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L'AFFRANCHIE PODCAST

Nos puissantes amitiés avec Alice Raybaud

Saison 4, Ep. 30

Rencontre avec Alice Raybaud à l'occasion de la parution de nos essai, Nos puissantes amitiés. Des liens politiques, des lieux de résistance aux éditions de La Découverte.


On aime à se dire qu'elle est essentielle. Mais, en réalité, l'amitié est souvent raillée, considérée comme futile ou invisibilisée. Dans les films, les livres, les imaginaires et les récits que l'on fait de nos parcours, elle passe presque toujours à l'arrière-plan : la jeunesse terminée, elle devrait s'éclipser au profit du couple et de la famille. Elle est ce lien que l'on sacrifie volontiers les années passant, quitte à abandonner une petite part de soi avec. Mais pourquoi le couple romantique représenterait-il l'unique façon de cheminer avec d'autres dans l'existence ?

Depuis quelques années, de plus en plus de personnes décident de revendiquer leurs amitiés et de s'engager pleinement dans ces relations. Elles y découvrent des lieux de joie, mais aussi de solidarité et de résistance face aux aliénations du système patriarcal, capitaliste et dans une période de grande incertitude écologique. Hétéros ou queers, entre femmes, entre hommes ou dans des groupes mixtes, elles et ils sont nombreux à réinventer, entre ami.es, des manières de militer, d'habiter, de consommer, de faire famille, de vieillir ensemble et, finalement, de prendre soin les un.es des autres.

Mobilisant de nombreux entretiens, des références culturelles, des études sociologiques aussi bien que des textes philosophiques, Alice Raybaud montre que l'amitié porte une dimension libératrice puissante, qu'elle peut être une force de dissidence et d'émancipation. Elle appelle ainsi à réinventer ce lien, intime et politique, et à remettre nos amitiés au centre de nos vies.

Saison #6 : Univers graphique : Mirion Malle | Habillage sonore : Pierre-Antoine Naline, accompagné de la chorale Dònas d'Òlt d'après le chant La Rota composé par Nadèta Carita | À la conversation et à la réalisation : Soazic Courbet.

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  • 41. Woolf regarde Buffy, rencontre avec Ivan Berquiez

    58:22||Saison 6, Ep. 41
    Rencontre avec Ivan Berquiez à l'occasion de la parution de son livre, Un pieu à soi, Virginia Woolf regarde Buffy, aux éditions La Variation. Virginia Woolf se serait-elle jetée dans la rivière si elle avait pu regarder Buffy contre les vampires ?1941->1997 back to the future c’est exactement le projet d’Ivan Berquiez. Avec une grande finesse, l’auteur entremêle la série épopée et les écrits de l’autrice, quand Woolf rencontre Buffy, c’est évidemment la surprise et d’un épisode à l’autre, leurs combats de vie se mêlent, sans forcer. Au-delà de l’impact de la pop culture sur nos vies, il y a dans ce livre une réflexion profonde sur la mort, sur la vie qui cesse d’être envieuse. Vampire et dépression, écriture et solitude, c’est un récit passionnant qui se déroule sous nos yeux.Photo © Sido Lansari.
  • 40. Faire naître - Ce que le capitalisme fait à la maternité, rencontre avec Clélia Gasquet-Blanchard

