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Choses à Savoir TECH VERTE

Les « polluants éternels » pourraient finalement être détruits ?

PFAS, microplastiques, pesticides : face aux pollutions diffuses, les gestes individuels montrent rapidement leurs limites. Filtrer son eau ou changer certains ustensiles peut réduire l’exposition personnelle, mais les « polluants éternels », eux, exigent surtout des réponses collectives. En Allemagne, des chercheurs du Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf travaillent justement sur deux procédés capables de détruire les PFAS directement dans les eaux contaminées.


Le défi est considérable. Ces substances sont extrêmement persistantes parce qu’elles contiennent des liaisons entre carbone et fluor particulièrement difficiles à casser. Première piste : la cavitation hydrodynamique, étudiée par l’équipe depuis 2022. Le principe consiste à faire circuler l’eau polluée dans un passage très étroit. La chute de pression provoque alors la formation de petites bulles de vapeur. Les PFAS à longue chaîne, qui possèdent des propriétés de tensioactifs, viennent s’y fixer. Lorsque la pression remonte, ces bulles implosent brutalement. Les molécules sont alors exposées localement à des températures pouvant atteindre plusieurs milliers de degrés. Le phénomène produit également des radicaux hydroxyles, des espèces chimiques extrêmement réactives susceptibles d’accélérer la destruction des PFAS et de leurs produits intermédiaires. Des essais menés avec du PFOS, l’un des PFAS les plus connus, ont permis de dégrader environ 37 % des molécules présentes, avec un taux stable. L’objectif est désormais de dépasser 80 %.


La seconde méthode utilise du plasma froid associé à une injection de gaz. Les PFAS s’accrochent aux bulles, remontent vers la surface de l’eau et y rencontrent le plasma, qui les décompose. Cette technique a permis d’éliminer presque totalement les PFAS, qu’ils soient à chaîne longue ou courte. Elle est plus rapide que la cavitation, mais consomme davantage d’énergie et produit de nombreux composés intermédiaires. Les chercheurs vérifient encore leur innocuité.

La prochaine étape consiste donc à combiner les deux approches : profiter de l’efficacité chimique du plasma tout en utilisant les effets de la cavitation. Reste un obstacle majeur : changer d’échelle. Les expériences ont jusqu’ici porté sur seulement 50 millilitres d’eau. Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette réussite de laboratoire en procédé capable de traiter les volumes d’une station d’épuration.

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  • Record de production d’énergie solaire en France ?

    02:18|
    Le solaire français continue de battre des records. Le parc photovoltaïque national atteint désormais 33 gigawatts de puissance installée et prend une place croissante dans le mix électrique, notamment lors des journées très ensoleillées.Le 1er août, la France a ainsi produit 172 gigawattheures d’électricité solaire, selon AleaSoft Energy Forecasting. Un nouveau record journalier pour un mois d’août, également observé dans plusieurs pays européens. Pourtant, cette abondance d’électricité photovoltaïque n’a pas empêché les prix de gros de s’envoler. Entre la fin juillet et le début août, les prix moyens hebdomadaires ont dépassé 100 euros par mégawattheure sur plusieurs marchés européens, dont la France. À titre de comparaison, la moyenne observée depuis le début de l’année sur EPEX Spot tourne autour de 66 euros. Comment expliquer ce paradoxe ? D’abord par une production éolienne plus faible. Mais surtout par une hausse de la demande électrique liée aux fortes chaleurs et à l’utilisation massive des climatiseurs.La France sort en effet d’un mois de juillet caniculaire, devenu le plus chaud jamais enregistré dans le pays, avec une température moyenne nationale de 24,9 degrés. Et une nouvelle vague de chaleur est attendue à partir du 11 août. Clément Metayer, spécialiste du marché de l’énergie, a étudié la période comprise entre le 1er juin et le 14 juillet 2026. Son constat : plus la température moyenne augmentait, plus la consommation d’électricité progressait, et plus les prix spot montaient également. Cela ne signifie pas que la chaleur explique à elle seule les variations de prix, mais la corrélation est jugée significative.Pour la majorité des particuliers, cette volatilité reste invisible grâce aux tarifs fixes. Depuis le 1er août, le kilowattheure en option Base est facturé 0,2001 euro TTC. Les consommateurs ayant choisi une offre à tarification dynamique sont davantage exposés. Leur facture évolue en fonction des cours du marché. Et les périodes à prix négatifs, souvent mises en avant pour promouvoir ces offres, ont été plus rares en juin et juillet. Une conséquence du meilleur pilotage des renouvelables, mais aussi d’une demande plus forte. Le solaire produit donc toujours davantage. Mais quand la chaleur fait exploser la consommation, même des records photovoltaïques ne suffisent pas forcément à faire baisser les prix.
  • Urba-Clim affiche les ilots de chaleur en temps réel ?

