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Choses à Savoir SCIENCES
Comment une femme subalterne a-t-elle conduit à une découverte majeure en cosmologie ?
À la fin du XIXe siècle, l’observatoire de Harvard, aux États-Unis, accumule des milliers de photographies du ciel. Problème : il faut ensuite examiner ces plaques de verre, identifier les étoiles et mesurer leur luminosité. Un travail extrêmement répétitif.
Pour l’effectuer, l’observatoire recrute principalement des femmes. On les appelle les « Harvard Computers », autrement dit les « calculatrices de Harvard ».
À l’époque, ce travail est considéré comme subalterne. Ces femmes sont nettement moins payées que les astronomes masculins et n’ont généralement pas accès aux télescopes. Pourtant, parmi elles se trouve une femme qui va fournir l’un des outils les plus importants de l’astronomie moderne : Henrietta Swan Leavitt.
Leavitt étudie notamment des étoiles particulières appelées Céphéides. Leur luminosité n’est pas constante : elles deviennent régulièrement plus brillantes, puis plus faibles. Elles « pulsent » en quelque sorte selon un rythme précis.
En examinant des Céphéides situées dans le Petit Nuage de Magellan, une galaxie satellite de la Voie lactée, Leavitt remarque quelque chose d’extraordinaire.
Plus une Céphéide met du temps à effectuer un cycle complet, plus elle est réellement lumineuse.
Autrement dit, il existe une relation mathématique entre la période de pulsation de l’étoile et sa luminosité intrinsèque.
Pourquoi est-ce si important ?
Parce que cela permet de mesurer des distances dans l’Univers.
Imaginez que vous connaissiez la puissance réelle d’une ampoule. Si elle vous paraît très faible, vous pouvez en déduire qu’elle est éloignée. C’est exactement le principe utilisé avec les Céphéides.
En mesurant leur période de pulsation, les astronomes peuvent déterminer leur luminosité réelle. Puis, en comparant celle-ci à la luminosité observée depuis la Terre, ils peuvent calculer leur distance.
Les Céphéides deviennent ainsi de véritables « chandelles standards » cosmiques.
Et cette découverte va avoir des conséquences immenses.
Dans les années 1920, Edwin Hubble utilise notamment les Céphéides pour établir que certaines « nébuleuses » sont en réalité des galaxies situées très loin en dehors de la Voie lactée.
Puis, en combinant les distances des galaxies avec les mesures de leur décalage vers le rouge, Hubble met en évidence en 1929 une relation fondamentale : plus une galaxie est éloignée, plus elle s’éloigne rapidement de nous.
C’est l’une des grandes preuves de l’expansion de l’Univers.
Ainsi, une tâche répétitive, mal payée et considérée comme secondaire a fourni l’un des instruments essentiels permettant de mesurer l’Univers.
Et derrière cette révolution se trouvait une femme longtemps restée dans l’ombre : Henrietta Swan Leavitt.
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Pourquoi la Lune aurait-elle pu naître en seulement cinq heures ?
02:12|On pensait jusqu’ici que la naissance de la Lune avait été une histoire relativement longue. Mais des simulations informatiques suggèrent un scénario beaucoup plus spectaculaire : notre satellite aurait pu se former, pour l’essentiel, en quelques heures seulement.Pour comprendre, remontons environ 4,5 milliards d’années en arrière.La Terre est alors très jeune. Selon l’hypothèse aujourd’hui dominante, elle entre en collision avec un autre astre, souvent appelé Théia, probablement de taille comparable à Mars. Le choc est gigantesque. Une partie des roches des deux corps est projetée dans l’espace.Dans le scénario classique, ces matériaux forment d’abord un immense disque de débris autour de la Terre. Puis, progressivement, sous l’effet de la gravité, les morceaux s’agglomèrent. Après des mois, voire des années, ils finissent par former la Lune.Mais des chercheurs de la NASA et de l’université de Durham ont réalisé des simulations beaucoup plus détaillées de cette collision. Et ils ont découvert qu’un autre scénario était possible.Dans certaines simulations, l’impact arrache immédiatement une énorme quantité de matière. Celle-ci ne forme pas seulement une multitude de petits débris : elle s’assemble très rapidement en un corps de taille comparable à la Lune.Plus étonnant encore, ce corps peut être placé directement sur une orbite suffisamment éloignée de la Terre pour survivre.Tout cela se déroule en quelques heures. Dans certaines simulations, environ cinq heures après la collision, un objet ressemblant déjà fortement à notre Lune existe autour de la Terre.Pourquoi cette découverte est-elle importante ?Parce qu’elle pourrait résoudre une vieille énigme.Les roches rapportées par les missions Apollo ont montré que la composition de la Lune ressemble énormément à celle du manteau terrestre. Or, dans certains anciens modèles de l’impact géant, la Lune devait être constituée en grande partie de matière provenant de Théia. Il fallait donc expliquer pourquoi Terre et Lune étaient chimiquement si semblables.Dans le nouveau scénario, une proportion importante de matière terrestre peut être directement incorporée dans la future Lune. Leur ressemblance devient alors plus facile à expliquer.Attention cependant : cette simulation ne prouve pas que la Lune s’est réellement formée en cinq heures.Elle démontre qu’un tel scénario est physiquement possible.La naissance de la Lune n’aurait donc peut-être pas ressemblé à une lente construction à partir de millions de débris. Elle aurait pu être extraordinairement brutale : une collision titanesque, quelques heures de chaos gravitationnel… et, autour de la jeune Terre, une Lune déjà presque formée.
