Partager

cover art for La France promet de détruire les polluants éternels (PFAS) ?

Choses à Savoir TECH VERTE

La France promet de détruire les polluants éternels (PFAS) ?

Assainir un terrain pollué sans le retourner à coups de pelleteuse ni faire défiler des centaines de camions : c’est la promesse affichée par MP Geotex, présente cette semaine au CES Las Vegas. La PME française y dévoile MP Cocoon, une technologie de dépollution in situ qui entend changer la logique classique du secteur, y compris face aux PFAS, ces fameux « polluants éternels » devenus un casse-tête sanitaire et réglementaire.


Traditionnellement, dépolluer un sol revient à l’extraire, le transporter, puis le traiter ailleurs. Une méthode lourde, coûteuse et très émettrice de carbone. MP Geotex prend le problème à l’envers. Son dispositif encapsule les terres contaminées directement sur place et déclenche une série de traitements ciblés pour neutraliser les polluants, sans déplacer la moindre pelletée. Le cœur du système repose sur un géosynthétique issu de cinq années de recherche : il isole le sol, empêche toute migration des contaminants et crée ce que l’entreprise appelle une « cellule intelligente ».


À l’intérieur, plusieurs leviers agissent simultanément. Les polluants biodégradables sont traités par des mécanismes biologiques et fongiques. Les substances les plus persistantes, comme les métaux lourds ou les PFAS, sont capturées grâce à des biocharbons et des médias techniques capables de les fixer durablement. Un réseau d’oxygénation maintient l’activité biologique dans la durée, garantissant un traitement en profondeur. Pour Patrice Cheval, dirigeant du groupe Sapiens, maison mère de MP Geotex, l’enjeu est clair : « Il est désormais possible de dépolluer efficacement sans déplacer des milliers de tonnes de terre. L’innovation environnementale doit être pragmatique et immédiatement utile aux territoires. »


L’intérêt économique est évident. En supprimant les opérations d’excavation et de transport, les coûts fondent, tout comme les délais. Un terrain traité avec MP Cocoon peut redevenir exploitable bien plus rapidement, un argument de poids pour les aménageurs et les collectivités. Sur le plan environnemental, le gain est tout aussi net : moins de camions, moins d’énergie consommée, et une empreinte carbone fortement réduite. Avec cinq millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, MP Geotex voit plus loin que l’Hexagone. En venant à Las Vegas, l’entreprise affiche clairement ses ambitions internationales. Elle espère convaincre les grands acteurs de l’ingénierie environnementale et imposer MP Cocoon comme une référence mondiale, à l’heure où la réglementation sur les PFAS se durcit partout dans le monde.

More episodes

View all episodes

  • Pourquoi la Chine déverse du sable dans l’océan depuis 12 ans ?

    02:42|
    Tout commence à la fin de l’année 2013. Dans une relative discrétion, la Chine lance alors l’un des plus vastes chantiers maritimes de l’histoire contemporaine : le remblaiement massif de récifs coralliens dans les archipels de îles Spratleys et des îles Paracels. En moins de vingt mois, entre décembre 2013 et juin 2015, Pékin transforme sept récifs en terres émergées. Le bilan est spectaculaire : plus de 12 kilomètres carrés de surfaces artificielles créées, soit dix-sept fois plus que l’ensemble des revendications territoriales cumulées de ses voisins sur quarante ans, selon les autorités américaines.Depuis, la dynamique ne s’est jamais vraiment interrompue. Les nouvelles îles sont progressivement durcies : pistes d’atterrissage, ports en eau profonde, hangars, radars et infrastructures militaires s’y succèdent. Les images satellites accessibles via Google Earth offrent un témoignage saisissant : on y voit littéralement la mer reculer, remplacée par du béton et de l’asphalte. La technique, elle, est simple mais redoutablement efficace : dragage du fond marin, pompage des sédiments, confinement par digues, compactage industriel, puis aménagements lourds. Une démonstration de puissance logistique assumée.Officiellement, Pékin plaide un usage civil : secours en mer, recherche scientifique, pêche, sécurité de la navigation, observation météorologique. Et, en filigrane, une capacité de défense « si nécessaire ». Un discours qui peine à convaincre. Les Philippines, le Vietnam, Taïwan ou encore le Japon y voient une stratégie d’appropriation unilatérale d’eaux disputées. Tokyo parle même d’une projection militaire permanente capable de contrôler l’ensemble de la mer de Chine méridionale. Les analyses du Center for Strategic and International Studies vont dans le même sens : sans ces îles artificielles, la présence chinoise durable dans la région serait beaucoup plus fragile.Mais derrière les enjeux militaires, un autre bilan s’impose : l’impact environnemental. Entre 12 et 18 kilomètres carrés de récifs coralliens, parmi les plus riches de la zone, ont été détruits. Les panaches de sédiments étouffent la vie marine bien au-delà des chantiers. Même certaines études chinoises reconnaissent un effondrement local des écosystèmes. Pékin, de son côté, relativise et renvoie la responsabilité vers le changement climatique global. Résultat : une mer artificiellement remodelée, devenue à la fois front stratégique et cimetière écologique.
  • Un avion électrique pour trajet court arrive en France ?

