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Choses à Savoir - Culture générale

Qu'est-ce qu'un pseudocide ?

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Disparaître du jour au lendemain, faire croire à sa propre mort et recommencer une nouvelle existence sous une autre identité : ce scénario digne d'un film possède un nom bien précis. C'est le pseudocide.

Le terme désigne le fait de simuler volontairement son décès pour convaincre son entourage, et parfois les autorités, que l'on n'est plus en vie.

Mais pourquoi certaines personnes vont-elles jusqu'à organiser leur propre mort ?

Les motivations sont très diverses. Certains cherchent à échapper à la justice, à leurs créanciers ou à des problèmes financiers. D'autres veulent fuir une situation familiale devenue insupportable. Il arrive également que le pseudocide soit organisé pour toucher frauduleusement une assurance-vie.

Contrairement à une simple disparition volontaire, le pseudocide suppose donc une véritable mise en scène destinée à faire croire à un décès.

L'un des exemples les plus spectaculaires remonte à 1974.

Cette année-là, John Stonehouse, un député britannique, se rend à Miami, aux États-Unis. Le 20 novembre, il abandonne ses vêtements sur une plage, laissant penser qu'il s'est noyé dans l'océan Atlantique.

La nouvelle de sa disparition fait grand bruit au Royaume-Uni. Certains journaux publient même sa nécrologie.

Mais Stonehouse est parfaitement vivant ! Il a quitté les États-Unis et gagné l'Australie sous une fausse identité. Son objectif : échapper à ses difficultés financières et commencer une nouvelle vie.

Son stratagème ne dure pourtant qu'un mois. Le 24 décembre 1974, il est arrêté à Melbourne. Fait extraordinaire, les policiers australiens l'avaient initialement soupçonné d'être un autre fugitif britannique, Lord Lucan !

Stonehouse sera finalement condamné à sept ans de prison pour plusieurs infractions, notamment des fraudes.


Mais le pseudocide est-il illégal en lui-même ?

Pas nécessairement. Dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis, simuler sa mort ne constitue pas automatiquement une infraction spécifique. En revanche, falsifier des documents, usurper une identité ou escroquer une compagnie d'assurances est évidemment punissable.

Quant à sa fréquence, il n'existe pas de statistiques mondiales fiables. Les affaires découvertes ne représentent d'ailleurs pas nécessairement l'ensemble des cas.

Aujourd'hui, les technologies rendent ces disparitions plus difficiles : caméras de surveillance, paiements électroniques, contrôles biométriques ou traces numériques compliquent considérablement la création d'une nouvelle identité.

Et c'est tout le paradoxe du pseudocide : pour disparaître complètement aux yeux du monde, il faut continuer à vivre quelque part, et donc risquer, chaque jour, de laisser une trace.

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  • Pourquoi un âne a-t-il réussi à tromper les critiques d’art ?

