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Choses à Savoir HISTOIRE

L'URSS a-t-elle encouragé le polyamour ?

Lorsque l’on pense à la Révolution d’Octobre 1917, on imagine d’abord la prise du pouvoir par les bolcheviks, la chute du tsar et les bouleversements politiques. Mais un autre champ de bataille a émergé à cette époque : celui de la vie intime. Et certains en sont venus à se demander si, dans cette Russie révolutionnaire, le polyamour avait été encouragé.


Au lendemain de la révolution, les bolcheviks veulent détruire la vieille société « bourgeoise », et avec elle ses institutions jugées oppressives. La famille traditionnelle, fondée sur le mariage religieux et la fidélité, est perçue comme un outil de domination. En 1918, un nouveau code du mariage est adopté : divorce facilité, unions civiles reconnues, égalité accrue entre hommes et femmes. C’est une véritable révolution des mœurs.


Dans ce contexte, des figures comme Alexandra Kollontaï, commissaire du peuple à l’Assistance publique et ardente féministe, défendent l’idée d’un amour libéré. Selon elle, les relations amoureuses et sexuelles ne devraient pas être enfermées dans les contraintes du mariage, mais vécues librement, « comme on boit un verre d’eau » disait-elle. Son discours, très radical pour l’époque, valorise des unions multiples, successives, choisies selon le désir, ce qui ressemble fortement à une forme de polyamour.


Pendant quelques années, cette libéralisation suscite un climat d’expérimentation. Les jeunes urbains s’essayent à l’« amour libre », les divorces explosent, les couples se forment et se défont rapidement. Dans la presse et les cercles militants, on débat de la fin de la monogamie. On pourrait croire que l’État soviétique encourage ce mouvement. Mais en réalité, il s’agit surtout d’un courant intellectuel et social, pas d’une politique officielle.


Très vite, les autorités comprennent que cette effervescence a un coût. La multiplication des divorces et des séparations entraîne une hausse dramatique du nombre d’enfants abandonnés. Les familles deviennent instables, la société désorientée. Dès le milieu des années 1920, le pouvoir cherche à rétablir l’ordre. Puis, dans les années 1930, avec Staline, le virage est brutal : la famille traditionnelle est réhabilitée, le mariage glorifié, la fidélité encouragée. L’État a désormais besoin de stabilité sociale et de natalité forte.


En résumé, dans les premières années après 1917, le polyamour a bien été discuté, théorisé et parfois pratiqué, surtout sous l’influence de Kollontaï. Mais il n’a jamais été officiellement promu par l’URSS. La révolution sexuelle des débuts s’est rapidement heurtée au retour du conservatisme.

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  • Rediffusion - Pourquoi Bissette et Schoelcher se sont opposés pour l'abolition de l'esclavage ?

    03:05|
    L’abolition de l’esclavage en France, proclamée en 1848, est le résultat d’un long combat mené par plusieurs figures majeures, dont Cyrille Bissette et Victor Schoelcher. Bien qu’ils aient partagé le même objectif—l’émancipation des esclaves—ces deux hommes ont incarné des approches radicalement différentes, qui les ont opposés jusqu’à la fin de leur vie.   Cyrille Bissette : un abolitionniste issu des colonies  Né en 1795 en Martinique, Cyrille Bissette est un métis libre qui s’engage très tôt dans la lutte contre l’esclavage et pour l’égalité des droits entre Noirs et Blancs. Son combat commence en 1823 lorsqu’il publie un pamphlet dénonçant les injustices coloniales. Arrêté et condamné au bannissement, il est exilé en France.  Malgré ces persécutions, il continue son combat en fondant des journaux et en militant pour une abolition progressive, avec une transition permettant aux affranchis d’accéder progressivement aux droits civiques et économiques. Il défend aussi l’idée que l’abolition doit être portée par les hommes des colonies eux-mêmes, et non imposée par la métropole.   Victor Schoelcher : l’abolitionnisme radical depuis la métropole  Victor Schoelcher, lui, est né en 1804 en France, dans une famille bourgeoise. Lors de ses voyages aux Antilles, il est profondément choqué par les conditions de vie des esclaves et devient un abolitionniste convaincu. À la différence de Bissette, il milite pour une abolition immédiate et sans conditions, qu’il considère comme un impératif moral et républicain.  Grâce à son influence politique, il joue un rôle clé dans l’adoption du décret du 27 avril 1848 qui met fin à l’esclavage dans les colonies françaises. Mais cette abolition est décidée sans consultation des leaders locaux comme Bissette, ce qui crée des tensions.   Deux visions irréconciliables  Leur opposition repose sur plusieurs points fondamentaux :  1. La méthode d’abolition : Bissette prône une abolition progressive, tandis que Schoelcher défend une rupture immédiate. 2. Le rôle des élites locales : Bissette veut que les hommes des colonies soient acteurs de leur propre libération, alors que Schoelcher impose l’abolition depuis Paris. 3. La gestion de l’après-esclavage : Bissette craint que la liberté accordée sans préparation ne laisse les anciens esclaves dans une précarité totale, tandis que Schoelcher mise sur des réformes à venir.   Un conflit jusqu’à la mort  Cette rivalité s’intensifie après 1848. Bissette, malgré son engagement de longue date, est marginalisé par Schoelcher et ses partisans, qui monopolisent le discours abolitionniste officiel. En réaction, Bissette critique ouvertement la politique post-abolition, notamment l’absence de mesures concrètes pour intégrer les affranchis dans la société.  Jusqu’à la fin de leur vie, les deux hommes ne se réconcilieront jamais, malgré leur engagement pour une même cause. Leur opposition illustre un débat fondamental qui traverse encore aujourd’hui les luttes pour la justice sociale : faut-il privilégier une approche radicale et immédiate ou une transition progressive pour garantir un changement durable ?
  • A propos de la programmation de cette semaine

