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Choses à Savoir HISTOIRE
Pourquoi la prédiction d'un fakir sema la panique à Paris ?
L’histoire de Fhakya-Khan, le mystérieux fakir indien, est un des épisodes les plus étranges et troublants du début du XXᵉ siècle. En 1925, cet énigmatique personnage fait une prédiction terrifiante : la destruction imminente de Paris.
Un fakir venu d’Orient
L’histoire de Fhakya-Khan commence dans les cercles ésotériques parisiens des années 1920. Cet homme, vêtu d’une tunique safran, prétend venir du Rajasthan et affirme posséder des pouvoirs mystiques ancestraux, hérités de générations de sages indiens. Il fait sensation dans les salons occultes de la capitale en réalisant des démonstrations de lévitation et de clairvoyance.
Les journaux commencent à s’intéresser à lui lorsqu’il annonce, en janvier 1925, une prédiction terrifiante : Paris sera détruite avant la fin de l’année. Il évoque une vision où la ville est ravagée par des flots de feu et d’eau, les rues se fissurent, et la Tour Eiffel s’effondre.
Une prophétie qui sème la panique
Son annonce provoque une onde de choc. Dans un Paris encore hanté par la guerre de 1914-1918, où les craintes du progrès et de l’inconnu sont exacerbées, certains prennent ses paroles au sérieux. Des adeptes de l’occultisme prétendent ressentir un mal étrange dans l’air, tandis que d’autres s’empressent de quitter la ville.
Des scientifiques et des sceptiques tentent de le discréditer, mais Fhakya-Khan disparaît mystérieusement en mai 1925, renforçant le mystère. Certains journaux de l’époque avancent l’idée d’une conspiration, affirmant qu’il aurait été éliminé par des services secrets effrayés par l’écho de sa prophétie.
La coïncidence troublante
Si Paris ne fut pas détruite en 1925, un événement étrange survient quelques mois après sa disparition : l’inondation de la Seine en décembre 1925, l’une des pires de l’époque, provoque des dégâts considérables et inonde une partie de la ville. Certains affirment que Fhakya-Khan n’avait pas totalement tort, et qu’il avait simplement mal interprété la nature de la catastrophe.
Un mythe ou une manipulation ?
Fhakya-Khan était-il un véritable mystique ou un imposteur habile ? Certains historiens suggèrent qu’il s’agissait d’un canular monté par des occultistes parisiens, ou même d’une manœuvre médiatique pour vendre des journaux.
Aujourd’hui, il reste un personnage mystérieux dont l’histoire oscille entre légende urbaine et réalité.
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Comment Ching Shih est-elle devenue la pirate la plus puissante de l’Histoire ?
02:58|Au début du XIXe siècle, une femme règne pratiquement sur une partie de la mer de Chine méridionale.À la tête de centaines de navires et de dizaines de milliers d’hommes, elle défie l’empereur de Chine, humilie sa marine et résiste même aux puissances européennes.Son nom est aujourd’hui généralement transcrit Ching Shih, ce qui signifie simplement « veuve de Zheng ».Ses origines restent mal connues. Elle serait née vers 1775 et aurait travaillé dans une maison close flottante de Canton avant d’épouser, en 1801, Zheng Yi, un puissant chef pirate.Le couple va accomplir quelque chose d’extraordinaire : fédérer plusieurs groupes de pirates jusque-là rivaux.Ils créent une immense confédération organisée en différentes flottes, reconnaissables à la couleur de leurs pavillons. La plus importante est la flotte du Drapeau rouge.Mais en 1807, Zheng Yi meurt brutalement.Ching Shih comprend immédiatement que son pouvoir est menacé. Dans cet univers extrêmement masculin et violent, elle doit empêcher les capitaines de reprendre leur indépendance.Elle noue alors une alliance avec Zhang Bao, aussi appelé Cheung Po Tsai, le fils adoptif et ancien protégé de son mari, qui devient également son compagnon.Lui commande les hommes. Elle dirige la confédération.