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Choses à Savoir SANTE

On se retrouve très vite !

Je suis contraint de faire une pause. Toutes mes excuses. 

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  • Pourquoi le mollet est-il surnommé le « deuxième cœur » ?

    01:54|
    On entend parfois dire que nous possédons un deuxième cœur, situé non pas dans la poitrine, mais dans les jambes. Il s’agit du mollet, et notamment d’un muscle appelé le soléaire.Évidemment, ce muscle ne remplace pas le cœur. Mais il joue un rôle étonnamment important pour aider le sang à remonter des jambes jusqu’à lui.Pour comprendre pourquoi, il faut se rappeler que le cœur propulse le sang dans les artères. Celui-ci descend ainsi facilement jusqu’aux pieds. Mais ensuite, il doit revenir vers le cœur par les veines.Et là, une difficulté apparaît : lorsque nous sommes debout, le sang doit remonter contre la gravité sur plus d’un mètre.C’est précisément ici qu’intervient le mollet.À chaque fois que nous marchons, courons ou bougeons les jambes, les muscles du mollet se contractent. Parmi eux se trouve le soléaire, un muscle large et profond situé derrière le tibia.Lorsqu’il se contracte, il comprime les veines qui passent dans la jambe. Cette pression agit un peu comme lorsqu’on presse un tube rempli de liquide : le sang contenu dans les veines est poussé vers le haut, en direction du cœur.Mais pourquoi ne redescend-il pas aussitôt ?Parce que nos veines possèdent de petites structures appelées valvules. Elles fonctionnent comme des portes à sens unique : elles permettent au sang de monter, puis se referment pour limiter son retour vers les pieds.Contractions musculaires et valvules travaillent donc ensemble. C’est ce qu’on appelle la « pompe musculaire du mollet », parfois surnommée « pompe veineuse ».Le mécanisme devient particulièrement efficace pendant la marche. À chaque pas, les muscles se contractent puis se relâchent. Le sang est ainsi chassé progressivement vers le cœur.À l’inverse, lorsque nous restons longtemps immobiles, surtout debout ou assis, cette pompe fonctionne beaucoup moins. Le sang a alors davantage tendance à stagner dans les jambes. C’est notamment ce qui peut contribuer à la sensation de jambes lourdes ou au gonflement des chevilles.Voilà également pourquoi bouger régulièrement les pieds et les jambes est recommandé lors d’un long voyage en avion ou lorsqu’on reste assis pendant plusieurs heures.Le terme de « deuxième cœur » est donc une métaphore. Le soléaire ne crée pas la circulation sanguine et ne possède évidemment pas les fonctions du cœur.Mais il l’assiste.À chacun de nos pas, nos mollets participent discrètement au retour du sang vers la poitrine.Autrement dit, marcher ne sert pas seulement à nous déplacer : chaque pas donne aussi un petit coup de pompe à notre circulation sanguine.
  • Pourquoi recommande-t-on de manger du riz blanc en cas de diarrhée ?

