Partager

cover art for Pourquoi des millions de personnes ont-elles embrassé une femme noyée ?

Choses à Savoir - Culture générale

Pourquoi des millions de personnes ont-elles embrassé une femme noyée ?

•

Si vous avez déjà suivi une formation aux premiers secours, vous avez peut-être posé vos lèvres sur le visage d’une femme dont personne ne connaît le nom. Et ce visage aurait appartenu à une jeune noyée, retrouvée dans la Seine il y a plus d’un siècle.


Tout commence à Paris, à la fin du XIXe siècle. À cette époque, la morgue expose derrière des vitres les corps des personnes non identifiées. L’objectif est simple : permettre aux familles de reconnaître un disparu. Mais les Parisiens s’y rendent aussi par curiosité, comme on visite une attraction.


Selon une histoire devenue célèbre, on aurait un jour repêché dans la Seine le corps d’une très jeune femme. Aucun papier, aucun nom. Pourtant, son visage intrigue. Ses yeux sont clos, ses traits paisibles, et surtout, elle semble sourire. Un employé de la morgue, frappé par cette expression, aurait décidé de faire réaliser un moulage de son visage.


Ce masque en plâtre connaît un destin extraordinaire. Reproduit en de nombreux exemplaires, il décore des appartements, inspire des artistes et fascine les écrivains. On le surnomme « l’Inconnue de la Seine ». Son sourire énigmatique lui vaut même d’être comparée à la Joconde.


Mais l’histoire comporte un mystère supplémentaire : personne n’a retrouvé de document prouvant que cette femme s’était réellement noyée. Certains chercheurs pensent que le masque aurait pu être réalisé sur une jeune femme encore vivante. La légende est donc bien plus certaine que l’identité de son héroïne.


Avançons maintenant jusqu’aux années 1950. En Norvège, un fabricant de jouets, Åsmund Laerdal, travaille avec des médecins sur un mannequin destiné à enseigner la réanimation. Il faut un corps sur lequel s’exercer aux compressions thoraciques et au bouche-à-bouche, sans mettre un véritable patient en danger.


Pour rendre ce mannequin plus humain, Laerdal choisit un visage qu’il connaît : celui de l’Inconnue de la Seine. En 1960 naît « Resusci Anne », bientôt utilisée dans les formations de secourisme du monde entier.


Depuis, des millions de personnes se sont entraînées au bouche-à-bouche sur les différentes versions de ce mannequin. Voilà pourquoi l’Inconnue est parfois surnommée « la femme la plus embrassée du monde ».


Et c’est le paradoxe fascinant de cette histoire : un visage associé, à tort ou à raison, à une mort par noyade est devenu l’un des symboles les plus célèbres de l’apprentissage des gestes qui sauvent.

More episodes

View all episodes

  • Pourquoi un procès s'est-il terminé les fesses à l'air ?

