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Choses à Savoir TECH VERTE

Eliminer les marées noires grâce à des billes ?

Les marées noires font partie de ces catastrophes que l’on redoute autant qu’on espère ne jamais revoir. Elles surviennent lorsqu’un hydrocarbure, du pétrole brut le plus souvent, est rejeté en mer à la suite d’un accident, comme une collision de navires ou un incident sur une plateforme pétrolière. Une fois à la surface, le pétrole forme une nappe qui perturbe tout l’écosystème : poissons asphyxiés, oiseaux englués, littoraux durablement contaminés. Même si ces événements sont aujourd’hui moins fréquents, leurs conséquences restent majeures et exigent des solutions rapides et efficaces.


C’est précisément sur ce terrain que se positionne une équipe de chercheurs de l’Université d’Hiroshima. Dans une étude publiée en mars 2026 dans la revue scientifique Polymers for Advanced Technologies, ils présentent une innovation prometteuse : de petites billes capables de capturer le pétrole directement à la surface de l’eau. Ces billes sont composées de matériaux naturels. On y trouve notamment du chitosane, un polymère issu de la chitine, que l’on retrouve par exemple dans les carapaces de crustacés, et de l’acétate de cellulose, dérivé de fibres végétales. À cela s’ajoute la bentonite, une argile connue pour ses propriétés d’absorption. Résultat : un matériau à la fois léger, biodégradable et particulièrement efficace.


Le principe est simple, mais ingénieux. Ces billes flottent naturellement et agissent comme de minuscules éponges. Elles adsorbent, c’est-à-dire qu’elles captent à leur surface, les hydrocarbures présents dans l’eau, sans se mélanger à eux. Cette distinction est importante : contrairement à une simple absorption, l’adsorption permet de récupérer plus facilement le polluant une fois piégé.


Selon les chercheurs, ces billes présentent plusieurs avantages par rapport aux solutions existantes, souvent coûteuses ou difficiles à recycler. Elles affichent une capacité d’adsorption élevée, y compris dans des conditions proches de celles de l’eau de mer, avec un pH légèrement basique. Autre atout : leur récupération. Comme elles restent à la surface, il est plus simple de les collecter après utilisation, limitant ainsi les impacts secondaires sur l’environnement. Reste désormais à passer du laboratoire au terrain. Les scientifiques souhaitent tester leur efficacité en conditions réelles, face à différents types d’hydrocarbures. Si les résultats se confirment, cette technologie pourrait ouvrir la voie à une dépollution plus durable… et plus respectueuse des océans.


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  • Bilan inquiétant, un an après le sommet de Nice ?

    02:20|
    Un an après la Conférence des Nations unies sur l’océan organisée à Nice, le bilan reste contrasté. Sur le plan diplomatique, les avancées sont réelles. Sur le plan scientifique, en revanche, l’état des océans continue de se dégrader.Le 8 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale des océans, les chercheurs ont rappelé l’ampleur des pressions exercées sur les mers : réchauffement climatique, pollution, pêche illicite, recul de la biodiversité. En juin 2025, Nice avait accueilli 175 pays pour tenter de renforcer la protection de cet espace vital. L’un des principaux résultats avait été l’accélération des ratifications de l’accord BBNJ, destiné à protéger la biodiversité en haute mer, c’est-à-dire dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.Depuis, plus de 90 pays ont ratifié le texte. Son entrée en vigueur en janvier 2026 a marqué une étape importante pour la gouvernance internationale des océans. Les responsables espèrent désormais dépasser 110, voire 120 États membres avant la première COP Océan, prévue à New York en janvier 2027. La France a, elle aussi, annoncé de nouvelles mesures. Trois grandes aires marines, en Guadeloupe, dans la baie d’Audierne et dans les Terres australes et antarctiques françaises, bénéficient d’une protection renforcée. Le gouvernement affirme que plus de 14,6 % des eaux françaises sont désormais placées sous protection forte. Un plan contre les déchets plastiques en mer a également été présenté.Mais les données scientifiques tempèrent fortement cet optimisme. Le baromètre Starfish 2026, élaboré par 29 chercheurs de 14 pays, montre que 84,4 % des récifs coralliens mondiaux ont subi un stress thermique sévère, provoquant leur blanchissement. Le rythme d’élévation du niveau de la mer a doublé sur la période 2012-2025. Et 1 685 espèces marines sont aujourd’hui menacées de disparition, soit huit de plus que lors du précédent décompte. Les aires marines protégées couvrent désormais plus de 10 % de l’océan mondial, une première. Mais seules 3,2 % bénéficient d’une protection élevée ou intégrale. L’objectif de 30 % d’ici 2030 reste donc lointain. Le paradoxe est là : la mobilisation politique progresse, mais les indicateurs écologiques continuent de virer au rouge.
  • UE : 50 milliards d’économie grâce au renouvelable ?