À son apogée, celle-ci aurait rassemblé plusieurs centaines de jonques et des dizaines de milliers de pirates.Mais sa puissance repose surtout sur une organisation redoutable.Un code disciplinaire extrêmement sévère encadre les équipages. Désobéir aux ordres, voler une partie du butin ou agir sans autorisation peut être puni de mort. Le partage des richesses est lui aussi strictement réglementé.Cette discipline transforme une multitude de pirates en véritable puissance militaire.Les navires de Ching Shih attaquent les bateaux marchands, imposent des taxes aux villages côtiers et contrôlent certaines routes commerciales. Les autorités chinoises tentent à plusieurs reprises de les éliminer.Sans succès.Des navires portugais et britanniques participent également aux affrontements contre les pirates.Pourtant, Ching Shih comprend finalement que son empire ne pourra pas durer éternellement. En 1810, elle choisit donc de négocier avec les autorités Qing.Et c’est là qu’elle réalise peut-être son plus grand exploit.Elle obtient une amnistie particulièrement avantageuse. La plupart de ses hommes échappent aux poursuites, certains intègrent même les forces impériales, et elle conserve une grande partie de sa fortune.Contrairement à tant de pirates célèbres, Ching Shih ne termine donc ni pendue ni tuée au combat.Elle se retire à Canton, où elle aurait notamment dirigé une maison de jeux, avant de mourir en 1844, âgée d’environ 69 ans.Après avoir défié un empire, Ching Shih réussit ainsi l’exploit ultime pour une pirate : prendre sa retraite.
Pourquoi le Débarquement doit-il beaucoup à un peintre en bâtiment ?
02:53|Son nom est René Duchez. Et en 1942, ce peintre en bâtiment français va réussir à voler aux Allemands des documents particulièrement précieux.À cette époque, les Alliés réfléchissent déjà à la manière dont ils pourraient, un jour, débarquer en Europe occidentale.Mais un problème majeur se pose : les Allemands fortifient progressivement les côtes.C'est ce qu'on appellera le « Mur de l'Atlantique ».Sur plusieurs milliers de kilomètres, l'armée allemande construit des bunkers, installe des batteries d'artillerie et aménage différentes positions défensives destinées à repousser une éventuelle invasion venue de Grande-Bretagne.Pour préparer un débarquement, les Alliés ont donc besoin de savoir précisément ce qui les attend.Et c'est là qu'intervient René Duchez.Peintre en bâtiment à Caen, il est également membre de la Résistance. Il appartient au réseau Centurie, spécialisé notamment dans la collecte de renseignements militaires.En mai 1942, l'entreprise pour laquelle il travaille obtient un chantier particulièrement intéressant : repeindre des locaux occupés par les Allemands à la Kommandantur de Caen.Duchez peut ainsi pénétrer légalement dans un bâtiment militaire allemand.Et le 8 mai, alors qu'il travaille dans un bureau, il découvre des documents qui attirent son attention.Il s'agit de plans allemands représentant les fortifications du littoral normand, notamment entre Cherbourg et Honfleur.Autrement dit, exactement le genre d'informations que recherchent les Alliés.Duchez décide de les voler.Mais il ne peut évidemment pas simplement sortir du bâtiment avec les plans sous le bras.Il les dissimule donc temporairement derrière un miroir. Puis il parvient à les récupérer et à les faire sortir en les cachant dans son matériel de peintre.Les documents sont ensuite transmis à la Résistance, puis au colonel Rémy, l'une des grandes figures du renseignement de la France libre.Finalement, ils arrivent en Grande-Bretagne.Et leur intérêt est considérable.Les Alliés peuvent désormais étudier avec précision une partie des installations allemandes présentes sur les côtes normandes : fortifications, ouvrages défensifs et organisation générale du dispositif.Selon le colonel Rémy, ces renseignements ont même contribué au choix de la Normandie pour le futur débarquement.Il faut cependant apporter une précision importante.René Duchez n'a pas, à lui seul, déterminé l'endroit où aurait lieu le Débarquement. Le choix final résulte d'un immense travail de renseignement : photographies aériennes, informations fournies par la Résistance, étude des plages, des marées, des ports et des défenses allemandes.Mais les plans volés à Caen ont constitué une pièce particulièrement précieuse de ce gigantesque puzzle.
Pourquoi dit-on que les soldats romains étaient payés en sel ?
