Partager

Choses à Savoir TECH VERTE
New York suspend la construction de datacenters ?
Aux États-Unis, l’expansion rapide des centres de données commence à rencontrer une opposition politique de plus en plus nette. Après Seattle, où un projet de moratoire sur les nouvelles constructions a récemment été débattu avec le soutien d’une partie de la population, mais aussi de certains employés d’Amazon, c’est désormais l’État de New York qui décide de ralentir le mouvement.
Les autorités new-yorkaises viennent d’adopter un moratoire d’un an sur la construction de nouveaux data centers consommant au moins 50 mégawatts. À titre de comparaison, une telle puissance correspond aux besoins électriques de plusieurs dizaines de milliers de foyers. La mesure vise donc principalement les plus grandes installations, notamment celles destinées à faire fonctionner les services d’intelligence artificielle. La gouverneure Kathy Hochul justifie cette décision par les inquiétudes croissantes liées à leur développement. Selon elle, ces infrastructures risquent d’alourdir les factures d’électricité, de solliciter excessivement les ressources naturelles et de provoquer une opposition toujours plus forte parmi les habitants de l’État.
L’essor de l’intelligence artificielle générative explique en grande partie cette accélération. Pour entraîner les modèles, puis répondre aux requêtes des utilisateurs, les entreprises technologiques ont besoin d’immenses capacités de calcul. Celles-ci sont concentrées dans des centres de données remplis de serveurs, qui consomment beaucoup d’électricité et nécessitent également d’importants systèmes de refroidissement. Cette demande supplémentaire pèse sur les réseaux électriques américains. Elle peut obliger les opérateurs à renforcer leurs infrastructures, à mobiliser de nouvelles capacités de production et, potentiellement, à répercuter une partie des coûts sur les consommateurs.
La défiance gagne d’ailleurs l’ensemble du pays. Selon un récent sondage réalisé par Reuters et Ipsos, seul un Américain sur trois approuve le rythme actuel de développement des centres de données. La majorité des personnes interrogées ne souhaiterait pas non plus voir une telle installation construite dans sa propre communauté. New York pourrait donc ouvrir la voie. Dans plusieurs dizaines d’États, des propositions de loi ont déjà été déposées pour mieux encadrer l’implantation des data centers, leur consommation énergétique et leurs conséquences locales. Le moratoire new-yorkais ne signifie pas l’arrêt définitif des projets, mais il impose une pause : le temps d’évaluer si la course à l’intelligence artificielle peut continuer sans faire supporter l’essentiel de son coût aux territoires et à leurs habitants.
More episodes
View all episodes

Urba-Clim affiche les ilots de chaleur en temps réel ?
02:28|À Rennes, la lutte contre la chaleur passe désormais aussi par la cartographie. La métropole teste Urba-Clim, un outil capable de suivre presque en temps réel l’évolution des îlots de chaleur urbains, ces zones où la température reste nettement plus élevée qu’en périphérie. En juin 2026, Rennes a battu son record absolu avec 41,4 degrés en centre-ville. La ville a connu 28 journées au-dessus de 30 degrés et 14 nuits tropicales, durant lesquelles la température n’est pas descendue sous les 20 degrés. Dans la nuit du 24 au 25 mai, le centre affichait même 22,4 degrés contre 16,4 dans une zone rurale voisine, soit plus de six degrés d’écart. Ce phénomène s’explique notamment par le béton, le bitume et les façades, qui accumulent la chaleur pendant la journée avant de la restituer la nuit. La végétation, elle, rafraîchit l’air grâce à l’évaporation de l’eau contenue dans les plantes. Quand elle manque, la ville refroidit beaucoup moins efficacement.Urba-Clim a été développé par le laboratoire LETG du CNRS et de l’université Rennes 2, avec l’entreprise Alkante, Rennes Métropole et l’université de l’État de São Paulo. L’outil combine mesures au sol et observations satellitaires. À Rennes, quarante stations météorologiques et 185 capteurs installés sur des mâts d’éclairage mesurent température et humidité toutes les quinze minutes. Ils communiquent grâce au LoRaWAN, une technologie radio peu énergivore adaptée aux transmissions sur de longues distances. Ces données sont croisées avec les images des satellites Landsat 8 et 9 et Sentinel-2. L’espace permet d’observer la température des surfaces, tandis que les capteurs mesurent celle de l’air réellement respiré par les habitants. Ensemble, ils offrent une cartographie beaucoup plus fine, presque rue par rue.Rennes utilise déjà ces informations pour guider son plan de végétalisation. La ville prévoit notamment 500 nouveaux arbres dans le centre d’ici 2030, dans le cadre d’un objectif de 30 000 arbres sur l’ensemble du territoire. Testé également au Brésil, Urba-Clim pourrait être adopté par d’autres villes. De futures versions doivent intégrer des prévisions météo et des indicateurs sanitaires, tandis que le satellite franco-indien Trishna devrait encore améliorer la fréquence des observations.
