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Choses à Savoir TECH

Les hackeurs de YesWeHack désormais « autorité » sur internet ?

C’est une consécration rare dans le monde feutré de la cybersécurité : la société française YesWeHack vient d’obtenir le statut d’autorité de numérotation CVE, autrement dit l’un des sésames les plus prestigieux du secteur. Elle devient ainsi la huitième entreprise française habilitée à attribuer ces identifiants universels de vulnérabilités, les fameux CVE — Common Vulnerabilities and Exposures.


Derrière cet acronyme un peu technique se cache une mission essentielle : recenser et standardiser les failles de sécurité découvertes à travers le monde. Ces identifiants CVE servent de référence commune à toute l’industrie — des éditeurs de logiciels aux gouvernements — pour coordonner la réponse face aux menaces. Sans eux, impossible de suivre efficacement les vulnérabilités, ni d’en mesurer l’impact global.


Jusqu’à présent, seules quelques grandes entreprises françaises avaient ce privilège : Thales, Schneider Electric, Dassault Systèmes, IDEMIA, Centreon, ARC Informatique et WPScan. Désormais, YesWeHack rejoint ce club très restreint, aux côtés des géants du secteur. Une reconnaissance saluée par Guillaume Vassault-Houlière, cofondateur et PDG de la société : « Ce statut reflète notre expertise et nos processus éprouvés dans la gestion des vulnérabilités. Il va nous permettre d’accélérer la coordination entre chercheurs, entreprises et équipes de sécurité ». Pour cette plateforme française, fondée il y a dix ans, la distinction sonne comme une suite logique. YesWeHack s’est imposée comme un acteur majeur du bug bounty, cette pratique qui consiste à rémunérer les hackers éthiques pour détecter les failles avant les cybercriminels. Grâce à ce nouveau statut, les vulnérabilités découvertes sur sa plateforme pourront désormais recevoir un identifiant CVE directement, sans passer par une autorité tierce — un gain de temps précieux pour les entreprises concernées.


Basée sur une infrastructure européenne conforme au RGPD, YesWeHack renforce ainsi son rôle de pilier de la cybersécurité européenne. Une réussite symbolique, à l’heure où la souveraineté numérique et la sécurité des infrastructures deviennent des enjeux stratégiques pour tout le continent.

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  • Que vaut la première chanson IA / informatique quantique ?

    02:21|
    L’intelligence artificielle générative est souvent accusée de piller les artistes, d’aspirer leurs œuvres pour recracher des copies sans âme. Le débat est vif, parfois frontal. Pourtant, certains créateurs tentent une autre voie : non pas subir l’IA, mais l’utiliser comme un outil, presque comme un instrument supplémentaire. C’est le pari de la startup britannique Moth, qui vient de collaborer avec l’artiste électro ILĀ. Ensemble, ils ont signé un titre inédit, Recurse, un morceau conçu à la croisée de l’intelligence artificielle générative… et de l’informatique quantique. La piste est déjà en ligne sur YouTube, Spotify et les principales plateformes de streaming. Même le clip joue la carte technologique, avec un effet visuel baptisé « flou quantique », développé par Moth.Derrière cette expérimentation, un logiciel maison : Archaeo. Cette plateforme fonctionne sur un ordinateur quantique fourni par l’entreprise IQM. Particularité notable : le système ne s’appuie pas sur d’immenses bases de données piochées sur Internet. Pas de scraping massif d’œuvres d’inconnus. L’entraînement s’est limité exclusivement aux créations d’ILĀ. L’idée n’est donc pas de produire de la musique ex nihilo, comme le font certaines IA génératives classiques. Ici, la machine joue plutôt le rôle d’assistant. Elle recombine, réorganise, suggère. « J’ai composé un morceau comme je le fais d’habitude, puis ces séquences ont servi à entraîner le système », explique l’artiste. L’IA ne remplace pas la main humaine, elle prolonge le geste.Pour Moth, Recurse marque même un tournant, un « moment décisif » pour la créativité de demain. Une manière de montrer que l’IA peut devenir un partenaire plutôt qu’un prédateur. Et l’expérience ne s’arrête pas là. À côté du titre principal, formaté comme un morceau classique d’un peu plus de cinq minutes, le duo propose Recurse [Infinite Mix]. Cette version, générée en temps réel, ne s’arrête jamais. Une boucle infinie, qui se transforme en permanence.
  • Après Elon Musk, Jeff Bezos se lance dans les satellites ?