    02:57|
    Pour découvrir mon nouveau podcast Un mot par jour:Apple Podcastshttps://podcasts.apple.com/fr/podcast/un-mot-par-jour/id1492034665Spotifyhttps://open.spotify.com/show/5RVUWD1KGZwPImvngT6q51?si=2cca2533485c4925---------------------En 1983, en Floride, aux États-Unis, trois danseuses comparaissent devant un tribunal pour une affaire d'indécence. Elles risquent une condamnation pour avoir prétendument montré une partie de leur corps interdite par la loi. Mais leur procès va prendre une tournure absolument inattendue. Pour prouver leur innocence, deux d'entre elles vont tout simplement montrer leurs fesses au juge !Reprenons depuis le début.À cette époque, certaines collectivités de Floride appliquent des règlements particulièrement stricts concernant la nudité dans les établissements servant de l'alcool. Les danseuses de cabaret doivent donc respecter des règles précises sur les parties de leur corps qu'elles peuvent dévoiler.Or, lors d'une inspection dans une boîte de nuit, des policiers en civil estiment que trois danseuses ont dépassé les limites autorisées.Elles sont poursuivies pour indécence.Mais leur avocat conteste les accusations. Selon lui, les policiers se trompent : les culottes portées par ses clientes étaient suffisamment larges pour dissimuler les parties de leur anatomie concernées par l'interdiction.Pour le prouver, il propose une expérience inhabituelle : faire reproduire aux danseuses, devant les jurés, exactement les mêmes mouvements que lors de leur arrestation, avec les mêmes sous-vêtements.Le juge refuse.Selon le récit de cette affaire, ce jeune magistrat, encore peu expérimenté, redoute qu'une telle démonstration ne nuise à sa réputation.Mais les danseuses ne comptent pas en rester là.Soudain, sans prévenir leur avocat ni demander l'autorisation du tribunal, deux d'entre elles se lèvent, tournent le dos au juge, soulèvent leur robe et se penchent en avant.Leurs fesses, couvertes par les fameuses culottes, se retrouvent exposées aux regards de toute la salle !L'objectif n'est évidemment pas de provoquer gratuitement. Il s'agit de démontrer, de la manière la plus concrète possible, que leurs sous-vêtements respectaient les exigences du règlement.Et cette démonstration intervient dans une affaire qui se termine par l'abandon des poursuites.L'épisode n'est d'ailleurs pas une simple légende. Une photographie prise en 1983 par le journaliste Jim Damaske montre une danseuse présentant sa culotte au juge David Demers, dans le comté de Pinellas. Sa légende précise toutefois que le magistrat a classé l'affaire en raison de contradictions entre les témoignages.Autrement dit, les fesses des danseuses ont marqué les esprits, mais ce sont aussi les faiblesses des accusations qui expliquent l'issue judiciaire.Une histoire qui rappelle qu'au tribunal, une preuve peut parfois prendre une forme particulièrement inattendue !
  • Pourquoi le plafonnement des prix contre l’inflation n’a-t-il rien de moderne ?

    02:56|
    Pour découvrir mon nouveau podcast Un mot par jour:Apple Podcastshttps://podcasts.apple.com/fr/podcast/un-mot-par-jour/id1492034665Spotifyhttps://open.spotify.com/show/5RVUWD1KGZwPImvngT6q51?si=2cca2533485c4925---------------------Face à l’inflation, une idée revient régulièrement : pourquoi ne pas tout simplement interdire aux commerçants d’augmenter leurs prix ? Cette solution peut sembler moderne. Pourtant, elle a déjà été expérimentée il y a plus de 1 700 ans, dans l’Empire romain. Et les résultats furent loin d’être convaincants.Nous sommes en 301 après Jésus-Christ. L’Empire romain traverse une grave crise économique. Depuis plusieurs décennies, les dépenses militaires augmentent, les finances publiques sont fragilisées et la monnaie a perdu une grande partie de sa valeur.Conséquence : les prix flambent et le pouvoir d’achat de la population s’effondre.L’empereur Dioclétien décide alors de prendre une mesure spectaculaire : fixer par la loi le prix maximum de presque tous les produits du quotidien.C’est ce qu’on appelle l’édit du Maximum.Ce texte établit des plafonds pour des centaines de marchandises et de services : le pain, la viande, le vin, les vêtements, mais aussi les transports et les salaires des travailleurs.Par exemple, une livre de viande de bœuf ne doit pas coûter plus de huit deniers, et une journée de travail agricole est plafonnée à vingt-cinq deniers, lorsque le travailleur est nourri.Et Dioclétien ne plaisante pas : ceux qui dépassent les prix autorisés risquent la peine de mort !L’objectif est simple : empêcher les commerçants de profiter de la crise pour augmenter leurs tarifs.Mais rapidement, le système montre ses limites.Premier problème : les prix sont fixés uniformément dans un empire immense. Or, produire du blé en Égypte ne coûte pas la même chose que l'acheminer jusqu'en Gaule. Certains plafonds deviennent donc économiquement intenables.Deuxième problème : lorsque le prix autorisé est trop faible, les commerçants peuvent préférer ne plus vendre leurs marchandises. Les pénuries risquent alors de s'aggraver.Troisième problème : le développement d'un marché clandestin où les produits s'échangent plus cher que les prix officiels.Un auteur de l'époque, Lactance, rapporte ainsi des violences et des marchandises retirées de la vente. Son témoignage doit toutefois être considéré avec prudence, car il était hostile à Dioclétien.L'édit ne parvient finalement pas à enrayer durablement l'inflation.Il faut cependant éviter une conclusion trop simpliste : tous les contrôles des prix ne sont pas nécessairement inefficaces. Leur succès dépend notamment de leur durée, de leur ampleur et des causes de l'inflation.Mais l'expérience romaine illustre une difficulté fondamentale : interdire l'augmentation d'un prix ne fait pas disparaître les raisons économiques qui le poussent à augmenter.Autrement dit, on peut décréter un prix, mais pas décréter l'abondance.
  • Pourquoi le mot « merci » n’a-t-il pas toujours été une formule de politesse ?

