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Daronnades de comptoir

Podcast participatif


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  • 5. Est-ce que mes amis sans enfants me comprennent encore ?

    08:57||Saison 2, Ep. 5
    Cet épisode explore ce que la parentalité fait aux amitiés, et notamment aux amitiés avec ceux qui n'ont pas fait ce chemin-là. La sociologie parle de similitude expérientielle : les amitiés les plus durables s'appuient sur des vécus parallèles. Quand ce n'est plus le cas, un fossé se crée. Mais ce fossé n'est pas à sens unique : les parents ne comprennent plus non plus tout ce que vivent leurs amis sans enfants.On parle aussi de ce que les recherches en sociologie des réseaux amicaux révèlent autour de la naissance du premier enfant, de ce qui distingue les amitiés qui résistent de celles qui s'étiolent, et de ce que donne un regard extérieur à la parentalité, une façon d'être vue qui ne réduit pas tout à ce rôle.Sources et référencesRawlins, W. K. (1992). Friendship Matters: Communication, Dialectics, and the Life Course. Aldine de Gruyter.Bhatti, M. et al. (2009). « 'I love being in the garden': Enchanting encounters in everyday life ». Social & Cultural Geography, 10(1), 61-76.Dykstra, P. A., & Voorpostel, M. (2011). « Friendship and kinship over the life course ». In Handbook of sociology of aging. Springer.Paul, M. (2004). Beyond Codependency: Getting Better All the Time. HarperCollins. (Sur les relations d'aide et la réciprocité dans les amitiés adultes.)Putnam, R. D. (2000). Bowling Alone: The Collapse and Revival of American Community. Simon & Schuster. (Sur l'effritement des liens sociaux et les transitions de vie.)

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  • 4. Est-ce que j'ai le droit de ne pas aimer jouer avec mon enfant ?

    08:26||Saison 2, Ep. 4
    Je n'aime pas jouer aux Lego. Je n'aime pas faire semblant d'être un dragon. J'aime mon fils, complètement. Mais jouer avec lui pendant des heures, non. Et pendant longtemps, j'en ai eu un peu honte.Cet épisode interroge ce tabou discret de la parentalité : a-t-on le droit de ne pas aimer jouer avec son enfant ? Et si on n'aime pas, est-ce qu'une présence contrainte vaut vraiment quelque chose ? La psychologie de l'attachement dit que ce dont les enfants ont besoin, c'est d'une présence attentive, pas d'un parent qui simule l'enthousiasme. Vingt minutes vraiment là valent souvent mieux que deux heures à moitié ailleurs.On explore aussi la pression culturelle qui pèse sur les mères pour performer un jeu parental enthousiaste, ce que les chercheurs disent sur la qualité de l'attention versus la quantité de temps partagé, et comment certains parents trouvent leurs propres formes de connexion, différentes du jeu, mais tout aussi réelles.Sources et référencesAinsworth, M. D. S., & Bell, S. M. (1970). « Attachment, exploration, and separation ». Child Development, 41(1), 49-67.Winnicott, D. W. (1975). Jeu et réalité. L'espace potentiel. Gallimard. (Sur le jeu, la présence parentale et l'espace transitionnel.)Landry, S. H. et al. (2001). « Does early responsive parenting have a special importance for children's development or is consistency across early childhood necessary? ». Developmental Psychology, 37(3), 387-403.Lancy, D. F. (2016). The Anthropology of Childhood: Cherubs, Chattel, Changelings. Cambridge University Press. (Sur les variations culturelles du jeu parent-enfant.)Sax, L. (2015). The Collapse of Parenting. Basic Books. (Sur la survalorisation du jeu parental dans la culture contemporaine.)
  • 3. Le copain de mon fils dit que sa maîtresse est nulle

    09:20||Saison 2, Ep. 3
    Cet épisode explore : quand un enfant critique un adulte en autorité devant nous, peut-on à la fois valider sa parole et maintenir un cadre de respect ? Défendre l'adulte par principe risque d'apprendre à l'enfant que son ressenti n'est pas fiable. Valider en bloc risque de saper tout rapport à l'autorité. Entre les deux, il y a peut-être une troisième voie : écouter vraiment avant de nuancer.On y parle aussi de l'évolution culturelle du rapport aux enseignants en France, de ce que la recherche en psychologie de l'éducation dit sur la relation parent-école, et du fait que cette relation est l'un des prédicteurs les plus solides de la réussite scolaire, bien au-delà de la qualité intrinsèque du professeur.Sources et référencesLahaye, M. et al. (2022). « Relation parent-enseignant et réussite scolaire : une méta-analyse ». Revue française de pédagogie.Grolnick, W. S., & Slowiaczek, M. L. (1994). « Parents' involvement in children's schooling: A multidimensional conceptualization and motivational model ». Child Development, 64(1), 237-252.Baumrind, D. (1991). « The influence of parenting style on adolescent competence and substance use ». Journal of Early Adolescence, 11(1), 56-95.Cyrulnik, B. (2004). Les Vilains Petits Canards. Odile Jacob. (Sur la construction de la résilience et le rôle de l'adulte de référence.)Honneth, A. (2000). La Lutte pour la reconnaissance. Cerf. (Sur la reconnaissance et le développement du jugement moral chez l'enfant.)
  • 2. Est-ce que ma mère avait raison sur tout ?

