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Choses à Savoir TECH VERTE
De l’hydrogène sous nos pieds pour 170 000 ans ?
Il n’existerait pas d’hydrogène à l’état naturel sur Terre : pendant longtemps, cette idée a fait figure de vérité scientifique. Et pourtant, les faits racontent une autre histoire. Dès le début du XXᵉ siècle, des émanations d’hydrogène ont été observées en France. À partir des années 1970, les chercheurs commencent à identifier, un peu partout sur la planète, des poches d’hydrogène naturel – désormais baptisé hydrogène blanc – depuis les fonds océaniques jusqu’à la croûte continentale. Longtemps restées marginales, ces découvertes prennent aujourd’hui une tout autre dimension.
Car dans un monde engagé dans une course contre la montre pour décarboner ses économies, l’hydrogène naturel apparaît comme une ressource providentielle. L’hydrogène industriel actuel, dit « gris », est produit à partir de ressources fossiles et génère près de dix kilos de CO₂ pour chaque kilo d’hydrogène. Un hydrogène bas carbone pourrait, lui, transformer l’industrie, les transports, voire la production d’électricité. Résultat : la ruée est lancée. Des forages exploratoires sont en cours en Australie et aux États-Unis. En France, plusieurs permis ont été délivrés, notamment dans les Pyrénées-Atlantiques et les Landes. Plus spectaculaire encore : l’annonce récente d’un gisement estimé à 46 millions de tonnes d’hydrogène naturel dans le sous-sol de la Moselle. À titre de comparaison, la consommation mondiale d’hydrogène atteignait environ 90 millions de tonnes en 2022.
C’est dans ce contexte que des chercheurs de l'University of Oxford, de l’University of Durham et de l’University of Toronto publient des travaux majeurs. Leur étude identifie les conditions géologiques nécessaires à la formation et à l’accumulation de l’hydrogène blanc. Et leur conclusion est vertigineuse : les environnements favorables seraient répandus à l’échelle mondiale, avec un potentiel capable de couvrir nos besoins énergétiques pendant… 170 000 ans. Les chercheurs expliquent désormais comment l’hydrogène se forme, migre à travers les roches et se retrouve piégé, mais aussi ce qui peut le faire disparaître, comme certains microbes qui s’en nourrissent. Ces avancées offrent une véritable feuille de route aux industriels de l’exploration. Tout n’est pas encore connu : l’efficacité exacte des réactions chimiques ou l’influence de l’histoire géologique restent à préciser. Mais l’essentiel est là. « Trouver de l’hydrogène, c’est comme réussir un soufflé », résume le géochimiste Chris Ballentine : il faut les bons ingrédients, au bon moment. Une recette que la science commence enfin à maîtriser, ouvrant la voie à une nouvelle ère énergétique.
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L’IA permet de stabiliser la fusion nucléaire ?
02:04|La fusion nucléaire, sur le papier, ressemble à un rêve d’ingénieur : reproduire sur Terre la réaction qui alimente les étoiles pour produire une énergie propre, quasi inépuisable. Dans la réalité, c’est un casse-tête scientifique que les chercheurs tentent de résoudre depuis des décennies. Pour forcer deux isotopes d’hydrogène à fusionner, les équipes travaillent dans des machines appelées tokamaks, de vastes chambres magnétiques capables de confiner un plasma chauffé à des températures supérieures à celles du cœur du Soleil. Problème : ce plasma est aussi capricieux qu’explosif. À la moindre instabilité, il peut heurter les parois internes, endommager l’installation… et stopper net la réaction.« Maintenir la stabilité de la couche limite du plasma est un défi majeur pour l’avenir de la fusion », rappellent les chercheurs du Princeton Plasma Physics Laboratory, le PPPL. Jusqu’ici, les scientifiques géraient surtout les dégâts après coup. Autrement dit, on corrigeait une fois l’instabilité apparue.Mais trois chercheurs du laboratoire, récemment récompensés par le prix d’excellence de la fondation Kaul, proposent une stratégie plus offensive. Leur idée : anticiper les turbulences et ajuster les paramètres du tokamak en temps réel, avant que la situation ne dégénère. Pour cela, ils ont abandonné l’approche classique en deux dimensions. Les champs magnétiques des tokamaks sont traditionnellement modélisés en 2D. Eux misent sur une optimisation en trois dimensions, en combinant physique, intelligence artificielle et contrôle instantané. « Nous explorons une optimisation 3D en mêlant la physique, l’IA et le pilotage en temps réel », explique Sang Kyeun Kim, l’un des membres de l’équipe.Concrètement, des algorithmes de machine learning simulent des dizaines de scénarios possibles et déterminent comment ajuster les champs magnétiques pour garder le plasma stable tout en maintenant un haut niveau d’énergie. Pendant l’expérience, l’IA corrige en continu le tir, presque comme un pilote automatique. La prochaine étape : automatiser entièrement ce contrôle magnétique. Car sans ces outils intelligents, les chercheurs le reconnaissent, il faudrait sans doute encore des décennies pour dompter la fusion.
