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Choses à Savoir - Culture générale

Pourquoi les maisons au Groenland ont ders couleurs différentes ?

L’origine des maisons colorées du Groenland est à la fois pratique et historique, et elle s’inscrit dans le contexte particulier de la vie en milieu polaire. La pratique consistant à peindre les maisons en couleurs vives remonte aux premiers colons danois, qui ont apporté cette tradition en arrivant sur l’île. Les conditions climatiques difficiles du Groenland, caractérisées par des hivers extrêmement longs, des tempêtes de neige et de longues périodes de nuit polaire, rendaient la visibilité et l’orientation particulièrement ardues. En réponse à cela, la peinture des bâtiments dans des couleurs distinctives jouait un rôle essentiel.

 

Chaque couleur avait une signification spécifique, facilitant la navigation et l’identification des bâtiments dans des conditions souvent hostiles. Par exemple, les maisons jaunes étaient réservées au personnel médical, permettant de repérer facilement les centres de soins en cas d’urgence. Les bâtiments verts indiquaient les bureaux de l’administration, tandis que les bleus signalaient les métiers techniques, comme les entrepôts ou les ateliers. Quant aux rouges, ils étaient utilisés pour les églises, qui représentaient des lieux de rassemblement et de spiritualité. Cette organisation colorée était un système de repérage efficace, surtout pendant les longues nuits hivernales où la visibilité pouvait être extrêmement réduite.

 

Au-delà de l’aspect utilitaire, les couleurs des maisons servaient également à rendre le paysage plus chaleureux et vivant. Dans un environnement où la neige et la glace dominent une grande partie de l’année, les couleurs vives apportaient un contraste bienvenu, rendant l’atmosphère des villages plus joyeuse et accueillante. Les habitants trouvaient dans ces couleurs un moyen d’apporter de la lumière et de la chaleur à leur quotidien, malgré les conditions de vie difficiles.

 

Aujourd’hui, bien que les couleurs n’aient plus la même signification officielle, la tradition perdure, et les villes groenlandaises continuent d’être célèbres pour leurs maisons colorées. Les habitants choisissent désormais les couleurs selon leurs préférences personnelles, mais l’idée de maintenir des teintes vives demeure. Cela confère au Groenland une identité visuelle unique, attirant les visiteurs fascinés par ces paysages urbains hauts en couleur. Les maisons colorées restent un témoignage du lien entre l’environnement arctique et l’ingéniosité des habitants pour rendre la vie plus douce et fonctionnelle dans des conditions extrêmes.

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  • Pourquoi les grandes bouteilles de vin portent-elles des noms de rois bibliques ?

    02:15|
    Vous connaissez sûrement le magnum, cette grande bouteille de vin qui contient l’équivalent de deux bouteilles classiques. Mais au-delà, les formats prennent des noms de plus en plus impressionnants : jéroboam, mathusalem, salmanazar, balthazar ou nabuchodonosor. Et derrière ces appellations se cache une histoire étonnante.Commençons par la base. Une bouteille de vin standard contient 75 centilitres. Le magnum, lui, en contient 1,5 litre, soit deux bouteilles. Son nom vient du latin magnum, qui signifie simplement « grand ».Ensuite, les choses deviennent plus bibliques. Dans le monde du champagne et des vins effervescents, un jéroboam contient généralement 3 litres, soit quatre bouteilles classiques. Son nom fait référence à Jéroboam Ier, roi d’Israël au Xe siècle avant notre ère.Puis vient le réhoboam, de 4,5 litres, baptisé d’après Roboam, fils du roi Salomon. Le mathusalem, avec ses 6 litres, évoque quant à lui le célèbre personnage de la Bible réputé avoir vécu 969 ans. Un nom plutôt bien choisi pour une bouteille censée symboliser la longévité.Au-dessus, on trouve le salmanazar, de 9 litres, soit douze bouteilles. Il porte le nom de plusieurs rois assyriens. Le balthazar, de 12 litres, correspond à seize bouteilles. Son nom évoque traditionnellement l’un des trois Rois mages, même si cette identification vient surtout de la tradition chrétienne tardive.Encore plus spectaculaire, le nabuchodonosor contient 15 litres, soit vingt bouteilles de 75 centilitres. Nabuchodonosor II fut un puissant roi de Babylone au VIe siècle avant notre ère.Et ce n’est pas terminé. Certains producteurs utilisent encore des formats géants comme le melchior, de 18 litres, ou le melchisédech, qui peut atteindre 30 litres, soit quarante bouteilles classiques.Pourquoi tant de noms de rois bibliques ? L’origine précise de cette tradition reste assez floue. Ces appellations semblent s’être imposées progressivement à partir du XIXe siècle, notamment dans le monde du champagne, probablement parce que ces noms anciens et majestueux convenaient parfaitement à des contenants exceptionnels.Une chose est certaine : plus la bouteille grossit, plus son nom semble vouloir impressionner. Et avec un nabuchodonosor sur la table, difficile de passer inaperçu.
  • Combien de calories brûle-t-on pendant un rapport sexuel ?

