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La base
L'ère Meiji
L’ère Meiji (1868-1912) marque un tournant décisif dans l’histoire du Japon. Après plus de deux siècles d’isolement sous le shogunat Tokugawa, le pays s’ouvre au monde et entame une transformation spectaculaire vers la modernité.
La fin du shogunat et la restauration impériale
En 1853, l’arrivée des navires américains du commodore Perry force le Japon à ouvrir ses ports au commerce international. Face à cette menace extérieure et à l’incapacité du shogunat à répondre efficacement, des clans réformateurs renversent le régime en 1868. L’empereur Mutsuhito, âgé de 15 ans, monte sur le trône et prend le nom de Meiji, signifiant « gouvernement éclairé ». Le pouvoir politique est officiellement restitué à l’empereur, mettant fin au système féodal des samouraïs.
Modernisation et occidentalisation
Les dirigeants de l’ère Meiji entreprennent une modernisation rapide en s’inspirant des puissances occidentales. L’administration est réformée avec un État centralisé, basé sur le modèle prussien. Une nouvelle Constitution, promulguée en 1889, établit un parlement (la Diète) et un gouvernement, bien que l’empereur conserve des pouvoirs étendus.
L’armée est réorganisée selon le modèle français et prussien, mettant fin à la classe des samouraïs. Le service militaire devient obligatoire en 1873. L’éducation est également modernisée, avec une scolarité primaire obligatoire inspirée du système français.
L’économie connaît une croissance fulgurante grâce à l’industrialisation. Le gouvernement investit massivement dans les infrastructures : chemins de fer, télégraphe et industries lourdes. Les zaibatsu, conglomérats industriels comme Mitsubishi et Mitsui, émergent et deviennent des piliers de l’économie japonaise.
Expansion militaire et ambitions impérialistes
Le Japon, désormais puissance moderne, cherche à rivaliser avec l’Occident. Il remporte la guerre sino-japonaise (1894-1895), s’emparant de Taïwan, puis triomphe face à la Russie en 1905, obtenant la Corée et la Mandchourie.
Un héritage durable
L’ère Meiji a façonné le Japon moderne. En à peine 40 ans, le pays passe d’un système féodal à une nation industrialisée et impérialiste. Ce dynamisme mènera à son expansion militaire au XXe siècle, mais aussi à son ascension en tant que puissance mondiale.
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Greta Thunberg
02:27|Greta Thunberg est une militante écologiste suédoise née le 3 janvier 2003 à Stockholm. Elle est devenue en quelques années le visage mondial de la lutte contre le changement climatique. Son engagement débute en août 2018, alors qu’elle n’a que 15 ans. Plutôt que d’aller à l’école, elle s’installe chaque vendredi devant le Parlement suédois avec une pancarte sur laquelle est inscrit : « Skolstrejk för klimatet » (« Grève scolaire pour le climat »). Elle proteste ainsi contre l’inaction des gouvernements face à l’urgence climatique.Très vite, son initiative inspire des milliers de jeunes à travers le monde. Le mouvement « Fridays for Future » est lancé : des grèves scolaires pour le climat ont lieu chaque semaine dans des dizaines de pays. Greta devient une icône d’une jeunesse mobilisée, exigeant des mesures fortes et immédiates pour limiter le réchauffement de la planète. Elle prononce des discours marquants, souvent très directs, dans de grandes institutions comme l’ONU, le Parlement européen ou le Forum économique mondial de Davos. En 2019, son intervention à l’Assemblée générale des Nations unies — « How dare you? » — fait le tour du monde. Elle y accuse les dirigeants mondiaux de trahir les générations futures.Greta Thunberg ne se contente pas de paroles : elle applique à elle-même les principes qu’elle défend. Pour limiter son empreinte carbone, elle refuse de prendre l’avion. En 2019, elle traverse l’Atlantique en voilier pour assister au sommet climatique de New York. Elle est également végane et privilégie un mode de vie simple et respectueux de l’environnement.Son engagement lui vaut de nombreux soutiens, notamment parmi les scientifiques du climat, qui soulignent qu’elle s’appuie sur des faits et sur le consensus scientifique autour du changement climatique. Elle reçoit de nombreuses distinctions, dont le titre de « personnalité de l’année » décerné par le magazine Time en 2019. Elle est aussi nommée plusieurs fois pour le prix Nobel de la paix.Mais Greta Thunberg divise aussi. Certains responsables politiques, notamment climatosceptiques, la critiquent pour son ton jugé accusateur ou son manque d’expertise scientifique. Elle assume ces critiques et continue à interpeller les puissants sans concession, dénonçant les effets d’annonce sans action concrète.En plus de son militantisme, Greta est autrice. