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Choses à Savoir TECH

X.com récompense les fake news ?

Le 14 décembre dernier, une attaque terroriste a endeuillé la célébration de Hanoukka à Bondi Beach, à Sydney. Quinze personnes ont perdu la vie. Mais dans les minutes qui ont suivi les coups de feu, une autre machine s’est mise en route, implacable : celle de la désinformation sur les réseaux sociaux, et en particulier sur X.


Très vite, un homme d’affaires pakistanais, parfaitement innocent, s’est retrouvé projeté au centre d’un déferlement de haine. Son seul tort : porter le même nom que l’un des terroristes. Sa photo a été massivement relayée, accompagnée d’accusations infondées. Il a reçu des menaces de mort, sa famille a été harcelée. Une erreur d’identité banale, mais aux conséquences dramatiques. Et malgré l’existence des Community Notes, censées corriger les fausses informations, le mal était fait. Selon le Center for Countering Digital Hate, près de trois quarts des contenus de désinformation liés aux élections américaines de 2024 n’ont jamais été corrigés. Et lorsqu’une note apparaît, il faut parfois attendre plusieurs dizaines d’heures.


Or, sur les réseaux sociaux, le temps est un luxe. Une étude du MIT montre que les fausses informations se propagent jusqu’à six fois plus vite que les vraies. Et sur X, ce phénomène est désormais encouragé par le modèle économique de la plateforme. Les créateurs sont rémunérés en fonction de l’engagement généré par leurs publications. Peu importe la véracité, seule compte la réaction. Plus ça choque, plus ça rapporte. Résultat : une vidéo de feux d’artifice de Noël, organisée de longue date par un club local, a été présentée comme des « célébrations arabes » après l’attentat. Des millions de vues avant d’être démentie. Pire encore, l’intelligence artificielle Grok, intégrée à X, a inventé de toutes pièces le nom du prétendu héros qui aurait désarmé un terroriste. Un nom fictif, issu d’un site frauduleux créé le jour même.


Pendant ce temps, le véritable héros de Bondi Beach, Ahmed al-Ahmed, un Australien d’origine syrienne qui a risqué sa vie pour sauver des inconnus, est resté largement invisible dans le flot médiatique. Il a fallu du temps pour que la vérité émerge, pendant que le mensonge, lui, faisait le tour du monde.

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  • Meta rachète Manus pour dominer l’IA ?

    02:33|
    Meta accélère encore dans la course à l’intelligence artificielle. Après une année marquée par des investissements massifs et une chasse aux talents à grande échelle, le groupe de Mark Zuckerberg vient de frapper un nouveau coup en rachetant Manus, un agent IA dont les performances ont rapidement attiré l’attention du secteur.Présenté au printemps dernier par la start-up Butterfly, Manus s’est imposé en quelques semaines comme l’un des agents les plus avancés du moment. Capable de trier des candidatures, planifier des voyages complexes, analyser des données ou piloter des tâches numériques de bout en bout, l’outil s’est fait connaître grâce à une démonstration virale qui le plaçait au niveau, voire au-dessus, des solutions proposées par les leaders du marché. Accessible sur invitation, Manus a séduit des millions d’utilisateurs prêts à payer un abonnement mensuel.La trajectoire de Butterfly a été fulgurante. En l’espace de quelques mois, la jeune pousse, fondée à Pékin mais basée à Singapour, revendiquait plus de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents et une valorisation estimée à 500 millions de dollars. Des chiffres impressionnants, appuyés par des statistiques techniques spectaculaires : des dizaines de trillions de tokens traités et des millions d’environnements virtuels générés. Autant d’arguments qui ont visiblement convaincu Meta de sortir le chéquier. Le géant américain aurait déboursé plus de deux milliards de dollars pour mettre la main sur Manus. Une acquisition stratégique, alors que Meta cherche à intégrer des agents intelligents directement au cœur de Facebook, Instagram et WhatsApp. L’idée est claire : faire de l’IA un compagnon omniprésent, capable d’assister les utilisateurs dans leurs tâches quotidiennes, personnelles comme professionnelles.Butterfly insiste toutefois sur la continuité du service. Manus restera accessible de manière indépendante, avec ses abonnements et son équipe basée à Singapour. Pour Meta, c’est aussi l’assurance de récupérer une activité déjà rentable, à l’heure où les investissements dans l’IA pèsent lourdement sur les finances des géants du numérique. Reste un point sensible : l’origine chinoise du projet. Dans un contexte de tensions technologiques entre Washington et Pékin, l’opération pourrait susciter des interrogations politiques. Meta a d’ailleurs pris les devants, affirmant qu’après la transaction, aucun actionnaire chinois ne conservera de participation et que Manus cessera toute activité en Chine. Un signal clair : pour s’imposer dans la bataille mondiale de l’IA, Meta entend lever tous les obstacles, y compris géopolitiques.
  • Les prix des PC vont exploser en 2026 ?