    01:48|
    C’est probablement l’un des conseils alimentaires les plus connus : lorsqu’on souffre de diarrhée, on recommande souvent de manger du riz blanc. Mais pourquoi exactement ? Est-ce simplement parce qu’il est facile à digérer, ou possède-t-il réellement une action sur le transit intestinal ?Pour le comprendre, rappelons d’abord ce qui se passe pendant une diarrhée.Normalement, lorsque les aliments progressent dans l’intestin, une grande partie de l’eau qu’ils contiennent est absorbée par la paroi intestinale. Mais en cas de diarrhée, ce mécanisme est perturbé. Le transit peut être accéléré et l’intestin peut sécréter davantage d’eau et d’électrolytes. Résultat : les selles contiennent beaucoup plus d’eau que d’habitude.Le riz blanc présente alors plusieurs avantages.D’abord, il est riche en amidon, un glucide complexe constitué de longues chaînes de glucose. Une fois digéré, le glucose peut être absorbé dans l’intestin en même temps que le sodium. Et ce transport du sodium et du glucose favorise indirectement l’absorption de l’eau.C’est d’ailleurs sur un principe similaire que reposent les solutions de réhydratation orale utilisées contre les diarrhées : elles contiennent notamment du glucose et des sels dans des proportions précises afin d’améliorer l’absorption de l’eau par l’intestin.Mais attention : manger du riz ne remplace pas une solution de réhydratation orale lorsqu’elle est nécessaire.Deuxième avantage : le riz blanc contient relativement peu de fibres, surtout lorsqu’on le compare au riz complet. Or certaines fibres peuvent augmenter le volume des selles et accélérer le transit. Pendant un épisode de diarrhée aiguë, un aliment pauvre en fibres insolubles peut donc être mieux toléré.Enfin, le riz est généralement pauvre en graisses et assez facile à digérer. Il sollicite relativement peu un système digestif momentanément irrité.Il faut cependant éviter une idée reçue : le riz n’est pas un médicament capable de « bloquer » mécaniquement la diarrhée. Son intérêt est surtout d’apporter de l’énergie sous une forme généralement bien tolérée tout en évitant certains aliments susceptibles d’aggraver les symptômes.Et le riz complet ? Il est excellent dans une alimentation normale, notamment grâce à ses fibres. Mais pendant une diarrhée, le riz blanc est généralement préférable, précisément parce qu’il en contient moins.Enfin, le plus important en cas de diarrhée reste de compenser les pertes d’eau et de sels minéraux.Car le véritable danger d’une diarrhée importante n’est pas de ne pas manger suffisamment de riz : c’est avant tout la déshydratation.
  • Pourquoi ne faut-il pas consommer trop de protéines ?

    02:01|
    Les protéines sont des nutriments essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. Elles interviennent dans la réparation des tissus, la digestion, le transport de l’oxygène via l’hémoglobine, et participent activement à la défense immunitaire. On les retrouve dans une grande variété d’aliments : produits laitiers, viandes, œufs, poissons, légumineuses, céréales… Pourtant, consommer trop de protéines, notamment via les régimes hyperprotéinés ou les produits enrichis (barres, poudres, yaourts), peut présenter des risques réels pour la santé.C’est ce qu’alerte l’Observatoire de la Prévention de l’Institut de cardiologie de Montréal. Dans un article de 2024, il met en garde contre le surdosage protéique, notamment issu des sources animales, qui pourrait augmenter le risque d’accidents cardiovasculaires (AVC). Cette alerte repose sur une étude américaine récente, menée à la fois sur des humains et des souris, qui s’est intéressée aux effets de la leucine, un acide aminé abondant dans la viande, les œufs et les produits laitiers.Les chercheurs ont observé que la leucine stimule une voie biologique appelée complexe mTOR, qui, en s’activant dans certaines cellules immunitaires (les macrophages), favorise la formation de plaques d’athérosclérose. Ces plaques peuvent obstruer les artères et augmenter significativement le risque d’AVC ou de crise cardiaque. Ainsi, consommer un repas très riche en protéines animales (plus de 25 g en une seule fois) serait un facteur aggravant, notamment chez les personnes à risque cardiovasculaire.En France, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) recommande 0,8 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour, soit environ 50 à 60 g pour une personne de 70 kg. Or, les données montrent que 85 % de la population dépasse cette dose, et près de 25 % consomment le double. Les chercheurs montréalais conseillent de ne pas excéder 1,4 à 1,5 g/kg/jour, soit 100 g maximum pour un adulte de 70 kg.Il est également essentiel de répartir les apports protéiques au cours de la journée : un excès ponctuel à un seul repas est plus nocif qu’une consommation modérée étalée. Par exemple, un petit-déjeuner avec un peu de fromage, un déjeuner avec une portion de viande, et un dîner végétarien à base de légumineuses permet un équilibre plus sain.En conclusion, si les protéines sont indispensables à la santé, leur excès, surtout d’origine animale, peut nuire aux artères et au cœur. Comme souvent en nutrition, l’équilibre reste la clé.
  • Quelle est l'espérance de vie des fumeurs ?