    02:48|
    Pour découvrir mon nouveau podcast Un mot par jour:Apple Podcastshttps://podcasts.apple.com/fr/podcast/un-mot-par-jour/id1492034665Spotifyhttps://open.spotify.com/show/5RVUWD1KGZwPImvngT6q51?si=2cca2533485c4925---------------------Aujourd’hui, nous prononçons le mot « merci » plusieurs fois par jour, presque machinalement. Pourtant, derrière ces cinq lettres se cache une histoire étonnante, faite d’argent, de pouvoir, de chevalerie et même de survie.Tout commence dans la Rome antique. Le mot « merci » vient du latin merces, qui signifie « salaire », « prix » ou « récompense ». À l’origine, nous sommes donc très loin de la simple politesse.Dans la société romaine, recevoir un bienfait créait souvent une obligation morale envers son bienfaiteur. Remercier revenait à reconnaître cette dette de reconnaissance. Le philosophe Sénèque consacre d’ailleurs un traité entier, Des Bienfaits, à cette question : comment recevoir un cadeau, exprimer sa gratitude et rendre ce que l’on a reçu ? Attention toutefois : le mot français « merci » n’existait pas encore. C’est son ancêtre latin qui portait cette idée de récompense.Au Moyen Âge, le mot prend une signification beaucoup plus dramatique.Dès le IXe siècle, « merci » désigne la grâce, la pitié ou la miséricorde. Sur un champ de bataille, un chevalier vaincu pouvait crier « merci ! » à son adversaire. Il ne le remerciait absolument pas : il le suppliait de lui laisser la vie sauve.On comprend ainsi l'origine d’expressions encore utilisées aujourd’hui, comme « être à la merci de quelqu’un » ou « sans merci », c’est-à-dire sans pitié.Mais une autre transformation s’opère au XIIe siècle, avec l’essor de l’amour courtois.Dans les poèmes des troubadours, le chevalier amoureux se comporte comme un vassal envers son seigneur. Sa dame devient symboliquement sa souveraine. Il lui promet fidélité, accomplit des exploits et espère obtenir sa « merci », autrement dit sa faveur amoureuse.La merci n’est donc plus nécessairement une question de survie : elle devient une récompense sentimentale.Enfin, à la Renaissance, aux XVe et XVIe siècles, les usages de cour développent des codes de civilité de plus en plus élaborés. Exprimer sa reconnaissance devient une marque de bonne éducation.Le sens moderne se diffuse progressivement, même s’il existait déjà au Moyen Âge : une formule de remerciement, « granz merciz », est attestée dès 1135.Ainsi, ce petit mot a parcouru un chemin extraordinaire : du salaire à la grâce, de la supplication à la reconnaissance.Et chaque fois que nous disons « merci », nous perpétuons, sans le savoir, plus de mille ans d’histoire.
  • Pourquoi les crayons à papier et de couleur sont-ils hexagonaux ?

