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Le goût de M
#27 Camille Cottin (épisode complet)
Rendez-vous le 5 novembre pour la nouvelle saison du Goût de M. Chaque semaine, une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine racontera son histoire personnelle du goût. Mais aussi ses dégoûts. Comment elle s'est façonné un art de vivre, en continuité ou au contraire en rupture avec son milieu d'origine. Comment celui-ci a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences.
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Camille Cottin est l'invitée du podcast Le Goût de M proposé par M Le magazine du Monde. La comédienne, qui fait la voix de 22 dans le nouveau film de Pixar Soul (Disney +) et sera prochainement à l'affiche de Stillwater de Tom McCarthy aux côtés de Matt Damon, a répondu depuis son appartement parisien aux questions de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.
Camille Cottin évoque son enfance à Paris, entre un père peintre soixante-huitard et une mère affranchie, éternelle amoureuse, qui refera sa vie avec un analyste financier avant de s'installer dans les Pouilles en Italie avec son dernier compagnon, comme un grand terrain de jeu. « Je n'étais pas totalement dans la réalité », résume celle qui se passionne alors pour Grease ou Chantons sous la pluie. C'est au théâtre plus qu'au cinéma qu'elle fera ses débuts de comédienne – « le rapport à la caméra, c'est quelque chose qui a été difficile » – avant de se faire connaître d'un plus large public avec la pastille « Connasse », diffusée sur Canal +. « Je ne me rendais pas compte qu'on allait m'appeler Connasse peut-être jusqu'à la fin de ma vie. »
Admiratrice de Louis de Funès, l'ancienne enfant turbulente qui confesse avoir un souci avec l'autorité s'épanouit désormais dans les rôles anticonformistes, comme l'agente artistique Andrea Martel de la série Dix pour cent, que sa « virilité rend sexy ». « L'expression de la puissance féminine me plaît », jure l'actrice qui cite King Kong Théorie de Virginie Despentes et Sorcières de Mona Chollet comme deux de ses livres de référence. Un féminisme qu'elle intellectualise aujourd'hui mais qu'elle retrouve déjà en filigrane dans certains goûts affichés plus jeune, comme ce coup de foudre développé au cinéma pour Bagdad Café. Un film, explique-t-elle, qui développait déjà une réflexion intersectionnelle.
Un podcast produit par Géraldine Sarratia (Genre idéal)
Réalisation : Sulivan Clabaut
Musique : Gotan Project
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#184 Villa Médicis 2/2 « La Villa Médicis est un lieu où un certain nombre d’idées de demain s’inventent, tout en rappelant qu’on ne construit que sur des maisons déjà bien bâties »
44:56||Saison 7Pour ce second épisode consacré à la Villa Médicis, splendide demeure du XVIe siècle qui abrite depuis 1803 l’Académie de France à Rome, « Le Goût de M » promène son micro dans le vaste jardin de 7 hectares, à la rencontre du personnel et des pensionnaires de l’institution. Cette oasis de verdure ressemble encore, à peu de chose près, à ce qu’avait imaginé le cardinal Ferdinand de Médicis lorsqu’il avait acquis la Villa, à la fin du XVIIe siècle : quatre espaces distincts, le parterre et le piazzale, les 16 carrés, la braccheria et le bosco.Cette déambulation commence dans le fameux bosco, une petite forêt en plein cœur de la capitale italienne, lieu préféré de nombre de résidents et source de mystères. Notre première guide est l’architecte Françoise Laurent, responsable des travaux et des jardins depuis le début des années 2000 et qui en a pensé le virage écologique – elle nous raconte notamment le retour des lucioles, après plusieurs années sans utilisation de pesticides. A ses côtés, nous croisons les paons qui ont élu domicile parmi les plantes et les arbres « il y a une dizaine d’années » et nous observons les chênes verts « dans un état