques ont parfois engendré des dérives. La thérapie par chélation, censée éliminer les métaux lourds, a été promue comme un remède à l’autisme sans preuve scientifique. Pire, cette pratique peut être mortelle, comme en témoigne le décès d’un enfant en 2005. L’industrialisation a largement contribué à la dissémination des métaux lourds dans notre environnement : peinture au plomb, aliments contaminés ou poissons riches en mercure. « Nous baignons dans un cocktail d’expositions », alerte le Professeur Arora. Une vigilance accrue est donc nécessaire pour limiter les impacts de ces substances invisibles, mais omniprésentes.  

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  • Envoyer les data centers dans l’espace ne sauvera pas le climat ?

    02:42|
    Les data centers dédiés à l’intelligence artificielle consomment toujours plus d’énergie. Aux États-Unis, ils pourraient représenter jusqu’à 17 % de la consommation électrique nationale d’ici 2030. Pour suivre cette croissance, les opérateurs se tournent notamment vers les énergies fossiles, tout en utilisant d’importantes quantités d’eau pour refroidir leurs serveurs. Une autre idée commence donc à émerger : installer ces centres de calcul directement dans l’espace. SpaceX, Blue Origin ou encore Google étudient des projets de data centers orbitaux, alimentés par une énergie solaire disponible presque en permanence.Sur le papier, l’idée est séduisante. Dans les faits, elle pose de nombreux défis. Dans le vide spatial, impossible d’utiliser l’air ou l’eau comme sur Terre pour évacuer la chaleur. Le refroidissement repose principalement sur des radiateurs thermiques qui dissipent l’énergie par rayonnement. La maintenance devient également beaucoup plus complexe, tandis que les données doivent transiter vers la Terre par liaison radio, avec des contraintes de débit et de latence.Les conséquences environnementales pourraient surtout être considérables. Les scientifiques s’inquiètent déjà de l’impact de grandes constellations sur le ciel nocturne, avec un risque pour certaines observations astronomiques. Cette lumière artificielle pourrait aussi perturber des espèces migratoires guidées par les étoiles et, chez l’être humain, accentuer certains troubles liés à l’exposition lumineuse nocturne. Aujourd’hui, environ 19 000 satellites actifs ou hors service gravitent autour de la Terre. Avec le développement des data centers orbitaux, le nombre de lancements et de rentrées atmosphériques pourrait être multiplié par cent. Selon une enquête de Space.com, SpaceX pourrait avoir besoin de jusqu’à 77 000 vols de Starship, soit 15 300 par an. À titre de comparaison, seulement 324 lancements orbitaux ont eu lieu en 2025. Chaque décollage rejetterait environ 76 000 tonnes équivalent CO2, auxquelles s’ajouterait du carbone noir pouvant rester près de trois ans dans la haute atmosphère.La fin de vie des satellites inquiète également. Ces engins pourraient peser environ 7,5 tonnes chacun et être remplacés tous les cinq ans. En brûlant lors de leur rentrée atmosphérique, ils libéreraient notamment de l’oxyde d’aluminium, susceptible d’accélérer la dégradation de la couche d’ozone. Une solution présentée comme énergétique pourrait donc déplacer une partie du problème environnemental… de la Terre vers l’espace.
  • Les emballages et colis sont désormais plus écolos ?