    57:48||Saison 6, Ep. 40
    Rencontre avec Clélia Gasquet-Blanchard à l'occasion de la parution de son livre, Faire naître - Ce que le capitalisme fait à la maternité, à La Fabrique éditions.La maternité est un lieu politique. Au-delà des violences gynéco-obstétricales et du pouvoir accaparant du corps médical, Clélia Gasquet-Blanchard démontre que cette emprise n’est ni une fatalité ni un simple effet de la casse de l’hôpital public, et que la médicalisation excessive de la naissance a précisément rendu possible le démantèlement du service public de la maternité.En retraçant l’histoire de la dépossession des savoirs et des solidarités entre femmes, elle renverse notre regard sur l’accouchement, sa marchandisation et les puissantes dynamiques de ségrégation sociale et raciale qui l’entourent.Cet essai appelle à réinventer des liens émancipateurs dans les salles d’accouchement comme hors des murs de l’hôpital afin que la naissance devienne un espace d’autonomie, de savoir partagé et de véritable justice reproductive.Clélia Gasquet-Blanchard est géographe, maîtresse de conférences HDR à l’École des hautes études en santé publique et attachée au Laboratoire ESO du CNRS, Université Rennes 2. Depuis 2019, elle coordonne le réseau de santé SOLIPAM qui prend en charge les femmes enceintes en situation de grande précarité en Île-de-France.Photo © Anthony Francin.
  • 39. Tu nuis à la cause, une mise au point impertinente par Sandrine Rousseau

    51:31||Saison 6, Ep. 39
    Rencontre avec Sandrine Rousseau à l'occasion de la parution de son livre, Tu nuis à la cause #WOKE. Une mise au point impertinente, aux éditions La Meute.Tu nuis à la cause. Toi la féministe arrogante, avec tes poils sous les bras et tes propos clivants, personne n’a envie de t’écouter. #MeToo, #MeToo, vous n’avez que ça à la bouche. Ils nuisent à la cause, les écologistes aux tee-shirts usés qui manifestent contre les bassines. Les bassines c’est la rentabilité, qu’est-ce qu’ils y connaissent, eux, à la rentabilité ? Elle nuit à la cause, la mère de cet enfant tué par des policiers lors d’un contrôle d’identité et qui sourit, quelques jours plus tard, à la tête d’une manifestation en hommage à son fils. Ils nuisent à leur cause, ceux qui ont tagué l’Arc de Triomphe, avec leurs gilets. Eux aussi, ces étudiants, ils nuisent à leur cause en bloquant quelques heures l’entrée d’une grande école pour clamer leur solidarité au peuple palestinien. Ils nuisent à leur cause, ces ultramarins qui déboulonnent les statues des esclavagistes ou des colons. Ils nuisent à leur cause, ces jeunes, ces chercheurs qui bloquent les tarmacs et les périphériques ou jettent de la soupe sur la vitre d’un tableau. Trop d’excès, personne n’écoute. Et ces associations de défense des animaux qui filment en toute illégalité des abattoirs ? Déconstruction, vous ne savez dire que ça. Tonton explique comment il éteint la télé « direct » quand il entend les représentants de ces causes. Il est à un repas de famille, il a bu un verre et prend la tablée complète à témoin. Lui, il est le premier féministe, il est écologiste aussi, et puis antiraciste. Et il l’a été bien avant tout le monde ! Il a aidé cette stagiaire, l’an dernier, qui se faisait embêter par son collègue. Il a dit au collègue d’arrêter. Alors ça suffit. Il n’a pas de leçon à recevoir de sales connes.Sandrine Rousseau remet le monde à l'endroit dans ce plaidoyer rassembleur en faveur de l'impertinence politique. Parce que nous n'avons plus le temps pour la politesse face à un impératif : gagner face au fascisme.Photo ©Juliette Dupuis Carle.
  • 38. Au-delà du feu, rencontre avec Sol Netra

