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Choses à Savoir TECH VERTE
L'Europe recule-t-elle sur le tout-électrique ?
En 2035, les constructeurs automobiles européens devaient pratiquement tourner la page des voitures neuves à essence et diesel. Mais cette échéance, présentée comme un tournant historique pour l'industrie, fait désormais l'objet de nouvelles négociations. Et un compromis défendu au Parlement européen pourrait finalement permettre de commercialiser des véhicules thermiques et hybrides au-delà de cette date. Le 20 octobre, les représentants de trois grandes familles politiques européennes, les conservateurs, les sociaux-démocrates et les libéraux, ont négocié un accord pour assouplir les objectifs de réduction du CO₂ imposés aux constructeurs automobiles.
Jusqu'ici, la réglementation prévoit une baisse de 100 % des émissions moyennes des voitures neuves à partir de 2035, par rapport à 2021. La Commission européenne avait déjà proposé de ramener cette exigence à 90 %, moyennant des compensations environnementales. Le nouveau compromis parlementaire va plus loin. Il prévoit une réduction de 95 %, avec des crédits accordés aux constructeurs qui utilisent de l'acier bas carbone fabriqué en Europe. En tenant compte de ce mécanisme, l'effort demandé sur les émissions des véhicules pourrait descendre jusqu'à 87,5 %.
Concrètement, les constructeurs pourraient conserver une partie de leurs modèles thermiques et hybrides dans leur catalogue. Mais il ne s'agit pas d'un quota fixe de voitures essence ou diesel : les objectifs portent sur les émissions moyennes de l'ensemble des véhicules neufs vendus par chaque constructeur. Cette négociation reflète les difficultés de l'industrie automobile européenne. Les fabricants doivent financer leur transition vers l'électrique, alors que la concurrence chinoise se renforce et que certains marchés progressent moins rapidement que prévu.
La France et l'Allemagne défendent elles aussi davantage de souplesse, avec toutefois des priorités différentes. Berlin souhaite préserver des possibilités pour les motorisations thermiques et hybrides. Paris insiste particulièrement sur la fabrication européenne des véhicules et de leurs composants, afin que les aides publiques soutiennent aussi l'industrie locale. Le compromis a franchi une étape le 22 octobre, avec son adoption dans les commissions parlementaires des Transports et de l'Industrie. Mais la discussion reste ouverte : d'autres étapes parlementaires sont nécessaires, puis un accord devra être trouvé avec les États membres.
Pour les automobilistes français, aucune interdiction nouvelle ni autorisation supplémentaire ne découle donc de ces négociations. Et les voitures thermiques déjà en circulation ne sont pas concernées par l'objectif européen de 2035, qui vise les ventes de véhicules neufs. Le problème concerne surtout les industriels. Concevoir une nouvelle génération de véhicules nécessite des années d'investissement, depuis les batteries jusqu'aux chaînes de production. Or les constructeurs doivent prendre ces décisions aujourd'hui, alors que les règles applicables dans moins de dix ans font encore débat.
Source : Reuters
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L'IA va-t-elle relancer le nucléaire ?
02:33|Aux États-Unis, une centrale nucléaire fermée depuis quatre ans s'apprête à reprendre du service. Son démantèlement avait même commencé. Et ce retour inattendu s'explique en partie par les besoins électriques de l'intelligence artificielle, qui pousse désormais les géants de la technologie à investir dans des infrastructures énergétiques longtemps considérées comme dépassées.Trois réacteurs américains sont concernés par des projets de redémarrage, soutenus par des prêts fédéraux pouvant atteindre 4,4 milliards de dollars. Ensemble, ils représentent une puissance de 2 250 mégawatts, soit approximativement l'équivalent de deux réacteurs nucléaires français classiques. Le premier se trouve à Palisades, dans le Michigan. Arrêté en 2022 pour des raisons économiques, il fait aujourd'hui l'objet d'importants travaux de remise en état. Son exploitant espère reprendre la production en mars 2027, sous réserve des autorisations nécessaires. Le deuxième est situé sur le site de Three Mile Island, en Pennsylvanie. Il s'agit du réacteur numéro un, fermé en 2019, et non de celui qui avait subi un grave accident nucléaire en 1979. Rebaptisé Crane, il devrait produire de l'électricité à partir de 2027, notamment dans le cadre d'un contrat de vingt ans signé avec Microsoft. Enfin, dans l'Iowa, la centrale de Duane Arnold pourrait redémarrer en 2029. Google s'est engagé à acheter sa production pour accompagner le développement de ses infrastructures numériques.Pourquoi cet intérêt soudain ? Parce que les centres de données qui entraînent et exploitent les modèles d'intelligence artificielle consomment énormément d'électricité. Leurs serveurs fonctionnent jour et nuit, et leurs systèmes de refroidissement exigent eux aussi beaucoup d'énergie. Le nucléaire offre une production importante, relativement stable et peu émettrice de CO₂. Mais construire une centrale neuve prend généralement de nombreuses années. Redémarrer des installations existantes pourrait donc permettre de répondre plus rapidement à la demande.Encore faut-il que ces réacteurs obtiennent toutes les autorisations de sûreté. Réparer des équipements anciens, remplacer certains composants et remettre en service des installations parfois partiellement démantelées représentent des opérations complexes. Aucun des trois redémarrages n'est encore acquis. Ces projets soulèvent également une question économique : faut-il mobiliser plusieurs milliards de dollars de financements publics pour répondre à une demande portée notamment par des entreprises technologiques parmi les plus riches du monde ?Source : APNews
Le magnétisme va-t-il révolutionner nos ordinateurs ?
