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Daronnades de comptoir

Vacances : je profite de mes enfants ou j’en profite pour me reposer ?

Saison 2, Ep. 17

L’autrice raconte un après-midi de vacances où, alors qu’elle profitait de dix minutes de lecture pendant que ses enfants jouaient seuls, son fils est venu lui montrer une construction avant de repartir jouer sans rien demander de plus, lui faisant réaliser que sa simple présence disponible avait déjà de la valeur.


À partir de là, l’épisode explore la tension entre vouloir du temps avec ses enfants et vouloir du repos pendant les vacances, la performance parentale qui s’est installée autour de l’été, et pourquoi une mère qui s’autorise à se reposer offre souvent une présence plus vraie qu’une mère épuisée qui a tout fait avec ses enfants.


Sources : la contagion émotionnelle est un concept étudié notamment par les psychologues Elaine Hatfield, John Cacioppo et Richard Rapson dans leur ouvrage Emotional Contagion publié par Cambridge University Press en 1993.

Daronnades de comptoir, c'est un podcast fait par une daronne qui se pose plein de questions.

Je suis Mouna Mkinsi, et chaque épisode, je prends un paradoxe de parent, je le retourne dans tous les sens avec mes propres contradictions, je le nourris de recherches et d'études, et je vous le rends tel quel : pas résolu, mais exploré à fond. 

En quelques minutes. Parce que le temps des parents, ça ne se gaspille pas.


Bonne écoute :) 


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  • 24. Est-ce qu’on idéalise les autres familles ?

    07:53||Saison 2, Ep. 24
    En apprenant que la famille qu’elle imaginait épanouie était en train de divorcer, l’autrice réalise qu’elle a construit un roman entier à partir d’un sourire sur un trottoir. L’épisode s’appuie sur la théorie de la comparaison sociale de Leon Festinger pour expliquer pourquoi ce réflexe est universel et automatique, sur les travaux de Lee Ross sur l’erreur fondamentale d’attribution pour comprendre pourquoi on compare toujours nos coulisses à la façade des autres, et sur un paradoxe documenté par le psychologue Roy Baumeister : les familles qu’on idéalise le plus sont souvent celles qui investissent le plus dans la gestion de leur image, pas celles qui ont objectivement le moins de difficultés.Sources : - Festinger, L. (1954). A theory of social comparison processes. Human Relations, 7(2), 117–140. - Ross, L. (1977). The intuitive psychologist and his shortcomings: Distortions in the attribution process. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology, Vol. 10, pp. 173–220. Academic Press. - Baumeister, R. F. (1982). A self-presentational view of social phenomena. Psychological Bulletin, 91(1), 3–26. (gestion des impressions et image sociale)
  • 23. Je veux qu’il soit heureux

    09:35||Saison 2, Ep. 23
    Un samedi soigneusement organisé ne produit pas plus de joie qu’un dimanche pluvieux avec des boîtes en carton. Cette observation amène l’autrice à questionner ce qu’elle entend vraiment par “je veux qu’il soit heureux”. L’épisode s’appuie sur le modèle PERMA de Martin Seligman pour distinguer le bonheur hédonique, fait de plaisirs immédiats, du bien-être eudémonique, plus profond et plus durable, sur l’adaptation hédonique décrite par Brickman et Campbell pour expliquer pourquoi chaque expérience extraordinaire élève le référentiel de l’enfant, et sur un paradoxe documenté par la psychologue Iris Mauss : plus on valorise le bonheur comme objectif, moins on y accède.Sources : - Seligman, M. E. P. (2011). Flourish: A Visionary New Understanding of Happiness and Well-being. Free Press. (modèle PERMA et distinction bonheur hédonique / eudémonique) - Diener, E. (1984). Subjective well-being. Psychological Bulletin, 95(3), 542–575. (bien-être subjectif et adaptation hédonique) - Brickman, P., & Campbell, D. T. (1971). Hedonic relativism and planning the good life. In M. H. Appley (Ed.), Adaptation Level Theory. Academic Press. (tapis roulant hédonique) - Mauss, I. B., Tamir, M., Anderson, C. L., & Savino, N. S. (2011). Can seeking happiness make people unhappy? Paradoxical effects of valuing happiness. Emotion, 11(4), 807–815. (paradoxe de la poursuite du bonheur)
  • 22. Les conseils non sollicités, pourquoi ça fait autant de mal ?

    09:12||Saison 2, Ep. 22
    Une remarque bienveillante sur la façon dont l’autrice gère une crise de son fils tombe exactement sur sa zone de doute la plus vive, et met deux jours à s’évacuer. À partir de là, l’épisode s’appuie sur la théorie de l’autodétermination d’Edward Deci et Richard Ryan pour expliquer pourquoi un conseil non sollicité est perçu par le cerveau comme une menace à l’autonomie, sur les travaux de Jack Brehm sur la réactance psychologique pour comprendre pourquoi on résiste même aux bons conseils, et sur un paradoxe documenté par le psychologue Abraham Tesser : le conseil de quelqu’un qui nous aime fait plus mal que le même conseil d’un inconnu, précisément parce que sa connaissance de nous lui retire le bénéfice du doute.Sources : - Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic Motivation and Self-Determination in Human Behavior. Springer. (théorie de l’autodétermination et besoin d’autonomie) - Brehm, J. W. (1966). A Theory of Psychological Reactance. Academic Press. (réactance psychologique face aux menaces à la liberté d’action) - Tesser, A. (1988). Toward a self-evaluation maintenance model of social behavior. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology, Vol. 21, pp. 181–227. Academic Press. (les comparaisons avec des proches menacent davantage l’auto-évaluation que les comparaisons avec des inconnus)
  • 21. Je veux lui transmettre la confiance en soi, mais est-ce que j’en ai moi-même ?