    02:40|
    En 1910, à Paris, un tableau exposé au prestigieux Salon des Indépendants attire l’attention. Son titre : Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique, également appelé Coucher de soleil sur l’Adriatique. Son auteur : Joachim-Raphaël Boronali, un mystérieux peintre italien.La toile présente des couleurs vives, des formes indistinctes, une composition presque abstraite. Certains critiques y voient une audacieuse expression de l’art moderne. D’autres sont plus sceptiques.Mais personne ne soupçonne l’incroyable vérité : le tableau a été peint par un âne !Derrière cette supercherie se cache Roland Dorgelès, un jeune écrivain français, futur auteur des Croix de bois. Avec quelques complices, il décide de ridiculiser les excès de la peinture d’avant-garde, qu’il juge parfois incompréhensible et prétentieuse.Son idée est simple : démontrer qu’une œuvre produite au hasard peut être prise au sérieux dès lors qu’elle est présentée comme de l’art.Le 8 mars 1910, Dorgelès se rend au Lapin Agile, célèbre cabaret de Montmartre. Il emprunte Lolo, l’âne du propriétaire, et lui attache un pinceau à la queue.Devant une toile blanche, les complices offrent à l’animal des carottes et des feuilles de tabac. Chaque mouvement de sa queue dépose de nouvelles traces de peinture.En trois quarts d’heure environ, le chef-d’œuvre est terminé !Pour rendre la mystification crédible, Dorgelès invente un artiste italien, Joachim-Raphaël Boronali. Un nom qui n’est autre que l’anagramme d'Aliboron, appellation traditionnelle de l’âne.Il imagine même un mouvement artistique fictif : l’« excessivisme », censé révolutionner la peinture.Le tableau est accepté au Salon des Indépendants, une exposition sans jury de sélection. Puis Dorgelès révèle publiquement la supercherie, preuves photographiques et constat d’huissier à l’appui. L’affaire provoque un immense éclat de rire, mais aussi un débat passionné.Dorgelès voulait dénoncer l’autorité artificielle que peuvent conférer un cadre, une signature prestigieuse ou une exposition.Quelques années plus tard, Marcel Duchamp posera, dans un esprit différent, une question voisine en présentant des objets ordinaires comme des œuvres d’art, notamment son célèbre urinoir en 1917.Mais le paradoxe le plus fascinant reste ailleurs.Si une peinture provoque une émotion esthétique, cette émotion disparaît-elle lorsqu’on découvre qu’elle a été réalisée par un animal ?Autrement dit, la valeur d’une œuvre dépend-elle de ce que nous voyons, ou de ce que nous croyons savoir de son créateur ?Plus d’un siècle après, l’âne Lolo continue ainsi de poser une question fondamentale : qu’est-ce qui fait véritablement d’un objet une œuvre d’art ?
  • Pourquoi dit-on « faire un laïus » ?

    02:22|
    Vous avez certainement déjà entendu quelqu’un dire : « Il nous a fait tout un laïus ! » Cette expression désigne généralement un discours interminable, parfois ennuyeux, dans lequel une personne parle beaucoup sans forcément dire grand-chose.Mais savez-vous que ce mot vient directement de la mythologie grecque et d’un concours d’entrée à l’École polytechnique ?Pour comprendre cette origine étonnante, il faut remonter à l’année 1804.À cette époque, l’École polytechnique, fondée dix ans plus tôt, forme les futurs ingénieurs et scientifiques français. Mais les mathématiques ne sont pas les seules matières évaluées. Les candidats doivent également démontrer leur maîtrise de la langue française et leurs capacités d’expression.Cette année-là, on leur propose un sujet de composition littéraire particulièrement original : imaginer un discours prononcé par Laïus, un personnage de la mythologie grecque.Mais qui était Laïus ?Dans la célèbre légende d’Œdipe, Laïus est le roi de Thèbes et le père d’Œdipe. Un oracle lui avait prédit qu’il serait un jour tué par son propre fils. Pour échapper à ce destin, il avait ordonné l’abandon de son enfant.Mais des années plus tard, les deux hommes se rencontrent à un carrefour, sans connaître leur véritable identité. Une dispute éclate et Œdipe tue son père, accomplissant ainsi la prophétie.Revenons maintenant aux candidats de Polytechnique.Leur exercice consistait à imaginer les paroles que Laïus aurait pu prononcer face à Œdipe. Et, selon le récit traditionnel, les étudiants se montrèrent particulièrement inspirés, rédigeant de longues dissertations.L'exercice marqua suffisamment les esprits pour que le nom de Laïus devienne, dans l’argot de l’école, un terme désignant un discours ou un exposé.Progressivement, le mot sortit des murs de Polytechnique pour entrer dans le langage courant.Au XIXe siècle, « laïus » finit par désigner plus particulièrement un discours long, pompeux, voire creux. On disait notamment « piquer un laïus » pour signifier prononcer un discours.Aujourd’hui, lorsqu’on reproche à quelqu’un de « faire un laïus », on sous-entend généralement qu’il parle trop longtemps, parfois inutilement.Et voici le détail le plus amusant : Laïus, ce roi mythologique qui a donné son nom aux discours interminables, n’était absolument pas célèbre pour ses talents d’orateur !Son nom est simplement devenu synonyme de bavardage à cause d’un exercice scolaire organisé il y a plus de deux siècles.
  • Pourquoi les riches deviennent-ils plus riches ?

