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Choses à Savoir TECH VERTE

Les émissions de CO2 en baisse de 27% en France ?

Source : SDES


C’est un signal encourageant pour la transition énergétique française. Selon les dernières données du Service des statistiques du ministère de la Transition écologique, les émissions de CO₂ liées à la consommation d’énergie ont reculé de 27 % entre 1990 et 2023 en France métropolitaine. Un résultat d’autant plus notable que, sur la même période, la population a augmenté de 17 % et l’activité économique, mesurée par le produit intérieur brut, a progressé de 40 %. Autrement dit, la France parvient progressivement à dissocier croissance et émissions.


L’année 2024 confirme cette tendance. Les émissions liées à la combustion d’énergie ont encore diminué, de 2,3 %. Cette baisse concerne l’ensemble des secteurs, avec un rôle particulièrement important du système énergétique. Car l’un des piliers de cette trajectoire reste le mix énergétique français, largement dominé par le nucléaire. En 2024, la production d’énergie a bondi de près de 10 %, notamment grâce à la reprise des centrales nucléaires et à de bonnes conditions pour l’hydroélectricité, c’est-à-dire la production d’électricité à partir de l’eau, via des barrages ou des cours d’eau. Conséquence directe : le recours au gaz pour produire de l’électricité et de la chaleur a chuté de 32 % en un an. Moins de gaz, c’est moins d’émissions. Dans le même temps, la France a réduit sa dépendance énergétique extérieure.


Les énergies renouvelables progressent également. L’éolien et le solaire continuent de se développer, et représentent désormais près de 16 % de la consommation primaire d’énergie. Sur le long terme, la part du pétrole a fortement reculé, passant de 50 % en 1990 à 38 % aujourd’hui, tandis que les renouvelables ont presque doublé. Mais tout n’est pas uniforme. Si l’industrie consomme un peu moins d’énergie, les secteurs résidentiel et tertiaire, autrement dit les logements et les services, sont en hausse. Et pour les ménages, la transition a un coût. Même si les prix de l’énergie ont légèrement baissé en 2024, ils restent bien supérieurs à leur niveau d’avant-crise. La fin progressive des aides publiques et la hausse de certaines taxes pèsent sur le pouvoir d’achat.

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  • Faire de l’électricité avec des gaz polluants ? C’est possible !

    02:29|
    Transformer la pollution en électricité : l’idée peut sembler ambitieuse, mais elle prend forme dans les laboratoires. En Corée du Sud, une équipe de l’Université Sungkyunkwan a mis au point un dispositif baptisé GCEG, pour « Gas Capture and Electricity Generator ». Une innovation présentée dans la revue Energy & Environmental Science, qui pourrait, à terme, alimenter de petits appareils électroniques tout en capturant des gaz polluants.Aujourd’hui, la lutte contre le changement climatique repose en partie sur des technologies de captage du carbone, appelées CCUS – pour « capture, utilisation et stockage du CO₂ ». Ces systèmes permettent de récupérer des gaz à effet de serre dans l’air ou à la sortie des usines, puis de les stocker ou de les transformer. Mais ils ont un inconvénient majeur : ils consomment eux-mêmes beaucoup d’énergie.Le dispositif GCEG propose une approche différente. Il ne se contente pas de capturer les gaz : il transforme directement leur présence en électricité. Autrement dit, il convertit une réaction physico-chimique, ici, l’adsorption, c’est-à-dire la fixation des molécules de gaz sur une surface, en courant électrique. Techniquement, le système repose sur une structure en deux couches. La première est constituée d’un hydrogel, un matériau capable d’absorber des substances tout en conservant sa structure. La seconde est faite de papier de mûrier, une fibre naturelle riche en cellulose, recouverte de noir de carbone, un matériau conducteur qui sert d’électrode.Lorsque des gaz comme le dioxyde de carbone ou le dioxyde d’azote entrent en contact avec ce dispositif, ils provoquent un déplacement de charges électriques à l’intérieur du matériau. Ce mouvement d’ions génère alors un courant, sans aucune source d’énergie externe. En résumé, la pollution devient une forme de carburant. Le système est très sensible, capable de fonctionner même à faible concentration de gaz. Lors des tests, il a produit une tension de 0,8 volt avec un courant de 55 microampères. En combinant plusieurs modules, les chercheurs ont atteint près de 4 volts. Ces performances restent modestes, mais suffisantes pour envisager des usages concrets, notamment pour alimenter des capteurs ou des petits dispositifs électroniques. À plus long terme, l’enjeu sera d’améliorer le rendement pour passer à une échelle industrielle.
  • 140 millions de dollars pour des data centers sur l’eau ?

