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Choses à Savoir HISTOIRE

Pourquoi le miel fut-il une arme de guerre ?

Le miel est un mets délicieux et ses nombreux bienfaits sont bien connus. Et pourtant il fut utilisé, dans l'Antiquité, comme une arme de guerre. En effet, cette succulente substance pouvait être aussi un véritable poison.


Bien sûr, il ne s'agissait pas d'un miel ordinaire. Mais de celui recueilli par les abeilles en butinant les fleurs de certaines plantes. Leur nectar contient en effet des toxines très nocives pour l'homme.


Ainsi, le miel fabriqué par les abeilles à partir des fleurs de rhododendron devenait très dangereux pour lui. Il avait des effets hallucinogènes et pouvait paralyser ou même conduire à la mort celui qui en consommait.


Dans l'Antiquité, le miel de rhododendron a parfois été utilisé pour piéger l'ennemi. Ainsi, en 401 avant notre ère, le Roi de Perse Artaxerxès II voit son frère Cyrus le Jeune se dresser contre lui.


Mais ce dernier meurt au combat, et les milliers de mercenaires grecs qu'il a recrutés regagnent les côtes d'Asie mineure, l'Anatolie actuelle, pour rentrer chez eux. Sur leur chemin, ils découvrent, dans des maisons abandonnées, des gâteaux au miel dont ils se régalent.


Mais ces pâtisseries sont confectionnées avec du miel de rhododendron. Les populations locales, habituées aux invasions, les ont laissées là pour neutraliser d'éventuels pillards.


L'historien grec Xénophon, qui raconte la mésaventure, décrit des soldats mourants ou incapables de tenir sur leurs jambes.


Ce miel est utilisé comme arme de guerre à une autre occasion. En 97 avant J.-C., les légions romaines, sous les ordres de Pompée, partent à la conquête du Royaume du Pont, un territoire situé au nord-est de l'Asie mineure.


Le Roi Mithridate VI, qui gouverne le pays, a l'idée d'installer sur le passage de l'armée des ruches contenant du miel toxique. Ravis de trouver ce miel sur leur chemin, les légionnaires romains ne se méfient pas et savourent cette friandise inattendue.


Victimes de nausées et d'hallucinations, les soldats romains affaiblis sont alors incapables de résister à l'assaut de leurs adversaires. On estime que leur gourmandise en aurait fait périr près de 1 500.

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  • Pourquoi la France a-t-elle vendu la Louisiane aux États-Unis ?

    02:21
    La vente de la Louisiane par la France aux États-Unis en 1803, connue sous le nom de la "Louisiana Purchase", est un événement majeur de l'histoire américaine et française. Plusieurs facteurs stratégiques, économiques et politiques ont conduit à cette transaction.Contexte HistoriqueÀ l'aube du XIXe siècle, la France était dirigée par Napoléon Bonaparte, qui avait des ambitions expansionnistes en Europe et au-delà. En 1800, par le traité de San Ildefonso, l'Espagne a restitué la Louisiane à la France, une immense région s'étendant de la rivière Mississippi aux montagnes Rocheuses, couvrant environ 828 000 miles carrés.Raisons de la Vente1. Pressions Militaires et Diplomatiques :Napoléon avait de grandes ambitions en Europe et nécessitait des ressources financières et militaires pour soutenir ses campagnes. De plus, les tensions croissantes avec la Grande-Bretagne menaçaient une nouvelle guerre. Napoléon craignait que la Louisiane ne soit difficile à défendre et pourrait facilement tomber aux mains des Britanniques en cas de conflit.2. Révolte en Haïti :La révolte des esclaves à Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), dirigée par Toussaint Louverture, a été un coup dur pour les ambitions coloniales françaises dans les Amériques. La France a subi de lourdes pertes et a perdu le contrôle de l'île, réduisant ainsi son intérêt pour les possessions coloniales américaines, dont la Louisiane.3. Situation Économique :La France était en difficulté financière à cause des guerres continues en Europe. La vente de la Louisiane représentait une opportunité d'obtenir des fonds rapidement. Les États-Unis ont proposé 15 millions de dollars pour l'acquisition, une somme considérable pour l'époque, offrant à Napoléon des liquidités nécessaires pour financer ses campagnes militaires.4. Expansion Américaine :Pour les États-Unis, l'achat de la Louisiane était une occasion en or pour doubler leur territoire, ouvrir de nouvelles terres à la colonisation et garantir un accès crucial à la rivière Mississippi et au port de La Nouvelle-Orléans, essentiels pour le commerce.ConclusionLa vente de la Louisiane a été un acte pragmatique de la part de Napoléon, visant à renforcer la position française en Europe tout en se débarrassant d'une colonie difficile à défendre. Pour les États-Unis, ce fut une opportunité d'expansion territoriale et économique sans précédent. Cette transaction a profondément influencé l'histoire des deux nations, marquant un tournant dans l'expansion américaine et la politique coloniale française.
  • Pourquoi la journée des femmes est-elle fixée le 8 mars ?