02:56|Dans les laboratoires de physique, les chercheurs s'intéressent à une propriété des électrons qui pourrait permettre de fabriquer des composants informatiques plus rapides et moins énergivores. Et pour l'exploiter, ils viennent d'identifier un matériau aux propriétés magnétiques particulièrement intéressantes. Cette découverte provient notamment de l'université de Floride centrale, aux États-Unis. Une équipe dirigée par le physicien Madhab Neupane a mis en évidence un phénomène appelé altermagnétisme, dans un cristal composé de cobalt, de tantale et de sélénium. Les résultats ont été publiés en août 2026 dans la revue scientifique Nature Communications.Pour comprendre l'intérêt de cette découverte, il faut d'abord parler du fonctionnement de nos ordinateurs. Aujourd'hui, les processeurs manipulent essentiellement des charges électriques. Des milliards de transistors contrôlent le passage du courant pour effectuer des calculs et traiter l'information. Mais cette activité consomme de l'énergie et produit de la chaleur, deux contraintes majeures lorsqu'on cherche à augmenter la puissance des machines. Les physiciens explorent donc une autre propriété de l'électron : son spin. On peut l'imaginer comme une minuscule orientation magnétique, susceptible de représenter ou de transporter de l'information. Cette approche porte un nom : la spintronique.Le problème vient des matériaux utilisés. Les aimants classiques produisent des champs magnétiques qui peuvent perturber les composants voisins. D'autres matériaux possèdent des orientations magnétiques opposées qui se compensent, mais ils n'offrent pas toujours les propriétés électroniques nécessaires. L'altermagnétisme présente une combinaison intéressante : les effets magnétiques se compensent à l'échelle du matériau, tandis que certains électrons conservent des caractéristiques de spin exploitables. Les chercheurs américains ont justement détecté cette signature dans un cristal formé de couches très fines. En analysant les électrons émis par sa surface sous l'effet de la lumière, ils ont observé un comportement conforme aux calculs théoriques. Cette structure feuilletée constitue un avantage supplémentaire, puisqu'elle pourrait permettre de modifier et d'étudier plus facilement les propriétés du matériau.Il reste cependant un obstacle important. L'ordre magnétique observé disparaît au-delà d'environ moins 95 degrés Celsius. Il faudra donc trouver des matériaux présentant des propriétés comparables à température ambiante avant d'envisager des applications courantes. Et aucune puce informatique utilisant cette découverte n'a encore été présentée. L'intérêt de ces travaux réside surtout dans les possibilités de recherche qu'ils ouvrent : mieux comprendre comment contrôler le spin des électrons, puis éventuellement exploiter cette propriété dans de nouvelles mémoires ou de nouveaux circuits.Source : Eurekalert
Qui profite de la pollution en Albanie ?
