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Choses à Savoir TECH
Avec PineDrama, TikTok se lance dans les séries de 1 min ?
Alors que l’année 2026 démarrait à peine, ByteDance a choisi la discrétion plutôt que le grand show. Sans annonce tonitruante ni keynote spectaculaire, le groupe chinois a fait apparaître une nouvelle application sur les écrans américains et brésiliens : PineDrama. Un lancement presque furtif, mais révélateur d’une mutation profonde de nos usages vidéo. Car non, le règne du format court n’a visiblement pas encore atteint son plafond.
PineDrama ne prétend pas révolutionner la narration. Elle pousse simplement la logique existante à son extrême. Le concept : des séries scénarisées, découpées en épisodes d’environ une minute, à regarder exclusivement en vertical. Ici, pas de plans léchés ni de budgets hollywoodiens. L’esthétique revendique le kitsch assumé : intrigues sentimentales, romances improbables, loups-garous, secrets de bureau et coups de théâtre à répétition. Des titres comme Love at First Bite ou The Officer Fell for Me donnent le ton : on est clairement du côté du « plaisir coupable ».
La singularité du lancement tient aussi à son modèle économique. Contrairement à d’autres plateformes du même genre, PineDrama est, pour l’instant, accessible sans publicité ni abonnement obligatoire. Une gratuité surprenante dans un secteur habitué aux paywalls agressifs, mais qui s’explique par la puissance financière de ByteDance. Le groupe teste ce format depuis un moment déjà à travers les « TikTok Minis » sur TikTok, et PineDrama apparaît comme une déclinaison autonome de cette expérimentation. Ce mouvement n’a rien d’anecdotique. Il s’inscrit dans une tendance importée d’Asie, où les « micro-dramas » transforment le smartphone en distributeur automatique de fictions express. Là où Quibi s’était fracassé en tentant d’imposer une expérience premium et coûteuse sur mobile, PineDrama et ses concurrents comme ReelShort ont compris une chose essentielle : l’enjeu n’est pas la qualité cinématographique, mais l’addiction.
Dans les transports ou entre deux rendez-vous, l’utilisateur ne cherche pas le prochain chef-d’œuvre, mais une décharge narrative immédiate. En internalisant ce format, ByteDance ne vise pas une ambition culturelle. Il cherche à récupérer ces précieuses minutes d’attention qui échappaient encore à son algorithme principal. Une bataille pour le temps de cerveau disponible, où la victoire se joue désormais sur la capacité à livrer un divertissement instantané, sans friction. Reste une inconnue : lorsque la gratuité disparaîtra, le public acceptera-t-il de payer pour ces feuilletons verticaux ? Pour l’instant, PineDrama teste le terrain outre-Atlantique. L’Europe, elle, observe de loin avec attention.
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Grok devient l’IA officielle du Pentagone ?