    02:13|
    Blue Origin avance ses pions, discrètement mais sûrement. Dans un simple communiqué, l’entreprise spatiale a dévoilé un projet d’ampleur : TeraWave, une constellation de 5 408 satellites reliés entre eux par des liaisons optiques. Leur terrain de jeu ? L’orbite terrestre basse, mais aussi l’orbite moyenne. Une architecture hybride pensée pour maximiser les débits.L’objectif est clair : proposer des connexions très haut débit entre les grands pôles mondiaux et des utilisateurs dispersés, notamment dans les zones rurales, reculées ou mal desservies. Là où tirer de la fibre coûte trop cher, s’avère techniquement complexe, voire tout simplement impossible. Blue Origin promet ainsi des connexions multigigabits, capables de rivaliser avec les réseaux terrestres. Sur le papier, l’annonce peut surprendre. Le ciel est déjà encombré : SpaceX déploie Starlink à grande échelle, Amazon prépare sa propre constellation Kuiper. Pourtant, Blue Origin ne vise pas prioritairement le grand public. TeraWave cible surtout les entreprises, un marché bien plus rentable, dopé par l’explosion des besoins en données, notamment pour les centres de calcul et l’intelligence artificielle.La société avance des chiffres ambitieux. Les satellites en orbite basse pourraient offrir jusqu’à 144 gigabits par seconde. Ceux placés plus haut, en orbite moyenne, utiliseront des liaisons laser pour atteindre… 6 térabits par seconde. Des performances taillées pour les infrastructures critiques. Le déploiement doit débuter fin 2027. Mais ce chantier s’ajoute à une liste déjà impressionnante. Blue Origin travaille simultanément sur des modules lunaires, une future station spatiale, une capsule habitée, le véhicule logistique Blue Ring, sans oublier un orbiteur martien. Et côté lanceurs, New Shepard et New Glenn tournent déjà à plein régime. Derrière l’ambition, une question se pose : l’entreprise pourra-t-elle suivre le rythme ? Mettre en orbite plus de 5 000 satellites exige une cadence de lancements soutenue, alors même que New Glenn a déjà un calendrier chargé, notamment avec les missions du projet Kuiper d’Amazon.
  • Le MIT créé une mémoire « infinie » ?

    02:05|
    On a tous déjà vu ça avec les intelligences artificielles : plus le texte est long, plus le modèle perd le fil. Au bout de quelques milliers de mots, la mémoire sature, le contexte se brouille, et les réponses deviennent approximatives. Pour les chercheurs du MIT, c’est un vrai plafond de verre. Leur solution tient en trois lettres : RLM, pour Recursive Language Model. L’idée est simple mais maligne. Plutôt que de charger un document entier dans la mémoire du modèle — ce qui l’étouffe — le texte reste stocké à l’extérieur. Le système ne transmet au modèle que les fragments utiles, au fur et à mesure. Un peu comme si l’IA feuilletait un énorme classeur au lieu d’essayer de tout mémoriser d’un coup.Concrètement, le RLM reçoit d’abord une vue d’ensemble : nombre de sections, taille du document, structure générale. Ensuite, il génère du code pour aller chercher précisément les passages pertinents, les analyser un par un, puis assembler la réponse finale. Résultat : il garde le contexte global sans nécessiter de réentraînement. Les tests sont parlants. Sur des documents gigantesques, entre 6 et 11 millions de jetons, le RLM basé sur GPT-5 a extrait correctement 91 % des réponses attendues sur le benchmark BrowseComp-Plus. Le modèle standard, lui, n’a rien retrouvé. Sur des tâches de raisonnement complexe, il passe de presque zéro à 58 % de bonnes réponses. Et pour l’analyse de code, les performances doublent, de 24 % à 62 %.Le système repose sur deux briques : un « modèle racine », chargé de planifier et d’orchestrer la recherche, et un « modèle travailleur », plus léger, qui traite chaque extrait. Alex Zhang, co-auteur au MIT CSAIL, compare ça à un programmeur qui ouvre un énorme fichier morceau par morceau pour éviter de faire planter son ordinateur. Compatible avec des techniques comme le RAG, le RLM peut s’intégrer sans changer l’interface habituelle. Et bonne nouvelle : le code est déjà disponible sur GitHub.GithubÉtude d'Alex Zhang
  • USA : qui est le nouveau maître de TikTok ?

