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Choses à Savoir - Culture générale

Rediffusion - Pourquoi les sorcières portent-elles souvent un chapeau pointu ?

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Le chapeau pointu est une image emblématique associée aux sorciers dans les contes et la culture populaire. Cette représentation visuelle a des origines historiques, culturelles et symboliques qui se sont consolidées au fil du temps pour devenir un stéréotype incontournable.


Origines historiques et culturelles

L'une des premières apparitions du chapeau pointu remonte au Moyen Âge et à la Renaissance, où il était porté par certaines minorités ou groupes marginaux, souvent stigmatisés par la société. Par exemple, les Juifs en Europe médiévale étaient parfois contraints de porter des couvre-chefs pointus pour les distinguer, ce qui a contribué à associer ce style de chapeau à l'altérité et à la marginalisation. Plus tard, cette imagerie a été réinterprétée dans les récits populaires pour symboliser la sorcellerie, souvent perçue comme une pratique en marge des normes établies.


De plus, les sorciers et sorcières ont longtemps été associés aux hérésies et aux cultes païens, et l'Église chrétienne médiévale les considérait comme des figures démoniaques. Le chapeau pointu aurait alors pu être assimilé aux cornes du diable dans l'imaginaire collectif, renforçant l'idée de leur nature maléfique ou rebelle.

Symbole de pouvoir et de mystère


Un autre facteur expliquant cette iconographie est l'association du chapeau pointu avec le pouvoir mystique et la sagesse occulte. La forme conique du chapeau symbolise une élévation vers le ciel ou les sphères célestes, suggérant une connexion avec des forces supérieures ou des connaissances cachées. Ce concept trouve des échos dans les traditions ésotériques où les pyramides et les formes triangulaires sont considérées comme des canaux d’énergie spirituelle.


Dans les illustrations de la Renaissance et de l’époque victorienne, les alchimistes et astrologues – souvent perçus comme des praticiens de la magie – étaient représentés coiffés de chapeaux coniques. Cela a contribué à renforcer le lien entre ce couvre-chef et les personnages détenant des connaissances interdites ou extraordinaires.


Popularisation par la culture moderne

Le stéréotype du chapeau pointu a été largement popularisé par la littérature et le cinéma, notamment à travers des œuvres comme Le Magicien d'Oz et les illustrations de contes de fées européens. Ces représentations ont contribué à cimenter l'image du sorcier coiffé d’un grand chapeau noir, souvent orné d’une boucle ou d’étoiles, dans l’imaginaire collectif.


En résumé, le chapeau pointu des sorciers est le fruit d’un mélange d’influences historiques, religieuses et culturelles qui ont évolué au fil des siècles, créant un archétype puissant et reconnaissable dans la culture populaire.


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  • Pourquoi le groupe sanguin peut-il être un handicap au Japon ?

