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Des Nouvelles de Demain

Bernard Stiegler - Retrouver Bernard Stiegler

Saison 3, Ep. 8

Retrouver Bernard Stiegler (archive – 2018). Retrouver Bernard Stiegler, c’est retrouver une voix qui nous manque, parce qu’elle aidait à comprendre un monde qui accélère, qui déborde, qui nous prend de vitesse. Pourquoi sa pensée était-elle si précieuse pour lire notre époque en mutation. Parce qu’il ne cherchait ni à rassurer ni à simplifier, mais à nommer ce qui nous arrive, avec une exigence intellectuelle rare. Né dans un milieu modeste, passé par la prison, où la philosophie fut pour lui un basculement, Bernard Stiegler a construit une œuvre qui n’a cessé de mettre la technique, le temps, l’économie et la démocratie en tension, pour poser une question centrale : comment ne pas devenir fous dans un monde qui perd ses repères.


Il nous a quittés le 5 août 2020, quinze jours avant un rendez-vous d’enregistrement qui devait avoir lieu lors du premier festival Agir pour le vivant. Le rendez-vous n’a pas eu lieu. Mais une chance demeure : un échange enregistré en 2018 lors de la Nuit des idées, organisée sur le campus de l’IRD à Bondy. Il était venu en voisin et s’était prêté, avec une grande générosité, à une discussion passionnante qui s’était prolongée tard dans la nuit. C’est cet échange que nous partageons aujourd’hui.


Dans cet épisode, Bernard Stiegler éclaire ce qu’il appelle la disruption, une accélération technologique devenue stratégie, qui désorganise les systèmes sociaux, crée des vides juridiques et installe une incertitude généralisée. Il met des mots sur la prolétarisation, cette perte de savoirs et de puissance d’agir, et plaide pour une bifurcation, en réinvestissant les territoires, en reconstruisant des capacités, et en inventant une économie contributive capable de lutter contre l’entropie sociale, écologique et informationnelle. Merci à l’IRD de nous permettre, à travers cette archive précieuse, de réentendre une voix si brillante, engagée et indispensable pour penser les défis contemporains. Merci Bernard Stiegler de continuer à nous réveiller.

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  • 9. Patrick Chamoiseau - Face à l'impensable, vivre en état poétique

    58:13||Saison 3, Ep. 9
    Comment se libérer du grand récit occidental qui encapsule le réel planétaire ? En redonnant au poétique toute sa place, lui qui fait surgir du réel une multiplicité de possibles. Dans le cadre d’existence planétaire qui est le nôtre, dominé depuis cinq siècles par le système capitaliste qui a « chaussé les souliers du colonialisme et transformé la mondialisation en globalisation économique », Patrick Chamoiseau montre comment le poétique a été nié et recouvert par du prosaïque. L’obscurantisme s’est installé, produisant partout de l’inconcevable, de l’impensable. L’urgence est aujourd’hui de remettre du poétique dans nos vies. Car le poétique est ce qui fait notre humanité, notre capacité à créer. À l’image du conteur créole dans les plantations, l’art, quel qu’il soit, stimule le sensible, ouvre des possibles et redonne une puissance créatrice. Aussi, Patrick Chamoiseau nous invite à être attentif au réel, à se relier aux autres et au vivant, et à vivre la relation dans toutes ses diversités, dans le droit à l’opacité, jusqu’à la quintessence. Il nous parle en passant de ses relations à Aimé Césaire, Édouard Glissant et Edgar Morin, entre admiration et profonde amitié. 
  • 7. François Hartog - Nous sommes entrés dans une brèche du temps

    44:28||Saison 3, Ep. 7
    Qu'est ce qu'une brèche temporelle ? Qu'est ce que le présentisme ? Comment sommes nous entrés dans ce temps inédit ? Comment en sortir ? François Hartog, historien et universitaire, évoque dans cet entretien les différentes formes de rapport au temps qu'il nomme régime d'historicité. Il nous parle de présentisme pour en qualifier la forme contemporaine. Une forme où le passé ne nous éclaire plus, où le futur n'est plus une force d'entraînement et où l'inhumain se déploie de manière inédite. Dans ce présentisme, il nous reste à sauver la dignité humaine.
  • 6. Catherine Larrère - Renoncer aux idées qui gouvernent nos vies

    58:47||Saison 3, Ep. 6
    Comment expliquer notre course effrénée vers la destruction du vivant ? D’où vient-elle et comment a-t-elle évolué au fil de la période moderne ? Comment sortir de cette impasse ? Catherine Larrère est professeure émérite, philosophe de l’environnement et écoféministe. Elle analyse l’évolution de notre rapport à l’environnement et l’imaginaire occidental de la maîtrise de la nature. Qu’il est difficile de contredire cette croyance qu’est la croissance ! Qu’il est difficile de penser contre les idées qui gouvernent nos vies ! Ne soyons pas pour autant catastrophistes. Explorons ces initiatives qui réparent la Terre par le bas.
  • 5. Olivier Hamant - On a perdu le contrôle, il faut tout inverser