    02:28|
    À Rennes, la lutte contre la chaleur passe désormais aussi par la cartographie. La métropole teste Urba-Clim, un outil capable de suivre presque en temps réel l’évolution des îlots de chaleur urbains, ces zones où la température reste nettement plus élevée qu’en périphérie. En juin 2026, Rennes a battu son record absolu avec 41,4 degrés en centre-ville. La ville a connu 28 journées au-dessus de 30 degrés et 14 nuits tropicales, durant lesquelles la température n’est pas descendue sous les 20 degrés. Dans la nuit du 24 au 25 mai, le centre affichait même 22,4 degrés contre 16,4 dans une zone rurale voisine, soit plus de six degrés d’écart. Ce phénomène s’explique notamment par le béton, le bitume et les façades, qui accumulent la chaleur pendant la journée avant de la restituer la nuit. La végétation, elle, rafraîchit l’air grâce à l’évaporation de l’eau contenue dans les plantes. Quand elle manque, la ville refroidit beaucoup moins efficacement.Urba-Clim a été développé par le laboratoire LETG du CNRS et de l’université Rennes 2, avec l’entreprise Alkante, Rennes Métropole et l’université de l’État de São Paulo. L’outil combine mesures au sol et observations satellitaires. À Rennes, quarante stations météorologiques et 185 capteurs installés sur des mâts d’éclairage mesurent température et humidité toutes les quinze minutes. Ils communiquent grâce au LoRaWAN, une technologie radio peu énergivore adaptée aux transmissions sur de longues distances. Ces données sont croisées avec les images des satellites Landsat 8 et 9 et Sentinel-2. L’espace permet d’observer la température des surfaces, tandis que les capteurs mesurent celle de l’air réellement respiré par les habitants. Ensemble, ils offrent une cartographie beaucoup plus fine, presque rue par rue.Rennes utilise déjà ces informations pour guider son plan de végétalisation. La ville prévoit notamment 500 nouveaux arbres dans le centre d’ici 2030, dans le cadre d’un objectif de 30 000 arbres sur l’ensemble du territoire. Testé également au Brésil, Urba-Clim pourrait être adopté par d’autres villes. De futures versions doivent intégrer des prévisions météo et des indicateurs sanitaires, tandis que le satellite franco-indien Trishna devrait encore améliorer la fréquence des observations.
  • Le cuivre, LA clé pour économiser l’énergie des data centers ?

    02:34|
    Refroidir les serveurs représente aujourd’hui près de 30 % de l’électricité consommée par les centres de données. Des chercheurs américains et japonais pensent pouvoir réduire drastiquement cette facture grâce à un élément relativement simple : une plaque de refroidissement en cuivre pur. Leurs travaux, publiés dans Cell Reports Physical Science, remplacent les plaques en aluminium installées sur les puces par du cuivre, dont la conductivité thermique peut atteindre 400 watts par mètre-kelvin. Autrement dit, ce métal évacue particulièrement bien la chaleur. Selon les calculs de l’équipe, la part d’électricité consacrée au refroidissement pourrait ainsi tomber à seulement 1,1 % dans les data centers équipés de cette technologie.Behnood Bazmi, doctorant à l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, et ses collègues ont fabriqué leur prototype par dépôt électrochimique. Le cuivre est déposé progressivement à partir d’un bain contenant des ions métalliques, sans passer par une fusion classique. Un algorithme d’optimisation topologique a également déterminé la forme idéale des ailettes permettant au liquide de refroidissement d’emporter la chaleur.Les résultats sont prometteurs. À débit de liquide identique, la résistance thermique de cette nouvelle plaque est inférieure de 32 % à celle d’un modèle classique à ailettes carrées. Lors d’un second test, avec une température de puce identique, la pompe chargée de faire circuler le liquide a consommé 68 % d’électricité en moins. Quelques réserves subsistent. Le prototype ne mesure que 20 millimètres sur 20, bien moins qu’une véritable puce de centre de données. Et six auteurs de l’étude travaillent chez Fabric8Labs, l’entreprise qui commercialise précisément le procédé utilisé pour fabriquer ces plaques.Reste aussi le prix du cuivre. La tonne est passée d’environ 9 769 dollars en juillet 2025 à plus de 14 000 dollars aujourd’hui, après un record à 14 806 dollars en mai. Difficultés minières, forte demande et politique douanière américaine entretiennent cette hausse. Le cuivre raffiné échappe encore aux droits américains de 50 %, mais une taxe de 15 % inquiète déjà les industriels. Or ce métal est aussi indispensable aux câbles, satellites, panneaux solaires et produits électroniques. Cette innovation pourrait donc réduire fortement la consommation énergétique des data centers, à condition que son matériau principal ne devienne pas, lui-même, une ressource trop coûteuse.
  • Une BMW solaire produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme ?