    01:33|
    Un rapport sexuel peut-il remplacer une séance de sport ? Pas vraiment. Mais il permet tout de même de brûler une quantité non négligeable de calories.L’une des études les plus souvent citées sur le sujet a été menée par des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal et publiée en 2013 dans la revue scientifique PLOS ONE. Les scientifiques ont suivi 21 couples hétérosexuels jeunes et en bonne santé, âgés en moyenne de 22 ans. Chaque participant portait un capteur capable d’estimer sa dépense énergétique pendant ses rapports sexuels à domicile.Première constatation : la durée moyenne d’une séance sexuelle était d’environ 25 minutes. Attention, les chercheurs ne mesuraient pas seulement la pénétration : ils comptaient l’activité à partir du début des préliminaires, puis le rapport lui-même, avec au moins un orgasme dans le couple.Résultat : en moyenne, les hommes dépensaient environ 101 calories, contre 69 calories pour les femmes. Rapporté à la durée, cela représentait environ 4,2 calories par minute chez les hommes et 3,1 chez les femmes. En réunissant l’ensemble des participants, la moyenne était d’environ 85 calories par rapport, soit 3,6 calories par minute.Mais ces chiffres cachent d’énormes différences. Dans l’étude, certaines séances ne représentaient qu’une dizaine de calories, tandis qu’un participant dépassait les 300 calories. La dépense dépend évidemment de la durée, de l’intensité des mouvements, du poids des participants ou encore du rôle plus ou moins actif de chacun.Alors, est-ce comparable au sport ? Les chercheurs ont demandé aux mêmes personnes de courir pendant 30 minutes sur un tapis roulant à intensité modérée. Cette fois, la dépense atteignait environ 276 calories chez les hommes et 213 chez les femmes. Le rapport sexuel consommait donc nettement moins d’énergie qu’une véritable séance d’exercice.Il faut aussi rester prudent : l’étude portait sur seulement 42 personnes jeunes, sportives et en bonne santé. Elle ne permet donc pas de fixer un chiffre universel valable pour tout le monde.Retenons néanmoins un ordre de grandeur simple : un rapport sexuel d’une vingtaine à une trentaine de minutes brûlerait souvent autour de 70 à 100 calories. Autrement dit, davantage qu’être simplement assis sur son canapé… mais généralement beaucoup moins qu’une demi-heure de jogging.
  • Pourquoi « Intérieur d’une cuisine » est-il un tableau unique ?