Un matériau capable d’absorber le CO2 dès sa conception ?
02:17|Le béton est partout. Dans nos immeubles, nos routes, nos ponts. C’est le matériau roi du bâtiment… et aussi l’un des plus polluants. À lui seul, il représente près de 8 % des émissions mondiales de CO₂. Un chiffre massif, rappelé par Nima Rahbar, directeur du département de génie civil, environnemental et architectural du Worcester Polytechnic Institute, aux États-Unis. Autrement dit : construire le monde d’aujourd’hui réchauffe celui de demain. Face à ce constat, la filière cherche des alternatives. En décembre, des chercheurs britanniques proposaient déjà d’intégrer des déchets de coquillages pour alléger l’empreinte carbone du béton. Cette fois, une équipe américaine affirme avoir franchi un cap supplémentaire. Elle présente un matériau de construction à la fois solide, peu coûteux… et carrément à bilan carbone négatif.Son nom : enzymatic structural material, ou ESM. L’étude, publiée dans la revue Matter, décrit un procédé original. Les scientifiques utilisent une enzyme capable de transformer le dioxyde de carbone en carbonate de calcium, autrement dit en particules minérales solides. Ces particules sont ensuite agglomérées et durcies dans des conditions douces, à basse température, pour former des éléments de construction en quelques heures. C’est là que se joue la différence. Contrairement au béton classique, qui exige des fours très énergivores et de longs temps de séchage, l’ESM se fabrique rapidement et sans forte chaleur. Résultat : beaucoup moins d’énergie consommée, donc moins d’émissions.Mieux encore, le matériau ne se contente pas de polluer moins : il capte du carbone. Selon Nima Rahbar, produire un mètre cube d’ESM permettrait de stocker plus de 6 kilos de CO₂, quand le béton traditionnel en émet environ 330 kilos pour le même volume. « Nous ne réduisons pas seulement les émissions, nous capturons réellement le carbone », souligne le chercheur. Autre promesse : une meilleure réparabilité, donc moins de déchets et des coûts réduits sur le long terme. Reste maintenant l’épreuve du terrain. Des tests doivent confirmer sa fiabilité avant une utilisation à grande échelle. Si tout se passe bien, l’ESM pourrait bientôt se retrouver dans nos terrasses, nos toitures ou nos panneaux muraux.
Une puce plus rapide et moins énergivore signée du MIT ?
02:10|Et si la prochaine révolution de l’intelligence artificielle ne venait pas d’un nouvel algorithme… mais d’une puce électronique repensée de fond en comble ? Au MIT, des ingénieurs viennent de présenter une architecture qui pourrait changer la donne. Leur idée : empiler directement les composants d’une puce les uns sur les autres, plutôt que de les étaler côte à côte. Un détail en apparence, mais qui bouleverse tout.Jusqu’ici, la partie chargée des calculs et celle qui stocke les données étaient physiquement séparées. Résultat : les informations passaient leur temps à voyager d’un point à l’autre du circuit, consommant du temps… et surtout beaucoup d’énergie. En rapprochant ces deux fonctions, les chercheurs réduisent drastiquement ces allers-retours. Les échanges deviennent plus rapides et nettement moins gourmands en électricité. Un enjeu crucial à l’heure où l’IA explose. Pour y parvenir, l’équipe a mis au point un composant hybride : un transistor à mémoire. Autrement dit, un seul élément capable à la fois de calculer et de conserver des données. À l’échelle nanométrique, ce dispositif présente très peu de défauts électriques, ce qui améliore à la fois la vitesse d’exécution et l’efficacité énergétique, selon les chercheurs.Ce type d’innovation arrive au bon moment. Les applications d’apprentissage profond et de vision artificielle se multiplient, et les centres de données engloutissent toujours plus d’électricité. L’Agence internationale de l’énergie estime même que leur demande pourrait presque doubler d’ici 2030. Or, une grande partie de cette consommation ne sert pas à calculer, mais simplement à déplacer des données à l’intérieur des puces. « Nous devons absolument réduire l’énergie utilisée par l’IA, ce modèle n’est pas soutenable », rappelle Yanjie Shao, auteur principal de l’étude. Techniquement, les chercheurs ont utilisé de l’oxyde d’indium, un matériau qui peut être déposé à basse température sans abîmer les autres couches. Ils y ont ajouté une fine mémoire ferroélectrique. Le transistor change d’état en dix nanosecondes et fonctionne à une tension plus faible que les technologies actuelles. Pour l’instant, le système n’a été testé que sur prototype. Mais l’intégration dans de vraies puces semble désormais à portée de main.
