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Choses à Savoir TECH VERTE
La biomasse va changer la lutte contre le dérèglement du climat ?
La fusée européenne Vega-C a décollé du Centre spatial guyanais, emportant avec elle un passager au rôle capital : le satellite Biomass. Mission réussie : une heure après le lancement, l’engin est parfaitement installé en orbite polaire, ses panneaux solaires déployés et ses premiers signaux reçus par les équipes de l’Agence spatiale européenne (ESA). Mais que vient faire Biomass à 660 kilomètres d’altitude ? Son objectif est simple et ambitieux : mesurer avec précision la quantité de carbone stockée dans la végétation terrestre. Un enjeu crucial dans la compréhension du réchauffement climatique, car si l’on sait que les forêts absorbent le CO₂ grâce à la photosynthèse, on ignore encore combien de carbone elles peuvent réellement retenir.
La tâche est complexe : 75 % du carbone est stocké dans les troncs et les branches, mais les satellites optiques ne voient que la surface de la canopée. Et dans les forêts tropicales, majoritaires sur Terre, les feuilles ne tombent pas en hiver, comme dans les forêts tempérées. Il faut donc une autre technologie. C’est là que Biomass innove : il embarque un radar en bande P, capable de traverser la canopée pour sonder l’intérieur des forêts. Ce radar envoie un signal réfléchi par un réflecteur de 12 mètres de diamètre, déployé au bout d’un bras robotique. L’écho renvoyé permet une cartographie 3D par tranches de 10 mètres, révélant la structure et la densité de la végétation.
Il faudra six mois de calibration avant que Biomass soit pleinement opérationnel pour une mission prévue sur plus de cinq ans. Ce satellite s’inscrit dans le programme Earth Explorers de l’ESA, aux côtés d’EarthCare, lancé l’an dernier pour l’étude des nuages, et de Flex, attendu en 2026 pour scruter la photosynthèse. Alors que les États-Unis réduisent leurs efforts climatiques, l’Europe s’impose comme un pilier scientifique de la planète. Biomass n’est pas seulement un satellite, c’est un œil dans le ciel pour mieux préserver la Terre.
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La voiture électrique moins chère que l'essence en France ?
02:50|Pour la première fois chez un constructeur généraliste hexagonal, une version électrique coûte moins cher que son équivalent à essence. La Citroën ë-C3, dans sa finition You Autonomie urbaine, s'affiche désormais à 12 990 euros après aides — contre 15 990 euros pour la C3 thermique d'entrée de gamme. Trois mille euros d'écart, en faveur de l'électrique.Comment y arrive-t-on ? Par la combinaison de deux coups de pouce : une ristourne de 1 300 euros accordée par Citroën elle-même, et surtout la prime CEE maximale de 5 700 euros — les Certificats d'Économies d'Énergie, un dispositif d'aide à la transition énergétique réservé aux foyers les plus modestes. Pour ceux qui n'y sont pas éligibles au taux plein, la prime minimale est de 3 600 euros, ce qui ramène la facture à 16 390 euros — toujours sous le prix du thermique.C'est Xavier Chardon, directeur général de Citroën, qui a annoncé l'offre sur BFM Business, à 13 490 euros dans un premier temps. Trois jours plus tard, la marque aux chevrons rabaissait encore le curseur à 12 990 euros, en marge des essais nationaux du modèle. Le site officiel, lui, n'avait pas encore suivi. Ce qui a précipité les choses, c'est l'arrivée de la Renault Twingo E-Tech début avril. Lancée à 19 490 euros catalogue, soit 13 750 euros avec la prime CEE maximale, elle bousculait un segment que Citroën occupait seul depuis plusieurs mois. La réponse est venue en quelques jours à peine. Deux marques françaises qui s'affrontent directement sur les prix, et les tarifs qui s'effondrent en quelques jours plutôt qu'en quelques mois — c'est inédit, et c'est une aubaine pour l'acheteur.Les deux modèles ne visent pas exactement le même profil. La Twingo revendique 263 km d'autonomie WLTP contre 205 pour la ë-C3, et propose la recharge rapide jusqu'à 50 kW en option. La C3, elle, plafonne à 30 kW. En revanche, ses 4,01 mètres contre 3,78 pour la Twingo font une vraie différence au quotidien, surtout avec des passagers à l'arrière. La batterie de 30 kWh offre 205 km d'autonomie — suffisant, rappelle Xavier Chardon, quand les Français roulent en moyenne 34 km par jour.