    02:52|
    Depuis le 11 février 2025, l’Europe dispose d’un nouveau cadre pour encadrer les emballages : le PPWR, pour Packaging and Packaging Waste Regulation. Il concerne presque tous les emballages commercialisés dans l’Union, qu’ils soient destinés aux particuliers, aux professionnels, au transport ou au commerce en ligne. Son objectif : réduire les volumes produits, favoriser le réemploi et rendre les emballages davantage recyclables.Depuis la mi-août 2026, l’un des changements les plus concrets concerne les PFAS, ces substances chimiques très persistantes utilisées notamment pour leurs propriétés imperméabilisantes ou antiadhésives. Les emballages alimentaires qui dépassent les seuils européens ne peuvent plus être mis sur le marché. Attention toutefois : cela vise leur première commercialisation dans l’Union. Un produit déjà livré à un distributeur avant cette date peut continuer à être vendu. En revanche, un stock encore chez le fabricant ou une importation non encore commercialisée doit respecter les nouvelles règles, même s’il a été produit auparavant.Le règlement renforce aussi la traçabilité. Fabricants, importateurs et distributeurs doivent pouvoir démontrer la conformité des emballages. Et juridiquement, le « fabricant » peut être l’entreprise qui commercialise l’emballage sous son propre nom, même si elle ne l’a pas fabriqué physiquement. La recyclabilité devient également un principe obligatoire, même si le classement européen harmonisé des emballages ne deviendra pleinement contraignant qu’en 2030. Le PPWR ne crée pas de taxe directement facturée au consommateur. Mais les entreprises devront financer de nouveaux emballages, adapter leur logistique ou mettre en place des systèmes de réemploi. En France s’ajoute la nouvelle filière de responsabilité élargie du producteur pour les emballages professionnels, issue de la loi AGEC de 2020 et repoussée au 1er janvier 2027.Les prochaines étapes arriveront progressivement. Dès février 2027, certains professionnels de la restauration et de l’hôtellerie devront accepter les contenants apportés par leurs clients. En 2028 arriveront les solutions réutilisables et un étiquetage européen harmonisé. Puis 2030 marquera un tournant beaucoup plus visible : limitation à 50 % du vide dans certains colis, interdiction de plusieurs emballages plastiques à usage unique, notamment certains sachets de fruits et légumes, mini-flacons d’hôtel, vaisselle jetable sur place ou dosettes individuelles de condiments. Le changement est donc progressif : aujourd’hui, la conformité ; demain, une transformation beaucoup plus visible de nos emballages.
  • Le gaz naturel, une fausse bonne idée pour les GAFAM ?

    02:26|
    L’intelligence artificielle a besoin de toujours plus de puissance de calcul. Et derrière cette puissance, il y a une réalité très concrète : des data centers qui consomment des quantités gigantesques d’électricité. Aux États-Unis, leurs besoins deviennent tels que les réseaux traditionnels ne suffisent plus toujours. Les géants du secteur cherchent donc de plus en plus à produire eux-mêmes leur énergie. La solution privilégiée aujourd’hui est souvent le gaz naturel. Il permet de construire relativement vite des centrales capables de fournir une puissance importante et continue. Amazon, par exemple, développe au Texas un immense projet reposant en partie sur cette logique. Mais ce choix pourrait devenir beaucoup moins avantageux dans les prochaines années.La société Noreva, spécialisée dans l’analyse du secteur énergétique, estime que le prix du gaz naturel pourrait tripler dans certaines régions des États-Unis. Plusieurs facteurs expliqueraient cette tension. D’abord, la croissance de l’offre ralentit. Ensuite, une part croissante du gaz américain est transformée en gaz naturel liquéfié, ou GNL, puis exportée vers l’étranger. Résultat : le marché intérieur pourrait devenir beaucoup plus tendu qu’auparavant. Peter Gardett, le patron de Noreva, estime que de nombreux acteurs se sont habitués à l’idée que le gaz américain resterait durablement bon marché. Selon lui, un simple examen de l’équilibre entre production et demande montre pourtant que cette certitude devient de moins en moins solide.Ce risque arrive au mauvais moment pour l’industrie de l’intelligence artificielle. Depuis l’explosion des modèles génératifs, les investissements dans les data centers se comptent en dizaines de milliards de dollars. Leur rentabilité repose en partie sur l’accès à une énergie abondante, stable et peu coûteuse. Or, si le gaz devient nettement plus cher, l’équation économique pourrait se compliquer. D’autant que, selon TechCrunch, les nouveaux puits sont parfois moins rentables que les précédents, ce qui pourrait limiter encore davantage la croissance de la production. La question n’est donc plus seulement de savoir comment construire assez vite des centres de données. Elle devient aussi énergétique : sur quelle ressource faut-il miser pour les alimenter durablement ? Car une IA toujours plus puissante ne sera viable que si l’électricité nécessaire à son fonctionnement reste, elle aussi, économiquement soutenable.
  • Les « polluants éternels » pourraient finalement être détruits ?