    02:40|
    Pourquoi ceux qui possèdent déjà beaucoup semblent-ils accumuler toujours davantage, tandis que ceux qui ont peu peinent à rattraper leur retard ? Ce phénomène porte un nom étonnant : l'effet Matthieu.Son origine remonte à la Bible, précisément à l'Évangile selon saint Matthieu. On y trouve cette phrase : « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas, on ôtera même ce qu'il a. »En 1968, le sociologue américain Robert K. Merton reprend cette idée dans une étude publiée dans la revue Science. Il observe un phénomène surprenant dans le monde scientifique : lorsqu'un chercheur célèbre et un chercheur inconnu réalisent une découverte comparable, le premier reçoit généralement beaucoup plus de reconnaissance.Pourquoi ? Parce que sa réputation lui donne déjà un avantage. Ses travaux sont davantage lus, cités et diffusés. Cette visibilité lui permet d'obtenir plus facilement des financements, qui favorisent de nouvelles découvertes, renforçant encore sa réputation.C'est un cercle qui s'autoalimente : le succès engendre le succès.Mais ce mécanisme dépasse largement le monde scientifique.Prenons l'exemple de deux personnes. La première possède 10 000 euros, la seconde un million. Toutes deux investissent leur argent avec un rendement annuel de 5 %.Après un an, la première gagne 500 euros, tandis que la seconde en gagne 50 000. Pourtant, elles ont obtenu exactement le même rendement !Et si elles réinvestissent systématiquement leurs gains, les intérêts composés amplifient progressivement cet écart.L'effet Matthieu intervient également dans l'éducation.En 1986, le psychologue Keith Stanovich montre comment les différences initiales dans l'apprentissage de la lecture peuvent s'accentuer avec le temps.Un enfant qui apprend facilement à lire prend davantage plaisir à la lecture. Il lit donc plus souvent, enrichit son vocabulaire et améliore encore ses compétences.À l'inverse, un enfant qui rencontre des difficultés risque de lire moins, ce qui peut accentuer son retard.On retrouve ce phénomène sur les réseaux sociaux : un compte déjà populaire attire plus facilement de nouveaux abonnés, simplement parce qu'il bénéficie d'une visibilité supérieure.Attention cependant : l'effet Matthieu n'est pas une loi absolue. Les avantages peuvent disparaître et des politiques adaptées peuvent réduire les inégalités.Mais il révèle un mécanisme essentiel de nos sociétés : les écarts ne viennent pas seulement des différences de talent ou d'effort. Ils peuvent aussi provenir des avantages que procure une position de départ favorable.Autrement dit, dans bien des domaines, avoir une longueur d'avance facilite considérablement la course.
  • Pourquoi un cheval aurait-il rendu Nietzsche fou ?

