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Choses à Savoir SANTE

Peut-on devenir allergique à l’âge adulte ?

Oui, et bien plus souvent qu’on ne le croit. On associe souvent les allergies à l’enfance, mais il est tout à fait possible – et même fréquent – de développer des allergies à l’âge adulte, parfois sans antécédent allergique connu.


Une allergie, c’est une réaction excessive du système immunitaire face à une substance normalement inoffensive : pollen, poils d’animaux, acariens, aliments, médicaments… Cette réaction résulte d’une sensibilisation préalable, c’est-à-dire d’un contact avec l’allergène qui a « éduqué » le système immunitaire à considérer cette substance comme une menace.


Ce phénomène est désormais bien documenté. Une étude publiée en 2019 dans la revue JAMA Network Open a révélé que près de 11 % des adultes américains souffrent d’une allergie alimentaire, et qu’environ la moitié d’entre eux ont développé cette allergie à l’âge adulte. Parmi les allergies apparues tardivement, les plus fréquentes concernent les fruits de mer, le lait, le blé ou les fruits à coque. L’étude souligne que ces réactions ne doivent pas être minimisées, car elles peuvent aller jusqu’au choc anaphylactique.


Mais pourquoi cette sensibilisation se produit-elle parfois à 30, 40 ou 50 ans ? Plusieurs hypothèses existent. D’abord, notre environnement joue un rôle clé. Nous sommes de plus en plus exposés à des substances allergènes dans nos logements, notre alimentation ou nos lieux de travail. La pollution de l’air, en particulier les particules fines, semble augmenter la perméabilité des muqueuses respiratoires, favorisant la pénétration des allergènes.


Ensuite, le système immunitaire évolue tout au long de la vie. Il peut devenir plus sensible avec le temps, ou au contraire moins efficace à faire la différence entre les substances inoffensives et dangereuses. Des changements hormonaux (comme ceux liés à une grossesse, à la ménopause ou à certaines maladies) peuvent aussi modifier la réponse immunitaire.


Les allergies croisées sont aussi à surveiller. Une personne allergique au pollen de bouleau peut, avec le temps, développer une intolérance aux pommes ou aux noisettes, en raison de la similarité des protéines impliquées.


Les symptômes ne diffèrent pas de ceux des allergies précoces : éternuements, démangeaisons, urticaire, difficultés respiratoires… Il est donc essentiel de consulter un allergologue pour confirmer le diagnostic grâce à des tests cutanés ou sanguins.


En somme, oui, on peut devenir allergique à l’âge adulte. C’est un phénomène en augmentation, à prendre au sérieux et pour lequel il existe aujourd’hui des solutions thérapeutiques efficaces.

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  • Pourquoi ne faut-il pas croire les calories affichées par votre montre connectée ?

