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Choses à Savoir - Culture générale
Pourquoi Venise a-t-elle été privée de carnaval pendant près de 200 ans ?
Aujourd’hui, impossible d’imaginer Venise sans son carnaval. Chaque année, les rues et les places se remplissent de personnages vêtus de costumes somptueux et, surtout, de ces fameux masques qui dissimulent leur identité. Pourtant, cette tradition a pratiquement disparu pendant près de deux siècles.
Pour comprendre pourquoi, il faut revenir à la fin du XVIIIe siècle.
À cette époque, le carnaval de Venise est déjà très ancien. Ses origines remontent au Moyen Âge et, au XVIIIe siècle, il est devenu l’un des événements les plus célèbres d’Europe. Pendant plusieurs semaines, les Vénitiens peuvent porter des masques, assister à des spectacles, jouer dans les casinos et participer à d’immenses fêtes populaires.
Mais le masque possède une particularité importante : il efface temporairement les différences sociales. Un aristocrate peut côtoyer un marchand ou un simple citoyen sans être immédiatement reconnu.
Et c’est précisément ce qui va inquiéter les nouveaux maîtres de Venise.
En 1797, les troupes de Napoléon Bonaparte entrent dans la région. La République de Venise, qui existait depuis plus de mille ans, disparaît. Napoléon impose un nouveau régime, avant que la ville ne passe quelques mois plus tard sous domination autrichienne.
Dans ce contexte politique extrêmement tendu, les autorités se méfient des rassemblements et surtout des personnes masquées. Car derrière un masque, difficile de savoir qui se cache. Des opposants peuvent se réunir anonymement, préparer des troubles ou échapper plus facilement à la surveillance de la police.
Le port du masque et les festivités du carnaval sont donc fortement restreints. Sous les dominations française puis autrichienne, la grande tradition publique du carnaval vénitien disparaît progressivement.
Attention toutefois : cela ne signifie pas qu’aucune fête costumée n’a lieu pendant près de 200 ans. Des célébrations privées ou ponctuelles subsistent. Mais le grand carnaval populaire qui faisait la réputation de Venise n’existe plus sous sa forme traditionnelle.
Même après l’intégration de Venise au royaume d’Italie, en 1866, il ne retrouve pas immédiatement son importance passée.
Il faut attendre les années 1970 pour assister à sa véritable renaissance. Des habitants, des artistes et des associations cherchent alors à ressusciter les anciennes traditions vénitiennes. En 1979, les autorités locales relancent officiellement le carnaval.
Le succès est spectaculaire.
En quelques années, masques, costumes et spectacles envahissent de nouveau la place Saint-Marc et les ruelles de Venise.
Ainsi, l’un des carnavals les plus célèbres du monde est en réalité une tradition très ancienne… mais ressuscitée il y a seulement quelques décennies.
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Quelle est l'origine de l'expression "de but en blanc" et du mot "safari" ?
02:06|Commençons par « de but en blanc ». Aujourd’hui, cette expression signifie parler directement, sans détour, parfois même de manière un peu brusque. Par exemple : « Il lui a demandé de but en blanc combien il gagnait. »Mais quel rapport avec un « but » et la couleur blanche ?L’expression vient très probablement du vocabulaire de l’artillerie. Autrefois, le mot « but » pouvait désigner le point depuis lequel on tirait, ou la position de tir. Le « blanc », lui, désignait la cible. On retrouve d’ailleurs encore cette idée dans l’expression « tirer à blanc », même si le sens est différent, ou tout simplement dans le mot « blanc » utilisé pour une cible à atteindre.Tirer « de but en blanc », c’était donc effectuer un tir direct, à courte distance, en ligne droite, du canon jusqu’à la cible, sans avoir besoin de calculer une trajectoire complexe. Progressivement, l’expression a quitté le domaine militaire. L’idée du tir direct est devenue celle d’une parole directe : dire quelque chose « de but en blanc », c’est aller droit au but, sans préparation ni détour.Le mot « safari », lui, nous fait voyager beaucoup plus loin.Il vient du swahili, langue largement parlée en Afrique de l’Est, notamment au Kenya et en Tanzanie. En swahili, safari signifie tout simplement « voyage », « trajet » ou « expédition ».Le mot lui-même n’est cependant pas d’origine africaine au sens strict. Il vient de l’arabe safar, qui signifie également « voyage ». Pendant des siècles, les commerçants arabes ont entretenu d’importants échanges avec les populations de la côte est-africaine. Le swahili s’est ainsi enrichi de nombreux mots arabes, dont safari.À l’origine, un safari n’avait donc rien à voir spécifiquement avec les lions, les éléphants ou les appareils photo. Il pouvait désigner n’importe quel voyage.C’est au XIXe siècle, avec les explorateurs et chasseurs européens parcourant l’Afrique orientale, que le mot est entré dans les langues européennes. Il a progressivement pris le sens plus précis d’expédition en Afrique, souvent destinée à la chasse.Aujourd’hui, le mot évoque surtout l’observation des animaux sauvages.Et contrairement à une idée assez répandue, « safari » ne signifie pas exactement « bon voyage ». Pour souhaiter bon voyage en swahili, on dit « safari njema » : littéralement, « voyage agréable » ou « bon voyage ».
