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Choses à Savoir TECH VERTE

Google Earth boosté à l’IA pour repérer les zones à risque ?

Le futur de la cartographie s’écrit du côté de Mountain View. Google vient d’annoncer une mise à jour majeure de Google Earth, fusionnant son modèle d’intelligence artificielle Gemini avec des décennies de données météorologiques, démographiques et satellitaires. Objectif : permettre à l’IA de comprendre la planète non plus comme une simple carte, mais comme un écosystème vivant, où les phénomènes naturels et humains interagissent.


Le cœur de cette innovation repose sur ce que Google appelle le « geospatial reasoning », ou raisonnement géospatial. Cette nouvelle approche permet à Gemini d’analyser simultanément plusieurs couches d’informations — du relief à la densité de population — pour anticiper les impacts concrets d’un événement climatique. Concrètement, au lieu de simplement tracer la trajectoire d’une tempête, Google Earth peut désormais identifier les zones susceptibles d’être inondées, le nombre d’habitants touchés, et les infrastructures menacées.


L’ONG GiveDirectly utilise déjà cet outil pour repérer les foyers ayant besoin d’une aide financière après une crue. Comme le résume Google dans son communiqué : « Pour résoudre un problème complexe, il faut voir l’image complète. » Désormais, un responsable local peut interroger la carte en langage naturel – « montre-moi les zones où les rivières se sont asséchées » ou « localise les proliférations d’algues » – et obtenir une analyse instantanée, là où il fallait autrefois des jours de calcul.


Google étend cette technologie à son service Cloud, permettant aux gouvernements, ONG et entreprises de la combiner avec leurs propres données. Les premiers tests concernent déjà le suivi de la végétation autour des lignes électriques ou la surveillance de la pollution près des écoles. Selon la firme, son système de prévision des inondations protège déjà plus de deux milliards de personnes à travers le monde, et ses alertes ont touché quinze millions d’habitants lors des incendies de Californie cette année. Avec Gemini, Google entend désormais passer d’une simple vision du monde… à une compréhension proactive des risques climatiques.

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  • Comment GIEC peut-il amplifier le doute climatique ?

    02:39|
    Créé en 1988, le GIEC est devenu, au fil des décennies, la référence mondiale en matière de climat. Sa mission : rassembler, analyser et synthétiser les connaissances scientifiques sur le réchauffement climatique, ses causes et ses conséquences. En 2021, le diagnostic était sans appel : « Il est sans équivoque que l’influence humaine a réchauffé la planète. » Et pourtant, malgré ce consensus, le doute persiste dans l’opinion publique.Pourquoi une telle défiance ? C’est la question posée par des chercheurs de l’Université d’Essex, au Royaume-Uni. Après avoir interrogé plus de 4 000 personnes, leurs travaux, publiés dans la revue Nature Climate Change, aboutissent à une conclusion troublante : le GIEC pourrait, bien involontairement, nourrir une part du scepticisme… à cause de son vocabulaire. Sur le fond, les scientifiques sont clairs : le réchauffement est bien réel et d’origine humaine. En revanche, les projections futures comportent forcément des marges d’incertitude selon les scénarios d’émissions. Et c’est précisément là que le malentendu s’installe. Dans ses rapports, le GIEC utilise des termes précis, comme « improbable » pour désigner un événement dont la probabilité est inférieure à 33 %. Scientifiquement, c’est rigoureux. Mais dans le langage courant, ce mot est souvent associé au doute ou à la contestation. Résultat : lorsque le GIEC écrit qu’une élévation extrême du niveau de la mer est « improbable », une partie du public comprend… que les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux.Les chiffres le confirment. Un sondage récent montre que 9 Français sur 10 constatent que le dérèglement climatique est en cours. Mais selon le dernier baromètre publié par l’Ademe avec OpinionWay, 33 % des Français pensent encore que les scientifiques ne sont pas tous d’accord. Certaines enquêtes montent même jusqu’à 45 % de climatoscepticisme, selon la manière dont les questions sont posées. Les chercheurs évoquent plusieurs causes : politisation de l’écologie, défense du mode de vie, peur du changement, théories complotistes. À cette liste s’ajoute désormais un facteur inattendu : la façon de présenter les probabilités. Pour la chercheuse Marie JuanChich, de l’Université d’Exeter, parler de « faible probabilité » serait plus efficace que « d’improbable ». Une nuance de mots, mais un impact réel sur la confiance. Les auteurs tiennent à le rappeler : le GIEC rend un service inestimable à la société. Mais dans un contexte de tensions politiques et de désinformation, chaque formulation compte. Car sur le climat, le message est simple, et il est pressant : il n’existe toujours… qu’une seule planète.
  • Les ventes de Tesla s’effondrent en Europe ?