    02:24|
    Installer des serveurs en pleine mer pour faire fonctionner des modèles d’intelligence artificielle… l’idée semble sortie d’un roman de science-fiction. Pourtant, la startup américaine Panthalassa veut en faire une réalité. Basée à Portland, elle vient de lever 140 millions de dollars pour accélérer son projet, avec le soutien d’investisseurs comme Peter Thiel ou encore John Doerr.Le concept est radical : déployer en mer des plateformes flottantes autonomes, capables de produire leur propre énergie et d’héberger des serveurs dédiés à l’IA. Ces structures, d’environ 85 mètres de long, exploitent l’énergie des vagues pour générer de l’électricité. Cette énergie alimente directement des puces informatiques à bord, tandis que les résultats sont transmis à terre via satellite.L’intérêt est double. D’abord, contourner les limites des centres de données terrestres, qui nécessitent des infrastructures électriques massives. Ensuite, résoudre un problème crucial : le refroidissement. Les serveurs chauffent énormément, et leur refroidissement consomme jusqu’à 40 % de leur énergie. Ici, l’eau de mer joue ce rôle naturellement. Panthalassa affirme avoir testé plusieurs prototypes entre 2021 et 2024. Une nouvelle génération de plateformes doit être déployée dans le Pacifique dès 2026, avec une commercialisation envisagée en 2027.Ce n’est pas la première tentative. Microsoft avait déjà expérimenté l’immersion de serveurs sous-marins avec son projet Natick, constatant un taux de panne bien plus faible que sur terre. D’autres initiatives émergent en Chine ou au Japon, avec des centres de données sous-marins ou installés sur des navires. Mais Panthalassa se distingue par son approche : des structures totalement autonomes, sans câble ni ancrage, capables de se déplacer vers les zones les plus favorables en énergie.Reste que les défis sont nombreux. La corrosion due au sel, la fiabilité des connexions satellites en cas de mauvais temps, ou encore la maintenance sans intervention humaine pendant de longues périodes posent question. Dans un contexte où la demande en puissance informatique explose, notamment avec l’IA, ces solutions alternatives ne relèvent plus de l’expérimentation isolée. Elles pourraient bien devenir une pièce clé du futur numérique… à condition de prouver leur robustesse sur la durée.
  • Un robot souple qui se décompose sans polluer le sol ?

    02:17|
    Chaque année, chacun d’entre nous produit près de huit kilos de déchets électroniques. À l’échelle mondiale, cela représente 62 millions de tonnes en 2022. Un volume colossal… et surtout en constante augmentation. Le problème, c’est que cette masse croît cinq fois plus vite que les capacités de recyclage. Résultat : une grande partie de ces déchets finit enfouie ou incinérée, avec des conséquences environnementales bien réelles.Recycler ces objets reste un défi technique. Nos appareils sont conçus comme des assemblages complexes : plastiques, métaux, composants électroniques… souvent imbriqués de manière indissociable. Et c’est encore plus vrai pour les robots dits “souples”, de plus en plus utilisés en agriculture ou en médecine. Ces machines combinent des matériaux avancés comme des polymères élastiques, des alliages métalliques et des semi-conducteurs, le tout difficile à séparer en fin de vie.Mais une équipe de chercheurs sud-coréens, issue de l’Université nationale de Séoul et de l’Université Sogang, propose une piste radicalement différente : concevoir des robots… entièrement biodégradables. Leur étude, publiée dans la revue Nature Sustainability, présente un robot souple capable de se décomposer sans laisser de trace toxique. Pour y parvenir, les scientifiques ont utilisé un matériau structurel particulier, un polymère biodégradable appelé poly(sébacate de glycérol), ou PGS. Ce type de matériau, que l’on appelle un élastomère, possède des propriétés proches du caoutchouc tout en étant capable de se dégrader naturellement.À cela s’ajoutent des composants électroniques eux aussi biodégradables, fabriqués à partir de matériaux comme le magnésium, le molybdène ou encore le silicium, choisis pour leur capacité à se dissoudre progressivement dans l’environnement sans danger. Malgré cette conception inédite, les performances sont au rendez-vous. Le robot peut embarquer des capteurs de température ou d’humidité, produire de la chaleur ou même administrer des médicaments. Et surtout, il reste fonctionnel après un million de cycles d’utilisation, preuve de sa robustesse. Une fois son rôle terminé, il peut être placé dans des conditions de compostage industriel et se décomposer en quelques mois seulement.
  • Le Japon bouleverse la puissance des panneaux solaires ?