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont Le Petit Livre du climat en 2023, qui rassemble les voix de scientifiques, activistes et penseurs pour informer et mobiliser.Greta Thunberg symbolise une génération consciente des enjeux environnementaux, inquiète pour son avenir et déterminée à obtenir des changements. Elle incarne une mobilisation mondiale qui dépasse les clivages politiques et appelle à un sursaut collectif. Son message est simple : il est encore temps d’agir, mais la fenêtre d’action se referme rapidement. Pour elle, il ne s’agit pas seulement de sauver la planète, mais aussi d’assurer la justice, l’équité et la survie des générations futures.La PAC
02:36|La Politique agricole commune (PAC) est l’une des politiques les plus anciennes et emblématiques de l’Union européenne. Mise en place en 1962, son objectif initial était simple mais ambitieux : assurer la sécurité alimentaire de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale, stabiliser les revenus des agriculteurs et garantir des prix raisonnables pour les consommateurs.À sa création, la PAC reposait sur trois grands principes :1. Un marché agricole unique pour tous les pays membres, permettant la libre circulation des produits agricoles.2. La préférence communautaire, qui favorise les produits européens face aux importations.3. La solidarité financière, c’est-à-dire un financement commun par le budget de l’Union européenne.Dans ses premières décennies, la PAC s’est appuyée sur un système de prix garantis : les agriculteurs étaient assurés de vendre leurs produits à un prix minimum fixé par l’UE. Cela a stimulé la production, au point de provoquer des excédents massifs dans les années 1980 — on parlait alors de « montagnes de beurre » ou de « lacs de lait ». Ces surplus, coûteux à stocker et écouler, ont déclenché une remise en question profonde du système.À partir des années 1990, la PAC a été réformée pour répondre à de nouveaux enjeux. Les prix garantis ont été remplacés par des aides directes versées aux agriculteurs. Ces aides sont de deux types :Le premier pilier, financé à 100 % par l’UE, concerne les aides directes au revenu et les mesures de régulation du marché.Le deuxième pilier, cofinancé par les États membres, vise le développement rural : modernisation des exploitations, protection de l’environnement, maintien d’une agriculture dans les zones défavorisées, etc.Les préoccupations environnementales ont progressivement pris de l’importance. Désormais, une partie des aides est conditionnée au respect de pratiques agricoles durables (ce qu’on appelle la « conditionnalité environnementale »). L’idée est d’encourager les agriculteurs à préserver les sols, l’eau, la biodiversité et à réduire l’usage des pesticides.Aujourd’hui, la PAC représente environ un tiers du budget de l’UE, soit plus de 50 milliards d’euros par an. Elle concerne près de 10 millions d’exploitations agricoles à travers l’Europe. Elle est régulièrement critiquée : certains la jugent trop coûteuse, d’autres estiment qu’elle ne soutient pas assez les petites exploitations ou qu’elle favorise les grandes fermes industrielles. D’autres encore soulignent son impact environnemental.La réforme de la PAC adoptée pour la période 2023-2027 introduit une plus grande flexibilité pour les États membres, à travers des « plans stratégiques nationaux ». Chaque pays peut adapter les objectifs européens aux réalités locales. La nouvelle PAC met aussi davantage l’accent sur la transition écologique, la lutte contre le changement climatique, le bien-être animal et l’installation des jeunes agriculteurs.En résumé, la PAC est une politique vitale pour l’agriculture européenne, en constante évolution. Elle tente aujourd’hui de concilier production alimentaire, soutien aux revenus agricoles, développement rural et impératifs écologiques.Le Pape
