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Choses à Savoir HISTOIRE

Pourquoi le dieu égyptien Osiris est-il représenté avec la peau verte ?

Cette couleur singulière n’a rien d’un hasard esthétique : elle condense à elle seule toute la signification religieuse, cosmique et politique du dieu. Pour les Égyptiens, le vert n’était pas seulement une couleur. C’était un symbole de régénération, d’équilibre cosmique et de victoire sur la mort. Et Osiris incarne précisément ces trois dimensions.


D’abord, Osiris est le dieu de la végétation et de la fertilité. Les Égyptiens associaient directement sa chair à la terre noire et fertile déposée chaque année par la crue du Nil. Cette terre noire, appelée « kemet », permettait aux champs de renaître après l’inondation. Le vert des plantes était ainsi la signature visible du cycle de la vie. La peau verte d’Osiris matérialise donc cette fonction : il est celui qui fait pousser, renaître et fructifier le monde. Dans plusieurs temples, on moulait même des figurines d’Osiris en « terre végétale », mélange de limon et de graines, qui germaient littéralement. Voir ces statuettes verdir était la preuve du pouvoir régénérateur du dieu.


Ensuite, la couleur verte renvoie à Osiris en tant que dieu de la résurrection et maître du royaume des morts. Selon le mythe, Osiris est assassiné par son frère Seth, puis reconstitué par Isis avant d’être ramené à la vie. Sa peau devient alors la marque de cette résurrection : il revient d’un état de putréfaction, mais il renaît sous la forme la plus vigoureuse et la plus fertile qui soit. Le vert signifie donc que la mort n’est pas une fin, mais un passage. Dans l’imaginaire égyptien, choisir Osiris comme juge des morts, assis sur son trône au visage verdoyant, rappelait à chacun que la mort pouvait s’accompagner d’une nouvelle naissance.


Le vert est aussi la couleur de la stabilité et du bon ordre cosmique, ce que les Égyptiens appelaient la « Maât ». Osiris incarne la justice, l’équilibre et la légitimité royale. Sa teinte verdoyante est donc un message politique : le pharaon, assimilé à Osiris, doit garantir prospérité, harmonie et continuité dynastique. Lors de l’intronisation d’un roi, Osiris sert de modèle : comme lui, un bon souverain « fait pousser » le pays.


Ainsi, si Osiris est vert, ce n’est pas pour marquer son étrangeté, mais pour rappeler qu’il est le dieu de la renaissance sous toutes ses formes : celle des plantes, des morts et du monde ordonné. Un dieu dont la couleur dit déjà sa fonction.

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  • Qui a volé le thé aux Chinois ?

    02:39|
    Au milieu du XIXe siècle, un homme réussit l’une des opérations d’espionnage industriel les plus célèbres de l’histoire. Son objectif : voler à la Chine les secrets de fabrication du thé.Cet homme s’appelle Robert Fortune.À l’époque, les Britanniques sont passionnés par le thé. Ils en consomment des quantités considérables, mais ils rencontrent un problème : l’essentiel du thé qu’ils boivent vient de Chine.Pendant des siècles, les Chinois ont en effet conservé une maîtrise presque exclusive de sa culture et surtout de sa transformation. Pour les Britanniques, cette dépendance commerciale représente un problème économique majeur.En 1848, la Compagnie britannique des Indes orientales confie donc une mission à Robert Fortune, un botaniste écossais qui connaît déjà la Chine.Son objectif est ambitieux : rapporter des théiers chinois et, surtout, comprendre comment produire un thé de qualité afin de développer cette industrie dans l’Inde britannique.Mais la Chine interdit alors aux étrangers l’accès à certaines régions productrices.Fortune décide donc de voyager en se faisant passer pour un Chinois.Il adopte les vêtements locaux, se rase une partie du crâne et porte une longue natte. Accompagné de guides et d’interprètes, il pénètre ainsi dans des régions où les Européens ne sont normalement pas autorisés à se rendre.Il y observe les plantations et les techniques utilisées pour transformer les feuilles.Puis vient le problème le plus compliqué : comment transporter des milliers de plants jusqu’en Inde sans qu’ils meurent pendant le voyage ?Fortune utilise une invention récente : la caisse de Ward.Il s’agit d’une sorte de petite serre fermée par des vitres. À l’intérieur, l’eau s’évapore, se condense sur les parois puis retombe dans la terre. Ce petit écosystème permet aux plantes de supporter de longues traversées maritimes tout en recevant de la lumière.Grâce à ces caisses, Fortune expédie vers l’Inde des milliers de théiers et de graines.Mais il ne transporte pas seulement des plantes.Il fait également venir des ouvriers chinois maîtrisant les différentes étapes de fabrication du thé. Car posséder un théier ne suffit pas : après la récolte, les feuilles doivent être flétries, roulées, oxydées ou chauffées et séchées selon le type de thé recherché.Cette opération contribue au développement spectaculaire de l’industrie britannique du thé en Inde, notamment dans l’Himalaya.Robert Fortune n’a cependant pas, à lui seul, créé le thé indien : des théiers indigènes avaient déjà été identifiés en Assam et leur exploitation avait commencé.Mais sa mission permit aux Britanniques d’acquérir des plantes et surtout un savoir-faire chinois précieux.Un transfert de technologie avant l’heure, qui participa à briser progressivement la domination de la Chine sur le commerce mondial du thé.
  • Pourquoi Venise a-t-elle été privée de carnaval pendant près de 200 ans ?