    02:14|
    Vous venez de courir pendant une heure et votre montre connectée vous annonce fièrement : 600 calories brûlées. Mauvaise nouvelle : ce chiffre peut être assez éloigné de la réalité.C’est ce que montre une étude publiée en juillet 2026 dans la revue scientifique PLOS ONE.Des chercheurs de l’Université internationale de Floride, dirigés par le kinésiologue Jason Kostrna, ont testé quatre appareils très répandus : l’Apple Watch Series 8, la Garmin Forerunner 955, la Samsung Galaxy Watch 5 et la Fitbit Sense 2.58 adultes ont effectué un exercice sur un vélo d’appartement, à différentes intensités.Pendant l’effort, les chercheurs ont comparé les calories annoncées par les montres à celles mesurées par un appareil professionnel, le COSMED K5.Celui-ci utilise une technique appelée « calorimétrie indirecte ». Concrètement, il analyse notamment l’oxygène consommé et le dioxyde de carbone rejeté par la respiration. Cela permet d’estimer beaucoup plus précisément l’énergie réellement dépensée par l’organisme.Résultat : les montres étaient loin d’être parfaitement fiables.Selon les modèles, l’erreur absolue médiane sur les calories dépensées se situait autour de 15 à 25 %. Certains appareils avaient notamment tendance à surestimer la dépense énergétique.Pourquoi ?Parce qu’une montre ne mesure pas directement les calories. Elle les calcule à partir d’informations comme votre âge, votre sexe, votre poids, vos mouvements et surtout votre fréquence cardiaque.Cette dernière est généralement mesurée grâce à des LED situées sous la montre. Elles éclairent la peau et permettent de détecter les variations du volume sanguin provoquées par les battements du cœur. Cette technique s’appelle la photopléthysmographie.Mais le signal peut être perturbé par les mouvements, le contact de la montre avec la peau ou certaines caractéristiques corporelles.L’étude révèle justement un phénomène particulièrement intéressant : plus le pourcentage de graisse corporelle augmentait, plus l’erreur dans l’estimation des calories avait tendance à augmenter.Cela ne signifie pas que votre montre est inutile. Elle peut être très pratique pour suivre votre activité physique ou comparer vos entraînements au fil du temps.Le problème apparaît lorsqu’on considère son estimation calorique comme une mesure exacte.Imaginez que votre montre vous annonce 600 calories dépensées et que vous décidez de manger 600 calories supplémentaires pour « compenser ». Avec une erreur de 20 %, votre calcul peut rapidement devenir faux.La bonne façon d’utiliser ces chiffres est donc de les considérer comme des estimations, et surtout comme des outils de comparaison.Votre montre sait très bien compter les secondes.Pour les calories, en revanche, elle fait surtout… une estimation.
  • Qu’est-ce que l’effet Bouba/Kiki ?

    02:30|
    Pour tout comprendre ici il vous faut imaginer que je vous montre deux formes.La première est toute ronde, avec des courbes douces, alors que la seconde est hérissée de pointes et présente des angles très marqués.Et ensuite je vous demande maintenant laquelle s’appelle « Bouba » et laquelle s’appelle « Kiki ».Et bien vous avez probablement attribué le nom « Bouba » à la forme arrondie et « Kiki » à la forme pointue. Et vous n’êtes pas le seul.C’est ce que les psychologues appellent l’effet Bouba/Kiki !Il faut savoir que cette expérience est devenue célèbre grâce aux travaux du neuroscientifique Ramachandran et de son collègue Edward Hubbard, au début des années 2000, mais son principe est en réalité beaucoup plus ancien. Oui. Dès 1929, le psychologue Wolfgang Köhler avait observé un phénomène similaire avec les mots « takete » et « maluma ».Et ce qui est fascinant, c’est que les mots « Bouba » et « Kiki » sont inventés. Ils n’ont donc aucune signification préalable permettant de choisir logiquement une forme.Pourtant, une grande majorité des participants font spontanément la même association.Comment l'expliquer ?Et bien parce que notre cerveau ne traite probablement pas les sons et les images comme deux univers totalement indépendants. Certaines caractéristiques d’un son semblent naturellement correspondre à certaines caractéristiques visuelles.Prononcez par exemple « Kiki ». Les consonnes « k » sont brèves et relativement abruptes. Le mouvement de la bouche et la sonorité peuvent évoquer quelque chose de tranchant ou de discontinu. Cela correspond assez intuitivement aux angles de la forme pointue.À l’inverse, « Bouba » contient des sons plus doux et des voyelles qui s’accompagnent d’une articulation plus arrondie. Le mot semble donc mieux correspondre à une forme faite de courbes.On parle de correspondances intermodales : notre cerveau établit des liens entre des informations provenant de sens différents.Et l’effet ne se limite probablement pas à la vue et à l’audition. Des expériences montrent que nous associons également certains sons à des dimensions comme la taille, la luminosité ou encore certaines sensations tactiles.L’effet Bouba/Kiki remet ainsi en question une idée simple : celle selon laquelle le lien entre les mots et ce qu’ils désignent serait toujours complètement arbitraire.Bien sûr, appeler un chien « chien » ou une table « table » dépend largement des conventions d’une langue. Mais certaines sonorités semblent posséder des caractéristiques qui orientent notre perception.
  • Pourquoi le mollet est-il surnommé le « deuxième cœur » ?