    02:35|
    Cela peut sembler étrange, mais au Japon, le groupe sanguin est parfois considéré comme un indicateur de personnalité. Et cette croyance peut même influencer certaines décisions professionnelles.Cette tradition porte un nom : le ketsueki-gata.Son principe est simple : chacun des quatre groupes sanguins, A, B, AB et O, serait associé à des traits de caractère particuliers.Les personnes du groupe A seraient sérieuses, organisées, perfectionnistes et fiables. Celles du groupe B seraient créatives et indépendantes, mais aussi égoïstes et imprévisibles.Les individus du groupe O seraient sociables, ambitieux et naturellement doués pour diriger. Quant au groupe AB, il correspondrait à des personnalités rationnelles, mystérieuses et parfois difficiles à comprendre.Mais d'où vient cette étrange classification ?Tout commence en 1927, lorsqu'un psychologue japonais, Takeji Furukawa, publie des travaux affirmant l'existence d'un lien entre groupe sanguin et tempérament.Ses théories sont rapidement contestées par la communauté scientifique, mais elles connaissent un spectaculaire retour dans les années 1970 grâce à Masahiko Nomi, un journaliste qui publie plusieurs livres populaires sur le sujet.La croyance devient alors un véritable phénomène culturel.Des magazines proposent des horoscopes sanguins. Certaines personnes choisissent leurs partenaires amoureux en fonction de leur groupe. Et des employeurs ont même utilisé cette information pour évaluer des candidats.Cette pratique discriminatoire est parfois associée à un phénomène appelé bura-hara, contraction de « blood type harassment », autrement dit le harcèlement fondé sur le groupe sanguin.Et ses conséquences ne sont pas seulement anecdotiques.Une étude économique japonaise publiée en 2025 a montré que les préjugés visant les personnes du groupe B étaient associés à un taux de chômage supérieur d'environ deux points de pourcentage.Mais scientifiquement, cette classification ne tient pas debout.En 2014, le psychologue Kengo Nawata a analysé des données portant sur plus de 10 000 Japonais et Américains. Résultat : le groupe sanguin expliquait moins de 0,3 % des différences de personnalité observées.Autrement dit, pratiquement rien !Cette histoire illustre donc un phénomène fascinant : une croyance dépourvue de fondement scientifique peut devenir si populaire qu'elle finit par influencer des décisions bien réelles, jusque dans le monde du travail.
  • Pourquoi faudrait-il prendre du Viagra avant de prendre l’avion ?

    02:31|
    Et si le Viagra pouvait servir à autre chose qu’à traiter les troubles de l’érection ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, des chercheurs ont découvert que la célèbre pilule bleue pourrait également aider à lutter contre le décalage horaire. Mais attention, cette découverte concerne pour l'instant principalement les animaux.Tout commence en 2007, lorsque des scientifiques argentins de l’université nationale de Quilmes publient une étude dans la prestigieuse revue Proceedings of the National Academy of Sciences.Leur objectif : comprendre comment notre horloge biologique s’adapte aux changements de fuseaux horaires.Car notre organisme possède une véritable horloge interne, située dans une région du cerveau appelée hypothalamus. Elle régule notamment le sommeil, la température corporelle et la sécrétion de certaines hormones.Cette horloge fonctionne sur un cycle d’environ 24 heures, appelé rythme circadien.Lorsque nous voyageons rapidement à travers plusieurs fuseaux horaires, notre horloge interne reste provisoirement réglée sur l’heure de départ. Résultat : fatigue, troubles du sommeil, difficultés de concentration et parfois problèmes digestifs.Les chercheurs argentins ont donc réalisé une expérience avec des hamsters.Ils ont artificiellement avancé leur cycle de lumière et d’obscurité de six heures, reproduisant ainsi les conditions d’un voyage vers l’est, par exemple de New York à Paris.Certains hamsters ont reçu une injection de sildénafil, la substance active du Viagra. Les autres ont reçu un placebo.Et les résultats ont été spectaculaires : les animaux traités se sont adaptés au nouvel horaire jusqu’à 50 % plus rapidement que les autres !Comment expliquer cet effet ?Le Viagra bloque une enzyme appelée phosphodiestérase de type 5, ou PDE5. Cette action augmente la disponibilité d’une molécule, le GMP cyclique, qui intervient notamment dans la transmission des signaux lumineux permettant de régler notre horloge biologique.En renforçant ce mécanisme, le médicament semble faciliter la remise à l’heure de notre organisme.Mais les chercheurs ont découvert un détail particulièrement intéressant : cet effet fonctionne surtout lorsque l'horloge doit être avancée, comme lors d'un voyage vers l'est. Il n'a pas été observé lors des simulations de voyages vers l'ouest.Alors, faut-il désormais avaler un Viagra avant chaque vol transatlantique ?Absolument pas !Ces résultats, confirmés par d'autres expériences animales, ne démontrent pas que le traitement fonctionne chez l'être humain. Le Viagra présente aussi des contre-indications et des effets indésirables.Pour autant, cette découverte illustre un phénomène fascinant : un médicament conçu pour traiter un problème précis peut révéler des effets totalement inattendus sur notre organisme.Et peut-être ouvrir la voie à de nouveaux traitements contre le décalage horaire.
  • D’où vient le célèbre slogan « Keep Calm and Carry On » ?