de sénescence totale », qui souffrent du changement climatique.Du haut de la colline du Parnasse, qui domine Rome et le bosco, nous apercevons le jardin des agrumes, récemment réhabilité sous la houlette de Sam Stourdzé, directeur de l’Académie de France à Rome depuis six ans, qui nous raconte ce projet. Vingt variétés de citronniers, qui étaient cultivées à la Villa Médicis au XVIᵉ siècle, ont été réintroduites dans des pots travaillés par l’artiste céramiste Natsuko Uchino et accompagnés d’un poème de Laura Vazquez : vingt mots inscrits sur vingt pierres disséminées dans le jardin.Dans cet épisode du « Goût de M », nous écoutons l’artiste plasticien Pol Taburet expliquer l’exposition qu’il a conçue pour la Villa, « Paranoia as a Method » ; mais aussi la romancière Diaty Diallo, révélée en 2022 par Deux secondes d’air qui brûle, développer son projet d’écriture autour des symptômes physiques sans cause apparente. La compositrice Giulia Lorusso nous reçoit dans sa « caverne », parmi de nombreux livres sur le mythe de Circé et nous joue « un set de piano, avec un peu de guitare électrique et quelques dispositifs électroniques », pour nous montrer sa manière d’« explorer ».---Cet épisode a été publié le 19 juin 2026. Crédit photo : Assaf Shoshan.Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Marjorie Murphy, et avec Guillaume Girault au son.Musique : Gotan Project
#183 Villa Médicis 1/2. « A la Villa Médicis, on sait qu’on a un pouvoir magique, très français, un pouvoir de sidération. Parce que la beauté sidère »
45:54||Saison 7Ses murs abritent depuis 1803 la plus vieille résidence française d’artistes, l’Académie de France à Rome, installée par Napoléon Bonaparte dans un monument d’architecture surplombant la capitale italienne : la Villa Médicis. C’est ce lieu mythique, qui a accueilli des milliers d’artistes, dont les célèbres Berlioz, Debussy et Balthus, que le « Goût de M » propose de découvrir au cours de deux épisodes, en visitant ses recoins, en racontant son histoire et, surtout, en sondant son goût.Dans cette déambulation, notre premier guide est le directeur de l’Académie de France à Rome, Sam Stourdzé, qui, depuis sa nomination en 2020, impulse un goût nouveau à la Villa, en faisant notamment dialoguer design contemporain et patrimoine. L’ancien directeur des Rencontres de la photographie d’Arles nous conduit dans le long escalier en colimaçon, jusqu’à la loggia, une terrasse intérieure ouverte sur les parterres et leur obélisque ; puis dans les chambres, rénovées par de jeunes architectes dans le cadre du vaste programme « Réenchanter la Villa ». C’est l’occasion pour lui d’évoquer son intention de « décloisonner les disciplines », pour s’adresser tant aux métiers d’art, qu’aux artistes travaillant sur la réalité virtuelle et aux chefs cuisiniers.Un rêve, une étape marquante dans la vie d’un créateur : la Villa Médicis offre à ses pensionnaires douze mois pour développer un projet créatif. Ainsi, chaque année, 16 artistes élisent résidence dans cette immense demeure. On croise dans ses couloirs l’écrivain Hugo Lindenberg, révélé en 2020 par le bouleversant Un jour ce sera vide et qui travaille ici sur sa prochaine fiction. Le romancier nous conduit à la bibliothèque et, installé près d’une fenêtre, fait la lecture d’une page de son futur livre, écrite le matin même. Dans les cuisines, nous rencontrons la cheffe Valentine Desmoulins, en pleine préparation d’une vignarola, « la recette printanière par excellence dans le Latium ». Sa présence dans cette institution est l’illustration même du renouveau voulu par Sam Stourdzé. Sa mission est double : nourrir les pensionnaires et le personnel et poursuivre un projet de recherche.Dans le second épisode de ce « Goût de M » consacré à la Villa Médicis, nous nous tournerons vers le jardin et ses 7 hectares, où se déploie le Festival des cabanes, jusqu’au 28 septembre. Nous irons encore à la rencontre de pensionnaires, pour entendre leurs expériences, leurs projets.---Cet épisode a été publié le 12 juin 2026. Crédit photo : Daniele Molajoli.Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Marjorie Murphy, et avec Guillaume Girault au son.Musique : Gotan Project