    00:30|
    En raison de la situation actuelle au Moyen-Orient, j’ai été momentanément bloqué à l’étranger, ce qui m'a empêché d’enregistrer de nouveaux épisodes pour cette semaine. Je suis contraint de vous proposer des rediffusions jusqu'à vendredi. Veuillez m'en excuser.
  • Pourquoi des pirates se mariaient-ils entre eux ?

    02:28|
    Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, la vie des marins et des boucaniers est tout sauf romantique. Violence, maladies, tempêtes, batailles navales : l’espérance de vie est courte et l’avenir, profondément incertain. C’est dans ce monde brutal qu’apparaît une pratique aujourd’hui méconnue mais fascinante : le matelotage.Le matelotage est un contrat passé entre deux marins, très répandu dans les milieux de la piraterie et de la course, notamment dans les Caraïbes. Il lie deux hommes qui se promettent entraide, solidarité et protection mutuelle. Concrètement, cela signifie partager le butin, veiller l’un sur l’autre en cas de blessure ou de maladie, et surtout assurer une sécurité matérielle en cas de décès.Car le cœur du matelotage est juridique autant qu’humain. Si l’un des deux marins meurt, son matelot hérite de ses biens : argent, armes, parfois même parts de navire. À une époque où les marins sont souvent coupés de leur famille, parfois analphabètes, et sans accès à des institutions solides, ce type d’accord est une assurance vitale. Le matelot devient à la fois héritier, exécuteur moral et dernier proche.Cette pratique est particulièrement répandue chez les boucaniers installés dans des ports comme Port Royal, en Jamaïque, ou à l’île de la Tortue. Ces communautés sont presque exclusivement masculines. Les femmes y sont rares, les mariages traditionnels quasi impossibles. Le matelotage comble alors un vide social et affectif.Faut-il y voir une forme de mariage homosexuel avant l’heure ? La réponse est nuancée. Dans de nombreux cas, le matelotage est avant tout un pacte économique et de survie. Mais les sources indiquent clairement que certains de ces contrats s’accompagnaient d’une relation amoureuse ou sexuelle. Sans être systématique, cette dimension est suffisamment attestée pour montrer que le matelotage pouvait aussi être une union affective assumée, dans des sociétés marginales où les normes européennes perdaient leur force.Les autorités coloniales et religieuses regardaient ces pratiques avec méfiance, voire hostilité. Mais dans les faits, elles les toléraient souvent, faute de pouvoir contrôler ces communautés flottantes et armées.Le matelotage disparaît progressivement au XVIIIᵉ siècle, avec le déclin de la piraterie et la reprise en main des marins par les États et les marines nationales. Il laisse pourtant une trace singulière : celle d’un monde où, face à la mort omniprésente, la solidarité choisie pouvait prendre la forme d’un véritable engagement de vie.Une autre façon d’aimer, de survivre… et de faire famille, au bout du monde.
  • Pourquoi des nez humains ont-ils été enterrés à Kyoto ?

