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Choses à Savoir - Culture générale

Rediffusion - D'où viennent les célèbres lettres géantes "Hollywood" ?

Les célèbres lettres géantes "Hollywood" perchées sur les collines de Los Angeles sont aujourd’hui un symbole mondial du cinéma et des rêves de gloire. Mais saviez-vous qu’elles n’avaient pas toujours été associées au septième art ? Revenons sur leur origine et leur transformation.

 

Tout commence en 1923, en plein essor de l’immobilier dans les collines de Los Angeles. Ces lettres n’étaient pas destinées à promouvoir le cinéma, mais un projet immobilier appelé "Hollywoodland". Le promoteur Harry Chandler voulait attirer les acheteurs vers un nouveau lotissement luxueux. Pour marquer les esprits, il décide de faire ériger une immense enseigne composée de lettres blanches de 15 mètres de haut, fixées sur des poteaux métalliques. Le mot "Hollywoodland" s’étendait sur plus de 110 mètres de longueur et était éclairé par des milliers d’ampoules, visibles de très loin. 

 

À l’époque, l’enseigne devait être temporaire et retirée après un an. Mais avec l’essor d’Hollywood comme centre de l’industrie cinématographique américaine, elle est rapidement devenue un symbole du glamour et des opportunités qu’offrait la ville. Cependant, avec le temps, les lettres ont commencé à se dégrader, et en 1949, la Chambre de commerce de Hollywood a décidé de restaurer l’enseigne. C’est à ce moment-là que le suffixe "land" a été retiré, ne laissant que "Hollywood", pour représenter non plus un projet immobilier, mais tout un univers. 

 

Dans les décennies suivantes, les lettres ont connu des hauts et des bas. Dans les années 1970, elles étaient dans un état si lamentable que certaines s’étaient effondrées. En 1978, des célébrités comme Hugh Hefner et Alice Cooper ont lancé une campagne pour les sauver. Grâce à des dons, chaque lettre a été reconstruite en acier, devenant plus robuste et résistante. 

 

Aujourd’hui, l’enseigne est protégée comme un monument historique, et son accès est strictement réglementé. Elle est non seulement un symbole du cinéma, mais aussi un rappel de l’évolution de Los Angeles, passée d’une simple ville à la capitale mondiale du divertissement. 

 

Ainsi, les lettres "Hollywood" ne sont pas seulement un panneau, mais un morceau d’histoire qui incarne à la fois les rêves, le glamour et l’ambition. Un véritable emblème de ce que représente la cité des Anges.

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  • Rediffusion - Pourquoi les études en psychologie sont-elles discutables ?

    02:32|
    La grande majorité des études en psychologie font face à un biais significatif en raison de leur concentration sur des populations spécifiques. Environ 95 % des expériences psychologiques sont menées dans des pays occidentaux, et les deux tiers d’entre elles aux États-Unis, où les participants sont souvent des étudiants en psychologie. Ce biais méthodologique massif a un nom : WEIRD, un acronyme pour Western, Educated, Industrialized, Rich, and Democratic (Occidentaux, Éduqués, Industrialisés, Riches et Démocratiques).  Le biais WEIRD : une limitation majeure Les participants des études WEIRD ne représentent qu’une infime portion de la population mondiale, mais leurs comportements, leurs perceptions et leurs réactions servent souvent de base pour généraliser des conclusions sur l’ensemble de l’humanité. Ces populations sont culturellement homogènes, généralement jeunes, urbaines, et issues de systèmes éducatifs et économiques spécifiques. Or, les différences culturelles, économiques et sociales influencent considérablement les processus cognitifs, les comportements et les émotions. Par exemple, les notions de soi et d’indépendance, largement étudiées en Occident, diffèrent radicalement dans les sociétés collectivistes comme celles de l’Asie ou de l’Afrique. Ce qui semble être une norme psychologique universelle dans une étude WEIRD peut ne pas exister dans d'autres contextes culturels.  Les limites scientifiques des études WEIRD Ce biais a des conséquences majeures : 1. Manque de diversité des échantillons : Les conclusions tirées des études WEIRD ne tiennent pas compte de la majorité des cultures humaines. Par conséquent, elles risquent de surestimer ou sous-estimer certains phénomènes psychologiques. 2. Problèmes d’applicabilité : Les théories psychologiques basées sur des échantillons WEIRD peuvent ne pas s’appliquer aux populations non-WEIRD, rendant les interventions ou traitements peu efficaces. 3. Déformation des priorités de recherche : Les problèmes psychologiques spécifiques aux sociétés occidentales sont surreprésentés, au détriment d’autres questions pertinentes pour des populations différentes.  Vers une psychologie plus universelle Pour surmonter le biais WEIRD, la psychologie doit inclure des échantillons plus diversifiés, intégrant des cultures non-occidentales, des groupes socio-économiques variés, et des environnements ruraux ou non industrialisés. Cela nécessite une collaboration internationale, un financement accru pour les études multiculturelles, et une remise en question des standards actuels. En résumé, bien que les études WEIRD aient permis des avancées significatives, leur portée est limitée par un biais qui réduit leur universalité. Une psychologie véritablement globale doit embrasser la diversité humaine dans toute sa richesse.
  • Rediffusion - Pourquoi le métier de patienteur est étonnant ?