    01:54|
    On entend parfois dire que nous possédons un deuxième cœur, situé non pas dans la poitrine, mais dans les jambes. Il s’agit du mollet, et notamment d’un muscle appelé le soléaire.Évidemment, ce muscle ne remplace pas le cœur. Mais il joue un rôle étonnamment important pour aider le sang à remonter des jambes jusqu’à lui.Pour comprendre pourquoi, il faut se rappeler que le cœur propulse le sang dans les artères. Celui-ci descend ainsi facilement jusqu’aux pieds. Mais ensuite, il doit revenir vers le cœur par les veines.Et là, une difficulté apparaît : lorsque nous sommes debout, le sang doit remonter contre la gravité sur plus d’un mètre.C’est précisément ici qu’intervient le mollet.À chaque fois que nous marchons, courons ou bougeons les jambes, les muscles du mollet se contractent. Parmi eux se trouve le soléaire, un muscle large et profond situé derrière le tibia.Lorsqu’il se contracte, il comprime les veines qui passent dans la jambe. Cette pression agit un peu comme lorsqu’on presse un tube rempli de liquide : le sang contenu dans les veines est poussé vers le haut, en direction du cœur.Mais pourquoi ne redescend-il pas aussitôt ?Parce que nos veines possèdent de petites structures appelées valvules. Elles fonctionnent comme des portes à sens unique : elles permettent au sang de monter, puis se referment pour limiter son retour vers les pieds.Contractions musculaires et valvules travaillent donc ensemble. C’est ce qu’on appelle la « pompe musculaire du mollet », parfois surnommée « pompe veineuse ».Le mécanisme devient particulièrement efficace pendant la marche. À chaque pas, les muscles se contractent puis se relâchent. Le sang est ainsi chassé progressivement vers le cœur.À l’inverse, lorsque nous restons longtemps immobiles, surtout debout ou assis, cette pompe fonctionne beaucoup moins. Le sang a alors davantage tendance à stagner dans les jambes. C’est notamment ce qui peut contribuer à la sensation de jambes lourdes ou au gonflement des chevilles.Voilà également pourquoi bouger régulièrement les pieds et les jambes est recommandé lors d’un long voyage en avion ou lorsqu’on reste assis pendant plusieurs heures.Le terme de « deuxième cœur » est donc une métaphore. Le soléaire ne crée pas la circulation sanguine et ne possède évidemment pas les fonctions du cœur.Mais il l’assiste.À chacun de nos pas, nos mollets participent discrètement au retour du sang vers la poitrine.Autrement dit, marcher ne sert pas seulement à nous déplacer : chaque pas donne aussi un petit coup de pompe à notre circulation sanguine.
  • Pourquoi recommande-t-on de manger du riz blanc en cas de diarrhée ?