    56:31||Saison 6, Ep. 38
    Rencontre avec Sol Netra à l'occasion de la parution de son livre, Au-delà du feu, aux éditions Blast.On dit que la nuit est danger. Ses nuits étaient funestes, la mienne est terrible et j’y meurs toutes les heures. Ma nuit est splendeur et je la traverse comme je traverserais un enfer. J’en saisis chaque seconde comme des milliers de pépites au travers des ongles. Jamais non plus mon corps n’habite la peur et pourtant je suis soleil. Dans la saison de la pénombre j’explore ce que fait l’ataraxie. La nuit est taiseuse pour qui ne fait pas l’effort ; elle est bavarde si on s’approche. Je vois en creux l’élan de la clarté laissée sur un banc au coucher de la lumière. Toujours milliers de pépites.Au-delà du feu est une respiration brisée, un murmure venu du fond. Le roman dit la mort, le désir, la chute et les murs qu’on subit. Écrit depuis un point de vue queer et anarchiste, il met en miroir le parcours d’Aleksander, ami d’enfance suicidé en prison, avec celui du.de la narrateurice fol et psychiatriséx. Sol Netra écrit comme on saigne doucement, avec une lucidité tendre et implacable. Chaque page creuse, effleure, dérange. On avance à tâtons dans une parole nue, aussi vulnérable que le corps et qui ne fait aucunement fi des violences systémiques. Tous les verbes restent longtemps en nous, comme un silence qu’on n’arrive plus à refermer.Illustration de couverture : Katya Aladinskaya, Heavy Thoughts, 2023.
  • 37. Avec ma tête d'arabe, rencontre avec Aïda Amara

    46:52||Saison 6, Ep. 37
    Rencontre avec Aïda Amara à l'occasion de la parution de son livre, Avec ma tête d'arabe, aux éditions Hors d'atteinte.Être une jeune femme arabe en France en 2025, entre violence et résilienceTrop arabe pour certains, pas assez pour d’autres, Aïda Amara, née en France de parents algériens, a été habituée dès l’enfance à ne pas se sentir à la bonne place ni au bon endroit. Le 13 novembre 2015, devant le restaurant Le Petit Cambodge, à Paris, elle fait la malheureuse rencontre d’autres « têtes d’Arabes », armées de kalachnikovs. Survivante, elle ne pensait pas être assimilée à ses bourreaux.Pour se reconstruire, elle se cramponne à ses racines : ses parents, l’Algérie et la France. Elle comprend que la violence armée fait partie de la mémoire familiale et réalise que la force transmise par ses aïeux a sûrement contribué à lui sauver la vie.Avec ce livre, elle affirme la nécessité de la nuance et contribue à inscrire l’immigration algérienne dans le roman national français.Crédit photo © Pierre Saïah.
  • 36. Notre soeur rabat-joie, rencontre avec Guillaume Cingal et Patricia Houéfa Grange

    50:32||Saison 6, Ep. 36
    Rencontre avec Patricia Houéfa Grange et Guillaume Cingal, traducteurices, à l'occasion de la parution du livre d'Ama Ata Aidoo, NOTRE SŒUR RABAT-JOIE - Méditations obliques d’une Noire, aux éditions Ròt-Bò-Krik.Sissie, une jeune étudiante dans le Ghana des premières années de l’indépendance, obtient une bourse de séjour en Europe. Le périple qui la mène de l’Allemagne à l’Angleterre lui démontre à quel point les rapports des Africaines et des Africains à l’Occident et à eux-mêmes restent modelés par la colonialité.Dans cette œuvre incontournable de la littérature féministe africaine enfin traduite en français, tout est affaire de décentrement du regard et des repères.Ici, la décolonisée sceptique observe les anciens colonisateurs. Soigneusement tissé de prose et de vers libres, ce roman drôle et acerbe d’Ama Ata Aidoo nous ouvre les pensées d’une femme noire qui s’aventure au cœur de la blanchité.Ama Ata Aidoo (1942-2023) est une autrice et dramaturge ghanéenne, dont l’œuvre abondante – romans, poésie, nouvelles, pièces de théâtre et essais – explore les défis post-coloniaux et la condition féminine africaine. Elle poursuit une longue carrière de professeure d’université (Ghana, Kenya, Zimbabwe, États-Unis) et lutte tout au long de sa vie pour l’accès à l’éducation et à l’écriture des femmes noires, à partir de son engagement politique et des organisations militantes qu’elle fonde. Abondamment étudiés dans le monde anglophone, ses écrits restent encore à découvrir en français.Ròt-Bò-Krik est une maison d’édition petite, indépendante, polyphonique, joyeuse et baroque.
  • 35. La même en pire, rencontre avec Eugénie Zély

