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Des Nouvelles de Demain

Jean-Michel Severino - Au-delà de l'aide, le dialogue de sociétés à sociétés

Saison 2, Ep. 5

Pourquoi l’avenir de l’Afrique est-il au cœur de l’avenir du monde ? Faut-il aider les pays moins développés ? Comment construire un monde en commun ? Quelles leçons tirer d’une vie au service du développement ? Jean-Michel Severino, acteur reconnu et respecté des politiques publiques de développement, évoque, dans cet entretien, les enjeux du continent africain, et le défi, pour le monde, d’accueillir les transformations qui s’y jouent. Il partage son regard sur l’aide au développement, son sens, ses apports, ses limites, son horizon. Il termine par un sujet qui lui est cher : l’investissement à impact, pour accompagner une jeunesse africaine entreprenante, actrice de son avenir.

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  • 11. Philippe Descola - Chaque humain sur terre compose son monde

    43:37||Saison 3, Ep. 11
    Comment avons-nous rendu la terre de moins en moins habitable ? Comment arrêter la course vers l’abîme ? Et si les ontologies étaient au cœur des enjeux ? Philippe Descola, anthropologue, professeur émérite au collège de France, revient ici sur le fil conducteur de ses recherches, depuis sa rencontre avec les Indiens Achuar jusqu’à sa mobilisation dans la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes : le changement de paradigmes indispensable pour sortir de l’impasse. Il nous explique la nécessité de dépasser le dualisme nature / culture, les rapports entre les humains et les non humains variant selon des modes d’identification qu’il regroupe en quatre ontologies (totémisme, animisme, analogisme et naturalisme). Si chaque humain compose son monde à partir de la culture dans laquelle il baigne, des expériences et des socialisations vécues, il reste qu’en occident, le naturalisme est déterminant, pesant sur les comportements de destruction du vivant. Les mots, les concepts, inadaptés aux réalités, enferment nos pensées et guident notre manière d’habiter le monde. Et même si le grand partage est de moins en moins clair, du chemin reste à parcourir pour traiter avec respect le vivant qui nous entoure. Heureusement, l’espoir vient des marges, et de la capacité qui s’y déploie d’inventer rapidement de nouveaux mondes.
  • 10. Sophie Swaton - Transition intérieure et transition écologique

    49:24||Saison 3, Ep. 10
    Pourquoi est-il urgent de changer de paradigme économique ? Comment faire mieux avec moins ? Comment concilier économie et écologie ? Philosophe et économiste alliant la théorie à la pratique, Sophie Swaton se place du côté de l’économie hétérodoxe. Elle revient dans cet entretien sur l’enjeu de se reconnecter au vivant pour vivre et produire autrement. Il est urgent d’accélérer la transition économique, et donc de développer de nouveaux modèles de production qui préservent les ressources et contribuent à la transition écologique. Elle nous explique comment la transition économique repose avant tout sur une transition intérieure, face à l’assèchement de nos imaginations et à l’incapacité d’entrevoir des solutions. Redonner une valeur intrinsèque à la nature, tester un revenu de transition écologique, miser sur l’amour du territoire et la puissance de l’interconnexion, telles sont quelques pistes qu’elle évoque. 
  • 9. Patrick Chamoiseau - Face à l'impensable, vivre en état poétique

    58:13||Saison 3, Ep. 9
    Comment se libérer du grand récit occidental qui encapsule le réel planétaire ? En redonnant au poétique toute sa place, lui qui fait surgir du réel une multiplicité de possibles. Dans le cadre d’existence planétaire qui est le nôtre, dominé depuis cinq siècles par le système capitaliste qui a « chaussé les souliers du colonialisme et transformé la mondialisation en globalisation économique », Patrick Chamoiseau montre comment le poétique a été nié et recouvert par du prosaïque. L’obscurantisme s’est installé, produisant partout de l’inconcevable, de l’impensable. L’urgence est aujourd’hui de remettre du poétique dans nos vies. Car le poétique est ce qui fait notre humanité, notre capacité à créer. À l’image du conteur créole dans les plantations, l’art, quel qu’il soit, stimule le sensible, ouvre des possibles et redonne une puissance créatrice. Aussi, Patrick Chamoiseau nous invite à être attentif au réel, à se relier aux autres et au vivant, et à vivre la relation dans toutes ses diversités, dans le droit à l’opacité, jusqu’à la quintessence. Il nous parle en passant de ses relations à Aimé Césaire, Édouard Glissant et Edgar Morin, entre admiration et profonde amitié. 
  • 8. Bernard Stiegler - Retrouver Bernard Stiegler