    02:16|
    Vous avez certainement déjà vu cette affiche rouge, surmontée d’une couronne blanche, avec ces cinq mots : « Keep Calm and Carry On ». Autrement dit : « Gardez votre calme et continuez ». On retrouve aujourd’hui cette formule sur des mugs, des tee-shirts, des coussins et toutes sortes d’objets. Mais saviez-vous qu’elle a été inventée pendant la Seconde Guerre mondiale et qu’à l’époque, elle n’a pratiquement jamais été utilisée ?Tout commence en 1939, quelques semaines avant le déclenchement de la guerre. Le gouvernement britannique redoute les bombardements allemands et même une possible invasion du Royaume-Uni. Il faut donc préparer la population à affronter les épreuves sans céder à la panique.Le ministère de l’Information imagine alors une campagne de propagande composée de trois affiches.La première proclame : « Votre courage, votre bonne humeur et votre détermination nous apporteront la victoire. »La deuxième affirme : « La liberté est en danger. Défendez-la de toutes vos forces. »Et la troisième, beaucoup plus sobre, annonce simplement : « Keep Calm and Carry On ».Le message est clair : même face aux bombardements, il faut garder son sang-froid, maintenir les activités quotidiennes et ne pas laisser la peur désorganiser le pays.L’affiche présente un graphisme volontairement minimaliste : des lettres blanches sur fond rouge, surmontées d’une couronne symbolisant l’autorité royale.Le gouvernement en fait imprimer environ 2,5 millions d’exemplaires !Mais voici le paradoxe : contrairement aux deux autres affiches, celle-ci n’est jamais officiellement diffusée.Pourquoi ? Parce qu’elle doit être réservée aux situations les plus graves, notamment après un bombardement particulièrement dévastateur ou en cas d’invasion.Or, les responsables britanniques craignent également que ce slogan paraisse trop paternaliste, comme si le gouvernement doutait du courage de la population.Finalement, la campagne est abandonnée. En 1940, la plupart des affiches sont détruites et recyclées pour récupérer du papier.L’histoire aurait pu s’arrêter là.Mais en 2000, un libraire nommé Stuart Manley découvre un exemplaire original au fond d’une boîte de livres anciens, dans sa librairie Barter Books, à Alnwick, dans le nord de l’Angleterre.Séduit par son esthétique, il l’expose. Les clients l’adorent ! Des reproductions sont bientôt commercialisées, et le slogan devient un phénomène mondial.Il est même détourné à l’infini : « Keep Calm and Drink Coffee », « Keep Calm and Eat Chocolate », et bien d’autres variantes.Ironie de l’histoire : cette affiche, conçue pour rassurer les Britanniques pendant la guerre, est devenue mondialement célèbre plus de soixante ans après sa création, en pleine période de paix.
  • Pourquoi des soldats japonais ont-ils mangé des prisonniers américains ?