02:51|Après les polémiques à répétition — images sexualisées générées sans consentement, deepfakes explicites, y compris mettant en scène des mineurs — le chatbot Grok confirme sa réputation d’IA hors normes, pour ne pas dire hors cadre. Une intelligence artificielle volontairement permissive, peu filtrée, indifférente aux lignes rouges juridiques et éthiques. Une philosophie assumée par son créateur, Elon Musk, et désormais revendiquée au sommet de l’appareil militaire américain.Cette semaine, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a annoncé l’intégration prochaine de Grok dans des systèmes classifiés du Pentagon. Objectif affiché : doter l’armée d’une IA « sans contraintes idéologiques » pour soutenir des usages militaires jugés légitimes. Lors d’un discours tenu devant des employés de SpaceX, au Texas, le message est limpide : l’IA militaire américaine « ne sera pas woke ». Une formule choc, mais parfaitement alignée avec l’ADN de Grok. Cette convergence n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une doctrine stratégique où l’efficacité prime sur le cadre légal, quitte à flirter avec les limites du droit international. Sous l’administration Trump, certaines opérations extérieures ont déjà suscité de lourdes controverses, de l’Amérique latine à la Corne de l’Afrique. Des actions spectaculaires, souvent pensées pour l’impact médiatique immédiat, mais rarement pour leurs conséquences à long terme.Dans ce contexte, l’arrivée d’une IA comme Grok pose une question centrale : que se passe-t-il lorsqu’on confie des décisions potentiellement létales à un outil qui ne connaît ni le doute, ni la retenue ? Une IA capable d’analyser froidement des données satellitaires, des flux de renseignement, des réseaux sociaux, puis de proposer des cibles, des scénarios, des méthodes. Une IA qui peut calculer l’acceptabilité politique d’une frappe, intégrer les pertes civiles comme de simples variables, et optimiser une opération sans jamais en questionner la légitimité. Le risque ne s’arrête pas au champ de bataille. Grok pourrait aussi piloter la guerre de l’information, notamment via X, en amplifiant certains récits, en noyant les faits sous des narratifs concurrents, en discréditant témoins et sources gênantes. Pour une machine dépourvue d’éthique, la vérité n’est qu’un paramètre parmi d’autres.Le basculement est là : la guerre tend à devenir un processus technique, automatisé, délégué à des systèmes qui n’assument aucune responsabilité. Or une IA n’est ni un officier, ni un décideur politique. Elle ne comparaît pas devant un tribunal. Elle ne rend de comptes à personne. Et pourtant, Grok s’apprête à peser sur des décisions de vie ou de mort. Un choix lourd de conséquences, dont il sera difficile de mesurer — et de corriger — les effets une fois la machine lancée.
Amazon lance son cloud européen 100% indépendant ?
03:07|Amazon franchit un cap stratégique en Europe. Ce jeudi 15 janvier, Amazon Web Services lance officiellement son AWS European Sovereign Cloud, une infrastructure pensée pour répondre aux exigences les plus strictes en matière de souveraineté numérique. La première région ouvre en Allemagne, dans le Brandebourg, avec déjà des extensions prévues en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal via des « Local Zones ». L’investissement est à la hauteur de l’ambition : 7,8 milliards d’euros engagés outre-Rhin pour redessiner le paysage du cloud européen.La promesse est simple, presque radicale : ce cloud peut fonctionner en totale autonomie, même en cas de coupure complète avec le reste du réseau mondial d’AWS. Aucune dépendance technique ou opérationnelle hors de l’Union européenne. Les données, métadonnées, factures et comptes clients restent confinés sur le sol européen. L’exploitation est assurée par des équipes locales, sans lien fonctionnel avec les États-Unis, et une copie complète du code source est accessible aux responsables européens en cas d’urgence. Une concession rare de la part d’un hyperscaler américain, conçue pour répondre frontalement aux inquiétudes liées à l’extraterritorialité du droit américain. Cette offre vise clairement les secteurs les plus sensibles : administrations, défense, finance, santé, énergie ou télécoms. Pour ces acteurs, longtemps réticents à migrer vers le cloud public, AWS promet désormais « le meilleur des deux mondes » : la puissance industrielle d’un géant mondial, sans abandon du contrôle juridique et opérationnel. Reste que certains sceptiques continueront de douter de l’étanchéité réelle du dispositif face à une éventuelle pression judiciaire venue de Washington.Pour crédibiliser son discours, Amazon a mis en place une architecture juridique inédite. Une société mère allemande chapeaute trois filiales de droit local, toutes dirigées par des citoyens européens. À leur tête, l’Allemand Stefan Hoechbauer, épaulé par le Français Stéphane Israël, ancien patron d’Arianespace. Un conseil consultatif complète le dispositif, avec notamment le général Philippe Lavigne et l’Irlandaise Sinéad McSweeney. Dès son lancement, plus de 90 services sont disponibles, de l’IA au stockage en passant par la cybersécurité. Des acteurs comme EWE AG, l’université Lausitz Carl Thiem ou Sanoma Learning ont déjà signé. Les partenaires historiques d’AWS — Accenture, SAP, Capgemini, Deloitte ou Mistral AI — suivent le mouvement. Pour l’Allemagne, l’enjeu est économique autant que stratégique : 2 800 emplois créés chaque année et un impact estimé à 17,2 milliards d’euros sur le PIB. Un signal fort envoyé à toute l’Europe.