Combien de litres d’urine contient une piscine ?
02:07|La question peut faire sourire, mais des chercheurs de l’Université de l’Alberta, au Canada, ont réellement tenté d’y répondre. Et pour cela, ils ont utilisé une méthode particulièrement ingénieuse : ils n’ont pas recherché directement l’urine, mais… un édulcorant artificiel.L’étude, publiée en 2017 dans la revue Environmental Science & Technology Letters, portait sur plus de 250 échantillons d’eau provenant de 31 piscines et bains à remous de deux villes canadiennes.Le problème des scientifiques était le suivant : comment savoir quelle quantité d’urine a été introduite dans une piscine ?L’urine se mélange immédiatement à des centaines de milliers de litres d’eau et ses composants peuvent être transformés par les produits désinfectants. Il fallait donc trouver une substance présente dans l’urine mais suffisamment stable pour rester détectable.Les chercheurs ont choisi l’acésulfame K.Il s’agit d’un édulcorant artificiel présent dans de nombreux aliments et boissons sans sucre. Son intérêt est que notre organisme ne le métabolise pratiquement pas. Après avoir été consommé, il est absorbé puis éliminé dans les urines sous une forme quasiment inchangée.L’acésulfame K peut donc servir de véritable marqueur chimique de l’urine.Et les chercheurs en ont retrouvé dans tous les échantillons provenant des piscines et bains à remous étudiés, parfois à des concentrations jusqu’à 570 fois supérieures à celles de l’eau du robinet utilisée pour les remplir.Ils ont ensuite suivi deux piscines pendant trois semaines.La première contenait environ 420 000 litres d’eau. Les chercheurs ont estimé qu’environ 30 litres d’urine avaient été nécessaires pour expliquer la concentration d’acésulfame K mesurée.La seconde piscine était deux fois plus grande, avec environ 830 000 litres d’eau. Cette fois, l’estimation atteignait environ 75 litres d’urine.Cela représente moins d’un centième de pour cent du volume total de la piscine. Mais le problème n’est pas seulement psychologique.L’urine contient notamment de l’urée, de l’ammoniaque et des acides aminés. Ces molécules peuvent réagir avec le chlore et produire différents sous-produits de désinfection, notamment des chloramines. Certaines sont responsables de l’irritation des yeux et des voies respiratoires que l’on peut ressentir dans les piscines.Il faut toutefois préciser que les chiffres de 30 et 75 litres restent des estimations. Ils dépendent notamment de la quantité moyenne d’acésulfame K présente dans l’urine humaine.Mais cette expérience démontre au moins une chose : lorsqu’on demande aux nageurs de passer aux toilettes avant d’entrer dans une piscine, ce n’est pas seulement une question de savoir-vivre. C’est aussi une question de chimie.

Les chimpanzés prennent-ils l’apéro ?