    02:11|
    Les signaux sont au rouge pour les prix de l’électronique grand public en 2026. Les dirigeants de Asus et Acer ont confirmé que les ordinateurs portables et de bureau verront leurs tarifs augmenter dès le début de l’année prochaine. En cause : la flambée du prix de la mémoire vive et du stockage, happés par la demande massive des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.Selon le quotidien taïwanais Commercial Times, Samson Hu, patron d’Asus, et Jason Chen, PDG d’Acer, s’accordent sur un constat partagé par l’ensemble du secteur : les hausses de coûts devront inévitablement être répercutées sur les prix de vente. Jusqu’ici, les constructeurs avaient réussi à contenir l’inflation grâce à des stocks constitués avant la pénurie. Mais cette période de répit touche à sa fin. Dès le premier trimestre 2026, les nouvelles machines intégreront des composants achetés au prix fort. Asus entend ajuster finement ses gammes, en jouant sur les configurations et le positionnement tarifaire pour rester compétitif. Acer se montre plus direct : « les prix du quatrième trimestre ne seront pas ceux du premier trimestre de l’an prochain », a prévenu Jason Chen. Pour limiter la casse, certains fabricants pourraient réduire les dotations techniques : 8 Go de RAM au lieu de 16 Go, capacités de stockage revues à la baisse. Une stratégie défensive, alors même que la pénurie touche aussi les SSD.La situation pourrait s’installer dans la durée. Les deux géants du secteur, SK Hynix et Samsung, n’envisagent pas d’augmenter significativement leurs capacités de production. Construire une usine de mémoire prend entre trois et cinq ans, un pari risqué dans un marché cyclique. Quant à Micron, le groupe a recentré ses efforts sur la mémoire à très haut débit (HBM) pour l’IA, au détriment du grand public, et prévient que la tension sur les prix pourrait durer au-delà de 2026. Résultat : les consommateurs risquent de payer plus cher des machines parfois moins bien équipées. Une ironie à l’heure où les logiciels, dopés à l’IA, deviennent toujours plus gourmands en ressources. L’informatique personnelle entre ainsi dans une phase paradoxale : plus puissante côté usages, mais plus coûteuse et plus contrainte côté matériel.
  • L’IA incapable de nous remplacer au travail ?

    02:26|
    L’intelligence artificielle est-elle réellement prête à remplacer les humains au travail ? La question agite les entreprises, entre fantasmes de productivité totale et scepticisme assumé. Pour dépasser les discours, des chercheurs de Carnegie Mellon University ont tenté une expérience originale : simuler une entreprise presque entièrement peuplée d’agents d’intelligence artificielle. Les résultats, publiés en prépublication sur arXiv, sont loin d’annoncer la fin du salariat humain. Les scientifiques ont confié le fonctionnement de cette entreprise virtuelle à des agents issus des modèles les plus en vue du moment : Claude d’Anthropic, GPT-4o d’OpenAI, Gemini de Google, Nova d’Amazon, Llama de Meta ou encore Qwen d’Alibaba. Chaque agent s’est vu attribuer un poste classique : analyste financier, chef de projet, ingénieur logiciel. En parallèle, d’autres agents jouaient le rôle de collègues ou de services internes, comme les ressources humaines.Sur le papier, tout était en place. Dans les faits, la performance est restée très limitée. Le meilleur élève, Claude 3.5 Sonnet, n’a réussi à mener à terme que 24 % des tâches confiées. En incluant les missions partiellement accomplies, son score plafonne à 34,4 %. Gemini 2.0 Flash arrive en deuxième position, avec à peine 11,4 % de tâches finalisées. Aucun autre modèle ne dépasse la barre des 10 %. Un contraste saisissant avec les promesses d’autonomie souvent associées à ces systèmes. Les chercheurs identifient plusieurs causes à ces échecs. Les agents peinent à comprendre les implicites humains : demander un fichier en « .docx » ne leur permet pas toujours de déduire qu’il s’agit d’un document Word. Ils manquent aussi de compétences sociales élémentaires et se retrouvent rapidement bloqués lorsqu’ils doivent naviguer sur le Web, gérer des fenêtres surgissantes ou interpréter des interfaces complexes. Plus préoccupant encore, certains agents estiment avoir réussi une tâche après en avoir simplement contourné les étapes difficiles.En clair, cette expérience rappelle une réalité souvent oubliée : si les IA excellent sur des tâches ciblées et bien définies, elles restent très loin de pouvoir gérer seules un environnement de travail réel, avec ses imprévus, ses règles implicites et ses interactions humaines. Le remplacement généralisé des salariés, lui, peut encore attendre.
  • Paypal devient une vraie banque ?

