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Place des Fêtes

Le rendez-vous musique et culture d'Antoine Dabrowski sur Tsugi Radio


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  • 117. "Ce soir j’ai de la fièvre et toi tu meurs de froid" · Julien Lewkowicz, Guillaume Costanza & Jean-Luc Romero-Michel

    01:00:37||Saison 6, Ep. 117
    Aujourd’hui sur Tsugi Radio, on va parler de musique - ça vous en avez l’habitude - mais aussi de théâtre et de radio. "Ce soir j’ai de la fièvre et toi tu meurs de froid", c’est le titre d’une pièce de et avec Julien Lewkowicz sur la scène du Théâtre Paris-Villette du 19 mars au 4 avril. Qu’on se rassure, il ne s’agit pas d’une comédie musicale avec les chansons de Claude François. Il s’agit d’une pièce inspirée par une émission mythique de la radio Fréquence Gaie, "Lune de Fiel". On est vers la fin des années 80, c’est la dernière de "Lune de fiel", une émission de libre-antenne au ton incroyablement libre et parfois grivois. Fréquence Gaie, radio pirate, devenue radio libre après l’élection de Mitterrand, est la première radio au monde à destination de la communauté homosexuelle à émettre 24h sur 24. Portée par l’arrivée de la gauche au pouvoir, la radio est très écoutée en Île-de-France, y compris par les hétérosexuel·les qui louaient sa liberté de ton et sa curiosité musicale, culturelle et même philosophique. Il faut dire que le paysage audiovisuel de l’époque ne comptait que 3 chaînes de télé et des radios qui, privées ou publiques, semblaient peu enclines à tourner la page des années 70, voire des années 60. Fréquence Gaie doit son incroyable popularité notamment aux Petites Annonces, des années avant l’arrivée de Grindr et l’invention du Minitel. On ne plaisantait pas avec les petites annonces parce que deux reporters à moto, allaient tous les soirs sonner chez les auditeurs, pour vérifier qu’ils ne mentaient pas sur leur apparence physique ou leur âge, et parfois pour profiter d’un petit échantillon promo. Mais en cette fin de décennie, Fréquence Gaie a enterré trop de ses forces vives à cause de l’épidémie de VIH. La pièce de Julien Lewkowicz amène l’esprit libertin et frondeur de Fréquence Gaie sur le plateau, sans occulter la tristesse insondable d’une génération dont les espoirs ont été fauchés en plein vol. Fréquence Gaie, en plus d’être un refuge a participé à la conquête des droits des gays et des lesbiennes. Droits dont on sait qu’ils ne sont jamais acquis. Le Sénégal il y a quelques jours a alourdi la répression contre l’homosexualité, les bonnes nouvelles du premier tour des municipales masquent à peine les réélections triomphales de certains maires d’extrême-droite qui, si elle prend le contrôle du pays, s’attaquera aux droits des minorités comme elle fait en Italie ou aux États-Unis. Alors aujourd’hui, exceptionnellement sur Tsugi Radio, on ne dit pas LGBTQIA+, mais pédé et gouine, aujourd’hui, notre webradio se branche sur le 90FM avec Julien Lewkowicz, la comédienne Laure Blatter, et la particpation de Jean-Luc Romero-Michel, ancien bénévole de Fréquence Gaie.En fin d'émission, coup de fil au Président du Campus-Condorcet, Pierre-Paul Zalio, à l'occasion de la 3ème édition du Printemps des Humanités. Du 19 au 21 mars, ce festival de sciences sociales se poste une question : pourquoi travailler ? Avec Banlieues Bleues, Tsugi Radio s'associe à la soirée de clôture samedi 21 novembre avec le concert de Da Cruz et un set de nos résidents PPJ.