    02:09
    Chaque année, la "journée internationale de la femme" est célébrée le 8 mars. Mais d'où vient le choix de cette date ? On a longtemps cru qu'elle avait été retenue en hommage aux couturières new-yorkaises, qui auraient manifesté, le 8 mars 1857, pour réclamer de meilleures conditions de travail.Or l'historienne Françoise Picq, spécialisée dans l'étude des mouvements féministes et l'évolution du droit des femmes, a démontré que cette manifestation n'avait jamais existé.Cet événement aurait été créé de toutes pièces, dans les années 1950, par la presse communiste. La légende se serait ensuite perpétuée, d'année en année.En réalité, c'est une autre manifestation qui aurait imposé la date du 8 mars. En effet, le 8 mars 1917, peu de temps après la Révolution de février, et une semaine avant l'abdication du Tsar Nicolas II, des ouvrières russes manifestent à Petrograd, aujourd'hui Saint-Pétersbourg.Pour les bolcheviques, cet événement marque même le premier jour du mouvement qui allait mener à la Révolution d'octobre.Si l'on en croit Françoise Picq, le remplacement du 8 mars 1917 par une autre date, sans fondement historique, serait dû à des jeux de pouvoir entre le parti communiste et la CGT, qui aspirait alors à une certaine autonomie.Quant à l'idée même d'une journée internationale, consacrée à l'émancipation et aux droits de la femme, on la doit à Clara Zetkin, grande figure du marxisme et Présidente, durant 10 ans, de l'Internationale des femmes socialistes. C'est dans le cadre de cette instance qu'elle en fait admettre le principe, en août 1910.La première "journée internationale des femmes" est célébrée dès l'année suivante, en 1911. Cependant, elle se tient, non pas le 8 mars, mais le 19.L'URSS est le premier pays à reconnaître cette journée, en en faisant un jour férié dès 1921. D'autres pays du bloc socialiste lui emboîtent le pas. Cependant, il faudra attendre 1977 pour que l'Onu fasse du 8 mars la date officielle de cette journée dédiée aux femmes du monde entier.
  • Les Vikings ont-ils pratiqué l'esclavagisme ?

    02:09
    Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les vikings connaissaient l'esclavage. On peut même dire que cette activité, qui rapportait beaucoup d'argent, était l'un des fondements de leur économie.Les raids souvent meurtriers qu'ils lançaient sur une partie de l'Europe n'avaient pas pour seul but le pillage. La capture d'hommes et de femmes, lors d'attaques d'une grande violence, était aussi un de leurs objectifs majeurs.De fait, d'anciennes annales font état d'expéditions de grande ampleur. L'une d'elle, au IXe siècle, permet de s'emparer de nombreuses femmes, une autre, organisée un siècle plus tard, se traduit par la capture de 3 000 personnes.Privés de leur liberté, et réduits à l'état d'objets, ces nouveaux esclaves étaient ensuite vendus sur les nombreux marchés d'Europe du Nord spécialisés dans ce trafic d'êtres humains, considéré comme très lucratif. Certains se retrouvent même à Byzance, ou à Bagdad, où cette main-d'œuvre gratuite est très recherchée.De nombreux esclaves, cependant, ne sont pas vendus dur les marchés, mais restent sur place. Ils sont employés sur les grands domaines agricoles ou servent comme domestiques.Tous les esclaves n'étaient d'ailleurs pas des prisonniers de guerre. Certains étaient asservis pour expier un crime, d'autres pour payer leurs dettes.Comme dans toutes les sociétés qui s'adonnent à l'esclavage, le statut des esclaves, chez les vikings, est assez varié. La plupart connaissent un sort misérable ; en effet, en tant qu'esclaves, ils ne possèdent rien et ne peuvent rien transmettre à leurs enfants, qui naissent esclaves et le demeurent leur vie durant.Il est cependant quelques exceptions. Certains, mieux traités, reçoivent un peu d'argent et finissent par acheter leur liberté. D'autres sont affranchis.Cette diversité de statuts est attestée par quelques rares documents rupestres. On a en effet retrouvé quelques pierres runiques parlant des esclaves. Rappelons qu'il s'agit de pierres dressées, sur lesquelles sont gravées des inscriptions composées de runes, l'ancienne écriture de ces peuples du Nord.Elles font le plus souvent référence à des esclaves ayant réussi à s'assurer une position sociale privilégiée. Les autres, moins favorisés par le sort, ne nous ont laissé aucun témoignage.
  • Pourquoi la croix de Lorraine a-t-elle été choisie comme symbole de la Résistance ?