    01:48|
    C’est probablement l’un des conseils alimentaires les plus connus : lorsqu’on souffre de diarrhée, on recommande souvent de manger du riz blanc. Mais pourquoi exactement ? Est-ce simplement parce qu’il est facile à digérer, ou possède-t-il réellement une action sur le transit intestinal ?Pour le comprendre, rappelons d’abord ce qui se passe pendant une diarrhée.Normalement, lorsque les aliments progressent dans l’intestin, une grande partie de l’eau qu’ils contiennent est absorbée par la paroi intestinale. Mais en cas de diarrhée, ce mécanisme est perturbé. Le transit peut être accéléré et l’intestin peut sécréter davantage d’eau et d’électrolytes. Résultat : les selles contiennent beaucoup plus d’eau que d’habitude.Le riz blanc présente alors plusieurs avantages.D’abord, il est riche en amidon, un glucide complexe constitué de longues chaînes de glucose. Une fois digéré, le glucose peut être absorbé dans l’intestin en même temps que le sodium. Et ce transport du sodium et du glucose favorise indirectement l’absorption de l’eau.C’est d’ailleurs sur un principe similaire que reposent les solutions de réhydratation orale utilisées contre les diarrhées : elles contiennent notamment du glucose et des sels dans des proportions précises afin d’améliorer l’absorption de l’eau par l’intestin.Mais attention : manger du riz ne remplace pas une solution de réhydratation orale lorsqu’elle est nécessaire.Deuxième avantage : le riz blanc contient relativement peu de fibres, surtout lorsqu’on le compare au riz complet. Or certaines fibres peuvent augmenter le volume des selles et accélérer le transit. Pendant un épisode de diarrhée aiguë, un aliment pauvre en fibres insolubles peut donc être mieux toléré.Enfin, le riz est généralement pauvre en graisses et assez facile à digérer. Il sollicite relativement peu un système digestif momentanément irrité.Il faut cependant éviter une idée reçue : le riz n’est pas un médicament capable de « bloquer » mécaniquement la diarrhée. Son intérêt est surtout d’apporter de l’énergie sous une forme généralement bien tolérée tout en évitant certains aliments susceptibles d’aggraver les symptômes.Et le riz complet ? Il est excellent dans une alimentation normale, notamment grâce à ses fibres. Mais pendant une diarrhée, le riz blanc est généralement préférable, précisément parce qu’il en contient moins.Enfin, le plus important en cas de diarrhée reste de compenser les pertes d’eau et de sels minéraux.Car le véritable danger d’une diarrhée importante n’est pas de ne pas manger suffisamment de riz : c’est avant tout la déshydratation.
  • On se retrouve très vite !

    00:28|
    Je suis contraint de faire une pause. Toutes mes excuses. 
  • Pourquoi ne faut-il pas consommer trop de protéines ?

    02:01|
    Les protéines sont des nutriments essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. Elles interviennent dans la réparation des tissus, la digestion, le transport de l’oxygène via l’hémoglobine, et participent activement à la défense immunitaire. On les retrouve dans une grande variété d’aliments : produits laitiers, viandes, œufs, poissons, légumineuses, céréales… Pourtant, consommer trop de protéines, notamment via les régimes hyperprotéinés ou les produits enrichis (barres, poudres, yaourts), peut présenter des risques réels pour la santé.C’est ce qu’alerte l’Observatoire de la Prévention de l’Institut de cardiologie de Montréal. Dans un article de 2024, il met en garde contre le surdosage protéique, notamment issu des sources animales, qui pourrait augmenter le risque d’accidents cardiovasculaires (AVC). Cette alerte repose sur une étude américaine récente, menée à la fois sur des humains et des souris, qui s’est intéressée aux effets de la leucine, un acide aminé abondant dans la viande, les œufs et les produits laitiers.Les chercheurs ont observé que la leucine stimule une voie biologique appelée complexe mTOR, qui, en s’activant dans certaines cellules immunitaires (les macrophages), favorise la formation de plaques d’athérosclérose. Ces plaques peuvent obstruer les artères et augmenter significativement le risque d’AVC ou de crise cardiaque. Ainsi, consommer un repas très riche en protéines animales (plus de 25 g en une seule fois) serait un facteur aggravant, notamment chez les personnes à risque cardiovasculaire.En France, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) recommande 0,8 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour, soit environ 50 à 60 g pour une personne de 70 kg. Or, les données montrent que 85 % de la population dépasse cette dose, et près de 25 % consomment le double. Les chercheurs montréalais conseillent de ne pas excéder 1,4 à 1,5 g/kg/jour, soit 100 g maximum pour un adulte de 70 kg.Il est également essentiel de répartir les apports protéiques au cours de la journée : un excès ponctuel à un seul repas est plus nocif qu’une consommation modérée étalée. Par exemple, un petit-déjeuner avec un peu de fromage, un déjeuner avec une portion de viande, et un dîner végétarien à base de légumineuses permet un équilibre plus sain.En conclusion, si les protéines sont indispensables à la santé, leur excès, surtout d’origine animale, peut nuire aux artères et au cœur. Comme souvent en nutrition, l’équilibre reste la clé.
  • Quelle est l'espérance de vie des fumeurs ?