    02:09|
    En Chine, un métier improbable a vu le jour, incarnant l'ingéniosité face aux réalités d’un quotidien trépidant : celui de patienteur professionnel. Cette profession insolite consiste à faire la queue à la place d’autrui, un service devenu indispensable dans les grandes villes où le temps est un luxe rare. Entre pragmatisme et curiosité culturelle, plongeons dans l’univers de ces travailleurs pas comme les autres. Dans les métropoles chinoises, les files d’attente sont omniprésentes : à l’hôpital pour obtenir une consultation médicale, dans les administrations pour des formalités, ou encore pour mettre la main sur le dernier gadget technologique. Mais attendre peut être synonyme de frustration, surtout pour des citadins pris dans l’engrenage de leurs horaires. C’est là que les patienteurs professionnels interviennent. Ils proposent leurs services pour attendre à votre place, parfois pendant des heures, moyennant une rémunération. Leur tarif dépend de la durée et de la difficulté de la tâche. Attendre une demi-heure pour un ticket de concert peut coûter une dizaine de yuans (environ 1,30 €), mais patienter toute une nuit devant un hôpital pour une consultation urgente peut se chiffrer à plusieurs centaines de yuans. Certains de ces professionnels passent même la nuit dehors, équipés de couvertures et de thermos, prêts à braver le froid pour servir leurs clients. Ce métier ne se limite pas à attendre debout. Les patienteurs doivent parfois affronter des défis inattendus : négocier avec des personnes tentant de doubler dans la file, ou même gérer la pression des autres clients impatients. Ce rôle demande une grande patience, une endurance physique et mentale, et parfois même une capacité à improviser. Mais derrière cette activité se cachent des réalités sociales plus profondes. Ces patienteurs sont souvent des travailleurs migrants ou des personnes en quête de revenus supplémentaires, tentant de s’adapter aux défis d’une société en pleine mutation. Leur travail reflète les inégalités et la pression constante sur le temps dans les grandes villes chinoises. L’émergence des patienteurs professionnels illustre une fois de plus comment des métiers improbables peuvent naître de besoins spécifiques. Alors, la prochaine fois que vous râlerez devant une file d’attente interminable, pensez à ces anonymes qui, en Chine, ont fait de la patience un véritable gagne-pain. Fascinant, non ?
  • Rediffusion - Pourquoi la Crypte de la Civilisation ne sera ouverte qu’en 8113 ?