    02:21|
    Depuis plus d’un an, Tesla traverse une zone de fortes turbulences en Europe. En cause, bien sûr, l’image de son patron, Elon Musk, dont les prises de position politiques répétées sur le Vieux Continent ont durablement abîmé la marque. Dans le même temps, la montée en puissance des constructeurs chinois bouleverse l’équilibre du marché. Résultat : trimestre après trimestre, les ventes de Tesla reculent. Et le mois de novembre confirme la tendance.À l’échelle européenne, la marque affiche un repli global d’environ 12 % par rapport à novembre de l’an dernier. Sur le papier, cela pourrait presque sembler modéré. Mais cette moyenne cache en réalité des écarts spectaculaires entre les pays. Car si l’on isole certains marchés, la chute devient beaucoup plus sévère. En retirant le cas à part de la Norvège, les ventes de Tesla s’effondrent tout simplement de 36,3 % en Europe. Sur les grands marchés automobiles, le recul est parfois brutal. En Allemagne, la baisse atteint 20,2 %. Mais ailleurs, c’est l’hémorragie : –43,5 % aux Pays-Bas, –57,8 % en France, et jusqu’à –59,3 % en Suède. Des chiffres qui traduisent un net décrochage de la marque sur ses marchés historiques.Une exception se distingue pourtant dans l’Union européenne : l’Italie. Le pays affiche une croissance spectaculaire de +58,5 %. Une performance directement liée aux nouvelles incitations financières mises en place pour soutenir l’achat de véhicules électriques. La preuve, une fois de plus, du poids décisif des politiques publiques sur ce marché. Mais c’est surtout la Norvège — pourtant hors de l’Union européenne — qui maintient aujourd’hui les ventes de Tesla à flot sur le continent. En novembre, la marque y a immatriculé 6 215 véhicules, un record. À titre de comparaison, le deuxième marché européen de Tesla, l’Allemagne, plafonne à 1 763 unités sur la même période. Cela représente en Norvège une envolée spectaculaire de +175,2 %. Cette ruée ne s’explique pas par un regain soudain d’amour pour la marque américaine, mais par une urgence fiscale. Les avantages fiscaux accordés aux véhicules électriques premium doivent disparaître en 2026. Les acheteurs norvégiens se précipitent donc pour profiter une dernière fois de ces conditions favorables.
  • 2035 ne sera finalement pas la fin des véhicules thermiques ?