    02:36|
    Aujourd’hui, impossible d’imaginer Venise sans son carnaval. Chaque année, les rues et les places se remplissent de personnages vêtus de costumes somptueux et, surtout, de ces fameux masques qui dissimulent leur identité. Pourtant, cette tradition a pratiquement disparu pendant près de deux siècles.Pour comprendre pourquoi, il faut revenir à la fin du XVIIIe siècle.À cette époque, le carnaval de Venise est déjà très ancien. Ses origines remontent au Moyen Âge et, au XVIIIe siècle, il est devenu l’un des événements les plus célèbres d’Europe. Pendant plusieurs semaines, les Vénitiens peuvent porter des masques, assister à des spectacles, jouer dans les casinos et participer à d’immenses fêtes populaires.Mais le masque possède une particularité importante : il efface temporairement les différences sociales. Un aristocrate peut côtoyer un marchand ou un simple citoyen sans être immédiatement reconnu.Et c’est précisément ce qui va inquiéter les nouveaux maîtres de Venise.En 1797, les troupes de Napoléon Bonaparte entrent dans la région. La République de Venise, qui existait depuis plus de mille ans, disparaît. Napoléon impose un nouveau régime, avant que la ville ne passe quelques mois plus tard sous domination autrichienne.Dans ce contexte politique extrêmement tendu, les autorités se méfient des rassemblements et surtout des personnes masquées. Car derrière un masque, difficile de savoir qui se cache. Des opposants peuvent se réunir anonymement, préparer des troubles ou échapper plus facilement à la surveillance de la police.Le port du masque et les festivités du carnaval sont donc fortement restreints. Sous les dominations française puis autrichienne, la grande tradition publique du carnaval vénitien disparaît progressivement.Attention toutefois : cela ne signifie pas qu’aucune fête costumée n’a lieu pendant près de 200 ans. Des célébrations privées ou ponctuelles subsistent. Mais le grand carnaval populaire qui faisait la réputation de Venise n’existe plus sous sa forme traditionnelle.Même après l’intégration de Venise au royaume d’Italie, en 1866, il ne retrouve pas immédiatement son importance passée.Il faut attendre les années 1970 pour assister à sa véritable renaissance. Des habitants, des artistes et des associations cherchent alors à ressusciter les anciennes traditions vénitiennes. En 1979, les autorités locales relancent officiellement le carnaval.Le succès est spectaculaire.En quelques années, masques, costumes et spectacles envahissent de nouveau la place Saint-Marc et les ruelles de Venise.Ainsi, l’un des carnavals les plus célèbres du monde est en réalité une tradition très ancienne… mais ressuscitée il y a seulement quelques décennies.
  • Comment deux hommes ont-ils réussi à voyager… par la Poste ?