    44:28||Saison 6, Ep. 35
    VOUS AVEZ UNE HEURE avec Eugénie Zély, à l'occasion de la parution de son roman, La même en pire, aux éditions Burn Août.LA MÊME EN PIRE est un roman d’amour enchâssé dans un roman noir, un huis clos dans lequel les confessions de chacune deviennent le procès des autres. Elles sont toutes coupables, toutes victimes, toutes témoins, toutes innocentes de ce qui est arrivé à Madison. Et qu’est-ce qui est arrivé ?Madison a disparu, Madison a été assassinée, Madison s’est suicidée. Huit femmes se retrouvent dans un appartement et reviennent sur ce qui les avait rassemblées des années auparavant : une maison délabrée que Madison louait et dans laquelle elle avait installé des caméras pour streamer H24 et monétiser son existence. Elles avaient toutes vécu dans cette maison et avaient toutes fini par la déserter. Sophie la poète mariée au terroriste, Cécile la détective privée, Hilary la bourgeoise militante, Lola l’adolescente tiktokeuse muette, Alexandra l’entrepreneuse, Eva la mauvaise mère, Kamila la mère aimante, et la narratrice.Avec les typographies Times (Victor Lardent), Full~Times (Amélie Dumont), Open Sans (Steve Matteson) et Deseo (Maximiliano Sproviero).Préface de Lou Villapadierna.Eugénie Zély parle du roman The Female male de Joanna Russ dans cet épisode.
  • 34. Coquilles, rencontre avec Julia Kerninon

    52:22||Saison 6, Ep. 34
    Rencontre avec Julia Kerninon à l'occasion de la parution de son livre, Coquilles, aux éditions Le Castor Astral.Depuis qu’elle s’est mise à l’écriture, Julia Kerninon a une obsession : comment apprendre à écrire ? Pour la première fois, elle tente d’y répondre. Chaque poème est l’occasion pour elle de noter quelques techniques, quelques ruses et habitudes, une sorte de manuel d’écriture en petits blocs. À mesure de son avancée, la pratique de son art se voit progressivement contaminée par son quotidien. Vie littéraire et vie de tous les jours s’entremêlent et se répondent inextricablement. On découvre alors une autre facette de l’autrice, plus intime : celle qui existe à côté de l’écriture, qui prend racine dans son enfance et se déploie jusqu’à la personne qu’elle est devenue aujourd’hui.Photo © Julien Alcacer
  • 33. Les méritantes, rencontre avec Lucile Quillet

    56:01||Saison 6, Ep. 33
    Rencontre avec Lucile Quillet à l'occasion de la parution de son livre, LES MÉRITANTES, Comment le monde du travail trahit les femmes, aux éditions Les Liens qui Libèrent.On a répété à l’envi que le travail serait un refuge, un moyen pour les femmes de s’extirper de leur rôle assigné de mère et d’épouse, de gagner leur argent, leur liberté, de trouver leur place dans la société… De devenir, en somme, grâce à la sueur de leur front, les égales des hommes.Et si tout cela n’était qu’une grande illusion ? Le monde du travail n’est pas un espace neutre, un tremplin méritocratique ou égalitaire. C’est un monde construit par et pour les hommes, dont les règles du jeu garantissent le maintien de leurs privilèges.Les femmes n’y sont que des invitées, appelées à montrer patte blanche et s’adapter, au prix de contorsions épuisantes. À elles de sourire et de garder le silence pour n’embêter personne, dans un système qui sous-estime ce qu’elles font et ce qu’elles sont. De faire deux fois plus pour obtenir deux fois moins.Mais n’est-ce pas plutôt au monde du travail de s’adapter aux femmes ? De réinventer les règles pour plus de justice et de bien-être au bénéfice de toutes et de tous ? Le temps est venu d’en finir avec la culpabilité, d’ouvrir les yeux et de renverser la table.Photo © JP. Baltel.