    02:20|
    L’Europe découvre que la transition énergétique ne relève plus seulement de l’urgence climatique. Elle devient aussi une affaire d’économie et de souveraineté. En 2025, l’essor des énergies renouvelables a permis à l’Union européenne d’économiser 51,4 milliards d’euros sur ses importations de combustibles fossiles. Un chiffre majeur, issu des données de l’Agence internationale de l’énergie et du centre d’analyse Ember.Dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient et la volatilité des prix de l’énergie, ces économies montrent que les infrastructures vertes jouent désormais un rôle de protection. Moins l’Europe dépend du gaz, du pétrole ou du charbon importés, moins elle subit les chocs géopolitiques extérieurs. Les chiffres publiés par Strategic Perspectives confirment cette tendance. En 2025, les importations énergétiques de l’Union ont reculé de 11,1 % en valeur et de 0,6 % en volume par rapport à 2024. Elles s’établissent à 336,7 milliards d’euros, pour 723,3 millions de tonnes. Dans le même temps, l’Europe a investi environ 90 milliards d’euros dans les renouvelables.Le solaire s’impose comme le moteur principal de cette transformation. La production photovoltaïque européenne a dépassé 340 térawattheures, soit 12,5 % du mix énergétique régional. Un térawattheure correspond à un milliard de kilowattheures : c’est donc une quantité d’électricité considérable. Sur un an, le solaire a progressé de plus de 60 térawattheures, l’équivalent de la consommation annuelle du Portugal. L’éolien accompagne cette dynamique. En avril 2026, l’éolien et le solaire ont même dépassé le gaz naturel sur un mois complet à l’échelle mondiale, avec 22 % de l’électricité produite contre 20 % pour le gaz. Ember rappelle toutefois que ce résultat bénéficie de conditions saisonnières favorables : davantage de vent, plus de soleil, et une demande modérée entre chauffage et climatisation.La limite est donc connue : pour installer durablement les renouvelables au cœur du système, il faut renforcer le stockage et les réseaux intelligents. Mais la direction est claire. En réduisant sa facture fossile, l’Europe libère des capitaux, protège ses citoyens des prix instables et rapproche son économie de l’objectif de neutralité carbone en 2050.
  • La France va reproduire l’énergie du Soleil en laboratoire ?