#182 Manu Payet, humoriste et acteur : « Sur scène, je ne me moque que de moi-même, je suis en totale liberté »
50:50||Saison 7Humoriste, acteur, réalisateur, animateur de radio, Manu Payet – Emmanuel, de son vrai prénom – s’interroge dans ses stand-up sur le temps qui passe, ce qu’il transforme dans nos goûts, comme dans son dernier spectacle, Emmanuel 2. L’acteur de 50 ans, qui a joué dans nombre de comédies, est à l’affiche de Deviens génial, de Léo Grandperret, en salle le 17 juin, où il incarne un professeur d’espagnol qui, pour se rapprocher de sa fille, se fait passer pour un professeur d’allemand et se retrouve embarqué dans un voyage scolaire.Manu Payet nous reçoit en fin de matinée, chez lui, un duplex à la vue dégagée, situé dans le 8ᵉ arrondissement de Paris, non loin de la gare Saint-Lazare. La journée s’annonce caniculaire. C’est dans cet appartement et son salon sobrement meublé que le comédien revient sur son enfance « pimentée », à La Réunion. Cette enfance dont il raconte aujourd’hui volontiers des fragments, pourvu qu’ils suscitent le rire.Dans cet épisode du « Goût de M », Manu Payet évoque sa mère, qui lui a transmis le goût du travail bien fait, et son père, directeur du fret d’Air France Océanie, qui préférait voir son fils reproduire les scènes drôles des films – souvent de Louis de Funès – plutôt que de les visionner à nouveau. Il se rappelle les cinq salles de cinéma de Saint-Denis et les films qui l’ont marqué, dont Greystoke (Hugh Hudson, 1984), avec un Christophe Lambert « génial ».L’humoriste liste les objets de son admiration, sous le signe du rock, de son « obsession » pour Kurt Cobain, chanteur et guitariste de Nirvana (« J’ai rencontré en Kurt Cobain le McCartney que j’attendais depuis que mon père m’avait fait découvrir les Beatles ») à son récent émerveillement face à la chanteuse espagnole Rosalia (« Son concert est, paradoxalement, le plus rock que j’ai vu dernièrement ») en passant par les comédiens qui l’ont inspiré, comme l’Afro-Américain Richard Pryor (1940-2005) ou le Français Albert Dupontel.---Cet épisode a été publié le 5 juin 2026. Crédit photo : Arno Lam/Charlette studio.Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli, de Marjorie Murphy et de Juliette Savard, et avec Emmanuel Beau au son.Musique : Gotan Project
REDIFF Spécial musique (3/3) Charlotte Gainsbourg : « Enfant, je n’avais pas le droit d’écouter certaines choses, Annie Cordy, Dorothée »
53:09||Saison 7A la veille d’un été riche en festivals, « Le Goût de M », en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, rediffuse trois épisodes consacrés à la musique et à celles et ceux qui la font vivre. Troisième et dernière invitée : Charlotte Gainsbourg.Charlotte Gainsbourg, actrice et aussi chanteuse, a signé des albums de pop-rock marquants tels que 5 :55 (2006), IRM (2009) ou Rest (2017). La fille de Serge Gainsbourg et de Jane Birkin explore également d’autres formes d’expression artistique. Passionnée de photographie, elle propose cet été un rendez-vous aux 57ᵉˢ Rencontres d’Arles, du 6 juillet au 4 octobre. L’exposition « 5bis » est constituée des images intimes qu’elle avait prises au Hasselblad de la maison de son père, au 5 bis, rue de Verneuil, à Paris, avant de l’ouvrir au public et d’en faire un musée dédié au chanteur. « Le Goût de M » l’avait rencontrée en bas de chez elle en 2022, à proximité de ce lieu.Cet épisode a été publié la première fois le 29 avril 2022. Crédit photo : François Halard.Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et d’Imène Benlachtar, avec Guillaume Girault à la réalisation.Musique : Gotan Project.