AccelerateEU, un plan pour en finir avec les énergies fossiles ?
02:30|Pour la deuxième fois en quelques années, l’Europe paie le prix de sa dépendance aux énergies importées. Depuis le début du conflit en Iran, la facture s’est alourdie de 24 milliards d’euros en seulement 50 jours. Une hausse brutale qui touche à la fois les ménages et les entreprises, déjà fragilisés par les tensions géopolitiques. Face à cette situation, la Commission européenne a présenté un plan baptisé « AccelerateEU ». L’objectif est double : amortir le choc à court terme et réduire durablement la dépendance au gaz et au pétrole.Dans l’immédiat, des aides ciblées seront versées aux foyers et aux secteurs les plus exposés. Mais Bruxelles insiste : ces soutiens doivent rester temporaires, conçus comme un filet de sécurité, et non comme une solution permanente. En parallèle, un régime exceptionnel d’aides publiques facilitera les investissements dans les infrastructures énergétiques et les technologies dites « propres ».L’un des points clés du plan concerne la coordination entre États membres. Jusqu’ici, chaque pays gérait ses réserves d’énergie de manière indépendante. Désormais, l’idée est de mutualiser les efforts : remplissage coordonné des stocks de gaz, libération conjointe de réserves pétrolières si nécessaire, et meilleure circulation des carburants essentiels comme le diesel ou le kérosène.Pour piloter ce dispositif, un nouvel outil sera créé : le « Fuel Observatory ». Il permettra de suivre en temps réel les disponibilités énergétiques et d’anticiper les tensions d’approvisionnement. Sur le long terme, AccelerateEU mise sur l’électrification des usages. Cela signifie remplacer progressivement les équipements fonctionnant aux énergies fossiles par des alternatives électriques. Exemple concret : les pompes à chaleur, qui captent les calories de l’air pour chauffer un logement, peuvent réduire la consommation énergétique d’environ 25 %.Mais produire de l’électricité bas carbone ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir la distribuer efficacement. Or, les réseaux européens sont parfois vieillissants et inadaptés. Le plan prévoit donc leur modernisation, afin de mieux intégrer les énergies renouvelables et, à terme, de faire baisser les prix. Reste la question du financement. Bruxelles compte mobiliser des investissements privés et mieux utiliser les fonds existants. Une partie des revenus du marché carbone — où les entreprises paient pour leurs émissions de CO₂ — pourrait également être réinjectée. Au fond, l’enjeu est clair : transformer une vulnérabilité énergétique en levier de souveraineté.
L’Etat dévoile 22 mesures pour l’électrification de la France ?
02:20|Le gouvernement français accélère sa stratégie d’électrification pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. Le plan, présenté début avril par Sébastien Lecornu, prévoit un effort financier massif : près de 4,5 milliards d’euros supplémentaires par an d’ici 2030, en plus des 5,5 milliards déjà engagés.Concrètement, une grande partie de ces financements provient de dispositifs existants, réorientés vers l’électrification. C’est notamment le cas des certificats d’économie d’énergie, un mécanisme qui oblige les fournisseurs à financer des actions de réduction de consommation. Ces fonds seront redéployés vers le bâtiment, l’industrie et les transports. Le plan introduit aussi des mesures très concrètes. Dès fin 2026, il ne sera plus possible d’installer une chaudière à gaz dans les logements neufs. Et à partir du 1er septembre 2026, les aides publiques comme MaPrimeRénov’ ne financeront plus certaines rénovations si elles conservent un chauffage au gaz. Dans le logement social, les nouvelles installations au gaz seront également exclues des financements dès 2027.L’objectif est clair : accélérer la transition vers des solutions électriques, notamment les pompes à chaleur. Le gouvernement vise un million d’installations par an d’ici 2030, contre moins de 200 000 aujourd’hui. Les petites entreprises ne sont pas oubliées. Des aides spécifiques sont prévues pour accompagner leur électrification, avec des subventions et des prêts dédiés. Cela concerne des équipements très concrets : fours de boulangerie, chaudières industrielles, engins de chantier ou encore navires de petite taille. Pour les poids lourds, les aides à l’achat de camions électriques seront renforcées dès juin 2026.Côté infrastructures, l’État prévoit d’augmenter fortement le nombre de bornes de recharge. L’objectif est de multiplier par cinq les points pour les véhicules légers d’ici 2035, et de déployer 8 000 bornes pour les poids lourds. Mais ce plan suscite aussi des critiques. Certains experts pointent l’absence de réforme fiscale, alors que le gaz reste aujourd’hui moins taxé que l’électricité bas carbone. D’autres soulignent le manque de mesures sur la flexibilité du réseau électrique, un enjeu clé pour les industriels.