Le cuivre, LA clé pour économiser l’énergie des data centers ?
02:34|Refroidir les serveurs représente aujourd’hui près de 30 % de l’électricité consommée par les centres de données. Des chercheurs américains et japonais pensent pouvoir réduire drastiquement cette facture grâce à un élément relativement simple : une plaque de refroidissement en cuivre pur. Leurs travaux, publiés dans Cell Reports Physical Science, remplacent les plaques en aluminium installées sur les puces par du cuivre, dont la conductivité thermique peut atteindre 400 watts par mètre-kelvin. Autrement dit, ce métal évacue particulièrement bien la chaleur. Selon les calculs de l’équipe, la part d’électricité consacrée au refroidissement pourrait ainsi tomber à seulement 1,1 % dans les data centers équipés de cette technologie.Behnood Bazmi, doctorant à l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, et ses collègues ont fabriqué leur prototype par dépôt électrochimique. Le cuivre est déposé progressivement à partir d’un bain contenant des ions métalliques, sans passer par une fusion classique. Un algorithme d’optimisation topologique a également déterminé la forme idéale des ailettes permettant au liquide de refroidissement d’emporter la chaleur.Les résultats sont prometteurs. À débit de liquide identique, la résistance thermique de cette nouvelle plaque est inférieure de 32 % à celle d’un modèle classique à ailettes carrées. Lors d’un second test, avec une température de puce identique, la pompe chargée de faire circuler le liquide a consommé 68 % d’électricité en moins. Quelques réserves subsistent. Le prototype ne mesure que 20 millimètres sur 20, bien moins qu’une véritable puce de centre de données. Et six auteurs de l’étude travaillent chez Fabric8Labs, l’entreprise qui commercialise précisément le procédé utilisé pour fabriquer ces plaques.Reste aussi le prix du cuivre. La tonne est passée d’environ 9 769 dollars en juillet 2025 à plus de 14 000 dollars aujourd’hui, après un record à 14 806 dollars en mai. Difficultés minières, forte demande et politique douanière américaine entretiennent cette hausse. Le cuivre raffiné échappe encore aux droits américains de 50 %, mais une taxe de 15 % inquiète déjà les industriels. Or ce métal est aussi indispensable aux câbles, satellites, panneaux solaires et produits électroniques. Cette innovation pourrait donc réduire fortement la consommation énergétique des data centers, à condition que son matériau principal ne devienne pas, lui-même, une ressource trop coûteuse.
Une BMW solaire produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme ?