Les microplastiques empêchent les océans d’absorber le CO2 ?
02:13|On parle souvent des microplastiques pour leurs effets visibles : plages polluées, poissons contaminés, déchets flottants. Mais une nouvelle étude suggère une menace plus discrète… et peut-être plus grave encore. Ces fragments minuscules pourraient aussi perturber le climat. Des chercheurs venus de Chine, de Hong Kong, du Pakistan et des Émirats arabes unis ont publié leurs travaux dans le Journal of Hazardous Materials: Plastics. Leur conclusion est claire : les microplastiques, ces particules de moins de cinq millimètres, altèrent la capacité des océans à absorber le dioxyde de carbone. Or cette absorption est essentielle : c’est l’un des mécanismes clés qui permet à la planète de réguler sa température.Le contexte est inquiétant. Selon l’ONU, la production mondiale de plastique dépasse aujourd’hui 400 millions de tonnes par an. La moitié concerne des objets à usage unique, et moins de 10 % sont recyclés. Sans changement majeur, cette production pourrait tripler d’ici 2060. Résultat : des microplastiques partout. Dans les grands fonds marins, l’eau douce, l’air, les sols, jusque sur la glace arctique. Pour comprendre leur impact réel, l’équipe a analysé 89 études scientifiques. Et le tableau se précise. Les microplastiques perturbent la vie marine et affaiblissent ce que les spécialistes appellent la « pompe biologique à carbone » : ce processus naturel par lequel le phytoplancton capte le CO₂ via la photosynthèse, puis l’envoie vers les profondeurs océaniques. Problème : ces particules réduisent la photosynthèse du phytoplancton et modifient le métabolisme du zooplancton.Autre effet pervers : en se dégradant, certains plastiques libèrent eux-mêmes des gaz à effet de serre. Et autour de ces fragments se développe une « plastisphère », un écosystème microbien encore mal connu, qui pourrait accentuer ces déséquilibres. À long terme, les chercheurs redoutent un enchaînement : océans plus chauds, plus acides, perte de biodiversité… et, derrière, des menaces directes pour la pêche, la sécurité alimentaire et les communautés côtières.
En Chine, les éoliennes flottent dans l’air ?
02:05|Dans le ciel gris du Sichuan, certains ont levé la tête, un peu perplexes. Ce 11 janvier, au-dessus de la ville de Yibin, ce n’était ni un drone ni un ballon météo. Mais une éolienne. Oui, une éolienne volante. La société chinoise Beijing SAWES Energy Technology vient de tester, grandeur nature, une machine qui bouscule les codes du secteur. Oubliez les mâts géants plantés au sol. Ici, la production d’électricité prend de la hauteur. Littéralement.Sa plateforme, baptisée S2000, est construite en matériaux légers et remplie d’hélium. Elle flotte comme un dirigeable et capte les vents en altitude pour les convertir en énergie. Lors de ce vol d’essai, l’engin est monté jusqu’à 2 000 mètres au-dessus du sol. Résultat : 385 kilowattheures produits, directement injectés dans le réseau local, selon le Global Times, média proche du pouvoir chinois. Après un premier modèle, le S1500, présenté il y a quelques mois, l’entreprise franchit donc un cap supplémentaire. Plus haut, plus puissant.Visuellement, la machine ressemble à un grand ballon conique de 60 mètres de long sur 40 de large. Elle est reliée au sol par un câble qui assure à la fois sa stabilité… et le transport de l’électricité. À l’intérieur, douze turbines tournent pour maximiser la production. Son concepteur assure qu’il s’agit de la première éolienne capable d’opérer au-dessus de zones urbaines. Un argument clé. Le PDG, Weng Hanke, imagine deux usages principaux : alimenter des sites isolés, comme des postes-frontières, ou compléter les parcs éoliens traditionnels dans une logique énergétique « en trois dimensions ». Car là-haut, le vent est plus fort, plus régulier. À comparer avec les éoliennes terrestres, limitées à environ 155 mètres, le gain est évident. La forme même de la S2000 joue un rôle : l’air est canalisé et compressé avant d’atteindre les turbines, ce qui améliore encore le rendement. À terme, la plateforme pourrait produire jusqu’à 3 mégawatts.