    02:11|
    Avez-vous déjà remarqué que la plupart des crayons à papier et des crayons de couleur possèdent six faces ? Pourquoi cette forme hexagonale, alors qu'un crayon parfaitement rond semblerait plus naturel ? La réponse repose sur deux raisons principales : une question de confort, mais surtout une histoire d'économie industrielle.Pendant longtemps, les crayons étaient fabriqués artisanalement, souvent avec une forme cylindrique. Mais au XIXe siècle, un Américain nommé Ebenezer Wood va contribuer à transformer leur fabrication.Installé dans le Massachusetts, Wood est un inventeur spécialisé dans la production de crayons. Il cherche à résoudre un problème : comment fabriquer davantage de crayons, plus rapidement et à moindre coût ?À cette époque, chaque crayon nécessite plusieurs opérations. Il faut notamment préparer le bois, creuser un emplacement pour la mine, assembler les différentes parties, puis façonner l'ensemble.Wood introduit plusieurs innovations, notamment l'utilisation de la scie circulaire et de machines permettant d'automatiser certaines étapes.Il développe également des crayons à six ou huit faces.Et cette idée présente un avantage économique considérable.Pour comprendre, dessinez plusieurs cercles côte à côte sur une feuille. Vous constaterez qu'il reste nécessairement des espaces vides entre eux.Maintenant, faites la même chose avec des hexagones. Cette fois, les formes peuvent s'emboîter parfaitement, sans laisser d'espace.Dans la fabrication industrielle, cela permet d'optimiser l'utilisation des planchettes de bois et de réduire les pertes de matière. On peut donc produire davantage de crayons avec une même quantité de bois.Mais l'hexagone présente aussi plusieurs avantages pratiques.D'abord, il empêche le crayon de rouler facilement sur une table. Un crayon rond, posé sur une surface légèrement inclinée, risque de tomber. Un crayon hexagonal reste beaucoup plus facilement immobile.Ensuite, ses six faces offrent une meilleure prise en main. Les doigts disposent de surfaces planes sur lesquelles s'appuyer, ce qui facilite le contrôle du crayon lorsqu'on écrit ou dessine.Enfin, cette forme permet de ranger les crayons de manière compacte, sans perdre trop d'espace dans les boîtes.Ebenezer Wood ne breveta pas ses innovations et partagea ses techniques avec d'autres fabricants, notamment ceux qui allaient contribuer à l'essor de l'industrie américaine du crayon.Bien sûr, les crayons ronds existent toujours, tout comme les crayons triangulaires, particulièrement appréciés pour leur ergonomie.Mais l'hexagone s'est imposé comme le meilleur compromis entre économie de fabrication, confort d'utilisation et facilité de rangement.Ainsi, derrière un objet aussi banal qu'un crayon se cache une véritable petite révolution industrielle.
  • Pourquoi Victor Hugo a-t-il donné le nom de Thénardier aux personnages des Misérables ?

    02:22|
    Dans Les Misérables, publié en 1862, les Thénardier comptent parmi les personnages les plus détestables de la littérature française. Aubergistes malhonnêtes, cupides et cruels, ils exploitent notamment la petite Cosette, qu'ils traitent comme une domestique. Mais saviez-vous que leur nom serait inspiré d'un personnage ayant réellement existé ? Et que Victor Hugo aurait ainsi réglé un vieux compte personnel ?Pour comprendre cette histoire, il faut remonter au XIXe siècle et s'intéresser à un homme aujourd'hui largement oublié : Louis-Jacques Thénard.Né en 1777, Thénard est un chimiste français extrêmement célèbre à son époque. Membre de l'Académie des sciences, il a notamment découvert l'eau oxygénée en 1818 et mis au point un pigment toujours utilisé aujourd'hui : le bleu de Thénard, également appelé bleu de cobalt.Mais ce scientifique reconnu mène aussi une carrière politique. Devenu baron, puis pair de France en 1832, il siège parmi les conservateurs de la monarchie de Juillet.C'est précisément dans ce domaine qu'il entre en conflit avec Victor Hugo.L'écrivain, profondément préoccupé par la misère et l'exploitation des plus vulnérables, défend une amélioration des conditions de travail des enfants.À cette époque, certains enfants travaillent jusqu'à seize heures par jour dans les manufactures. Hugo souhaite ramener cette durée à dix heures. Mais Thénard s'oppose à cette réduction.Cette opposition aurait profondément marqué l'écrivain.Lorsqu'il imagine ses personnages des Misérables, Hugo aurait donc choisi de transformer le nom de Thénard en Thénardier, pour désigner un couple qui exploite précisément une enfant.Et cette interprétation n'est pas une simple supposition moderne. Elle est notamment rapportée dans une publication de l'Académie des sciences.Plus intéressant encore, Hugo semble avoir laissé un indice directement dans son roman.À la fin des Misérables, Thénardier adresse une lettre à Marius dans laquelle il évoque explicitement le véritable baron Thénard, membre de l'Académie des sciences. Il prétend même porter le même nom que lui.Cette référence directe rend le rapprochement particulièrement convaincant.Il reste toutefois difficile de prouver que la vengeance personnelle fut l'unique motivation de l'écrivain.Mais l'ironie est remarquable : alors que Louis-Jacques Thénard espérait passer à la postérité grâce à ses découvertes scientifiques, son patronyme est aussi devenu, sous la plume de Victor Hugo, le symbole de la cupidité et de l'exploitation des enfants.Une vengeance littéraire qui dure depuis plus de 160 ans.
  • Pourquoi Israel Keyes était-il un tueur en série unique en son genre ?