    54:46||Saison 3, Ep. 8
    Retrouver Bernard Stiegler (archive – 2018). Retrouver Bernard Stiegler, c’est retrouver une voix qui nous manque, parce qu’elle aidait à comprendre un monde qui accélère, qui déborde, qui nous prend de vitesse. Pourquoi sa pensée était-elle si précieuse pour lire notre époque en mutation. Parce qu’il ne cherchait ni à rassurer ni à simplifier, mais à nommer ce qui nous arrive, avec une exigence intellectuelle rare. Né dans un milieu modeste, passé par la prison, où la philosophie fut pour lui un basculement, Bernard Stiegler a construit une œuvre qui n’a cessé de mettre la technique, le temps, l’économie et la démocratie en tension, pour poser une question centrale : comment ne pas devenir fous dans un monde qui perd ses repères.Il nous a quittés le 5 août 2020, quinze jours avant un rendez-vous d’enregistrement qui devait avoir lieu lors du premier festival Agir pour le vivant. Le rendez-vous n’a pas eu lieu. Mais une chance demeure : un échange enregistré en 2018 lors de la Nuit des idées, organisée sur le campus de l’IRD à Bondy. Il était venu en voisin et s’était prêté, avec une grande générosité, à une discussion passionnante qui s’était prolongée tard dans la nuit. C’est cet échange que nous partageons aujourd’hui.Dans cet épisode, Bernard Stiegler éclaire ce qu’il appelle la disruption, une accélération technologique devenue stratégie, qui désorganise les systèmes sociaux, crée des vides juridiques et installe une incertitude généralisée. Il met des mots sur la prolétarisation, cette perte de savoirs et de puissance d’agir, et plaide pour une bifurcation, en réinvestissant les territoires, en reconstruisant des capacités, et en inventant une économie contributive capable de lutter contre l’entropie sociale, écologique et informationnelle. Merci à l’IRD de nous permettre, à travers cette archive précieuse, de réentendre une voix si brillante, engagée et indispensable pour penser les défis contemporains. Merci Bernard Stiegler de continuer à nous réveiller.
  • 7. François Hartog - Nous sommes entrés dans une brèche du temps

    44:28||Saison 3, Ep. 7
    Qu'est ce qu'une brèche temporelle ? Qu'est ce que le présentisme ? Comment sommes nous entrés dans ce temps inédit ? Comment en sortir ? François Hartog, historien et universitaire, évoque dans cet entretien les différentes formes de rapport au temps qu'il nomme régime d'historicité. Il nous parle de présentisme pour en qualifier la forme contemporaine. Une forme où le passé ne nous éclaire plus, où le futur n'est plus une force d'entraînement et où l'inhumain se déploie de manière inédite. Dans ce présentisme, il nous reste à sauver la dignité humaine.
  • 6. Catherine Larrère - Renoncer aux idées qui gouvernent nos vies

    58:47||Saison 3, Ep. 6
    Comment expliquer notre course effrénée vers la destruction du vivant ? D’où vient-elle et comment a-t-elle évolué au fil de la période moderne ? Comment sortir de cette impasse ? Catherine Larrère est professeure émérite, philosophe de l’environnement et écoféministe. Elle analyse l’évolution de notre rapport à l’environnement et l’imaginaire occidental de la maîtrise de la nature. Qu’il est difficile de contredire cette croyance qu’est la croissance ! Qu’il est difficile de penser contre les idées qui gouvernent nos vies ! Ne soyons pas pour autant catastrophistes. Explorons ces initiatives qui réparent la Terre par le bas.
  • 5. Olivier Hamant - On a perdu le contrôle, il faut tout inverser

    41:00||Saison 3, Ep. 5
    Et si la performance était un concept dépassé ? Et si la clé résidait désormais dans la robustesse ? Et s'il fallait tout réinventer pour retisser des liens et apprendre à coopérer ? Olivier Hamant, biologiste et biophysicien, invite à questionner la notion de performance. Ce qu'elle dit du monde dans lequel elle s'est déployée et montre pourquoi il est urgent de l'abandonner. Il propose de miser sur la robustesse pour faire émerger un modèle de société s'inspirant du vivant, cultivant la qualité des liens, la diversité, la lenteur et l'humilité.
  • 4. Geneviève Pruvost - Se réapproprier la subsistance

    01:02:58||Saison 3, Ep. 4
    En substituant la cellule nucléaire à la maisonnée, et en transformant l’humain en consommateur, le capitalisme industriel a réussi à nous persuader que la société marchande pouvait remplacer les sociétés de subsistance, pourtant éminemment durables. Comment se réapproprier la subsistance ? Comment faire de cet objectif une forme de résistance ? Pourquoi le quotidien est-il politique ? Telles sont les questions qu’aborde Geneviève Pruvost, sociologue des modes de vie écologiques, du genre, du travail et de l'écoféminisme, qui étudie, documente et théorise les modes de vie alternatifs fondés sur la subsistance. La subsistance, c’est la capacité à pouvoir assouvir ses besoins élémentaires à partir de ses milieux de vie, en lien très fort avec la terre.  Aujourd’hui, à l’instar de modes de vie de pays du sud, des communautés sont en train de réinventer la subsistance, de créer ces richesses qu’on ne peut compter avec nos outils de mesure traditionnels. Geneviève Pruvost les étudie à l’aide de l’ethno-comptabilité, une méthode d’analyse du réel qui sert à rendre visible ce qui ne l’est pas, qui s’intéresse au quotidien des personnes, en rendant visibles les échanges qui font le tissu de la vie. Elle montre comment il est possible de résister depuis la subsistance, de vivre autrement, en dehors du modèle hégémonique de la société de consommation. 
  • 3. David Abram - Marcher dans le monde avec joie

    40:24||Saison 3, Ep. 3
    Pourquoi un jour la Terre s’est-elle tue ? Pourquoi n’entendons-nous plus les voix de la forêt ? Pourquoi ne savons-nous plus admirer la beauté ? À ces questions essentielles, David Abraham, géophilosophe aux mille vies, apporte ici quelques réponses, évoquant notamment le rôle de l’écriture, qui nous a éloignés de l’expérience sensible. Il explore comment la culture de l’oralité peut nous aider à renouer avec notre capacité d’émerveillement et nous initie à marcher dans le monde avec sensibilité et gratitude pour sa sublime beauté.