03:26|L’institution du pape, au cœur du christianisme catholique, est l’une des plus anciennes et durables du monde. Elle trouve ses racines dans la figure de saint Pierre, l’un des douze apôtres de Jésus. Selon la tradition chrétienne, Jésus aurait confié à Pierre une mission particulière en déclarant : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Évangile de Matthieu). Ce passage est interprété par l’Église catholique comme la désignation de Pierre comme premier chef de la communauté chrétienne. Pierre aurait ensuite été le premier évêque de Rome, et c’est en sa mémoire que s’ancre la légitimité spirituelle de ses successeurs, les papes.À l’origine, les premiers évêques de Rome n’avaient pas un pouvoir universel sur l’ensemble des chrétiens. Mais, au fil des siècles, l’évêque de Rome acquiert une autorité grandissante, en raison de la centralité de Rome dans l’Empire romain et du prestige de saint Pierre. Dès le IIIe siècle, certains évêques romains commencent à intervenir dans les affaires d'autres Églises. Cette influence prend un tournant décisif après la conversion de l’empereur Constantin au IVe siècle et la légalisation du christianisme dans l’Empire.Le terme « pape », issu du grec pappas (« père »), devient réservé à l’évêque de Rome. À partir du Moyen Âge, les papes sont de véritables puissances politiques. Ils règnent non seulement sur l’Église, mais aussi sur les États pontificaux, un territoire important en Italie centrale. Des papes comme Grégoire VII ou Innocent III jouent un rôle déterminant dans la politique européenne. Le pape peut excommunier des rois, couronner des empereurs et lancer des croisades. L’Église devient une force unificatrice de l’Occident chrétien.Mais cette puissance connaît aussi des crises. Le Grand Schisme d’Occident (1378-1417) voit plusieurs papes rivaux se disputer la légitimité pontificale. Au XVIe siècle, la Réforme protestante, menée par Martin Luther, conteste l’autorité du pape, provoquant la rupture avec une partie du monde chrétien.Au XIXe siècle, avec l’unification de l’Italie, les papes perdent leurs territoires temporels. En 1870, Rome est annexée, mettant fin aux États pontificaux. En réponse, le concile Vatican I proclame le dogme de l’infaillibilité pontificale : lorsque le pape s’exprime ex cathedra sur des questions de foi ou de morale, il ne peut se tromper. Cette affirmation renforce son autorité spirituelle.En 1929, les accords du Latran signés avec l’État italien créent le Vatican, un État indépendant dont le pape est le souverain. Le pape devient alors une figure mondiale, influente au-delà du seul domaine religieux. Jean-Paul II, pape de 1978 à 2005, incarne cette dimension universelle. Premier pape polonais, il joue un rôle central dans la chute du communisme en Europe de l’Est.Depuis 2013, le pape François, premier pape originaire d’Amérique latine, marque l’institution par son style simple, son attention aux pauvres, ses prises de position sur l’écologie, la justice sociale et les abus sexuels dans l’Église. Il cherche à réformer une institution millénaire, tiraillée entre tradition et modernité.L'USAID
03:17|L'USAID (United States Agency for International Development) est l'agence du gouvernement des États-Unis chargée de l'aide au développement et de l'assistance humanitaire à l'étranger. Créée en 1961 par le président John F. Kennedy, elle joue un rôle clé dans la politique étrangère américaine en promouvant la croissance économique, la démocratie et l’aide humanitaire dans le monde entier.1. Missions et ObjectifsL'USAID vise à favoriser le développement à travers plusieurs axes :Aide humanitaire et secours d’urgence : intervention en cas de catastrophes naturelles, famines ou crises sanitaires (ex. : réponse aux séismes, épidémies comme Ebola ou COVID-19). Développement économique : soutien aux infrastructures, à l’agriculture et aux petites entreprises pour stimuler la croissance. Santé mondiale : lutte contre le VIH/SIDA, la malaria, la tuberculose et renforcement des systèmes de santé. Démocratie et gouvernance : appui aux institutions démocratiques, lutte contre la corruption et promotion des droits humains. Éducation : amélioration de l’accès à l’éducation, notamment pour les filles et les minorités. Environnement et changement climatique : promotion des énergies renouvelables, préservation des forêts et accès à l’eau potable. 