Pourquoi les vieux livres sentent-ils le caramel et la vanille ?
01:53|Si vous avez déjà ouvert un vieux livre dans une bibliothèque ou chez un bouquiniste, vous avez peut-être remarqué cette odeur très particulière : un parfum à la fois doux, légèrement sucré, parfois proche de la vanille, du caramel ou même de l’amande.Cette odeur n’est pas ajoutée artificiellement. Elle vient tout simplement du vieillissement du papier.Le papier est principalement constitué de cellulose, une molécule végétale formée de longues chaînes de sucres. Mais surtout dans les livres anciens, il contient aussi souvent de la lignine. La lignine est une substance naturellement présente dans le bois, où elle contribue à rigidifier les plantes.Or, avec le temps, ces molécules se dégradent progressivement sous l’effet de l’oxygène, de la lumière, de la chaleur et de l’humidité. Les longues chaînes chimiques se cassent et produisent alors de petites molécules volatiles capables de s’échapper du papier et d’atteindre notre nez.Parmi elles, on trouve notamment la vanilline. Comme son nom le laisse deviner, c’est précisément l’une des molécules responsables de l’odeur caractéristique de la vanille.D’autres composés apparaissent également, comme le benzaldéhyde, dont l’odeur rappelle l’amande, ou encore le furfural, qui possède des notes douces pouvant évoquer le caramel, le pain ou certains fruits secs.Le parfum d’un vieux livre est donc en réalité un véritable cocktail chimique.Et ce cocktail varie selon l’âge du livre, la qualité du papier, les encres utilisées, les colles de la reliure, les conditions de stockage ou encore l’humidité à laquelle il a été exposé. Deux ouvrages du même âge peuvent ainsi ne pas sentir exactement la même chose.Cette odeur peut même fournir des informations aux spécialistes de la conservation. En analysant les composés organiques volatils émis par un livre, il est possible d’obtenir des indications sur l’état de dégradation du papier sans avoir besoin de prélever ou de détériorer une page.Il existe d’ailleurs un paradoxe amusant : si nous apprécions souvent cette odeur de vanille et de caramel, elle est en partie le signe que le livre est lentement en train de se décomposer.L’odeur si réconfortante d’une bibliothèque ancienne est donc, chimiquement parlant, le parfum du temps qui agit sur le papier.
Pourquoi les doigts se fripent-ils dans l'eau ?
