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Storiavoce

Anatomie du nazisme (1933-1939), avec Johann Chapoutot [2/3].

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Comment la République de Weimar, qui était un régime stable ou à peu près stable, bascule-t-il dans la crise politique aussi vite à la fin des années 1920 et au début des années 1930 ? À partir de cette question, Johann Chapoutot décrit non pas la "prise de pouvoir" du parti nazi, mais son "arrivée au pouvoir", dans le contexte si particulier de la crise de 1929 et d'une volonté de retour à l'ordre. Se pose alors une autre question : certes, les nazis qui sont au pouvoir en 1933 ont une vision du monde, mais possèdent-ils un programme ? Dans les faits, ils entament selon leur propre propos une "mise au pas" de toutes les couches de la sociétés allemande. Le régime en est-il pour autant totalitaire ? Pour les auteurs du Monde nazi, la lecture du régime par d'Hannah Arendt doit être remise en cause au profit d'une nouvelle idée : celle d'une "dictature de la participation".


Notre invité : spécialiste du nazisme, Johann Chapoutot est professeur d'histoire contemporaine à Sorbonne université. Il vient de publier avec Christian Ingrao et Nicolas Patin Le Monde nazi.1919-1945 (Tallandier, 630 p., 27,50 €).


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  • La croisade : écrire une histoire plurielle, avec Abbes Zouache

    56:13|
    Faites un don et recevez un cadeau : http://don.storiavoce.com/La croisade apparaît moins comme un objet univoque que comme un phénomène aux dimensions multiples. Guerre, expérience religieuse, construction narrative, mémoire et usage politique du passé s’y entremêlent étroitement. C’est aussi ce qui explique qu’elle ait donné lieu, dès son origine, à des lectures divergentes de part et d’autre de la Méditerranée.Abbès Zouache propose ainsi de reprendre la croisade à partir de ses sources, de ses récits et des cadres d’interprétation qui les ont longtemps ordonnés. Son analyse éclaire la position de l’historien face à des corpus largement produits par des pouvoirs religieux ou politiques, tout en revenant sur la violence, les justifications de la guerre, la place des femmes et les usages mémoriels de cet épisode médiéval. Elle met ainsi au jour les déplacements de sens, les conflits d’interprétation et les appropriations successives qui ont fait de la croisade un objet de mémoire autant que d’histoire.L’invité : Abbès Zouache est historien, directeur de recherche au CNRS et directeur des études de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire. Il publie La Croisade. Une histoire partagée à l’Institut français d’archéologie orientale (440 p., 43 €), ouvrage couronné par le Grand Prix du Livre des Journées de l’Histoire 2026 de l’Institut du monde arabe.***Facebook : https://www.facebook.com/HistoireEtCivilisationsMagInstagram : https://www.instagram.com/histoireetcivilisations/Twitter : https://twitter.com/Storiavoce
  • La royauté éthiopienne des origines à l'époque moderne [2/2], avec Marie-Laure Derat

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    Faites un don et recevez un cadeau : http://don.storiavoce.com/Le royaume d’Éthiopie, ou Abyssinie, offre un exemple singulier de royauté chrétienne en Afrique, prise entre des influences intérieures multiples et une dépendance religieuse extérieure à Alexandrie. La figure du négus s’y incarne dans un corps royal sacralisé, itinérant, et entouré de symboles puissants, comme le lion.Que recouvre exactement ce royaume : quelles frontières, quels peuples, quelle diversité religieuse ? Comment un roi chrétien gouverne‑t‑il une société multiculturelle et multilingue avec une langue d’administration propre ? Quelles conséquences politiques entraîne la dépendance de l’Église d’Éthiopie envers le patriarche d’Alexandrie, lui‑même soumis au sultan ?L'invitée : Marie-Laure Derat est directrice de recherche au CNRS, historienne et archéologue au sein du laboratoire Orient et Méditerranée. Elle est co-autrice du livre collectif Royautés publié chez CNRS Editions (464 p., 35 €).***Facebook : https://www.facebook.com/HistoireEtCivilisationsMagInstagram : https://www.instagram.com/histoireetcivilisations/Twitter : https://twitter.com/Storiavoce
  • 1908 : quand l’Empire ottoman rêvait de liberté, avec François Georgeon

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    Faites un don et recevez un cadeau : http://don.storiavoce.com/Au début du XXe siècle, l’Empire ottoman est travaillé par des tensions profondes. Aux difficultés territoriales et aux ingérences des puissances européennes s’ajoutent les défaillances d’un pouvoir autocratique qui, sous Abdülhamid II, étouffe durablement la vie politique et sociale. C’est dans ce climat de crispation, mais aussi d’attente, que se forme le mouvement jeune-turc, autour d’un mot d’ordre central : le rétablissement de la Constitution de 1876.François Georgeon propose de revenir sur la matrice idéologique de la révolution jeune-turque, sur ses acteurs et sur le régime politique qui émerge de l’été 1908. Son analyse éclaire l’ivresse de liberté qui saisit alors l’empire, l’enthousiasme partagé par ses différentes communautés, mais aussi la brièveté de cet état de grâce. Elle met en lumière les ambiguïtés d’une séquence révolutionnaire, qui ouvre un horizon d’émancipation avant de se durcir rapidement.L’invité : François Georgeon est directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste de l’Empire ottoman et de la Turquie contemporaine. Il publie Un printemps ottoman. La révolution jeune-turque de 1908 aux Belles Lettres (306 p., 26,90 €).***Facebook : https://www.facebook.com/HistoireEtCivilisationsMagInstagram : https://www.instagram.com/histoireetcivilisations/Twitter : https://twitter.com/Storiavoce
  • La royauté musulmane occidentale [1/2], avec Pascal Buresi