02:33|La voiture solaire fait rêver depuis longtemps, mais les tentatives commerciales se sont souvent soldées par des échecs. Lightyear, aux Pays-Bas, promettait une berline capable de parcourir 700 kilomètres grâce notamment à cinq mètres carrés de panneaux solaires. L’entreprise a fait faillite avant sa diffusion à grande échelle. Sono Motors a abandonné sa Sion, tandis qu’Aptera a déjà connu une liquidation avant de renaître.BMW a choisi une autre voie. En 2024, le constructeur a confié à des étudiants de troisième cycle le développement d’un prototype, sans objectif commercial immédiat. Deux ans plus tard, leur Deep Orange 17, surnommée Luminetta, roule réellement. Sa particularité : presque toute sa carrosserie produit de l’électricité. Plus de 1 700 cellules photovoltaïques, développées avec l’institut allemand Fraunhofer ISE, recouvrent le toit, le capot et les flancs. Sa silhouette, inspirée du poisson-coffre, vise surtout à maximiser la surface exposée au soleil. Les panneaux fonctionnent à l’arrêt comme en circulation et continuent à produire, plus modestement, à l’ombre.La Luminetta ne pèse qu’environ 550 kilos grâce à l’emploi d’acier, d’aluminium, de fibre de carbone et de pièces métalliques imprimées en 3D. Cette légèreté lui permet de récupérer jusqu’à 50 kilomètres d’autonomie solaire par jour. Le prototype a été pensé autour d’un trajet quotidien d’environ vingt kilomètres. Freinage régénératif et gestion optimisée du couple complètent l’ensemble. L’expérience rejoint les conclusions du programme européen SolarMoves. Après avoir étudié 23 catégories de véhicules et plus de 1,3 million de kilomètres, ses chercheurs estiment qu’une voiture équipée de photovoltaïque intégré pourrait couvrir jusqu’à 55 % de ses besoins énergétiques annuels en Europe centrale, et jusqu’à 80 % dans le Sud.Si tous les véhicules neufs vendus entre 2024 et 2030 adoptaient cette technologie, la demande électrique européenne pourrait diminuer de 15,6 térawattheures en 2030. Mais une constante demeure : le solaire embarqué fonctionne surtout avec des véhicules légers et sobres. Il ne remplacera donc pas la recharge sur borne. Il peut simplement réduire les kilomètres à reprendre sur le réseau, à condition d’accepter que l’efficacité dicte davantage la forme de la voiture.
Un droit de polluer illimité pour les fusées américaines ?
02:31|Aux États-Unis, l’accélération du trafic spatial commence à bousculer les règles environnementales. Aujourd’hui, avant d’autoriser un site de lancement, un décollage ou une rentrée atmosphérique, la FAA, le régulateur américain de l’aviation, doit réaliser une étude d’impact. Celle-ci examine notamment le bruit, les conséquences sur la faune et les solutions alternatives. Une procédure qui peut durer plus d’un an. Or, l’agence doit faire face à une hausse spectaculaire de l’activité. Quelque 214 lancements et rentrées sont prévus cette année. Ce nombre pourrait dépasser 500 par an d’ici une décennie. Pour réduire les délais, l’administration Trump souhaite donc permettre à la FAA de lever certaines obligations environnementales.Présenté le mardi 28 juillet par le département des Transports, le projet autoriserait l’agence à valider certains sites, tirs ou retours sur Terre sans passer par les examens habituels. La mesure doit encore être soumise à consultation publique. Pour le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, l’objectif est de stimuler le spatial commercial et de renforcer la compétitivité des États-Unis. Cette orientation prolonge un décret signé l’année précédente par Donald Trump afin d’alléger les contraintes du secteur. Elle rejoint aussi la réforme de la FCC facilitant l’attribution des licences satellitaires, notamment pour les mégaconstellations et les futurs centres de données en orbite. SpaceX, Blue Origin, Rocket Lab ou Stoke Space pourraient être parmi les premiers bénéficiaires. Mais Starbase, le complexe de SpaceX au Texas, illustre les risques d’un tel assouplissement. Le site se trouve dans une zone humide fragile du golfe du Mexique, fréquentée par des oiseaux migrateurs et des tortues marines. Le bruit des moteurs peut atteindre 150 décibels. SpaceX a déjà été sanctionnée pour la pollution de cours d’eau voisins, tandis qu’un essai a provoqué un incendie de 1,4 hectare dans un parc national.L’entreprise cherche pourtant à récupérer de nouvelles terres protégées. Des associations environnementales et autochtones contestent l’opération en justice, malgré le soutien du gouvernement fédéral. La dynamique dépasse SpaceX. Rocket Lab vient, par exemple, de signer un accord avec l’US Space Force pour construire un pas de tir en Alaska. En accélérant les autorisations, Washington espère gagner la course spatiale. Mais sans contrôles solides, cette vitesse pourrait se payer par des dommages durables sur les écosystèmes.