    02:13|
    À première vue, rien de particulièrement extraordinaire dans Intérieur d’une cuisine. Cette peinture de Martin Drölling, réalisée en 1815 et aujourd’hui conservée au musée du Louvre, représente une scène domestique paisible : une cuisine, quelques personnages, des ustensiles et des meubles.Pourtant, derrière cette scène parfaitement banale se cache une histoire macabre. Une partie des pigments bruns utilisés par Drölling pourrait avoir été fabriquée à partir de… cœurs humains momifiés. Et pas n’importe lesquels : ceux de membres de la famille royale française.Pour comprendre cette histoire, il faut revenir à la Révolution française. À partir de 1793, plusieurs tombeaux et reliquaires royaux sont profanés. Or, selon une tradition ancienne, les corps des souverains pouvaient être enterrés séparément de leur cœur. Certains de ces cœurs embaumés furent donc récupérés et circulèrent ensuite entre différentes mains.À cette époque, les peintres connaissent déjà un étrange pigment appelé « brun de momie » ou « mummie ». Pendant plusieurs siècles, des marchands européens ont effectivement vendu une matière brunâtre contenant parfois des restes de momies égyptiennes réduites en poudre. Mélangée à l’huile, elle permettait notamment d’obtenir certains bruns et glacis.Le peintre Martin Drölling aurait ainsi acquis plusieurs cœurs momifiés provenant de membres de la famille royale, notamment ceux d’Anne d’Autriche et de Marie-Thérèse d’Autriche. Il les aurait utilisés pour fabriquer une matière picturale employée dans certaines de ses œuvres.C’est ici qu’Intérieur d’une cuisine devient particulièrement intrigant. Selon une tradition historique, certains de ses tons bruns contiendraient cette fameuse « mummie » royale.Mais il faut être précis : cela reste, pour ce tableau particulier, une hypothèse. Le Louvre confirme que l’œuvre est une huile sur toile peinte par Drölling en 1815, mais sa notice ne mentionne pas la présence de restes humains. Et aucune analyse scientifique du tableau n’a encore permis de confirmer que ses pigments contiennent effectivement des tissus provenant de cœurs royaux.En revanche, l’histoire n’est pas totalement fantaisiste. Des chercheurs ont étudié une autre peinture, Vue de Caen, d’Alexandre Pau de Saint-Martin, un autre artiste associé à cette pratique. Des analyses ont permis d’y retrouver des éléments compatibles avec l’utilisation de tissus cardiaques.Voilà donc ce qui rend Intérieur d’une cuisine si singulier : derrière une scène quotidienne presque insignifiante pourrait littéralement se cacher une partie de la monarchie française.Un tableau dans lequel l’Histoire ne serait pas seulement représentée : elle serait présente dans la peinture elle-même.
  • Quels furent les derniers mots de Marie-Antoinette ?

    02:10|
    On imagine souvent les derniers mots des grandes figures de l’Histoire comme des phrases solennelles, soigneusement choisies pour entrer dans la postérité. Ceux attribués à Marie-Antoinette furent au contraire d’une étonnante simplicité.Le 16 octobre 1793, l’ancienne reine de France est conduite de la Conciergerie jusqu’à la place de la Révolution, l’actuelle place de la Concorde, à Paris. Quelques heures plus tôt, elle a été condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire.Marie-Antoinette a alors 37 ans. Depuis la chute de la monarchie, sa situation n’a cessé de se dégrader. Son mari, Louis XVI, a été guillotiné neuf mois auparavant. Elle-même est devenue, aux yeux d’une partie des révolutionnaires, l’un des symboles de l’Ancien Régime et de ses excès.Le matin de son exécution, elle est transportée dans une simple charrette à travers les rues de Paris. Ses mains sont attachées derrière le dos. Une foule nombreuse assiste à son passage.Lorsqu’elle arrive au pied de la guillotine, Marie-Antoinette monte sur l’échafaud. C’est alors qu’un petit incident se produit.Elle aurait accidentellement marché sur le pied de l’un de ses bourreaux. Elle se serait immédiatement retournée vers lui pour lui dire :« Monsieur, je vous demande excuse, je ne l’ai pas fait exprès. »Ces quelques mots sont généralement considérés comme les derniers qu’elle ait prononcés.Ils sont particulièrement frappants parce qu’ils n’ont rien d’héroïque ni de théâtral. À quelques secondes de sa mort, Marie-Antoinette aurait simplement présenté ses excuses par politesse, presque comme elle l’aurait fait dans une situation ordinaire.Il faut cependant rester prudent. Comme souvent lorsqu’il s’agit des dernières paroles de personnages historiques, il est impossible de garantir chaque mot avec une certitude absolue. Au fil du temps, la phrase a d’ailleurs été légèrement transformée. On trouve souvent la version : « Pardonnez-moi, monsieur, je ne l’ai pas fait exprès. »Nous savons en revanche que quelques heures avant son exécution, Marie-Antoinette avait rédigé une dernière lettre destinée à sa belle-sœur, Madame Élisabeth.Elle y parlait notamment de ses enfants, de sa foi et de la mort qui l’attendait. Elle terminait sur des mots beaucoup plus solennels : « Adieu, adieu ! Je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. »Il existe donc une étonnante opposition entre ses dernières paroles écrites et celles qu’elle aurait prononcées.Les premières sont graves, réfléchies et conscientes de l’Histoire. Les secondes sont presque banales : une simple excuse adressée à un homme dont elle venait de marcher sur le pied.Quelques instants plus tard, à 12 h 15, Marie-Antoinette était guillotinée.
  • Pourquoi un scientifique a-t-il passé des années à peser ses propres excréments ?