    02:28|
    Un pas de plus, et cette fois décisif, vers la banque à part entière. Le 15 décembre, PayPal a déposé deux demandes d’agrément auprès des autorités américaines : le département des institutions financières de l’Utah et la Federal Deposit Insurance Corporation. Objectif affiché : transformer sa filiale de crédit en banque industrielle, sous le nom de PayPal Bank. Depuis plus de dix ans, le géant californien avance déjà sur ce terrain. Depuis 2013, il a accordé plus de 30 milliards de dollars de prêts à quelque 420 000 comptes professionnels dans le monde. Une niche bien identifiée : les petites entreprises et les indépendants, souvent jugés trop risqués ou pas assez rentables par les banques traditionnelles. Avec cette licence bancaire, PayPal veut désormais se passer d’intermédiaires, prêter en direct et aller plus vite.Pour les commerçants américains, la promesse est claire : des décisions de crédit accélérées, moins de paperasse et, potentiellement, des coûts plus bas. « L’accès au capital reste l’un des principaux freins à la croissance des petites entreprises », résume Alex Chriss, le PDG du groupe. À la tête de cette future banque, PayPal a recruté Mara McNeill, ex-dirigeante de Toyota Financial Savings Bank, un profil taillé pour rassurer des régulateurs traditionnellement méfiants face aux ambitions bancaires des géants de la tech. PayPal Bank ne se contenterait pas du crédit. Des comptes d’épargne rémunérés, garantis jusqu’à 250 000 dollars par la FDIC, sont aussi au programme. Et surtout, l’entreprise veut rejoindre directement les réseaux Visa et Mastercard, afin de contrôler toute la chaîne de paiement.Cette évolution n’est pas anodine sur le plan géopolitique. En Europe, la dépendance aux infrastructures américaines inquiète. En avril dernier, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, alertait sur la domination des systèmes de paiement étrangers. Dans la foulée, seize grandes banques ont lancé Wero, un projet paneuropéen censé renforcer la souveraineté financière du continent. Pour les professionnels français, l’enjeu reste ouvert. PayPal propose déjà des prêts via des partenaires bancaires. Devenir banque à part entière lui permettrait d’accélérer encore, de réduire les coûts… et de bousculer un peu plus un secteur bancaire déjà sous pression.
  • Github Store : le magasin d'app open source tant attendu ?

    02:45|
    Voici peut-être l’idée la plus simple… et la plus efficace pour démocratiser l’open source. Un projet indépendant baptisé Github Store vient de transformer GitHub en véritable magasin d’applications, à la manière d’un App Store ou d’un Google Play, mais dédié exclusivement aux logiciels libres. Disponible sur Android et sur ordinateur — Windows, macOS et Linux — Github Store propose une interface claire et familière : catégories, captures d’écran, descriptions détaillées et surtout un bouton d’installation en un clic. Fini la chasse aux fichiers au fond des dépôts ou la peur de télécharger la mauvaise archive. Ici, tout est pensé pour l’utilisateur final, pas uniquement pour les développeurs.Le fonctionnement est astucieux. L’application analyse automatiquement les dépôts GitHub publics qui publient de vraies versions installables dans leurs “releases”. Elle filtre les formats pertinents — APK, EXE, MSI, DMG, PKG, DEB, RPM — et écarte les simples archives de code source. Résultat : seules les applications réellement prêtes à être installées apparaissent dans le catalogue. L’utilisateur peut ensuite naviguer par popularité, mises à jour récentes ou nouveautés, et même filtrer par système d’exploitation pour ne voir que les logiciels compatibles avec sa machine. Chaque fiche application va plus loin que de simples captures d’écran. On y retrouve le nombre d’étoiles, de forks, les problèmes signalés, le README complet, les notes de version et le détail précis des fichiers téléchargeables. Une transparence fidèle à l’esprit open source.Côté technique, Github Store repose sur Kotlin Multiplatform et Compose. Sur Android, l’installation passe par le gestionnaire de paquets natif. Sur ordinateur, le fichier est téléchargé puis ouvert avec l’outil par défaut du système. Il est possible de se connecter avec un compte GitHub, optionnel mais utile : cela permet d’augmenter fortement les limites d’accès à l’API pour explorer sans contrainte. L’application est distribuée via les releases GitHub du projet et sur F-Droid pour Android, sous licence Apache 2.0. Autrement dit, libre, modifiable et réutilisable. Une précision importante toutefois : Github Store n’a pas vocation à garantir la sécurité des logiciels proposés. Il facilite la découverte et l’installation, mais la responsabilité reste entre les mains des développeurs… et des utilisateurs. En rendant l’open source aussi accessible qu’un store grand public, Github Store pourrait bien changer durablement la façon dont nous découvrons et utilisons les logiciels libres. Une petite révolution, sans marketing tapageur, mais avec une idée redoutablement efficace.
  • De la prison pour un portefeuille Bitcoin respectueux de la vie privée ?