02:41|Dans une ville d'Albanie, une petite fille de huit ans raconte que tous les enfants de sa classe toussent. Sa mère explique que lorsqu'ils se mouchent, leurs mouchoirs deviennent noirs. À quelques kilomètres de là, une ancienne enseignante montre les radiographies de ses poumons abîmés. Bienvenue à Elbasan, une ville industrielle où la pollution est devenue une réalité quotidienne.En octobre 2026, une enquête de l'Agence France-Presse révèle comment les problèmes environnementaux de cette région s'entremêlent avec un vaste système de corruption, impliquant des responsables publics, des entrepreneurs et des sociétés établies à l'étranger. L'été dernier, des incendies dans un complexe industriel ont conduit les inspecteurs à découvrir 318 tonnes de poussières toxiques entreposées sans dispositif contractuel garantissant leur élimination sécurisée. Dans cette région marquée par l'industrie métallurgique, les déchets peuvent contenir du chrome, du nickel et du zinc. Ils menacent non seulement l'air, mais aussi les cours d'eau utilisés pour irriguer les cultures.Pourtant, mesurer précisément l'ampleur du problème relève presque de l'impossible. Des équipements de surveillance de la qualité de l'air, financés notamment grâce à une aide européenne de 400 000 euros, sont restés hors service faute d'entretien. Sans mesures régulières, les habitants disposent de peu de données pour connaître leur exposition réelle. Et l'affaire prend une autre dimension lorsqu'on examine les investissements destinés à traiter les déchets. À partir de 2017, près de 150 millions d'euros de fonds publics ont été engagés dans trois projets d'incinérateurs. Celui d'Elbasan n'a pratiquement pas fonctionné. Celui de Fier n'a jamais été opérationnel. Quant à celui de Tirana, évalué à environ 100 millions d'euros, il n'a tout simplement jamais été construit.Les enquêtes judiciaires ont mis au jour des circuits financiers complexes, des sociétés-écrans et des soupçons de blanchiment. Un ancien ministre de l'Environnement a été emprisonné pour corruption. D'autres protagonistes sont poursuivis, tandis que certains contestent les accusations portées contre eux. L'affaire dépasse les frontières albanaises. Le pays souhaite rejoindre l'Union européenne, qui exige des progrès en matière de protection environnementale et de lutte contre la corruption. Mais les conséquences se font déjà sentir dans les quartiers voisins des usines. Les particules fines inhalées pendant des années augmentent les risques de maladies respiratoires, même si l'absence de données locales empêche de mesurer précisément les dommages sanitaires.Source : AFP
Un robot transforme le sol en batterie ?
02:46|Des chercheurs de l’université Fudan, à Shanghai, ont fabriqué un microrobot capable de produire de l’électricité en marchant sur certains métaux. Le sol ne devient pas réellement une batterie : il fournit l’un des réactifs d’une minuscule cellule électrochimique installée sous les pieds de la machine.Le problème visé est celui des robots miniatures. Lorsque leur taille diminue, celle de leur batterie doit suivre, mais l’emballage, les connexions et les matériaux nécessaires occupent alors une proportion croissante du volume disponible. Les chercheurs calculent ainsi qu’un robot de 1,7 gramme alimenté par une batterie classique ne fonctionnerait que quelques minutes ; viser deux heures imposerait une batterie totalement irréaliste à cette échelle. L’équipe chinoise a donc déplacé une partie de la source d’énergie vers l’environnement. Sous le pied du robot se trouve une membrane de polyacrylate de potassium associée à une couche de platine et de carbone. Lorsqu’elle touche une surface réactive comme du zinc ou de l’aluminium, le métal libère des électrons tandis que l’oxygène et l’humidité de l’air participent à la réaction électrochimique. Le contact suffit alors à produire du courant.Sur du zinc, le dispositif atteint jusqu’à 133 milliwatts par centimètre carré, et 103 sur de l’aluminium. L’étude publiée dans National Science Review rapporte plus de 10 000 pas alimentés par cette méthode. La membrane joue également le rôle de capteur : le signal change selon le matériau et sa rugosité, ce qui pourrait permettre au robot de reconnaître les surfaces les plus intéressantes pour continuer à s’alimenter. Cette autonomie n’est cependant pas gratuite. Le procédé ne fonctionne pas sur n’importe quel sol et, surtout, le métal utilisé comme support est chimiquement consommé : il joue en quelque sorte le rôle de l’électrode sacrifiée d’une pile. Pour franchir une zone qui ne fournit aucune énergie, comme du verre ou du plastique, les chercheurs ont donc associé au système un petit supercondensateur. Le titre d’un robot qui « transforme le sol en batterie » masque finalement une idée plus intéressante : ne plus obliger une machine miniature à transporter toute son énergie.Source : National Science Review
Des panneaux solaires fonctionnent 10m sous l'eau ?