    10:44||Saison 1, Ep. 2
    Dans cet épisode, je pose la question : est-ce que je rejette les avis de ma mère parce qu'ils sont mauvais, ou parce que c'est elle qui les donne ? Est-ce que la même remarque, dite par une amie, m'aurait fait réfléchir plutôt que me braquer ?Parce que son regard est le plus chargé de tous, il porte notre histoire, nos vieilles disputes, les choses qu'on a mises des années à comprendre ou à pardonner. Et parfois, ce poids-là empêche d'entendre ce qui est juste.Ce n'est pas un épisode pour réconcilier qui que ce soit avec qui que ce soit. C'est un épisode pour regarder en face ce paradoxe : on veut l'approbation de sa mère et on rejette son avis. Ces deux choses ne sont pas compatibles, et on les veut quand même en même temps.Il y a aussi un angle qu'on oublie souvent : la difficulté d'être la mère dont les conseils ne sont jamais bienvenus. Ce doit être difficile, de regarder sa fille élever ses enfants et de sentir que son expérience est systématiquement dévalorisée.Au programme : ce que la transmission intergénérationnelle fait à notre façon de recevoir les conseils, pourquoi le filtre de la relation change tout au contenu du message, et comment séparer le fond de la forme quand c'est sa propre mère qui parle.Sources et référencesTransmission intergénérationnelle et parentalitéFraiberg, S., Adelson, E., & Shapiro, V. (1975). Ghosts in the nursery : A psychoanalytic approach to the problems of impaired infant-mother relationships. Journal of the American Academy of Child Psychiatry, 14(3), 387-421. — Les représentations parentales non résolues influencent profondément la façon dont on reçoit les conseils de sa propre mère.Dynamique des conseils et relation mère-filleFingerman, K.L. (2001). Aging Mothers and Their Adult Daughters : A Study in Mixed Emotions. Springer. — La relation mère-fille adulte est celle qui génère le plus de tensions autour des conseils parentaux, précisément parce qu'elle reste chargée de l'histoire de dépendance-autonomie.Réactivité émotionnelle et source du messageDitto, P.H. & Lopez, D.F. (1992). Motivated skepticism : Use of differential decision criteria for preferred and nonpreferred conclusions. Journal of Personality and Social Psychology, 63(4), 568-584. — On évalue le même message différemment selon la source. Un conseil d'une personne avec qui on a une relation chargée émotionnellement est systématiquement plus scruté et plus facilement rejeté.Référence francophoneHurstel, F. (1996). La déchirure paternelle. PUF. — Sur la transmission des modèles parentaux d'une génération à l'autre et la difficulté de s'en émanciper tout en les reconnaissant.
  • 1. Les matins calmes

    11:11||Saison 1, Ep. 1
    Dans cet épisode, je me demande si les matins calmes existent vraiment, ou si c'est une fiction collective que les algorithmes entretiennent et à laquelle on consent toutes par épuisement.Au programme : ce que le genre "slow morning" sur Instagram nous vend et ce qu'il cache, pourquoi mes matins les plus difficiles sont ceux où j'espérais qu'ils seraient différents, et ce que la recherche dit sur l'état émotionnel du parent comme principal prédicteur du déroulement de la matinée.Sources et référencesÉtat émotionnel parental et ton de la matinéeBelsky, J. (2005). Parental stress and morning routines. Journal of Family Psychology. — Le niveau d'irritabilité du parent au réveil de l'enfant est le principal prédicteur du déroulement de la matinée, bien plus que l'organisation logistique.Comparaison sociale et réseaux sociauxVogel, E.A., Rose, J.P., Roberts, L.R., & Eckles, K. (2014). Social comparison, social media, and self-evaluation. Psychology of Popular Media Culture, 3(4), 206-222. — L'exposition aux représentations idéalisées de la vie familiale sur les réseaux sociaux augmente significativement les sentiments d'inadéquation parentale.Récupération cognitive et pausesAriga, A. & Lleras, A. (2011). Brief and rare mental breaks keep you focused. Cognition, 118(3), 439-443. — Même de très courtes pauses non structurées restaurent significativement la capacité d'attention et réduisent l'irritabilité.
  • 30. J'ai menti à mon enfant