2. Fonctionnement et BudgetL’USAID est financée par le Congrès américain et travaille en partenariat avec des ONG, gouvernements locaux, organisations internationales (ONU, Banque mondiale), entreprises privées et universités. Son budget annuel varie en fonction des priorités géopolitiques des États-Unis, mais il s’élève généralement entre 25 et 40 milliards de dollars.Elle opère dans plus de 100 pays, notamment en Afrique, en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient.3. Controverses et CritiquesBien que l’USAID joue un rôle essentiel dans l’aide au développement, elle est parfois critiquée pour :Son lien avec la politique étrangère américaine : certains estiment qu'elle sert d’outil d’influence pour les intérêts des États-Unis. Son inefficacité dans certains projets : manque de transparence ou résultats limités dans certaines régions. Son implication dans des opérations clandestines : accusations de financement indirect d’oppositions politiques (ex. : Cuba, Venezuela). 4. Impact et RéalisationsMalgré ces critiques, l’USAID a contribué à :La réduction de la pauvreté mondiale (programmes agricoles, microcrédits). L’éradication de maladies comme la variole et la quasi-élimination de la polio. L’éducation de millions d’enfants grâce à la construction d’écoles et à la formation d’enseignants. En 2025, l'administration du président Donald Trump a entrepris des mesures drastiques concernant l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), visant à réduire significativement son budget et ses opérations. Le 20 janvier 2025, un décret présidentiel a ordonné une suspension de 90 jours de toute l'aide au développement américaine, afin de réévaluer les programmes existants. Cette décision a conduit à une réduction de 92 % des contrats pluriannuels de l'USAID, équivalant à une coupe budgétaire de 54 milliards de dollars...Yasuke
02:27|Yasuke est une figure fascinante de l’histoire du Japon : un homme d’origine africaine devenu samouraï au service du puissant seigneur Oda Nobunaga à la fin du XVIe siècle. Son histoire, bien que partiellement documentée, illustre le choc des cultures et l’ouverture du Japon à des influences extérieures à cette époque.Origines et arrivée au JaponL’origine exacte de Yasuke demeure incertaine. On pense qu’il est né en Afrique de l’Est, probablement au Mozambique ou au Soudan, et qu’il aurait été capturé ou engagé par les Portugais. Il arrive au Japon en 1579 en tant que serviteur du missionnaire jésuite Alessandro Valignano, chargé d’inspecter les missions chrétiennes en Asie.Lorsque Yasuke met pied au Japon, sa stature et son apparence intriguent les Japonais. Selon les récits de l’époque, il mesurait environ 1m90, une taille exceptionnelle au Japon, et sa peau noire suscite la curiosité. Certains croient même qu’il est recouvert d’encre, jusqu’à ce qu’on confirme que sa couleur de peau est naturelle.Au service d’Oda NobunagaLa renommée de Yasuke parvient jusqu’à Oda Nobunaga, l’un des trois unificateurs du Japon. Impressionné par sa force et son intelligence, Nobunaga l’accueille à sa cour et fait de lui un de ses proches serviteurs. Il apprend le japonais, adopte les coutumes locales et devient l’un des rares étrangers à obtenir le statut de samouraï.Nobunaga, réputé pour son ouverture aux influences étrangères, le traite avec respect et lui accorde même une résidence et des armes. Yasuke participe à plusieurs campagnes militaires aux côtés de son maître.La chute de Nobunaga et le destin inconnu de YasukeEn 1582, Oda Nobunaga est trahi par son général Akechi Mitsuhide et contraint au seppuku (suicide rituel). Yasuke combat aux côtés de Nobunaga, mais après la défaite, il est capturé par les troupes de Mitsuhide. Plutôt que d’être exécuté, il est renvoyé aux missionnaires jésuites.Après cet épisode, sa trace disparaît des archives japonaises. On ignore s’il est retourné en Afrique, resté au Japon ou mort en exil.Un héritage mythiqueBien que son histoire soit peu connue à son époque, Yasuke est aujourd’hui une figure mythique, symbole de la diversité et de l’exception culturelle au Japon féodal. Son parcours a inspiré livres, mangas et films, faisant de lui le premier et unique samouraï noir de l’histoire.L'armée française