    02:24|
    Il y a trois ans, l’Union européenne frappait fort : à partir de 2035, la vente de véhicules thermiques neufs devait être interdite sur l’ensemble de son territoire. Un cap historique pour le climat… mais un choc frontal pour l’industrie automobile. Depuis, cette échéance n’a cessé d’être contestée. Et ce qui se prépare aujourd’hui ressemble peut-être au plus important recul politique sur le sujet.Cette semaine, Paris a réuni l’ensemble des acteurs de la filière automobile. Objectif : arrêter une ligne claire avant la présentation, le 10 décembre, de la révision du règlement européen sur les émissions de CO₂. Le message est sans ambiguïté : la France veut défendre ses constructeurs, et éviter toute décision qui fragiliserait leur compétitivité face aux géants chinois de la voiture électrique. Dans les coulisses de cette rencontre, une orientation se dessine : aller vers la fin du moteur thermique, oui, mais dans un cadre de « préférence européenne ». Comprendre : protéger l’industrie du continent le temps que la transition vers l’électrique se fasse réellement à armes égales. Et surtout, Paris ne ferme plus totalement la porte à la vente de véhicules thermiques neufs après 2035. Une inflexion notable, là où le calendrier était jusqu’ici présenté comme non négociable.Mais si la position française reste volontairement floue, entre impératif climatique et protection industrielle, la ligne allemande, elle, est beaucoup plus assumée. Selon le quotidien économique Handelsblatt, le gouvernement de Allemagne entend défendre clairement l’avenir du moteur thermique après 2035 — à condition qu’il soit « hautement efficace ». Cela inclut les hybrides, les carburants de synthèse, ou encore de nouveaux moteurs à combustion aux émissions fortement réduites. Autrement dit, Berlin refuse catégoriquement une Europe condamnée au tout-électrique. Une position portée avec vigueur par certains territoires industriels. Les Länder de Bade-Wurtemberg et de Bavière ont déjà fait pression sur le gouvernement pour « garantir l’avenir du moteur à combustion ».Cette divergence entre Paris et Berlin illustre les tensions qui traversent aujourd’hui l’Europe automobile. D’un côté, l’urgence climatique. De l’autre, la crainte d’un décrochage industriel face à l’Asie. La révision du texte sur les émissions, attendue dans quelques jours, dira si l’interdiction de 2035 reste une ligne rouge… ou devient un simple cap « indicatif ».
  • L’impossible parcours des entreprises pour toucher les « financements verts » européens ?

    02:28|
    L’Europe voulait frapper fort face aux plans massifs de subventions vertes lancés par les États-Unis. En 2021, la Commission européenne lançait l’Innovation Fund, présenté comme la réponse au programme climatique américain porté par Joe Biden. Quatre ans plus tard, le constat est sévère. Sur les 7,1 milliards d’euros de subventions attribuées, à peine 333 millions ont réellement été versés. Soit moins de 5 %. Une information révélée par le Financial Times.En cause : une machine administrative jugée étouffante. La procédure est si lourde que 77 % des candidats ont dû faire appel à des cabinets de conseil pour monter leurs dossiers. Coût moyen : 85 000 euros par candidature, soit bien plus que pour accéder au programme de recherche Horizon Europe. Et pour un résultat très incertain : moins de 20 % des projets sont retenus, et parmi eux, seuls 6 % sont déjà opérationnels. Cette inertie fait écho au diagnostic posé par Mario Draghi, qui dénonçait récemment la bureaucratie comme un frein structurel à l’innovation européenne. « Certaines entreprises passent jusqu’à 3 000 heures sur un dossier », explique Victor van Hoorn, du collectif Cleantech for Europe. Un an et demi de travail à temps plein… pour une chance minime d’obtenir un financement.Pour les grandes entreprises, l’effort est pénible mais absorbable. Pour les plus petites, c’est parfois rédhibitoire. Eoin Condren, dirigeant du groupe cimentier bas-carbone Ecocem, raconte avoir englouti cinq mois de travail et plusieurs centaines de milliers d’euros pour constituer son dossier. Et encore, les projets financés concernent surtout des technologies lourdes, comme l’hydrogène vert ou la capture carbone, souvent longues à rentabiliser. Conséquence directe : certains industriels préfèrent partir. L’exemple le plus parlant est celui de Vianode. Lauréate d’une subvention européenne de 90 millions d’euros, l’entreprise a finalement choisi de s’implanter… au Canada, en partenariat avec General Motors. En cause, la concurrence chinoise et un marché européen jugé trop difficile. « En Amérique du Nord, les fabricants sont incités à éviter les fournisseurs chinois », explique son vice-président, Andreas Forfang. L’Innovation Fund devait être un moteur de la transition verte européenne. Pour l’instant, il ressemble surtout à un embouteillage administratif.
  • Mer du Nord : le premier cimetière marin de CO2 d’Europe ?