    02:41|
    À Saint-Paul-lès-Durance, dans les Bouches-du-Rhône, se construit l’un des projets scientifiques les plus ambitieux de notre époque : ITER, pour *International Thermonuclear Experimental Reactor*. Son objectif est simple à formuler, mais immense à réaliser : reproduire sur Terre la fusion nucléaire, le mécanisme qui alimente le Soleil. Le chantier s’étend sur 180 hectares, soit environ 250 terrains de football, tout près du centre du CEA de Cadarache. Cette proximité facilite les échanges avec les équipes françaises spécialisées dans l’énergie atomique. ITER repose sur une technologie appelée tokamak. Il s’agit d’une machine en forme d’anneau, comparable à un donut, conçue pour enfermer un plasma grâce à de très puissants champs magnétiques.Le plasma, c’est une matière portée à des températures extrêmes, où les atomes sont dissociés en noyaux et électrons. Dans ITER, il doit dépasser 150 millions de degrés Celsius. À l’inverse, les aimants supraconducteurs qui le confinent doivent être refroidis à moins 269 degrés. Faire cohabiter ces deux mondes, presque le zéro absolu d’un côté et une chaleur plus intense qu’au cœur du Soleil de l’autre, représente un défi colossal pour les matériaux et l’ingénierie. L’intérêt de la fusion est considérable. La réaction entre deutérium et tritium pourrait libérer beaucoup plus d’énergie que les combustibles classiques. Un gramme de ce mélange fournirait autant d’énergie que 11 tonnes de charbon. Un litre d’eau, contenant environ 30 milligrammes de deutérium, pourrait représenter l’équivalent énergétique de 340 litres de pétrole s’il était entièrement exploité.Mais ITER ne produit pas encore d’électricité. C’est un réacteur expérimental, destiné à prouver qu’il est possible d’obtenir dix fois plus d’énergie que celle injectée pour déclencher la réaction. Le projet rassemble l’Union européenne, les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Cette coopération internationale implique plus d’un million de composants venus de différents pays, avec une coordination extrêmement complexe. Résultat : les premiers essais de fusion, envisagés au départ pour 2014, sont désormais repoussés à 2034. Le budget, estimé à 6,3 milliards de dollars en 2006, se situe aujourd’hui entre 20 et 40 milliards d’euros.ITER prépare surtout l’étape suivante : DEMO, un futur réacteur capable de produire de l’électricité après 2050, dans le meilleur des cas.
  • Le Portugal déplace 2 millions de tonnes de sable pour sauver ses plages ?

    02:16|
    Dans le sud du Portugal, les plages de l’Algarve ne sont pas seulement des paysages de carte postale. Elles constituent aussi l’un des piliers de l’économie régionale. Mais, sous l’effet des vagues, des courants et d’un changement climatique qui accentue la montée des eaux et les tempêtes, le littoral recule progressivement.Pour protéger ces rivages, le gouvernement portugais a lancé une opération d’envergure : déplacer environ 2,2 millions de tonnes de sable afin d’élargir certaines plages de près de 37 mètres. Le chantier représente un investissement de 14,8 millions d’euros et concerne 6,7 kilomètres de côte, entre Quarteira et Garrão, dans la municipalité de Loulé. Les secteurs de Trafal, Vale do Lobo, Forte Novo, Quarteira et Garrão sont directement concernés. La méthode employée porte un nom : le rechargement artificiel des plages, ou *beach nourishment*. Le principe consiste à prélever du sable sur des fonds marins voisins, puis à le transporter jusqu’au rivage. Ici, environ 1,4 million de mètres cubes de sédiments sont acheminés par bateau avant d’être répartis sur les plages grâce à de longues canalisations.L’Agence portugaise de l’environnement coordonne les travaux. Ceux-ci sont réalisés par étapes afin de limiter les perturbations, notamment pendant la saison touristique. Une étude environnementale encadre également la répartition du sable, pour éviter d’étouffer certains milieux marins ou d’endommager le patrimoine archéologique présent sous l’eau. L’objectif n’est pas uniquement de préserver les serviettes des vacanciers. L’intervention doit aussi ralentir l’érosion des falaises et protéger la Ria Formosa, un système fragile de lagunes et d’îles-barrières situé sur la côte de l’Algarve.Cette technique ne constitue toutefois pas une solution définitive. Le sable ajouté finit lui aussi par être déplacé par les courants et les tempêtes. Il s’agit donc d’une protection temporaire, qu’il faut régulièrement renouveler. Le Portugal avait déjà conduit des opérations comparables en 1998, 1999, 2006 et 2010. Le chantier illustre ainsi un défi croissant pour les régions côtières : maintenir artificiellement des plages dont l’érosion naturelle s’accélère, tout en protégeant à la fois le tourisme, les habitants et les écosystèmes.
  • Amazon a consommé 10 milliards de litres d’eau en 2025 ?