    01:56|
    Le tabac est l’une des premières causes de mortalité évitable dans le monde. Chaque année, il est responsable de plus de 75 000 décès en France, et environ 8 millions dans le monde. Mais concrètement, combien d’années de vie le tabagisme fait-il perdre à ceux qui fument régulièrement ? La réponse, confirmée par de nombreuses études, est saisissante : en moyenne, un fumeur régulier perd entre 10 et 15 ans d’espérance de vie par rapport à un non-fumeur.Cette estimation ne repose pas sur une intuition, mais sur des données solides issues d'études épidémiologiques de grande ampleur. L'une des plus citées est celle menée par le British Doctors Study, une recherche de long terme commencée en 1951 sur plus de 34 000 médecins britanniques. Elle a montré que ceux qui fumaient régulièrement mouraient en moyenne 10 ans plus tôt que leurs collègues non-fumeurs. Ces résultats ont ensuite été confirmés par d'autres recherches, notamment une étude publiée en 2013 dans le New England Journal of Medicine, qui montrait que les fumeurs chroniques (ceux qui commencent à fumer avant 20 ans et poursuivent au long de leur vie) perdaient jusqu’à 13 années de vie.Pourquoi une telle perte ? Parce que le tabac est un facteur de risque majeur dans de nombreuses pathologies chroniques. Il est impliqué dans plus de 80 % des cancers du poumon, mais aussi dans de nombreux autres cancers (bouche, œsophage, pancréas, vessie). Il favorise également les maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC), les bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), et une multitude d’autres affections respiratoires et inflammatoires.Mais il y a aussi une bonne nouvelle : arrêter de fumer, même tardivement, peut prolonger considérablement l’espérance de vie. Toujours selon les données du New England Journal of Medicine, un fumeur qui arrête avant l’âge de 40 ans récupère en moyenne 9 des 10 années perdues, et ceux qui arrêtent à 50 ou 60 ans gagnent également plusieurs années par rapport à ceux qui continuent.Le message est donc clair : le tabac tue, mais l’arrêt peut inverser une partie des dégâts, même après plusieurs années de dépendance. En résumé, un fumeur régulier peut s’attendre à vivre 10 à 15 ans de moins qu’un non-fumeur, mais il n’est jamais trop tard pour arrêter et gagner en espérance de vie… et en qualité de vie.
  • Faire bouillir l’eau du robinet suffit-il à éliminer le chlore ?

    02:34|
    Si vous trouvez que l’eau du robinet a parfois un léger goût ou une odeur de piscine, le responsable est souvent le chlore. Utilisé depuis plus d'un siècle pour désinfecter l'eau potable, il joue un rôle essentiel : il détruit les bactéries, virus et autres micro-organismes susceptibles de provoquer des maladies. Mais une question revient souvent : faire bouillir l'eau permet-il de s'en débarrasser ?La réponse est oui… mais avec quelques nuances.Le chlore utilisé dans les réseaux d'eau potable est une substance volatile. Cela signifie qu'il a tendance à s'évaporer lorsqu'il est exposé à l'air ou à la chaleur. Lorsque vous faites bouillir de l'eau, une grande partie du chlore libre qu'elle contient s'échappe rapidement sous forme gazeuse. En général, quelques minutes d'ébullition suffisent pour réduire fortement sa concentration.D'ailleurs, même sans faire bouillir l'eau, il est possible de diminuer le goût du chlore en laissant simplement une carafe ouverte au réfrigérateur pendant plusieurs heures. Le chlore s'évapore progressivement au contact de l'air.Cependant, tout dépend de la forme du désinfectant utilisée par votre compagnie des eaux. Dans certaines régions, le traitement repose non seulement sur le chlore libre, mais aussi sur les chloramines, des composés formés à partir de chlore et d'ammoniac. Les chloramines sont plus stables et persistent davantage dans les canalisations. Elles résistent également mieux à l'ébullition. Faire bouillir l'eau les réduit, mais beaucoup moins efficacement que le chlore classique.Autre point important : l'ébullition ne rend pas forcément l'eau « plus pure ». Elle tue les micro-organismes mais ne retire ni les métaux lourds, ni les nitrates, ni les résidus de pesticides éventuellement présents. Dans certains cas, une évaporation importante peut même légèrement concentrer certaines substances dissoutes.Sur le plan sanitaire, faut-il s'inquiéter du chlore ? Pour la très grande majorité des personnes, non. Les concentrations utilisées dans les réseaux d'eau potable sont strictement réglementées et considérées comme sûres. Les bénéfices du traitement au chlore sont immenses : il a permis de réduire drastiquement les maladies transmises par l'eau, comme le choléra ou la typhoïde.En résumé, oui, faire bouillir l'eau du robinet élimine efficacement la majeure partie du chlore libre et améliore souvent son goût. Mais cette méthode est moins efficace contre les chloramines et ne supprime pas tous les contaminants potentiels. Si votre objectif est simplement de réduire l'odeur ou le goût du chlore, quelques minutes d'ébullition ou une carafe laissée au repos peuvent déjà faire une grande différence.
  • Qu'est-ce que le collagène marin et quels sont ses bienfaits ?