    02:22|
    La Crypt of Civilization (Crypte de la Civilisation) est un projet unique, considéré comme l'un des premiers exemples modernes de capsule temporelle. Elle se trouve à l'intérieur de l'université Oglethorpe, à Atlanta, en Géorgie (États-Unis), et fut scellée en 1940 avec pour objectif de ne pas être ouverte avant l'année 8113. Ce projet est fascinant tant par son contenu que par les raisons de son existence.  Origine et conception L’idée de la Crypt of Civilization est née dans les années 1930 sous l'impulsion de Thornwell Jacobs, président de l'université Oglethorpe. Jacobs, inspiré par la découverte des tombes égyptiennes comme celle de Toutankhamon, s'est interrogé sur la manière de conserver des traces de la civilisation contemporaine pour des millénaires. Il voulait transmettre un témoignage complet de la culture humaine à une époque si lointaine qu’elle équivaudrait, dans le futur, à la distance temporelle entre l’Égypte ancienne et le XXe siècle. La crypte a été conçue comme une chambre étanche, mesurant environ 6 mètres de long, 3 mètres de large et 3 mètres de haut. Elle est située dans le sous-sol de Phoebe Hearst Hall, un bâtiment en béton de l'université, offrant une protection contre les éléments extérieurs.  Contenu de la crypte Jacobs et son équipe ont minutieusement sélectionné les objets à inclure pour donner une vision globale de la civilisation de l'époque. Parmi les artefacts figurent : - Des enregistrements vocaux de personnalités célèbres, dont Adolf Hitler et Franklin D. Roosevelt.- Des équipements technologiques comme une machine à écrire, un télégraphe, et des films.- Des objets du quotidien comme des jouets, des outils, et des produits alimentaires en conserve.- Des textes littéraires, des documents scientifiques et des dictionnaires, enregistrés sur microfilm.- Une explication détaillée des langues humaines pour permettre aux futurs découvreurs de comprendre le contenu.  Pourquoi une ouverture en 8113 ? La date d’ouverture n’a rien d’arbitraire. Jacobs a choisi 8113 car elle correspond à une période aussi éloignée dans le futur que la naissance de l’écriture (environ 3100 avant notre ère) l’était du XXe siècle. Ce choix visait à souligner la continuité de la civilisation humaine sur une échelle de temps colossale.  Un symbole de pérennité La Crypt of Civilization est bien plus qu'une capsule temporelle : elle est une déclaration d'espoir dans la durabilité de l'humanité et un témoignage de notre désir de communication à travers les âges.
  • Rediffusion - Pourquoi le végétarisme ne date pas vraiment d’hier ?

    02:34|
    Le végétarisme était un sujet de réflexion pour plusieurs philosophes grecs et romains, bien que ce mode de vie n'ait pas été aussi répandu qu'aujourd'hui. Pour eux, cette pratique allait bien au-delà de simples considérations alimentaires : elle était souvent liée à des idées philosophiques, éthiques, et spirituelles. Voici un aperçu de leurs positions sur le sujet. Les philosophes grecs et le végétarisme Pythagore (vers 570–495 av. J.-C.)Pythagore est sans doute le philosophe grec le plus célèbre pour son association avec le végétarisme. Il croyait en la transmigration des âmes (la métempsycose), une idée selon laquelle les âmes humaines pouvaient se réincarner dans des animaux. Consommer de la viande revenait donc, selon lui, à tuer un être vivant potentiellement habité par une âme humaine. Pour Pythagore, le végétarisme était aussi une manière de promouvoir une vie harmonieuse et paisible, respectueuse des autres formes de vie.  Platon (428–348 av. J.-C.)Dans La République, Platon évoque une société idéale où les citoyens se nourriraient principalement de céréales, de fruits et de légumes, évitant ainsi les excès et les violences associées à l’élevage. Cependant, il n’adopte pas explicitement une position végétarienne, bien que son idéal de simplicité s'en rapproche.  Aristote (384–322 av. J.-C.)Aristote, élève de Platon, se montre moins favorable au végétarisme. Dans sa Politique et ses autres œuvres, il défend une vision anthropocentrique où les animaux sont subordonnés aux humains. Selon lui, il est naturel que les hommes utilisent les animaux pour se nourrir.  Les philosophes romains et le végétarisme Sénèque (4 av. J.-C.–65 apr. J.-C.)Le stoïcien Sénèque a été influencé par les idées pythagoriciennes et a adopté un régime végétarien pendant une partie de sa vie. Dans ses écrits, il critique la cruauté envers les animaux et souligne que le végétarisme est une manière de cultiver la tempérance et la maîtrise de soi. Cependant, sous la pression sociale, il finit par abandonner cette pratique.  Plutarque (46–120 apr. J.-C.)Plutarque est l’un des philosophes romains les plus fervents défenseurs du végétarisme. Dans son essai De l’abstinence de la chair, il condamne l’abattage des animaux et pose des questions éthiques sur la consommation de viande : pourquoi tuer un être vivant quand on peut vivre sainement sans cela ? Plutarque considère le végétarisme comme une preuve de civilisation et d’humanité.  Porphyre (vers 234–305 apr. J.-C.)Dans son traité De l’abstinence, Porphyre développe une défense philosophique et éthique du végétarisme. Il soutient que l’abstinence de viande est une marque de respect envers les animaux, mais aussi une pratique permettant de vivre en harmonie avec la nature et de se purifier spirituellement.  Une divergence d'opinionsSi certains philosophes comme Pythagore, Plutarque ou Porphyre voient le végétarisme comme une quête de pureté morale et spirituelle, d'autres comme Aristote ou les stoïciens modérés considèrent que l’exploitation des animaux pour se nourrir fait partie de l’ordre naturel. En somme, le végétarisme dans l'Antiquité était souvent lié à des préoccupations éthiques et spirituelles, bien que les opinions sur la légitimité de cette pratique diffèrent selon les écoles de pensée. Ces débats, bien que vieux de plusieurs millénaires, résonnent encore aujourd’hui dans les discussions modernes sur la relation entre l’homme et les animaux.
  • Rediffusion - Pourquoi les carreaux sont-ils blancs dans le métro parisien ?