Les ordinateurs quantiques, pierre angulaire de la fusion nucléaire ?
02:39|La fusion nucléaire contrôlée promet depuis des décennies une énergie abondante et peu carbonée. Ses progrès peuvent sembler lents, mais les obstacles scientifiques et industriels sont immenses. Certains spécialistes estiment même que les performances obtenues ont progressé à un rythme comparable à la loi de Moore, qui décrit l’augmentation régulière de la puissance des microprocesseurs.Le principal retard concerne aujourd’hui ITER, le réacteur expérimental construit dans le sud de la France. Son chantier ne peut être accéléré sans risquer d’introduire de nouvelles difficultés, et aucun projet alternatif ne semble encore capable de le concurrencer sérieusement. ITER ne produira d’ailleurs pas d’électricité : il doit seulement démontrer qu’une réaction de fusion peut être entretenue. Une décarbonation massive grâce à cette technologie paraît donc improbable avant les années 2050. D’ici là, d’autres solutions restent indispensables face au réchauffement climatique.L’un des problèmes majeurs concerne le combustible. La réaction envisagée associe du deutérium, abondant dans les océans, et du tritium, un élément radioactif instable qui n’existe pratiquement pas à l’état naturel. Il faut actuellement le produire en petites quantités dans des réacteurs nucléaires à fission. Mais la fusion deutérium-tritium libère des neutrons très énergétiques. En frappant du lithium placé dans les parois du réacteur, ceux-ci peuvent produire du nouveau tritium. Une faible quantité initiale suffirait donc théoriquement à démarrer la réaction, avant que le réacteur ne fabrique progressivement son propre combustible.Encore faut-il concevoir une couverture contenant du lithium capable de résister à la chaleur, aux champs magnétiques et au bombardement neutronique. Pour étudier ces matériaux, des chercheurs américains ont combiné supercalculateurs classiques, intelligence artificielle et processeurs quantiques. Ils ont ainsi simulé neuf configurations moléculaires du FLiBe, un sel fondu composé de fluor, de lithium et de béryllium. Cette méthode leur a permis d’étudier sa structure électronique, sa stabilité et sa capacité à capturer le tritium.Cette preuve de principe ne résout pas encore l’approvisionnement en combustible d’ITER. Elle montre néanmoins que le calcul quantique pourrait accélérer la conception des futures couvertures tritigènes. Les prochaines étapes consisteront à simuler des molécules plus complexes et à transformer cette méthode en outil utilisable par les ingénieurs de la fusion.
Un gel qui fabrique de l’eau grâce au soleil ?
02:25|Même dans les régions les plus sèches, l’air contient toujours une petite quantité de vapeur d’eau. Depuis plusieurs années, des chercheurs tentent de récupérer cette humidité de manière simple, économique et suffisamment efficace pour fournir de l’eau potable. Une équipe vient de franchir une nouvelle étape grâce à un gel fonctionnant uniquement avec l’énergie du soleil.Ce matériau, appelé hydrogel, agit comme une véritable éponge chimique. Lorsque l’air est plus frais, notamment pendant la nuit ou au petit matin, il absorbe les molécules d’eau présentes dans l’atmosphère. Cette capacité repose sur l’intégration de sels dits hygroscopiques, c’est-à-dire des substances naturellement capables d’attirer et de retenir l’humidité. Lorsque le soleil réchauffe ensuite le dispositif, le phénomène s’inverse. L’eau emprisonnée dans le gel est libérée sous forme de vapeur. Celle-ci est dirigée vers une surface plus froide, où elle se condense pour redevenir liquide. L’eau peut alors être recueillie et, selon les chercheurs, atteindre une qualité suffisante pour être consommée.L’intérêt de cette technologie tient surtout à sa simplicité. Elle ne nécessite ni pompe, ni raccordement électrique, ni réseau de distribution complexe. Le soleil fournit l’énergie indispensable au cycle d’absorption et de restitution. Le système pourrait donc fonctionner de manière autonome dans des régions isolées, là où les infrastructures classiques sont absentes ou difficiles à déployer. Jusqu’à présent, les dispositifs comparables souffraient toutefois d’un problème majeur : leur manque de durabilité. Les gels perdaient progressivement leur efficacité, tandis que les supports métalliques utilisés dans les installations se corrodaient au fil des cycles. Les chercheurs ont justement travaillé sur cette faiblesse. En protégeant les composants métalliques contre la corrosion, ils ont réussi à maintenir le fonctionnement du matériau pendant plusieurs mois. Cette amélioration constitue une étape importante vers une utilisation en conditions réelles.Cette solution ne remplacera évidemment pas les réseaux d’eau potable, les stations de traitement ou les systèmes d’irrigation à grande échelle. Elle pourrait néanmoins constituer un complément précieux dans les villages reculés, les zones désertiques ou les territoires régulièrement confrontés à la sécheresse. Une ressource invisible, présente dans l’air, pourrait ainsi devenir une réserve d’eau locale, produite chaque jour grâce au soleil.Article scientifique : https://www.nature.com/articles/s41467-026-71987-8
La fusée réutilisable européenne va concurrencer SpaceX ?