    11:48||Saison 1, Ep. 30
    J'ai menti à mon fils pour ne pas sortir jouer. Ce n'est pas le plus grand mensonge de ma vie, mais c'est celui qui m'a posé la question la plus intéressante : pourquoi ai-je eu besoin d'une excuse pour ne pas avoir envie de faire quelque chose ? Pourquoi est-ce que mes besoins, pour être acceptables, doivent se déguiser en contraintes ?Dans cet épisode, je parle de ces petits mensonges du quotidien qu'on fait à nos enfants non pas pour les protéger, mais pour se protéger soi. Pour éviter la déception, pour ne pas avoir à expliquer qu'on est épuisée, qu'on a besoin de silence, qu'on ne veut pas jouer au foot dans le jardin à dix-sept heures un dimanche.La question que ça pose : est-ce qu'on peut leur enseigner l'honnêteté en leur montrant qu'on a besoin de mentir pour exister ?Et la réponse que j'essaie de construire : peut-être que le vrai travail n'est pas d'arrêter de mentir. C'est d'apprendre à dire ses besoins sans s'en excuser.Au programme : le mensonge de confort vs le mensonge de protection, ce que nos petits arrangements avec la vérité disent de notre rapport à nos propres besoins, et pourquoi mon fils de neuf ans accepte "j'ai besoin d'un moment" bien mieux que moi.Sources et référencesMensonges parentaux et besoins émotionnelsHeyman, G.D., Luu, D.H., & Lee, K. (2009). Parenting by lying. Journal of Moral Education, 38(3), 353-369. — Les parents mentent régulièrement à leurs enfants pour gérer leur propre fatigue ou inconfort émotionnel, pas uniquement pour les protéger.Modélisation parentale et honnêtetéBandura, A. (1977). Social Learning Theory. Prentice Hall. — Les enfants apprennent moins de ce qu'on leur dit que de ce qu'ils voient faire. Notre rapport à nos propres besoins, ils le voient et s'en imprègnent.Droit au repos parental et culpabilitéMaslach, C. & Leiter, M.P. (1997). The Truth About Burnout. Jossey-Bass. — La difficulté à s'autoriser des moments de pause sans les justifier est l'un des marqueurs précoces de l'épuisement parental.
  • 29. Mon enfant n'aime pas lire alors que j'adore lire

    11:23||Saison 1, Ep. 29
    Une amie à moi est grande lectrice : elle lit tout le temps, partout, depuis toujours, les livres font partie de son identité, de sa façon d'être dans le monde. Et son fils ne veut pas lire.Et ce qu'elle m'a dit un jour, avec une honnêteté que je n'oublierai pas : "Je sais que c'est son problème. Mais je le vis comme le mien."Dans cet épisode, je parle de l'enfant qui ne partage pas une passion qui nous est essentielle. De la petite douleur qu'il y a là-dedans, qu'on n'ose pas toujours nommer parce qu'elle ressemble à de l'égoïsme. De la différence entre l'inquiétude sincère pour lui et la blessure identitaire que ça réveille en nous.Parce que quand notre enfant refuse quelque chose qui compte pour nous, il ne refuse pas juste une activité, il refuse une partie de ce qu'on est. Au programme de cet épisode :Pourquoi la lecture occupe une place symbolique à part dans la hiérarchie culturelle des apprentissages. Ce que les recherches montrent sur la façon dont les parents parlent des livres, et son impact bien plus fort que le nombre de livres lus ensemble. La différence entre transmettre et imposer. Abonnez-vous pour ne pas rater les prochains épisodes, et laissez 5 étoiles si Daronnades vous accompagne.Sources et référencesPlaisir de lire et choix de l'enfantCentre national du livre (France). Enquête sur les pratiques de lecture des enfants et des adolescents. Les enfants qui développent un rapport positif aux livres sont ceux à qui on a laissé choisir ce qu'ils lisent, y compris des genres considérés comme mineurs (BD, magazines, romans graphiques), bien plus que ceux à qui on a imposé des lectures jugées importantes.Développement du cerveau lecteurWolf, M. (2007). Proust and the Squid : The Story and Science of the Reading Brain. Harper Collins. — Le cerveau lecteur se développe lentement, sur des années, et chaque enfant a son propre calendrier. Forcer ce calendrier produit souvent l'effet inverse. Proposer sans imposer, respecter les goûts même surprenants, permet au plaisir de lire de se construire durablement.