    02:10|
    En 1944, sur une petite île du Pacifique, des officiers japonais commettent un crime de guerre particulièrement atroce : ils font exécuter des aviateurs américains, puis consomment certaines parties de leurs corps. Pourquoi ? Par nécessité alimentaire ? Par vengeance ? Ou pour des raisons plus troublantes encore ?L'histoire se déroule à Chichi-Jima, une île japonaise située à environ 1 000 kilomètres au sud de Tokyo. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle abrite une importante garnison militaire, régulièrement bombardée par l'aviation américaine.Entre août 1944 et mars 1945, huit aviateurs américains, capturés après la destruction de leurs appareils, sont exécutés par leurs geôliers. Certains sont décapités, d'autres tués à la baïonnette.Mais l'horreur ne s'arrête pas là. Les enquêtes menées après la guerre établissent que plusieurs cadavres ont été mutilés et que des officiers japonais ont consommé de la chair humaine, notamment des morceaux de cuisse et de foie.Comment expliquer une telle barbarie ?Contrairement à ce qu'on pourrait penser, il ne s'agissait pas simplement de survivre à la famine.Certes, les forces japonaises du Pacifique souffraient de graves difficultés d'approvisionnement. Mais à Chichi-Jima, le cannibalisme revêtait aussi une dimension symbolique.Certains officiers pensaient qu'en mangeant le foie de leurs ennemis, ils pourraient s'approprier leur courage et leur force. Le major Sueo Matoba, directement impliqué dans ces atrocités, évoqua notamment l'idée d'acquérir la force d'un tigre.À cela s'ajoutaient la haine de l'ennemi, le désir de vengeance et une culture militaire particulièrement brutale, dans laquelle la reddition était souvent considérée comme déshonorante.Ces actes ne représentaient évidemment pas l'ensemble des soldats japonais.L'affaire comporte également un détail historique stupéfiant.Le 2 septembre 1944, un jeune pilote américain de vingt ans est abattu au-dessus de Chichi-Jima. Il parvient à sauter en parachute au-dessus de l'océan, puis est secouru par un sous-marin américain.Son nom ? George Herbert Walker Bush, futur président des États-Unis !S'il avait été capturé, il aurait probablement subi le même sort que les autres aviateurs.Après la guerre, les responsables sont jugés à Guam en 1946. Le général Yoshio Tachibana, commandant de la garnison, est condamné à mort et pendu.Fait juridique étonnant : le cannibalisme n'étant pas explicitement prévu comme infraction autonome dans le droit international de l'époque, les accusations portent notamment sur les meurtres et la privation de sépulture honorable.L'incident de Chichi-Jima demeure ainsi l'un des épisodes les plus terrifiants et méconnus de la guerre du Pacifique.
  • Pourquoi parle-t-on d’un « album » en musique ?

    02:22|
    Quand un artiste sort une nouvelle collection de chansons, on dit qu’il publie un « album ». Mais pourquoi ce mot, qui désigne aussi un recueil de photographies, s’est-il imposé dans l’univers musical ? La réponse nous ramène à une époque où les disques ressemblaient davantage à des livres qu’aux vinyles que nous connaissons aujourd’hui.Tout commence avec le mot latin albus, qui signifie « blanc ». Dans la Rome antique, on appelait album un tableau blanchi sur lequel étaient affichées des informations publiques. Au fil des siècles, le terme a évolué pour désigner un cahier ou un recueil destiné à conserver des souvenirs, des dessins ou des photographies.Au XIXe siècle, les albums de photographies deviennent particulièrement populaires. Ils se présentent sous la forme de grands livres reliés, contenant des pages dans lesquelles on glisse des images.Et c’est précisément ce principe qui va inspirer l’industrie musicale.Au début du XXe siècle, les enregistrements sont commercialisés sur des disques tournant généralement à 78 tours par minute. Leur principal défaut ? Leur durée extrêmement limitée : environ trois à cinq minutes par face.Imaginez maintenant que vous souhaitiez écouter une symphonie de quarante minutes. Impossible de la faire tenir sur un seul disque ! Il faut plusieurs disques, parfois cinq ou six, voire davantage.Pour les ranger et les vendre ensemble, les fabricants imaginent alors des coffrets ressemblant à des albums photographiques. Chaque disque possède sa propre pochette, et toutes ces pochettes sont reliées dans un volume, comme les pages d’un livre.On appelle naturellement ces recueils des « albums de disques ».Dans les années 1930, les maisons de disques commencent à commercialiser des ensembles cohérents d'enregistrements, réunissant les œuvres d’un même artiste ou d’un même compositeur.Puis survient une révolution technique.En 1948, la maison Columbia Records introduit le disque microsillon 33 tours longue durée, appelé LP, pour Long Playing. Grâce à ses sillons beaucoup plus fins, un seul disque peut désormais contenir environ vingt minutes de musique par face.Plus besoin de réunir cinq ou six disques dans un gros livre ! Un unique vinyle suffit souvent à contenir toute une collection de morceaux.Mais le mot « album », lui, reste.Et il survivra à toutes les évolutions technologiques : les cassettes, les CD, puis les plateformes de streaming.Aujourd’hui, lorsqu’on écoute un album sur Spotify, on utilise donc un mot hérité d’un objet disparu : ce grand livre dans lequel nos arrière-grands-parents rangeaient leurs disques.Une belle illustration de la façon dont les mots survivent parfois aux technologies qui les ont fait naître.
  • Pourquoi les Joséphine réussissent-elles mieux au bac que les Dylan ?