    02:31|
    Le 13 mars 2012, au Texas, la police américaine arrête un automobiliste. Il s'appelle Israel Keyes, il a 34 ans et travaille dans le bâtiment. Derrière cette apparence ordinaire se cache un tueur en série particulièrement atypique, soupçonné d'avoir assassiné onze personnes à travers les États-Unis.Mais pourquoi son cas est-il si particulier ?D'abord, parce que contrairement à de nombreux tueurs en série, Israel Keyes ne semblait pas avoir de profil de victime privilégié.En effet, les enquêteurs recherchent souvent des points communs entre les victimes d'un même criminel : leur âge, leur sexe, leur apparence ou leur situation sociale. Ces ressemblances peuvent permettre de relier plusieurs affaires.Or, Keyes s'attaquait aussi bien à des hommes qu'à des femmes, parfois à des couples. Ses victimes étaient souvent choisies au hasard, sans aucun lien personnel avec lui.Autre particularité : son extraordinaire anticipation.Keyes pouvait préparer ses crimes plusieurs années à l'avance. Lors de ses déplacements, il dissimulait dans différents endroits des États-Unis ce qu'il appelait des « kits de meurtre » : des caches contenant notamment des armes, des outils et de l'argent.Certains de ces équipements pouvaient rester enterrés pendant deux ans avant d'être utilisés.Il voyageait ensuite sur de longues distances pour commettre ses crimes. En 2011, par exemple, il quitte l'Alaska, prend l'avion jusqu'à Chicago, puis parcourt environ 1 600 kilomètres en voiture pour rejoindre le Vermont.Là, il assassine Bill et Lorraine Currier, un couple qu'il ne connaissait absolument pas.Cette dispersion géographique compliquait considérablement le travail des enquêteurs. Les crimes commis dans différents États pouvaient sembler totalement indépendants.Mais malgré ces précautions, Keyes finit par commettre une erreur décisive.En février 2012, il enlève et assassine Samantha Koenig, une jeune femme de 18 ans qui travaillait dans un kiosque à café en Alaska.Il réclame ensuite une rançon à sa famille et utilise la carte bancaire de sa victime pour retirer de l'argent dans plusieurs États américains.Or, ces retraits permettent aux policiers de suivre ses déplacements jusqu'au Texas, où il est finalement arrêté.Pendant ses interrogatoires, Keyes reconnaît plusieurs crimes. Mais le 2 décembre 2012, il se suicide dans sa cellule, emportant avec lui une grande partie de ses secrets.À ce jour, seules trois de ses victimes ont été formellement identifiées.
  • D’où vient l’expression « Mystère et boule de gomme » ?