    02:43|
    C’est une affaire qui secoue tout l’écosystème des cryptomonnaies et relance un débat explosif : où s’arrête la protection de la vie privée, et où commence la complicité criminelle ? Aux États-Unis, Keonne Rodriguez, développeur du portefeuille Bitcoin Samourai Wallet, vient d’être condamné à cinq ans de prison. Son crime ? Avoir conçu et exploité un outil jugé trop efficace pour garantir l’anonymat des transactions.Lancé en 2015, Samourai Wallet se présentait comme un portefeuille Bitcoin open source destiné à préserver la confidentialité financière de ses utilisateurs. En pratique, il reposait notamment sur une technique de « coin mixing », qui consiste à mélanger les transactions de plusieurs utilisateurs afin de rendre leur traçage extrêmement difficile. Un principe défendu par de nombreux militants de la vie privée… mais perçu par les autorités comme un facilitateur de criminalité. En avril 2024, les agents du FBI interpellent Rodriguez à son domicile. Le United States Department of Justice l’accuse d’exploitation d’un service de transfert monétaire non autorisé et de blanchiment d’argent. Selon l’enquête, plus de 237 millions de dollars de fonds criminels — issus de trafics de drogue, de fraudes, de marchés du darknet ou encore de contenus pédocriminels — auraient transité par l’infrastructure Samourai.La défense, elle, plaide la neutralité technologique. Rodriguez affirme n’avoir fait qu’écrire du code, sans contrôler l’usage qui en était fait. Mais les juges ont retenu plusieurs éléments aggravants : Samourai n’était pas un simple logiciel décentralisé. L’équipe opérait des serveurs indispensables au fonctionnement du service, prélevait des commissions sur chaque opération — environ 4,5 millions de dollars au total — et certains messages publics ou documents marketing visaient explicitement des acteurs des marchés « gris » ou illégaux. C’est là que la frontière se brouille. Contrairement à des outils comme Tor ou Signal, Samourai combinait centralisation, modèle économique et communication provocatrice. Pour le tribunal, l’intention ne faisait plus de doute. Le cofondateur et directeur technique William Hill a écopé de quatre ans de prison. L’affaire pourrait toutefois rebondir : Donald Trump a récemment évoqué la possibilité d’un réexamen du dossier en vue d’une grâce présidentielle. Quoi qu’il en soit, l’affaire Samourai Wallet fera date. Elle rappelle une leçon brutale : défendre la vie privée financière est une chose. Exploiter une infrastructure centralisée, rémunérée, et assumant d’attirer des usages criminels en est une autre. Dans l’Amérique actuelle, la ligne rouge est désormais très claire.
  • Spotify piraté de 100% de son contenu ?