    01:51
    On sait que, durant la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle a choisi la croix de Lorraine pour symboliser la France Libre, autrement dit la Résistance extérieure au nazisme. Cet emblème a fini par représenter l'ensemble de la Résistance.Il s'agit, au départ, d'un symbole chrétien. Il est en effet composé d'une double croix, la première traverse étant plus longue que la première.Cette croix porte des noms divers. En plus de l'appellation qui lui est restée, "croix de Lorraine", on trouve en effet les noms de "croix d'Anjou" ou de "croix patriarcale".La croix de Lorraine a une histoire assez mouvementée. Elle aurait d'abord été une relique, contenant un fragment de la croix sur laquelle a été crucifié le Christ. Cette croix est devenue la possession d'un chevalier croisé, qui l'aurait vendue, au XIIIe siècle, à un monastère situé dans la région angevine.D'où le nom de "croix d'Anjou" sous lequel on la connaît parfois. La croix figure ensuite dans les armes de la Hongrie, avant de devenir, à partir de la fin du XVe siècle, le symbole de la Lorraine.Le choix de la croix de Lorraine, comme symbole de la France Libre, est généralement attribué au vice-amiral Muselier, placé à la tête des Forces navales françaises libres (FNFL).Il est possible qu'il ait choisi cet emblème en raison de ses origines lorraines. En tous cas, il le présenta à de Gaulle comme une croix symbolisant la Résistance face à la croix gammée des nazis.Le pavillon frappé de la croix de Lorraine fut adopté par les navires de la France Libre dès juillet 1940. Elle figura aussi sur les cocardes apposées sur la carlingue des avions.Cette croix, adoptée par de Gaulle, devint peu à peu le symbole incontesté de toute la Résistance. Aujourd'hui encore, une gigantesque croix de Lorraine ombrage le mémorial consacré au général de Gaulle, dans la bourgade de Colombey-les-deux-Églises, où se trouvait la demeure de l'ancien chef de la France Libre.
  • Pourquoi y a-t-il un mystère autour du « Boléro » ?

    02:05
    Le "Boléro" est sans conteste l'œuvre la plus célèbre de Maurice Ravel. Aujourd'hui encore, elle serait jouée tous les quarts d'heure, ici ou là dans le monde.Composée en 1928, cette pièce musicale est au cœur d'une controverse judiciaire. En effet, les ayants droit du musicien s'opposent, pour divers motifs, à ce que le "Boléro" tombe dans le domaine public, ce qui aurait dû arriver en 2008, puis en 2016.Mais cette œuvre retient l'intérêt des mélomanes pour une autre raison. En effet, certains se demandent si Maurice Ravel en est bien l'unique auteur.De fait, les héritiers du peintre et décorateur russe Alexandre Benois considèrent que celui-ci doit être considéré comme le co-auteur du Boléro. Ils s'appuient sur le fait qu'il a créé les décors pour la création de l'œuvre, en 1928.Or, le Boléro étant la musique d'accompagnement d'un ballet, le créateur des décors du spectacle aurait autant d'importance que le compositeur de la musique. À ce titre, la chorégraphe du ballet, Bronislava Nijinska, la sœur du célèbre danseur Nijinski, pourrait aussi revendiquer en partie la paternité de l'œuvre.Dans un premier temps, la Sacem, qui gère les droits d'auteur des écrivains et des compositeurs, avait refusé de prendre en considération les demandes des héritiers d'Alexandre Benois.Considérant qu'une telle question ne relevait pas de la Sacem, les demandeurs ont porté l'affaire en justice. Dans une décision récente, qui date de quelques jours, le tribunal vient de débouter les héritiers du décorateur. Au motif que les pièces fournies ne permettaient pas de considérer Alexandre Benois comme l'auteur de l'argument du ballet. Ce qui aurait été la seule manière de lui reconnaître en partie la paternité du Boléro.Si la justice leur avait donné raison, le Boléro ne serait tombé dans le domaine public qu'en 2030, soit 70 ans après la mort d'Alexandre Benois. L'enjeu financier était de taille, dans la mesure où les droits d'auteur du Boléro se sont montés à plus de 135 000 euros par an entre 2011 et 2016.
  • Que s'est-il passé à l'hôtel Lutetia pendant la seconde guerre mondiale ?