    02:42|
    L’histoire paraît inventée. Pourtant, à plus de trente ans d’intervalle, deux hommes sont réellement parvenus à voyager entre les îles Anglo-Normandes en utilisant les services de la Poste. Ils s’appelaient Harry Turner et le major « Peabod » Palmer. Et ils ont profité d’une étonnante faille dans le règlement postal britannique.Commençons en 1905, sur l’île de Guernesey.Harry Turner découvre dans un journal qu’un homme a réussi quelques années auparavant à se faire transporter par la Poste à Londres. Intrigué, il décide de vérifier si l’expérience est également possible à Guernesey.Il étudie alors le règlement postal et découvre une disposition étonnante. Un service spécial permet d’expédier certains objets sous la surveillance d’un employé de la Poste. Mais apparemment, rien n’indique explicitement que « l’objet » en question ne peut pas être… un être humain.Turner décide donc de se faire envoyer de Guernesey jusqu’à l’île voisine de Sercq.Et cela fonctionne.Le 6 juillet 1905, il effectue la traversée accompagné d’un messager des Postes chargé de veiller sur cet étrange « colis ». Turner ne voyage donc pas enfermé dans une caisse : c’est sa personne elle-même qui est prise en charge par le service postal.L’expérience est surtout une plaisanterie destinée à tester les limites du règlement. Turner revient même à Guernesey le même jour, accueilli par une foule amusée.Mais en 1940, un autre homme va utiliser cette faille pour une raison beaucoup plus sérieuse.Le major « Peabod » Palmer se trouve à Guernesey et cherche désespérément à rejoindre sa famille sur l’île d’Aurigny. Nous sommes en février 1940 : la Seconde Guerre mondiale a commencé et les déplacements deviennent difficiles.Problème : toutes les places disponibles sur le bateau sont réservées.Palmer consulte alors le règlement de la Poste et arrive à la même conclusion que Turner : aucun texte n’interdit formellement d’expédier une personne.Il demande donc à voyager… par la Poste.Le capitaine du bateau refuse d’abord de l’embarquer. Finalement, Palmer obtient son passage et voyage dans la cale, sous supervision postale.À son arrivée à Aurigny, l’histoire devient encore plus savoureuse : il est conduit au bureau de tri postal, puis un facteur le remet officiellement à sa destinataire.Qui est cette destinataire ?Sa propre épouse.Palmer venait littéralement d’être « livré » chez lui.Après cet épisode, les règles furent modifiées afin d’empêcher qu’une personne puisse de nouveau utiliser la Poste comme moyen de transport.Harry Turner et le major Palmer restent ainsi les héros d’une curieuse époque où, avec suffisamment d’imagination, on pouvait voyager non pas avec un billet… mais comme un colis postal.
  • On se retrouve très vite !

    00:28|
    Je suis contraint de faire une pause. Toutes mes excuses. 
  • Les Romains vomissaient-ils vraiment entre les plats ?