    02:31|
    Pendant près de trente ans, un médecin italien a suivi un rituel pour le moins étrange : il pesait ce qu’il mangeait, ce qu’il buvait… mais aussi son urine et ses excréments.Cet homme s’appelait Santorio Santorio. Né en 1561, il fut professeur de médecine à l’université de Padoue, l’un des grands centres scientifiques européens de l’époque. Et derrière cette expérience assez peu ragoûtante se cachait en réalité une question scientifique fondamentale : que devient exactement ce que nous mangeons ?Pour le découvrir, Santorio fit construire un dispositif spectaculaire : une grande chaise suspendue à une balance. Il pouvait ainsi se peser tout en mangeant, en travaillant ou en se reposant. Pendant des années, il nota méticuleusement son poids, celui de sa nourriture et de ses boissons, puis celui de ce que son organisme éliminait.Et il découvrit quelque chose d’étrange.La masse des urines et des excréments était très inférieure à celle des aliments et des boissons absorbés. Une grande partie de la matière semblait donc… disparaître.Santorio comprit alors que notre corps perdait continuellement de la matière d’une manière invisible. Il appela ce phénomène la « perspiratio insensibilis », c’est-à-dire la « perspiration insensible ». Pour lui, une quantité importante de matière quittait continuellement l’organisme sans que nous puissions la voir.Aujourd’hui, nous savons qu’il avait identifié un phénomène bien réel, même s’il ne pouvait évidemment pas encore en comprendre tous les mécanismes. Nous perdons en permanence de l’eau par la peau et par la respiration. Et lorsque notre organisme transforme les nutriments pour produire de l’énergie, une partie de leur masse est également éliminée sous forme de dioxyde de carbone que nous expirons.En 1614, Santorio publia ses observations dans son ouvrage De statica medicina.Son expérience représente une étape importante dans l’histoire de la médecine, car elle introduit une idée aujourd’hui évidente mais révolutionnaire au XVIIe siècle : pour comprendre le corps humain, il faut le mesurer.À une époque où les médecins raisonnaient encore largement à partir des théories héritées de l’Antiquité, Santorio utilisait des balances, des chiffres et des expériences répétées.En pesant quotidiennement ses repas, son corps et même ses excréments, il contribuait ainsi à jeter les bases de l’étude quantitative du métabolisme humain.Une expérience peu élégante, certes, mais qui annonçait une révolution scientifique : celle d’une médecine fondée sur la mesure plutôt que sur la seule intuition.
  • Comment un simple volcan a-t-il contribué à provoquer la Révolution française ?