    01:52|
    Votre prénom peut-il prédire vos résultats au baccalauréat ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, les statistiques montrent des différences spectaculaires selon les prénoms.En 2015, le sociologue Baptiste Coulmont a analysé les résultats d’environ 350 000 candidats au baccalauréat général et technologique ayant obtenu au moins 8 sur 20, et dont les résultats étaient accessibles.Et les chiffres sont saisissants.Parmi les 328 candidates prénommées Joséphine, 22 % ont obtenu la mention « très bien ». Chez les 982 Dylan, cette proportion tombe à seulement 2,6 %. Autrement dit, les Joséphine ont été proportionnellement huit fois plus nombreuses à décrocher cette distinction.Et ce n’est pas tout !Toujours en 2015, plus de 20 % des Diane et des Alice ont décroché la mention « très bien ». À l’autre extrémité, seuls 0,8 % des 247 Bryan ont obtenu cette distinction. Les Mohamed et les Anissa affichaient également des taux inférieurs à 2 %.Entre ces extrêmes, certains prénoms se situent dans la moyenne. Ainsi, environ 11,5 % des 4 000 Camille ont obtenu une mention « très bien ». Exactement la même proportion que les 200 candidats prénommés Alban.Ces différences se retrouvent d’une année à l’autre.En 2014, 21,7 % des 341 Adèle avaient décroché une mention « très bien », contre seulement 2,4 % des 205 Wendy.En 2016, ce sont les Diane qui arrivent en tête : 26 % des 245 candidates obtiennent la meilleure mention. Suivent notamment Esther avec 25 %, Joséphine avec 24 %, Alice avec 23 % et Victoire avec environ 22 %.À l’inverse, seulement 1 % des Bryan obtiennent cette mention, 2 % des Dylan, 3 % des Jordan et environ 4 % des Kevin.Mais pourquoi de tels écarts ?La réponse tient principalement à l’origine sociale. Les prénoms sont socialement marqués : certaines familles favorisées choisissent plus fréquemment des prénoms comme Joséphine, Diane ou Apolline, tandis que Dylan ou Bryan sont davantage associés à certains milieux populaires.Or, les enfants de familles favorisées disposent statistiquement de meilleures conditions pour réussir leurs études.Le prénom révèle aussi des différences de parcours scolaire : certains sont beaucoup moins représentés parmi les candidats au bac que parmi les enfants nés dix-huit ans auparavant.Attention, donc : ces chiffres ne mesurent pas l’intelligence et ne prédisent pas le destin d’un individu. Ils illustrent une corrélation, non une causalité.Ce n’est pas le prénom qui détermine la réussite scolaire, mais les inégalités sociales qu’il peut contribuer à révéler.
  • Pourquoi Gutenberg n’a-t-il jamais fait fortune grâce à son invention ?