    02:15|
    C’est une image bien ancrée dans l’imaginaire collectif : celle du Romain repu, se faisant vomir entre deux plats gargantuesques pour continuer à festoyer. Mais est-ce vraiment historique… ou juste un mythe bien digéré ?Le cliché du "vomitorium"L’une des principales sources de confusion vient du mot "vomitorium", souvent interprété à tort comme une pièce où l’on allait vomir pendant les banquets. En réalité, un vomitorium est un couloir d’accès dans les amphithéâtres romains, permettant aux spectateurs d’entrer ou de sortir rapidement, comme "vomis" par la foule.Donc non, les vomitoriums n’étaient pas des salles dédiées aux excès gastronomiques !Et alors, vomissaient-ils vraiment ?La vérité est plus nuancée. Certains Romains pratiquaient bien le vomissement volontaire, mais ce n’était pas une norme culturelle générale, ni une partie ordinaire du rituel du repas. Cette pratique extrême était très marginale et associée à des comportements de luxe décadent, souvent critiqués par les moralistes et les auteurs de l’époque.Par exemple, l’historien Suétone, dans sa Vie de César, rapporte que l’empereur Claude mangeait et buvait jusqu’à se faire vomir — mais pour pouvoir continuer à boire encore. Ce type de comportement était considéré comme scandaleux, même par les standards de Rome.Une culture de l’excès… mais pas systématiqueIl est vrai que les banquets romains, surtout chez les élites, étaient souvent extravagants. Lors des convivia (repas aristocratiques), on pouvait servir des dizaines de plats, des mets rares comme des langues de flamant rose ou des loirs farcis. Le but ? Montrer sa richesse, son raffinement… et parfois, son absence totale de modération.Mais pour autant, la majorité des Romains ne se livraient pas à de tels excès. La plupart avaient une alimentation simple, à base de pain, légumes, légumineuses et un peu de viande ou de poisson selon les moyens.Le vomi comme symbole moralLes auteurs comme Sénèque, Pline l’Ancien ou Juvénal utilisaient la figure du vomissement comme critique morale : symbole d’une société décadente, d’un Empire qui perdait ses repères. Ce n’était pas tant un fait courant qu’une image exagérée, une caricature dénonçant la dérive de l’élite.En résuméNon, les Romains ne vomissaient pas systématiquement entre les plats.Oui, quelques-uns s’y livraient, mais c’était rare, marginal et mal vu.Le vomitorium n’avait rien à voir avec le vomissement.Cette idée vient surtout de caricatures morales antiques et d’un malentendu linguistique.
  • Qui était vraiment le célèbre docteur James Barry ?

    02:27|
    Le nom du docteur James Barry est inscrit dans l’histoire de la médecine britannique. Chirurgien militaire, pionnier de l’hygiène hospitalière, défenseur acharné des droits des patients et des plus démunis, Barry a marqué son époque par son talent et son audace. Mais ce n’est qu’après sa mort, en 1865, que son plus grand secret fut révélé : James Barry était en réalité une femme. Retour sur une vie hors normes, menée dans l’ombre des conventions.Une double vie savamment orchestréeJames Barry naît vers 1789, en Irlande, sous le nom probablement de Margaret Bulkley. À cette époque, les femmes ne peuvent pas étudier la médecine, ni exercer dans l’armée. Margaret décide alors de se faire passer pour un homme, avec la complicité de quelques proches éclairés, dont l’oncle, le peintre James Barry, dont elle emprunte le nom.Grâce à une remarquable intelligence et une détermination hors du commun, elle entre à l'université d'Édimbourg en 1809, obtient son diplôme de médecine à seulement 22 ans, et s’engage dans l’armée britannique comme chirurgien. À partir de là, sa transformation en James Barry est complète — identité, posture, voix, vêtements — tout est calibré pour tromper la société rigide du XIXe siècle.Une carrière exceptionnelleAu cours d’une carrière militaire longue de plus de 40 ans, Barry gravit les échelons et devient Inspecteur général des hôpitaux de l’armée, un poste équivalent à celui de directeur général du service de santé. Il officie dans tout l’Empire britannique : Afrique du Sud, Inde, Caraïbes, Malte, où il introduit des réformes sanitaires révolutionnaires.Barry est notamment le premier médecin à pratiquer une césarienne réussie sur laquelle la mère et l’enfant ont survécu — un exploit pour l’époque. Il milite également pour une meilleure hygiène hospitalière, la distribution équitable des soins, et même la libération des esclaves malades des hôpitaux militaires.Une révélation posthumeEn 1865, James Barry meurt à Londres. Alors qu’une domestique prépare son corps pour l’enterrement, elle découvre que le docteur était biologiquement une femme. L’armée tente d’étouffer l’affaire, demande que l'on enterre Barry "sans autopsie", et refuse d’en discuter. Ce n’est que des années plus tard que des lettres et des témoignages viendront confirmer cette identité dissimulée avec brio.Une figure féministe avant l’heureAujourd’hui, James Barry est devenu un symbole. Celui d’une femme qui a défié les normes de genre pour suivre sa vocation. Un pionnier de la médecine, mais aussi une figure inspirante du combat pour l’égalité. Son histoire, longtemps oubliée, résonne aujourd’hui comme une invitation à repenser ce que l’on croit immuable.Barry n’a pas seulement soigné des corps. Elle a guéri, sans le savoir, une partie de notre regard sur l’Histoire.
  • Pourquoi la mafia américaine eut un lobby ?