    02:13|
    Après les ultimatums, les menaces de bannissement et les délais arrachés in extremis à la Maison-Blanche, TikTok vient officiellement de céder ses activités américaines. L’annonce a été faite le 22 janvier par son patron, Shou Chew, dans un mémo interne. ByteDance a fini par plier face aux exigences de Washington. Mais derrière la signature, une question demeure : s’agit-il d’une vraie séparation… ou d’un simple tour de passe-passe juridique ?La nouvelle entité s’appelle TikTok USDS Joint Venture LLC. Et la répartition du capital ressemble à un savant puzzle. Trois poids lourds raflent chacun 15 % : Oracle, le fonds californien Silver Lake et MGX, un fonds souverain émirati lancé en 2024. À eux trois, 45 %. ByteDance conserve 19,9 %, juste en dessous du seuil des 20 % qui aurait déclenché des restrictions légales. Le reste est partagé entre d’autres investisseurs, dont le family office de Michael Dell. Au total, les capitaux non chinois détiennent 80,1 % de la structure américaine. Oracle devient le gardien du temple. L’entreprise de Larry Ellison hébergera les données des utilisateurs américains sur ses serveurs sécurisés et supervisera le respect des règles de sécurité nationale. Silver Lake apporte son expertise financière, tandis que MGX, déjà présent chez xAI et OpenAI, s’impose comme un nouvel acteur stratégique. Le fonds a aussi participé au gigantesque programme d’infrastructures IA soutenu par Donald Trump, baptisé Stargate.Mais le vrai nerf de la guerre, c’est l’algorithme de recommandation, le cœur battant de TikTok. Officiellement, il sera « réentraîné » uniquement avec des données américaines, sous contrôle d’Oracle. ByteDance, lui, conserve la main sur la publicité et le commerce en ligne, les activités les plus lucratives. Reste une énigme technique et politique : peut-on vraiment détacher un algorithme de son créateur ? ByteDance l’a conçu, le connaît par cœur et garde une part au capital. Sans compter que Pékin doit encore valider l’accord, la Chine contrôlant strictement l’exportation de ses technologies sensibles. Sur le papier, le conseil d’administration comptera sept membres, dont quatre Américains. Adam Presser prend la tête de l’entité.
  • OpenAI en faillite en 2027 ?

    02:05|
    L’intelligence artificielle fait rêver. Mais elle coûte aussi, littéralement, une fortune. Depuis deux ans, les grands noms du secteur annoncent des levées de fonds records, des centres de données géants, des puces toujours plus puissantes. Une course à l’armement technologique. Et dans cette bataille, OpenAI semble brûler du cash plus vite que tout le monde.Les dépenses de l’entreprise seraient estimées à près d’un milliard de dollars… par mois. Oui, par mois. Une cadence qui donne le vertige et qui alimente une question de plus en plus sérieuse dans les cercles financiers : combien de temps ce rythme peut-il tenir. On se souvient qu’en octobre dernier, Sam Altman avait promis des investissements colossaux : jusqu’à 1 400 milliards de dollars pour développer les infrastructures nécessaires à l’IA. Des montants dignes d’un budget d’État. Mais cette ambition démesurée inquiète.Dans une tribune publiée dans le New York Times, l’expert financier Sebastian Mallaby, du Council on Foreign Relations, estime qu’OpenAI pourrait tout simplement se retrouver à court d’argent « au cours des 18 prochains mois ». Autrement dit : avoir du mal à passer le cap de 2027. Et son analyse ne vient pas d’un doute sur l’intelligence artificielle elle-même. Au contraire. Il rappelle que les grandes innovations technologiques prennent d’ordinaire des décennies à s’imposer. Or, l’IA progresse à une vitesse spectaculaire. Le problème, selon lui, ce n’est pas la technologie. C’est le modèle économique d’OpenAI.Car contrairement à Google, Meta ou Microsoft, capables de financer leurs paris risqués grâce à d’autres activités très rentables, OpenAI ne dispose pas de cette bouée de sauvetage. Elle doit investir massivement… sans revenus comparables en face. Même en revoyant certaines promesses à la baisse ou en s’appuyant sur la valeur élevée de ses actions, l’équation reste brutale : il faut trouver des sommes astronomiques. Pour Mallaby, le scénario n’est pas impensable : une entreprise étranglée financièrement, puis absorbée par un géant mieux doté en liquidités, comme Microsoft ou Amazon.
  • Meta a volé la techno derrière ses lunettes intelligentes ?