02:26|L’Europe se rapproche d’un premier vol d’essai avec récupération pour un lanceur réutilisable. Le 23 juillet 2026, au centre spatial d’Esrange, en Suède, ArianeGroup et SSC Space ont fait répéter à Themis l’intégralité de son scénario de mission, dans des conditions cryogéniques extrêmes. Ce démonstrateur européen doit prochainement réaliser un « Hop Test » : un vol court durant lequel l’engin décollera, prendra de l’altitude, puis reviendra se poser afin d’être récupéré. Une première en Europe. L’essai s’inscrit dans le programme SALTO, dont l’objectif est de permettre au continent de maîtriser souverainement les technologies de réutilisation spatiale.Avant ce vol, les équipes ont organisé ce que le secteur appelle une Wet Dress Rehearsal, autrement dit une répétition générale sans décollage. Toutes les étapes d’un lancement sont reproduites : remplissage des réservoirs, vérification des systèmes et compte à rebours final. Seules manquent l’allumage du moteur et la mise en vol. L’exercice sert à vérifier que Themis fonctionne correctement avec son pas de tir. Il permet également de préparer la phase suivant son retour au sol. Après la récupération, les équipes devront procéder à la passivation de l’engin, c’est-à-dire vider ses circuits, éliminer les pressions résiduelles et neutraliser les systèmes afin de pouvoir le manipuler sans danger. Pour simuler les contraintes thermiques sans utiliser de véritables carburants, les ingénieurs ont injecté de l’azote liquide dans les lignes et les réservoirs cryogéniques. Ce fluide permet de reproduire des températures proches de moins 200 degrés ainsi que les pressions rencontrées lors du lancement. La répétition a duré une journée entière, du premier compte à rebours jusqu’aux opérations fictives de sécurisation qui suivraient un véritable atterrissage.SALTO est financé par l’Union européenne et piloté par l’unité spatiale de la HaDEA. Coordonné par ArianeGroup, il réunit vingt-cinq partenaires dans douze pays. Le programme suit une logique de « tester et apprendre » : chaque essai doit valider une nouvelle brique technologique. Les données récoltées permettront désormais de choisir la fenêtre du Hop Test. Sa date reste inconnue, mais chaque étape rapproche l’Europe de lanceurs réutilisables capables de rivaliser avec SpaceX et les acteurs chinois.
Les panneaux solaires sont-ils à l’origine des incendies en France ?