    02:07
    L'hôtel Lutetia, dans le 6e arrondissement de la capitale, fait partie de ces palaces parisiens qui sont autant perçus comme des monuments historiques que comme des lieux d'hébergement. Il a été construit en 1910, à l'initiative de Marguerite Boucicaut, propriétaire du Bon Marché, l'un des premiers grands magasins français.Cette femme d'affaires pensait que ses clients provinciaux fortunés pourraient séjourner dans cet hôtel prestigieux, situé non loin de son établissement.Comme il est proche de l'Assemblée Nationale, des parlementaires le fréquentent aussi, ainsi que des écrivains. Certains, comme André Gide, y vivaient à l'année. Quand il se rendait dans la capitale, le général de Gaulle y descendait également.Le Lutetia va cependant connaître une période sombre. Quand les Allemands occupent Paris, en juin 1940, ils réquisitionnent l'hôtel, comme beaucoup d'autres établissements.Une partie du personnel de l'Abwehr, le service de renseignement et de contre-espionnage de l'armée, s'installe dans l'hôtel. Il abrite aussi le chef de la Geheime Feldpolizei, la police secrète de l'armée allemande.Elle est placée sous le contrôle de la Wehrmacht jusqu'en 1942, puis passe sous l'autorité du RSHA, qui comprend notamment la tristement célèbre Gestapo.Certains collaborateurs notoires, comme Henri Lafont et Pierre Bonny, qui dirigent l'un des centres de la Gestapo française, situé rue Lauriston, fréquentent aussi l'hôtel Lutetia.Les employés de l'hôtel réussissent néanmoins à dissimuler de grands crus, que les Allemands ne verront jamais servis à leur table. La cachette, située dans la cave, ne sera jamais découverte par les nazis. La Résistance avait donc réussi à s'infiltrer, à sa manière, dans ce haut lieu de l'occupation allemande.À la Libération de Paris, en 1944, le propriétaire de l'hôtel accepte, pour se dédouaner, d'ouvrir son établissement aux rescapés des camps de concentration allemands.C'était aussi le vœu du général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, qui, avant la guerre, avait ses habitudes dans l'hôtel. Le Lutetia devient donc un centre d'accueil, vers lequel affluent les familles de déportés, anxieuses de les retrouver ou de glaner des informations.
  • Comment le major Allison Digby Tatham-Warter se distinguait-il sur un champ de bataille ?

    01:57
    Certains militaires se sont fait un nom du fait de leur bravoure mais aussi de leurs excentricités. C'est le cas du major Allison Digby Tatham-Warter. Né en 1917, il devient très vite orphelin.Gazé durant la Grande Guerre, son père meurt en effet à la fin du conflit. Allison est bien décidé à suivre son exemple. Sorti du prestigieux collège de Sandhurst, il devient donc officier et sert aux Indes.Durant la Seconde Guerre mondiale, il revient en Angleterre et prend la tête d'une unité de parachutistes. À la fin du conflit, elle participe notamment à une opération aux Pays-Bas, chargée de s'emparer de ponts stratégiques.Mais le major Digby Tatham-Warter ne se signalait pas seulement par sa bravoure. C'était aussi un original, y compris sur le champ de bataille.En effet, cet officier, qui ne manquait pas d'humour, conduisait ses hommes au combat en brandissant, non pas une arme ou une canne, mais...un parapluie ! Et il n'oubliait pas de se coiffer d'un chapeau melon.Si le major emportait son parapluie au combat, c'est, d'après ses dires, pour être plus facilement reconnu. Assez distrait, il oubliait souvent les mots de passe. Son parapluie lui servait alors de sésame.Il pensait que cet accessoire ne pouvait que l'identifier aux yeux des soldats alliés. En effet, qui pouvait agiter un parapluie en pleine bataille et s'affubler d'un chapeau melon sinon un Anglais ? La légende veut même que ce fameux parapluie ait servi d'arme au major. Il lui aurait permis de blesser un conducteur de char ennemi.Mais cet officier n'était pas à une excentricité près. Ainsi, il remet à l'honneur l'usage du clairon, que l'armée britannique avait abandonné depuis plus d'un siècle. Il pense en effet que les communications passeront mieux par le son de cet instrument que par des messages radio souvent défaillants.Un autre épisode met bien en évidence l'originalité de son comportement. En effet, il est également connu pour avoir affrété un avion qui emmena directement ses hommes à une fête donnée au prestigieux hôtel Ritz à Londres !
  • Comment une secte a-t-elle influencé le design ?