    41:00||Saison 3, Ep. 5
    Et si la performance était un concept dépassé ? Et si la clé résidait désormais dans la robustesse ? Et s'il fallait tout réinventer pour retisser des liens et apprendre à coopérer ? Olivier Hamant, biologiste et biophysicien, invite à questionner la notion de performance. Ce qu'elle dit du monde dans lequel elle s'est déployée et montre pourquoi il est urgent de l'abandonner. Il propose de miser sur la robustesse pour faire émerger un modèle de société s'inspirant du vivant, cultivant la qualité des liens, la diversité, la lenteur et l'humilité.
  • 4. Geneviève Pruvost - Se réapproprier la subsistance

    01:02:58||Saison 3, Ep. 4
    En substituant la cellule nucléaire à la maisonnée, et en transformant l’humain en consommateur, le capitalisme industriel a réussi à nous persuader que la société marchande pouvait remplacer les sociétés de subsistance, pourtant éminemment durables. Comment se réapproprier la subsistance ? Comment faire de cet objectif une forme de résistance ? Pourquoi le quotidien est-il politique ? Telles sont les questions qu’aborde Geneviève Pruvost, sociologue des modes de vie écologiques, du genre, du travail et de l'écoféminisme, qui étudie, documente et théorise les modes de vie alternatifs fondés sur la subsistance. La subsistance, c’est la capacité à pouvoir assouvir ses besoins élémentaires à partir de ses milieux de vie, en lien très fort avec la terre.  Aujourd’hui, à l’instar de modes de vie de pays du sud, des communautés sont en train de réinventer la subsistance, de créer ces richesses qu’on ne peut compter avec nos outils de mesure traditionnels. Geneviève Pruvost les étudie à l’aide de l’ethno-comptabilité, une méthode d’analyse du réel qui sert à rendre visible ce qui ne l’est pas, qui s’intéresse au quotidien des personnes, en rendant visibles les échanges qui font le tissu de la vie. Elle montre comment il est possible de résister depuis la subsistance, de vivre autrement, en dehors du modèle hégémonique de la société de consommation. 
  • 3. David Abram - Marcher dans le monde avec joie

    40:24||Saison 3, Ep. 3
    Pourquoi un jour la Terre s’est-elle tue ? Pourquoi n’entendons-nous plus les voix de la forêt ? Pourquoi ne savons-nous plus admirer la beauté ? À ces questions essentielles, David Abraham, géophilosophe aux mille vies, apporte ici quelques réponses, évoquant notamment le rôle de l’écriture, qui nous a éloignés de l’expérience sensible. Il explore comment la culture de l’oralité peut nous aider à renouer avec notre capacité d’émerveillement et nous initie à marcher dans le monde avec sensibilité et gratitude pour sa sublime beauté.
  • 2. Achille Mbembre Aurélie Gal-Regniez Rémy Rioux - Vers un monde sans aide ?

    01:20:58||Saison 3, Ep. 2
    Sommes-nous à la fin de l’aide ? Mais que signifie vraiment l’aide ? La fin de l’aide, est-ce la fin du don ? Ne faut-il pas sauver le don pour relier une communauté terrestre ? Le débat sur la fin de l’aide revient aujourd’hui en force, nourri par le repli sur soi et le néo-souverainisme. Alors que le sens de ce concept et l’ambiguïté de son lexique interrogent, nous accueillons pour en débattre Aurélie Gal-Régniez, directrice générale d’Equipop, Rémy Rioux, directeur général du groupe AFD, et Achille Mbembe, philosophe, historien et directeur général de la Fondation de l’innovation pour la démocratie.
  • 1. Raphaël Imbert Marie-Cécile Zinsou - Comment l'art nous aide à vivre

    01:19:50||Saison 3, Ep. 1
    Qu'est ce qu'une société privée de son patrimoine ? Que révèle la puissance de l'art de notre condition humaine ? Quelle place joue l'art dans notre monde déboussolé ? À l'heure où les restitutions d'objets d'art ouvrent une page de reconquête de la mémoire historique et une réaffirmation de la souveraineté culturelle, nous évoquons le rôle essentiel de l'art dans la société avec Marie-Cécile Zinsou, fondatrice et directrice de la Fondation Zinsou, et Raphaël Imbert, saxophoniste, improvisateur, directeur du tout nouveau campus Art Méditerranée et acteur engagé de la vie culturelle marseillaise.