    02:55|
    À mesure que la pression climatique s’intensifie, l’aviation se retrouve face à une équation redoutable : continuer à relier les territoires sans aggraver son empreinte carbone. Hydrogène, électrification totale, nouvelles architectures… les pistes se multiplient pour tenter de réinventer le transport aérien. Contrairement à une idée reçue, le développement du rail et des transports publics ne suffit pas à couvrir tous les besoins. Dans de nombreuses régions enclavées, peu denses ou montagneuses, l’avion reste parfois la seule option viable. Encore faut-il qu’il devienne plus propre, plus silencieux et économiquement accessible, sans exiger d’infrastructures lourdes.C’est précisément sur ce créneau que se positionne Eenuee, une start-up fondée en 2019 en région stéphanoise. Son ambition : électrifier l’aviation régionale avec un appareil certifiable, efficace et discret. Il y a quelques jours, l’entreprise a annoncé un partenariat stratégique avec Duqueine Group, spécialiste reconnu des matériaux composites. Objectif : accélérer le développement du Gen-e, un avion régional 100 % électrique, dont le premier vol est attendu à l’horizon 2029.Le cahier des charges est clair. L’appareil doit embarquer 19 passagers, afficher une autonomie d’environ 500 kilomètres en mode tout électrique et desservir des liaisons aujourd’hui délaissées par les compagnies traditionnelles faute de rentabilité. Autre atout : il pourra opérer depuis des infrastructures existantes, sans nécessiter la construction de nouveaux aéroports ou d’équipements coûteux. Pour des territoires comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, où la topographie complique les déplacements, cette promesse de désenclavement à faible impact carbone est loin d’être anecdotique.Mais l’innovation ne s’arrête pas à la propulsion. Eenuee et Duqueine parient sur une architecture dite de « fuselage porteur ». Plus complexe à concevoir qu’un fuselage tubulaire classique, cette structure permet d’améliorer les performances aérodynamiques et l’efficacité énergétique globale. À cela s’ajoute un concept encore plus audacieux : une version capable de décoller et d’atterrir sur l’eau. Grâce à des hydrofoils — des ailes immergées générant de la portance — l’appareil réduit drastiquement les frottements au décollage, à la manière des bateaux de course.Cette polyvalence ouvre des perspectives commerciales inédites. L’avion pourrait opérer indifféremment depuis une piste ou un plan d’eau, sans démontage, ce qui le rend particulièrement attractif pour des régions comme l’Asie du Sud-Est, la Scandinavie ou le Canada. Contrairement aux hydravions classiques, coûteux à entretenir et limités à l’eau, le Gen-e promet des coûts d’exploitation réduits et une grande flexibilité. Une tentative sérieuse de prouver que l’aviation régionale peut encore avoir un avenir… à condition de le repenser en profondeur.
  • Xiaomi affole les compteurs avec ses voitures électriques ?