    02:06|
    Grâce à ses alliances avec Ray-Ban et Oakley, Meta s’est imposé en quelques mois comme l’un des leaders des lunettes connectées. Les modèles siglés Zuckerberg se vendent si bien que le groupe envisagerait même de doubler la production pour suivre la demande. Mais derrière cette réussite, un concurrent crie au pillage technologique.La société Solos, elle aussi spécialisée dans les lunettes intelligentes, vient de déposer plainte dans le Massachusetts. Elle accuse Meta d’avoir enfreint plusieurs de ses brevets, ceux qu’elle considère comme le « cœur » même de la technologie embarquée. Dans le viseur : la Ray-Ban Meta de première génération, présentée comme la base technique de toute la gamme actuelle. Selon Solos, les modèles plus récents ne seraient que des variantes d’une plateforme déjà fondée sur ses inventions protégées. La facture pourrait être salée. L’entreprise réclame des dommages se chiffrant en milliards de dollars et demande une injonction qui pourrait, à terme, bloquer certaines ventes.Dans sa plainte, Solos avance un élément troublant. En 2021, une chercheuse du MIT, Priyanka Shekar, publie une étude stratégique sur ses produits, citant explicitement plusieurs de ses brevets. Peu après, elle rejoint Meta comme cheffe de produit. Pour Solos, difficile d’y voir une coïncidence : ces connaissances auraient pu être intégrées en interne avant le lancement des lunettes développées avec EssilorLuxottica, propriétaire de Ray-Ban et Oakley.Autre point soulevé : les partenaires de Meta auraient eu accès très tôt à ses travaux. Des ingénieurs d’Oakley auraient vu des prototypes dès 2015. Puis, en 2017, des réunions avec EssilorLuxottica auraient permis de détailler sa feuille de route technologique. Ironie de l’histoire, Solos propose déjà des lunettes intégrant de l’IA, de la traduction automatique ou encore ChatGPT… mais reste largement dans l’ombre de Meta. Cette bataille juridique rappelle que dans la course aux objets connectés, l’innovation va vite, et les brevets deviennent des armes. D’ailleurs, un autre acteur, Xreal, vient lui aussi d’attaquer un concurrent pour contrefaçon.
  • Mémoire ReRAM : 100x plus rapide que le Flash ?

    02:10|
    Le monde du stockage numérique traverse une zone de turbulence. Depuis des mois, le secteur encaisse pénuries, hausses de prix et bricolages techniques. On a même vu certains fabricants ressortir de vieux standards comme la DDR3 pour maintenir la production à flot. Autant dire un retour en arrière. Mais la porte de sortie ne viendra pas du passé. Elle pourrait s’appeler… ReRAM. Derrière ce sigle un peu austère se cache peut-être la prochaine révolution mémoire. Et surtout, un signal fort : Texas Instruments, poids lourd des semi-conducteurs valorisé près de 170 milliards de dollars, vient d’en acquérir la licence auprès d’une jeune pousse australienne, Weebit Nano. Quand un géant réputé pour sa prudence met la main sur une technologie, ce n’est généralement pas un pari fantaisiste.Le principe de la ReRAM, pour « mémoire résistive », est simple sur le papier : stocker l’information non plus comme dans la Flash traditionnelle, mais via un changement de résistance électrique. Résultat annoncé : des performances qui donnent le tournis. Des vitesses d’écriture jusqu’à cent fois plus rapides que la Flash embarquée actuelle, et surtout une endurance bien supérieure, capable de supporter entre 100 000 et un million de cycles d’écriture sans dégradation notable. Autre atout décisif : l’intégration. La technologie peut être ajoutée en fin de fabrication des puces, via ce que les ingénieurs appellent le « back-end-of-line ». En clair, pas besoin de repenser toute l’architecture des transistors. Le surcoût serait limité à environ 5 %. Pour un bond générationnel, c’est presque dérisoire.Si cette solution suscite autant d’intérêt aujourd’hui, c’est parce que la mémoire Flash arrive à ses limites physiques. Sous les 28 nanomètres, elle devient instable, chère, difficile à miniaturiser. Un véritable goulot d’étranglement qui freine smartphones, objets connectés et PC. Les fabricants se retrouvent à empiler des solutions hybrides, plus gourmandes en énergie et en espace. Avec la ReRAM, l’industrie entrevoit enfin une alternative crédible.
  • Spotify se venge contre le piratage ?