02:10|Une scène aussi surprenante que cocasse a récemment été filmée dans le parc national de Cantanhez, en Guinée-Bissau : des chimpanzés en train de partager des fruits fermentés, riches en sucre… et en alcool. Non, ce n’est pas un montage viral ou une publicité décalée, mais bien le sujet d’une étude scientifique sérieuse, publiée par des chercheurs de l’Université d’Exeter dans la revue Current Biology.Des “apéros” qui durent depuis 2015Depuis près de dix ans, les primatologues observent chez ces chimpanzés sauvages un comportement inhabituel : ils consomment régulièrement des fruits fermentés tombés au sol, qui contiennent un faible taux d’éthanol. Mais au-delà de l’ingestion d’alcool, c’est le rituel collectif qui intrigue les chercheurs. Dans plusieurs vidéos partagées sur les réseaux sociaux, on voit clairement les primates se rassembler pour ce moment, parfois même se passer les fruits, comme on partagerait un verre.Un plaisir… ou un outil social ?Chez l’humain, consommer de l’alcool active les circuits de la dopamine et des endorphines, favorisant le bien-être et la cohésion sociale. L’autrice principale de l’étude, Anna Bowland, s’interroge : « Et si les chimpanzés obtenaient les mêmes effets que nous ? Et si cette habitude avait une fonction sociale ? »En effet, contrairement à d’autres aliments, les chimpanzés ne partagent pas systématiquement leur nourriture. Or ici, ils semblent volontairement se réunir pour consommer ensemble des produits fermentés. De quoi suggérer que cette pratique pourrait renforcer les liens sociaux ou jouer un rôle dans la hiérarchie du groupe.Peu d’alcool, mais beaucoup d’intérêtPrécision importante : les quantités d’alcool ingérées restent faibles. Les chimpanzés ne cherchent pas à se saouler, ce qui irait à l’encontre de leur instinct de survie. Il ne s’agirait donc pas de simples comportements hédonistes, mais d’un rituel social ancien, potentiellement hérité d’un ancêtre commun aux singes et aux humains.Vers une origine ancestrale de l’apéro ?Ce que cette étude suggère, c’est que l’acte de boire ensemble, codifié chez l’humain en apéritif, barbecue ou pot de départ, pourrait plonger ses racines dans une histoire évolutive profonde. Peut-être que bien avant les verres de rosé et les cacahuètes, nos ancêtres partageaient déjà… un fruit un peu trop mûr.Prochaine étape pour les chercheurs : comprendre les effets physiologiques de ces "apéros" sur le comportement des chimpanzés, et confirmer si cette tradition, en apparence légère, est en fait un pilier ancestral de la sociabilité. Santé ! ?
Quel message secret figure sur l'obélisque de la Concorde ?
02:45|Depuis près de deux siècles, les Parisiens passent devant l’obélisque de la place de la Concorde sans prêter attention aux mystérieux hiéroglyphes gravés à son sommet. Et pourtant, un fragment de l’histoire de l’Égypte antique y sommeillait, à plus de 20 mètres de hauteur, resté invisible aux regards et incompris des savants… jusqu’à aujourd’hui. Grâce aux nouvelles technologies et au travail méticuleux d’un égyptologue français, ce message crypté vient d’être déchiffré, révélant un pan oublié du symbolisme royal égyptien.Un monument prestigieux au cœur de ParisL’obélisque de la Concorde, érigé en 1836, est un cadeau du vice-roi d’Égypte Méhémet Ali à la France. Il provient du temple de Louxor, et date du XIIIe siècle av. J.-C., sous le règne de Ramsès II. Haut de 23 mètres, il est couvert de hiéroglyphes vantant la gloire du pharaon. Mais en haut de l’obélisque, difficilement lisibles depuis le sol, certains signes avaient jusque-là échappé à l’interprétation.Un message resté invisible pendant près de 200 ansC’est Jean-François Delorme, égyptologue et spécialiste des textes religieux du Nouvel Empire, qui a récemment attiré l’attention de la communauté scientifique sur une séquence de hiéroglyphes atypique au sommet du monolithe. Grâce à l’usage de drones équipés de caméras à haute résolution, il a pu photographier en détail les inscriptions situées sur les parties les plus inaccessibles du monument.Ce qu’il découvre alors dépasse les formules classiques de glorification du pharaon. Il s’agit d’une formule magique de protection, adressée aux dieux Rê et Amon, censée préserver à jamais la mémoire du roi et sceller l’unité symbolique entre le ciel et la terre. Ce type de texte, rarement placé si haut, pourrait avoir eu une valeur rituelle spécifique : être le premier message lu par le soleil à l’aube.Une symbolique cosmique oubliéeSelon Delorme, cette prière gravée à plus de 20 mètres du sol aurait été volontairement dissimulée à la vue humaine pour ne s’adresser qu’aux dieux. L’obélisque, qui symbolisait déjà un rayon de soleil pétrifié, devient alors un canal entre le monde des hommes et celui des divinités solaires. Une dimension sacrée que les Français du XIXe siècle, fascinés par l’esthétique de l’Égypte, n’avaient pas pleinement comprise.Une redécouverte qui relie Paris à ThèbesCette découverte redonne à l’obélisque de la Concorde une profondeur religieuse et cosmique oubliée depuis des millénaires. Elle illustre à quel point l’Égypte ancienne continue de révéler ses secrets, même au cœur d’une capitale moderne. Un message sacré, longtemps muet, vient enfin de retrouver sa voix… en plein centre de Paris.