02:35|On entend souvent raconter que, dans la Rome antique, les soldats recevaient une partie de leur paie sous forme de sel. Et que c’est précisément de cette pratique que viendrait notre mot « salaire ».L’histoire est séduisante. Mais elle est probablement fausse, ou du moins très déformée.Commençons par ce qui est certain : le sel était extrêmement important pour les Romains. Sans réfrigérateur, il permettait notamment de conserver certains aliments. Il servait aussi à l’alimentation, à l’élevage et à différentes activités artisanales. Son commerce constituait donc un enjeu économique majeur.Rome était d’ailleurs reliée aux marais salants situés près de l’embouchure du Tibre par une ancienne route : la Via Salaria, littéralement la « route du sel ».Mais les légionnaires romains recevaient-ils réellement des sacs de sel en guise de paie ?Nous n’en avons aucune preuve solide.Les soldats romains étaient normalement rémunérés en monnaie. Sous la République puis l’Empire, cette solde, appelée « stipendium », était versée aux militaires, même si certaines dépenses pouvaient ensuite en être déduites, notamment pour leur équipement ou leur nourriture.D’où vient alors la confusion ?Du latin « salarium », qui est effectivement à l’origine du français « salaire ».Le mot est lui-même lié à « sal », le sel. Un auteur romain du Ier siècle, Pline l’Ancien, établit d’ailleurs un rapport entre le sel et la rémunération des soldats. C’est probablement ce passage qui a largement nourri l’idée selon laquelle les légionnaires auraient été directement payés en sel.Mais le sens précis de « salarium » à l’origine reste discuté.Il a pu désigner une somme d’argent destinée à acheter du sel, une allocation liée à cette denrée, ou avoir acquis un sens plus général de rémunération. Ce que les historiens contestent surtout, c’est le raccourci consistant à imaginer les soldats romains recevant régulièrement leur solde sous forme de poignées ou de sacs de sel.Autrement dit, notre mot « salaire » possède bien une histoire étymologique liée au sel.Mais cela ne signifie pas que le sel était la monnaie des légionnaires.La nuance est importante : une relation linguistique réelle a progressivement donné naissance à une image beaucoup plus spectaculaire que la réalité historique.Alors, les soldats romains étaient-ils vraiment payés en sel ?Très probablement non. Ils étaient payés en argent.Mais le sel était suffisamment précieux dans le monde romain pour laisser une trace étonnante dans notre vocabulaire : plus de deux mille ans plus tard, lorsque nous parlons de notre « salaire », nous utilisons encore un mot qui porte en lui… un petit grain de sel.
Pourquoi la plupart des habitants de Pompéi ont-ils survécu à l’éruption du Vésuve ?
02:34|Lorsque nous pensons à Pompéi, nous imaginons souvent une ville surprise en quelques secondes par l’éruption du Vésuve, dont presque tous les habitants auraient péri sur place. Les célèbres moulages des victimes renforcent cette impression.Pourtant, la réalité fut probablement très différente : la grande majorité des habitants de Pompéi semble avoir survécu à la catastrophe.En 79 après Jésus-Christ, Pompéi compte vraisemblablement autour de 10 000 habitants, même si les estimations varient. Or, les fouilles ont permis de retrouver les restes d’un peu plus d’un millier de victimes dans la ville et ses environs. Cela suggère qu’une proportion considérable de la population avait réussi à partir.Certains chercheurs avancent ainsi qu’environ 90 % des habitants auraient survécu. Mais ce chiffre doit être considéré avec prudence : nous ignorons combien de personnes se trouvaient exactement à Pompéi au moment de l’éruption, et toutes les victimes n’ont pas nécessairement été découvertes.Comment autant de personnes ont-elles pu s’échapper ?D’abord parce que la catastrophe ne fut pas instantanée.La région était habituée aux tremblements de terre. Un violent séisme avait notamment endommagé Pompéi en 62 ou 63. Dans les jours précédant l’éruption de 79, des secousses auraient également été ressenties. Les Romains ne comprenaient évidemment pas leur lien avec l’activité volcanique comme nous aujourd’hui, mais ces phénomènes ont pu inciter certains habitants à s’éloigner.Surtout, lorsque l’éruption