    02:01|
    Les carreaux blancs du métro parisien, présents dans de nombreuses stations depuis son inauguration en 1900, ne sont pas un choix purement esthétique. Leur présence résulte d’une combinaison de contraintes pratiques, techniques et symboliques propres à l’époque de la conception du réseau souterrain.  Une question d’éclairage et de propreté Au début du XXᵉ siècle, l’éclairage dans les espaces publics était loin d’être aussi performant qu’aujourd’hui. Les stations du métro parisien, entièrement souterraines et souvent exiguës, avaient besoin d’une solution pour maximiser la luminosité. Les carreaux blancs émaillés, réfléchissant la lumière, répondaient parfaitement à cette contrainte. Ils permettaient de diffuser efficacement l’éclairage fourni par les lampes à incandescence, rendant les stations plus lumineuses et accueillantes. De plus, ces carreaux étaient appréciés pour leur facilité d’entretien. Leur surface lisse et brillante pouvait être nettoyée rapidement, une nécessité pour maintenir une apparence de propreté dans un espace souterrain à forte affluence. Cela participait à l’image d’un métro moderne et hygiénique, en ligne avec les préoccupations de santé publique de l’époque.  Un choix architectural et économique L’utilisation de carreaux émaillés blancs dans le métro parisien s’inscrit également dans un contexte architectural. Le style des stations, conçu par les ingénieurs et architectes sous la direction de Fulgence Bienvenüe, s’inspirait de l’Art nouveau. Les carreaux émaillés, produits en série, étaient relativement économiques et faciles à poser, ce qui convenait parfaitement à un projet d’une telle ampleur. Ces carreaux avaient également une fonction structurante : leur petite taille permettait de couvrir les surfaces courbes des voûtes caractéristiques des stations parisiennes, tout en offrant une finition uniforme et élégante.  Une identité visuelle intemporelle Avec le temps, les carreaux blancs sont devenus une véritable signature du métro parisien, contribuant à son charme et à son identité. Leur simplicité intemporelle traverse les décennies, bien qu’ils soient parfois remplacés ou complétés par des designs plus modernes dans certaines stations rénovées.  En résumé Les carreaux blancs du métro parisien, initialement choisis pour maximiser la lumière et faciliter l’entretien, sont le résultat d’un mariage entre fonctionnalité, esthétique et innovation industrielle. Ils témoignent de l’ingéniosité des concepteurs de ce réseau, devenu un symbole de Paris.
  • Rediffusion - Pourquoi dit-on un “cousin Germain” ?