    02:24|
    Pourquoi les panneaux solaires actuels ne captent-ils qu’une partie de l’énergie du soleil ? La réponse tient à une limite bien connue des physiciens : limite de Shockley-Queisser. Elle fixe le rendement maximal des cellules photovoltaïques classiques autour de 33 %. En d’autres termes, même dans des conditions idéales, deux tiers de l’énergie solaire sont perdus. Cette inefficacité vient du comportement des photons, ces particules de lumière. Les moins énergétiques, notamment dans l’infrarouge, ne parviennent pas à exciter les électrons. À l’inverse, les photons très énergétiques, comme ceux du spectre bleu, libèrent trop d’énergie, dont une partie est dissipée sous forme de chaleur. Résultat : une conversion limitée.Une équipe de chercheurs de l’Université de Kyushu, au Japon, et de l’Université Johannes Gutenberg en Allemagne propose aujourd’hui une piste pour dépasser ce plafond théorique. Leur approche repose sur un phénomène quantique appelé fission de singulet. Le principe est subtil mais prometteur : un photon très énergétique peut être “divisé” en deux excitations plus petites, appelées excitons. Ces excitons sont des états d’énergie capables d’être convertis en courant électrique. Autrement dit, un seul photon peut générer deux unités exploitables au lieu d’une.Jusqu’ici, ce mécanisme restait difficile à exploiter. Les excitons ont une durée de vie extrêmement courte et disparaissent avant d’être récupérés. Pour contourner cet obstacle, les chercheurs ont combiné une molécule organique, le tétracène, avec un complexe métallique à base de molybdène. Ce dernier agit comme un “piège” ultra-rapide, capable de capturer ces excitons avant leur disparition. Résultat : les scientifiques parviennent à produire en moyenne 1,3 état énergétique utile par photon absorbé. Une performance qui dépasse symboliquement les 100 %… sans violer les lois de la physique. Il ne s’agit pas de créer plus d’énergie que reçue, mais d’exploiter plus efficacement chaque photon. Cette avancée ouvre des perspectives majeures. Si elle est industrialisée, elle pourrait permettre de concevoir des panneaux solaires nettement plus performants, réduisant les pertes et améliorant la production d’énergie renouvelable.
  • Transformer le CO2 en carburant, c’est possible ?!

    02:25|
    Capter le CO₂ industriel sans eau, ou presque. L’idée peut sembler contre-intuitive, et pourtant, elle est au cœur de la technologie développée par la jeune biotech girondine Syklea. Installée près de Bordeaux, cette entreprise fondée en 2021 s’appuie sur plus de deux décennies de recherche sur les microalgues. Son objectif : transformer le dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, en ressource exploitable. Une approche qui s’inscrit pleinement dans la logique d’économie circulaire.Traditionnellement, les systèmes utilisant des microalgues reposent sur de grands bassins remplis d’eau. Syklea propose une alternative radicale avec sa technologie “No Water Technology”. Ici, les algues ne flottent pas dans l’eau : elles se développent sur un support très fin, avec une quantité minimale de liquide recyclé en circuit quasi fermé. Les gains annoncés sont significatifs : jusqu’à 99 % d’eau en moins, une réduction des coûts énergétiques de 45 à 60 %, et une capacité de capture de CO₂ pouvant atteindre 100 grammes par mètre carré et par jour. Certaines souches, comme Botryococcus braunii, permettent même de produire des lipides transformables en biocarburants.Le fonctionnement est relativement simple. Les fumées industrielles sont dirigées vers des panneaux recouverts de microalgues. Sous l’effet de la lumière, ces organismes réalisent la photosynthèse : ils absorbent le CO₂ et le convertissent en biomasse. Cette matière peut ensuite être valorisée, par exemple en carburants, en plastiques ou en produits cosmétiques. L’intérêt environnemental est double. D’un côté, on réduit les émissions de CO₂ à la source. De l’autre, on évite de stocker ce carbone sous terre, une solution controversée, en le réutilisant directement.La technologie vise avant tout les industries les plus émettrices : cimenteries, aciéries ou raffineries, des secteurs où les solutions de décarbonation restent limitées. Syklea développe aussi des applications urbaines, avec des dispositifs de purification de l’air pour les bâtiments ou l’espace public. Encore discrète, l’entreprise avance ses pions. Si ses performances se confirment à grande échelle, elle pourrait devenir un acteur clé de la transition écologique industrielle en Europe.
  • Objectif 30 GW de puissance de calcul chez OpenAI ?