CAF : comment fonctionne l’algorithme de contrôle des allocataires ?
02:48|C’est un geste rare, presque inédit dans l’administration française. Le jeudi 15 janvier, la Caisse nationale des allocations familiales a décidé de lever le voile sur un outil longtemps accusé d’opacité : son algorithme de datamining utilisé pour cibler une partie des contrôles d’allocataires. Code source, variables utilisées, critères écartés, pondérations… tout est désormais public. La CAF parle de DMDE 2026, pour DataMiningDonnées Entrantes, et assume une démarche de transparence totale.L’enjeu est de taille. Chaque année, l’institution verse plus de 108 milliards d’euros de prestations à près de 14 millions de foyers. Dans ce contexte, la moindre suspicion de contrôle automatisé injuste alimente la défiance. Consciente de cette fragilité, la CAF a décidé de répondre frontalement aux critiques. Depuis mars 2025, un comité d’éthique indépendant réunit juristes, experts du numérique et représentants des usagers. Son rôle n’est pas symbolique : il examine chaque algorithme, identifie les risques de biais et peut imposer des corrections. Une charte encadre l’ensemble, avec un principe central : l’outil doit assister la solidarité, pas surveiller les allocataires. « Ouvrir, oui, mais avec méthode et responsabilité », résume Nicolas Grivel, directeur général de la CAF.À la lecture des documents publiés, un point frappe immédiatement : l’algorithme ne concerne qu’une part infime des contrôles. En 2024, sur 31,5 millions de vérifications, moins de 1 % ont mobilisé ce système. Son rôle est simple : produire un score de risque lorsqu’un trop-perçu potentiel dépasse 600 euros sur six mois. Rien de plus. La décision finale revient toujours à un contrôleur humain. « Ces dossiers restent minoritaires dans notre activité », insiste Thomas Desmoulins, responsable du contrôle à la CNAF. Autre élément clé : ce que l’algorithme ne regarde pas. Les données sensibles — nationalité, sexe, adresse précise, quartier — sont exclues. Les comportements aussi : fréquence de connexion, appels à la CAF, retards administratifs ou contrôles passés n’entrent pas en ligne de compte. L’objectif est clair : éviter toute stigmatisation ou effet boule de neige.Ce que le modèle analyse, en revanche, ce sont des éléments factuels : situation professionnelle, composition du foyer, montants perçus, changements récents de statut. Le tout repose sur une méthode statistique classique, la régression logistique, compréhensible et explicable. Pas de boîte noire, donc. Pour la première fois, chacun peut consulter le code et comprendre comment un score est calculé.
Le Congrès américain sauve la NASA et son budget ?