    02:23|
    L’intelligence artificielle ne consomme pas seulement de l’électricité. Elle a aussi besoin d’eau. Les centres de données qui font fonctionner les modèles génératifs dégagent une chaleur considérable, et cette chaleur doit être évacuée pour éviter la surchauffe des serveurs. En 2025, Amazon a donc publié, pour la première fois, des chiffres détaillés sur l’eau utilisée par ses installations.Le groupe affirme que ses data centers ont consommé environ 9,5 milliards de litres sur l’année. Le volume paraît immense, mais Amazon préfère le rapporter à la quantité d’électricité consommée. Son indicateur atteint 0,12 litre d’eau par kilowattheure, contre une moyenne sectorielle estimée à 0,84 litre. Autrement dit, l’entreprise revendique une efficacité environ sept fois supérieure à celle de ses concurrents. Le ratio s’est également amélioré par rapport à 2024, où il atteignait encore 0,15 litre par kilowattheure.Pour limiter ses besoins, Amazon mise principalement sur le refroidissement par air. Celui-ci fonctionne près de 90 % du temps. Le refroidissement évaporatif, qui utilise de l’eau pour faire baisser la température, n’est activé qu’au-delà de 29 degrés. Le groupe a également augmenté la tolérance thermique de ses serveurs, afin qu’ils puissent fonctionner dans un environnement légèrement plus chaud. Grâce à ces mesures, la consommation totale d’eau a reculé de 2 % en un an. Ces chiffres ne racontent toutefois pas toute l’histoire. Ils n’intègrent pas les centres de données loués auprès d’opérateurs tiers, qui représentaient environ un cinquième de la puissance d’Amazon en 2024. Ils excluent aussi l’eau utilisée pour produire l’électricité et celle mobilisée pendant la construction des sites.La pression environnementale monte donc autour de l’ensemble du secteur, qu’il s’agisse d’Amazon, de Microsoft, de Google ou de Meta. À Seattle, un moratoire d’un an sur l’expansion des data centers a même été voté peu après cette publication, avec le soutien d’une partie des salariés d’Amazon. Les progrès d’efficacité sont réels, mais ils ne suffisent pas à éteindre le débat. Car si chaque kilowattheure demande moins d’eau, la demande mondiale en calcul, elle, continue d’exploser.
  • Un nouveau matériaux pourrait bouleverser la tech écolo ?

    02:35|
    Dans la recherche sur les matériaux, le résultat final n'est parfois que la partie visible de l'expérience. Une équipe de scientifiques vient justement de découvrir plusieurs structures restées jusque là cachées au cours d'une réaction chimique. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature Communications et pour observer ces transformations, les chercheurs ont combiné plusieurs techniques de pointe.La résonance magnétique nucléaire à l'état solide permet notamment d'étudier l'environnement des atomes dans un matériau. La diffraction des rayons X révèle, elles, leur organisation dans l'espace. En croisant ces résultats avec une analyse détaillée de la structure atomique, l'équipe a pu identifier des phases intermédiaires que les méthodes habituelles n'avaient jamais détectées. Les scientifiques se sont intéressés à des molécules appelées précurseurs à la source unique. Ces composés renferment dès le départ tous les éléments chimiques nécessaires à la fabrication d'un matériau. Lorsqu'on les chauffe, leurs atomes se réorganisent progressivement jusqu'à former le produit recherché.Habituellement, les chercheurs analysent surtout le matériau obtenu à la fin. Cette fois, ils ont suivi la réaction étape par étape, une approche qui leur a permis de repérer plusieurs structures stables apparaissant temporairement entre le composé initial et le produit final. Parmi elles figure une quatrième forme d'un matériau déjà étudié pour sa capacité à absorber la lumière solaire, le vanadate de bismuth ou Bivo4 pour l'acronyme. Ce composé est notamment utilisé pour faciliter la production d'hydrogène à partir de l'eau grâce à l'énergie lumineuse. La nouvelle phase du Bivo4 possède une organisation atomique particulière et interagit différemment avec la lumière. Elle pourrait donc améliorer les matériaux employés pour produire des carburants solaires. En tout cas, tout ce que je viens de vous dire, c'est ce qu'ont détaillé les chercheurs.Une autre phase intermédiaire découverte présente de son côté une forte capacité de stockage du lithium. Elle ouvre ainsi des pistes pour concevoir de meilleures batteries destinées aux véhicules électriques ou au stockage de l'électricité renouvelable. L'étude montre surtout que la température, la vitesse de chauffage et le déroulement de la réaction peuvent devenir de véritables outils de conception. Il ne s'agit plus simplement de fabriquer un produit final mais d'explorer tout le parcours chimique pour découvrir des matériaux cachés potentiellement utiles à la transition énergétique.
  • Un trace brune dans l'atlantique inquiète les scientifiques ?