02:30|Des chercheurs ont réussi à charger une batterie avec des cellules solaires placées à dix mètres sous la mer de Chine méridionale. Leur secret consiste à fabriquer une cellule qui ne cherche plus à capter toute la lumière du Soleil, mais uniquement les couleurs qui réussissent encore à traverser l’eau.Sous la surface, la lumière change très vite. L’eau absorbe fortement le rouge et l’infrarouge ; à plusieurs mètres de profondeur subsistent surtout des longueurs d’onde bleues et vertes. Un panneau classique en silicium n’est donc pas optimisé pour ce spectre. Des chercheurs principalement basés à l’université du Yunnan ont développé une cellule en pérovskite dont la composition est ajustée pour ces photons. Sa bande interdite, qui détermine notamment les couleurs de lumière utilisables par le matériau, atteint environ 1,96 électronvolt.En laboratoire, sous un éclairage reproduisant celui qui subsiste à dix mètres, la cellule a atteint un rendement de 34,71 %. Attention à ce chiffre spectaculaire : cela ne signifie pas qu’elle transforme 34,71 % de toute l’énergie solaire tombant à la surface de l’océan. Le calcul porte uniquement sur la lumière, beaucoup plus faible, qui atteint effectivement la cellule après avoir été filtrée par l’eau. L’équipe est ensuite sortie du laboratoire. Près de l’île de Weizhou, des modules installés sur un petit robot sous-marin ont fonctionné à deux, six puis dix mètres de profondeur. À dix mètres, ils ont produit 324 milliwattheures en deux heures, assez pour démontrer la recharge de petites batteries lithium-ion.Les chercheurs estiment également, à partir d’essais accélérés de vieillissement, que leurs cellules pourraient conserver 80 % de leurs performances pendant environ cinq ans et demi. Ce n’est donc pas encore une durée de vie observée pendant cinq ans en mer. Autre limite : les cellules utilisent une pérovskite contenant du plomb. Elles sont encapsulées et les premiers tests n’ont montré qu’une fuite négligeable, mais la sécurité environnementale à long terme devra être démontrée avant une utilisation massive.Source : https://cen.acs.org/energy/solar-power/perovskite-solar-cells-underwater-submerged/104/web/2026/09?sc=230901_cenrssfeed_eng_Energyrss_cen
Une éolienne de 365 m de haut en Allemagne ?
02:10|L’éolienne la plus haute du monde, selon son constructeur, ne possède pas un rotor géant ni une puissance record. Sa particularité est ailleurs : son moyeu est installé à 300 mètres du sol pour aller chercher un vent plus fort et surtout plus régulier.Le prototype se trouve à Schipkau, dans le Brandebourg, au cœur d’une ancienne région minière de lignite. Construit par l’entreprise allemande GICON avec le soutien de l’agence fédérale d’innovation SPRIND, il atteint 365 mètres lorsque l’une de ses pales est à la verticale. C’est davantage que la tour Eiffel avec son antenne, et seulement trois mètres de moins que la tour de télévision de Berlin. Pourtant, la turbine installée au sommet n’affiche que 3,8 mégawatts, une puissance assez ordinaire pour une éolienne terrestre moderne. Le pari repose entièrement sur l’altitude. Plus on monte, plus le vent tend à devenir rapide et régulier. GICON estime qu’à diamètre de rotor identique, sa machine pourrait produire environ deux fois plus d’électricité qu’une éolienne conventionnelle installée beaucoup plus bas. Ce chiffre reste pour l’instant une projection du constructeur : le prototype doit être officiellement mis en service en novembre et ses performances réelles devront encore être mesurées. La construction elle-même est particulière. La tour comporte une large structure extérieure en treillis et une partie intérieure télescopique. Une fois la turbine et ses pales montées, ce mât intérieur a été hissé par câbles jusqu’à placer le moyeu à 300 mètres, évitant d’avoir à utiliser une grue capable de travailler directement à cette altitude.GICON imagine désormais installer ce type de machines au milieu de parcs déjà existants, au-dessus des éoliennes conventionnelles. L’entreprise évoque jusqu’à 4 000 unités potentielles en Allemagne, tandis que de futures versions dépasseraient sept mégawatts. Ce sont encore des ambitions industrielles, pas des projets acquis.Source : Renewablesnow
Toyota veut rendre le moteur thermique écolo avec de l'essence renouvelable ?