Comment la date du 22 avril a changé l’écologie mondiale ?
02:25|Le Jour de la Terre n’a pas toujours été ce grand rendez-vous mondial que l’on connaît aujourd’hui. À l’origine, il s’agit d’une mobilisation américaine, lancée le 22 avril 1970, dans un contexte de prise de conscience environnementale naissante. Rapidement, l’initiative dépasse les frontières des États-Unis. Dès 1990, elle s’internationalise, et la France s’y associe avec de nombreuses actions locales.Aujourd’hui, le Jour de la Terre est devenu le plus grand mouvement participatif dédié à l’environnement, rassemblant plus d’un milliard de personnes dans près de 193 pays. Une ampleur qui témoigne de l’évolution des préoccupations écologiques à l’échelle mondiale. Pour l’édition 2026, le message évolue. Le mot d’ordre, désormais, c’est la sobriété. Un terme parfois mal compris, souvent associé à la privation, mais que les organisateurs souhaitent redéfinir. L’idée n’est pas de renoncer, mais de transformer nos modes de vie pour les rendre plus durables.Selon ADEME, cette approche est même indispensable pour atteindre les objectifs climatiques de la France, notamment une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Concrètement, la sobriété consiste à réduire les consommations inutiles, à mieux utiliser les ressources, ou encore à privilégier des alternatives moins énergivores. À l’échelle individuelle, cela peut passer par des gestes simples : consommer moins mais mieux, partager certains usages, comme les transports ou les équipements, ou encore prolonger la durée de vie des objets. Selon les estimations, ces changements pourraient réduire l’empreinte carbone d’un individu de 40 à 60 %. À l’échelle mondiale, l’impact pourrait atteindre 30 %.Le constat de départ est clair : si toute la planète adoptait le mode de vie moyen d’un Français, il faudrait près de 1,75 planète pour subvenir aux besoins. Une situation qui interroge directement notre rapport à la consommation. Le Jour de la Terre 2026 propose donc une forme de « révolution douce ». Il ne s’agit pas seulement d’agir, mais aussi de repenser notre imaginaire collectif. Faire évoluer l’idée selon laquelle vivre mieux passe nécessairement par consommer davantage.
L’impact des data centers ressenti jusqu’à 10 km de distance ?
02:04|La course à l’intelligence artificielle entraîne une multiplication spectaculaire des centres de données à travers le monde. En France aussi, ces infrastructures sont encouragées, notamment au nom de la souveraineté numérique. Mais derrière cette expansion, les impacts environnementaux commencent à inquiéter.On connaît déjà leur consommation énergétique massive. Ces installations, qui hébergent des milliers de serveurs, nécessitent une alimentation électrique continue et très importante. Mais une nouvelle étude, encore en prépublication sur la plateforme scientifique arXiv, s’intéresse à un aspect moins visible : la chaleur qu’elles dégagent. Car faire fonctionner ces machines génère énormément de chaleur. Pour éviter la surchauffe, il faut les refroidir en permanence. Résultat : jusqu’à 40 % de l’énergie consommée par un centre de données sert uniquement à ce refroidissement. Une partie de cette chaleur est parfois récupérée pour chauffer des bâtiments, mais dans la majorité des cas, elle est rejetée dans l’air ou dans l’eau.Les chercheurs ont analysé plus de 8 400 centres de données dits « hyperscalers », ces installations géantes dédiées notamment à l’IA. Leur constat est frappant : la mise en service d’un tel site pourrait augmenter la température locale d’environ 2 degrés en moyenne, avec des pics dépassant parfois 9 degrés. Et cet effet ne se limite pas aux abords immédiats. Une hausse de température d’environ 1 degré reste mesurable jusqu’à 4,5 kilomètres de distance. Il faut parfois s’éloigner de 10 kilomètres pour ne plus percevoir cet impact. On parle ici d’un effet de « microclimat », comparable à un îlot de chaleur.Reste une incertitude importante : quelle part de cette chaleur provient directement des serveurs, et quelle part est liée aux bâtiments eux-mêmes, qui accumulent et restituent la chaleur du soleil ? Les chercheurs appellent à approfondir ces analyses. Quoi qu’il en soit, l’enjeu est loin d’être marginal. Selon l’étude, plus de 340 millions de personnes vivent à moins de 10 kilomètres d’un centre de données.