    02:33|
    La voiture solaire fait rêver depuis longtemps, mais les tentatives commerciales se sont souvent soldées par des échecs. Lightyear, aux Pays-Bas, promettait une berline capable de parcourir 700 kilomètres grâce notamment à cinq mètres carrés de panneaux solaires. L’entreprise a fait faillite avant sa diffusion à grande échelle. Sono Motors a abandonné sa Sion, tandis qu’Aptera a déjà connu une liquidation avant de renaître.BMW a choisi une autre voie. En 2024, le constructeur a confié à des étudiants de troisième cycle le développement d’un prototype, sans objectif commercial immédiat. Deux ans plus tard, leur Deep Orange 17, surnommée Luminetta, roule réellement. Sa particularité : presque toute sa carrosserie produit de l’électricité. Plus de 1 700 cellules photovoltaïques, développées avec l’institut allemand Fraunhofer ISE, recouvrent le toit, le capot et les flancs. Sa silhouette, inspirée du poisson-coffre, vise surtout à maximiser la surface exposée au soleil. Les panneaux fonctionnent à l’arrêt comme en circulation et continuent à produire, plus modestement, à l’ombre.La Luminetta ne pèse qu’environ 550 kilos grâce à l’emploi d’acier, d’aluminium, de fibre de carbone et de pièces métalliques imprimées en 3D. Cette légèreté lui permet de récupérer jusqu’à 50 kilomètres d’autonomie solaire par jour. Le prototype a été pensé autour d’un trajet quotidien d’environ vingt kilomètres. Freinage régénératif et gestion optimisée du couple complètent l’ensemble. L’expérience rejoint les conclusions du programme européen SolarMoves. Après avoir étudié 23 catégories de véhicules et plus de 1,3 million de kilomètres, ses chercheurs estiment qu’une voiture équipée de photovoltaïque intégré pourrait couvrir jusqu’à 55 % de ses besoins énergétiques annuels en Europe centrale, et jusqu’à 80 % dans le Sud.Si tous les véhicules neufs vendus entre 2024 et 2030 adoptaient cette technologie, la demande électrique européenne pourrait diminuer de 15,6 térawattheures en 2030. Mais une constante demeure : le solaire embarqué fonctionne surtout avec des véhicules légers et sobres. Il ne remplacera donc pas la recharge sur borne. Il peut simplement réduire les kilomètres à reprendre sur le réseau, à condition d’accepter que l’efficacité dicte davantage la forme de la voiture.
  • Un droit de polluer illimité pour les fusées américaines ?

