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Choses à Savoir TECH VERTE
L’Hôpital entame aussi sa transition écologique ?
Dans un domaine aussi sensible et spécifique que la santé, difficile de faire cohabiter les notions d’hygiène et d’écologie. Cependant, force est de constater que le milieu hospitalier génère une certaine pollution malgré toutes les précautions indispensables à prendre. Face à ce constat, certaines pratiques commencent à changer.
Opération « Zéro Emission Nette », c’est le nom -traduit en français bien sûr- du premier programme écolo au monde mené dans un hôpital, plus précisément à l’hôpital de Solihull dans le West Midlands en Angleterre. Fin mai, le personnel de l’établissement a réalisé une opération d’un cancer de l’intestin en réduisant ses émissions carbones, notamment en utilisant du liquide anesthésiant au lieu du gaz, réduisant ainsi l’usage des appareils électriques. Plus près de chez nous, en France, le CHU de Toulouse a mis en place je cite « un Green bloc » censé améliorer le traitement des déchets en salle d’opération. Dans le détail, ces derniers sont divisés en deux catégories : les Déchets Assimilés aux Ordures Ménagères (DAOM), et les Déchets d’Activité de Soins à Risques Infectieux (DASRI). En effet, ces deux types de déchets ne sont pas traités de la même manière. Si les DAOM sont compactés avant d’être incinérés, les DASRI eux ne le sont pas, ce qui génère plus de CO2. Autre point d’importance, le matériel à usage unique d’après la SFAR, ce qui permettrait je cite de « réduire de 53% le volume de déchets » s’il était mieux géré. À Marseille, les hôpitaux universitaires ont pour leur part décidé d’abandonner le protoxyde d’azote pour éviter de polluer inutilement.
Des mesures nécessaires donc étant donné que selon le site spécialisé reseau-chu.org, une opération générerait en moyenne 27 kg de déchets. Plus globalement le secteur hospitalier produirait plus de 700 000 tonnes de déchets par an d’après la SFAR, la société française d’anesthésie et de réanimation. En octobre 2021, le Ségur de la santé a fixé un objectif de réduction de la consommation énergétique dans les établissements de 40 % en 2030 et de 60 % en 2050. Selon l’ADEME, les établissements du secteur de la santé représentent 2 % de la consommation d’énergie nationale, notamment à cause du chauffage et de la climatisation.
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Une gigafactory pour batterie sodium-ion aux USA ?
02:24|Aux États-Unis, le sodium-ion veut sortir des laboratoires pour entrer dans l’ère industrielle. La start-up californienne Peak Energy prévoit de construire à Sacramento une immense usine de batteries destinées au stockage d’électricité à l’échelle des réseaux. Fondée en 2023, l’entreprise s’est spécialisée dans le stockage stationnaire, c’est-à-dire des batteries qui ne servent pas à faire rouler des véhicules, mais à conserver l’énergie produite par des centrales solaires ou éoliennes, puis à la restituer lorsque la demande augmente. Elles peuvent aussi alimenter des usines, des villes ou des centres de données en cas de coupure.Le projet, annoncé le 8 juillet 2026, doit voir le jour au Metro Air Park de Sacramento. Avec une superficie de 16 700 mètres carrés, le site entre dans la catégorie des gigafactories, ces usines capables de produire des batteries à très grande échelle. Peak Energy prévoit d’y fabriquer de vastes unités sodium-ion, comparables à des conteneurs maritimes et fonctionnant avec un refroidissement passif.La production doit commencer au premier trimestre 2027. À terme, l’usine assemblerait chaque année suffisamment de batteries pour atteindre une capacité cumulée de quatre gigawattheures, soit, selon Peak Energy, de quoi alimenter quatre millions de foyers. L’intérêt du sodium-ion tient d’abord à son coût. D’après Crystal Bethke, du Bureau de développement économique du comté de Sacramento, cette technologie réduirait de 20 % le prix du stockage tout en garantissant une disponibilité de 99 %. Elle présente également un avantage important en matière de sécurité. Sa chimie serait beaucoup plus stable que celle des batteries lithium-ion, réduisant presque totalement le risque d’incendie. Cette stabilité permet aussi de se passer de systèmes actifs de refroidissement, donc de limiter la consommation électrique interne et les besoins de maintenance.Autre atout : le sodium provient notamment du sel, une ressource abondante aux États-Unis. Peak Energy entend ainsi réduire la dépendance aux importations de lithium, de cobalt et de graphite, souvent liées à la Chine. Enfin, ces batteries fonctionneraient efficacement entre moins 40 et plus 55 degrés. Une résistance particulièrement utile pour les réseaux électriques, les parcs renouvelables et les data centers, qui recherchent des solutions fiables dans toutes les conditions.