    02:39|
    PFAS, microplastiques, pesticides : face aux pollutions diffuses, les gestes individuels montrent rapidement leurs limites. Filtrer son eau ou changer certains ustensiles peut réduire l’exposition personnelle, mais les « polluants éternels », eux, exigent surtout des réponses collectives. En Allemagne, des chercheurs du Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf travaillent justement sur deux procédés capables de détruire les PFAS directement dans les eaux contaminées.Le défi est considérable. Ces substances sont extrêmement persistantes parce qu’elles contiennent des liaisons entre carbone et fluor particulièrement difficiles à casser. Première piste : la cavitation hydrodynamique, étudiée par l’équipe depuis 2022. Le principe consiste à faire circuler l’eau polluée dans un passage très étroit. La chute de pression provoque alors la formation de petites bulles de vapeur. Les PFAS à longue chaîne, qui possèdent des propriétés de tensioactifs, viennent s’y fixer. Lorsque la pression remonte, ces bulles implosent brutalement. Les molécules sont alors exposées localement à des températures pouvant atteindre plusieurs milliers de degrés. Le phénomène produit également des radicaux hydroxyles, des espèces chimiques extrêmement réactives susceptibles d’accélérer la destruction des PFAS et de leurs produits intermédiaires. Des essais menés avec du PFOS, l’un des PFAS les plus connus, ont permis de dégrader environ 37 % des molécules présentes, avec un taux stable. L’objectif est désormais de dépasser 80 %.La seconde méthode utilise du plasma froid associé à une injection de gaz. Les PFAS s’accrochent aux bulles, remontent vers la surface de l’eau et y rencontrent le plasma, qui les décompose. Cette technique a permis d’éliminer presque totalement les PFAS, qu’ils soient à chaîne longue ou courte. Elle est plus rapide que la cavitation, mais consomme davantage d’énergie et produit de nombreux composés intermédiaires. Les chercheurs vérifient encore leur innocuité.La prochaine étape consiste donc à combiner les deux approches : profiter de l’efficacité chimique du plasma tout en utilisant les effets de la cavitation. Reste un obstacle majeur : changer d’échelle. Les expériences ont jusqu’ici porté sur seulement 50 millilitres d’eau. Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette réussite de laboratoire en procédé capable de traiter les volumes d’une station d’épuration.
  • Record de production d’énergie solaire en France ?

    02:18|
    Le solaire français continue de battre des records. Le parc photovoltaïque national atteint désormais 33 gigawatts de puissance installée et prend une place croissante dans le mix électrique, notamment lors des journées très ensoleillées.Le 1er août, la France a ainsi produit 172 gigawattheures d’électricité solaire, selon AleaSoft Energy Forecasting. Un nouveau record journalier pour un mois d’août, également observé dans plusieurs pays européens. Pourtant, cette abondance d’électricité photovoltaïque n’a pas empêché les prix de gros de s’envoler. Entre la fin juillet et le début août, les prix moyens hebdomadaires ont dépassé 100 euros par mégawattheure sur plusieurs marchés européens, dont la France. À titre de comparaison, la moyenne observée depuis le début de l’année sur EPEX Spot tourne autour de 66 euros. Comment expliquer ce paradoxe ? D’abord par une production éolienne plus faible. Mais surtout par une hausse de la demande électrique liée aux fortes chaleurs et à l’utilisation massive des climatiseurs.La France sort en effet d’un mois de juillet caniculaire, devenu le plus chaud jamais enregistré dans le pays, avec une température moyenne nationale de 24,9 degrés. Et une nouvelle vague de chaleur est attendue à partir du 11 août. Clément Metayer, spécialiste du marché de l’énergie, a étudié la période comprise entre le 1er juin et le 14 juillet 2026. Son constat : plus la température moyenne augmentait, plus la consommation d’électricité progressait, et plus les prix spot montaient également. Cela ne signifie pas que la chaleur explique à elle seule les variations de prix, mais la corrélation est jugée significative.Pour la majorité des particuliers, cette volatilité reste invisible grâce aux tarifs fixes. Depuis le 1er août, le kilowattheure en option Base est facturé 0,2001 euro TTC. Les consommateurs ayant choisi une offre à tarification dynamique sont davantage exposés. Leur facture évolue en fonction des cours du marché. Et les périodes à prix négatifs, souvent mises en avant pour promouvoir ces offres, ont été plus rares en juin et juillet. Une conséquence du meilleur pilotage des renouvelables, mais aussi d’une demande plus forte. Le solaire produit donc toujours davantage. Mais quand la chaleur fait exploser la consommation, même des records photovoltaïques ne suffisent pas forcément à faire baisser les prix.
  • Urba-Clim affiche les ilots de chaleur en temps réel ?