Qu’est-ce qu’un vaisseau générationnel ?
02:34|Un vaisseau générationnel (ou vaisseau interstellaire générationnel) est un concept théorique en astronomie et en ingénierie spatiale, désignant un vaisseau spatial conçu pour transporter des humains vers d'autres systèmes stellaires sur une période de plusieurs générations. Ce type de vaisseau est proposé pour des voyages interstellaires où les distances sont si vastes que les durées de vol excéderaient la durée de vie humaine normale. Ainsi, les descendants des premiers passagers seraient ceux qui arriveraient à destination. Contexte et justification Les distances entre les étoiles, mesurées en années-lumière, sont tellement grandes que même en utilisant des technologies avancées, telles que des moteurs à fusion nucléaire ou des systèmes de propulsion par antimatière, il serait impossible de les parcourir en une seule vie humaine. Par exemple, le système stellaire le plus proche, Proxima Centauri, se trouve à environ 4,24 années-lumière de la Terre. Même à 10 % de la vitesse de la lumière, il faudrait plus de 40 ans pour l'atteindre. Par conséquent, les vaisseaux générationnels sont envisagés comme une solution pratique à long terme pour la colonisation interstellaire. Fonctionnement Dans un vaisseau générationnel, les occupants d'origine, souvent appelés les « colons initiaux », auraient des enfants qui, à leur tour, poursuivraient la mission. Cette chaîne de générations successives permettrait d'assurer la survie de l'équipage jusqu'à l'arrivée à destination. Le vaisseau serait conçu pour être autosuffisant sur une longue période, capable de recycler les ressources (eau, oxygène, nourriture) et de maintenir un écosystème fermé ou semi-fermé. Technologies clés :1. Systèmes de recyclage des ressources : Pour garantir une autosuffisance, des technologies comme des systèmes en boucle fermée pour l'oxygène et l'eau, et des biosphères artificielles pour la nourriture, seraient essentielles.2. Procréation et santé : La gestion de la reproduction et de la santé des générations successives serait critique. Cela inclurait la surveillance génétique pour éviter la dégénérescence, ainsi que des avancées médicales pour traiter les maladies sur plusieurs siècles.3. Résilience psychologique : Les défis psychologiques liés au confinement et à l'isolement extrême pendant des siècles nécessiteraient des innovations dans les soins mentaux et les structures sociales. Enjeux et défis Le concept de vaisseau générationnel soulève plusieurs défis techniques, éthiques et sociologiques :- Durabilité des systèmes : Tout système doit être capable de fonctionner pendant des siècles sans défaillance critique.- Évolution sociale : La société à bord du vaisseau pourrait évoluer de manière imprévisible, posant des questions quant à l'intégrité de la mission initiale.- Éthique de la reproduction : Imposer à des générations futures une vie à bord d'un vaisseau spatial soulève des questions éthiques sur le droit à l'autodétermination. En conclusion, le vaisseau générationnel est une solution théorique aux défis du voyage interstellaire, mais sa réalisation dépend de percées technologiques, biologiques et sociologiques significatives.
Où se trouve la plus haute montagne du système solaire ?
