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Afrotopiques

" Penser les grandes questions contemporaines depuis les Suds en général, et les mondes africains en particulier " Afrotopiques est un podcast indépendant, réalisé et produit par Marie-Yemta Moussanang.Cultures, écologie
2/17/2022

SEVERINE KODJO-GRANDVAUX // Devenir Tout-Vivants : condition cosmique et humanisme animiste

Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta MoussanangSi vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.Abonnez-vous à la newsletter du podcast.Dans cet épisode je reçois la philosophe Séverine Kodjo-Grandvaux, pour une discussion autour de son livre «Devenir vivants». Séverine Kodjo-Grandvaux propose une lecture de l’origine de la crise de la Modernité occidentale, qu’elle localise, comme d’autres, dans la blessure narcissique de la découverte de l’héliocentrisme (en gros, l’idée que l’homme n’est pas le centre de l’univers). Cette blessure aurait favorisé un repli sur terre, qui a motivé la conquête du monde, d’un monde à posséder, à maîtriser, un monde à coloniser. Bref, le monde tel qu’on le connait. Par conséquent, même notre conception de l’écologie qui relie l’humain et la nature, ne nous permet pas de sortir véritablement de la crise, car cette écologie telle que nous la pensons, reste géolocalisée, c’est une écologie terrestre, qui ne nous relie pas à l’univers et à son infinité. Or, pour Séverine Kodjo-Grandvaux, tout l’enjeu est précisément de partir du lieu de la blessure, du lieu de la séparation, pour entamer la réparation du lien profond qui unit tous les êtres. Pour cela, la philosophe nous rappelle à notre condition cosmique, nous sommes les enfants des étoiles. Elle rappelle que nous avons en commun, dans notre composition chimique, un grand nombre d’éléments avec tout le vivant, avec le Tout-Vivant. Penser à partir de la notion de Tout-Vivant, nous permet de construire un humanisme qui n’est pas anthropocentré, mais un humanisme qui relie tout ce qui est animé : monde animal, monde végétal et monde minéral. En somme, un humanisme animiste. Situer la question de l’écologie sur plan cosmique, nous permet de voir que la crise que nous vivons n’est pas seulement une crise écologique, environnementale, mais que c’est une crise plus profonde, une crise de la résonance. A l’écologie traditionnelle, Séverine Kodjo-Grandvaux propose de substituer l’écho-logie (E-C-H-O), c’est à dire de chercher une nouvelle manière d’entrer en résonance au monde. Parce que c’est en réparant notre lien au cosmos, que l’on pourrait relever le défi de faire monde en commun. Dans cet échange, on cite les travaux de Malcom Ferdinand, Emanuele Coccia, Hartmut Rosa, Valérie Cabanes, Edouard Glissant, ou encore de l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan. Cet épisode a été enregistré en Février 2021, au moment de la publication du livre, mais j’étais trop débordée pour faire le montage plus tôt. Bonne écoute !
11/11/2021

SAGESSE DES LIANES 1/3 Dénètem Touam Bona

Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta MoussanangSi vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.Abonnez-vous à la newsletter du podcast.Dans cet épisode je reçois le poète et philosophe Dénétem Touam Bona, il nous parle de «Sagesse des lianes». Sagesse des lianes, c’est à la fois le titre de l’exposition collective que Dénètem Touam Bona présente au Centre International d’Art et du Paysage de Vassivière (CIAPV), jusqu’au 9 Janvier 2022, qui réunit des oeuvres d’artistes issus des mondes afro-diasporiques, sur le Plateau de Mille Vaches, à la frontière entre la Creuse et le Limousin. «Sagesse des lianes» c’est aussi le titre de l’essai qu’il a publié en Septembre, aux éditions Post-édition, en Octobre 2021. Cet épisode est une sorte de «carte blanchesonore » accordée à Dénètem, qui fuit, se dérobe, contorsionne, se déplace, et qui à l’image de la liane, choisit les chemins de ses réponses… imprévisibles. Donc voilà, je vous invite ici, à suivre les traces de Dénètem, et à explorer ce qui est l’enchevêtrement inextricable des lianes de son paysage. Dénètem nous parle de la genèse du projet, qui est né, à la fois dans la Creuse il y a 2 ans, et en Guyane, il y a plusieurs années. L’entretien est un dialogue permanent entre le livre et l’exposition, qui est elle-même une variation autour d’un motif, celui de la fugue végétale qu’est la liane, et du marronnage qui est le processus d’arrachement à la domestication, lui-aussi, inscrit dans le vivant et qui s’actualise dans des mouvements contemporains. Dénétem nous partage les expériences des mondes qui lui tiennent à coeur, à travers la notion de lyannaj, il nous parle de la mémoire de l’exploitation et de la résistance, et de la manière dont elles sont sont indissociables. Car le lyannaj, c’est à la fois le terme qui désigne le processus par lequel on attachait ensemble des faisceaux de cannes à sucre dans les plantations esclavagistes, Mais c’est aussi, par ce même terme et geste que les jeunesses autochtones de Guyane ont construit leur mouvement de solidarité en 2017 dans la Caraïbe, entre peuples des Outre-Mer et du Brésil, qui subissent les mêmes oppressions. La liane, c’est le mouvement d’exploitation qui devient processus d’alliance, geste de réparation, dans le sens où il vient ré-unir ce qui était désolidarisé. Donc le livre et l’exposition Sagesse des lianes, sont des tribunes, elles déploient et nous montrent la puissance des mondes afro-diasporiques et afro-caribéens, il faut les lire comme des cartes de paysage archipeliques qui situent des savoirs écologiques, des techniques de résistance, et des rituels de guérison…développés dans ces territoires. Cet épisode a été enregistré sur l’île de Vassivière, en partenariat avec le centre international d’art et du paysage de Vassivière, ainsi que Radio Vassivière, pour le programme «Sonder l’île». Bonne découverte de l’archipel, et bonne écoute !
9/26/2021