    02:28|
    À Rennes, la lutte contre la chaleur passe désormais aussi par la cartographie. La métropole teste Urba-Clim, un outil capable de suivre presque en temps réel l’évolution des îlots de chaleur urbains, ces zones où la température reste nettement plus élevée qu’en périphérie. En juin 2026, Rennes a battu son record absolu avec 41,4 degrés en centre-ville. La ville a connu 28 journées au-dessus de 30 degrés et 14 nuits tropicales, durant lesquelles la température n’est pas descendue sous les 20 degrés. Dans la nuit du 24 au 25 mai, le centre affichait même 22,4 degrés contre 16,4 dans une zone rurale voisine, soit plus de six degrés d’écart. Ce phénomène s’explique notamment par le béton, le bitume et les façades, qui accumulent la chaleur pendant la journée avant de la restituer la nuit. La végétation, elle, rafraîchit l’air grâce à l’évaporation de l’eau contenue dans les plantes. Quand elle manque, la ville refroidit beaucoup moins efficacement.Urba-Clim a été développé par le laboratoire LETG du CNRS et de l’université Rennes 2, avec l’entreprise Alkante, Rennes Métropole et l’université de l’État de São Paulo. L’outil combine mesures au sol et observations satellitaires. À Rennes, quarante stations météorologiques et 185 capteurs installés sur des mâts d’éclairage mesurent température et humidité toutes les quinze minutes. Ils communiquent grâce au LoRaWAN, une technologie radio peu énergivore adaptée aux transmissions sur de longues distances. Ces données sont croisées avec les images des satellites Landsat 8 et 9 et Sentinel-2. L’espace permet d’observer la température des surfaces, tandis que les capteurs mesurent celle de l’air réellement respiré par les habitants. Ensemble, ils offrent une cartographie beaucoup plus fine, presque rue par rue.Rennes utilise déjà ces informations pour guider son plan de végétalisation. La ville prévoit notamment 500 nouveaux arbres dans le centre d’ici 2030, dans le cadre d’un objectif de 30 000 arbres sur l’ensemble du territoire. Testé également au Brésil, Urba-Clim pourrait être adopté par d’autres villes. De futures versions doivent intégrer des prévisions météo et des indicateurs sanitaires, tandis que le satellite franco-indien Trishna devrait encore améliorer la fréquence des observations.
  • Le cuivre, LA clé pour économiser l’énergie des data centers ?

    02:34|
    Refroidir les serveurs représente aujourd’hui près de 30 % de l’électricité consommée par les centres de données. Des chercheurs américains et japonais pensent pouvoir réduire drastiquement cette facture grâce à un élément relativement simple : une plaque de refroidissement en cuivre pur. Leurs travaux, publiés dans Cell Reports Physical Science, remplacent les plaques en aluminium installées sur les puces par du cuivre, dont la conductivité thermique peut atteindre 400 watts par mètre-kelvin. Autrement dit, ce métal évacue particulièrement bien la chaleur. Selon les calculs de l’équipe, la part d’électricité consacrée au refroidissement pourrait ainsi tomber à seulement 1,1 % dans les data centers équipés de cette technologie.Behnood Bazmi, doctorant à l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, et ses collègues ont fabriqué leur prototype par dépôt électrochimique. Le cuivre est déposé progressivement à partir d’un bain contenant des ions métalliques, sans passer par une fusion classique. Un algorithme d’optimisation topologique a également déterminé la forme idéale des ailettes permettant au liquide de refroidissement d’emporter la chaleur.Les résultats sont prometteurs. À débit de liquide identique, la résistance thermique de cette nouvelle plaque est inférieure de 32 % à celle d’un modèle classique à ailettes carrées. Lors d’un second test, avec une température de puce identique, la pompe chargée de faire circuler le liquide a consommé 68 % d’électricité en moins. Quelques réserves subsistent. Le prototype ne mesure que 20 millimètres sur 20, bien moins qu’une véritable puce de centre de données. Et six auteurs de l’étude travaillent chez Fabric8Labs, l’entreprise qui commercialise précisément le procédé utilisé pour fabriquer ces plaques.Reste aussi le prix du cuivre. La tonne est passée d’environ 9 769 dollars en juillet 2025 à plus de 14 000 dollars aujourd’hui, après un record à 14 806 dollars en mai. Difficultés minières, forte demande et politique douanière américaine entretiennent cette hausse. Le cuivre raffiné échappe encore aux droits américains de 50 %, mais une taxe de 15 % inquiète déjà les industriels. Or ce métal est aussi indispensable aux câbles, satellites, panneaux solaires et produits électroniques. Cette innovation pourrait donc réduire fortement la consommation énergétique des data centers, à condition que son matériau principal ne devienne pas, lui-même, une ressource trop coûteuse.
  • Une BMW solaire produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme ?