    01:53|
    Les « tombes de nez » au Japon désignent des monuments funéraires aussi réels que dérangeants. En japonais, on parle de hanazuka (« tertres de nez ») ou plus souvent de Mimizuka (« tertre d’oreilles »). Le plus célèbre se trouve à Kyoto, et son histoire remonte à la fin du XVIᵉ siècle.Pour comprendre leur origine, il faut revenir aux invasions japonaises de la Corée (1592–1598), menées par le chef militaire Toyotomi Hideyoshi. À cette époque, les armées japonaises envahissent la péninsule coréenne dans des campagnes d’une extrême violence. Comme dans beaucoup de guerres pré-modernes, les soldats devaient prouver leurs faits d’armes pour être récompensés. Traditionnellement, on rapportait la tête des ennemis tués.Mais la guerre se déroulant loin du Japon, transporter des milliers de têtes était logistiquement impossible et rapidement insoutenable. La solution adoptée fut macabre : couper le nez — ou parfois les oreilles — des ennemis tués, les faire saler, puis les envoyer au Japon comme preuve de victoire. Ces reliques humaines furent ensuite enterrées dans des tertres collectifs.Le Mimizuka de Kyoto contiendrait ainsi, selon les sources, les restes de dizaines de milliers de Coréens et de Chinois, civils et soldats confondus. À l’origine, le monument portait le nom explicite de Hanazuka, « colline des nez ». Le terme Mimizuka a été adopté plus tard, sans doute pour adoucir la brutalité du souvenir.Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces tombes ne sont pas célébrées aujourd’hui comme des monuments glorieux. Elles sont plutôt des vestiges embarrassants de l’histoire japonaise. Pendant longtemps, elles ont été peu mises en avant, voire ignorées. Ce n’est qu’au XXᵉ siècle que des historiens coréens et japonais ont commencé à les étudier sérieusement, ravivant des tensions mémorielles entre les deux pays.Du point de vue culturel japonais, ces tertres ont parfois été réinterprétés comme des lieux de repos pour apaiser les âmes des morts, selon des croyances bouddhistes. Mais cette lecture spirituelle n’efface pas leur origine : il s’agit bien de traces matérielles d’une violence de guerre extrême.Les « tombes de nez » rappellent ainsi une réalité souvent oubliée : avant les conventions modernes, la guerre était aussi une comptabilité du corps ennemi. Ces monuments silencieux, encore visibles aujourd’hui, ne glorifient pas le passé. Ils le rendent impossible à oublier.
  • Pourquoi Washington a-t-il été choisi comme premier président des États-Unis ?

    02:33|
    En 1789, les États-Unis sont un pays neuf, fragile, presque expérimental. La Constitution vient à peine d’entrer en vigueur, et une question obsède les esprits : qui va incarner ce pouvoir inédit sans le détruire ? Le souvenir de la monarchie britannique est encore brûlant, et personne ne veut remplacer un roi par un autre, fût-il élu.Le poste de président inquiète. Trop de pouvoir, et la République peut basculer. Trop peu, et l’État s’effondre. Les treize États se méfient les uns des autres, les rivalités régionales sont fortes, et l’autorité fédérale reste contestée. Il faut donc un homme capable de rassurer… sans dominer.Dans ce climat de méfiance, un nom s’impose peu à peu, presque malgré lui. Pendant la guerre d’Indépendance, cet homme a dirigé l’armée américaine face à l’une des plus grandes puissances du monde. Il a connu les défaites, les hivers terribles, les désertions, le manque d’argent. Il n’a pas été un stratège flamboyant, mais un chef endurant, capable de tenir quand tout semblait perdu. Et surtout, il a gagné.Mais le moment décisif survient après la guerre. Alors que l’histoire est remplie de chefs militaires qui profitent de leur victoire pour s’emparer du pouvoir, lui fait exactement l’inverse. Il démissionne de son commandement, rend son autorité au Congrès et retourne à la vie civile. Ce geste marque profondément les esprits. Pour beaucoup, il prouve une chose essentielle : cet homme sait renoncer au pouvoir.Autre élément clé : son image dépasse les clivages. Il n’est pas identifié à un parti — ils n’existent pas encore vraiment — ni à une faction idéologique trop marquée. Originaire de Virginie, il rassure le Sud, mais son prestige est national. Dans un pays qui cherche désespérément un point d’équilibre, cette neutralité est précieuse.Il a aussi participé à la naissance du nouveau régime. En 1787, il préside la Convention constitutionnelle. Sa présence donne du poids au texte, rassure les sceptiques et crédibilise l’idée même d’un exécutif fort mais limité. Sans parler, il légitime.Quand vient l’élection présidentielle, le choix semble presque évident. Le collège électoral vote à l’unanimité. Non par enthousiasme aveugle, mais par prudence collective.Ainsi, George Washington est choisi non parce qu’il promettait beaucoup, mais parce qu’il faisait peur à personne. Les Américains ne cherchaient pas un homme providentiel. Ils cherchaient un garde-fou. Et pour un pays qui inventait la République en marchant, c’était sans doute le choix le plus rationnel de tous.
  • Pourquoi la bataille des Thermopyles est-elle devenue légendaire ?