01:55|Vous l’avez forcément remarqué : après être resté un certain temps dans un bain, une piscine ou simplement après avoir fait la vaisselle, la peau du bout de nos doigts devient toute fripée. Pendant longtemps, on a cru que ce phénomène était simplement dû à l’eau qui pénétrait dans la peau et la faisait gonfler. Mais l’explication est en réalité beaucoup plus intéressante.Les doigts qui se fripent dans l’eau sont le résultat d’un mécanisme contrôlé par notre système nerveux.Lorsque les mains restent immergées pendant plusieurs minutes, l’eau traverse légèrement la couche superficielle de la peau. Mais surtout, cette immersion déclenche une réaction des nerfs du système nerveux autonome, celui qui contrôle automatiquement certaines fonctions de notre corps, comme le rythme cardiaque ou la transpiration.Ces nerfs provoquent alors une contraction des petits vaisseaux sanguins situés sous la peau des doigts. En se resserrant, ces vaisseaux diminuent légèrement le volume des tissus sous-cutanés. La surface de la peau, elle, conserve presque la même taille. Elle doit donc se plisser pour s’adapter : ce sont les fameuses rides qui apparaissent au bout des doigts.On sait qu’il s’agit bien d’un phénomène nerveux grâce à une observation étonnante : lorsque certains nerfs d’un doigt sont gravement endommagés, ce doigt peut ne plus se friper normalement lorsqu’il est plongé dans l’eau.Mais pourquoi notre corps a-t-il développé ce mécanisme ?Une hypothèse avancée par des chercheurs est que ces plis pourraient améliorer notre capacité à manipuler des objets mouillés. Ils joueraient un rôle comparable aux rainures d’un pneu : les sillons permettraient à l’eau de s’évacuer plus facilement entre la peau et l’objet.Des expériences ont effectivement montré que des personnes ayant les doigts fripés pouvaient, dans certaines conditions, saisir plus rapidement des objets mouillés que lorsqu’elles avaient les doigts parfaitement lisses.Cela aurait donc pu constituer un petit avantage pour nos ancêtres, notamment lorsqu’ils devaient ramasser de la nourriture dans l’eau ou se déplacer sur des surfaces humides. Cette explication évolutive reste cependant discutée, car toutes les expériences n’ont pas retrouvé le même avantage.Dernière curiosité : les orteils se fripent eux aussi. Le même mécanisme pourrait donc avoir contribué à améliorer l’adhérence des pieds sur des sols mouillés.Bref, les doigts fripés après un bain ne sont pas simplement une peau gorgée d’eau : ils témoignent d’une véritable réaction orchestrée par notre système nerveux.
Quel est le lien entre Napoléon et l'expression « vieux de la vieille » ?
02:19|Quand on qualifie quelqu’un de « vieux de la vieille », on veut dire qu’il possède énormément d’expérience, qu’il connaît parfaitement son métier et qu’il en a vu d’autres. Mais à l’origine, cette expression désignait véritablement… des soldats.Pour comprendre pourquoi, il faut revenir au Premier Empire et à l’armée de Napoléon. L’empereur disposait d’une unité prestigieuse : la Garde impériale. Celle-ci constituait une troupe d’élite, composée de soldats particulièrement expérimentés et fidèles, que Napoléon utilisait souvent comme réserve sur le champ de bataille.Au sein de cette Garde existaient plusieurs catégories, notamment la Jeune Garde et la Vieille Garde. Et comme son nom l’indique, la Vieille Garde regroupait les vétérans les plus aguerris.On n’y entrait donc pas comme dans un régiment ordinaire. Les critères ont évolué au fil de l’Empire, mais ils pouvaient être extrêmement sévères. À certaines périodes, il fallait notamment justifier d’une dizaine d’années de service, avoir participé à plusieurs campagnes et s’être distingué au combat. La taille comptait également : les grenadiers de la Garde étaient notamment choisis parmi les soldats les plus grands. Savoir lire et écrire constituait aussi un avantage important dans une armée où l’alphabétisation était loin d’être générale.Ces hommes étaient donc littéralement les anciens parmi les anciens : les « vieux » de la « Vieille Garde ». C’est de là que serait née l’expression « un vieux de la vieille ».La Vieille Garde bénéficiait d’un immense prestige. Napoléon lui faisait confiance et hésitait souvent à l’engager trop tôt dans les batailles, préférant conserver ces soldats expérimentés pour les moments décisifs.Elle est notamment entrée dans la légende lors de la bataille de Waterloo, en 1815. C’est à cette occasion que le général Cambronne aurait répondu aux Britanniques qui lui demandaient de se rendre : « La Garde meurt, mais ne se rend pas. » La formule est célèbre, même si les historiens doutent fortement qu’il l’ait réellement prononcée.Après la disparition de l’Empire, l’expression a survécu, mais elle a quitté le vocabulaire militaire.Aujourd’hui, « un vieux de la vieille » désigne donc simplement quelqu’un qui possède une très longue expérience dans un domaine : un vétéran, un habitué, quelqu’un à qui on ne la fait plus.Une expression qui conserve ainsi, deux siècles plus tard, le souvenir des soldats les plus expérimentés de Napoléon.