    02:33|
    La voiture solaire fait rêver depuis longtemps, mais les tentatives commerciales se sont souvent soldées par des échecs. Lightyear, aux Pays-Bas, promettait une berline capable de parcourir 700 kilomètres grâce notamment à cinq mètres carrés de panneaux solaires. L’entreprise a fait faillite avant sa diffusion à grande échelle. Sono Motors a abandonné sa Sion, tandis qu’Aptera a déjà connu une liquidation avant de renaître.BMW a choisi une autre voie. En 2024, le constructeur a confié à des étudiants de troisième cycle le développement d’un prototype, sans objectif commercial immédiat. Deux ans plus tard, leur Deep Orange 17, surnommée Luminetta, roule réellement. Sa particularité : presque toute sa carrosserie produit de l’électricité. Plus de 1 700 cellules photovoltaïques, développées avec l’institut allemand Fraunhofer ISE, recouvrent le toit, le capot et les flancs. Sa silhouette, inspirée du poisson-coffre, vise surtout à maximiser la surface exposée au soleil. Les panneaux fonctionnent à l’arrêt comme en circulation et continuent à produire, plus modestement, à l’ombre.La Luminetta ne pèse qu’environ 550 kilos grâce à l’emploi d’acier, d’aluminium, de fibre de carbone et de pièces métalliques imprimées en 3D. Cette légèreté lui permet de récupérer jusqu’à 50 kilomètres d’autonomie solaire par jour. Le prototype a été pensé autour d’un trajet quotidien d’environ vingt kilomètres. Freinage régénératif et gestion optimisée du couple complètent l’ensemble. L’expérience rejoint les conclusions du programme européen SolarMoves. Après avoir étudié 23 catégories de véhicules et plus de 1,3 million de kilomètres, ses chercheurs estiment qu’une voiture équipée de photovoltaïque intégré pourrait couvrir jusqu’à 55 % de ses besoins énergétiques annuels en Europe centrale, et jusqu’à 80 % dans le Sud.Si tous les véhicules neufs vendus entre 2024 et 2030 adoptaient cette technologie, la demande électrique européenne pourrait diminuer de 15,6 térawattheures en 2030. Mais une constante demeure : le solaire embarqué fonctionne surtout avec des véhicules légers et sobres. Il ne remplacera donc pas la recharge sur borne. Il peut simplement réduire les kilomètres à reprendre sur le réseau, à condition d’accepter que l’efficacité dicte davantage la forme de la voiture.
  • Un droit de polluer illimité pour les fusées américaines ?

    02:31|
    Aux États-Unis, l’accélération du trafic spatial commence à bousculer les règles environnementales. Aujourd’hui, avant d’autoriser un site de lancement, un décollage ou une rentrée atmosphérique, la FAA, le régulateur américain de l’aviation, doit réaliser une étude d’impact. Celle-ci examine notamment le bruit, les conséquences sur la faune et les solutions alternatives. Une procédure qui peut durer plus d’un an. Or, l’agence doit faire face à une hausse spectaculaire de l’activité. Quelque 214 lancements et rentrées sont prévus cette année. Ce nombre pourrait dépasser 500 par an d’ici une décennie. Pour réduire les délais, l’administration Trump souhaite donc permettre à la FAA de lever certaines obligations environnementales.Présenté le mardi 28 juillet par le département des Transports, le projet autoriserait l’agence à valider certains sites, tirs ou retours sur Terre sans passer par les examens habituels. La mesure doit encore être soumise à consultation publique. Pour le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, l’objectif est de stimuler le spatial commercial et de renforcer la compétitivité des États-Unis. Cette orientation prolonge un décret signé l’année précédente par Donald Trump afin d’alléger les contraintes du secteur. Elle rejoint aussi la réforme de la FCC facilitant l’attribution des licences satellitaires, notamment pour les mégaconstellations et les futurs centres de données en orbite. SpaceX, Blue Origin, Rocket Lab ou Stoke Space pourraient être parmi les premiers bénéficiaires. Mais Starbase, le complexe de SpaceX au Texas, illustre les risques d’un tel assouplissement. Le site se trouve dans une zone humide fragile du golfe du Mexique, fréquentée par des oiseaux migrateurs et des tortues marines. Le bruit des moteurs peut atteindre 150 décibels. SpaceX a déjà été sanctionnée pour la pollution de cours d’eau voisins, tandis qu’un essai a provoqué un incendie de 1,4 hectare dans un parc national.L’entreprise cherche pourtant à récupérer de nouvelles terres protégées. Des associations environnementales et autochtones contestent l’opération en justice, malgré le soutien du gouvernement fédéral. La dynamique dépasse SpaceX. Rocket Lab vient, par exemple, de signer un accord avec l’US Space Force pour construire un pas de tir en Alaska. En accélérant les autorisations, Washington espère gagner la course spatiale. Mais sans contrôles solides, cette vitesse pourrait se payer par des dommages durables sur les écosystèmes.