Connecter les oscillateurs pour une IA 1000 fois plus économe ?
02:38|Et si l’intelligence artificielle cessait de dépendre de milliards de transistors pour s’appuyer sur un principe vieux comme les métronomes ? C’est le pari d’Unconventional AI, une start-up née des travaux de chercheurs du MIT et de Stanford. Son ambition : utiliser la synchronisation de systèmes physiques pour concevoir une IA jusqu’à mille fois moins énergivore que l’informatique classique.L’enjeu est considérable. Les générateurs d’images comme Midjourney ou Dall-E reposent souvent sur la diffusion. Le modèle part d’un bruit visuel, puis le transforme progressivement en image cohérente. Cette opération exige généralement entre vingt et cinquante étapes, parfois jusqu’à cent, même si les gains deviennent faibles au-delà d’un certain seuil. Répétée à l’échelle de millions de requêtes, elle entraîne une consommation électrique importante. Unconventional AI propose donc de changer de fondation. Les ordinateurs classiques utilisent des transistors, de minuscules interrupteurs qui passent du zéro au un. Chaque bascule consomme de l’énergie. La start-up mise, elle, sur des oscillateurs physiques : des éléments qui produisent un mouvement périodique, comme un métronome. Lorsqu’ils sont reliés, ces oscillateurs tendent naturellement à se synchroniser.En connectant des milliers d’entre eux selon le modèle mathématique de Kuramoto, l’entreprise affirme pouvoir réaliser des calculs complexes, notamment pour générer des images. Le traitement ne serait plus effectué uniquement par une succession d’opérations logiques, mais par l’évolution physique du système lui-même. Cette approche a donné naissance à Un-0, une première preuve de concept rendue publique sur GitHub. Le modèle utilise un réseau d’oscillateurs pour produire des images. Le projet réunit Sara Achour, professeure à Stanford, Michael Carbin, professeur associé au MIT, MeeLan Lee, ancienne ingénieure chez Google, et Naveen Rao, ancien responsable de l’intelligence artificielle chez Databricks.La promesse reste toutefois à confirmer. Un-0 n’est encore qu’une démonstration expérimentale. Transformer ce principe en matériel fiable, industrialisable et compétitif représente un défi immense. Mais à l’heure où l’IA devient toujours plus gourmande en énergie, cette piste intrigue. Plutôt que de forcer les machines à calculer davantage, Unconventional AI propose de laisser la physique travailler. Et peut-être, demain, les modèles les plus sobres fonctionneront-ils au rythme de milliers de métronomes invisibles.
Electrique : les taxes n’ont pas arrêté les constructeurs chinois ?