commence, le Vésuve ne détruit pas immédiatement Pompéi.Une immense colonne de cendres et de gaz s’élève dans le ciel. Pendant plusieurs heures, des pierres ponces et des cendres retombent sur la ville. C’est extrêmement dangereux : les toits peuvent s’effondrer sous leur poids et les déplacements deviennent de plus en plus difficiles. Mais il reste encore possible de fuir.Beaucoup d’habitants auraient donc quitté Pompéi à pied, en emportant parfois de l’argent, des bijoux ou quelques objets précieux.Ceux qui restent prennent en revanche un risque terrible. Certains se réfugient dans les maisons, probablement en pensant que le danger finira par passer.Puis survient la phase la plus meurtrière. Des courants pyroclastiques, mélanges extrêmement rapides de gaz brûlants, de cendres et de matériaux volcaniques, atteignent finalement Pompéi. Pour ceux qui se trouvent encore sur place, les chances de survie deviennent alors infimes.Pompéi ne raconte donc pas seulement l’histoire de milliers de morts. Elle raconte aussi celle d’une évacuation massive, improvisée et largement réussie.Le paradoxe est que l’archéologie nous a surtout conservé les traces de ceux qui n’ont pas réussi à partir. Les survivants, eux, ont quitté la ville et laissé beaucoup moins de traces.C’est pourquoi les victimes de Pompéi sont devenues célèbres, alors qu’elles étaient probablement minoritaires parmi les habitants de la cité.
Qui a volé le thé aux Chinois ?
02:39|Au milieu du XIXe siècle, un homme réussit l’une des opérations d’espionnage industriel les plus célèbres de l’histoire. Son objectif : voler à la Chine les secrets de fabrication du thé.Cet homme s’appelle Robert Fortune.À l’époque, les Britanniques sont passionnés par le thé. Ils en consomment des quantités considérables, mais ils rencontrent un problème : l’essentiel du thé qu’ils boivent vient de Chine.Pendant des siècles, les Chinois ont en effet conservé une maîtrise presque exclusive de sa culture et surtout de sa transformation. Pour les Britanniques, cette dépendance commerciale représente un problème économique majeur.En 1848, la Compagnie britannique des Indes orientales confie donc une mission à Robert Fortune, un botaniste écossais qui connaît déjà la Chine.Son objectif est ambitieux : rapporter des théiers chinois et, surtout, comprendre comment produire un thé de qualité afin de développer cette industrie dans l’Inde britannique.Mais la Chine interdit alors aux étrangers l’accès à certaines régions productrices.Fortune décide donc de voyager en se faisant passer pour un Chinois.Il adopte les vêtements locaux, se rase une partie du crâne et porte une longue natte. Accompagné de guides et d’interprètes, il pénètre ainsi dans des régions où les Européens ne sont normalement pas autorisés à se rendre.Il y observe les plantations et les techniques utilisées pour transformer les feuilles.Puis vient le problème le plus compliqué : comment transporter des milliers de plants jusqu’en Inde sans qu’ils meurent pendant le voyage ?Fortune utilise une invention récente : la caisse de Ward.Il s’agit d’une sorte de petite serre fermée par des vitres. À l’intérieur, l’eau s’évapore, se condense sur les parois puis retombe dans la terre. Ce petit écosystème permet aux plantes de supporter de longues traversées maritimes tout en recevant de la lumière.Grâce à ces caisses, Fortune expédie vers l’Inde des milliers de théiers et de graines.Mais il ne transporte pas seulement des plantes.Il fait également venir des ouvriers chinois maîtrisant les différentes étapes de fabrication du thé. Car posséder un théier ne suffit pas : après la récolte, les feuilles doivent être flétries, roulées, oxydées ou chauffées et séchées selon le type de thé recherché.Cette opération contribue au développement spectaculaire de l’industrie britannique du thé en Inde, notamment dans l’Himalaya.Robert Fortune n’a cependant pas, à lui seul, créé le thé indien : des théiers indigènes avaient déjà été identifiés en Assam et leur exploitation avait commencé.Mais sa mission permit aux Britanniques d’acquérir des plantes et surtout un savoir-faire chinois précieux.Un transfert de technologie avant l’heure, qui participa à briser progressivement la domination de la Chine sur le commerce mondial du thé.