REDIFF Spécial musique (2/3) Pomme : « Je ne comprendrai jamais rien de ce qui passe à l’intérieur de moi »
47:26||Saison 7A la veille d’un été riche en festivals, « Le Goût de M », en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, rediffuse trois épisodes consacrés à la musique et à celles et ceux qui la font vivre. Deuxième invitée : Pomme.« Le Goût de M » poursuit sa série de rediffusion consacrée à la musique avec, cette semaine, Pomme. La chanteuse s’illustre par un univers singulier entre folk et chanson française, comme en témoignent ses albums Les Failles (2019) et Consolation (2022). Son dernier disque, Saisons (2024), qui explorait une veine plus orchestrale, a figuré sur la liste des 20 albums de musique de 2024 plébiscités par les lecteurs du Monde. Depuis la parution de cet épisode, en avril 2023, Pomme a également fait une incursion remarquée au cinéma la même année, dans La Vénus d’argent, de la réalisatrice Héléna Klotz. Pomme sera cet été sur la route des festivals, comme à Europavox, à Clermont-Ferrand (le 26 juin), puis à Sœurs jumelles, à Rochefort (le 27 juin), où elle partagera notamment l’affiche avec Sébastien Tellier.Cet épisode a été publié la première fois le 14 avril 2023. Crédit photo : Elizabeth Landry.Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et d’Imène Benlachtar, avec Guillaume Girault à la réalisation.Musique : Gotan Project.
REDIFF Spécial musique (1/3) Sébastien Tellier : « Le perfectionnisme, c’est quelque chose dont j’essaie de me libérer »
42:08||Saison 7A la veille d’un été riche en festivals, « Le Goût de M », en accès libre dès le vendredi sur toutes les plateformes, rediffuse trois épisodes consacrés à la musique et à celles et ceux qui la font vivre. Premier invité : Sébastien Tellier.Le septième album de cet auteur-compositeur-interprète est paru le 30 janvier. Avec Kiss The Beast, Sébastien Tellier exprime de nouveau toute sa sensibilité et son sens de la mélodie. L’artiste sera en tournée cet été, notamment au festival We Love Green, à Paris (le 5 juin), aux Nuits de Fourvière, à Lyon (le 19 juin), au Festival de Nîmes avec Charlotte Cardin (le 18 juillet) ou encore au festival Cabaret vert, à Charleville-Mézières (le 21 août). « Le Goût de M » l’avait rencontré chez lui en mars 2022.Cet épisode a été publié la première fois le 18 mars 2022. Crédit photo : Kelly Koffi pour M Le magazine du Monde.Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Mélissa Phulpin, avec Guillaume Girault à la réalisation.Musique : Gotan Project.