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  • 116. Pédale rurale · la chronique d'Olivier Forest

    05:56||Saison 6, Ep. 116
    Cette semaine dans sa chronique cinéma, séries, écrans, Olivier Forest parle jardinage, campagne, fierté et tracteurs, on parle de PÉDALE RURALE, le premier documentaire d’Antoine Vasquez, en salle depuis mercredi dernier.
  • 115. Alphons Bisaillon & la chronique d'Olivier Forest

    58:14||Saison 6, Ep. 115
    Je vous parle souvent du FME, le festival de musiques émergentes à Rouyn Noranda au Nord du Québec. Mais je ne suis pas sûr de vous avoir déjà parlé des Mooses. C’est la salle des fêtes de l’association de chasse de cette ville minière d’Abitibie-Témiscamingue. Ambiance plafond en formica, bois de cerfs, étrange décoration de Noël qu’on ne prend jamais la peine de retirer. Ambiance chelou un peu Twin Peaks, un peu lost in translation mais avec l’accent québécois. Si la délégation française semble désorientée dans cet environnement, pour celui que j’étais venu voir en cette fin d’après-midi du 30 août dernier, c’était sans doute beaucoup plus familier. Alphonse Bisaillon vient de Saint-Hyacinthe, petite ville rurale à l’Ouest de Montréal en remontant le Saint-Laurent. C’est là qu’il a grandi entre expositions agricoles, virées dans les champs et un ennui certain que le jeune Alphonse trompe avec la musique et l’écriture. Alphonse Bisaillon aime la chanson, aime la musique traditionnelle québécoise, mais aussi le rap, le jazz, et je le soupçonne d’aimer le disco. Mais plus que tout, il aime les mots. « Ma grand-mère trouve qu’il se passe trop d’affaires dans mes tounes ! Mais je ne pourrais pas faire autrement, il y a tellement de mots que j’aime. », déclare-t-il à nos confrères de La Presse au Canada. Alphonse Bisaillon, est prolixe comme un rappeur. Si vous aimez l’ellipse et la retenue, peut-être que l’émission d’aujourd’hui va vous paraître un peu dense. Mais je vous conseille de rester avec nous, parce qu’aujourd’hui dans Place des Fêtes, on va jaser avec Alphonse Bisaillon et ça va être bien le fun, puisqu’il va même se mettre au piano du studio pour jouer un titre en live.En fin d'émission, la chronique cinéma, séries, écrans, d'Olivier Forest. Aujourd'hui on parle jardinage, campagne, fierté et tracteurs, on parle de PÉDALE RURALE, le premier documentaire d’Antoine Vasquez, en salle depuis mercredi dernier.
  • 114. Gris, un jeu de Nomada Studio · la chronique de Juliette de Prigny

    04:46||Saison 6, Ep. 114
    Fini la rigolade, pour changer on parle guérison de trauma et deuil avec le magnifique, Gris. Gris c’est une histoire toute en délicatesse et en poésie, où même si on parle traumatisme deuil et lutte, on parle aussi guérison, persévérance et espoir. On y incarne une jeune femme, Gris, qui traverse les paysages dévastés d’un monde qui a perdu ses couleurs et c’est à nous de les retrouver. Un jeu Nomada Studio.
  • 113. Avec Gildaa et la chronique de Juliette de Prigny

    58:39||Saison 6, Ep. 113
    Aujourd’hui, je suis un peu jaloux. Aujourd’hui, j’aimerais remonter le temps et avoir la chance de vivre à nouveau mon premier concert de Gildaa. C’était il y a un peu plus d’un an, en janvier 2025 à la Maroquinerie. Gildaa auditionnait pour les Inouïs du Printemps de Bourges, dont elle finira par remporter ex-aequo avec Pierre & La Rose, le prix d’un jury présidé par Eddy de Pretto. Kora, boucles, guitare, portugais, piano, anglais, percussions, français : découvrir le monde de Gildaa, c’est accepter de baisser la garde et se laisser emporter. Oui, mais par qui ? Camille Constantin Da Silva le sait-elle elle-même ? Ou comme nous se laisse-t-elle dériver au fil de ses inspirations et de ses aspirations ? « Attention perds pas l’équilibre » chante-t-elle sur ce premier album. Et si justement, tout était là : perdre l’équilibre, perdre pied, n’être plus qu’une double-croche qui rebondit sur sa saudade empreinte de groove et de mystère. Le mystère, c’est en partie celui d’une aïeule à Salvador de Bahia, infirmière, guérisseuse et prêtresse. C’est peut-être elle qu’on entend quand Gildaa chante. Dans la voix de Gildaa, on entend aussi ces femmes qui prennent la parole qu’on leur refuse. Ou les personnes venues d’ici et d’ailleurs qui ont du mal à trouver leur foyer. Gildaa chante pour Perséphone qui se rend aux enfers, pour l’enfant qu’elle était ou la femme qu’elle sera. Mais Gildaa chante surtout pour le public qui lui donne vie, et ça c’est elle qui le dit. Au fond, la seule certitude, c’est qu’il faut viser l’utopie ne serait-ce que pour les aventures qu’on va vivre en route. Alors aujourd’hui, laissez-vous faire, Gildaa est l’invtée de Place des Fêtes.En fin d'émission, notre spécialiste en jeu vidéo, Juliette de Prigny, évoque Gris, un jeu pour tromper le deuil, édité par Nomada Studio.
  • 112. Banlieues Bleues avec Rocé et Xavier Lemettre