    02:19|
    Chaque année, la combustion du pétrole, du charbon et du gaz, mais aussi la fabrication de l’acier, du ciment ou des plastiques, libèrent des quantités colossales de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Résultat : l’effet de serre se renforce, le climat se dérègle, et les équilibres écologiques vacillent. Face à cette urgence, une solution s’est imposée dans le débat climatique : capter le CO₂ à la source, puis l’enfouir profondément sous terre ou sous la mer pour l’empêcher de retourner dans l’atmosphère.Mais ce stockage du carbone ne s’improvise pas. Il faut des sites géologiques extrêmement stables, capables d’emprisonner le CO₂ pendant des siècles. C’est précisément ce que propose le projet Greensand Future, au large du Danemark. Il repose sur la reconversion d’un ancien gisement pétrolier, le Nini oil field, déjà utilisé pendant des millions d’années pour stocker naturellement du pétrole et du gaz. À près de 1 800 mètres sous le plancher marin, les couches de roche offrent des conditions idéales : une roche-réservoir poreuse scellée par une épaisse couverture étanche. Autre avantage majeur : les infrastructures sont déjà là — plateformes, forages, pipelines. Résultat, les coûts sont réduits et la mise en œuvre accélérée. L’objectif annoncé est ambitieux : atteindre environ 400 000 tonnes de CO₂ stockées par an dans un premier temps, puis jusqu’à 8 millions de tonnes à l’horizon 2030. Ce serait alors le premier site offshore de stockage de carbone pleinement opérationnel dans l’Union européenne.Pour autant, les experts appellent à la prudence. Même à pleine capacité, ces 8 millions de tonnes restent dérisoires face aux 38 milliards de tonnes de CO₂ émises chaque année dans le monde. Le stockage ne supprime pas les émissions : il les retarde, les enferme. Le risque, selon certains, est qu’il serve d’alibi à des secteurs industriels très polluants pour ralentir leurs efforts de réduction. Pourtant, l’intérêt du stockage est bien réel, notamment pour les industries dites « difficiles à décarboner » — chimie, ciment, raffineries — où les alternatives sont limitées. En transformant d’anciens gisements en puits de carbone, Greensand Future incarne une forme de recyclage géologique de l’ère fossile. Ce projet marque donc une étape importante pour la stratégie climatique européenne.
  • Norvège : un superordinateur stocké dans une mine ?

    02:07|
    La Norvège vient de franchir un cap majeur dans le domaine du calcul scientifique. Son nouveau superordinateur, baptisé Olivia, entre officiellement en service. Un projet mûri de longue date, conçu par Hewlett Packard Enterprise et aujourd’hui exploité par Sigma2, l’organisme public chargé du calcul intensif. L’ensemble est installé dans un site pour le moins spectaculaire : le Lefdal Mine Datacenter, un centre de données creusé dans d’anciennes galeries minières et alimenté à 100 % par des énergies renouvelables.Olivia devient ainsi l’infrastructure de calcul la plus puissante jamais déployée en Norvège. Elle est destinée à porter l’essentiel de la recherche nationale : modélisation climatique, transition énergétique, médecine, intelligence artificielle… Pour répondre à cette avalanche de calculs, la machine s’appuie sur une architecture de très haut niveau, combinant 504 processeurs AMD Turin et 304 modules NVIDIA Grace Hopper, capables de fusionner CPU et GPU dans un même ensemble. À cela s’ajoutent 5,3 pétaoctets de stockage et un réseau ultra-rapide capable de transmettre jusqu’à 200 gigabits par seconde.Résultat : Olivia s’impose directement à la 134ᵉ place du Top 500, tout en consommant près de 30 % d’énergie en moins que le supercalculateur qu’il remplace. Pour Helge Stranden, « un nouveau chapitre s’ouvre pour la recherche norvégienne ». Et les premiers effets concrets ne se sont pas fait attendre. Le projet GoHydro, porté par l’institut de recherche indépendant SINTEF, dédié à la planification de la production hydroélectrique, voit désormais ses simulations les plus lourdes s’exécuter jusqu’à 200 fois plus vite. De quoi optimiser quasiment en temps réel un pilier essentiel du mix énergétique du pays.Mais Olivia ne se distingue pas seulement par sa puissance. Le centre récupère aussi la chaleur dégagée par ses serveurs. Cette énergie thermique, captée via un système de refroidissement liquide, est directement réinjectée pour chauffer l’eau de fermes de saumons voisines.
  • Une île flottante « pour recherche scientifique » créée par la Chine ?