02:38|Difficile, ces derniers mois, d’entrevoir un rayon de soleil dans le paysage politique américain. Et pourtant, contre toute attente, le budget fédéral 2026 adopté par le Congrès offre un répit bienvenu au monde de la recherche. Les parlementaires ont choisi de préserver les grands programmes scientifiques, en particulier ceux de la NASA, mais aussi d’autres agences fédérales clés. Une décision qui tranche nettement avec les intentions initiales de l’administration Trump.Au printemps 2025, la Maison-Blanche avait présenté un projet de budget drastique, taillant dans les crédits de l’astrophysique, de l’exploration planétaire ou encore des sciences de la Terre. Autant de domaines jugés coûteux et non prioritaires. Mais au fil des débats, Sénat et Chambre des représentants ont largement revu la copie.Résultat : la NASA se voit finalement attribuer environ 24,4 milliards de dollars pour 2026, un niveau de financement qui permet de maintenir l’essentiel des missions prévues, des instruments en cours de construction et des programmes scientifiques déjà engagés. Cette enveloppe garantit une continuité précieuse. Les projets en préparation ne sont pas stoppés, les calendriers restent globalement inchangés et les équipes peuvent travailler sans la crainte d’une interruption brutale. Les programmes d’exploration planétaire, qu’il s’agisse de Mars, des lunes glacées ou des astéroïdes, conservent leurs moyens. En astrophysique, les crédits nécessaires au développement de l’observatoire spatial Nancy Grace Roman sont maintenus, tout comme ceux dédiés à l’étude des exoplanètes et de la cosmologie.La décision du Congrès dépasse le seul périmètre de la NASA. La National Science Foundation conserve des financements cohérents avec ses missions de recherche fondamentale et appliquée. La NOAA préserve ses crédits pour la surveillance climatique et les satellites d’observation de la Terre, tandis que le NIST poursuit ses travaux sur les normes et la métrologie, indispensables à l’innovation technologique. Les textes votés encadrent toutefois strictement l’usage de ces fonds. Les agences devront rendre compte de l’avancement des projets, du respect des échéances et de la justification des dépenses. Une contrainte assumée, qui offre en contrepartie une visibilité budgétaire essentielle. Dans un contexte international tendu, ce budget 2026 agit comme un garde-fou : il sécurise la continuité des missions scientifiques américaines et préserve la crédibilité des États-Unis dans les grandes collaborations de recherche mondiales.
Meta : le rachat de la startup Manus va mal finir ?
03:12|Quand Meta a mis 2 milliards de dollars sur la table pour racheter Manus, le groupe californien a aussitôt tenté d’éteindre l’incendie politique. Message adressé à Washington : aucun actionnaire chinois ne resterait au capital et les services seraient purement et simplement coupés en Chine. Une opération de déminage diplomatique en règle. Problème : Pékin n’a jamais été consulté. Et selon TechCrunch, le ministère chinois du Commerce s’est désormais saisi du dossier pour vérifier si cette acquisition respecte les règles nationales sur l’exportation de technologies sensibles. Ce qui devait être une formalité s’annonce soudain beaucoup plus complexe.Sur le papier, tout semblait pourtant bien ficelé. L’été dernier, Manus avait discrètement déplacé son siège à Singapour. La start-up, née en Chine, avait réduit ses effectifs à une quarantaine de personnes après une levée de fonds de 75 millions de dollars menée par Benchmark. Une migration express devenue si courante qu’elle porte désormais un surnom dans la tech : le « Singapore washing ». L’idée est simple : quitter la Chine pour contourner les restrictions américaines visant les investissements dans les technologies jugées stratégiques. Mais ce raisonnement se heurte aujourd’hui au droit chinois. Les autorités se demandent si le transfert de Manus – équipes, logiciels et propriété intellectuelle compris – n’aurait pas dû faire l’objet d’une licence d’exportation. En clair, Pékin cherche à savoir si des technologies considérées comme sensibles ont quitté le territoire sans autorisation. Le professeur Cui Fan, spécialiste du commerce international, est même allé jusqu’à évoquer sur WeChat un risque de « responsabilité pénale » en cas de violation avérée. L’examen n’en est qu’à ses débuts, et pourrait s’arrêter là. Mais son existence même offre à la Chine un levier de pression non négligeable.Cette affaire illustre le piège dans lequel se retrouvent désormais les grandes manœuvres technologiques entre la Chine et les États-Unis. À Washington, certains saluent le rachat comme un succès : la preuve que les restrictions américaines poussent les talents chinois vers l’écosystème occidental. À Pékin, la lecture est exactement inverse. Comme le résume Winston Ma, professeur à la New York University School of Law, laisser passer l’opération créerait un précédent dangereux, encourageant les jeunes pousses chinoises de l’IA à s’exiler avec leurs technologies.La Chine a déjà montré qu’elle savait utiliser ses règles d’exportation comme arme juridique, notamment face aux tentatives américaines de bloquer TikTok sous la présidence de Donald Trump. Ni Meta ni Manus n’ont, pour l’instant, commenté publiquement cette revue réglementaire. Mais une chose est sûre : l’acquisition, estimée entre 2 et 3 milliards de dollars, pourrait bien s’enliser, voire être renégociée sous la pression de Pékin. Dans la guerre technologique actuelle, même les rachats les plus soigneusement emballés restent des terrains minés.