    02:14|
    « Mystère et boule de gomme ! » Voilà une expression que l’on utilise lorsqu’on ne comprend pas quelque chose, lorsqu’on ignore la réponse à une question ou lorsqu’on souhaite entretenir un secret. Mais pourquoi associer un mystère à une boule de gomme ? L’histoire de cette formule est particulièrement intrigante, car son origine exacte demeure inconnue.Commençons par sa signification. Dire « mystère et boule de gomme », c’est une manière plaisante de répondre « je n’en sais rien » ou « je ne vous le dirai pas ». L’expression appartient au registre familier et possède une tonalité enfantine.Mais quand est-elle apparue ?Pendant longtemps, les dictionnaires situaient ses premières apparitions littéraires à la fin des années 1940. On la retrouve notamment en 1947 dans un roman de Geneviève Néranval, puis en 1949 dans une pièce d'Henry de Montherlant intitulée Demain il fera jour.Cependant, des recherches plus récentes ont permis de remonter beaucoup plus loin. L'expression figure dans le journal Le Soleil du 24 septembre 1909, où une chroniqueuse écrit, à propos d'une situation incertaine : « Mystère… et boules de gomme ». Elle existait donc déjà au début du XXe siècle.Reste à comprendre pourquoi une boule de gomme.Une première hypothèse fait référence aux voyantes et à leur célèbre boule de cristal. Traditionnellement, cette boule transparente est censée permettre de découvrir l'avenir. Mais remplacez-la par une boule de gomme, parfaitement opaque : impossible d'y voir quoi que ce soit ! Le mystère reste donc entier.L'explication est amusante, mais aucun document historique ne permet de la confirmer.Une deuxième hypothèse évoque Jules Verne et son roman Les Cinq Cents Millions de la Bégum, publié en 1879. L'expression serait née d'un jeu de mots transformant « Bégum » en « boule de gomme ». Là encore, aucune preuve solide ne soutient cette interprétation.Enfin, une troisième piste paraît plus convaincante aux yeux de certains linguistes : celle du langage enfantin.En effet, les enfants affectionnent les formules absurdes, rythmées et sonores. Associer un mot sérieux, « mystère », à une expression inattendue, « boule de gomme », produit un contraste comique.Le linguiste Alain Rey évoquait ainsi une probable origine dans le langage codé et fantaisiste des enfants.D'ailleurs, dès le XIXe siècle, on trouvait des associations tout aussi farfelues, comme « Mystère et jambonneau ! », attestée en 1877.Finalement, l'explication la plus prudente est celle d'une plaisanterie verbale progressivement entrée dans le langage courant.Et si vous demandez qui l'a inventée, la réponse est toute trouvée : mystère et boule de gomme !
  • Quel est le vrai village d’Astérix et Obélix ?

    02:37|
    « Toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. »Cette célèbre introduction des aventures d’Astérix et Obélix est évidemment une fiction. Pourtant, elle rappelle un épisode historique bien réel : celui d’Uxellodunum, une forteresse gauloise qui résista jusqu’au bout aux armées de Jules César.Nous sommes en 51 avant Jésus-Christ, un an après la terrible défaite de Vercingétorix à Alésia. La Gaule est presque entièrement soumise à Rome. Mais dans le sud-ouest de l’actuelle France, une dernière poche de résistance refuse de déposer les armes.Son nom : Uxellodunum.Il ne s’agit pas d’un simple village, mais d’un oppidum, autrement dit une place forte installée sur une hauteur et naturellement protégée par des falaises. Les archéologues situent aujourd’hui ce site au Puy d’Issolud, dans le département du Lot.Deux chefs gaulois, Luctérios et Drappès, organisent cette résistance. Face à eux, les légions romaines entreprennent un siège. Mais la forteresse est difficile à prendre : les Gaulois disposent de réserves et surtout d’un accès à l’eau.César comprend alors que la soif pourrait vaincre les défenseurs plus sûrement que ses soldats.Il commence par interdire l’accès à la rivière, puis fait creuser des galeries souterraines pour détourner la source qui alimente la forteresse. L’eau vient à manquer. Les assiégés, persuadés que les dieux les abandonnent, finissent par capituler.Mais la victoire romaine prend une tournure effroyable.César décide d’épargner la vie des combattants, mais ordonne qu’on leur tranche les mains. Ces hommes mutilés sont ensuite relâchés pour servir d’avertissement à toute la Gaule : voilà ce qui attend ceux qui osent défier Rome.Ce châtiment terrible est rapporté dans le huitième livre de La Guerre des Gaules, rédigé par Aulus Hirtius, un proche de César.Uxellodunum marque ainsi l’un des derniers grands épisodes militaires de la conquête romaine de la Gaule.Alors, s’agit-il vraiment du village d’Astérix ?Pas exactement. Dans la bande dessinée créée par René Goscinny et Albert Uderzo en 1959, le village se trouve en Armorique, dans l’actuelle Bretagne. La commune d’Erquy, dans les Côtes-d’Armor, est souvent présentée comme une possible inspiration, notamment pour ses paysages côtiers.En revanche, même si aucun lien direct avec les auteurs n’est établi, Uxellodunum rappelle incontestablement l’esprit d’Astérix : celui d’une poignée de Gaulois déterminés à résister à la puissance de Rome.À une différence près : dans la réalité, il n’y avait ni potion magique, ni fin heureuse.