Une entreprise abandonne l’écologie et fonce sur l’IA ?
01:59|L’intelligence artificielle est partout. Promesse d’avenir pour les uns, nécessité stratégique pour les autres, elle attire désormais des acteurs bien au-delà du secteur technologique. Dernier exemple en date : la marque américaine Allbirds, connue pour ses chaussures… et son positionnement écologique.Peu connue en Europe, Allbirds a pourtant été, aux États-Unis, une référence, au point d’être surnommée « la marque de la Silicon Valley ». Une image construite autour de produits durables et d’un engagement environnemental fort depuis sa création en 2015. Mais aujourd’hui, changement radical de cap. L’entreprise a annoncé qu’elle quittait purement et simplement le secteur de la chaussure. Elle va céder ses actifs et sa marque, qui continueront d’exister sous un nouveau propriétaire. De son côté, la société se réinvente sous un nouveau nom : NewBird AI.Son nouveau métier ? L’intelligence artificielle. Plus précisément, la construction d’infrastructures informatiques dédiées à l’IA. Concrètement, cela passe par l’achat massif de GPU, des processeurs graphiques très puissants, utilisés pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’intelligence artificielle. L’idée est ensuite de louer cette capacité de calcul à des entreprises qui en ont besoin. Mais ce virage ne s’arrête pas là. Il s’accompagne aussi d’un changement de philosophie. Allbirds avait bâti sa réputation sur des objectifs environnementaux ambitieux. Désormais, la nouvelle entité entend prioriser les intérêts de ses actionnaires, sans obligation de concilier cette stratégie avec des enjeux écologiques. Un tournant à 180 degrés, qui n’a pas laissé les marchés indifférents. À l’annonce de cette transformation, l’action de l’entreprise a été multipliée par dix en quelques heures. Si le cours s’est ensuite stabilisé, il reste largement supérieur à son niveau précédent.
Les câbles sous-marins « menacés » par l’écologie ?
02:17|L’Europe avance sur le front climatique, mais à quel prix pour sa compétitivité industrielle ? La question se pose avec acuité dans un secteur pourtant discret, mais essentiel : celui des câbles sous-marins, qui transportent l’immense majorité des données internet à l’échelle mondiale.À partir du 1er janvier 2027, deux acteurs français majeurs, Alcatel Submarine Networks et Orange Marine, seront intégrés au système européen d’échange de quotas d’émission de CO₂, plus connu sous le nom d’ETS. Ce mécanisme impose un coût aux entreprises en fonction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Concrètement, cela revient à payer une sorte de « taxe carbone » sur leurs activités. Pour ces entreprises spécialisées dans la pose et la réparation de câbles en mer, cette évolution pourrait avoir des conséquences importantes. Elles alertent sur un risque de perte de compétitivité face à leurs concurrents étrangers, qui ne seront pas soumis aux mêmes règles.Le fonctionnement du dispositif est simple, mais contraignant. Lorsqu’un navire opère entre deux ports de l’Union européenne, 100 % de ses émissions sont prises en compte. Si l’un des ports se situe hors de l’UE, seule la moitié est comptabilisée. Mais dans les faits, cela pénalise les entreprises européennes, dont les bases sont situées sur le territoire de l’Union. Résultat : un navire basé en Europe pourrait être taxé à l’aller… puis au retour, même pour une mission en pleine mer. Pendant ce temps, des concurrents opérant depuis des ports situés hors UE, au Royaume-Uni par exemple, échapperaient en grande partie à ces coûts.Les dirigeants des deux groupes dénoncent une « distorsion de concurrence ». Ils redoutent même des décisions stratégiques lourdes, comme le déplacement de certaines activités vers des pays non soumis à ces contraintes, notamment pour le stockage de matériel. Pourtant, ces acteurs occupent une place clé sur le marché mondial. Alcatel Submarine Networks détient à lui seul près d’un tiers du marché, face à des concurrents américains et japonais. Face à cette situation, les entreprises demandent une exemption ciblée, qui ne concernerait que quelques navires spécialisés chaque année, sur des centaines de milliers de bateaux opérant en Europe.
La Chine révolutionne les batteries avec un matériau miracle ?