    02:20|
    La course à l’intelligence artificielle entre dans une nouvelle dimension. OpenAI annonce vouloir porter sa capacité de calcul à 30 gigawatts d’ici 2030. Pour donner un ordre de grandeur, un gigawatt correspond à la puissance d’un réacteur nucléaire. Autrement dit, l’objectif équivaut à plusieurs dizaines de centrales électriques mobilisées pour faire tourner des systèmes d’IA.Aujourd’hui, l’entreprise dispose d’environ 1,9 gigawatt. Elle vise donc une multiplication par seize en cinq ans. Une montée en puissance spectaculaire, portée par le succès de ses services depuis le lancement de ChatGPT et par une demande mondiale en forte croissance. Mais OpenAI n’est pas seule. Amazon et Anthropic ont eux aussi annoncé des investissements massifs, avec plusieurs gigawatts de capacité en préparation. La compétition est désormais industrielle.Pour atteindre ces objectifs, il faudra des infrastructures colossales : centres de données, réseaux électriques renforcés, et surtout des composants électroniques très spécialisés. OpenAI travaille notamment sur une puce maison intégrant de la mémoire HBM — une technologie ultra-rapide empilée en couches, essentielle pour traiter d’énormes volumes de données. Problème : cette mémoire est aujourd’hui rare. Les fabricants comme Samsung ou SK Hynix peinent à suivre la demande. Cette tension pourrait avoir des répercussions concrètes : hausse des prix pour les ordinateurs, les smartphones ou les consoles, faute de composants disponibles.Mais l’enjeu dépasse l’économie. Il est aussi environnemental. Alimenter 30 gigawatts de calcul implique une consommation énergétique massive, sans parler du refroidissement des serveurs, qui nécessite souvent d’importantes quantités d’eau. Si cette énergie n’est pas décarbonée, l’empreinte carbone de l’IA pourrait fortement augmenter. Le secteur fait donc face à un dilemme : soutenir une innovation technologique majeure, tout en limitant son impact écologique. Certaines entreprises explorent déjà des solutions, comme l’utilisation d’énergies renouvelables ou l’optimisation des algorithmes pour consommer moins.
  • Comment les vêtements européens finissent au Chili ?

    02:05|
    Avec le retour des beaux jours, beaucoup en profitent pour faire du tri et déposer leurs vêtements dans des bornes de collecte. Un geste perçu comme écologique. Pourtant, la réalité de cette filière est parfois bien plus complexe.Une partie des vêtements donnés en Europe ou en Amérique du Nord est exportée vers des pays en développement. C’est notamment le cas du Chili, devenu malgré lui l’un des symboles de cette dérive. Selon une enquête de la BBC, une quantité importante de ces textiles finit abandonnée dans le désert d’Atacama, au nord du pays. Chaque année, le Chili importe environ 123 000 tonnes de vêtements usagés. La majorité transite par la zone franche d’Iquique, créée dans les années 1970 pour stimuler l’économie locale. Une partie de ces vêtements est revendue sur des marchés d’occasion, notamment à La Quebradilla, près d’Alto Hospicio.Mais tout ne trouve pas preneur. Jusqu’à 39 000 tonnes de textiles invendus seraient ainsi jetées ou brûlées chaque année. En cause : le coût élevé du recyclage ou de la gestion des déchets, qui pousse certains acteurs à s’en débarrasser illégalement. Le phénomène est difficile à contenir. Les autorités locales, malgré des patrouilles et des systèmes de surveillance, peinent à faire face à l’ampleur des dépôts sauvages. Le désert, facilement accessible, devient une zone de déversement quasi incontrôlée.Face à cette situation, des initiatives émergent. Un entrepreneur a investi plusieurs millions de dollars dans une usine de recyclage capable de transformer ces vêtements en fibres ou en feutre, utilisés ensuite dans l’industrie, par exemple pour l’isolation ou l’ameublement. L’objectif affiché : traiter jusqu’à 20 tonnes de textiles par jour. Parallèlement, le Chili a adopté en 2025 une loi de “responsabilité élargie des producteurs”. Ce principe impose aux entreprises de prendre en charge la fin de vie de leurs produits. Autrement dit, les marques ne peuvent plus ignorer ce que deviennent leurs vêtements une fois jetés.
  • Des lampadaires adaptés à la recharge des véhicules électriques ?