Mistral AI, équipe désormais les armées françaises ?
02:26|Peut-on y voir un véritable tournant pour la défense française ? Ce jeudi 8 janvier 2026, le ministère des Armées et des Anciens combattants a officialisé la notification d’un accord-cadre stratégique avec Mistral AI. Objectif affiché : doter l’ensemble des forces armées françaises d’outils d’intelligence artificielle générative de très haut niveau. Un signal fort, dans un contexte de compétition technologique mondiale où l’IA devient un multiplicateur de puissance militaire.Concrètement, cet accord ouvre l’accès, pour toutes les armées, directions et services du ministère, aux modèles, logiciels et prestations développés par l’entreprise cofondée par Arthur Mensch. Il ne s’agit plus de projets pilotes ou d’expérimentations isolées : l’État assume un déploiement large et structurant. L’IA générative entre ainsi dans le quotidien des forces françaises, qu’il s’agisse d’analyse de données, d’aide à la décision, de planification ou de traitement de l’information opérationnelle. Le périmètre du partenariat dépasse d’ailleurs le strict cadre militaire. Plusieurs établissements publics placés sous la tutelle du ministère sont également concernés : le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, l’Office national d'études et de recherches aérospatiales, ou encore le Service hydrographique et océanographique de la marine. Autant d’acteurs clés de la recherche stratégique et de l’innovation de défense.La mise en place de cet accord revient à l’Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense, créée précisément pour accélérer l’adoption de l’IA dans les armées. Son directeur, Bertrand Rondepierre, résume l’enjeu : intégrer les technologies les plus avancées pour préparer les forces aux conflits de demain. Aux yeux du ministère, Mistral AI s’impose aujourd’hui comme l’un des champions mondiaux de l’IA générative, doté d’une équipe de recherche de tout premier plan. Peu importe, affirme-t-on, ses collaborations industrielles avec des acteurs étrangers comme NVIDIA : le cœur du dispositif reste sous contrôle français. C’est là l’argument central : garantir une maîtrise souveraine des technologies critiques. À travers cet accord-cadre, la France affirme une ligne claire : faire de son excellence en intelligence artificielle un pilier de sa souveraineté militaire. Une manière de réduire les dépendances technologiques, tout en transformant l’IA en levier stratégique durable pour la défense nationale.
La justice est-elle hostile à l’usage de l’IA ?