    02:41|
    En 1789, lorsque la Révolution française éclate, personne n’imagine qu’un volcan situé à plus de 2 000 kilomètres de Paris a peut-être contribué à fragiliser le royaume quelques années plus tôt.Ce volcan, c’est le Laki, en Islande.Le 8 juin 1783, une immense fissure s’ouvre dans le sol islandais. Pendant plusieurs mois, des dizaines de cratères rejettent de gigantesques quantités de lave, mais surtout des gaz volcaniques. On estime que l’éruption libère environ 120 millions de tonnes de dioxyde de soufre dans l’atmosphère.Ces gaz ne restent pas au-dessus de l’Islande. Poussés par les vents, ils atteignent rapidement l’Europe.À l’été 1783, un étrange brouillard sec et soufré recouvre notamment la France. Il pique les yeux, irrite les voies respiratoires et inquiète les populations. Les registres paroissiaux montrent d’ailleurs une importante hausse de la mortalité. Une étude portant sur la France a observé une augmentation d’environ 32 % des décès entre juin et septembre 1783 par rapport aux années précédentes, même si la chaleur exceptionnelle de cet été a également joué un rôle.Mais l’influence du Laki ne s’arrête pas là.Les particules soufrées présentes dans l’atmosphère perturbent le climat. Après l’été très chaud de 1783 survient notamment un hiver 1783-1784 particulièrement rigoureux en Europe. Ces bouleversements météorologiques affectent une société dans laquelle l’agriculture reste essentielle et où une mauvaise récolte peut rapidement entraîner pénuries et hausse du prix des aliments.Or, dans les années qui suivent, la France traverse déjà une période très difficile : finances royales dégradées, fortes inégalités fiscales et sociales, mauvaises récoltes et hausse du prix du pain. En 1788, une nouvelle crise agricole, suivie d’un hiver très rude, aggrave encore la situation.Attention cependant : il serait faux de dire que le Laki a provoqué à lui seul la Révolution française. Les causes de 1789 sont surtout politiques, économiques, fiscales et sociales.Mais l’éruption de 1783 a constitué un facteur supplémentaire de déstabilisation : pollution, mortalité, dérèglements climatiques et difficultés agricoles ont fragilisé des populations déjà vulnérables.Ainsi, six ans avant la prise de la Bastille, une catastrophe naturelle survenue en Islande participait indirectement à tendre davantage la situation en France.Un bel exemple de la façon dont un événement naturel survenu à des milliers de kilomètres peut, parfois, peser sur le cours de l’Histoire.
  • Pourquoi la France a-t-elle décidé de changer sa carte du monde ?

    02:18|
    Regardez une carte du monde classique. Le Groenland vous paraît immense, presque aussi grand que l’Afrique. Pourtant, dans la réalité, l’Afrique est environ quatorze fois plus vaste. Et c’est précisément ce genre de déformation que la France a décidé de corriger.Le 4 septembre 2026, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a annoncé qu’il abandonnait la célèbre projection de Mercator dans ses usages diplomatiques, au profit de représentations mieux adaptées et plus fidèles aux superficies réelles.Mais pourquoi nos cartes déforment-elles ainsi le monde ?Tout simplement parce qu’il est mathématiquement impossible de représenter parfaitement la surface d’une sphère sur une feuille plate. Imaginez que vous essayiez d’aplatir la peau d’une orange sans la déchirer ni l’étirer : c’est impossible. Les cartographes doivent donc choisir ce qu’ils préfèrent préserver : les formes, les angles, les distances ou les superficies.La projection de Mercator a été mise au point au XVIᵉ siècle par le géographe flamand Gerardus Mercator. Et elle répondait à un besoin très précis : la navigation. Elle permet notamment aux marins de tracer sur une carte des routes correspondant à un cap constant.Le problème est qu’elle agrandit progressivement les territoires à mesure qu’on se rapproche des pôles.Résultat : le Groenland semble gigantesque. La Russie et le Canada paraissent également beaucoup plus grands qu’ils ne le sont relativement aux régions proches de l’équateur. À l’inverse, l’Afrique apparaît visuellement beaucoup plus petite qu’elle ne l’est réellement.Le sujet est revenu sur le devant de la scène en 2026. L’Union africaine a officiellement soutenu l’initiative « Correct the Map » et adopté la projection dite « Equal Earth », conçue pour mieux respecter les superficies relatives.Puis, le 4 septembre 2026, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté par 164 voix contre une une résolution encourageant gouvernements, écoles et entreprises technologiques à privilégier des projections représentant plus fidèlement la taille des continents.Attention cependant : la France ne remplace pas toutes les cartes du pays par une carte unique. Le Quai d’Orsay explique vouloir utiliser différentes projections selon les besoins. Il propose notamment des cartes utilisant les projections de Robinson, Eckert IV ou Gall.Car aucune carte plane n’est parfaitement fidèle.Changer de projection ne rend donc pas la carte parfaite. Cela consiste simplement à choisir… quelle déformation on accepte.
  • Quelle est l'origine étonnante du verbe "forniquer" ?