    02:47|
    La Chine vient de lancer un projet maritime hors normes, à mi-chemin entre prouesse technologique et démonstration de puissance. Selon le South China Morning Post, Pékin a engagé la construction d’une gigantesque île flottante capable, fait inédit, de résister à des explosions nucléaires. Une installation conçue pour accueillir durablement des équipes humaines, par tous les temps, et sans ravitaillement pendant plusieurs mois.Cette structure colossale affichera 78 000 tonnes sur la balance. Elle pourra héberger jusqu’à 238 résidents pour des missions atteignant quatre mois en autonomie complète. Officiellement, il s’agit d’un équipement destiné à la recherche scientifique. Son nom : « Deep-Sea All-Weather Resident Floating Research Facility ». Dimensions annoncées : 128 mètres de long pour 85 mètres de large, avec un pont principal situé à 45 mètres au-dessus du niveau de la mer. Pour assurer sa résistance exceptionnelle, les ingénieurs n’ont pas opté pour de simples plaques d’acier renforcé. Ils ont développé des panneaux en métamatériaux, capables de se comprimer sous l’impact et de redistribuer l’énergie de l’onde de choc. Dans une publication parue dans le Chinese Journal of Ship Research, les chercheurs expliquent que les compartiments stratégiques – alimentation de secours, communications, contrôle de la navigation – nécessitent une protection absolue, y compris face à des événements extrêmes.Par ses dimensions, l’île flottante rivalise avec les géants des mers. Elle affiche une masse comparable à celle du porte-avions chinois Fujian et se rapproche de celle de l’USS Nimitz. Mais à la différence de ces mastodontes militaires, cette plateforme n’est pas contrainte par les impératifs classiques de carburant ou de ravitaillement. Sa double coque lui permettra d’affronter des vagues de six à neuf mètres et de résister à des typhons atteignant 220 km/h. Mise en service attendue en 2028. Les usages annoncés : observation continue des grands fonds, tests de technologies d’exploitation minière sous-marine, expérimentation d’équipements marins impossibles à déployer depuis des laboratoires traditionnels.Mais le vocabulaire employé par le SCMP intrigue : l’installation est aussi décrite comme capable de « projeter une puissance sans précédent » dans les océans contestés. Difficile de ne pas penser à la mer de Chine méridionale, zone stratégique au cœur des tensions régionales, où se trouve notamment Taïwan. Officiellement scientifique, cette île flottante s’inscrit surtout dans un plan chinois de développement du « pouvoir maritime » sur quinze ans.
  • La SNCF repense entièrement son offre low-cost ?