Quelle est la diférence entre soupe, potage, bouillon et consommé ?
02:22|Soupe, potage, bouillon et consommé : dans le langage courant, on emploie souvent ces mots comme s’ils étaient synonymes. Pourtant, en cuisine, ils ne désignent pas exactement la même chose.Commençons par le bouillon. C’est le plus simple à définir. Un bouillon est un liquide obtenu en faisant cuire dans l’eau différents ingrédients : légumes, viande, volaille, poisson, os, herbes ou aromates. Pendant la cuisson, une partie de leurs saveurs et de leurs substances se diffuse dans l’eau. On filtre ensuite généralement le liquide. Le bouillon peut être consommé tel quel, mais il sert surtout de base à de nombreuses préparations : sauces, risottos ou soupes.La soupe, elle, est une notion beaucoup plus large. À l’origine, le mot ne désignait même pas le liquide. Au Moyen Âge, la « soupe » était une tranche de pain sur laquelle on versait un bouillon. C’est d’ailleurs de là que vient l’expression « trempé comme une soupe ». Progressivement, le mot en est venu à désigner l’ensemble de la préparation liquide.Aujourd’hui, une soupe peut contenir des morceaux de légumes, des pâtes, du riz, des légumineuses, de la viande ou du poisson. Elle peut être fluide ou épaisse. C’est donc le terme le plus général.Le potage est proche de la soupe, mais historiquement le mot vient du « pot », le récipient dans lequel on faisait cuire les aliments. En cuisine classique française, le terme « potage » désigne plutôt une préparation liquide servie chaude en début de repas. Il peut être clair, mais aussi mixé et épaissi. Les veloutés, par exemple, appartiennent à la grande famille des potages.Dans la vie quotidienne, la différence entre soupe et potage est devenue assez floue. « Potage » sonne simplement un peu plus gastronomique ou traditionnel.Enfin, le consommé est beaucoup plus précis. Il s’agit d’un bouillon particulièrement concentré et surtout très clair. Pour l’obtenir, on part généralement d’un bouillon que l’on fait cuire avec de la viande hachée et souvent des blancs d’œufs. En chauffant, les protéines coagulent et emprisonnent les impuretés. On filtre ensuite soigneusement le liquide.Le résultat est presque transparent, mais possède un goût très intense.On peut donc retenir une formule simple : le bouillon est une base liquide, la soupe est la catégorie la plus générale, le potage est une soupe plutôt raffinée ou traditionnelle, et le consommé est un bouillon clarifié et concentré.
Pourquoi les astronautes d’Apollo ont-ils laissé des miroirs sur la Lune ?
02:12|Lorsque les astronautes américains ont marché sur la Lune, ils n’ont pas seulement rapporté des roches. Ils y ont aussi laissé plusieurs instruments scientifiques. Parmi eux, des sortes de miroirs qui servent encore aujourd’hui.Mais leur fonction est particulière : ce ne sont pas de simples miroirs. Il s’agit de « rétro-réflecteurs », constitués de nombreux petits prismes capables de renvoyer un rayon lumineux exactement dans la direction d’où il vient.Les missions Apollo 11, Apollo 14 et Apollo 15 ont déposé ce type de dispositif sur la surface lunaire. Le principe est simple : depuis la Terre, des observatoires envoient de très puissantes impulsions laser vers la Lune. Une infime partie de cette lumière atteint les réflecteurs, puis revient vers notre planète.En chronométrant avec une extrême précision le temps mis par la lumière pour effectuer cet aller-retour, les scientifiques peuvent calculer la distance entre la Terre et la Lune.Comme la lumière voyage à environ 300 000 kilomètres par seconde, l’aller-retour dure environ 2,5 secondes. Aujourd’hui, cette méthode, appelée « télémétrie laser lunaire », permet de mesurer la distance Terre-Lune avec une précision remarquable, de l’ordre de quelques millimètres dans les meilleures conditions.Ces mesures ont permis une découverte importante : la Lune s’éloigne progressivement de la Terre, d’environ 3,8 centimètres par an.Ce phénomène est lié aux marées. L’attraction de la Lune déforme légèrement les océans terrestres. Comme la Terre tourne plus vite que la Lune ne tourne autour d’elle, une partie de l’énergie de rotation terrestre est progressivement transférée à l’orbite lunaire. Résultat : la rotation de notre planète ralentit très légèrement, tandis que la Lune s’éloigne.Ces réflecteurs servent aussi à tester certaines théories fondamentales de la physique, notamment la relativité générale d’Einstein. En étudiant précisément le mouvement de la Lune, les chercheurs peuvent vérifier si la gravitation se comporte exactement comme le prédit la théorie.Autre fait étonnant : les scientifiques utilisent toujours ces équipements plus d’un demi-siècle après leur installation. Aucun astronaute n’est évidemment allé les entretenir.Et les Américains ne sont pas les seuls à avoir installé de tels dispositifs. Les missions soviétiques Lunokhod ont elles aussi déposé des réflecteurs sur la Lune.Ainsi, ces petits panneaux abandonnés sur le sol lunaire constituent l’une des expériences les plus durables du programme Apollo : depuis les années 1960 et 1970, ils permettent encore de mesurer, depuis la Terre, les mouvements de notre satellite naturel avec une précision extraordinaire.