    02:27|
    Un immense ruban d'algues brunes traversent désormais l'Atlantique. En mai dernier, les satellites ont recensé 37,5 millions de tonnes de sargasses pélagiques, réparties entre les côtes de l'Afrique de l'Ouest et le golfe du Mexique. Cette formation porte un nom, la Grande Ceinture de Sargasses de l'Atlantique. Il y a 15 ans, elle n'existait pas sous cette forme. Autrefois, ces algues flottaient surtout dans la mer des Sargasses, une région chaude de l'Atlantique relativement pauvre en nutriments. Mais depuis leur première prolifération massive en 2021, leur air de répartition ne cesse de s'étendre. En 2025, cette ceinture a atteint 8 850 km de long, soit plus de deux fois la largeur des États-Unis continentaux. Une étude publiée dans la revue Harmful Algae retrace 40 années d'observation satellitaire, d'analyse chimique et de relevé de terrain. Elle montre que les Sargasses profitent d'un apport croissant en azote et en phosphore, de nutriments qui stimulent fortement leur développement. Dans des eaux suffisamment riches, leur biomasse peut doubler en seulement 11 jours. Ces apports ne proviennent plus uniquement des mécanismes naturels de l'océan. Ils viennent aussi des terres, engrais agricoles entraînées par la pluie, eaux usées ou dépôts atmosphériques. Le fleuve Amazon joue notamment un rôle majeur. Lors des fortes crues, ils déversent dans l'Atlantique d'importantes quantités de nutriments, ensuite transportés par les courants marins. Les Sargasses ne sont pourtant pas inutiles, elles servent d'habitats à plus d'une centaine d'espèces, parmi lesquelles des poissons, des invertébrés et des tortues marines. Le problème commence lorsqu'elles deviennent trop abondantes et s'échouent sur les côtes. En se décomposant, elles libèrent du sulfure d'hydrogène, un gaz toxique à l'odeur d'œufs pourris. Elles étouffent les plages, fragilisent les récifs coralliens, créent des zones pauvres en oxygène et imposent des coûts de nettoyage considérables. Elles émettent également du méthane, un puissant gaz à effet de serre. Et pour les chercheurs, cette prolifération impose une surveillance internationale, de meilleurs systèmes de prévision et surtout une réduction des rejets de nutriments. L'eutrophisation, longtemps considérée comme un problème côtier, transforme désormais l'océan à l'échelle d'un continent.
  • Trump démantèle un réseau océanographique crucial ?