02:06|L'Armée française, officiellement appelée Forces armées françaises, est l’une des plus puissantes au monde. Elle est placée sous l'autorité du président de la République, chef des armées, et du ministre des Armées. Son rôle est d’assurer la défense du territoire national, de protéger les intérêts de la France à l’étranger et de participer aux opérations internationales.Organisation des forces arméesLes forces armées françaises sont composées de trois grandes branches :1. L’Armée de Terre : elle regroupe les forces terrestres, avec environ 120 000 militaires. Ses principales unités sont l’infanterie, la cavalerie blindée, l’artillerie et les troupes aéroportées. 2. La Marine nationale : avec 39 000 marins, elle protège les mers et les océans. Elle possède un porte-avions nucléaire (Charles de Gaulle), des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) et des frégates modernes. 3. L’Armée de l’Air et de l’Espace : forte de 40 500 aviateurs, elle dispose de chasseurs comme le Rafale, d’avions de transport et d’une composante spatiale pour la surveillance et la défense. S’y ajoutent :La Gendarmerie nationale, qui est une force militaire à statut particulier chargée de missions de sécurité intérieure et de maintien de l'ordre. Le Service de santé des armées et la Direction générale de l’armement (DGA), qui gère les équipements militaires. Missions et engagementsL’Armée française remplit plusieurs missions :Défense du territoire via la dissuasion nucléaire et la protection de l’espace aérien et maritime. Interventions extérieures (OPEX) dans des zones de conflits (Sahel, Moyen-Orient, Europe de l’Est). Sécurité intérieure, avec l’opération Sentinelle lancée après les attentats de 2015. Aide humanitaire et évacuations de ressortissants en cas de crise. Budget et équipementsLa France consacre environ 47 milliards d’euros à la défense (soit environ 2 % du PIB). L’Armée française est dotée d’équipements modernes dans les domaines terrestre, naval, aérien et spatial.Armée de Terre200 chars Leclerc (dont 122 en service actif, les autres en réserve ou modernisation) 650 véhicules blindés de combat d’infanterie (VBCI) 3 000 véhicules blindés légers (Griffon, Jaguar, Serval, VAB encore en service) 121 canons d’artillerie CAESAR 155 mm 500 hélicoptères militaires (Tigre, Gazelle, NH90 Caïman) Marine nationale1 porte-avions nucléaire : Charles de Gaulle 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la classe Le Triomphant (chacun pouvant embarquer jusqu’à 16 missiles balistiques M51) 6 sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) 15 frégates majeures (dont 8 FREMM, 2 FDA et 5 FDI en construction) 6 patrouilleurs hauturiers et plusieurs patrouilleurs côtiers 3 bâtiments de projection et de commandement (BPC) Mistral 17 chasseurs de mines Divers navires de soutien et logistique Armée de l’Air et de l’Espace190 chasseurs multirôles Rafale 70 avions Mirage 2000 encore en service (différentes versions) 15 avions ravitailleurs A330 MRTT Phénix 50 avions de transport (C-130 Hercules, A400M Atlas, CN-235, Transall restant) Drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) Reaper et Patroller 4 satellites militaires de communication et d’observation (CSO, Syracuse, CERES) Missiles air-sol SCALP et missiles nucléaires ASMP-A ...Le nuage de Tchernobyl