    02:26|
    Au cœur de l’été 480 avant notre ère, une rumeur terrifie la Grèce : l’armée perse arrive. Elle est immense, interminable, conduite par le roi Xerxès Ier. Derrière elle, les villes brûlent. Devant elle, presque rien. Ou presque.Face à cette vague humaine, les cités grecques choisissent un point étroit, suffocant, presque étouffant : le défilé des Thermopyles. Une bande de terre coincée entre la mer et la montagne. Impossible d’y manœuvrer. Impossible d’y contourner l’ennemi. C’est là que quelques milliers de Grecs, menés par 300 Spartiates, décident d’attendre.À leur tête, le roi Léonidas Ier. Il sait. Il sait que l’armée perse est bien trop nombreuse. Il sait que Sparte n’a pas envoyé toute sa force. Il sait surtout que cette bataille ne peut pas être gagnée. Mais il avance quand même.Quand les Perses attaquent, le choc est brutal. Jour après jour, vague après vague, ils se brisent contre le mur de boucliers grecs. Le passage est si étroit que la supériorité numérique perse devient inutile. Les corps s’entassent. L’armée de Xerxès doute. Pour la première fois, elle recule. L’invincible saigne.Puis vient la nuit. Et avec elle, la trahison. Un Grec révèle aux Perses un sentier secret dans la montagne. À l’aube, Léonidas comprend : l’encerclement est inévitable. Le piège se referme.C’est ici que la bataille bascule dans la légende. Léonidas renvoie la majorité des alliés. Il ne garde avec lui que ceux qui acceptent de rester, en pleine connaissance de cause. Ils ne se battent plus pour survivre. Ils se battent pour retarder l’ennemi. Pour frapper les esprits. Pour laisser une trace.Le dernier jour est un massacre. Les Spartiates combattent jusqu’à la mort, parfois à mains nues, parfois sans armes. Ils tombent un à un. Les Perses finissent par passer. Militairement, c’est une défaite totale.Mais le choc est ailleurs. Les Thermopyles prouvent que l’armée perse peut être arrêtée. Que le courage peut compenser le nombre. Que mourir peut parfois peser plus lourd que gagner. Quelques mois plus tard, la Grèce renverse le cours de la guerre.Si la bataille des Thermopyles est devenue légendaire, c’est parce qu’elle transforme une fin annoncée en acte fondateur. Ce jour-là, dans un défilé brûlant, la défaite est devenue un message. Et ce message, lui, n’a jamais cessé de résonner.
  • Rediffusion - Quelles esclaves furent libérées par Samuel Baker ?