A quoi servent les trois gros carrés des QR codes ?
02:00|Vous les avez forcément remarqués : dans presque tous les QR codes, trois gros carrés noirs apparaissent dans trois des quatre coins. Mais à quoi servent-ils exactement ?Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces carrés ne contiennent pas directement les informations du QR code. Leur fonction est beaucoup plus fondamentale : ils permettent à l’appareil photo de votre téléphone de repérer immédiatement le code dans l’image.Ces motifs sont appelés « finder patterns », ou motifs de détection. Ils sont placés en haut à gauche, en haut à droite et en bas à gauche. En détectant leur position respective, le logiciel peut déterminer instantanément la taille du QR code, son inclinaison et surtout son orientation.C’est grâce à eux que vous pouvez scanner un QR code à l’endroit, à l’envers ou même en tenant votre téléphone de côté. L’appareil comprend tout seul comment remettre le code dans le bon sens.Mais pourquoi seulement trois carrés, et pas quatre ? Justement parce que l’absence d’un quatrième motif permet au système de savoir immédiatement quel coin est lequel. Si quatre motifs identiques étaient disposés symétriquement, déterminer l’orientation serait plus compliqué.Autre détail ingénieux : chacun de ces grands carrés possède une structure très particulière composée de zones noires et blanches. Lorsqu’une caméra les analyse dans une direction donnée, elle retrouve approximativement une succession de proportions 1-1-3-1-1. Cette signature visuelle est suffisamment inhabituelle pour que le logiciel identifie très rapidement la présence d’un QR code.Et les QR codes cachent d’autres astuces. On trouve parfois à l’intérieur de petits carrés supplémentaires : ce sont des motifs d’alignement. Ils servent notamment à corriger la perspective lorsqu’un QR code est photographié de biais ou imprimé sur une surface légèrement courbe.Le QR code possède également un système de correction d’erreurs extrêmement efficace. Une partie du code peut être abîmée, rayée ou même cachée sans empêcher sa lecture. Selon le niveau de correction choisi, jusqu’à environ 30 % du code peut être reconstitué. C’est d’ailleurs ce qui permet d’insérer un logo au milieu de certains QR codes.Le QR code a été inventé en 1994 par l’entreprise japonaise Denso Wave, notamment pour suivre les pièces détachées dans les usines automobiles. Son nom signifie « Quick Response », réponse rapide.Et sa capacité est étonnante : dans sa version maximale, un QR code peut contenir plus de 7 000 chiffres.Ainsi, les trois gros carrés que nous considérons comme décoratifs sont en réalité la clé de tout le système : avant même de lire les données, ils indiquent au téléphone où regarder… et comment regarder.
Quelle est la différence entre la résolution et la définition d'une image ?