    02:31|
    Aux États-Unis, l’accélération du trafic spatial commence à bousculer les règles environnementales. Aujourd’hui, avant d’autoriser un site de lancement, un décollage ou une rentrée atmosphérique, la FAA, le régulateur américain de l’aviation, doit réaliser une étude d’impact. Celle-ci examine notamment le bruit, les conséquences sur la faune et les solutions alternatives. Une procédure qui peut durer plus d’un an. Or, l’agence doit faire face à une hausse spectaculaire de l’activité. Quelque 214 lancements et rentrées sont prévus cette année. Ce nombre pourrait dépasser 500 par an d’ici une décennie. Pour réduire les délais, l’administration Trump souhaite donc permettre à la FAA de lever certaines obligations environnementales.Présenté le mardi 28 juillet par le département des Transports, le projet autoriserait l’agence à valider certains sites, tirs ou retours sur Terre sans passer par les examens habituels. La mesure doit encore être soumise à consultation publique. Pour le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, l’objectif est de stimuler le spatial commercial et de renforcer la compétitivité des États-Unis. Cette orientation prolonge un décret signé l’année précédente par Donald Trump afin d’alléger les contraintes du secteur. Elle rejoint aussi la réforme de la FCC facilitant l’attribution des licences satellitaires, notamment pour les mégaconstellations et les futurs centres de données en orbite. SpaceX, Blue Origin, Rocket Lab ou Stoke Space pourraient être parmi les premiers bénéficiaires. Mais Starbase, le complexe de SpaceX au Texas, illustre les risques d’un tel assouplissement. Le site se trouve dans une zone humide fragile du golfe du Mexique, fréquentée par des oiseaux migrateurs et des tortues marines. Le bruit des moteurs peut atteindre 150 décibels. SpaceX a déjà été sanctionnée pour la pollution de cours d’eau voisins, tandis qu’un essai a provoqué un incendie de 1,4 hectare dans un parc national.L’entreprise cherche pourtant à récupérer de nouvelles terres protégées. Des associations environnementales et autochtones contestent l’opération en justice, malgré le soutien du gouvernement fédéral. La dynamique dépasse SpaceX. Rocket Lab vient, par exemple, de signer un accord avec l’US Space Force pour construire un pas de tir en Alaska. En accélérant les autorisations, Washington espère gagner la course spatiale. Mais sans contrôles solides, cette vitesse pourrait se payer par des dommages durables sur les écosystèmes.
  • Les ordinateurs quantiques, pierre angulaire de la fusion nucléaire ?

    02:39|
    La fusion nucléaire contrôlée promet depuis des décennies une énergie abondante et peu carbonée. Ses progrès peuvent sembler lents, mais les obstacles scientifiques et industriels sont immenses. Certains spécialistes estiment même que les performances obtenues ont progressé à un rythme comparable à la loi de Moore, qui décrit l’augmentation régulière de la puissance des microprocesseurs.Le principal retard concerne aujourd’hui ITER, le réacteur expérimental construit dans le sud de la France. Son chantier ne peut être accéléré sans risquer d’introduire de nouvelles difficultés, et aucun projet alternatif ne semble encore capable de le concurrencer sérieusement. ITER ne produira d’ailleurs pas d’électricité : il doit seulement démontrer qu’une réaction de fusion peut être entretenue. Une décarbonation massive grâce à cette technologie paraît donc improbable avant les années 2050. D’ici là, d’autres solutions restent indispensables face au réchauffement climatique.L’un des problèmes majeurs concerne le combustible. La réaction envisagée associe du deutérium, abondant dans les océans, et du tritium, un élément radioactif instable qui n’existe pratiquement pas à l’état naturel. Il faut actuellement le produire en petites quantités dans des réacteurs nucléaires à fission. Mais la fusion deutérium-tritium libère des neutrons très énergétiques. En frappant du lithium placé dans les parois du réacteur, ceux-ci peuvent produire du nouveau tritium. Une faible quantité initiale suffirait donc théoriquement à démarrer la réaction, avant que le réacteur ne fabrique progressivement son propre combustible.Encore faut-il concevoir une couverture contenant du lithium capable de résister à la chaleur, aux champs magnétiques et au bombardement neutronique. Pour étudier ces matériaux, des chercheurs américains ont combiné supercalculateurs classiques, intelligence artificielle et processeurs quantiques. Ils ont ainsi simulé neuf configurations moléculaires du FLiBe, un sel fondu composé de fluor, de lithium et de béryllium. Cette méthode leur a permis d’étudier sa structure électronique, sa stabilité et sa capacité à capturer le tritium.Cette preuve de principe ne résout pas encore l’approvisionnement en combustible d’ITER. Elle montre néanmoins que le calcul quantique pourrait accélérer la conception des futures couvertures tritigènes. Les prochaines étapes consisteront à simuler des molécules plus complexes et à transformer cette méthode en outil utilisable par les ingénieurs de la fusion.
  • Un gel qui fabrique de l’eau grâce au soleil ?