HINDOU OUMAROU IBRAHIM // Climat et biodiversité, perspectives autochtones au Sahel

Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta MoussanangSi vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.Abonnez-vous à la newsletter du podcast.Salam Aleikoum.Je suis très heureuse de vous partager cet épisode, qui me tenait à coeur depuis longtemps. Hindou Oumarou Ibrahim est géographe de formation, elle appartient à la communauté peule Mbororo du Tchad, qui sont des éleveurs nomades au Sahel. Ensemble, nous parlons du défi climatique que rencontre notre région du monde, Hindou nous présente sa vision du lien entre le dérèglement climatique et les déstructurations que l'on peut observer dans les modes de vie des populations qui dépendent des écosystèmes. Elle nous parle aussi de la richesse des savoirs autochtones, et de toutes les solutions fondées sur la connaissance de la nature et les pratiques locales, qui font des communautés et des peuples autochtones, les premiers acteurs de la restauration des écosystèmes naturels. Ces solutions sont infiniment moins chères que les réponses militaires et humanitaires, que la communautés internationale continue à apporter à des problèmes politiques, économiques et sociaux qui ont des causes fondamentalement écologiques. C’est une voix importante, et on prolongera peut-être l’entretien dans un épisode bonus. Bonne écoute !Cet épisode a été enregistré en public, sur le plateau du think tank du festival We Love Green, le 11 Septembre 2021 à Paris, et il a bénéficié du soutien de la Saison Africa 2020.
6/24/2021

UNIVERSITE POPULAIRE DES FUTURS AFRICAINS 4/4 : "Les espaces de présent utopique"

Un podcast produit et réalisé par Marie-Yemta MoussanangSi vous aimez Afrotopiques, soutenez le podcast avec un don sur HelloAsso.Abonnez-vous à la newsletter du podcast.« Université Populaire des Futurs Africains » Episode 4/4 - "Les espaces de présent utopique" Hors-série polyphonique en 4 épisodes, avec les voix et les idées de Nadia Yala Kisukidi, Felwine Sarr, Oulimata Gueye et Alioune Sall. Ecrit et réalisé par Marie-Yemta Moussanang pour l'exposition UFA, commissionnée par Oulimata Gueye. Dans les épisodes précédents, la question du couple « Afrique x Futur » a été travaillée depuis sa genèse, jusqu’à déployer toutes les interrogations contenues dans son noyau : la dimension politique, la question du temps, l’enjeu de la durabilité...Marie- Yemta Moussanang a suivi le fil de ces métamorphoses successives, pour conduire la narration dans un lieu, un « topos » pluridimentionnel, pluridisciplinaire et polyphonique. Comment fait-on collectivement pour performer le réel que l’on souhaite voir advenir ? Comment agit-on à partir des lieux que nous habitons, qu’il s’agisse d’un champ intellectuel, artistique ou d’un champs de mil ? Où se fabrique l’élan et le désir d’habiter pleinement nos vies ? Parce qu’aujourd’hui, l’enjeu c’est de poser de nouveaux repères, de nouvelles lignes directionnelles. Alioune Sall évoque les trajectoires possibles, et l’éthique du futur qui consiste à fabriquer une nouvelle manière de mettre le monde en économie. Il est aussi question de transformer radicalement nos imaginaires du développement. Felwine Sarr présente l’économie populaire, l’économie relationnelle encore dominante dans les sociétés africaines contemporaines, comme véritable voie de sortie - par le haut - de l’impasse libérale. Il propose de re-sémantiser, nommer autrement le réel que nous ne parvenons pas à regarder tel qu’il est : à savoir un territoire de résistance et d’indépendance et d’autonomie. Mais la vie ne se réduit pas à l’économie, et les espaces dans lesquels on appréhende la vie dans ses dimensions les plus riches sont ailleurs. Dans la note d’intention de la biennale de Kinshasa Yango II, Yala Kisukidi rappelle que « le présent est bâtisseur, il lie l’esprit à la terre ». C’est à partir du sol sur lequel nous nous tenons ensemble que l’on peut déployer des formes de vie plus riches et denses. Oulimata Gueye ouvre la voie de la pensée critique et de la création artistique. Ces brèches, qui une fois ouvertes, nous donnent la possibilité de respirer et d’habiter pleinement le présent. Bonne écoute ! Musique : extrait du titre « LAMP » de Guiss Guiss Bou Bess, album Set Sela (2019). Auteur : Mara Seck, compositeur Stéphane Costantini. Design Graphique : Clara Brandt Mixage : Victor Donati