    02:43|
    Vous connaissez sans doute Anna’s Archive, cette bibliothèque pirate devenue incontournable pour la sauvegarde des livres et articles scientifiques du monde entier. Jusqu’ici, sa mission était claire : préserver le texte, là où la densité d’information est la plus élevée. Mais l’archive vient de franchir un cap spectaculaire : elle s’attaque désormais à la préservation de la musique en ligne, et plus précisément à Spotify.Le chantier est titanesque. Objectif affiché : sauvegarder non seulement les morceaux, mais aussi l’ensemble de leurs métadonnées. Au total, cela représente près de 300 téraoctets de données. Résultat : la plus grande base de données de métadonnées musicales jamais rendue publique, avec 186 millions de codes ISRC uniques, ces identifiants qui permettent de tracer chaque enregistrement sonore. À titre de comparaison, MusicBrainz n’en recense qu’environ cinq millions. Côté audio, Anna’s Archive affirme avoir archivé environ 86 millions de morceaux, soit près de 99,6 % des écoutes totales sur Spotify, même si cela ne couvre qu’un peu plus d’un tiers du catalogue global. Pour gérer cette masse colossale, l’équipe a fait un choix pragmatique : prioriser la popularité. Les titres écoutés au moins une fois ont été conservés en qualité originale, tandis que la longue traîne — ces millions de morceaux jamais lancés — a été compressée dans un format plus léger, voire partiellement écarté.Les statistiques issues de cette collecte sont vertigineuses. Les trois titres les plus populaires — signés Lady Gaga, Billie Eilish et Bad Bunny — cumulent à eux seuls plus d’écoutes que des dizaines de millions de morceaux obscurs réunis. Une concentration extrême qui pose un problème majeur à la conservation musicale : l’oubli quasi total de la création marginale, expérimentale ou locale. C’est là que l’approche d’Anna’s Archive tranche. Plutôt que de ne préserver que les œuvres populaires en qualité parfaite, le projet privilégie une conservation exhaustive, même dans une qualité jugée « suffisante ». Une philosophie assumée : mieux vaut tout sauver imparfaitement que ne conserver qu’un fragment idéalisé de la culture. L’ensemble est distribué via des torrents, librement duplicables. La base s’arrête à juillet 2025, mais elle inaugure quelque chose de nouveau : une archive musicale ouverte, réplicable, et collective. Une tentative, peut-être la première de cette ampleur, pour protéger le patrimoine musical mondial des aléas du temps, des conflits, des fermetures de plateformes… et de l’oubli numérique.
  • TikTok se scinde en deux pour rester aux États-Unis ?

    02:34|
    Il aura fallu plus de cinq ans de tensions politiques et de négociations feutrées pour que TikTok parvienne à se débarrasser de son handicap originel aux États-Unis : ses racines chinoises. Sous la menace persistante d’une interdiction pure et simple, sa maison mère, ByteDance, a finalement signé, le 18 décembre 2025, un accord décisif avec l’administration américaine. Objectif : rester sur le sol américain en se pliant aux exigences de sécurité nationale portées par Donald Trump.La solution trouvée passe par la création d’une nouvelle entité indépendante : TikTok USDS Joint Venture. Cette coentreprise américaine pilotera désormais les données, l’algorithme et la modération de la plateforme aux États-Unis. Plusieurs acteurs entrent au capital à hauteur de 15 % chacun, dont Oracle, le fonds américain Silver Lake et l’investisseur émirati MGX. ByteDance, de son côté, voit sa participation réduite à 19,9 %, tandis que 30,1 % restent entre les mains d’investisseurs historiques, parmi lesquels Fidelity et General Atlantic.Un nouveau conseil d’administration, composé de sept membres à majorité américaine, doit être mis en place. Selon une note interne consultée par l’Associated Press, sa mission est claire : « protéger les données des Américains et la sécurité nationale des États-Unis ». TikTok conservera néanmoins le contrôle de l’essentiel de ses activités commerciales sur le territoire. La transaction doit être finalisée le 22 janvier 2026, soit la veille de la date à laquelle l’interdiction de TikTok aurait dû entrer en vigueur. Sur le fond, Washington reprochait à TikTok deux points majeurs : l’hébergement potentiel des données d’utilisateurs américains hors du pays et la puissance de son algorithme, soupçonné de pouvoir servir d’outil d’influence à Pékin. Désormais, les données seront stockées localement via Oracle. TikTok reconnaît que des employés basés en Chine y ont eu accès par le passé, tout en affirmant qu’aucune information n’a jamais été transmise aux autorités chinoises.Cet accord met fin à un feuilleton entamé dès 2020, lorsque Donald Trump avait tenté, sans succès, de bannir l’application lors de son premier mandat. En 2024, le Congrès, dans un rare consensus bipartisan, avait adopté une loi signée par Joe Biden, imposant la vente ou la suspension des applications contrôlées par des adversaires étrangers. Une échéance repoussée à quatre reprises depuis janvier 2025, le temps de négocier.