    02:25|
    Même dans les régions les plus sèches, l’air contient toujours une petite quantité de vapeur d’eau. Depuis plusieurs années, des chercheurs tentent de récupérer cette humidité de manière simple, économique et suffisamment efficace pour fournir de l’eau potable. Une équipe vient de franchir une nouvelle étape grâce à un gel fonctionnant uniquement avec l’énergie du soleil.Ce matériau, appelé hydrogel, agit comme une véritable éponge chimique. Lorsque l’air est plus frais, notamment pendant la nuit ou au petit matin, il absorbe les molécules d’eau présentes dans l’atmosphère. Cette capacité repose sur l’intégration de sels dits hygroscopiques, c’est-à-dire des substances naturellement capables d’attirer et de retenir l’humidité. Lorsque le soleil réchauffe ensuite le dispositif, le phénomène s’inverse. L’eau emprisonnée dans le gel est libérée sous forme de vapeur. Celle-ci est dirigée vers une surface plus froide, où elle se condense pour redevenir liquide. L’eau peut alors être recueillie et, selon les chercheurs, atteindre une qualité suffisante pour être consommée.L’intérêt de cette technologie tient surtout à sa simplicité. Elle ne nécessite ni pompe, ni raccordement électrique, ni réseau de distribution complexe. Le soleil fournit l’énergie indispensable au cycle d’absorption et de restitution. Le système pourrait donc fonctionner de manière autonome dans des régions isolées, là où les infrastructures classiques sont absentes ou difficiles à déployer. Jusqu’à présent, les dispositifs comparables souffraient toutefois d’un problème majeur : leur manque de durabilité. Les gels perdaient progressivement leur efficacité, tandis que les supports métalliques utilisés dans les installations se corrodaient au fil des cycles. Les chercheurs ont justement travaillé sur cette faiblesse. En protégeant les composants métalliques contre la corrosion, ils ont réussi à maintenir le fonctionnement du matériau pendant plusieurs mois. Cette amélioration constitue une étape importante vers une utilisation en conditions réelles.Cette solution ne remplacera évidemment pas les réseaux d’eau potable, les stations de traitement ou les systèmes d’irrigation à grande échelle. Elle pourrait néanmoins constituer un complément précieux dans les villages reculés, les zones désertiques ou les territoires régulièrement confrontés à la sécheresse. Une ressource invisible, présente dans l’air, pourrait ainsi devenir une réserve d’eau locale, produite chaque jour grâce au soleil.Article scientifique : https://www.nature.com/articles/s41467-026-71987-8
  • La fusée réutilisable européenne va concurrencer SpaceX ?

    02:26|
    L’Europe se rapproche d’un premier vol d’essai avec récupération pour un lanceur réutilisable. Le 23 juillet 2026, au centre spatial d’Esrange, en Suède, ArianeGroup et SSC Space ont fait répéter à Themis l’intégralité de son scénario de mission, dans des conditions cryogéniques extrêmes. Ce démonstrateur européen doit prochainement réaliser un « Hop Test » : un vol court durant lequel l’engin décollera, prendra de l’altitude, puis reviendra se poser afin d’être récupéré. Une première en Europe. L’essai s’inscrit dans le programme SALTO, dont l’objectif est de permettre au continent de maîtriser souverainement les technologies de réutilisation spatiale.Avant ce vol, les équipes ont organisé ce que le secteur appelle une Wet Dress Rehearsal, autrement dit une répétition générale sans décollage. Toutes les étapes d’un lancement sont reproduites : remplissage des réservoirs, vérification des systèmes et compte à rebours final. Seules manquent l’allumage du moteur et la mise en vol. L’exercice sert à vérifier que Themis fonctionne correctement avec son pas de tir. Il permet également de préparer la phase suivant son retour au sol. Après la récupération, les équipes devront procéder à la passivation de l’engin, c’est-à-dire vider ses circuits, éliminer les pressions résiduelles et neutraliser les systèmes afin de pouvoir le manipuler sans danger. Pour simuler les contraintes thermiques sans utiliser de véritables carburants, les ingénieurs ont injecté de l’azote liquide dans les lignes et les réservoirs cryogéniques. Ce fluide permet de reproduire des températures proches de moins 200 degrés ainsi que les pressions rencontrées lors du lancement. La répétition a duré une journée entière, du premier compte à rebours jusqu’aux opérations fictives de sécurisation qui suivraient un véritable atterrissage.SALTO est financé par l’Union européenne et piloté par l’unité spatiale de la HaDEA. Coordonné par ArianeGroup, il réunit vingt-cinq partenaires dans douze pays. Le programme suit une logique de « tester et apprendre » : chaque essai doit valider une nouvelle brique technologique. Les données récoltées permettront désormais de choisir la fenêtre du Hop Test. Sa date reste inconnue, mais chaque étape rapproche l’Europe de lanceurs réutilisables capables de rivaliser avec SpaceX et les acteurs chinois.