02:28|Toyota veut que certaines voitures thermiques puissent encore être considérées comme « zéro émission » en Europe après 2035, à condition qu’elles ne fonctionnent qu’avec des carburants renouvelables. Une proposition qui change moins le moteur que la manière de compter son carbone. Le constructeur appelle cette catégorie VEEF, pour « véhicules fonctionnant exclusivement avec des carburants éligibles ». Il demande à Bruxelles de reconnaître ces voitures dans la réglementation européenne au même titre que des véhicules zéro émission, si elles utilisent uniquement des biocarburants ou carburants de synthèse répondant aux critères européens de durabilité.Un essai grandeur nature a déjà commencé en Espagne. Depuis juillet, Toyota, BMW, Bosch et Repsol font rouler une vingtaine de véhicules de série avec Nexa 95, une essence produite à partir de matières premières renouvelables. Les moteurs et les stations-service n’ont pas besoin d’être modifiés. Bosch vérifie numériquement que les voitures participantes utilisent bien le carburant prévu. Mais « renouvelable » ne signifie pas « sans CO₂ à l’échappement ». Lorsqu’elle brûle, cette essence libère toujours du carbone. L’intérêt climatique se calcule sur l’ensemble de son cycle de vie : le carbone absorbé ou récupéré en amont doit compenser une partie de celui rejeté ensuite. Repsol revendique une réduction nette supérieure à 70 % par rapport à l’essence fossile, un chiffre qui dépend notamment des matières premières et de l’énergie utilisée pour fabriquer le carburant.C’est précisément là que se trouve le débat réglementaire. La législation européenne actuellement en vigueur impose encore une réduction de 100 % des émissions moyennes des voitures neuves en 2035. Mais la Commission a déjà proposé de ramener cet objectif à 90 %, avec des mécanismes de compensation faisant notamment intervenir biocarburants et e-fuels. Ce texte n’est pas encore définitivement adopté. Toyota veut aller plus loin en donnant aux VEEF un statut spécifique. La limite sera probablement celle des ressources. L’Agence internationale de l’énergie rappelle que les déchets, résidus et autres matières premières réellement durables disponibles pour les biocarburants sont limités et déjà convoités par l’aviation, le transport maritime et l’industrie.Source : Clubic
Les politiques soutiennent le plastique plutôt que le recyclage ?
02:32|Sur les emballages, les industriels les plus spécialisés dans le lobbying auraient dépensé près de soixante fois plus que les associations environnementales en 2025. Le chiffre vient d’une enquête de Zero Waste France fondée sur les déclarations officielles des représentants d’intérêts.L’association, avec Ecolobby, a passé six mois à examiner le registre de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Elle y a identifié 125 organisations déclarant des actions d’influence en lien avec les emballages. La comparaison la plus précise concerne les acteurs qui consacrent plus de la moitié de leur activité de lobbying à ce sujet. Ils sont 34 : 32 entreprises ou organisations industrielles, et seulement deux associations environnementales, Zero Waste France et Surfrider.Les premiers déclarent environ 2,5 millions d’euros de dépenses annuelles. Les deux associations, 43 000 euros. Un rapport de près de 58 pour un. Si l’on élargit à tous les acteurs ayant mentionné les emballages parmi leurs sujets d’influence, les budgets globaux atteignent 24,3 millions d’euros du côté industriel contre 1,3 million pour les ONG. Mais cette deuxième comparaison doit être maniée avec prudence : tout cet argent n’est pas nécessairement consacré aux emballages.Le lobbying n’est d’ailleurs ni interdit ni, en soi, anormal. Entreprises, associations et syndicats ont le droit de défendre leurs intérêts auprès des pouvoirs publics. Le problème soulevé par Zero Waste France est l’asymétrie des moyens au moment où la France peine à réduire ses emballages jetables : plus de 110 milliards d’emballages ménagers à usage unique seraient encore mis sur le marché chaque année. L’association étudie notamment la suppression ou la modification de plusieurs mesures concernant la fiscalité, le réemploi ou les interdictions de certains emballages. Elle attribue une partie de ces reculs à l’action des industriels. Cette causalité reste cependant difficile à démontrer avec les seules déclarations de la HATVP. Elles permettent de savoir qui intervient, sur quels textes et avec quels moyens ; elles ne prouvent pas qu’un amendement ou qu’un arbitrage gouvernemental résulte exclusivement de ce lobbying.Source : Zero Waste France