02:22|Quand on pense à une montagne géante, on imagine souvent Mount Everest, culminant à près de 8 849 mètres. Pourtant, dans le système solaire, cette montagne paraît presque modeste. Car le véritable record absolu se trouve sur Mars, et il écrase littéralement tous les autres reliefs connus.Cette montagne s’appelle Olympus Mons.Et ses dimensions sont vertigineuses.Olympus Mons culmine à environ 21 229 mètres au-dessus du niveau moyen martien, soit presque trois fois la hauteur de l’Everest. Mais ce n’est pas tout : sa base mesure environ 600 kilomètres de diamètre. À titre de comparaison, cela représente à peu près la distance entre Paris et Lyon.En réalité, Olympus Mons est un volcan gigantesque. Plus précisément, un volcan bouclier, formé par des coulées de lave très fluides qui se sont accumulées lentement pendant des millions d’années.Mais pourquoi ce volcan est-il devenu aussi énorme ?La réponse tient surtout aux particularités de Mars.Sur Terre, les plaques tectoniques se déplacent continuellement. Lorsqu’un volcan se forme au-dessus d’un point chaud, la croûte terrestre finit par bouger, ce qui déplace progressivement l’activité volcanique ailleurs. C’est ainsi que se forment par exemple les îles d’Hawaï.Sur Mars, en revanche, il n’existe quasiment pas de tectonique des plaques comme sur Terre. Le point chaud responsable d’Olympus Mons est donc resté sous le même endroit pendant des périodes immenses. Résultat : la lave a continué à s’accumuler exactement au même endroit pendant des centaines de millions d’années.Autre facteur important : la gravité martienne est beaucoup plus faible que celle de la Terre. Elle représente environ 38 % de la gravité terrestre. Les montagnes peuvent donc devenir beaucoup plus hautes avant de s’effondrer sous leur propre poids.Le sommet d’Olympus Mons possède même une immense caldeira, c’est-à-dire un cratère volcanique effondré, large d’environ 80 kilomètres.Et pourtant, malgré son gigantisme, aucune mission humaine ne l’a jamais approché. Même les sondes spatiales ne l’ont observé qu’à distance depuis l’orbite martienne. Aucun rover n’a encore exploré directement ses pentes.Ce qui est fascinant, c’est que cette montagne est si vaste qu’un astronaute placé à sa base aurait du mal à percevoir sa forme. Les pentes sont relativement douces et la courbure de Mars masquerait une partie du volcan.Ainsi, la plus haute montagne du système solaire se trouve sur un monde désertique et silencieux que l’humanité n’a toujours pas foulé. Un géant colossal, visible depuis l’espace, qui domine Mars depuis des millions d’années.
Pourquoi les arbres poussent-ils plus vite en ville qu’en forêt ?
02:28|On pourrait croire qu’un arbre pousse mieux en pleine forêt, entouré de nature. Pourtant, plusieurs études scientifiques montrent l’inverse : dans de nombreuses régions du monde, les arbres des villes grandissent plus vite que ceux des campagnes ou des forêts voisines. Une vaste étude menée par l’Université technique de Munich et publiée dans Nature Scientific Reports a confirmé ce phénomène étonnant.Les chercheurs ont étudié environ 1 400 arbres dans plusieurs grandes villes du monde, comme Paris, Berlin, Munich, Hanoï ou encore Le Cap. Pour chaque ville, ils ont comparé des arbres urbains avec les mêmes espèces vivant dans les zones rurales voisines. Résultat : les arbres urbains étaient en moyenne beaucoup plus grands au même âge. Certains poussaient jusqu’à quatre fois plus vite.La principale explication est ce qu’on appelle “l’effet d’îlot de chaleur urbain”. Les villes emmagasinent énormément de chaleur à cause du béton, de l’asphalte et des bâtiments. Résultat : les températures y sont souvent de 3 à 10 degrés plus élevées que dans les campagnes voisines.Or, les arbres aiment la chaleur… jusqu’à une certaine limite. Une température plus élevée stimule la photosynthèse, le mécanisme par lequel les végétaux utilisent la lumière du Soleil pour produire leur énergie. En ville, la saison de croissance commence donc plus tôt au printemps et se termine plus tard à l’automne. Les arbres disposent de davantage de temps pour pousser chaque année.Le dioxyde de carbone joue aussi un rôle. Les villes contiennent davantage de CO₂ à cause de la circulation et des activités humaines. Or, le CO₂ est littéralement la nourriture des plantes. En quelque sorte, les arbres urbains vivent dans une atmosphère plus “fertilisée”.Autre facteur : dans les rues ou les parcs, les arbres ont souvent moins de concurrence directe qu’en forêt. En forêt, les arbres se battent pour la lumière, l’eau et les nutriments. En ville, un arbre isolé reçoit parfois davantage de soleil.Mais cette croissance rapide a un prix. Les chercheurs soulignent que les arbres urbains vieillissent souvent plus vite. Leur bois peut être moins dense et donc plus fragile. La pollution, le manque d’eau, les sols compactés ou les canicules créent aussi un stress important.Autrement dit, les arbres des villes grandissent plus rapidement… mais pas forcément dans de meilleures conditions. C’est un peu comme s’ils vivaient une vie accélérée.Cette découverte illustre aussi un phénomène plus large : le changement climatique modifie profondément la croissance des arbres partout sur Terre. Certaines forêts poussent plus vite qu’autrefois, mais elles deviennent parfois aussi plus vulnérables aux sécheresses, aux tempêtes ou aux maladies.