    02:21|
    Le 3 janvier 1889, dans les rues de Turin, en Italie, se serait déroulée l’une des scènes les plus bouleversantes de l’histoire de la philosophie. Son protagoniste : Friedrich Nietzsche, l’un des plus grands penseurs du XIXe siècle.Ce jour-là, Nietzsche, âgé de 44 ans, se promène sur la place Carlo Alberto. Soudain, il aperçoit un cocher qui fouette violemment son cheval, apparemment incapable d'avancer.Selon un récit devenu célèbre, le philosophe est alors submergé par l’émotion. Il se précipite vers l’animal, passe ses bras autour de son cou et éclate en sanglots. Comme s’il voulait, par cette étreinte, le protéger de la brutalité humaine.Puis Nietzsche s’effondre.Cet épisode est traditionnellement présenté comme le moment où le philosophe aurait définitivement sombré dans la folie.Mais pour comprendre sa portée, il faut rappeler qui était Nietzsche.Auteur de Ainsi parlait Zarathoustra et de Par-delà bien et mal, il avait développé une philosophie exaltant la puissance créatrice, le dépassement de soi et l’affirmation de la vie. Il critiquait notamment la pitié lorsqu’elle entretenait, selon lui, la souffrance et la faiblesse.D'où ce paradoxe saisissant : celui qui avait tant dénoncé la pitié aurait perdu la raison en éprouvant une compassion immense pour un animal.Mais cette histoire comporte une importante part d'incertitude.Si l'effondrement psychique de Nietzsche, en janvier 1889, est historiquement établi, la scène du cheval repose sur des témoignages tardifs. Aucun document contemporain ne permet de confirmer précisément son déroulement.Ce qui est certain, en revanche, c'est que dans les jours suivants, Nietzsche manifeste de graves troubles mentaux. Il écrit à ses proches des lettres délirantes, se présentant notamment comme le dieu Dionysos ou le Christ crucifié.Son ami Franz Overbeck vient le chercher à Turin et le ramène à Bâle pour le faire soigner.Nietzsche ne retrouvera jamais ses capacités intellectuelles antérieures. Progressivement, il perd son autonomie et ses facultés de communication. Il vivra encore onze ans, pris en charge par sa famille, avant de mourir le 25 août 1900.Quant aux causes de son effondrement, elles restent mystérieuses. Longtemps attribuée à la syphilis, sa maladie pourrait avoir eu une autre origine neurologique.Le cheval de Turin n’a donc probablement pas provoqué sa folie.Mais cette étreinte, réelle ou légendaire, demeure une image fascinante : celle d’un philosophe de la puissance, terrassé par la souffrance d’un être sans défense.
  • Pourquoi offre-t-on des crevettes aux mariés au Japon ?

    02:12|
    Au Japon, une étonnante tradition consiste à offrir aux jeunes mariés… deux crevettes enfermées dans une éponge ! Derrière ce cadeau insolite se cache une fascinante histoire naturelle, devenue un symbole d’amour éternel.Tout commence dans les profondeurs de l’océan Pacifique, où vit un animal extraordinaire : Euplectella aspergillum, une éponge marine surnommée « le panier de Vénus ».Contrairement aux éponges que nous utilisons dans nos salles de bains, celle-ci possède un squelette constitué de silice, autrement dit, du matériau qui compose le verre. Elle ressemble à un vase délicatement tressé, avec des milliers de minuscules ouvertures.Mais sa particularité la plus étonnante se trouve à l’intérieur.Cette éponge abrite fréquemment deux petites crevettes, un mâle et une femelle, appartenant notamment à une espèce appelée Spongicola venustus.Leur histoire commence lorsqu’elles sont encore minuscules. À ce stade, elles peuvent facilement pénétrer dans l’éponge en passant par les ouvertures de son squelette.Elles y trouvent un refuge idéal : l’éponge les protège des prédateurs et leur permet de se nourrir de particules organiques présentes dans l’eau qu’elle filtre.Seulement voilà : les crevettes grandissent.Progressivement, leur corps devient trop volumineux pour franchir les ouvertures par lesquelles elles sont entrées. Elles se retrouvent donc prisonnières de leur habitation.Et c’est là que réside toute la particularité de cette relation : le mâle et la femelle passeront désormais le reste de leur existence ensemble, enfermés dans leur petite maison de verre.Ils pourront même s’y reproduire. Leurs larves, suffisamment petites, réussiront à s’échapper pour aller coloniser d’autres éponges.Cette extraordinaire cohabitation a inspiré une tradition japonaise.Dans certaines régions du Japon, on offrait autrefois aux jeunes mariés le squelette séché de cette éponge, contenant parfois les deux petites crevettes.Le cadeau symbolisait la fidélité, l’union indissoluble et la promesse de rester ensemble jusqu’à la mort.Un symbole romantique, même si, biologiquement, les crevettes ne choisissent évidemment pas de rester ensemble : elles n’ont tout simplement plus la possibilité de partir !Cette histoire présente aussi une autre particularité fascinante. L'éponge et les crevettes entretiennent une relation de symbiose : les crustacés profitent du refuge et de la nourriture, tandis qu'ils contribuent à nettoyer l'intérieur de leur hôte.Ainsi, un phénomène biologique né au fond des océans est devenu une métaphore du mariage.Et finalement, difficile d'imaginer symbole plus original de l'expression « unis pour la vie » !
  • Pourquoi les fumeurs boivent-ils souvent plus de café ?