    02:43|
    Johannes Gutenberg est l’un des hommes qui ont le plus profondément changé l’histoire de l’humanité. Pourtant, l’inventeur de l’imprimerie moderne n’a jamais fait fortune grâce à sa découverte. Pire encore : il a perdu le contrôle de son entreprise au profit de celui qui l’avait financée.Comment expliquer un tel paradoxe ?Tout commence vers 1450, à Mayence, dans l’actuelle Allemagne. Gutenberg met au point un procédé révolutionnaire : l’impression à l’aide de caractères métalliques mobiles, réutilisables et assemblés pour former des pages entières.Certes, des techniques d’impression existaient déjà en Asie. Mais Gutenberg perfectionne en Europe un système permettant de reproduire les textes beaucoup plus rapidement qu’en les recopiant à la main.Seulement, son invention coûte extrêmement cher à mettre en œuvre. Il faut fabriquer les caractères, construire les presses, acheter du papier et rémunérer les ouvriers.Gutenberg manque d’argent.Il fait alors appel à Johann Fust, un riche bourgeois de Mayence, qui lui avance environ 1 600 florins en plusieurs versements. Une somme considérable.Grâce à cet investissement, Gutenberg entreprend l’impression de sa célèbre Bible à 42 lignes. Environ 180 exemplaires sont produits, une prouesse extraordinaire pour l’époque.Mais avant même que cette innovation puisse lui rapporter une fortune, la situation tourne au cauchemar.En 1455, Fust réclame le remboursement des sommes avancées, augmentées des intérêts. Gutenberg ne peut satisfaire ses exigences.L’affaire se termine devant la justice.Les documents conservés ne permettent pas de reconstituer entièrement le jugement. Mais Gutenberg perd vraisemblablement une grande partie du matériel et de l'activité consacrée à l'impression de sa Bible.Fust, lui, s'associe à Peter Schöffer, ancien collaborateur de Gutenberg. Ensemble, ils développent une imprimerie prospère, exploitant et perfectionnant cette technologie révolutionnaire.Gutenberg se retrouve ainsi privé d'une grande partie des bénéfices commerciaux de son innovation.Il semble avoir poursuivi certaines activités d'impression, mais sans retrouver la position dominante qu'il aurait pu espérer.Son sort s'améliore finalement en 1465, lorsque l'archevêque de Mayence, Adolphe de Nassau, le nomme parmi les membres de sa cour.Contrairement à une idée répandue, il ne s'agit pas véritablement d'un anoblissement. Gutenberg reçoit surtout des avantages matériels : des vêtements, du grain, du vin et des exemptions fiscales. De quoi lui assurer une certaine sécurité.Il meurt en 1468, sans avoir accumulé de grande fortune.L'ironie de l'histoire est saisissante : Gutenberg a permis la diffusion massive des connaissances, transformant durablement la religion, la science et la culture européennes.Mais celui qui a révolutionné la circulation des idées n'a jamais réussi à transformer son génie en richesse personnelle.
  • Pourquoi ne faut-il jamais dire « basé sur » ?

    02:03|
    « Ce film est basé sur une histoire vraie. » « Cette décision est basée sur des faits scientifiques. » « Mon raisonnement est basé sur une étude récente. »Ces expressions vous semblent parfaitement naturelles ? Pourtant, selon l’Académie française, elles sont toutes incorrectes !Pourquoi ? Parce que l’expression « basé sur » serait un anglicisme, autrement dit une construction empruntée à l’anglais.Pour comprendre, il faut revenir à l’origine du verbe « baser ».En français, le mot « base » désigne d’abord ce sur quoi repose quelque chose : la base d’un bâtiment, d’une colonne ou d’une construction. Le verbe « baser » a ensuite été utilisé dans le vocabulaire militaire.On peut ainsi dire qu’une unité militaire est « basée » dans une ville, ou que des troupes sont « basées » près d’une frontière. Il s’agit alors de leur lieu de stationnement.Mais lorsque nous affirmons qu’un film est « basé sur » une histoire vraie, nous employons le verbe dans un sens figuré, pour signifier qu’il repose sur cette histoire.Et c’est précisément cet emploi que critique l’Académie française.En anglais, l’expression « based on » est parfaitement correcte et extrêmement courante. On dira par exemple « based on a true story », pour désigner un film inspiré de faits réels.Sous l’influence de l’anglais, cette construction s’est progressivement imposée dans notre langue, au point de devenir presque automatique.Pourtant, le français dispose déjà de plusieurs expressions équivalentes.Plutôt que « un raisonnement basé sur des faits », on préférera « un raisonnement fondé sur des faits ».Plutôt que « une décision basée sur des statistiques », on pourra dire « une décision établie à partir de statistiques ».Et plutôt que « un film basé sur une histoire vraie », on choisira « un film inspiré d’une histoire vraie ».Cette question linguistique ne date d’ailleurs pas d’hier.Au XIXe siècle, le philosophe et homme politique Pierre-Paul Royer-Collard s’opposa tellement à l’entrée du verbe « baser » dans le dictionnaire de l’Académie qu’il aurait lancé cette formule célèbre : « S’il entre, je sors ! » Mais attention : tous les linguistes ne partagent pas aujourd’hui la sévérité de l’Académie. Certains dictionnaires, notamment Usito, reconnaissent parfaitement l’emploi figuré de « baser sur », désormais très répandu. Il ne s’agit donc pas d’une erreur universellement reconnue, mais d’un usage contesté.Alors, pour éviter toute critique et privilégier un français soigné, un conseil : remplacez « basé sur » par « fondé sur », « établi sur » ou « reposant sur ».Une petite modification qui suffit à respecter les recommandations de l’Académie française !
  • Pourquoi un âne a-t-il réussi à tromper les critiques d’art ?