    02:42|
    Dans les années 1970, la mafia américaine a en effet créé un lobby appelé l'Italian-American Civil Rights League (IACRL). Cette organisation, loin d'être un simple outil de revendications communautaires, avait en réalité un double objectif : redorer l’image des Italiens-Américains, souvent associés au crime organisé, et protéger les intérêts de la mafia elle-même. L'initiative revient principalement à Joe Colombo, l’un des chefs influents de la mafia new-yorkaise, qui dirigeait la famille Colombo. Colombo avait compris que la communauté italo-américaine faisait l’objet de stigmatisation et de préjugés. De nombreux Italiens-Américains étaient fréquemment associés au crime organisé, ce qui avait des répercussions sur leurs opportunités économiques et sociales. Colombo décida donc de créer l'IACRL pour défendre la communauté contre cette image négative. Officiellement, l’organisation avait pour but de dénoncer le racisme et les discriminations envers les Italiens-Américains. Ses actions visaient également à mettre fin à l’utilisation du terme "mafia" dans les médias et dans les discours publics, Colombo affirmant qu'il s'agissait d'un stéréotype injuste et offensant. Il organisa des manifestations, des rassemblements et une campagne de communication nationale pour sensibiliser le public aux problèmes que rencontrait la communauté italienne. Mais derrière cette façade de défense des droits civiques, l'IACRL servait aussi les intérêts de la mafia. En mettant la pression sur le FBI et les médias, Joe Colombo espérait détourner l'attention des autorités des activités criminelles de sa famille et des autres familles mafieuses. Il mobilisait ainsi les Italiens-Américains autour d'une cause qui bénéficiait directement à l’organisation criminelle. Cependant, l’histoire de l'IACRL prend un tournant tragique lors d'un rassemblement en 1971. En plein milieu d'un discours, Joe Colombo est abattu par un tireur, laissant planer des doutes sur les commanditaires. Certaines rumeurs disent que la mafia elle-même a ordonné son assassinat, car Colombo avait attiré trop d'attention sur les familles criminelles. Son décès marque le début du déclin de l'Italian-American Civil Rights League, qui finit par disparaître dans les années suivantes. L’histoire de l’IACRL est restée célèbre, car elle montre comment la mafia a tenté de se réinventer en utilisant un discours de justice sociale pour se protéger. Elle incarne à la fois l’ingéniosité et les limites de la mafia dans sa tentative de manipuler l'opinion publique et les institutions au profit de ses propres intérêts.
  • Qui étaient les 6700 personnes qui faisaient vivre Versailles ?

    02:45|
    Lorsque l’on imagine le château de Versailles sous le règne de Louis XIV, on pense immédiatement au luxe, aux dorures et aux fêtes grandioses. Mais derrière ce décor spectaculaire se cachait une véritable ville miniature entièrement organisée pour faire fonctionner la machine royale. Car Versailles ne vivait pas seulement grâce aux nobles : il reposait surtout sur une armée de travailleurs. Au total, environ 6 700 personnes étaient logées et nourries aux frais du roi.Et ce chiffre est colossal pour l’époque.Versailles devait fonctionner jour et nuit. Il fallait chauffer les appartements, cuisiner pour des milliers de personnes, entretenir les jardins, nettoyer les couloirs, s’occuper des chevaux, organiser les cérémonies… tout cela dans un palais gigantesque comptant des centaines de pièces.Parmi ces milliers de personnes, on trouvait d’abord les domestiques. Valets, femmes de chambre, porteurs d’eau, blanchisseurs, cuisiniers ou serveurs formaient l’épine dorsale du château. Les cuisines royales étaient immenses : certaines journées exigeaient la préparation de centaines de plats pour la famille royale, les nobles et les invités.À cela s’ajoutaient les gardes. Car Versailles était aussi un centre politique ultra-sensible. Des soldats surveillaient en permanence les accès du château et protégeaient le roi.Les écuries occupaient également un nombre impressionnant de personnes. Louis XIV adorait les chevaux et les cérémonies équestres. Des centaines de palefreniers, maréchaux-ferrants, cochers et soigneurs travaillaient pour entretenir les attelages royaux.Et puis il y avait les jardins, qui constituaient presque un royaume à eux seuls. Les célèbres jardins dessinés par André Le Nôtre demandaient un entretien permanent. Des jardiniers taillaient les arbres, entretenaient les fontaines et replantaient sans cesse les fleurs pour que le décor reste parfait toute l’année.Le fonctionnement de Versailles reposait aussi sur une hiérarchie extrêmement stricte. Chaque tâche était codifiée. Même assister le roi pour s’habiller ou lui tendre une chemise pouvait devenir un privilège réservé à certains nobles.Car Versailles n’était pas qu’un palais : c’était aussi un outil politique. Louis XIV voulait garder la noblesse sous contrôle en l’attirant à la cour. Les grands seigneurs passaient donc une partie énorme de leur temps à respecter l’étiquette, espérant obtenir les faveurs du roi.Cette immense organisation coûtait évidemment une fortune. Nourrir, loger et payer des milliers de personnes représentait des dépenses gigantesques pour le royaume.En réalité, Versailles ressemblait moins à une simple résidence royale qu’à une gigantesque machine humaine, où chaque serviteur, chaque jardinier et chaque garde participait au spectacle permanent du pouvoir absolu.
  • Pourquoi les Egyptiens coupaient-ils le sexe de leurs ennemis ?