    02:07|
    Vous avez peut-être remarqué que cigarette et café vont souvent de pair. Dans les bars, au bureau ou à la maison, de nombreux fumeurs semblent particulièrement apprécier cette association. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas seulement une question d'habitude ou de plaisir. Il existe aussi une explication biologique assez étonnante : les fumeurs éliminent la caféine beaucoup plus rapidement que les non-fumeurs.Pour comprendre ce phénomène, il faut s'intéresser à notre foie. Cet organe joue notamment le rôle d'une usine de traitement des substances que nous absorbons. Il possède des enzymes capables de transformer et d'éliminer certaines molécules, dont la caféine.L'une de ces enzymes porte un nom un peu compliqué : CYP1A2. C'est elle qui assure l'essentiel de la dégradation de la caféine dans notre organisme.Or, la fumée de cigarette contient des substances chimiques, notamment des hydrocarbures aromatiques polycycliques, qui stimulent la production de cette enzyme. Résultat : chez les fumeurs, le foie devient particulièrement efficace pour éliminer la caféine.Et la différence est spectaculaire.Une étude publiée en 1978 dans la revue Clinical Pharmacology & Therapeutics a montré que la demi-vie de la caféine était d'environ six heures chez les non-fumeurs, contre seulement trois heures et demie chez les fumeurs.La demi-vie, c'est le temps nécessaire pour que la quantité d'une substance présente dans l'organisme diminue de moitié.Autrement dit, à quantité de café identique, les effets de la caféine ont tendance à disparaître plus rapidement chez un fumeur.Cela peut l'inciter à boire davantage de café pour retrouver les mêmes sensations de vigilance et de stimulation.Mais attention, une précision importante : ce n'est pas la nicotine qui accélère directement l'élimination de la caféine. Ce sont principalement les substances produites par la combustion du tabac.Cette distinction permet de comprendre un autre phénomène particulièrement intéressant.Lorsqu'un fumeur arrête de fumer, son organisme retrouve progressivement une activité enzymatique normale. La caféine est alors éliminée plus lentement.Une étude publiée en 2004 a ainsi montré qu'après l'arrêt du tabac, la vitesse d'élimination de la caféine diminuait d'environ 36 % en quelques jours.Conséquence : si un ancien fumeur continue à boire autant de café qu'auparavant, il peut ressentir davantage de nervosité, de palpitations ou rencontrer des difficultés pour dormir.C'est pourquoi il est souvent conseillé de réduire sa consommation de café lorsqu'on arrête de fumer.Finalement, derrière l'association apparemment banale entre café et cigarette se cache un étonnant mécanisme chimique : fumer modifie la manière dont notre corps réagit à une autre substance, la caféine.
  • Pourquoi le pôle Nord est-il beaucoup plus chaud que le pôle Sud ?