    03:09|
    Xiaomi poursuit son ascension éclair dans l’automobile électrique. Le groupe chinois a publié ses chiffres pour l’exercice 2025 et le cap symbolique est franchi : plus de 400 000 véhicules électriques ont été livrés en un an. Rien que sur le mois de décembre 2025, 50 000 unités ont quitté les chaînes, venant s’ajouter aux 361 625 véhicules écoulés entre janvier et novembre. Une performance qui confirme que Xiaomi n’est plus un simple outsider, mais un acteur industriel désormais installé.Derrière ce total flatteur se cache toutefois un déséquilibre marqué entre les modèles. La berline SU7, premier véhicule de la marque lancé en mars 2024, montre des signes d’essoufflement. En novembre 2025, elle s’est écoulée à 12 520 exemplaires. À l’inverse, le SUV YU7, arrivé sur le marché en juin 2025 pour aller chasser sur les terres du Tesla Model Y, affiche une dynamique spectaculaire : 33 729 livraisons sur le même mois. En six mois à peine, le YU7 a dépassé les 150 000 véhicules livrés, illustrant un basculement clair de la demande vers les SUV. À volumes comparables, la berline accuse désormais un retard de près de 63 % face à son grand frère utilitaire.Pour 2026, Xiaomi prépare un tournant stratégique. Le constructeur annonce l’arrivée de deux nouveaux modèles hybrides reposant sur une architecture EREV, pour « Extended Range Electric Vehicles ». Au programme : un grand SUV sept places et un SUV compact cinq places. Le principe diffère du tout électrique : un moteur thermique embarqué ne sert pas à entraîner les roues, mais agit comme générateur afin de recharger la batterie en roulant. Cette solution permet d’étendre fortement l’autonomie, au prix d’une mécanique plus complexe que celle des plateformes 100 % électriques SU7 et YU7. La berline SU7 n’est pas abandonnée pour autant. Un restylage est prévu en 2026, accompagné d’une déclinaison dite « executive », dont les caractéristiques techniques restent encore confidentielles.Côté distribution, Xiaomi reste pour l’instant concentré sur son marché domestique. Au 31 décembre 2025, le groupe comptait 477 points de vente dans 138 villes chinoises, ainsi que 264 centres de service après-vente. L’international est toutefois dans le viseur. Une arrivée en Europe est annoncée pour 2027, avec des essais déjà en cours en Allemagne afin de valider les normes de sécurité et d’homologation. Une étape indispensable avant de transformer ce succès chinois en ambition mondiale.
  • Un soleil artificiel construit aux Émirats arabes unis ?

    02:25|
    C’est une annonce qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire de l’énergie solaire à grande échelle. Dans le désert d’Abou Dhabi, un projet inédit ambitionne de produire de l’électricité solaire en continu, jour et nuit, toute l’année. Baptisée Khazna Solar PV, cette méga-centrale est développée conjointement par Masdar, Engie et Emirates Water and Electricity Company. Sa mise en service est prévue pour 2027.Le pari est audacieux : fournir 1,5 gigawatt d’électricité décarbonée 24 heures sur 24, sans intermittence. À ce jour, aucun site solaire au monde n’a atteint un tel niveau de production continue à cette échelle. Pour y parvenir, Khazna Solar PV repose sur une combinaison massive de production et de stockage. Le site accueillera environ trois millions de panneaux photovoltaïques, capables de générer jusqu’à 5,2 GW en pointe, couplés à un système de batteries de 19 gigawattheures. Il s’agira, lors de sa mise en service, du plus vaste dispositif de stockage par batteries jamais déployé pour une centrale solaire.Cette capacité de stockage est la clé du projet. L’énergie produite le jour sera emmagasinée, puis restituée la nuit ou lors des périodes de moindre ensoleillement. Une architecture pensée pour lever l’un des principaux freins historiques du solaire : son caractère intermittent. Selon les promoteurs du projet, l’installation pourra alimenter environ 160 000 foyers aux Émirats arabes unis et éviter chaque année l’émission de plus de 2,4 millions de tonnes de CO₂, l’équivalent du retrait de près de 470 000 véhicules thermiques de la circulation.Khazna Solar PV s’appuie également sur une forte couche numérique. Les panneaux seront équipés de systèmes de suivi solaire, ajustant automatiquement leur orientation. Des capteurs connectés et des outils d’analyse de données surveilleront en temps réel les performances, la météo et l’état des équipements. Des robots assureront le nettoyage des panneaux, un enjeu crucial dans un environnement désertique. Au-delà du projet lui-même, les partenaires veulent démontrer qu’un modèle solaire pilotable, fiable et reproductible est désormais possible. À l’heure où la demande mondiale d’électricité explose, notamment sous l’effet des centres de données et de l’intelligence artificielle, Khazna Solar PV pourrait bien servir de vitrine à une nouvelle génération d’infrastructures solaires capables de rivaliser avec les sources d’énergie pilotables traditionnelles.
  • 200 000 milliards $ pour « vaincre » le réchauffement climatique ?