02:26|À l’été 2024, l’Union européenne décidait de surtaxer les voitures électriques fabriquées en Chine. L’objectif était clair : ralentir la progression des constructeurs chinois sur le marché européen et protéger davantage l’industrie automobile du continent. Deux ans plus tard, le bilan apparaît pour le moins contrasté.Selon une étude de l’organisation Transport & Environment, les véhicules électriques produits en Chine représentaient 22 % des ventes européennes en 2024, contre 17 % au premier trimestre 2026. À première vue, les droits de douane semblent donc avoir produit un effet. Mais cette baisse en proportion masque une autre réalité : le nombre de véhicules concernés reste pratiquement stable, autour de 350 000 unités par an. Si leur part recule, c’est surtout parce que le marché européen de l’électrique continue de grandir.Les marques chinoises ont également adapté leur stratégie. Pour échapper aux surtaxes visant les modèles entièrement électriques, elles ont fortement développé leur offre de véhicules hybrides. Leur part de ce marché est ainsi passée de 3 % en 2024 à 13 % en Europe. Plusieurs constructeurs préparent aussi une implantation industrielle directe dans l’Union européenne, ce qui permettrait de produire localement et de contourner les taxes appliquées aux importations.Autre effet inattendu : les mesures européennes pénalisent davantage Tesla et certaines marques européennes que leurs concurrentes chinoises. Aujourd’hui, les constructeurs chinois représentent 54 % des voitures fabriquées en Chine puis importées en Europe. En 2021, cette proportion n’était que de 15 %. Tesla compte encore pour 19 % des véhicules chinois vendus sur le marché européen. En revanche, la part des marques européennes produisant en Chine s’est nettement contractée : elle est passée de 38 % en 2024 à seulement 23 % au premier trimestre 2026.Cette progression des groupes chinois s’explique en grande partie par leur compétitivité. Malgré les surtaxes, leurs voitures restent en moyenne 21 % moins chères que les modèles proposés par les marques européennes. Les droits de douane ont donc modifié les flux commerciaux, mais sans véritablement freiner les constructeurs chinois. Ces derniers ont diversifié leurs motorisations, réorganisé leur production et continué à miser sur leur principal avantage : des prix difficiles à concurrencer.
Une pile française au sucre, et sans aucun métal ?
02:33|Produire de l’électricité avec du sucre, de l’air et des enzymes : c’est la technologie développée par BeFC, une jeune entreprise grenobloise issue de vingt années de recherche au CNRS et à l’Université Grenoble Alpes. Présentée récemment à VivaTech, sa pile se distingue par ce qu’elle ne contient pas : ni lithium, ni cobalt, ni plomb, ni aucun autre métal.Son fonctionnement repose sur une réaction d’oxydoréduction entre une anode et une cathode. C’est le principe électrochimique classique d’une pile, mais ici, le glucose fournit les électrons, tandis que l’oxygène ambiant et les enzymes permettent de produire le courant. Une molécule de sucre contient vingt-quatre électrons. BeFC n’en exploite actuellement que deux, mais obtient déjà des performances proches de celles d’une pile bouton. Le dispositif prend la forme d’un film souple d’environ un millimètre d’épaisseur, imprimé sur du papier avec une encre conductrice à base de carbone. L’entreprise vise désormais 700 microns. Cette pile ne risque ni de fuir, ni de prendre feu, ni d’exploser. Techniquement, il s’agit d’une pile à combustible biologique plutôt que d’une batterie. Elle peut donc finir avec les déchets ordinaires sans présenter les mêmes dangers que les piles au lithium.L’enjeu concerne notamment les objets jetables. Un test de grossesse numérique, par exemple, contient souvent une pile bouton qui termine dans les ordures ménagères. Avec la technologie de BeFC, l’incinération revient essentiellement à brûler du papier et des substances non dangereuses. Les applications visées sont nombreuses : patchs de température, suivi du glucose, poches de stomie connectées, bandages intelligents, mais aussi traçabilité des colis. La pile peut alimenter des capteurs mesurant les chocs, la température ou l’ouverture d’un paquet, puis transmettre les données par NFC, Bluetooth, LoRaWAN, Sigfox ou radio.BeFC travaille déjà avec DS Smith, Medtronic et Capitainer. Son autonomie, autrefois limitée à quelques jours, atteint désormais environ un mois et demi. Après avoir levé 16 millions d’euros en 2023, l’entreprise cherche aujourd’hui 8 millions supplémentaires pour industrialiser sa solution et descendre sous un euro par pile. Son autre argument est stratégique : une fabrication entièrement française, dans une Europe encore très dépendante des métaux importés d’Asie.
Un cloud plus vert avec recyclage de chaleur en France ?