    02:50|
    On pourrait penser que les deux pôles de notre planète connaissent à peu près les mêmes températures. Après tout, ils se trouvent tous les deux aux extrémités de la Terre et reçoivent des quantités comparables de lumière solaire. Pourtant, la réalité est très différente.En plein été, la température moyenne au pôle Nord tourne autour de 0 °C. Au pôle Sud, elle atteint seulement −28 °C ! Et en hiver, l'écart reste spectaculaire : environ −40 °C au Nord, contre −60 °C au Sud.Comment expliquer une telle différence ?La première raison est géographique. Le pôle Nord se trouve au milieu d'un océan, tandis que le pôle Sud se trouve sur un continent.Au Nord, nous sommes sur l'océan Arctique, recouvert d'une couche de glace flottante appelée banquise. Or, l'eau possède une propriété essentielle : elle stocke énormément de chaleur et la restitue lentement.Pendant l'été, l'océan accumule de l'énergie. Puis, lorsque l'hiver arrive, il libère progressivement cette chaleur dans l'atmosphère. Il agit donc comme un immense radiateur naturel, empêchant les températures de descendre aussi bas qu'au Sud.En Antarctique, la situation est radicalement différente. Le pôle Sud se trouve au cœur d'un continent recouvert d'une gigantesque calotte glaciaire. Et contrairement à l'océan, cette immense masse de glace n'apporte pratiquement aucune chaleur à l'air environnant.Mais il existe une deuxième explication, tout aussi importante : l'altitude.Le pôle Nord est pratiquement au niveau de la mer. Le pôle Sud, lui, se situe à environ 2 835 mètres d'altitude, sur un épais plateau de glace.Or, dans la troposphère, la température diminue généralement d'environ 6,5 °C chaque fois que l'on gagne 1 000 mètres d'altitude. Cette différence de hauteur contribue donc considérablement au froid antarctique.Enfin, un troisième phénomène accentue encore cet écart : les vents et les courants marins.L'Antarctique est entouré par l'océan Austral, où circule un puissant courant qui fait presque entièrement le tour du continent. Associé à de forts vents d'ouest, il limite les échanges de chaleur avec les régions plus tempérées.À l'inverse, l'Arctique reçoit davantage de chaleur transportée par les courants océaniques et les masses d'air venues des latitudes plus basses.Résultat : malgré un ensoleillement annuel comparable, les deux pôles connaissent des climats très différents.En résumé, le pôle Nord est un océan glacé qui conserve de la chaleur, tandis que le pôle Sud est un immense plateau gelé, élevé et relativement isolé.C'est cette différence fondamentale qui fait de l'Antarctique le véritable congélateur de notre planète.
  • Pourquoi le Coca-Cola servait-il de contraceptif ?

    02:36|
    Pour découvrir mon nouveau podcast Un mot par jour:Apple Podcastshttps://podcasts.apple.com/fr/podcast/un-mot-par-jour/id1492034665Spotifyhttps://open.spotify.com/show/5RVUWD1KGZwPImvngT6q51?si=2cca2533485c4925---------------------Dans les années 1950, aux États-Unis, certaines femmes utilisaient un moyen de contraception particulièrement surprenant : le Coca-Cola. Mais attention, elles ne le buvaient pas. Elles l'utilisaient pour effectuer des douches vaginales, persuadées que cette boisson pouvait empêcher une grossesse.Aussi étrange que cela puisse paraître, cette pratique a réellement existé.Pour comprendre, il faut revenir au contexte de l'époque. La pilule contraceptive n'est autorisée aux États-Unis qu'en 1960. Avant cette date, les moyens de contraception sont moins accessibles, notamment pour les jeunes femmes. Certaines cherchent donc des solutions discrètes, économiques et faciles à obtenir.Le Coca-Cola semble alors présenter plusieurs avantages. Il est vendu partout, coûte peu cher et possède une forte acidité. Or, on pense que cette acidité pourrait détruire les spermatozoïdes.L'idée consiste donc à introduire du Coca-Cola dans le vagin immédiatement après un rapport sexuel, pour éliminer les spermatozoïdes avant qu'ils ne puissent atteindre l'ovule.Certaines femmes utilisent même directement la bouteille, préalablement agitée, pour projeter le liquide.Mais cette méthode fonctionne-t-elle vraiment ?Dans les années 1980, des chercheurs décident de vérifier scientifiquement cette croyance populaire.En 1985, une équipe de l'université Harvard réalise une expérience en laboratoire. Les scientifiques mettent des spermatozoïdes en contact avec différentes versions du Coca-Cola.Résultat étonnant : certaines formules réduisent effectivement la mobilité des spermatozoïdes. Le Coca-Cola Light semble même particulièrement efficace.Mais deux ans plus tard, en 1987, des chercheurs taïwanais répètent l'expérience avec une méthode différente. Leurs conclusions sont beaucoup moins encourageantes : les sodas testés n'ont qu'un effet très faible, voire inexistant, sur la mobilité des spermatozoïdes.Surtout, il existe un problème fondamental.Même si une substance détruit des spermatozoïdes dans un tube à essai, cela ne signifie absolument pas qu'elle constitue un contraceptif efficace.Après un rapport sexuel, les spermatozoïdes peuvent rapidement franchir le col de l'utérus. Une douche vaginale ne peut donc pas les éliminer efficacement.Pire encore, introduire du Coca-Cola dans le vagin risque de perturber sa flore bactérienne naturelle, de provoquer des irritations et de favoriser certaines infections.Cette histoire connaît pourtant un dernier rebondissement.En 2008, les auteurs des études contradictoires reçoivent un prix Ig Nobel de chimie, cette récompense humoristique qui distingue des recherches scientifiques insolites.Une manière amusante de rappeler qu'une croyance populaire, même lorsqu'elle semble posséder une justification scientifique, peut se révéler totalement inefficace, voire dangereuse.
  • Pourquoi un raton laveur vivait-il à la Maison-Blanche ?