    02:40|
    La marque low-cost OUIGO affiche désormais des ambitions XXL. Sa maison-mère, SNCF Voyageurs, vient de dévoiler sa feuille de route pour les cinq prochaines années : capter près d’un tiers du trafic à grande vitesse en France. Une stratégie résumée en un slogan interne : le « 3x30 » — 30 % du marché, 30 % de voyageurs en plus, 30 % de destinations supplémentaires. Première étape dès le 14 décembre. Un nouveau train quotidien reliera Paris à Hendaye, en longeant toute la côte basque, avec des arrêts à Dax, Bayonne, Biarritz et jusqu’à Saint-Jean-de-Luz. Au passage, Bordeaux gagne un aller-retour supplémentaire vers la capitale. De quoi rendre l’Atlantique accessible sans faire exploser le budget vacances.La montée en puissance se poursuit ailleurs. La Bretagne verra sa desserte renforcée avec un troisième Paris-Rennes. L’axe Paris-Montpellier via Lyon gagnera une fréquence estivale en 2026. Même la très fréquentée liaison Paris-Lyon accueillera un troisième aller-retour lors des week-ends prolongés à partir de fin 2026. Mais le tournant le plus symbolique arrivera mi-2027 : une liaison directe Lyon–Bordeaux, sans passer par Paris. Cinq heures de trajet, via Massy, Saint-Pierre-des-Corps, Poitiers et Angoulême. Une petite révolution pour les flux interrégionaux, longtemps contraints par la centralisation parisienne. D’autres renforcements sont aussi prévus sur les axes Strasbourg-Paris et Lille-Paris Nord.OUIGO fait aussi évoluer ses services. La plateforme OUIGOSWAP permet désormais à tous les voyageurs de revendre leurs billets et d’en récupérer 80 % de la valeur. Pour l’acheteur, c’est parfois jusqu’à 50 % de réduction. Le modèle s’assouplit, la revente se fluidifie. Côté image, les agents changent de tenue, avec des uniformes fabriqués en France par Armox-Lux, tandis qu’une nouvelle campagne publicitaire détourne les codes de l’automobile avec un humour assumé. Malgré des hausses ponctuelles de prix, la promesse reste celle du low-cost, avec des billets enfants maintenus à 8 euros. Avec douze nouvelles rames attendues d’ici 2027, OUIGO entend bien s’imposer durablement comme l’option rapide et accessible pour traverser la France sans se ruiner.
  • La Chine produit de l’énergie grâce au CO2 ?

    02:35|
    Et si le dioxyde de carbone, symbole du réchauffement climatique, devenait… un outil de production d’électricité ? C’est le pari que vient de concrétiser la China National Nuclear Corporation, en Chine, en raccordant au réseau le tout premier générateur électrique au monde fonctionnant grâce au CO₂ supercritique. Derrière ce terme technique se cache un état très particulier de la matière. Sous une pression et une température extrêmes, le CO₂ ne se comporte plus ni comme un gaz, ni comme un liquide, mais comme un fluide dense, capable à la fois de circuler facilement et de transporter efficacement la chaleur. Un fluide bien plus performant que la vapeur d’eau utilisée dans les centrales classiques.Le principe est simple : la chaleur fait tourner une turbine, qui produit de l’électricité. Mais avec le CO₂ supercritique, le rendement serait presque doublé, tandis que les installations deviennent plus compactes, plus sobres en matériaux et, surtout, sans émissions directes de gaz à effet de serre. Cette première mondiale a été réalisée dans une aciérie de Liupanshui, dans la province de Guizhou. La chaleur utilisée ne provient pas d’un combustible, mais des rejets thermiques de la production d’acier, habituellement perdus dans l’atmosphère. Le dispositif comprend deux unités de 15 mégawatts chacune. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas de captage du CO₂ atmosphérique : le gaz est fourni par l’industrie, mis en circuit fermé, et n’est ni brûlé ni consommé.L’idée, pourtant, ne date pas d’hier. Dès la fin des années 1960, des ingénieurs italiens et américains imaginaient déjà des cycles thermodynamiques fondés sur ce fluide. Mais pendant des décennies, la technologie est restée bloquée par des limites très concrètes : matériaux incapables de résister, turbines inadaptées, coûts trop élevés. La recherche relance le concept dans les années 2000, avec l’essor des énergies propres… sans parvenir à dépasser l’expérimentation. Avec cette installation désormais reliée au réseau, Chine franchit un cap décisif. L’utilisation industrielle du CO₂ supercritique devient une réalité. Et les perspectives sont immenses : centrales nucléaires de nouvelle génération, unités énergétiques mobiles, voire applications spatiales. Reste maintenant la dernière étape, la plus délicate : passer de la démonstration technologique à l’industrialisation à grande échelle. Si elle réussit, ce fluide longtemps considéré comme une curiosité de laboratoire pourrait bien devenir un acteur clé de l’énergie de demain.