    02:04
    Les "shakers" représentent l'une des nombreuses branches du protestantisme. Issus du mouvement quaker, on les trouve d'abord en Angleterre. Ils sont influencés par les pratiques religieuses des camisards, des huguenots français insurgés contre la politique antiprotestante qui marque la fin du règne de Louis XIV.Les camisards se distinguent notamment par leurs conceptions millénaristes, qui annoncent la fin du monde, et leur spiritualité extatique, qui se manifeste parfois par des transes et des convulsions.Les "shakers", ou "trembleurs", doivent leur surnom à des pratiques qu'ils partagent en partie avec des camisards exilés en Angleterre.Réfugiés aux États-Unis, à la fin du XVIIIe siècle, les shakers s'y font connaître par leurs mœurs très austères, qui imposent le célibat, et leur refus de la propriété privée. Frugaux et égalitaristes, ils fondent des écoles et des orphelinats. Ils sont regroupés en "familles", dans lesquelles hommes et femmes vivent à part.Malgré le puritanisme de ses membres, et le rigorisme de leur mode de vie, cette secte des "shakers" a joué un rôle dans un domaine où on ne l'attendait pas, celui du design.Elle a en effet créé un mobilier aux lignes très épurées. Ces chaises et ces tables très simples auraient influencé certains designers. Ce qu'on appelle aujourd'hui le style scandinave, connu pour sa sobriété et même son minimalisme, serait issu, en partie, des créations de la secte.Ceci étant, ces protestants sévères n'avaient nullement l'intention de créer un nouveau style. Une telle préoccupation était étrangère à leurs conceptions. Quand ils construisaient une chaise, par exemple, c'était pour s'y asseoir, non pour influencer la mode.Ils ne voient dans le mobilier que son utilité. Par ailleurs, il doit être aussi dépouillé que possible, sans ornements ni fioritures superflus. Quant au matériau choisi, il doit être très simple. Du bois de pin, par exemple, fait souvent l'affaire.Mais les "shakers" n'ont pas seulement inspiré les designers. On leur doit aussi l'invention de la scie circulaire, du balai plat et d'un type de machine à laver.
  • Pourquoi la pierre de Singapour est-elle mystérieuse ?

    01:56
    Il fallut l'ingéniosité des savants de l'époque pour déchiffrer la fameuse pierre de Rosette, qui donna la clef des hiéroglyphes égyptiens.Mais la pierre de Singapour trouvera-t-elle son Champollion ? Ce mystérieux fragment de grès a été retrouvé, en 1819, à l'embouchure de la rivière Singapour, qui traverse la cité-État du même nom.La datation de ce petit morceau de pierre, exposé aujourd'hui dans un musée de Singapour, est difficile à estimer. Elle remonterait à une période comprise entre les Xe et XIVe siècles.Ce qui fait l'intérêt de cette pièce, ce sont les inscriptions qui la recouvrent. À ce jour, personne n'a réussi à les déchiffrer.L'entreprise est d'ailleurs d'autant plus difficile que la plaque de grès dont est issue la pierre de Singapour a été endommagée et qu'il n'en reste aujourd'hui qu'un petit fragment.Deux autres morceaux avaient pu être sauvés, mais ils ont été perdus. Les scientifiques doivent donc se contenter du seul restant pour tenter d'élucider l'énigme. Une entreprise que l'effacement progressif des signes gravés sur la pierre rend encore plus délicate.Il existe, il est vrai, des dessins de la plaque d'origine, et les travaux d'un archéologue, qui avait pu l'observer de près. À partir de ces éléments partiels, les scientifiques tentent de comprendre le sens des inscriptions.Pour venir à bout de cette entreprise, ils se sont acquis le concours d'une précieuse alliée : l'intelligence artificielle. En effet, les scientifiques ont mis au point un dispositif d'IA qui pourrait reconstituer le sens global des inscriptions. Elle serait en effet capable de deviner la signification des parties manquantes.De fait, ces systèmes ne sont pas influencés par les biais cognitifs qui peuvent déformer la manière de penser des chercheurs. Leur travail est donc plus "objectif", si l'on peut dire.Composée de neurones artificiels, la machine doit être nourrie d'éléments qui vont lui permettre d'élaborer son "raisonnement" et d'émettre des hypothèses. C'est dans ce but que les scientifiques initient l'IA à des langues parlées, à un moment ou un autre, dans la zone où a été trouvée la pierre de Singapour et ses environs.