02:32|Scaleway renforce ses ambitions dans le calcul intensif. La filiale du groupe iliad vient d’officialiser le rachat de Qarnot, une entreprise française spécialisée dans le calcul haute performance, ou HPC. Cette technologie permet d’exécuter rapidement des simulations complexes utilisées dans l’automobile, l’aéronautique, l’énergie, l’industrie ou les sciences de la vie.Avec cette acquisition, Scaleway affirme devenir le seul acteur européen capable de réunir, sur une même plateforme, des services de cloud, d’intelligence artificielle et de calcul haute performance. L’opération présente également un enjeu de souveraineté numérique. Scaleway et Qarnot sont deux entreprises européennes soumises au droit du continent, et non à des législations extraterritoriales susceptibles d’obliger un fournisseur à transmettre des données à un gouvernement étranger. Cela n’exclut évidemment pas qu’une autorité européenne puisse demander un accès pour des raisons de sécurité.Les deux sociétés partagent aussi une culture de l’open source. Elles utilisent notamment les standards de l’Open Compute Project, un ensemble de spécifications publiques et collaboratives permettant de concevoir des infrastructures informatiques sans dépendre entièrement de technologies propriétaires. Qarnot dispose déjà d’une clientèle solide, avec MaiaSpace, Alpine Racing, Natixis ou ATR Aircraft. Sa plateforme de HPC à la demande permet à ces entreprises de réduire certains cycles de validation de plusieurs jours à quelques heures, tout en accédant à davantage de puissance qu’avec leurs propres équipements internes.Mais son principal atout se trouve dans la gestion de la chaleur. Qarnot utilise un système breveté de refroidissement liquide direct capable de récupérer jusqu’à 95 % de l’énergie thermique produite par les serveurs. Cette chaleur peut ensuite alimenter des réseaux urbains, des bâtiments publics, des sites industriels ou chauffer l’eau de piscines. À Brescia, en Italie, une infrastructure HPC a déjà été raccordée au réseau de chaleur local avec l’énergéticien A2A. Selon Qarnot, ce procédé permet à ses clients de réduire de 80 % l’empreinte carbone de leurs simulations. Pour Scaleway, l’objectif est désormais de consommer l’énergie une seule fois, mais de l’utiliser deux fois : d’abord pour calculer, ensuite pour chauffer. Le groupe veut ainsi démontrer que souveraineté numérique et sobriété énergétique peuvent progresser ensemble.
Bientôt des satellites miroirs géants ?
02:31|Et si la nuit n’était plus tout à fait noire ? La start-up californienne Reflect Orbital veut installer en orbite des miroirs géants capables de renvoyer la lumière du Soleil vers la Terre après son coucher. L’objectif serait d’alimenter des centrales photovoltaïques plus longtemps ou d’éclairer des zones sinistrées pour faciliter les secours.À terme, l’entreprise imagine une ceinture de plus de 50 000 satellites réfléchissants autour de la planète. Une ambition encore lointaine, mais qui vient de franchir une première étape. Le jeudi 9 juillet, l’autorité américaine des télécommunications, la FCC, a autorisé le lancement d’un satellite expérimental baptisé Earendil-1. Celui-ci emportera un miroir orientable de 5,5 mètres de côté. Pour justifier son feu vert, la FCC s’appuie sur le Communications Act, qui l’invite à favoriser les nouvelles technologies susceptibles de servir l’intérêt général. Mais cette décision a immédiatement ravivé les inquiétudes des astronomes.L’American Astronomical Society évoque plusieurs risques : un possible danger pour les yeux des astronomes amateurs observant au télescope, un éblouissement soudain pour les pilotes ou les automobilistes, ainsi que des perturbations pour les grands observatoires scientifiques. La FCC répond que sa mission principale concerne l’utilisation des fréquences radio, et non les effets de la lumière réfléchie. Elle estime par ailleurs que ces incidents restent peu probables. La contestation dépasse cependant la seule astronomie. La Royal Astronomical Society et l’Observatoire européen austral redoutent une aggravation de la pollution lumineuse, susceptible de gêner les observations mais aussi de perturber des centaines d’espèces animales dépendantes de l’alternance naturelle entre le jour et la nuit. Le 8 juillet, plusieurs organisations environnementales, dont Earthjustice et DarkSky International, ont demandé à la FCC d’imposer une étude d’impact complète avant toute nouvelle autorisation de centre de données orbital. Elles alertent également sur de possibles effets sur la couche d’ozone, la stratosphère et la qualité du ciel nocturne. Pendant ce temps, les projets se multiplient. SpaceX demande l’autorisation de déployer 100 000 nouveaux satellites Starlink, tandis que le projet Starmind évoque un million de data centers en orbite. Reflect Orbital prévoit, elle, de lancer Earendil-1 avant la fin de l’année et promet d’éviter les observatoires. Reste à savoir si une telle précaution suffira.