02:26|C’est une décision peu banale rendue par le tribunal administratif de Grenoble, qui éclaire d’un jour très concret les limites de l’intelligence artificielle face au droit. Le 3 décembre 2025, les juges ont rejeté le recours d’un habitant de Saint-Cergues, sanctionné pour dépôt sauvage d’un carton. Particularité de l’affaire : la requête avait été rédigée à l’aide d’un outil d’IA générative. Un choix qui n’a manifestement pas convaincu la juridiction.Retour en arrière. En mai 2025, cet habitant se rend aux conteneurs de tri de sa commune. Les bennes sont pleines. Faute de mieux, il pose son carton à côté. La mairie y voit un dépôt sauvage et lui inflige une amende de 500 euros. Plutôt que de consulter un avocat ou une association d’aide juridique, l’homme décide de contester la sanction avec un texte généré par intelligence artificielle. Mauvaise pioche. Les magistrats estiment que le document manque de clarté, empile des références jurisprudentielles « fantaisistes » et répète le même argument juridique sous plusieurs formulations. Verdict sans appel : l’outil utilisé est jugé « totalement inadapté » à cet usage.Que des juges mentionnent explicitement l’emploi d’une IA dans leur décision est rare. Mais le signal est clair. De plus en plus de citoyens tentent de s’appuyer sur ces outils pour rédiger des recours administratifs, souvent au prix d’erreurs grossières. Le message implicite du tribunal : on ne devient pas juriste à coups de prompts. À ces faiblesses de fond s’ajoutent des fautes de procédure. Le requérant demandait l’annulation d’une décision… sans joindre ladite décision à son dossier. Une lacune rédhibitoire. Le tribunal lui a pourtant laissé une chance, via une demande de régularisation envoyée en octobre par le téléservice Télérecours Citoyens. Aucune réponse dans les délais. Les juges ont finalement considéré qu’il contestait l’avis de paiement reçu en juin. Sur le fond, les arguments ne tiennent pas davantage. L’homme invoquait un vice de procédure, affirmant ne pas avoir eu le temps de se défendre. Problème : il avait refusé de retirer le courrier recommandé qui l’en informait. Quant à l’excuse des conteneurs saturés, elle n’a pas suffi à convaincre. Conclusion : l’amende de 500 euros est confirmée. Une affaire qui rappelle que, face au droit, l’IA peut aider à comprendre… mais pas remplacer une vraie défense.
La Nasa abandonne ses échantillons de Mars à la Chine ?
02:34|C’était l’un des paris scientifiques les plus ambitieux de l’exploration martienne. Avec le rover Perseverance, la NASA voulait accomplir une première historique : rapporter sur Terre des échantillons de sol martien pour les analyser avec les outils les plus sophistiqués dont disposent nos laboratoires. Objectif ultime : trancher, enfin, la question d’une vie passée sur Mars. Mais aujourd’hui, ce rêve se heurte brutalement à une réalité bien terrestre : celle des budgets.Le programme Mars Sample Return, censé récupérer les 35 tubes soigneusement collectés par Perseverance, est au bord de l’abandon. Le budget voté par la Chambre des représentants américaine, pourtant plus généreux que celui initialement envisagé par l’administration Trump, ne prévoit que 650 millions de dollars pour MSR. Une somme dérisoire face aux quelque 11 milliards estimés pour mener la mission à son terme. Le texte doit encore passer devant le Sénat, mais le signal est clair : l’argent ne suivra pas.Il faut dire que MSR est un casse-tête technologique. Un atterrisseur sur Mars, une fusée capable de décoller depuis la planète rouge — une première —, un rendez-vous orbital, puis une capsule de retour vers la Terre. Une chaîne d’opérations complexe, longue, coûteuse. L’administration Trump avait déjà qualifié le projet « d’inabordable ». L’Agence spatiale européenne, ESA, partenaire du programme, a reconnu ne pas pouvoir poursuivre seule. Dans les coulisses, le changement de cap est radical. Washington pousse désormais la NASA à se tourner vers des solutions commerciales, en sollicitant des acteurs privés comme SpaceX ou Blue Origin, dans l’espoir de réduire les coûts. Problème : sans financement massif supplémentaire, aucun industriel n’est prêt à relever le défi aujourd’hui. Résultat : les échantillons pourraient rester sur Mars pendant des décennies.Pendant ce temps, la Chine avance ses pions. Sa mission Tianwen-3, prévue pour la fin de la décennie, devient mécaniquement favorite pour réussir le premier retour d’échantillons martiens. Une stratégie plus simple, plus directe, déjà éprouvée sur la Lune. Si Pékin y parvient avant 2030, le coup sera rude pour les États-Unis : scientifique, symbolique et diplomatique. L’exploration spatiale redevient un terrain de rivalités, où l’audace ne suffit plus sans les moyens de la financer.