    01:56|
    Le tabac est l’une des premières causes de mortalité évitable dans le monde. Chaque année, il est responsable de plus de 75 000 décès en France, et environ 8 millions dans le monde. Mais concrètement, combien d’années de vie le tabagisme fait-il perdre à ceux qui fument régulièrement ? La réponse, confirmée par de nombreuses études, est saisissante : en moyenne, un fumeur régulier perd entre 10 et 15 ans d’espérance de vie par rapport à un non-fumeur.Cette estimation ne repose pas sur une intuition, mais sur des données solides issues d'études épidémiologiques de grande ampleur. L'une des plus citées est celle menée par le British Doctors Study, une recherche de long terme commencée en 1951 sur plus de 34 000 médecins britanniques. Elle a montré que ceux qui fumaient régulièrement mouraient en moyenne 10 ans plus tôt que leurs collègues non-fumeurs. Ces résultats ont ensuite été confirmés par d'autres recherches, notamment une étude publiée en 2013 dans le New England Journal of Medicine, qui montrait que les fumeurs chroniques (ceux qui commencent à fumer avant 20 ans et poursuivent au long de leur vie) perdaient jusqu’à 13 années de vie.Pourquoi une telle perte ? Parce que le tabac est un facteur de risque majeur dans de nombreuses pathologies chroniques. Il est impliqué dans plus de 80 % des cancers du poumon, mais aussi dans de nombreux autres cancers (bouche, œsophage, pancréas, vessie). Il favorise également les maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC), les bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), et une multitude d’autres affections respiratoires et inflammatoires.Mais il y a aussi une bonne nouvelle : arrêter de fumer, même tardivement, peut prolonger considérablement l’espérance de vie. Toujours selon les données du New England Journal of Medicine, un fumeur qui arrête avant l’âge de 40 ans récupère en moyenne 9 des 10 années perdues, et ceux qui arrêtent à 50 ou 60 ans gagnent également plusieurs années par rapport à ceux qui continuent.Le message est donc clair : le tabac tue, mais l’arrêt peut inverser une partie des dégâts, même après plusieurs années de dépendance. En résumé, un fumeur régulier peut s’attendre à vivre 10 à 15 ans de moins qu’un non-fumeur, mais il n’est jamais trop tard pour arrêter et gagner en espérance de vie… et en qualité de vie.
  • Faire bouillir l’eau du robinet suffit-il à éliminer le chlore ?

    02:34|
    Si vous trouvez que l’eau du robinet a parfois un léger goût ou une odeur de piscine, le responsable est souvent le chlore. Utilisé depuis plus d'un siècle pour désinfecter l'eau potable, il joue un rôle essentiel : il détruit les bactéries, virus et autres micro-organismes susceptibles de provoquer des maladies. Mais une question revient souvent : faire bouillir l'eau permet-il de s'en débarrasser ?La réponse est oui… mais avec quelques nuances.Le chlore utilisé dans les réseaux d'eau potable est une substance volatile. Cela signifie qu'il a tendance à s'évaporer lorsqu'il est exposé à l'air ou à la chaleur. Lorsque vous faites bouillir de l'eau, une grande partie du chlore libre qu'elle contient s'échappe rapidement sous forme gazeuse. En général, quelques minutes d'ébullition suffisent pour réduire fortement sa concentration.D'ailleurs, même sans faire bouillir l'eau, il est possible de diminuer le goût du chlore en laissant simplement une carafe ouverte au réfrigérateur pendant plusieurs heures. Le chlore s'évapore progressivement au contact de l'air.Cependant, tout dépend de la forme du désinfectant utilisée par votre compagnie des eaux. Dans certaines régions, le traitement repose non seulement sur le chlore libre, mais aussi sur les chloramines, des composés formés à partir de chlore et d'ammoniac. Les chloramines sont plus stables et persistent davantage dans les canalisations. Elles résistent également mieux à l'ébullition. Faire bouillir l'eau les réduit, mais beaucoup moins efficacement que le chlore classique.Autre point important : l'ébullition ne rend pas forcément l'eau « plus pure ». Elle tue les micro-organismes mais ne retire ni les métaux lourds, ni les nitrates, ni les résidus de pesticides éventuellement présents. Dans certains cas, une évaporation importante peut même légèrement concentrer certaines substances dissoutes.Sur le plan sanitaire, faut-il s'inquiéter du chlore ? Pour la très grande majorité des personnes, non. Les concentrations utilisées dans les réseaux d'eau potable sont strictement réglementées et considérées comme sûres. Les bénéfices du traitement au chlore sont immenses : il a permis de réduire drastiquement les maladies transmises par l'eau, comme le choléra ou la typhoïde.En résumé, oui, faire bouillir l'eau du robinet élimine efficacement la majeure partie du chlore libre et améliore souvent son goût. Mais cette méthode est moins efficace contre les chloramines et ne supprime pas tous les contaminants potentiels. Si votre objectif est simplement de réduire l'odeur ou le goût du chlore, quelques minutes d'ébullition ou une carafe laissée au repos peuvent déjà faire une grande différence.
  • Qu'est-ce que le collagène marin et quels sont ses bienfaits ?