Canicule : un site gratuit dit exactement quand ouvrir vos fenêtres ?
02:26|En période de canicule, quelques minutes peuvent faire toute la différence. Ouvrir les fenêtres trop tard, alors que l’air extérieur s’est déjà réchauffé, revient parfois à inviter la chaleur chez soi. Pour aider les habitants à choisir le bon moment, une application gratuite baptisée NADIR indique quand aérer, puis quand tout refermer.Accessible depuis n’importe quel navigateur et également disponible sur iOS, l’outil demande d’abord quelques informations : la ville ou la position de l’utilisateur, la température mesurée dans le logement, l’inertie des murs, la puissance de la ventilation et l’orientation des façades. L’inertie désigne ici la capacité d’un bâtiment à conserver la fraîcheur ou, au contraire, la chaleur. Les occupants d’un appartement traversant peuvent renseigner deux orientations différentes afin d’affiner la simulation. NADIR associe ensuite ces données aux prévisions météorologiques heure par heure fournies par Open-Meteo. L’application simule l’évolution probable de la température intérieure pendant un peu plus de vingt-quatre heures. Elle affiche une recommandation immédiate, les horaires conseillés pour ouvrir et fermer, ainsi qu’un graphique comparant la température extérieure à celle estimée dans le logement.L’outil peut même déconseiller toute aération lorsque la nuit reste trop chaude. Il estime également le nombre de degrés susceptibles d’être gagnés au moment du pic de chaleur, en fonction de l’heure choisie, de l’inertie du bâtiment et de la ventilation disponible. Un second créneau d’ouverture peut être proposé, tandis qu’une humidité extérieure élevée peut rendre l’aération moins avantageuse. Les calculs sont effectués directement dans le navigateur. Seules les coordonnées nécessaires aux prévisions météorologiques sont transmises à Open-Meteo.NADIR a été développé par Solal Gendrin, un Villeurbannais de 28 ans, également conseiller écologiste à la Métropole de Lyon. Il avait déjà créé Lyon Pocket, consacré aux transports lyonnais, ainsi que TCL 2040 et OpenProjets. Comme ces précédents services, NADIR est gratuit, sans publicité, sans inscription et sans collecte de données personnelles. Ses résultats restent indicatifs : l’application ne connaît ni l’isolation exacte du logement ni la force réelle du vent. Elle affine néanmoins le conseil de l’ADEME : ouvrir quand l’air extérieur devient plus frais, puis refermer avant le retour de la chaleur.
La France veut construire 11 parcs éoliens en mer ?