    09:42||Saison 2, Ep. 21
    Quand son fils hésite au bord d’un groupe d’enfants dans un parc, l’autrice lui dit d’y aller, tout en sachant qu’elle-même aurait fait le tour et trouvé un banc libre. À partir de cette scène, elle interroge la tension entre la confiance qu’on veut transmettre et celle qu’on a réellement, la distinction que le psychologue Albert Bandura établit entre les différents domaines où s’exerce la confiance, et un paradoxe mis en évidence par la recherche : les enfants apprennent davantage à traverser l’inconfort en regardant un adulte le traverser honnêtement qu’en regardant quelqu’un faire comme si l’inconfort n’existait pas.Sources : - Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. - Harter, S. (1985). The Self-Perception Profile for Children. University of Denver. - Kagan, J., Reznick, J. S., & Snidman, N. (1988). Biological bases of childhood shyness. Science, 240(4849), 167–171. - Zimbardo, P. G. (1977). Shyness: What It Is, What to Do About It. Addison-Wesley. (environ 40 % des adultes se décrivent comme timides) - Meichenbaum, D. H. (1971). Examination of model characteristics in reducing avoidance behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 17(3), 298–307.
  • 20. Aurais-je fait les mêmes choix si j’avais été un homme ?

    07:36||Saison 2, Ep. 20
    En observant que son mari a continué sa carrière comme avant la naissance de leur fils alors qu’elle a, elle, ajusté la sienne sans que personne n’ait vraiment décidé de cette répartition, l’autrice se demande honnêtement si elle aurait pris les mêmes décisions en tant que père.L’épisode s’appuie sur le concept sociologique du “maternal wall” pour montrer que les structures professionnelles et sociales ne soumettent pas les mères et les pères aux mêmes calculs, avant de chercher à distinguer, dans ses propres renoncements, ce qui relevait d’un vrai choix et ce qui relevait d’une adaptation à un contexte inégal.Sources : Le terme “maternal wall” cité dans l’épisode a été popularisé par Joan C. Williams, professeure de droit à l’université de Californie, Hastings College of the Law : Unbending Gender : Why Family and Work Conflict and What to Do About It, publié par Oxford University Press en l’an 2000The Maternal Wall, publié dans la Harvard Business Review en 2004.
  • 19. Est-ce que je félicite trop mon enfant ?

    07:47||Saison 2, Ep. 19
    Devant un dessin de bonhomme tout simple, l’autrice s’entend dire “c’est magnifique” par réflexe, avant de se demander si féliciter sans distinction n’a pas fini par priver son fils de la capacité à distinguer ce qui mérite vraiment d’être célébré.L’épisode s’appuie sur les recherches de la psychologue Carol Dweck sur les états d’esprit fixe et de croissance pour expliquer pourquoi féliciter les capacités plutôt que les efforts peut fragiliser un enfant face à la difficulté, avant d’explorer comment l’autrice essaie désormais de féliciter moins mais avec plus de précision.Sources : L'étude de Claudia M. Mueller et Carol S. Dweck intitulée Praise for intelligence can undermine children’s motivation and performance, publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology en 1998, L’ouvrage de synthèse de Carol S. Dweck, Mindset : The New Psychology of Success, publié chez Random House en 2006.
  • 18. Est-ce que je dois parler d’argent à mon enfant ?

    06:28||Saison 2, Ep. 18
    Quand son fils lui demande combien elle gagne, l’autrice réalise qu’elle ne sait pas si elle doit répondre, un blocage qu’elle relie au silence total sur l’argent dans lequel elle a elle-même grandi.L’épisode explore pourquoi l’argent reste un sujet tabou en France à travers toutes les classes sociales, comment les enfants construisent malgré tout des croyances sur l’argent dès le plus jeune âge à partir de ce qu’ils observent plutôt que de ce qu’on leur dit, et comment elle a commencé à intégrer l’argent dans des conversations ordinaires plutôt que dans un grand discours ou dans un silence gêné.Sources : travaux du psychologue financier américain Brad Klontz.
  • 16. Ai-je le droit d’être ambitieuse et bonne mère en même temps ?

    06:43||Saison 2, Ep. 16
    Dans cet épisode, l’autrice raconte comment une opportunité professionnelle l’a amenée à calculer, avant même d’avoir décidé si elle voulait la saisir, tout l’impact que ce choix aurait sur son fils, un calcul que son mari, dans la même situation, n’aurait probablement pas fait en premier. À partir de cette anecdote, elle explore pourquoi l’ambition maternelle reste suspecte alors que l’ambition paternelle est valorisée, ce que la culpabilité préventive coûte réellement à la qualité de présence auprès des enfants, et comment elle a appris à mettre la décision avant la culpabilité plutôt que l’inverse.