    01:51|
    L'expression "cousin germain" trouve son origine dans le droit romain et, plus précisément, dans l'usage du mot "germanus" en latin, qui signifie "véritable" ou "authentique". Ce terme était utilisé pour désigner des liens familiaux étroits et directs. Voyons comment cette appellation a évolué pour désigner nos cousins au premier degré.  Une origine juridique et linguistiqueDans le latin médiéval, "germanus" qualifiait des frères et sœurs, c'est-à-dire des membres d’une même fratrie, partageant les mêmes parents. Par extension, le terme a été utilisé pour désigner les cousins dont les parents sont eux-mêmes frères et sœurs, soulignant leur lien familial proche et direct. Au fil du temps, le français a conservé cette notion en adaptant l’expression. Le mot "cousin", issu du latin "consobrinus", qui désigne les enfants de deux sœurs, a été enrichi par l’ajout de "germain" pour marquer cette proximité particulière entre cousins au premier degré (les enfants de deux frères ou de deux sœurs, ou d’un frère et d’une sœur). Ainsi, un "cousin germain" est un cousin avec lequel on partage au moins un grand-parent.  Une distinction importanteCette expression se distingue d’autres termes utilisés pour qualifier des relations familiales plus éloignées. Par exemple :- Un cousin issu de germain est l’enfant du cousin germain d’un des parents.- Un petit-cousin est l’enfant du cousin germain d’une personne.  Un héritage des anciennes famillesL’utilisation de l’expression a également été renforcée par son rôle dans les généalogies aristocratiques et royales, où le degré de parenté était crucial pour des questions de succession, d’héritage ou d’alliance. Déterminer si une personne était un cousin "germain" permettait d’établir clairement ses droits dans un cadre légal ou dynastique. Ainsi, "cousin germain" témoigne de l’influence du droit romain sur notre langue et notre perception des relations familiales, tout en restant un joli clin d'œil à la précision de la généalogie. Une histoire à la croisée des mots et des liens de sang !
  • Rediffusion - Pourquoi le bermuda est-il né de la colonisation ?

    01:53|
    Le bermuda, vêtement emblématique des climats chauds, trouve ses origines dans la période coloniale britannique, plus précisément dans l’archipel des Bermudes, un territoire britannique d’outre-mer situé dans l’Atlantique Nord. Ce vêtement, à la fois pratique et adapté aux conditions tropicales, résulte de l’adaptation vestimentaire des colons à un environnement difficilement compatible avec les normes vestimentaires européennes.  L’adaptation au climatPendant la période coloniale, les colons britanniques étaient confrontés à un défi majeur : le climat chaud et humide des Bermudes rendait les vêtements traditionnels européens (souvent lourds et composés de plusieurs couches) inconfortables et inadaptés. Les soldats et les administrateurs coloniaux portaient habituellement des pantalons longs en laine, peu pratiques sous ces latitudes.  Pour pallier ce problème, au début du XXe siècle, les militaires britanniques stationnés dans les Bermudes décidèrent de raccourcir leurs pantalons jusqu’au genou, créant ainsi une version allégée qui offrait plus de confort tout en conservant un aspect formel. Ce style devint vite populaire parmi les civils, notamment les fonctionnaires et les commerçants, qui cherchaient un compromis entre praticité et respect des codes vestimentaires rigides imposés par l’Empire britannique.  La diffusion du bermudaLe bermuda devint progressivement une pièce phare du vestiaire colonial, particulièrement dans les territoires tropicaux. Il était souvent associé à des chaussettes montantes et des chemises à manches courtes pour maintenir une apparence professionnelle. Cette tenue, à la fois fonctionnelle et élégante, s’est répandue dans d’autres colonies britanniques comme l’Inde, Hong Kong ou encore l’Afrique de l’Est.  Le bermuda dans la vie civileL’essor du tourisme dans les Bermudes au début du XXe siècle joua un rôle clé dans la diffusion internationale du bermuda. Les voyageurs européens et américains, séduits par cette tenue légère et pratique, l’adoptèrent comme vêtement de loisirs. La "tenue bermudienne", composée d’un bermuda coloré, d’un blazer et de chaussettes longues, devint même un symbole de l’élégance insulaire.  Héritage colonialAujourd’hui, le bermuda est largement déconnecté de ses origines militaires et coloniales, mais son histoire reflète l’adaptation vestimentaire aux contraintes climatiques et culturelles. Il reste un symbole de confort et de décontraction, enraciné dans les besoins pratiques des colons britanniques des Bermudes.
  • Pourquoi Jules César a-t-il interdit les véhicules dans Rome ?