Pourquoi Venise a-t-elle été privée de carnaval pendant près de 200 ans ?
02:36|Aujourd’hui, impossible d’imaginer Venise sans son carnaval. Chaque année, les rues et les places se remplissent de personnages vêtus de costumes somptueux et, surtout, de ces fameux masques qui dissimulent leur identité. Pourtant, cette tradition a pratiquement disparu pendant près de deux siècles.Pour comprendre pourquoi, il faut revenir à la fin du XVIIIe siècle.À cette époque, le carnaval de Venise est déjà très ancien. Ses origines remontent au Moyen Âge et, au XVIIIe siècle, il est devenu l’un des événements les plus célèbres d’Europe. Pendant plusieurs semaines, les Vénitiens peuvent porter des masques, assister à des spectacles, jouer dans les casinos et participer à d’immenses fêtes populaires.Mais le masque possède une particularité importante : il efface temporairement les différences sociales. Un aristocrate peut côtoyer un marchand ou un simple citoyen sans être immédiatement reconnu.Et c’est précisément ce qui va inquiéter les nouveaux maîtres de Venise.En 1797, les troupes de Napoléon Bonaparte entrent dans la région. La République de Venise, qui existait depuis plus de mille ans, disparaît. Napoléon impose un nouveau régime, avant que la ville ne passe quelques mois plus tard sous domination autrichienne.Dans ce contexte politique extrêmement tendu, les autorités se méfient des rassemblements et surtout des personnes masquées. Car derrière un masque, difficile de savoir qui se cache. Des opposants peuvent se réunir anonymement, préparer des troubles ou échapper plus facilement à la surveillance de la police.Le port du masque et les festivités du carnaval sont donc fortement restreints. Sous les dominations française puis autrichienne, la grande tradition publique du carnaval vénitien disparaît progressivement.Attention toutefois : cela ne signifie pas qu’aucune fête costumée n’a lieu pendant près de 200 ans. Des célébrations privées ou ponctuelles subsistent. Mais le grand carnaval populaire qui faisait la réputation de Venise n’existe plus sous sa forme traditionnelle.Même après l’intégration de Venise au royaume d’Italie, en 1866, il ne retrouve pas immédiatement son importance passée.Il faut attendre les années 1970 pour assister à sa véritable renaissance. Des habitants, des artistes et des associations cherchent alors à ressusciter les anciennes traditions vénitiennes. En 1979, les autorités locales relancent officiellement le carnaval.Le succès est spectaculaire.En quelques années, masques, costumes et spectacles envahissent de nouveau la place Saint-Marc et les ruelles de Venise.Ainsi, l’un des carnavals les plus célèbres du monde est en réalité une tradition très ancienne… mais ressuscitée il y a seulement quelques décennies.
Comment deux hommes ont-ils réussi à voyager… par la Poste ?