    02:38|
    Un nouveau programme scientifique majeur est menacé aux États-Unis. Après les coupes budgétaires dans la recherche publique et l’annulation de milliers de subventions fédérales, notamment dans les domaines du climat et de la santé, l’administration Trump s’attaque désormais à l’Ocean Observatories Initiative, ou OOI.Ce réseau, déployé par la National Science Foundation dans l’Atlantique et le Pacifique, rassemble plus de 900 instruments scientifiques. Bouées, capteurs et équipements sous-marins mesurent en temps réel la température, la salinité, l’acidité, les courants ou encore l’activité biologique et géologique des océans. Ces données servent à comprendre le rôle des mers dans le dérèglement climatique, l’évolution des écosystèmes marins et des phénomènes comme les tempêtes ou les remontées d’eaux profondes, appelées « upwellings ». Elles permettent aussi de suivre l’acidification des océans, provoquée par l’absorption d’une partie du dioxyde de carbone émis dans l’atmosphère.Opérationnel depuis 2016, l’OOI a déjà contribué à plus de 500 publications scientifiques. Pourtant, la National Science Foundation a annoncé le retrait progressif d’une grande partie des instruments installés en mer. Le réseau avait coûté 368 millions de dollars et devait fonctionner pendant vingt-cinq à trente ans. Les équipements concernés se trouvent notamment au large de la Caroline du Nord, de l’Oregon, de l’État de Washington et de l’Alaska, mais aussi dans la mer d’Irminger, entre le Groenland et l’Islande. Des régions particulièrement précieuses pour l’étude de la circulation océanique et du climat.Pour les chercheurs, cette décision menace surtout la continuité des observations. En sciences du climat, disposer de mesures régulières pendant plusieurs décennies est essentiel pour distinguer une variation ponctuelle d’une tendance durable. Hilary Palevsky, professeure au Boston College, rappelle que les instruments et les méthodes s’amélioraient constamment. La communauté scientifique commençait seulement à exploiter pleinement la richesse des données accumulées. Autre inquiétude : le démantèlement touche aussi les équipes techniques. Or, retirer les instruments ne fait pas seulement disparaître des mesures. Cela disperse également les spécialistes capables de les entretenir et, éventuellement, de les remettre un jour en service. Le retrait devait commencer rapidement et se poursuivre jusqu’en 2027. Un programme pensé pour observer l’océan sur plusieurs générations risque ainsi de s’interrompre après seulement une décennie.
  • Google joue aux fournisseurs d’énergie ?

    02:33|
    Avec l’essor de l’intelligence artificielle, les data centers ne consomment plus seulement beaucoup d’électricité : ils commencent à bousculer l’équilibre même des réseaux. En France, l’ARCEP a mesuré une hausse de 38 % de leur consommation en trois ans, pour atteindre 2,7 térawattheures en 2024. Sur la seule dernière année, la progression atteint 12 %. Et cette demande est très concentrée : l’Île-de-France regroupe 56 % des centres étudiés et plus de 70 % de la consommation électrique du secteur.Dans ce contexte, Google a conclu aux États-Unis un accord remarqué avec Voltus, une société spécialisée dans l’agrégation de ressources énergétiques distribuées. Le principe est simple : plutôt que produire plus, on demande à des milliers de petits consommateurs de consommer autrement. Voltus regroupe des thermostats intelligents et des véhicules électriques, puis rémunère leurs propriétaires pour réduire ou décaler leur consommation lorsque le réseau est sous tension. Google finance le dispositif, et l’électricité ainsi libérée doit contribuer à alimenter ses data centers dans la zone couverte par PJM, le plus grand réseau électrique américain. Objectif annoncé : environ 100 mégawatts de capacité en 2027.Ce mécanisme porte un nom : centrale virtuelle. Il ne s’agit pas d’une centrale physique, mais d’un ensemble d’équipements dispersés (chauffages, batteries, véhicules) pilotés comme une seule ressource flexible. Reste un obstacle : l’adhésion des particuliers. Une étude californienne montre que seuls 1 % des propriétaires de véhicules électriques s’inscrivent spontanément à ce type de programme, et 4,6 % avec une rémunération de 40 dollars par mois.En France, cette logique existe déjà depuis 2006 avec Voltalis. L’entreprise installe gratuitement des thermostats et peut réduire temporairement certains chauffages électriques lors des pics de tension. Plus de 200 000 logements sont équipés, et Voltalis vise 2 gigawatts de flexibilité d’ici fin 2026. La vraie question, désormais, concerne les data centers eux-mêmes. Peuvent-ils décaler certaines tâches, comme les sauvegardes ou l’entraînement de modèles, vers les heures creuses ? Avec l’IA, l’échelle change : demain, un seul rack pourrait consommer jusqu’à un mégawatt. La flexibilité devient donc indispensable, mais elle ne peut pas reposer uniquement sur les foyers.