    30:55|
    Faites un don et recevez un cadeau : http://don.storiavoce.com/L’Occident musulman médiéval désigne un espace vaste et fragmenté, où le pouvoir du calife doit sans cesse s’inventer pour gouverner des territoires et des populations très divers. La royauté y combine autorité religieuse, contrôle politique et mise en scène matérielle du pouvoir. Comment le calife fait-il sentir son autorité dans un espace aussi peu unifié ? Quels relais de pouvoir utilise-t-il (élites locales, armée, administration, monnaie, architecture) ? En quoi la monnaie et les bâtiments symbolisent-ils concrètement l’autorité califale ? Le pouvoir du prince musulman est-il sacré comme celui des rois chrétiens d’Occident, et comment se représente-t-il dans un contexte qui limite les images figurées ?L'invité : Spécialiste des mondes musulmans, Pascal Buresi est directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS. Il est co-auteur du livre collectif Royautés, paru chez CNRS Éditions (464 p., 35 €).***Facebook : https://www.facebook.com/HistoireEtCivilisationsMagInstagram : https://www.instagram.com/histoireetcivilisations/Twitter : https://twitter.com/Storiavoce
  • Soigner dans l’Antiquité : savoirs et pratiques médicales de la Grèce à la Chine, avec Véronique Boudon-Millot

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    Faites un don et recevez un cadeau : http://don.storiavoce.com/Comment les sociétés antiques ont-elles répondu à un problème inhérent à notre humanité : la mort et la maladie ? À différents endroits du monde, plusieurs civilisations ont cherché à apporter des solutions ou, du moins, des apaisements face à ces maux. Ces réponses ont pris la forme de remèdes, de théories médicales et anatomiques diverses.Si l’on trouve certains invariants, comme le recours à une pharmacopée largement végétale, minérale et animale, force est de constater qu’il existe une grande variété de propositions thérapeutiques élaborées à Babylone, Rome ou Athènes, dans les civilisations égyptienne, arabe ou hébraïque, ou encore en Inde et en Chine.Est-il possible de mener une étude comparative dans des contextes culturels disparates ? Les similitudes entre les différentes traditions médicales sont-elles le fruit de coïncidences ou d'échanges culturels ? Quelle est la nature des liens entre religion, magie et médecine dans l’Antiquité ? Qui étaient les praticiens de ces médecines ? Quels regards portaient-ils sur leur pratique ?Au micro de Storiavoce, Véronique Boudon-Millot propose un panorama de ces premiers savoirs médicaux, dont l’histoire s’articule avec celle des conquêtes, des empires et des routes commerciales. L’invitée : Véronique Boudon-Millot est historienne, helléniste, directrice de recherche au CNRS. Spécialiste de la médecine antique, et notamment du corpus de Galien, elle avait publié en 2023 Vieux, un Grec ne peut pas l’être (Les Belles Lettres, 376 p., 19 €), qu’elle avait présenté au micro de Storiavoce. Cette année, toujours aux Belles Lettres, elle a dirigé l’ouvrage collectif L’Invention de la médecine de la Grèce à la Chine. Regards croisés entre l’Orient et l’Occident (358 p., 29 €).***Facebook : https://www.facebook.com/HistoireEtCivilisationsMagInstagram : https://www.instagram.com/histoireetcivilisations/Twitter : https://twitter.com/Storiavoce
  • 1815, la fin de la l'âge des Révolutions ?, avec Clément Thibaud

    41:40|
    Faites un don et recevez un cadeau : http://don.storiavoce.com/Du point de vue français, l’année 1815 s’analyse simplement : après un dernier soubresaut, l’Empire napoléonien s’effondre à Waterloo et laisse place au retour de la monarchie. Avec le congrès de Vienne, la même année, l’Europe souhaite mettre un terme à l'ordre impérial, mais aussi aux velléités révolutionnaires, pour redessiner les cartes d’une Europe résolument monarchique et conservatrice.Ce tableau classique, qui fait de 1815 la date de la fin de l’âge des révolutions, ne résiste pourtant pas lorsque l’historien adopte une perspective d’histoire connectée moins européanocentrée. Révolutions en cascade dans le continent sud-américain, phénomènes de reconfigurations politiques en Afrique de l'Ouest et rébellion du Lotus blanc en Chine sont autant de phénomènes qui remettent en cause les catégories d'analyse classiques.Au micro de Storiavoce, l’historien Clément Thibaud propose une analyse plus complexe de cette période charnière et interroge les récits historiques habituels, qui font de 1815 la date sonnant la fin des empires au profit de l'État-nation" et le début d'une domination européenne sur le monde.L’invité : Clément Thibaud est historien et directeur d’études à l’EHESS. Il est spécialiste de l’histoire de l’Amérique latine au XIXe siècle et des révolutions et contre-révolutions du monde atlantique. Il a contribué à la collection “Une année dans l’histoire” aux éditions PUF avec son dernier livre : 1815. Fin de l’âge des révolutions ? (232 p., 17 €).***Facebook : https://www.facebook.com/HistoireEtCivilisationsMagInstagram : https://www.instagram.com/histoireetcivilisations/Twitter : https://twitter.com/Storiavoce
  • Être banni de la cité grecque [3/3], avec Christel Müller