32 entreprises responsables de 50% des émissions mondiales de CO2 ?
02:27|Pour la première fois, une année civile entière a dépassé la barre des +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. C’était l’objectif à ne pas franchir fixé par l’Accord de Paris. C’est le constat posé par Copernicus, le programme européen de référence sur le climat. Les rejets mondiaux de gaz à effet de serre ont encore progressé de 1,3 % par rapport à 2023, avec une consommation d’énergies fossiles toujours en hausse.Une étude, révélée par The Guardian, pointe des responsabilités très concentrées. Selon cette analyse, 32 entreprises de combustibles fossiles à elles seules seraient à l’origine de la moitié des émissions mondiales de CO₂ liées à la crise climatique en 2024. L’année précédente, elles étaient 36. Autrement dit : moins d’acteurs, mais toujours autant de pollution. Pour Tzeporah Berman, co-autrice du rapport et membre de l’initiative Fossil Fuel Non-Proliferation Treaty, la conclusion est sévère : un petit groupe d’entreprises domine les émissions mondiales et freine activement les politiques climatiques. La base de données Carbon Majors, qui suit 178 grands producteurs de pétrole, gaz, charbon et ciment depuis 1854, montre que les émissions ont augmenté dans toutes les régions du monde en 2024. Les entreprises asiatiques, à elles seules, représentent près d’un tiers du total.Et beaucoup de ces géants sont publics. Dix-sept des vingt plus gros émetteurs sont contrôlés par des États. Des pays comme l’Arabie saoudite, la Russie, la Chine ou l’Inde. Ce sont aussi ces mêmes États qui ont bloqué, lors de la COP30, une feuille de route vers la sortie des fossiles. À eux seuls, ils ont généré 38 % des émissions liées aux combustibles fossiles et au ciment. Les conséquences, elles, sont déjà mesurables : 213 vagues de chaleur plus intenses entre 2000 et 2023, près de la moitié du réchauffement actuel et un tiers de la hausse du niveau des mers imputables à ces émissions. Le coût économique ? Jusqu’à 3 600 milliards de dollars de pertes liées à la chaleur extrême entre 1991 et 2020. Pour l’ancienne négociatrice climat de l’ONU Christiana Figueres, ces grands émetteurs sont clairement « du mauvais côté de l’histoire ». Les investissements dans les énergies propres progressent, mais les mastodontes du carbone, eux, s’accrochent encore au passé.
Un constructeur d’éolienne demande 44 M€ à un petit village ?
02:23|À Puyrolland, petit village de 200 habitants près de La Rochelle, un parc éolien validé par arrêté préfectoral en octobre 2019… n’a toujours pas vu le jour. Sur le papier, le projet semblait pourtant bien engagé. Baptisé « parc des Chênaies Hautes », il devait s’implanter sur trois communes des Vals de Saintonge, un territoire déjà très convoité par la filière : en 2023, 15 % des éoliennes de Nouvelle Aquitaine y étaient concentrées. À la manœuvre, la filiale française du groupe allemand Windstrom, qui revendique plus de 470 mâts installés en Europe. Mais à Puyrolland, rien ne sort de terre. Et l’affaire a pris un virage judiciaire. L’entreprise assigne aujourd’hui la commune et une cinquantaine de propriétaires devant le tribunal civil de Saintes. Une audience procédurale se tient cette semaine, sans encore aborder le fond.Ce que reproche Windstrom ? Le refus de la mairie d’accorder les autorisations de voirie nécessaires pour acheminer sept éoliennes géantes, culminant à 180 mètres en bout de pale. Le groupe réclame des servitudes de passage, et à défaut, 44 millions d’euros pour compenser le retard du chantier, soit environ 6,5 millions par an. Pour les élus, c’est une stratégie d’intimidation. « Leur objectif est de faire peur aux administrés », accuse l’un des avocats de la commune. La bataille se joue aussi devant la justice administrative. En décembre, la cour d’appel de Bordeaux a rejeté le recours du promoteur. Celui-ci s’est pourvu en cassation devant le Conseil d’État.Le maire, Thierry Giraud, reconnaît avoir d’abord été favorable. En 2016, il signe même une promesse de bail, en échange d’aides promises pour l’église ou des chèques énergie. Mais, selon lui, rien n’a suivi. « On ne voulait pas que le sacrifice soit vain », explique-t-il. Les habitants dénoncent un « passage en force ». Aujourd’hui, ce conflit dépasse la seule question des éoliennes. Il pose celle du rapport de force entre petits territoires ruraux et grands développeurs énergétiques. « On ne peut pas s’essuyer les pieds sur les communes comme sur un paillasson », lâche le maire. En face, Windstrom défend la stabilité des projets.