    02:47|
    Le collagène marin est devenu l’un des compléments alimentaires les plus populaires du moment. On le retrouve dans les poudres, les boissons, les gélules ou même certains cafés “bien-être”. Mais au fond, qu’est-ce que c’est exactement ? Et surtout : ses effets sont-ils réellement prouvés scientifiquement ?Le collagène est une protéine naturellement présente dans notre corps. C’est même la protéine la plus abondante chez l’être humain. Elle agit comme une sorte de “charpente” des tissus : peau, tendons, cartilage, os ou ligaments. Avec l’âge, sa production diminue progressivement. Résultat : la peau perd en élasticité, les rides apparaissent et certaines articulations deviennent plus fragiles.Le collagène marin, lui, est extrait principalement de la peau, des écailles et des arêtes de poissons. Contrairement au collagène bovin, il contient surtout du collagène de type I, celui que l’on retrouve majoritairement dans la peau humaine.Mais il y a un problème : avaler du collagène brut ne sert pas à grand-chose, car cette grosse protéine est difficilement absorbée par l’organisme. C’est pourquoi les fabricants utilisent généralement du “collagène hydrolysé”. Cela signifie que la protéine a été découpée en petits fragments appelés peptides, beaucoup plus faciles à absorber par l’intestin.Alors, que dit réellement la science ?Les études les plus solides concernent la peau. Plusieurs essais cliniques montrent qu’une supplémentation quotidienne en peptides de collagène peut améliorer légèrement l’hydratation, l’élasticité et parfois réduire la profondeur des rides après plusieurs semaines d’utilisation. Ces effets existent, mais restent modestes. On est loin d’un “lifting en poudre”.Il existe aussi des résultats intéressants concernant les articulations. Certaines recherches suggèrent une diminution des douleurs articulaires, notamment chez des sportifs ou des personnes souffrant d’arthrose légère. L’idée est que certains peptides pourraient stimuler les cellules produisant le cartilage.Concernant les os, quelques études montrent également une amélioration possible de certains marqueurs de densité osseuse chez les personnes âgées, surtout lorsqu’il est associé à du calcium et de la vitamine D.En revanche, beaucoup d’allégations marketing sont exagérées. Aucune preuve solide ne montre que le collagène marin “rajeunisse” le corps, fasse repousser miraculeusement les cheveux ou transforme profondément la silhouette.Enfin, il faut rappeler un point important : pour fabriquer du collagène, le corps a surtout besoin d’une alimentation équilibrée, riche en protéines, en vitamine C, en zinc et en acides aminés.Le collagène marin n’est donc pas un produit miracle. Mais les données scientifiques actuelles suggèrent qu’il peut avoir de vrais effets modestes sur la peau et les articulations, surtout avec une prise régulière sur plusieurs mois.