    17:21|
    Faites un don et recevez un cadeau : http://don.storiavoce.com/Dans les cités grecques, la citoyenneté ne se réduit pas à un statut acquis une fois pour toutes : elle suppose le maintien d’une timè, c’est-à-dire d’un honneur civique qui fonde la pleine participation à la vie politique. À l’inverse, sa perte — l’atimia — marque une forme de déchéance, à la fois morale et juridique, qui peut priver le citoyen de tout ou partie de ses droits. À travers les normes de conduite attendues, les sanctions encourues et les mécanismes d’exclusion ou de réintégration, se dessine une citoyenneté exigeante, étroitement surveillée par la cité elle-même.L'invitée : Christel Müller est professeure d’histoire grecque à l’université Paris Nanterre et membre senior de l’Institut universitaire de France. Spécialiste de la citoyenneté et des sociétés grecques, elle a récemment publié La fabrique du citoyen. Les Grecs et la politeia d’Aristote à Auguste.***Facebook : https://www.facebook.com/HistoireEtCivilisationsMagInstagram : https://www.instagram.com/histoireetcivilisations/Twitter : https://twitter.com/Storiavoce
  • L’islam a-t-il connu ses Lumières ?, avec Olivier Hanne

    53:56|
    Faites un don et recevez un cadeau : http://don.storiavoce.com/Du Coran et de ses premières interprétations aux débats sur les hadiths, de l’épanouissement intellectuel de l’époque abbasside aux réponses apportées à la modernité européenne, la vie intellectuelle du monde musulman se déploie sur plus de 13 siècles dans un espace traversé par la circulation des textes, des savants et des héritages. Nourrie d’apports grecs, persans, juifs et chrétiens, elle se construit dans un dialogue constant entre foi, raison et pouvoir. Elle est aussi travaillée par des tensions durables entre traditions savantes, approches rigoristes et consolidation d’un ordre juridique.Olivier Hanne propose ainsi de revenir sur les penseurs, les controverses et les contextes politiques qui ont rendu possible l’émergence d’un humanisme musulman. Son analyse éclaire le rôle des souverains dans la vie intellectuelle, les frictions entre philosophie, théologie et droit, la place du soufisme ainsi que les réponses contrastées apportées à la modernité européenne. Elle met ainsi en lumière les mouvements d’ouverture et de repli qui traversent l’histoire de l’islam.L’invité : Olivier Hanne est historien, chercheur associé à l’université de Poitiers. Spécialiste de l’histoire de l’islam, il publie L’Islam des Lumières. Histoire de l’humanisme musulman (VIIe-XXIe siècle) aux éditions Tallandier (368 p., 23,90 €).***Facebook : https://www.facebook.com/HistoireEtCivilisationsMagInstagram : https://www.instagram.com/histoireetcivilisations/Twitter : https://twitter.com/Storiavoce
  • Qu'est-ce qu'un citoyen dans la Grèce antique [2/3] ? avec Christel Müller

    21:00|
    Faites un don et recevez un cadeau : http://don.storiavoce.com/Penser la citoyenneté grecque, c’est d’abord revenir à la politeia d’Aristote, c’est-à-dire à une définition exigeante du citoyen comme acteur de la vie politique. Mais derrière ce cadre théorique se cache une réalité plus mouvante : qui est véritablement citoyen dans les cités grecques, et selon quels critères le devient-on ? Entre citoyens dits « authentiques », héritiers d’une appartenance reconnue, et citoyens « fabriqués » par décision politique, la citoyenneté apparaît comme un statut à la fois juridique, social et profondément stratégique. À travers ses mécanismes d’attribution, ses formes de reconnaissance et ses usages, c’est toute la question de l’identité civique et du rapport entre individu et cité qui se trouve posée.L'invitée : Christel Müller est professeure d’histoire grecque à l’université Paris Nanterre et membre senior de l’Institut universitaire de France. Spécialiste de la citoyenneté et des sociétés grecques, elle a récemment publié La Fabrique du citoyen. Les Grecs et la politeia d’Aristote à Auguste.***Facebook : https://www.facebook.com/HistoireEtCivilisationsMagInstagram : https://www.instagram.com/histoireetcivilisations/Twitter : https://twitter.com/Storiavoce