    03:01|
    Samuel Baker est une figure marquante du XIXe siècle, connu pour ses explorations en Afrique, mais aussi pour son rôle dans la lutte contre l’esclavage au Soudan. Aventurier, cartographe et administrateur colonial britannique, il s’est illustré dans une mission particulièrement audacieuse : la libération de captives réduites en esclavage dans le Soudan égyptien.   Un explorateur devenu gouverneur  Né en 1821 en Angleterre, Samuel Baker se passionne pour l’exploration et participe à plusieurs expéditions en Afrique. Il est notamment célèbre pour avoir découvert en 1864 le lac Albert, l’un des grands lacs de l’Afrique centrale. Mais son destin prend un tournant en 1869 lorsqu’il est nommé gouverneur du sud du Soudan par le khédive d’Égypte, Ismaïl Pacha. Sa mission : mettre fin à la traite négrière qui ravage la région.  À cette époque, le Soudan est un centre important de la traite des esclaves. Des marchands arabes capturent des populations locales, principalement des femmes et des enfants, pour les vendre sur les marchés d’Égypte et du Moyen-Orient. Baker, farouchement opposé à l’esclavage, décide d’agir avec fermeté.   Une mission contre l’esclavage  Avec une troupe de soldats égyptiens, Samuel Baker mène plusieurs campagnes pour démanteler les réseaux esclavagistes. En 1870, lors d’une expédition dans la région du Bahr el-Ghazal, il découvre un immense camp d’esclaves. Des centaines de femmes et d’enfants, enchaînés et affaiblis, attendent d’être transportés vers les marchés d’esclaves.  Baker ordonne immédiatement leur libération et fait arrêter plusieurs marchands d’esclaves. Son intervention marque un tournant dans la lutte contre la traite négrière au Soudan. En plus de libérer des captifs, il établit des avant-postes pour surveiller et contrôler la région, empêchant ainsi la reprise du commerce des esclaves.   Une libération aux contours flous  Si Samuel Baker est reconnu pour son action abolitionniste, des questions demeurent sur le sort des femmes libérées. Certains récits suggèrent qu'elles auraient été encouragées, voire contraintes, à épouser leurs libérateurs ou à entrer à leur service. Bien que ces pratiques ne soient pas formellement documentées dans les archives officielles, elles reflètent une réalité coloniale où la liberté des esclaves affranchis restait souvent relative.  Un exemple célèbre est celui de Florence Baker, née en Transylvanie et réduite en esclavage avant d’être achetée par Samuel Baker lors d’une vente aux enchères dans l’Empire ottoman. Elle devint sa compagne puis son épouse, un récit souvent présenté à l’époque comme une histoire d’amour, mais qui soulève aujourd’hui des interrogations sur le consentement et le pouvoir dans ces relations asymétriques.   Un héritage controversé  Bien que Baker ait contribué à la lutte contre l’esclavage, son action s’inscrit aussi dans le cadre du colonialisme britannique. Certains historiens voient en lui un héros abolitionniste, tandis que d’autres soulignent que son intervention servait également les intérêts impérialistes de l’Empire britannique en Afrique.  Quoi qu’il en soit, Samuel Baker reste une figure clé de l’histoire du Soudan, et son combat contre l’esclavage a marqué une étape importante dans la lutte pour l’abolition dans cette région du monde. Toutefois, les réalités complexes de cette période rappellent que la fin officielle de l’esclavage ne signifiait pas nécessairement l’émancipation totale des personnes libérées.
  • Rediffusion - Qu'est-ce que le photographe Li Zhensheng a caché sous son plancher ?

    02:07|
    Dans l’histoire de la photographie, rares sont les clichés qui ont le pouvoir de révéler une vérité interdite. C’est pourtant ce qu’a accompli Li Zhensheng, un photographe chinois qui a risqué sa vie pour préserver la mémoire d’une période sombre de son pays. Pendant la Révolution culturelle (1966-1976), il a secrètement documenté des scènes que le régime de Mao préférait cacher. Pour éviter leur destruction, il les a dissimulées… sous le plancher de son appartement.   Un photographe sous surveillance  Dans les années 1960, Li Zhensheng est photojournaliste pour le Heilongjiang Daily, un journal de propagande basé dans le nord-est de la Chine. Comme tous les médias de l’époque, ce journal ne publie que des images glorifiant la Révolution culturelle et exaltant Mao Zedong. Li est donc chargé d’immortaliser les parades, les réunions politiques et les portraits d’un peuple fidèle au régime.  Mais très vite, il est témoin d’une autre réalité. Il assiste aux humiliations publiques, aux autodafés d’ouvrages considérés comme bourgeois, aux procès populaires et aux persécutions menées contre ceux qui sont qualifiés d’ennemis du peuple. Officiellement, il doit photographier ces événements pour le journal. Mais secrètement, il conserve les clichés censurés, refusant d’effacer les preuves des violences commises.   Un trésor caché sous le plancher  Craignant que ses négatifs ne soient découverts et détruits, Li Zhensheng prend une décision audacieuse : il enterre plus de 30 000 photos sous le plancher de son appartement. Ces images sont des documents uniques montrant la face sombre de la Révolution culturelle : des intellectuels la tête rasée, contraints de défiler avec des pancartes humiliantes, des foules déchaînées brûlant des temples et des enseignants battus par leurs propres élèves.  Pendant des années, ces clichés restent cachés. Ce n’est qu’après la fin de la Révolution culturelle que Li peut récupérer ses négatifs. En 2003, il publie un livre, Red-Color News Soldier, qui dévoile au monde entier ces images poignantes.   Un témoignage inestimable  Grâce à son courage, Li Zhensheng a sauvé une part essentielle de l’histoire chinoise, permettant aux générations futures de voir ce que le régime voulait effacer. Son travail reste aujourd’hui une référence incontournable pour comprendre cette période de terreur et d’endoctrinement de masse.
  • Rediffusion - Pourquoi les OVNIs ne datent pas d'hier ?

