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Daronnades de comptoir
Je lui demande de gérer ses émotions alors que moi je n'y arrive pas
Cet épisode part d'une incohérence que beaucoup de parents reconnaissent : exiger des enfants une régulation émotionnelle qu'on ne parvient pas soi-même à maintenir.
Les neurosciences du développement sont claires : la régulation se construit par co-régulation, et le calme du parent est le filet de l'enfant. Mais les mêmes chercheurs disent aussi quelque chose de moins entendu : une rupture réparée, un parent qui revient et dit « j'ai réagi trop fort, c'était moi », enseigne à l'enfant quelque chose que la perfection ne peut pas enseigner.
On y parle de la pression créée par la parentalité positive sur la maîtrise émotionnelle parentale, des patterns qui expliquent nos propres déraillements (fatigue, surcharge, ressources épuisées), et de ce que la recherche appelle la réparation relationnelle, apprentissage actif qui renforce la tolérance de l'enfant à l'incertitude.
Sources et références
- Siegel, D. J., & Hartzell, M. (2003). Parenting from the Inside Out. Tarcher/Penguin.
- Porges, S. W. (2011). The Polyvagal Theory: Neurophysiological Foundations of Emotions, Attachment, Communication, and Self-regulation. Norton.
- Tronick, E. (2007). The Neurobehavioral and Social-Emotional Development of Infants and Children. Norton. (Sur la rupture et la réparation dans les interactions parent-enfant.)
- Schore, A. N. (2003). Affect Dysregulation and Disorders of the Self. Norton. (Sur la co-régulation et le développement du système nerveux autonome.)
- Gross, J. J. (2002). « Emotion regulation: Affective, cognitive, and social consequences ». Psychophysiology, 39(3), 281-291.
Daronnades de comptoir, c'est un podcast fait par une daronne qui se pose plein de questions.
Je suis Mouna Mkinsi, et chaque épisode, je prends un paradoxe de parent, je le retourne dans tous les sens avec mes propres contradictions, je le nourris de recherches et d'études, et je vous le rends tel quel : pas résolu, mais exploré à fond.
En quelques minutes. Parce que le temps des parents, ça ne se gaspille pas.
Bonne écoute :)
Si ces réflexion résonnent, partagez-les autour de vous.
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Je vous attends ❤️
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16. Ai-je le droit d’être ambitieuse et bonne mère en même temps ?
06:43||Saison 2, Ep. 16Dans cet épisode, l’autrice raconte comment une opportunité professionnelle l’a amenée à calculer, avant même d’avoir décidé si elle voulait la saisir, tout l’impact que ce choix aurait sur son fils, un calcul que son mari, dans la même situation, n’aurait probablement pas fait en premier. À partir de cette anecdote, elle explore pourquoi l’ambition maternelle reste suspecte alors que l’ambition paternelle est valorisée, ce que la culpabilité préventive coûte réellement à la qualité de présence auprès des enfants, et comment elle a appris à mettre la décision avant la culpabilité plutôt que l’inverse.
15. Est-ce que j’ai transmis mes peurs à mes enfants sans m’en rendre compte ?
05:29||Saison 2, Ep. 15En observant son fils effacer et recommencer un devoir par peur que ce ne soit pas bien, l’autrice reconnaît dans son visage sa propre peur de l’échec, ce qui la pousse à se demander si on transmet nos peurs à nos enfants sans le savoir et si cette transmission peut être interrompue. L’épisode s’appuie sur le mécanisme de l’apprentissage par observation, par lequel un enfant apprend ce qui est dangereux en regardant la réaction des adultes plutôt qu’en vivant lui-même la situation, et explore la différence entre les peurs transmises comme des fardeaux et celles transmises comme des ressources, selon qu’on les nomme ou non.
14. Pourquoi les grandes questions arrivent toujours à 21h30 ?
05:49||Saison 2, Ep. 14Alors qu’elle espérait un peu de soirée tranquille, l’autrice se retrouve avec une question sur la mort posée depuis le noir de la chambre de son fils, ce qui l’amène à observer que les grandes questions existentielles n’arrivent jamais le matin ni dans la voiture, mais toujours à ce moment précis du coucher. L’épisode explore l’explication neurologique du mode par défaut du cerveau qui remonte les pensées non traitées de la journée une fois les stimulations arrêtées, la dimension du coucher comme seul moment de disponibilité totale du parent, et la tension entre vouloir préserver sa soirée et vouloir vraiment recevoir ces questions plutôt que les remettre à demain.
13. Comment gérer les grands-parents qui contredisent nos règles ?
06:24||Saison 2, Ep. 13Quand sa mère donne du chocolat à son fils avant le repas en disant qu’une fois ça ne fait pas de mal, l’autrice raconte comment son fils a vite compris qu’il existait un tribunal d’appel familial où ses refus pouvaient être contournés. L’épisode distingue les règles de confort, qu’on peut laisser assouplir chez les grands-parents, et les règles de fond touchant aux valeurs ou à la sécurité, qui méritent une conversation directe avec eux, tout en interrogeant ce que les grands-parents apportent de précieux et d’irremplaçable en étant, justement, différents des parents.