02:45|Le nuage de Tchernobyl désigne le panache radioactif qui s’est formé après l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, le 26 avril 1986. Cet accident est considéré comme le plus grave de l’histoire du nucléaire civil.L’explosion et la formation du nuageDans la nuit du 25 au 26 avril 1986, un test mal maîtrisé conduit à une surchauffe incontrôlée du réacteur n°4. La puissance augmente brutalement, provoquant une explosion qui souffle le couvercle de 1 200 tonnes du réacteur. Un incendie gigantesque s’ensuit, projetant des quantités massives de matières radioactives dans l’atmosphère.Les principaux éléments rejetés sont le césium 137, l’iode 131 et le strontium 90, qui présentent une radioactivité dangereuse pour la santé et l’environnement.La dispersion du nuage en EuropePoussé par les vents, le nuage radioactif commence à se disperser dès les premières heures. Il se déplace d’abord vers le nord-ouest, atteignant la Biélorussie, puis la Scandinavie. À partir du 29 avril, il gagne l’Europe de l’Ouest : Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni. Le 2 mai, il atteint la Grèce et la Turquie.En France, le nuage arrive le 30 avril et traverse le pays en quelques jours. Des pluies radioactives contaminent certaines régions, notamment l’est du pays (Alsace, Corse, Alpes), mais les autorités minimisent l’impact.Les controverses en FranceLe gouvernement français de l’époque, via le SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants), dirigé par Pierre Pellerin, affirme que le nuage s’est arrêté à la frontière et qu’il n’y a aucun danger. Cette communication rassurante contraste avec les mesures prises ailleurs en Europe, où des restrictions alimentaires sont imposées (notamment sur le lait et les légumes).Cependant, plusieurs études ultérieures montrent une hausse des cancers de la thyroïde dans certaines régions françaises, laissant penser que la radioactivité a eu un impact sous-estimé.Conséquences et mémoireLe nuage de Tchernobyl a durablement contaminé certaines zones, notamment en Ukraine et en Biélorussie. En France, la controverse sur la gestion politique de l’information reste un sujet sensible. En 2006, Pierre Pellerin est poursuivi pour "tromperie aggravée", mais il est relaxé en 2011.Aujourd’hui, l’accident de Tchernobyl et son nuage radioactif restent une leçon majeure sur les dangers du nucléaire et sur la transparence de l’information en cas de catastrophe.Le massacre d'Oradour-sur-Glane
02:32|Le massacre d'Oradour-sur-Glane est l'un des crimes de guerre les plus marquants commis en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s'est déroulé le 10 juin 1944, soit quatre jours après le Débarquement allié en Normandie, lorsqu'une unité de la division SS Das Reich a massacré 643 habitants de ce paisible village de Haute-Vienne.Le contexte du massacreLa division SS Das Reich, stationnée dans le Sud-Ouest de la France, avait reçu l'ordre de rejoindre la Normandie pour contrer l'avancée alliée. En chemin, elle menait une politique de terreur pour dissuader toute résistance. Le matin du 10 juin 1944, un détachement de la division encercla Oradour-sur-Glane, prétendant vouloir y mener un contrôle d’identité.Le déroulement des faitsLes soldats rassemblèrent la population sur la place du village. Les hommes furent séparés des femmes et des enfants. Ceux-ci furent conduits dans l’église tandis que les hommes étaient répartis dans plusieurs granges.Les SS massacrèrent d'abord les hommes en ouvrant le feu à hauteur des jambes afin de les immobiliser avant de les achever et d'incendier les bâtiments. Pendant ce temps, les femmes et les enfants enfermés dans l’église furent asphyxiés par des fumées toxiques issues d’un engin explosif, puis abattus ou brûlés vifs lorsque l’église fut incendiée.Au total, 643 personnes périrent : 190 hommes, 247 femmes et 206 enfants. Seuls cinq hommes et une femme survécurent par miracle en s'échappant discrètement.Les conséquences et la mémoireAprès le massacre, les Allemands pillèrent et incendièrent entièrement le village. Ce crime de guerre ne répondait à aucune logique militaire directe mais s'inscrivait dans une stratégie de terreur visant à réprimer la Résistance.Après la guerre, Charles de Gaulle décida de conserver Oradour en l’état, en faisant un village martyr, lieu de mémoire préservé. Un nouveau village fut reconstruit à proximité.En 1953, un procès eut lieu à Bordeaux, mais les sanctions furent limitées et controversées, car plusieurs accusés étaient des Alsaciens enrôlés de force dans la Waffen-SS.Aujourd’hui, Oradour-sur-Glane demeure un symbole des atrocités nazies en France. Son site est un lieu de mémoire majeur, où le silence des ruines rappelle l’horreur de cette tragédie.