    03:29|
    Les objets volants non identifiés, ou OVNIs, sont souvent associés à l’ère moderne et aux observations rapportées depuis le XXe siècle. Pourtant, les témoignages d’apparitions mystérieuses dans le ciel existent depuis l’Antiquité. De nombreux textes anciens décrivent des phénomènes lumineux et étranges, souvent interprétés comme des signes divins ou des présages.   Des témoignages antiques fascinants  L’un des premiers récits détaillés remonte à l’Empire romain. Pline l’Ancien, célèbre naturaliste du Ier siècle, rapporte dans son ouvrage Histoire Naturelle l’observation de « boucliers ardents » et d’objets célestes qui semblaient se heurter dans le ciel. Ces descriptions rappellent les phénomènes modernes d’OVNIs, souvent décrits comme des objets lumineux en mouvement erratique.  Julius Obsequens, un écrivain du IVe siècle, compile également des événements mystérieux survenus à Rome. Dans son livre Prodigiorum Liber, il mentionne un « globe de feu » qui descend du ciel, touche le sol, puis repart immédiatement. Si ces récits ne prouvent pas l’existence d’engins extraterrestres, ils montrent que des phénomènes aériens inexpliqués intriguent l’humanité depuis des millénaires.   OVNIs et textes religieux  La Bible contient aussi plusieurs passages pouvant être interprétés comme des observations d’OVNIs. L’un des plus célèbres est la vision d’Ézéchiel, un prophète de l’Ancien Testament. Il décrit un char céleste composé de roues lumineuses qui tournoient dans le ciel, accompagnées d’un grand bruit et d’une lumière intense. Certains ufologues voient dans ce passage une description possible d’un vaisseau inconnu.  Dans d’autres récits religieux, des anges ou des divinités sont associés à des phénomènes lumineux dans le ciel, parfois comparés à des colonnes de feu ou des nuages brillants. Bien que ces descriptions aient été interprétées à travers un prisme spirituel, elles peuvent aussi être comparées aux observations modernes d’OVNIs.   Des témoignages au Moyen Âge et à la Renaissance  Les récits de phénomènes aériens mystérieux ne s’arrêtent pas à l’Antiquité. Le 14 avril 1561, les habitants de Nuremberg, en Allemagne, assistent à un spectacle fascinant. Selon une gravure et un témoignage du chroniqueur Hans Glaser, des formes étranges—croix, sphères, cylindres et objets en forme de disques—semblent s’affronter dans le ciel, émettant des lumières et des traînées de fumée. À l’époque, cela est interprété comme un présage apocalyptique. Aujourd’hui, certains chercheurs pensent qu’il s’agissait d’un phénomène optique rare, comme un parhélie (halo solaire), ou d’une pluie de météores. D’autres y voient un récit similaire aux observations modernes d’OVNIs.  À la Renaissance, certaines œuvres d’art semblent également témoigner de la présence de phénomènes aériens inexpliqués. Dans la peinture La Madone avec Saint Jean Baptiste et Saint Joseph, attribuée à Domenico Ghirlandaio (ou à un peintre de son cercle), on distingue en arrière-plan un objet étrange flottant dans le ciel. Un homme et son chien semblent intrigués par cet élément. Certains historiens de l’art y voient une simple représentation symbolique de la présence divine, tandis que d’autres passionnés d’ufologie suggèrent qu’il s’agit d’une représentation artistique d’un phénomène aérien mystérieux.