02:42|L’histoire paraît inventée. Pourtant, à plus de trente ans d’intervalle, deux hommes sont réellement parvenus à voyager entre les îles Anglo-Normandes en utilisant les services de la Poste. Ils s’appelaient Harry Turner et le major « Peabod » Palmer. Et ils ont profité d’une étonnante faille dans le règlement postal britannique.Commençons en 1905, sur l’île de Guernesey.Harry Turner découvre dans un journal qu’un homme a réussi quelques années auparavant à se faire transporter par la Poste à Londres. Intrigué, il décide de vérifier si l’expérience est également possible à Guernesey.Il étudie alors le règlement postal et découvre une disposition étonnante. Un service spécial permet d’expédier certains objets sous la surveillance d’un employé de la Poste. Mais apparemment, rien n’indique explicitement que « l’objet » en question ne peut pas être… un être humain.Turner décide donc de se faire envoyer de Guernesey jusqu’à l’île voisine de Sercq.Et cela fonctionne.Le 6 juillet 1905, il effectue la traversée accompagné d’un messager des Postes chargé de veiller sur cet étrange « colis ». Turner ne voyage donc pas enfermé dans une caisse : c’est sa personne elle-même qui est prise en charge par le service postal.L’expérience est surtout une plaisanterie destinée à tester les limites du règlement. Turner revient même à Guernesey le même jour, accueilli par une foule amusée.Mais en 1940, un autre homme va utiliser cette faille pour une raison beaucoup plus sérieuse.Le major « Peabod » Palmer se trouve à Guernesey et cherche désespérément à rejoindre sa famille sur l’île d’Aurigny. Nous sommes en février 1940 : la Seconde Guerre mondiale a commencé et les déplacements deviennent difficiles.Problème : toutes les places disponibles sur le bateau sont réservées.Palmer consulte alors le règlement de la Poste et arrive à la même conclusion que Turner : aucun texte n’interdit formellement d’expédier une personne.Il demande donc à voyager… par la Poste.Le capitaine du bateau refuse d’abord de l’embarquer. Finalement, Palmer obtient son passage et voyage dans la cale, sous supervision postale.À son arrivée à Aurigny, l’histoire devient encore plus savoureuse : il est conduit au bureau de tri postal, puis un facteur le remet officiellement à sa destinataire.Qui est cette destinataire ?Sa propre épouse.Palmer venait littéralement d’être « livré » chez lui.Après cet épisode, les règles furent modifiées afin d’empêcher qu’une personne puisse de nouveau utiliser la Poste comme moyen de transport.Harry Turner et le major Palmer restent ainsi les héros d’une curieuse époque où, avec suffisamment d’imagination, on pouvait voyager non pas avec un billet… mais comme un colis postal.

Les Romains vomissaient-ils vraiment entre les plats ?
02:15|C’est une image bien ancrée dans l’imaginaire collectif : celle du Romain repu, se faisant vomir entre deux plats gargantuesques pour continuer à festoyer. Mais est-ce vraiment historique… ou juste un mythe bien digéré ?Le cliché du "vomitorium"L’une des principales sources de confusion vient du mot "vomitorium", souvent interprété à tort comme une pièce où l’on allait vomir pendant les banquets. En réalité, un vomitorium est un couloir d’accès dans les amphithéâtres romains, permettant aux spectateurs d’entrer ou de sortir rapidement, comme "vomis" par la foule.Donc non, les vomitoriums n’étaient pas des salles dédiées aux excès gastronomiques !Et alors, vomissaient-ils vraiment ?La vérité est plus nuancée. Certains Romains pratiquaient bien le vomissement volontaire, mais ce n’était pas une norme culturelle générale, ni une partie ordinaire du rituel du repas. Cette pratique extrême était très marginale et associée à des comportements de luxe décadent, souvent critiqués par les moralistes et les auteurs de l’époque.Par exemple, l’historien Suétone, dans sa Vie de César, rapporte que l’empereur Claude mangeait et buvait jusqu’à se faire vomir — mais pour pouvoir continuer à boire encore. Ce type de comportement était considéré comme scandaleux, même par les standards de Rome.Une culture de l’excès… mais pas systématiqueIl est vrai que les banquets romains, surtout chez les élites, étaient souvent extravagants. Lors des convivia (repas aristocratiques), on pouvait servir des dizaines de plats, des mets rares comme des langues de flamant rose ou des loirs farcis. Le but ? Montrer sa richesse, son raffinement… et parfois, son absence totale de modération.Mais pour autant, la majorité des Romains ne se livraient pas à de tels excès. La plupart avaient une alimentation simple, à base de pain, légumes, légumineuses et un peu de viande ou de poisson selon les moyens.Le vomi comme symbole moralLes auteurs comme Sénèque, Pline l’Ancien ou Juvénal utilisaient la figure du vomissement comme critique morale : symbole d’une société décadente, d’un Empire qui perdait ses repères. Ce n’était pas tant un fait courant qu’une image exagérée, une caricature dénonçant la dérive de l’élite.En résuméNon, les Romains ne vomissaient pas systématiquement entre les plats.Oui, quelques-uns s’y livraient, mais c’était rare, marginal et mal vu.Le vomitorium n’avait rien à voir avec le vomissement.Cette idée vient surtout de caricatures morales antiques et d’un malentendu linguistique.