    01:58|
    La transition vers la voiture électrique ne se joue pas seulement dans les usines automobiles. Elle dépend aussi d’un élément souvent moins visible, mais tout aussi crucial : les infrastructures de recharge. Et sur ce terrain, toutes les villes ne sont pas encore prêtes.À Prague, la question devient urgente. La capitale tchèque anticipe jusqu’à 180 000 véhicules électriques en circulation d’ici 2030. Une montée en puissance rapide, qui nécessitera environ 4 500 points de recharge supplémentaires pour répondre aux besoins des automobilistes. Mais dans une grande ville, l’espace est une ressource rare. Installer des bornes dédiées implique souvent des travaux lourds, des coûts élevés et des contraintes d’aménagement. Alors, Prague explore une alternative plus discrète : transformer le mobilier urbain existant.Concrètement, la municipalité prévoit d’équiper 150 lampadaires de dispositifs de recharge pour véhicules électriques. L’idée est simple : utiliser les infrastructures déjà en place — notamment les réseaux électriques qui alimentent l’éclairage public — pour y ajouter une seconde fonction. On parle ici d’usage “dual”, c’est-à-dire un équipement capable de remplir deux rôles en même temps.Ce type de solution présente plusieurs avantages. D’abord, elle limite les travaux de voirie, souvent coûteux et perturbants pour les habitants. Ensuite, elle permet une intégration plus harmonieuse dans le paysage urbain, sans multiplier les installations visibles. Enfin, elle réduit les coûts : Prague prévoit une enveloppe d’environ 4,1 millions d’euros pour ce projet, un investissement relativement modéré à l’échelle d’une capitale. La ville n’est pas la première à envisager cette piste. Des projets similaires ont déjà été évoqués à Londres ou à New York, preuve que le sujet dépasse largement les frontières européennes.
  • La France, championne d'Europe de production de biogaz ?

    02:24|
    La France confirme son avance dans un secteur encore discret mais stratégique : celui du gaz renouvelable. En 2025, ses capacités de production ont progressé de 13 %, plaçant le pays en tête en Europe. Un niveau qui correspond désormais à la consommation annuelle d’environ un million de foyers.Selon le Panorama des gaz renouvelables et bas carbone, publié début avril, l’Hexagone est devenu le premier injecteur de biométhane dans les réseaux gaziers, devant l’Allemagne et le Danemark. À la fin de l’année dernière, 803 sites alimentaient ces réseaux. Résultat : près de 3,9 % de la consommation nationale de gaz est aujourd’hui couverte par cette énergie. Concrètement, cela représente 15,5 térawattheures de capacité installée, pour une production effective de 13,6 térawattheures en 2025. Pour mieux comprendre, un térawattheure correspond à un milliard de kilowattheures, soit de quoi alimenter des centaines de milliers de logements.Mais d’où vient ce gaz ? Il est principalement issu de la méthanisation. Ce procédé consiste à faire fermenter des matières organiques — déchets agricoles, restes alimentaires ou boues d’épuration — en absence d’oxygène. Cette décomposition produit un gaz riche en méthane, injectable dans les réseaux existants. Le résidu, appelé digestat, est ensuite utilisé comme fertilisant agricole, remplaçant certains engrais chimiques.Au-delà de son poids encore limité dans le mix énergétique, le biométhane s’inscrit dans une logique d’économie circulaire : valoriser les déchets, réduire les pertes et diversifier les sources d’énergie. Un levier aussi pour renforcer la souveraineté énergétique. La filière se montre confiante pour la suite. Elle affirme pouvoir atteindre l’objectif fixé par la feuille de route nationale : 44 térawattheures de biométhane d’ici 2030. Mais elle réclame de la visibilité. En cause, le mécanisme des certificats de production de biogaz, qui oblige depuis 2026 les fournisseurs à intégrer une part de biométhane dans leurs offres. Cette obligation doit atteindre 4 % en 2028. Problème : aucune trajectoire n’est encore définie au-delà.