    02:26|
    Dans l’Antiquité égyptienne, les victoires militaires ne se célébraient pas seulement par des chants ou des monuments. Après certaines batailles, les soldats du pharaon pratiquaient une méthode particulièrement macabre : ils mutilaient les cadavres ennemis afin de compter les morts. Et parmi les “preuves” rapportées figuraient parfois les mains… mais aussi les sexes des vaincus.Cette pratique est attestée par plusieurs sources égyptiennes, notamment des reliefs et des textes militaires du Nouvel Empire, l’époque des grands pharaons guerriers comme Ramsès III. Sur certains murs de temples, on voit des scribes assis devant des piles de mains coupées ou de phallus, occupés à les compter soigneusement.Pourquoi faire cela ? D’abord pour une raison très pratique : vérifier le nombre réel d’ennemis tués. Dans les armées antiques, il était difficile d’évaluer précisément les pertes adverses après une bataille. Les soldats pouvaient exagérer leurs exploits pour obtenir des récompenses. Rapporter une partie identifiable du corps servait donc de preuve officielle.Les mains étaient souvent utilisées, car elles étaient faciles à couper et à compter. Mais dans certains cas, notamment contre des ennemis étrangers comme les Libyens ou les “Peuples de la mer”, les Égyptiens coupaient aussi les sexes des morts. Cela permettait d’éviter une fraude possible : un soldat aurait pu couper les deux mains d’un même cadavre et prétendre avoir tué deux ennemis. Un seul sexe ne pouvait appartenir qu’à un seul homme.Mais cette mutilation avait aussi une dimension symbolique très forte. Dans de nombreuses cultures anciennes, les organes génitaux représentaient la puissance, la virilité et la capacité à transmettre une lignée. Couper le sexe d’un ennemi revenait donc à l’humilier jusque dans la mort. C’était une manière d’effacer symboliquement sa descendance et sa puissance masculine.Chez les Égyptiens, la guerre avait également une dimension religieuse. Le pharaon était vu comme le garant de l’ordre cosmique, appelé la “Maât”. Les ennemis du royaume étaient souvent représentés comme des forces du chaos. Les vaincre et mutiler leurs corps participait donc à une démonstration de domination totale : le chaos était écrasé par l’ordre incarné par le pharaon.Les scribes jouaient un rôle essentiel dans ce processus. Ils comptabilisaient minutieusement les trophées humains rapportés après les combats. Ces chiffres servaient ensuite à glorifier le souverain dans les inscriptions officielles.Aujourd’hui, cette pratique nous paraît évidemment terrifiante. Mais dans le contexte de l’Antiquité, elle était perçue comme une procédure militaire, administrative et symbolique. Elle rappelle surtout à quel point les guerres anciennes étaient brutales, et combien les civilisations les plus raffinées pouvaient aussi pratiquer une violence extrême.