    02:02|
    En novembre 1926, un colis pour le moins inattendu arrive à la Maison-Blanche, à Washington. À l’intérieur, il n’y a ni lettre diplomatique ni cadeau de luxe, mais… un raton laveur vivant ! Et le plus surprenant, c’est que cet animal n’est pas destiné à devenir un compagnon du président. Il est censé finir dans son assiette.À l’époque, les États-Unis s’apprêtent à célébrer Thanksgiving, cette grande fête familiale organisée le quatrième jeudi de novembre. Le repas traditionnel est généralement centré sur une dinde. Pourtant, dans certaines régions américaines, notamment dans le Sud, on consomme aussi du raton laveur.Une habitante du Mississippi, Vinnie Joyce, décide donc d’en envoyer un au président Calvin Coolidge, en lui recommandant sa chair savoureuse. Elle espère ainsi contribuer au dîner présidentiel.Mais Calvin Coolidge n’a aucune envie d’essayer cette spécialité. Interrogé par des journalistes, il explique, avec son humour discret, que le raton laveur est peut-être comestible pour certains, mais pas à son goût.Avec son épouse Grace, il découvre surtout que l’animal est étonnamment familier et joueur. Plutôt que de le faire cuisiner, le couple décide de l’adopter. Le raton laveur est une femelle : on la baptise Rebecca.Et Rebecca ne tarde pas à devenir une véritable célébrité. Pour Noël, elle reçoit même un collier indiquant qu’elle est le « raton laveur de la Maison-Blanche ». Elle se promène en laisse dans les jardins, s’amuse dans la baignoire avec du savon et explore les pièces de la résidence présidentielle. Elle peut aussi se montrer très turbulente, en grimpant aux arbres ou en échappant à la surveillance du personnel.En avril 1927, Grace Coolidge l’emmène à la traditionnelle fête des œufs de Pâques organisée dans les jardins de la Maison-Blanche. Entourée d’enfants et de photographes, Rebecca vole presque la vedette à la Première dame.On essaie même de lui trouver un compagnon, un autre raton laveur nommé Reuben. Mais l’entente n’est pas au rendez-vous, et Reuben finit par s’enfuir.À la fin de la présidence Coolidge, en 1929, Rebecca rejoint finalement un zoo de Washington.Cette anecdote comporte un amusant paradoxe : aujourd’hui, le président américain gracie officiellement une dinde pour Thanksgiving. Mais cette cérémonie ne devient une tradition annuelle qu’en 1989, sous George H. W. Bush. Bien avant cela, c’est donc un raton laveur qui avait échappé au repas présidentiel… pour devenir l’une des pensionnaires les plus originales de la Maison-Blanche.