    02:27|
    Depuis quelques années, une idée jusque-là cantonnée à la science-fiction gagne du terrain dans certains cercles scientifiques et industriels : tenter de freiner le réchauffement climatique non pas en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, mais en agissant directement sur le climat lui-même. Cette approche porte un nom : la géo-ingénierie. Et l’une de ses pistes les plus controversées consiste à injecter des particules dans l’atmosphère pour réfléchir une partie du rayonnement solaire.Le principe n’est pas totalement théorique. Lors de grandes éruptions volcaniques, le dioxyde de soufre projeté dans la stratosphère forme un voile d’aérosols qui refroidit temporairement la planète. Certains chercheurs envisagent donc de reproduire artificiellement ce phénomène. Problème : le dioxyde de soufre est loin d’être anodin. Il peut fragiliser la couche d’ozone, modifier les régimes de précipitations et provoquer des pluies acides. Autant de risques qui font hésiter une partie de la communauté scientifique.C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs s’est demandé s’il existait de meilleures alternatives. Dans une étude publiée dans Geophysical Research Letters, ils ont testé, à l’aide d’un modèle climatique en trois dimensions, plusieurs types de particules susceptibles d’être injectées dans l’atmosphère. Parmi elles : la calcite, l’aluminium, le carbure de silicium… et même la poussière de diamant. Sur le papier, le diamant coche beaucoup de cases. Il réfléchit efficacement la lumière et la chaleur, se disperse sans s’agglomérer, reste suffisamment longtemps dans l’atmosphère et, surtout, il est chimiquement inerte, ce qui limiterait les risques de réactions indésirables comme les pluies acides. Selon les simulations, injecter chaque année cinq millions de tonnes de poussière de diamant pendant quarante-cinq ans permettrait de faire baisser la température moyenne mondiale d’environ 1,6 °C.Mais le rêve s’arrête net au moment de sortir la calculatrice. Une telle opération coûterait près de 200 000 milliards de dollars. À titre de comparaison, la transition vers une économie bas carbone est estimée à moins de 10 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale. La conclusion est sans appel : si la géo-ingénierie fascine par son audace, elle apparaît aujourd’hui comme une solution démesurément coûteuse et risquée. De quoi rappeler que, face au dérèglement climatique, réduire les émissions reste, de loin, l’option la plus réaliste.
  • L'énergie renouvelable est plus rentable que le fossile ?

    01:56|
    Comme le rappelle le secrétaire général de Nations unies, la transition énergétique n’avance pas seulement à coups de discours écologiques : elle est d’abord guidée par l’argent. Et, pour une fois, les logiques financières et climatiques semblent s’aligner. En 2024, les énergies renouvelables ont franchi un cap décisif : elles sont devenues, tout simplement, plus rentables que les énergies fossiles.Les chiffres traduisent ce basculement. En un an, entre 2023 et 2024, la capacité mondiale de production d’énergies renouvelables a progressé de 20 %. Les investissements dans les énergies dites propres ont dépassé les 2 000 milliards de dollars, un record historique. Surtout, le différentiel de coûts s’est creusé : produire de l’électricité solaire coûte désormais 41 % moins cher que de recourir aux énergies fossiles. L’éolien fait encore mieux, avec un coût inférieur de 53 %. Résultat : 90 % des nouvelles capacités renouvelables installées dans le monde sont aujourd’hui plus compétitives que le charbon, le pétrole ou le gaz.Cette dynamique a déjà des effets visibles. Les énergies renouvelables assurent désormais environ un tiers de la production mondiale d’électricité. Un seuil symbolique, qui marque l’entrée dans ce que l’ONU qualifie de « nouvelle ère énergétique ». Loin d’être un pari risqué ou une contrainte réglementaire, le renouvelable est devenu un choix rationnel pour les investisseurs, soucieux de rendement et de stabilité à long terme.Selon les Nations unies, ce mouvement est désormais difficile à enrayer. « L’âge des énergies fossiles s’effondre un peu plus chaque jour », résume l’organisation. Sans nier les résistances politiques ni les tensions géopolitiques autour de l’énergie, l’ONU estime que la transition est engagée sur une trajectoire irréversible. Non pas parce que le monde serait soudainement devenu vertueux, mais parce que l’économie a changé de camp.
  • De l’hydrogène sous nos pieds pour 170 000 ans ?