02:11|La Gironde vient de connaître, selon les autorités, l’incendie le plus dévastateur en France depuis 1949. Dans une région déjà marquée par les feux de 2022, qui avaient détruit près de 20 000 hectares à La Teste-de-Buch et à Landiras, la catastrophe a rapidement ravivé une rumeur persistante : les incendies serviraient à libérer des terrains pour y installer des panneaux solaires.Cette théorie s’est notamment propagée grâce à une vidéo tournée à Hostens, dans le Sud-Gironde. Publiée le 25 juillet sur TikTok, elle cumule plus de 520 000 vues et 12 400 partages. Filmé depuis son tracteur, un homme affirme reconnaître une zone touchée par les flammes en 2022, désormais recouverte de panneaux photovoltaïques. La séquence a ensuite été relayée sur X par Silvano Trotta, connu pour diffuser de fausses informations sur le climat et les vaccins. L’AFP a vérifié ces affirmations à partir de permis de construire, d’archives de presse et d’images satellites. Deux centrales solaires existent bien à Hostens : le Haut de la Lande, sur 21 hectares, et le Chemin de Tuzan, sur 38 hectares. Mais leurs dossiers datent d’août 2010. Le quotidien Sud Ouest évoquait déjà le projet le 28 octobre de la même année, sur des parcelles endommagées par la tempête Klaus en 2009.Les travaux ont commencé dès juillet 2014. Des images de mai 2016 montrent les panneaux entièrement installés, soit six ans avant les incendies. Les vues de Google Street View confirment également que le lieu filmé correspond bien à ce site ancien. La rumeur vise aussi Horizeo, un projet porté par Engie et Neoen à Saucats. Annoncé en 2021, il prévoit une centrale de 800 mégawatts sur 680 hectares. Mais les cartes de Copernicus et de la NASA montrent que le site se situe à environ 35 kilomètres de l’incendie de Saumos, et à 13 ou 15 kilomètres des feux de Landiras. Engie précise qu’aucun chantier n’a commencé. Pour Alexandre Roesch, du Syndicat des énergies renouvelables, cette théorie relève clairement de la désinformation. Les faits sont donc simples : les panneaux d’Hostens étaient là bien avant les incendies, et Horizeo ne se trouve pas dans les zones brûlées.
SpaceX cherche de nouvelles terres pour ses datacenters ?
02:35|SpaceX ne se contente plus de lancer des fusées et des satellites. Depuis février, l’entreprise d’Elon Musk a absorbé xAI, sa start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle. Cette opération particulièrement risquée a donné naissance à SpaceXAI, une entité chargée d’exploiter des centres de données et de vendre leur puissance de calcul.La nouvelle structure avance rapidement. Elle aurait déjà conclu d’importants contrats avec Anthropic et Google. Cette diversification intervient après l’entrée en Bourse historique de SpaceX, en juin, qui pousse désormais le groupe à multiplier ses activités et ses sources de revenus. Mais pour vendre toujours davantage de calcul informatique, encore faut-il disposer des infrastructures nécessaires. SpaceXAI exploite déjà les centres de données Colossus, dans le Tennessee. L’ensemble représenterait environ un gigawatt de capacité et mobiliserait plusieurs centaines de milliers de processeurs graphiques NVIDIA. Ces GPU, initialement conçus pour l’affichage, sont devenus essentiels pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’intelligence artificielle.Selon The Information, l’entreprise cherche désormais à reproduire, voire dépasser, cette puissance au Texas. Plusieurs emplacements seraient actuellement étudiés. Deux scénarios sont envisagés : construire un centre entièrement neuf ou reconvertir un entrepôt existant, comme cela avait été fait pour Colossus. Cette expansion terrestre ne constitue toutefois qu’une partie de la stratégie. SpaceX prépare également le déploiement de milliers de centres de données en orbite grâce à de futurs satellites baptisés AI1. D’autres installations au sol pourraient encore suivre.Reste la question de leur alimentation énergétique. À Memphis, les habitants proches de Colossus dénoncent régulièrement les effets des turbines à gaz sur la qualité de l’air. Ces critiques n’ont, jusqu’ici, pas conduit SpaceXAI à modifier son approche. Au Texas, les tensions environnementales se multiplient également. SpaceX vient d’obtenir l’accès à des terrains situés dans une réserve protégée afin d’agrandir ses activités spatiales. La décision provoque la colère d’associations écologistes et de populations autochtones.L’entreprise construit aussi Starpipe, un gazoduc de treize kilomètres destiné à alimenter directement les lancements de la mégafusée Starship. Soutenue par le gouvernement américain, SpaceX progresse donc simultanément dans l’espace, l’intelligence artificielle et l’énergie. Mais derrière cette croissance spectaculaire se pose une question : quel sera, à long terme, le coût environnemental d’une expansion qui semble aujourd’hui sans limites ?