    01:47|
    Le verbe « forniquer » possède une origine particulièrement étonnante. Car étymologiquement, il n’a rien à voir avec le sexe. À l’origine, il désigne en quelque sorte… une voûte.Pour le comprendre, il faut remonter à la Rome antique. En latin, le mot fornix désigne une arche, une voûte ou encore un passage couvert. Le terme est apparenté à fornax, qui signifie « four », probablement parce que les anciens fours présentaient eux aussi une forme voûtée.Mais progressivement, le mot fornix va prendre un tout autre sens.Dans les villes romaines, certaines prostituées exerçaient ou racolaient dans des endroits abrités : sous des arcades, dans des passages couverts ou dans de petites chambres voûtées. Par métonymie, c’est-à-dire en donnant au lieu le nom de l’activité qui s’y déroule, fornix finit donc par désigner un lieu de prostitution, voire un bordel. Les auteurs latins Horace et Juvénal utilisent déjà le mot dans ce sens.C’est de là que naît toute une famille de mots.Le latin tardif forme notamment le verbe fornicari. Mais l’évolution est intéressante : en latin classique, les mots issus de fornix pouvaient encore simplement évoquer la construction d’une voûte. Ce n’est que dans les premiers siècles du christianisme qu’ils prennent clairement une signification sexuelle. L’Académie française relève notamment cet usage au début du IIIe siècle chez l’écrivain chrétien Tertullien.Le latin chrétien fornicari signifie alors se livrer à la débauche ou à des relations sexuelles considérées comme illicites. Le nom fornicatio donnera en français « fornication », attesté dès le Moyen Âge, tandis que « forniquer » apparaîtra ensuite avec le sens de commettre le péché de fornication.Aujourd’hui, le sens religieux s’est largement effacé. « Forniquer » signifie familièrement avoir des relations sexuelles, avec une nuance souvent volontairement crue ou ironique.Ainsi, derrière ce verbe plutôt explicite se cache un étonnant souvenir de l’architecture romaine.Quand quelqu’un « fornique », étymologiquement, il nous ramène donc près de deux mille ans en arrière, sous les voûtes et les arcades de Rome, là où certaines prostituées attendaient autrefois leurs clients.
  • Pourquoi dit-on « tailler une pipe » ?

    01:59|
    L’expression paraît aujourd’hui tellement installée qu’on pourrait croire qu’elle vient directement de la pipe à tabac. En réalité, son histoire est plus tortueuse.Le mot « pipe » est attesté dans l’argot sexuel français au début du XXe siècle. Un dictionnaire d’argot le relève dès 1927 avec le sens de fellation. À cette époque, on disait surtout « faire une pipe ». L’expression semble avoir circulé notamment dans le milieu de la prostitution, où elle remplaçait progressivement une autre formule aujourd’hui vieillie : « faire un pompier ».Mais pourquoi « pipe » ? Une explication souvent reprise par le linguiste et écrivain Claude Duneton repose sur le monde du tabac. Au début du XXe siècle, beaucoup d’hommes roulaient eux-mêmes leurs cigarettes. Dans l’argot populaire, une cigarette pouvait être appelée une « pipe », et « se faire une pipe » signifiait alors se rouler une cigarette. Le geste consistait à manipuler le papier, le rouler entre les doigts puis l’humidifier avec la langue. L’analogie sexuelle aurait favorisé le glissement de sens. Cette origine est plausible, mais il faut rester prudent : elle relève davantage de la reconstruction étymologique que d’une certitude parfaitement documentée.Reste le verbe « tailler ». Car à l’origine, on disait plutôt « faire une pipe ». « Tailler une pipe » serait apparu plus tard par croisement avec une autre expression argotique : « tailler une plume », déjà employée à la fin du XIXe siècle avec le même sens. Le Wiktionnaire comme plusieurs dictionnaires d’expressions décrivent ainsi « tailler une pipe » comme une contamination entre « faire une pipe » et « tailler une plume ».Cette « plume » renverrait à la plume d’oie utilisée pour écrire. Avant de s’en servir, il fallait en préparer et en tailler l’extrémité, parfois après l’avoir humidifiée. Là encore, l’argot a transformé un geste banal en métaphore sexuelle.L’expression que nous utilisons aujourd’hui serait donc le résultat de plusieurs couches d’argot : d’abord « tailler une plume », puis « faire une pipe », enfin le mélange des deux, « tailler une pipe ».Un bon exemple de la manière dont la langue populaire recycle des gestes ordinaires, les détourne… et finit par faire oublier complètement leur sens d’origine. Et comme souvent avec l’argot, l’image survit mieux dans la langue que son histoire exacte.