02:27|Les véhicules électriques sont aujourd’hui au cœur de la transition énergétique. Mais derrière cette dynamique, une réalité s’impose : les batteries lithium-ion, qui équipent la majorité de ces véhicules, sont encore en pleine évolution. De nombreuses recherches sont en cours, notamment en Chine, où l’on explore à la fois les batteries solides, souvent présentées comme la prochaine génération, et des innovations plus immédiates pour améliorer la sécurité.Car l’un des principaux défis reste ce qu’on appelle l’« emballement thermique ». Il s’agit d’un phénomène dangereux où une cellule de batterie surchauffe brutalement, entraînant une réaction en chaîne. La chaleur se propage alors aux cellules voisines, avec des risques d’incendie, voire d’explosion. Pour limiter ce type d’incident, les chercheurs travaillent sur des matériaux capables d’isoler efficacement les cellules. Une équipe de l’université Nanjing Tech, en Chine, a ainsi développé un matériau particulièrement prometteur : un aérogel de silice.Un aérogel, c’est une structure ultra légère composée en grande partie d’air, ici, jusqu’à 99 %. Cette architecture dite nanoporeuse, c’est-à-dire remplie de minuscules cavités invisibles à l’œil nu, limite fortement la circulation de la chaleur. Résultat : un excellent isolant thermique. Les tests sont impressionnants. Une fine couche de cet aérogel, exposée à une température de 1 000 °C, n’a laissé passer qu’une chaleur limitée : la face opposée n’a pas dépassé les 100 °C pendant plusieurs minutes. Plus globalement, le matériau reste efficace jusqu’à 1 300 °C et peut maintenir ses propriétés isolantes pendant deux heures.Autre avantage : sa flexibilité. Les batteries lithium-ion subissent des cycles de dilatation et de contraction au fil des charges. Cet aérogel est capable de supporter une compression de plus de 90 % sans se dégrader, ce qui le rend compatible avec ces contraintes mécaniques. Au-delà de l’automobile, ce type de matériau pourrait trouver des applications dans des secteurs exigeants, comme l’aéronautique ou l’industrie lourde, où la gestion de la chaleur est un enjeu critique. Si cette innovation se confirme à grande échelle, elle pourrait améliorer significativement la sécurité des batteries. Et, à terme, renforcer la confiance dans les technologies électriques, encore en pleine maturation.
Les éoliennes sont-elles vraiment dangereuses pour les oiseaux ?
02:17|Les éoliennes sont-elles réellement une menace majeure pour les oiseaux ? Une étude récente apporte des éléments de réponse… et pourrait bien rebattre les cartes. Pendant 19 mois, entre juin 2023 et décembre 2024, un dispositif combinant caméras et intelligence artificielle a surveillé une éolienne en mer, au large d’Aberdeen, en Écosse. Résultat : plus de 2 000 trajectoires d’oiseaux analysées… et aucune collision confirmée. Un chiffre qui contraste fortement avec les estimations initiales. Les modèles utilisés jusqu’ici prévoyaient environ 8,5 collisions par turbine et par an. Selon les chercheurs, l’écart est considérable, « de plusieurs ordres de grandeur ». Autrement dit, le risque réel serait bien inférieur à ce que l’on pensait.Pourquoi une telle différence ? Les modèles actuels reposent sur une hypothèse prudente : ils considèrent que les oiseaux ne modifient pas leur trajectoire à l’approche des pales. Or, l’étude montre l’inverse. Les oiseaux marins adoptent des comportements d’évitement très efficaces. La nouveauté, c’est la durée et la continuité de l’observation. Le système a fonctionné sur 95 % des heures de jour pendant toute la période. Grâce à des caméras haute résolution couplées à des algorithmes de vision par ordinateur — une technologie qui permet à une machine d’identifier des objets dans une image — les oiseaux ont pu être détectés jusqu’à deux kilomètres de distance, avec une précision supérieure à 90 %. Chaque détection a ensuite été vérifiée par des spécialistes. Attention toutefois : cela ne signifie pas qu’il n’y a jamais de collisions. Mais ces résultats remettent en question l’ampleur du phénomène, souvent avancée dans le débat public.Les implications sont concrètes. Aujourd’hui, les projets éoliens doivent répondre à des exigences environnementales strictes. Des risques surestimés peuvent entraîner des restrictions, voire retarder certains chantiers. La startup norvégienne Spoor, à l’origine du dispositif, propose désormais d’intégrer ce type de surveillance en continu. Des acteurs comme TotalEnergies commencent déjà à l’adopter, notamment pour leurs projets en mer du Nord et en Manche.