    02:46|
    Il n’existerait pas d’hydrogène à l’état naturel sur Terre : pendant longtemps, cette idée a fait figure de vérité scientifique. Et pourtant, les faits racontent une autre histoire. Dès le début du XXᵉ siècle, des émanations d’hydrogène ont été observées en France. À partir des années 1970, les chercheurs commencent à identifier, un peu partout sur la planète, des poches d’hydrogène naturel – désormais baptisé hydrogène blanc – depuis les fonds océaniques jusqu’à la croûte continentale. Longtemps restées marginales, ces découvertes prennent aujourd’hui une tout autre dimension.Car dans un monde engagé dans une course contre la montre pour décarboner ses économies, l’hydrogène naturel apparaît comme une ressource providentielle. L’hydrogène industriel actuel, dit « gris », est produit à partir de ressources fossiles et génère près de dix kilos de CO₂ pour chaque kilo d’hydrogène. Un hydrogène bas carbone pourrait, lui, transformer l’industrie, les transports, voire la production d’électricité. Résultat : la ruée est lancée. Des forages exploratoires sont en cours en Australie et aux États-Unis. En France, plusieurs permis ont été délivrés, notamment dans les Pyrénées-Atlantiques et les Landes. Plus spectaculaire encore : l’annonce récente d’un gisement estimé à 46 millions de tonnes d’hydrogène naturel dans le sous-sol de la Moselle. À titre de comparaison, la consommation mondiale d’hydrogène atteignait environ 90 millions de tonnes en 2022.C’est dans ce contexte que des chercheurs de l'University of Oxford, de l’University of Durham et de l’University of Toronto publient des travaux majeurs. Leur étude identifie les conditions géologiques nécessaires à la formation et à l’accumulation de l’hydrogène blanc. Et leur conclusion est vertigineuse : les environnements favorables seraient répandus à l’échelle mondiale, avec un potentiel capable de couvrir nos besoins énergétiques pendant… 170 000 ans. Les chercheurs expliquent désormais comment l’hydrogène se forme, migre à travers les roches et se retrouve piégé, mais aussi ce qui peut le faire disparaître, comme certains microbes qui s’en nourrissent. Ces avancées offrent une véritable feuille de route aux industriels de l’exploration. Tout n’est pas encore connu : l’efficacité exacte des réactions chimiques ou l’influence de l’histoire géologique restent à préciser. Mais l’essentiel est là. « Trouver de l’hydrogène, c’est comme réussir un soufflé », résume le géochimiste Chris Ballentine : il faut les bons ingrédients, au bon moment. Une recette que la science commence enfin à maîtriser, ouvrant la voie à une nouvelle ère énergétique.
  • L’IA beaucoup plus économe grâce à un nouvel isolant ?

    02:33|
    Pour faire tourner l’intelligence artificielle, il ne suffit pas d’aligner des serveurs. Il faut surtout les refroidir. Et c’est là que le bât blesse. Selon un rapport de l’International Energy Agency, les centres de données ont consommé 415 térawattheures d’électricité dans le monde en 2024, soit quasiment l’équivalent de la consommation annuelle de la France. D’ici 2030, cette demande pourrait plus que doubler, pour atteindre 945 TWh, portée en grande partie par l’explosion des usages liés à l’IA. Une trajectoire énergivore, qui interroge la soutenabilité à long terme du modèle actuel.Face à ce mur énergétique, des chercheurs explorent des pistes radicalement nouvelles. À l’University of Houston, une équipe du département d’ingénierie biomoléculaire vient de mettre au point un matériau inédit pour les puces électroniques. Il s’agit d’un isolant bidimensionnel ultrafin, dit « Low-K », c’est-à-dire à faible constante diélectrique. Concrètement, ce matériau ne conduit pas l’électricité, mais laisse circuler les forces électrostatiques nécessaires au fonctionnement des circuits.Pourquoi est-ce crucial ? Parce que dans les puces actuelles, une grande partie de la chaleur provient justement des interférences électriques entre composants. En réduisant ces interactions parasites, cet isolant permet aux processeurs de fonctionner à haute vitesse tout en produisant beaucoup moins de chaleur. Résultat : des serveurs plus efficaces, qui nécessitent moins de refroidissement, donc moins d’électricité, sans sacrifier les performances. Pour fabriquer ces films Low-K, les chercheurs ont utilisé une technique appelée « polymérisation interfaciale synthétique », popularisée notamment par le chimiste Omar M. Yaghi, prix Nobel de chimie 2025. Le principe : assembler des briques moléculaires légères, comme le carbone, un peu à la manière d’un jeu de Lego à l’échelle atomique. On obtient ainsi des feuillets cristallins ultrarésistants, capables de supporter des températures élevées tout en maintenant une excellente stabilité électrique.Ces nouveaux isolants offrent un double avantage. D’un côté, ils améliorent la dissipation thermique dans les centres de données dédiés à l’IA. De l’autre, ils pourraient à terme bénéficier à toute l’électronique grand public, des smartphones aux ordinateurs. Si la technologie passe le cap de l’industrialisation, elle pourrait devenir l’un des leviers clés pour freiner l’explosion énergétique de l’intelligence artificielle — et rappeler que l’innovation matérielle reste aussi stratégique que les algorithmes.