12. La charge mentale parentale, jusqu’où est-elle inévitable ?
06:37||Saison 2, Ep. 12En vacances depuis seulement trois jours, l’autrice se surprend à planifier mentalement la rentrée scolaire alors que celle-ci a lieu un mois plus tard, ce qui la pousse à interroger pourquoi cette anticipation permanente semble n’habiter qu’elle dans son couple.L’épisode distingue la charge cognitive de planification et la charge émotionnelle de responsabilité affective de toute la famille, retrace la popularisation du concept de charge mentale par la bande dessinée d’Emma en 2017, et explore comment la difficulté à déléguer peut elle-même entretenir le cercle qu’on dit vouloir briser.
11. Dois-je dire à mon fils de se défendre, même si je ne veux pas qu’il se batte ?
08:05||Saison 2, Ep. 11Après une bagarre à la récré où son fils s’est défendu en se battant pour de vrai, l’autrice raconte avoir réalisé qu’elle lui adressait depuis longtemps deux messages contradictoires, défends-toi d’un côté et ne te bats jamais de l’autre, sans jamais avoir résolu cette tension pour elle-même.L’épisode explore la distinction psychologique entre passivité, agressivité et assertivité, le décalage entre ce qu’on demande à un enfant de sept ans en pleine cour de récré et ce que sa maîtrise émotionnelle lui permet réellement de faire, ainsi que l’évolution culturelle qui traite aujourd’hui de la même façon celui qui frappe en premier et celui qui riposte.
10. Doit-on forcer ses enfants à manger ?
09:40||Saison 2, Ep. 10Les carottes sont dans l'assiette depuis quarante minutes. Et je me demande, comme tous les soirs ou presque, si ce soir c'est le soir où je tiens ou le soir où je laisse tomber.Dans cet épisode, j'explore le modèle du partage des responsabilités en alimentation, la différence entre caprice et néophobie alimentaire, et ce que les batailles autour de la nourriture enseignent vraiment à nos enfants.Est-ce qu'on peut poser un cadre alimentaire sans transformer chaque dîner en champ de bataille ? Et est-ce que parfois, l'enjeu c'est nous, pas les carottes ?SOURCES1. Modèle de partage des responsabilités alimentaires développé par la diététicienne Ellyn Satter : le parent décide quoi, quand et où ; l'enfant décide combien et si.2. Études en pédiatrie sur la néophobie alimentaire comme comportement développemental normal touchant la majorité des enfants entre 2 et 10 ans.3. Recherches montrant que la pression parentale autour de la nourriture est un facteur qui prolonge et aggrave la néophobie alimentaire, et que l'exposition répétée sans pression est l'approche la plus efficace sur le long terme.
9. Est-ce que je projette mon rapport à l'école sur mon fils sans m'en rendre compte ?
09:05||Saison 2, Ep. 9Mon fils a eu une mauvaise note.Ma réaction : quelque chose de vieux et de disproportionné qui remonte sans prévenir.Dans cet épisode, j'explore le phénomène de transmission transgénérationnelle autour de l'école : comment notre propre vécu d'élève colore, sans qu'on le veuille, notre façon de réagir à la scolarité de nos enfants.La mauvaise note qui déclenche en nous une anxiété qu'eux n'ont pas. Le commentaire d'un prof qui réactive quelque chose d'ancien.Et ce qu'on peut faire, concrètement, pour leur laisser vivre leur propre rapport à l'école.SOURCES1. Recherches en psychologie clinique sur le surinvestissement émotionnel des parents ayant eu une scolarité difficile et ses effets paradoxaux sur l'enfant (surinvestissement ou désimplication de l'enfant en réponse à l'anxiété parentale).2. Travaux sur la transmission transgénérationnelle des représentations scolaires et leur impact sur la construction du rapport à l'apprentissage chez l'enfant.
8. Faire rater l'école pour aller en vacances moins cher : c'est OK ?
06:52||Saison 2, Ep. 8Un pote a fait rater l'école à ses enfants pour partir en vacances hors des créneaux officiels et économiser sur les billets.J'ai trouvé ça drôle et culotté. Et puis j'ai réfléchi.Dans cet épisode, j'explore ce que ce choix transmet vraiment à un enfant, notamment si on écrit une fausse justification devant lui. La question n'est pas de savoir si deux jours d'école en CE1 sont indispensables. C'est ce qu'on lui apprend sur le rapport aux règles collectives quand on les contourne en les cachant plutôt qu'en les assumant.SOURCES1. Données françaises sur l'absentéisme scolaire : les absences répétées et non encadrées ont un impact sur les apprentissages, mais deux ou trois jours d'absence isolées n'ont pas d'effet mesurable sur les résultats.2. Travaux en psychologie du développement moral sur la transmission par observation comportementale (ce que l'enfant apprend en regardant l'adulte gérer ses entorses aux règles).