Un ordinateur qui tourne uniquement grâce au soleil ?
02:00|Au Mobile World Congress 2025 de Barcelone, Lenovo a décidé de voir grand. Très grand, même. S’il fallait résumer l’ambition du constructeur chinois en une formule, ce serait presque une devise olympique : plus haut, plus fort… et surtout plus flexible. Parmi les curiosités dévoilées sur le salon, un prototype attire tous les regards : le ThinkPad « Flip ». À première vue, on découvre un ordinateur portable équipé d’un immense écran OLED vertical de 18,1 pouces. Un format inhabituel, taillé pour la bureautique, la lecture ou le traitement de longs documents, un peu comme si l’on travaillait sur une feuille A4 géante.Mais le plus surprenant, c’est la mécanique. L’écran peut se plier vers l’arrière et se transformer en deux dalles de 13 pouces. Une fois refermé, l’ensemble prend la forme d’une tablette 13 pouces. Pour un simple concept, la fiche technique est loin d’être symbolique : processeur Intel Core Ultra 7, 32 Go de mémoire LPDDR5X, ports Thunderbolt 4, lecteur d’empreinte digitale. Lenovo évoque cinq usages : mode ordinateur traditionnel, affichage vertical pour relire des documents, double écran pour le travail à deux, tablette pour la création, et même mode lecture sans distraction. Ce n’est pas un coup d’essai : la marque avait déjà tenté l’expérience avec le ThinkPad X1 Fold.Et Lenovo ne s’est pas arrêté là. Autre idée futuriste présentée sur le stand : le Yoga Solar PC Concept. Ici, c’est l’autonomie qui est repensée. Le dos de l’écran est recouvert de panneaux solaires affichant un rendement de 24 %. D’après le constructeur, vingt minutes en plein soleil suffiraient pour récupérer une heure de lecture vidéo. Même sans lumière directe, le système continuerait à produire un peu d’énergie pour prolonger la batterie. Pour l’instant, ces machines restent au stade expérimental. Mais elles donnent un aperçu clair des pistes explorées : écrans modulables, recharge autonome, nouveaux usages nomades.
Deux énergies renouvelables surpassent le fossile en Europe ?
02:03|C’est un petit séisme énergétique, passé presque inaperçu dans le vacarme de l’actualité. Et pourtant, le signal est fort. Selon le think tank Ember, pour la toute première fois, l’éolien et le solaire ont produit davantage d’électricité en Europe que l’ensemble des énergies fossiles en 2025. Oui, vous avez bien entendu : le vent et le soleil ont dépassé le gaz, le charbon et le pétrole réunis.Plus largement, les énergies renouvelables ont assuré plus de la moitié de la production électrique des 27 pays de l’Union européenne l’an dernier. Un basculement historique. Dans le détail, l’éolien et le solaire représentent à eux seuls 30 % du mix électrique, contre 29 % pour toutes les sources fossiles. Une inversion des courbes qui aurait semblé impensable il y a encore dix ans. Le solaire, surtout, avance à marche forcée. Il fournit désormais 13 % de l’électricité européenne, avec une progression spectaculaire de 20 % sur la seule année 2025. Certains pays tirent clairement le peloton : la Hongrie, Chypre, la Grèce, l’Espagne ou encore les Pays-Bas multiplient les installations et affichent des records de production.Ce boom peut surprendre. Car l’objectif politique affiché par Bruxelles l’an dernier n’était pas d’abord écologique, mais économique : réduire la facture énergétique des Européens. Et c’est justement là que se trouve la clé. Selon la Commission, la flambée des prix venait surtout d’une dépendance excessive aux combustibles fossiles importés, chers et volatils. Autrement dit, passer aux renouvelables n’était pas seulement un choix climatique, mais aussi un choix budgétaire. Le charbon, déjà en déclin, ne constituait plus le principal problème. Le vrai point noir, c’est désormais le gaz : coûteux, fortement émetteur de CO₂, et géopolitiquement sensible. Résultat, en voulant faire des économies, l’Europe a accéléré sa transition. Par pragmatisme plus que par idéalisme. Mais au final, le constat est le même : en 2025, le vent et le soleil ont pris l’avantage.