#181 Ugo Bienvenu, réalisateur et auteur de BD : « L’IA est nourrie de fragments de la réalité qui n’ont rien à voir avec l’expérience du monde »
48:29||Saison 7Réalisateur du splendide long-métrage d’animation Arco (2025), cette année nommé aux Oscars et récompensé par le César du meilleur film d’animation, Ugo Bienvenu, 38 ans, continue de construire son œuvre. Déjà auteur d’une dizaine de bandes dessinées, parmi lesquelles Paiement accepté (Denoël Graphic, 2017) et Préférence Système (Denoël Graphic, 2019), il interroge la relation que l’homme entretient avec la machine. Il façonne aussi sa réflexion sur le futur et l’enfance dans son exposition de dessins, « Futur antérieur », visible à la Galerie Martel, à Paris, jusqu’au 25 juillet.Ugo Bienvenu nous accueille un vendredi matin, dans le XXe arrondissement de Paris, dans les locaux de sa société de production, Remembers, cofondée avec le réalisateur Félix de Givry, qui avait cosigné le scénario d’Arco. C’est une petite factory à leur goût, sorte de maison où travaillent une dizaine de personnes. Dans son bureau, deux tables : l’une pour dessiner avec un ordinateur, l’autre avec du papier. Les objets qui lui sont les plus chers ? Son carnet et un stylo. « Si je ne dessine pas, je ne respire pas » : Ugo Bienvenu vit avec un crayon dans la main quand il mange, quand il est en rendez-vous, quand il fait de la comptabilité.Dans cet épisode du Goût de M, le créateur d’Arco revient sur son enfance, du Tchad au Mexique en passant par le Guatemala, accompagnant un père dont le métier de diplomate contraignait la famille à changer de pays tous les trois ans. « J’étais toujours “l’étranger” là où j’étais », confie-t-il. Il passe alors de longues heures à lire – il fait l’éloge des livres « qui donnent l’impression d’avoir vécu une vie de plus » – et à s’ennuyer. Il conseille d’ailleurs de « ne pas oublier de s’ennuyer un petit peu » : « C’est un facteur important d’accès à l’imaginaire. » De l’imaginaire, de la fiction et du futur, il est grandement question dans les propos d’Ugo Bienvenu. Ces obsessions transpirent dans ses inspirations littéraires – la légende arthurienne, les récits d’un des pères fondateurs de la science-fiction moderne Clifford D. Simak –, dans ses révélations narratives et imagées – les longs-métrages d’animation d’Hayao Miyazaki et Dragon Ball Z diffusé par le Club Dorothée – et dans ses inspirations philosophiques – la pensée du philosophe spécialiste du monde numérique Eric Sadin. Ainsi, Ugo Bienvenu s’est trouvé le médium idéal : « La science-fiction sera ma manière de penser le monde. » ---Cet épisode a été publié le 8 mai 2026. Crédit photo : Eric Garault.Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli, de Marjorie Murphy et de Juliette Savard, et avec Emmanuel Beau au son.Musique : Gotan Project
#180 Arthur Teboul, chanteur et poète : « A l’époque, j’écoutais Gala et les Spice Girls. Mon père mettait Depeche Mode et Radiohead, il y a une sorte de dissonance qui apparaît »
46:06||Saison 7D’Arthur Teboul, 38 ans, on connaît les saillies et les fulgurances : son recueil de poèmes Le Déversoir, son interprétation d’un poème de Louis Aragon, L’Affiche rouge, mise en musique par Léo Ferré, lors de l’inhumation de Missak et Mélinée Manouchian au Panthéon en 2024, et surtout les refrains qu’il a écrits au sein du groupe Feu! Chatterton depuis 2011. Le groupe remontera sur scène cet été, où il interprétera des morceaux de leur dernier album Labyrinthe, sorti en 2025. Il se produira dans de nombreux festivals dont We Love Green, à Paris, aux Francofolies d’Esch-sur-Alzette, aux Arènes de Nîmes et aux Eurockéennes de Belfort, avant d’enchaîner les Zénith à l’automne.Arthur Teboul donne rendez-vous à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), à POUSH, un lieu d’exposition et de création pour artistes contemporains. Parmi eux figure son jeune frère, Sacha, diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris et de La Fémis. « J’avais envie qu’on aille dans un endroit