02:25|Bruxelles vient de donner son feu vert à un vaste programme français de soutien à l’éolien en mer. Autorisé lundi 13 juillet, ce dispositif représente 63 milliards d’euros d’aides réparties sur vingt-cinq ans. Il doit accompagner la construction et l’exploitation de onze parcs offshore en mer du Nord, dans l’Atlantique et en Méditerranée.À terme, ces installations pourraient atteindre une puissance cumulée de 11,1 gigawatts et produire jusqu’à 47,8 térawattheures d’électricité renouvelable chaque année. Cela représenterait environ 10,6 % de la consommation électrique annuelle française. La répartition des parcs sur trois façades maritimes doit également limiter les risques liés aux conditions météorologiques, aux infrastructures portuaires et à l’organisation des chantiers.Le mécanisme de financement retenu repose sur des appels d’offres transparents et ouverts à tous les candidats. Chaque opérateur proposera un prix cible auquel il souhaite vendre son électricité. Une fois le contrat attribué, ce tarif sera comparé régulièrement au prix réel observé sur le marché. Ce système porte un nom : le contrat sur différence bidirectionnel. Son fonctionnement est relativement simple. Lorsque le prix du marché descend sous le tarif prévu, l’État verse la différence à l’exploitant afin de stabiliser ses revenus et de sécuriser l’investissement. Mais lorsque le prix du marché dépasse le niveau fixé, l’opérateur reverse le surplus aux autorités françaises.Le dispositif partage donc le risque entre la puissance publique et les producteurs, plutôt que d’accorder une subvention sans contrepartie. Une limite est toutefois prévue : aucune compensation ne sera versée lorsque les prix de l’électricité deviennent négatifs. Avant d’autoriser ce programme, la Commission européenne a vérifié sa conformité avec le CISAF, le cadre adopté le 25 juin 2025 pour soutenir l’industrie propre, les énergies renouvelables et la décarbonation. Bruxelles estime que les aides françaises sont nécessaires, adaptées et proportionnées au regard des règles du marché intérieur. Parmi les onze parcs concernés, trois bénéficiaient déjà d’un précédent régime d’aides approuvé en août 2025. Le nouveau dispositif vient désormais le remplacer. Pour Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission, cette décision confirme l’engagement de la France vers un système énergétique entièrement décarboné.
Les climatiseurs « propres » débarquent en Europe ?
02:41|Face à la multiplication des vagues de chaleur, chercheurs et industriels tentent de réinventer la climatisation. Leur objectif : refroidir les bâtiments sans utiliser les gaz ni les fluides frigorigènes des appareils conventionnels. L’enjeu devient urgent. Fin juin, les températures ont dépassé 40 degrés dans une grande partie de la France, lors du troisième épisode de chaleur de l’année. Ventilateurs et climatiseurs portables ont alors été pris d’assaut, jusqu’à épuisement de certains stocks.L’Europe reste pourtant relativement peu équipée. Environ 20 % des foyers disposent de la climatisation, contre près de 90 % aux États-Unis et seulement 4 % au Royaume-Uni. Cette proportion devrait augmenter avec la fréquence des canicules. Il ne s’agit pas seulement de confort : en 2019, l’accès au refroidissement aurait permis d’éviter près de 200 000 décès prématurés parmi les plus de 65 ans dans le monde. Mais les climatiseurs classiques posent un problème environnemental. Le refroidissement représente déjà environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment à cause de l’électricité consommée. Cette demande énergétique pourrait plus que tripler d’ici 2050. La France bénéficie d’une électricité majoritairement bas carbone, mais ce n’est pas le cas partout en Europe.Autre difficulté : les gaz fluorés utilisés comme réfrigérants. En cas de fuite, certains peuvent réchauffer l’atmosphère des milliers de fois plus que le CO₂. L’Union européenne a donc décidé en 2024 de les supprimer progressivement. Une piste prometteuse consiste à utiliser le refroidissement à l’état solide. Ici, aucun fluide ne circule : certains matériaux changent simplement de température lorsqu’ils sont étirés, comprimés ou soumis à un courant électrique ou à un champ magnétique.À l’université de la Sarre, en Allemagne, une équipe dirigée par Paul Motzki teste ainsi des alliages de nickel et de titane. Étirés puis relâchés, ils pourraient abaisser la température intérieure de 5 à 10 degrés. Les chercheurs collaborent avec l’entreprise irlandaise Exergyn pour envisager un déploiement dans des bâtiments neufs. D’autres solutions émergent. Mimic Systems teste une pompe à chaleur à semi-conducteurs à Vancouver. En France, Leviathan Dynamics développe le Golgoth, capable de chauffer comme de refroidir. Magnotherm mise sur les champs magnétiques, tandis que la société britannique Barocal travaille sur des cristaux plastiques libérant de la chaleur sous pression.