    02:40|
    En 1910, à Paris, un tableau exposé au prestigieux Salon des Indépendants attire l’attention. Son titre : Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique, également appelé Coucher de soleil sur l’Adriatique. Son auteur : Joachim-Raphaël Boronali, un mystérieux peintre italien.La toile présente des couleurs vives, des formes indistinctes, une composition presque abstraite. Certains critiques y voient une audacieuse expression de l’art moderne. D’autres sont plus sceptiques.Mais personne ne soupçonne l’incroyable vérité : le tableau a été peint par un âne !Derrière cette supercherie se cache Roland Dorgelès, un jeune écrivain français, futur auteur des Croix de bois. Avec quelques complices, il décide de ridiculiser les excès de la peinture d’avant-garde, qu’il juge parfois incompréhensible et prétentieuse.Son idée est simple : démontrer qu’une œuvre produite au hasard peut être prise au sérieux dès lors qu’elle est présentée comme de l’art.Le 8 mars 1910, Dorgelès se rend au Lapin Agile, célèbre cabaret de Montmartre. Il emprunte Lolo, l’âne du propriétaire, et lui attache un pinceau à la queue.Devant une toile blanche, les complices offrent à l’animal des carottes et des feuilles de tabac. Chaque mouvement de sa queue dépose de nouvelles traces de peinture.En trois quarts d’heure environ, le chef-d’œuvre est terminé !Pour rendre la mystification crédible, Dorgelès invente un artiste italien, Joachim-Raphaël Boronali. Un nom qui n’est autre que l’anagramme d'Aliboron, appellation traditionnelle de l’âne.Il imagine même un mouvement artistique fictif : l’« excessivisme », censé révolutionner la peinture.Le tableau est accepté au Salon des Indépendants, une exposition sans jury de sélection. Puis Dorgelès révèle publiquement la supercherie, preuves photographiques et constat d’huissier à l’appui. L’affaire provoque un immense éclat de rire, mais aussi un débat passionné.Dorgelès voulait dénoncer l’autorité artificielle que peuvent conférer un cadre, une signature prestigieuse ou une exposition.Quelques années plus tard, Marcel Duchamp posera, dans un esprit différent, une question voisine en présentant des objets ordinaires comme des œuvres d’art, notamment son célèbre urinoir en 1917.Mais le paradoxe le plus fascinant reste ailleurs.Si une peinture provoque une émotion esthétique, cette émotion disparaît-elle lorsqu’on découvre qu’elle a été réalisée par un animal ?Autrement dit, la valeur d’une œuvre dépend-elle de ce que nous voyons, ou de ce que nous croyons savoir de son créateur ?Plus d’un siècle après, l’âne Lolo continue ainsi de poser une question fondamentale : qu’est-ce qui fait véritablement d’un objet une œuvre d’art ?