qui présente le travail de gens que j’aime. » Son père et son frère, présents le jour de l’entretien, ont ainsi créé les pochettes des albums L’Oiseleur (2018) et Palais d’argile (2021), de Feu! Chatterton.Le chanteur se souvient avec plaisir de son « enfance heureuse » au sein de sa famille, avec ses deux frères. « Il y avait une grande intensité chez nous, qui vient à la fois de cet équilibre entre mes deux parents : la force de ma mère, son énergie très grande, sa joie de vivre, et mon père, un peu plus en retenue, mais qui diffuse un regard poétique sur le monde. » Après des années de collège en ZEP, puis au lycée Louis-le-Grand à Paris, des amitiés fortes avec deux camarades marquent les prémices du groupe Feu! Chatterton, et sont source de découvertes littéraires.Dans cet épisode, Arthur Teboul confie son admiration pour des poètes comme Arthur Rimbaud, et surtout Guillaume Apollinaire. Il revient d’ailleurs longuement sur son processus d’écriture des « poèmes minute », qui ont alimenté son recueil Le Déversoir, publié chez Seghers en 2023. « Ce qui me plaît dans cette pratique, c’est de laisser la prose venir, sans préoccupation esthétique ou morale ; sa plus grande valeur est simplement de me rappeler un instant. »Cet épisode a été publié le 1ᵉʳ mai 2026. Crédit photo : Julien Mignot.Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Guillaume Girault au son et Benoît Thuault à la réalisation.Musique : Gotan Project
#179 Swann Arlaud, acteur : « Cette société de consommation m’épuise. J’ai le bonheur de parfois jouer des personnages qui ont des costumes, dont je rachète une partie »
54:02||Saison 7Pendant la tournée promotionnelle américaine du film Anatomie d’une chute, Palme d’or 2023, et nommé cinq fois aux Oscars, Swann Arlaud avait été surnommé « Sexy Lawyer » (« l’avocat sexy ») par les Américains. L’acteur français, nommé dans la catégorie meilleur acteur dans un second rôle aux César 2025 pour L’Inconnu de la Grande Arche, estime pourtant avoir longtemps eu une « tête bizarre » — voire de « vieil enfant » —, qui attirait l’attention des réalisateurs. Ceux qui ont nourri sa filmographie exigeante et recherchée s’appellent notamment Justine Triet, François Ozon, Jérôme Bonnell, Claire Simon ou encore Stéphane Demoustier.C’est Vladimir de Fontenay qui le dirige dans son adaptation du best-seller de David Vann, Sukkwan Island, en salle le 29 avril. Swann Arlaud y interprète un père qui emmène son fils de 13 ans vivre une année sur une île isolée du sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion. Ils se connaissent mal, le climat va vite se tendre et les défaillances de ce père vont se révéler au grand jour.Swann Arlaud, 45 ans, nous reçoit chez lui, à Paris, au septième étage d’un immeuble Art déco, à proximité du canal Saint-Martin. Dans son appartement décoré de bric et de broc, il dit assumer « avoir un goût parfois pour des choses qui peuvent être kitsch ou moches, les trucs un peu dépareillés ». Il nous raconte une adolescence rythmée par le rap (« NTM bien sûr, puis IAM, 113, Time Bomb, Mafia K’1 Fry »), le mur de cassettes vidéo où il se construit une culture cinématographique (« Je m’étais tout tapé, les Blier, les Pialat »), et la liberté acquise lors d’études aux Arts déco de Strasbourg, où il prend l’habitude de récupérer des meubles dans la rue.Dans cet épisode du « Goût de M », l’acteur triplement césarisé évoque aussi l’un des rôles qui a marqué un tournant sa carrière, celui de Petit Paysan, le long-métrage d’Hubert Charuel, en 2017. Pour ce fils d’une directrice de casting et metteuse en scène et d’un chef décorateur, les premiers souvenirs de cinéma remontent à l’enfance, à deux expériences intenses de tournage, sur Le Brasier, d’Eric Barbier (1991), et surtout, en Afrique, avec Les Caprices d’un fleuve, de Bernard Giraudeau (1996).---Cet épisode a été publié le 24 avril 2026. Crédit photo : Vincent Desailly.Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Guillaume Girault au son.Musique : Gotan Project