    45:11||Saison 6, Ep. 112
    Savez-vous ce que c’est un qu’un picó ? Eh bien c’est un soundsytem customisé prisé par la jeunesse de la côte caribéenne colombienne. Edna Martinez, originaire de Cartagena en Colombie, artiste visuelle basée à Berlin raconte : « Les gens aiment leur Picó, le défendent, se font tatouer son logo. C’est la culture musicale de la périphérie, belle et libre. Dans les quartiers populaires, la musique vous relie au reste du monde. » C’est une des nombreuses belles histoires qui seront racontées cette année encore au Festival Banlieues Bleues, une histoire dont vous entendrez des échos tout à l’heure à 19h sur la Tsugi Radio avec un DJ set de La Saramuya Picó, 1h de vibrations afro-caribéennes en avant-goût de leur venue le 27 mars à la Dynamo de Pantin. Relier les quartiers populaires au reste du monde à travers la musique, c’est un peu la raison d’être de Banlieues Bleues qui depuis 43 éditions, investit le département de la Seine-Saint-Denis pour trois semaines de mélanges artistiques et culturels en tous genres. Cameroun, Tanzanie, RDC, Iran, Portugal, Maroc, États-Unis, Brésil, Thaïlande, Japon… le monde a rendez-vous dans le 9-3 pour des concerts où fête rime avec politique, jazz avec curiosité, rap avec hybridité, tradition avec électronique. Aujourd’hui Place des Fêtes accueille le directeur de Banlieues Bleues, Xavier Lemettre, ainsi que le rappeur Rocé, fidèle du festival, qui sortira son 6ème album, Palmiers, le 20 mars prochain.
  • 111. Place des Fêtes · 360 avec Mehdi Kerkouche et Lucie Antunes

    45:07||Saison 6, Ep. 111
    360, voilà un terme galvaudé par la start-up nation et aussi parfois par l’industrie de la musique, auquel le chorégraphe Mehdi Kerkouche a décidé de redonner toute sa dimension rassembleuse. 360, c’est un spectacle créé par l’énergique directeur du Centre Chorégraphique National de Créteil dont la musique est signée, Lucie Antunes. Dans le spectacle vivant, on parle souvent de ce 4ème mur entre le plateau et le public : dans 360, il n’en reste plus rien, puisque la scénographie imaginée par Emmanuelle Favre, est une scène centrale surplombée d’un mirador, et le public est debout tout autour comme au concert ou dans une rave. 8 danseurs et danseuses y courent, y sautent, s’y accrochent, s’y battent, s’y enlacent en invitant le public à participer à la performance. Danse hip hop, jazz, contemporaine et clubbing se télescopent sur cette Tour de Babel chorégraphique sur la bande-son résolument techno de l’aguerrie productrice et percussionniste Lucie Antunes. Si le spectacle se nourrit de l’énergie du public, il met en scène les questionnements d’une jeunesse qui cherche à se faire une place. Qu’est-ce que Pina Bausch, Bob Fosse, Madonna et Kamel Ouali ont en commun ? Probablement la vision audacieuse de Mehdi Kerkouche qui s’amuse à mélanger les étiquettes au point qu’on ne sache plus les reconnaitre. La danse, sans doute plus que les autres disciplines, c’est l’art du collectif. Un collectif qui crée, partage et rassemble, son programme à la tête du CCN de Créteil. Lundi, mardi et mercredi, 360 sera pour 3 soirées à l’Élysée Montmartre, avec en prime Lazy Flow aux platines pour poursuivre la fête. Mais ce soir, Mehdi Kerkouche et Lucie Antunes sont au micro de Place des Fêtes.