    02:47|
    Le collagène marin est devenu l’un des compléments alimentaires les plus populaires du moment. On le retrouve dans les poudres, les boissons, les gélules ou même certains cafés “bien-être”. Mais au fond, qu’est-ce que c’est exactement ? Et surtout : ses effets sont-ils réellement prouvés scientifiquement ?Le collagène est une protéine naturellement présente dans notre corps. C’est même la protéine la plus abondante chez l’être humain. Elle agit comme une sorte de “charpente” des tissus : peau, tendons, cartilage, os ou ligaments. Avec l’âge, sa production diminue progressivement. Résultat : la peau perd en élasticité, les rides apparaissent et certaines articulations deviennent plus fragiles.Le collagène marin, lui, est extrait principalement de la peau, des écailles et des arêtes de poissons. Contrairement au collagène bovin, il contient surtout du collagène de type I, celui que l’on retrouve majoritairement dans la peau humaine.Mais il y a un problème : avaler du collagène brut ne sert pas à grand-chose, car cette grosse protéine est difficilement absorbée par l’organisme. C’est pourquoi les fabricants utilisent généralement du “collagène hydrolysé”. Cela signifie que la protéine a été découpée en petits fragments appelés peptides, beaucoup plus faciles à absorber par l’intestin.Alors, que dit réellement la science ?Les études les plus solides concernent la peau. Plusieurs essais cliniques montrent qu’une supplémentation quotidienne en peptides de collagène peut améliorer légèrement l’hydratation, l’élasticité et parfois réduire la profondeur des rides après plusieurs semaines d’utilisation. Ces effets existent, mais restent modestes. On est loin d’un “lifting en poudre”.Il existe aussi des résultats intéressants concernant les articulations. Certaines recherches suggèrent une diminution des douleurs articulaires, notamment chez des sportifs ou des personnes souffrant d’arthrose légère. L’idée est que certains peptides pourraient stimuler les cellules produisant le cartilage.Concernant les os, quelques études montrent également une amélioration possible de certains marqueurs de densité osseuse chez les personnes âgées, surtout lorsqu’il est associé à du calcium et de la vitamine D.En revanche, beaucoup d’allégations marketing sont exagérées. Aucune preuve solide ne montre que le collagène marin “rajeunisse” le corps, fasse repousser miraculeusement les cheveux ou transforme profondément la silhouette.Enfin, il faut rappeler un point important : pour fabriquer du collagène, le corps a surtout besoin d’une alimentation équilibrée, riche en protéines, en vitamine C, en zinc et en acides aminés.Le collagène marin n’est donc pas un produit miracle. Mais les données scientifiques actuelles suggèrent qu’il peut avoir de vrais effets modestes sur la peau et les articulations, surtout avec une prise régulière sur plusieurs mois.
  • L’aluminium présent dans certains vaccins est-il dangereux ?