    02:18|
    C’est une bataille discrète, mais révélatrice des tensions entre plateformes, ayants droit… et sites d’archives aux frontières du légal. À la toute fin de l’année dernière, Anna’s Archive affirmait avoir mis la main sur une copie massive de données issues de Spotify, incluant des enregistrements parmi les plus écoutés de la plateforme. Une annonce qui n’est pas passée inaperçue. Puis, début janvier, coup de théâtre : le domaine en .org du site disparaît brutalement. Hors ligne, sans explication claire.À l’époque, ses opérateurs parlent d’une simple interruption technique, sans rapport avec cette collecte géante. Mais quelques jours plus tard, des documents judiciaires lèvent le voile sur une tout autre histoire. En coulisses, Spotify s’est allié à trois poids lourds de l’industrie musicale – Sony, Warner et Universal – pour saisir la justice américaine. Direction le tribunal fédéral du district sud de New York. La plainte est d’abord placée sous scellés, pour éviter toute fuite. L’idée est simple : frapper vite, sans prévenir.Le 2 janvier, les plaignants obtiennent une ordonnance restrictive temporaire. Elle vise directement les intermédiaires techniques : le gestionnaire des domaines .org, Public Interest Registry, et le géant des services réseau Cloudflare. Selon les maisons de disques, ces acteurs ont le pouvoir de couper l’accès aux domaines utilisés pour diffuser illégalement des œuvres protégées. Anna’s Archive ne découvre la procédure qu’une fois les mesures appliquées. Les ayants droit redoutaient qu’une alerte préalable ne provoque la mise en ligne immédiate de millions de fichiers et une fuite de l’infrastructure hors des États-Unis. Résultat : le .org tombe. Mais le site, lui, ne disparaît pas totalement.Le juge Jed Rakoff transforme ensuite l’ordonnance en injonction préliminaire, estimant que les plaignants ont de solides arguments en matière de violation du droit d’auteur, notamment via des fichiers torrent. Hébergeurs, fournisseurs d’accès : tous sont sommés de bloquer l’accès. Pourtant, certains domaines étrangers restent accessibles. Et selon TorrentFreak, si les torrents Spotify affichent désormais « indisponible », des téléchargements persistent via des liens directs. 
  • Un deal à 800 millions entre Epic Games et Google ?

    01:59|
    C’est un feuilleton judiciaire qui dure depuis près de six ans, un bras de fer entre deux poids lourds du numérique : Epic Games d’un côté, Google de l’autre. Au cœur du conflit, les règles du Play Store et les pratiques jugées anticoncurrentielles du géant de Mountain View sur le marché des applications mobiles. En novembre dernier, les deux camps ont annoncé vouloir enterrer la hache de guerre. Fin de l’histoire ? Pas tout à fait. Lors d’une audience récente à San Francisco, un élément inattendu est venu troubler le tableau. En parallèle du procès, Epic aurait négocié un partenariat commercial d’envergure avec… Google lui-même.Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’éditeur de Fortnite prévoit d’investir 800 millions de dollars sur six ans dans les services de Google. Une somme que le juge fédéral James Donato a qualifiée de « partenariat plutôt solide ». L’accord prévoirait des développements de produits communs, des opérations marketing conjointes et divers projets commerciaux partagés. Tim Sweeney, fondateur d’Epic Games, explique que cet argent correspond à l’achat de prestations précises, sans en détailler la nature. Une lettre d’intention a été présentée au tribunal, mais l’accord n’est pas encore finalisé. Selon lui, cette collaboration s’inscrirait surtout dans la stratégie autour du métavers, avec Fortnite comme vitrine, et inclurait notamment une utilisation renforcée de l’Unreal Engine par Google. Il insiste aussi sur un point : l’Epic Games Store ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur sur Android.Reste que ce rapprochement interroge. Après des années à dénoncer les barrières de l’écosystème Android, pourquoi soudain faire affaire avec l’adversaire ? Le juge cherche à savoir si cet accord financier a pesé dans la décision d’Epic de mettre fin au contentieux. Tim Sweeney, lui, assume. Pour lui, payer Google pour favoriser davantage de concurrence n’a rien d’incohérent. Une position pragmatique… mais qui contraste avec six ans de bataille judiciaire acharnée.