01:57|On confond très souvent la définition et la résolution d’une image. Pourtant, en photographie comme en informatique, ces deux notions désignent des choses différentes.Commençons par la définition. Elle correspond tout simplement au nombre de pixels qui composent une image. Un pixel est le plus petit élément constitutif d’une image numérique.Prenons une photographie mesurant 3 000 pixels de large sur 2 000 pixels de haut. Sa définition est donc de 3 000 × 2 000 pixels. En multipliant ces deux nombres, on obtient 6 millions de pixels, soit 6 mégapixels.La définition nous renseigne donc sur la quantité d’informations contenue dans l’image. Plus elle possède de pixels, plus elle peut, en principe, restituer de détails.La résolution, elle, correspond à la densité de ces pixels lorsqu’on affiche ou surtout lorsqu’on imprime l’image. Elle indique combien de pixels sont présents sur une certaine distance.On l’exprime généralement en pixels par pouce, ou PPI, pour « pixels per inch ». Un pouce correspond exactement à 2,54 centimètres.Imaginons notre image de 3 000 pixels de large. Si on l’imprime avec une résolution de 300 pixels par pouce, sa largeur sera de 10 pouces, soit environ 25,4 centimètres.Mais si on imprime exactement la même image à 150 pixels par pouce, elle pourra mesurer deux fois plus : environ 50,8 centimètres de large. En revanche, les pixels seront moins serrés et, observée de près, l’image semblera moins fine.Autrement dit, la définition est une quantité de pixels, tandis que la résolution indique la concentration de ces pixels dans l’espace.C’est pourquoi une image n’a pas nécessairement une taille physique déterminée. Une photographie de 6 mégapixels peut être imprimée en petit format avec une excellente finesse ou en très grand format avec une qualité moins élevée.On rencontre également le terme DPI, pour « dots per inch », ou points par pouce. Techniquement, il concerne plutôt les imprimantes et le nombre de points d’encre qu’elles peuvent déposer, même si PPI et DPI sont souvent employés à tort comme des synonymes.Enfin, dans le langage courant, on parle fréquemment de « résolution 4K » pour désigner le nombre de pixels d’un écran. Techniquement, il serait pourtant plus juste de parler de sa définition.La différence est donc simple à retenir : la définition dit combien il y a de pixels ; la résolution dit à quel point ils sont serrés.
Pourquoi l’aéroport de Singapour occupe-t-il plus de 3 % du pays ?
02:19|Singapour est l’un des plus petits États du monde. Son territoire couvre environ 740 kilomètres carrés, soit à peine davantage que la superficie de la ville de Madrid. Pourtant, une part étonnamment importante de cet espace est consacrée à un seul équipement : l’aéroport international de Changi.Avec une emprise qui approche les 24 kilomètres carrés si l’on inclut les zones réservées à son développement, Changi représente plus de 3 % du territoire singapourien. Une proportion considérable dans un pays où le moindre terrain est précieux.Alors pourquoi Singapour a-t-il choisi de consacrer autant d’espace à son aéroport ?Tout simplement parce que les liaisons aériennes sont vitales pour son économie.Singapour dispose de très peu de ressources naturelles et d’un marché intérieur limité. Pour prospérer, la cité-État a donc construit son développement sur son ouverture au monde. Son objectif a été de devenir un gigantesque carrefour commercial, financier et logistique entre l’Asie, l’Europe et le reste de la planète.Cette stratégie s’appuie sur deux infrastructures majeures : son port, pour les marchandises transportées par bateau, et son aéroport, pour les voyageurs, les hommes d’affaires et le fret à forte valeur ajoutée.Dès les années 1970, les autorités comprennent que l’ancien aéroport de Paya Lebar deviendra rapidement trop petit. Elles prennent alors une décision ambitieuse : construire à Changi un aéroport beaucoup plus vaste, capable d’accompagner la croissance du pays pendant plusieurs décennies.Changi ouvre en 1981. Depuis, il est devenu l’un des grands hubs aériens mondiaux. Des dizaines de millions de passagers y transitent chaque année, souvent sans même entrer dans Singapour. Cette fonction de correspondance est essentielle : elle permet au pays d’être relié directement à un très grand nombre de villes malgré sa petite population.Cette connectivité facilite également le tourisme, attire les sièges régionaux d’entreprises internationales et permet aux hommes d’affaires de rejoindre rapidement les principales métropoles asiatiques.Singapour continue d’ailleurs d’agrandir Changi avec un nouveau terminal géant.Dans un pays où l’espace manque, consacrer plus de 3 % du territoire à un aéroport pourrait sembler extravagant. Mais pour Singapour, cet espace n’est pas perdu : il constitue au contraire l’un des principaux moteurs de sa prospérité. Car depuis son indépendance, la cité-État a fait de sa connexion au reste du monde l’une des clés essentielles de son succès.