    02:22|
    L’aluminium présent dans certains vaccins est-il dangereux ? La question revient régulièrement depuis des années. Pourtant, les données scientifiques les plus solides tendent aujourd’hui vers la même conclusion : il n’existe pas de preuve convaincante montrant que l’aluminium des vaccins provoque des maladies graves ou chroniques.D’abord, il faut comprendre pourquoi on utilise de l’aluminium. Dans plusieurs vaccins, on ajoute de très petites quantités de sels d’aluminium appelés “adjuvants”. Leur rôle est simple : stimuler la réaction du système immunitaire afin que le vaccin soit plus efficace et protège plus longtemps. Grâce à eux, il est possible d’utiliser moins d’antigène — c’est-à-dire moins de matière vaccinale — tout en obtenant une bonne protection. Les adjuvants à base d’aluminium sont utilisés depuis près d’un siècle.Les inquiétudes viennent du fait que l’aluminium peut être toxique à très fortes doses dans certains contextes industriels ou médicaux. Mais cela ne signifie pas automatiquement que les faibles quantités présentes dans les vaccins soient dangereuses.En 2026, une grande revue systématique publiée par The BMJ a analysé des dizaines d’études portant sur les effets potentiels des vaccins contenant de l’aluminium. Les chercheurs ont examiné les liens possibles avec l’autisme, l’asthme, le diabète de type 1, certaines maladies auto-immunes ou neurologiques. Leur conclusion est claire : les études de meilleure qualité ne montrent pas d’association causale entre l’aluminium vaccinal et ces maladies.Une autre méta-analyse publiée dans BMJ Open en 2022 avait déjà étudié plus de 100 essais cliniques randomisés. Elle concluait que les adjuvants à l’aluminium pouvaient provoquer davantage d’effets secondaires bénins — comme des rougeurs, douleurs ou petites boules au point d’injection — mais ne montraient pas d’augmentation claire des effets graves.Il faut aussi rappeler un point important : nous sommes exposés quotidiennement à l’aluminium par l’alimentation, l’eau ou l’environnement. Les quantités contenues dans les vaccins restent faibles et sont progressivement éliminées par l’organisme.Cela ne veut pas dire que tout débat scientifique est clos. Certains chercheurs demandent encore davantage d’études sur les effets très rares ou à très long terme. Mais aujourd’hui, le consensus scientifique international estime que les bénéfices des vaccins contenant de l’aluminium dépassent largement les risques connus.En résumé : oui, l’aluminium peut être toxique à fortes doses. Mais selon les données scientifiques actuelles, les faibles quantités utilisées comme adjuvants vaccinaux ne semblent pas provoquer de maladies graves chez l’être humain.
  • Qu’est-ce que le "syndrome de l’homme-arbre" ?

    02:31|
    Le « syndrome de l’homme-arbre » est le surnom spectaculaire donné à une maladie extrêmement rare qui provoque l’apparition de gigantesques excroissances ressemblant à de l’écorce ou à des racines sur la peau. Derrière ce nom impressionnant se cache une véritable maladie génétique : l’épidermodysplasie verruciforme.Les personnes atteintes développent d’innombrables verrues épaisses, surtout sur les mains, les pieds, les bras ou le visage. Avec le temps, certaines deviennent si volumineuses qu’elles évoquent l’écorce d’un arbre, d’où le surnom médiatique de « syndrome de l’homme-arbre ».Cette maladie est liée à une anomalie génétique très rare. Normalement, notre système immunitaire combat naturellement certains virus très répandus appelés papillomavirus humains, ou HPV. Mais chez les personnes atteintes d’épidermodysplasie verruciforme, les défenses immunitaires fonctionnent mal contre ces virus spécifiques. Résultat : les HPV se multiplient de manière incontrôlée dans la peau et provoquent la formation massive de verrues.Le cas le plus célèbre fut celui de Dede Koswara, un Indonésien devenu mondialement connu dans les années 2000. Ses mains et ses pieds étaient recouverts d’énormes excroissances qui l’empêchaient presque de marcher ou de travailler. Les images avaient fait le tour du monde et suscité à la fois fascination et compassion.Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces excroissances ne sont pas du bois. Il s’agit d’une accumulation massive de kératine, la protéine qui compose aussi nos ongles et nos cheveux. La peau produit cette matière en excès à cause de l’infection virale persistante.La maladie est très difficile à traiter. Les médecins peuvent retirer les excroissances par chirurgie ou laser, mais elles ont souvent tendance à repousser. Certains traitements antiviraux ou médicaments stimulant l’immunité peuvent ralentir l’évolution, sans toutefois guérir complètement la maladie.Autre problème important : les patients atteints présentent un risque élevé de cancers de la peau. Les lésions provoquées par les HPV peuvent en effet devenir cancéreuses après des années d’évolution, surtout lorsqu’elles sont exposées au soleil.Le syndrome de l’homme-arbre reste heureusement extrêmement rare. Seuls quelques centaines de cas ont été décrits dans le monde. Mais cette maladie rappelle à quel point l’équilibre entre notre système immunitaire et les virus est fragile. Des microbes généralement inoffensifs pour la plupart des gens peuvent devenir dévastateurs lorsqu’une anomalie génétique perturbe les défenses naturelles du corps.Ainsi, derrière ce surnom presque fantastique se cache une réalité médicale bien réelle, aussi impressionnante que tragique.