    02:21|
    Imaginez Rome au Ier siècle avant notre ère. Près d’un million d’habitants. Des rues étroites, sinueuses, encombrées. Des marchands, des esclaves, des sénateurs en toge… et des chariots partout.Le vacarme est permanent. Les roues cerclées de fer résonnent sur les pavés. Les attelages se croisent difficilement. Les embouteillages sont fréquents. Les piétons sont renversés. La ville étouffe.En 45 av. J.-C., Jules César prend une décision radicale : il interdit la circulation des véhicules à roues dans Rome pendant la journée, approximativement de l’aube jusqu’en fin d’après-midi. Les chariots ne pourront circuler que la nuit.Pourquoi une mesure aussi drastique ?D’abord pour fluidifier la circulation. Rome est le cœur politique du monde romain. Les magistrats, les sénateurs, les avocats doivent pouvoir se déplacer. Or les rues sont saturées par les convois de marchandises.Ensuite pour des raisons de sécurité. Les accidents sont fréquents. Les sources antiques évoquent des passants écrasés, des encombrements monstres.Enfin pour le bruit. Le fracas des roues métalliques sur la pierre est assourdissant. Les habitants se plaignent.Cette interdiction n’est pas totale. Des exceptions existent : véhicules officiels, transports de matériaux de construction, processions religieuses. Mais pour le commun des mortels, la règle est claire : pas de chariots le jour.Résultat paradoxal : la nuit devient bruyante. Les livraisons s’effectuent après le coucher du soleil. Les habitants se plaignent désormais… du tapage nocturne.Ce que montre cette décision, c’est que les problèmes urbains modernes ne sont pas si modernes. Embouteillages, nuisances sonores, sécurité des piétons : Rome connaissait déjà ces tensions.Jules César n’était pas écologiste avant l’heure. Il cherchait l’ordre et l’efficacité. Mais en réglementant la circulation, il invente l’une des premières politiques publiques de gestion du trafic urbain.Deux mille ans plus tard, quand une ville interdit les voitures en centre-ville, elle ne fait peut-être que renouer avec une idée… romaine.
  • Pourquoi le premier distributeur automatique a-t-il 2000 ans ?

    01:51|
    Quand on pense aux distributeurs automatiques, on imagine des machines modernes, pleines d’électronique, de capteurs et d’écrans. Pourtant, le tout premier distributeur automatique connu de l’Histoire a été inventé… il y a près de 2 000 ans, dans l’Antiquité.Son inventeur s’appelait Héron d’Alexandrie. Ingénieur, mathématicien et génial bricoleur du Ier siècle après Jésus-Christ, il vivait à Alexandrie, l’un des plus grands centres scientifiques du monde antique. Héron est célèbre pour ses travaux sur la mécanique, l’air comprimé, la vapeur… et pour une invention étonnamment familière : une machine qui fonctionne à la pièce.Le contexte est religieux.Dans certains temples, les fidèles venaient chercher de l’eau sacrée pour les rituels. Problème : si l’eau coulait librement, certains se servaient excessivement. Héron imagine alors un système simple et ingénieux pour réguler l’accès.Le principe est purement mécanique. Lorsqu’un fidèle insère une pièce de monnaie, celle-ci tombe sur une petite balance située à l’intérieur de la machine. Sous le poids de la pièce, la balance bascule et actionne un piston relié à un réservoir d’eau. Le piston s’abaisse, un robinet s’ouvre, et une quantité précise d’eau s’écoule.Quand la pièce glisse et tombe hors de la balance, le mécanisme revient à sa position initiale. Le robinet se ferme. Pour obtenir à nouveau de l’eau, il faut insérer… une nouvelle pièce.Autrement dit, tous les éléments fondamentaux d’un distributeur automatique sont déjà là :– un paiement– un mécanisme de déclenchement– une distribution contrôlée– et un retour automatique à l’état de reposPourquoi une telle invention n’a-t-elle pas révolutionné l’économie antique ?Parce que l’objectif n’était pas commercial, mais symbolique et pratique. Il s’agissait de maintenir l’ordre dans les temples, pas de vendre à grande échelle. De plus, l’Antiquité disposait d’une main-d’œuvre abondante et peu coûteuse, ce qui limitait l’intérêt économique de l’automatisation.Ce distributeur antique n’en reste pas moins une preuve fascinante : bien avant l’électricité et l’informatique, les Anciens avaient déjà compris comment faire payer pour obtenir un service sans intermédiaire humain.En résumé, si le premier distributeur automatique date de 2 000 ans, c’est parce que le besoin — contrôler l’accès à une ressource — est aussi ancien que la civilisation elle-même. Et Héron d’Alexandrie avait simplement… quelques siècles d’avance.