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Pourquoi en bateau gauche se dit "bâbord" et droite "tribord" ?
02:05|Sur un bateau, on ne parle ni de gauche ni de droite, mais de bâbord et de tribord. Ces mots, qui semblent techniques ou archaïques, viennent en réalité d’une longue histoire maritime, liée à la navigation médiévale et aux contraintes très concrètes de la manœuvre des navires.Commençons par tribord. Le terme vient de l’ancien français tribort, lui-même issu du germanique steorbord, qui signifie littéralement « le côté où l’on dirige ». Au Moyen Âge, les navires européens étaient équipés d’une rame de gouverne, fixée non pas à l’arrière comme le gouvernail moderne, mais sur le flanc droit du bateau. Cette rame permettait de diriger l’embarcation, et comme la majorité des marins étaient droitiers, elle était naturellement placée à droite. Le côté droit est donc devenu le « côté du gouvernail », le côté pour diriger : steorbord, puis tribord.Passons maintenant à bâbord, dont l’origine est tout aussi révélatrice. Le mot vient de l’ancien français babord, dérivé du germanique bakbord, qui signifie « le côté opposé au gouvernail ». C’est donc, à l’origine, une désignation négative : non pas le côté important, mais l’autre côté, celui qui ne sert pas à diriger. Bâbord est ainsi défini par opposition à tribord.Cette distinction n’est pas qu’une question de vocabulaire. Elle répond à un besoin vital de clarté. En mer, les notions de gauche et de droite sont ambiguës : elles dépendent du sens dans lequel on regarde. Bâbord et tribord, au contraire, sont fixes. Peu importe que l’on regarde vers la proue ou vers la poupe : bâbord est toujours à gauche quand on fait face à l’avant du navire, tribord toujours à droite. Cette stabilité lexicale a permis d’éviter d’innombrables erreurs de manœuvre.Il existe aussi une conséquence pratique historique : les navires accostaient traditionnellement bâbord à quai, afin de protéger la rame de gouverne située à tribord. Cette habitude a renforcé l’usage des termes et leur importance dans la culture maritime.Avec l’apparition du gouvernail central à l’arrière, la rame latérale a disparu, mais les mots sont restés. Ils se sont imposés dans toutes les marines du monde, preuve que le langage maritime conserve la mémoire des techniques anciennes.En résumé, si l’on dit bâbord et tribord, ce n’est pas par tradition gratuite, mais parce que ces mots racontent l’histoire du bateau lui-même : comment il avançait, comment il tournait, et comment les marins ont appris à se comprendre sans jamais se tromper.
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Comment le GIGN a-t-il sauvé les enfants otages de Loyada ?
02:27|Le 4 février 1976, un drame se joue à Loyada, un petit village frontalier entre la Somalie et le territoire français des Djibouti. Ce matin-là, un car scolaire transportant des enfants français est attaqué. À son bord : des élèves du lycée français de Djibouti, âgés de 6 à 13 ans. L’événement va devenir l’une des opérations antiterroristes les plus marquantes de l’histoire française.Des militants du Front de libération de la Côte des Somalis interceptent le bus. Leur objectif est politique : attirer l’attention internationale sur l’indépendance du territoire, alors sous administration française. Les enfants et leurs accompagnateurs sont pris en otage et le car est immobilisé à quelques mètres seulement de la frontière somalienne. La situation est d’une extrême tension : si les preneurs d’otages franchissent la frontière, toute intervention devient impossible.À Paris, la décision est prise d’envoyer le GIGN, alors une unité encore jeune, créée à peine deux ans plus tôt. Sur place, les gendarmes découvrent un scénario cauchemardesque : des enfants entassés dans le car, certains blessés, les terroristes nerveux, armés, et prêts à tirer au moindre mouvement.Pendant de longues heures, les négociations piétinent. Les ravisseurs deviennent de plus en plus imprévisibles. À plusieurs reprises, ils ouvrent le feu sur le bus. Une fillette est tuée, d’autres enfants sont gravement blessés. Le temps joue contre les forces françaises. Chaque minute qui passe rapproche les preneurs d’otages de la frontière.L’ordre d’assaut est finalement donné. Les tireurs d’élite du GIGN ouvrent le feu de manière simultanée et extrêmement précise. En quelques secondes, les preneurs d’otages sont neutralisés. Les gendarmes donnent ensuite l’assaut au car, extraient les enfants un à un, souvent sous les balles, et les mettent à l’abri. L’opération est d’une violence fulgurante, mais elle empêche le pire.Le bilan est lourd : deux enfants français et le chauffeur du bus ont perdu la vie, plusieurs autres sont blessés. Mais l’intervention permet de sauver la majorité des otages et d’éviter une exécution collective. L’opération de Loyada marque profondément l’opinion publique française.Pour le GIGN, c’est un tournant. L’unité démontre son efficacité dans une situation extrême, face à des terroristes déterminés et dans un environnement hostile. Loyada devient un cas d’école dans l’histoire de l’antiterrorisme : gestion de crise, tir de précision, coordination sous pression maximale.Aujourd’hui encore, le drame de Loyada reste gravé dans la mémoire collective. Il rappelle que derrière les grandes opérations militaires ou policières, il y a toujours des vies d’enfants, prises au piège de conflits qui les dépassent.
Qu'est-ce que bektachisme, cette mystérieuse confrérie spirituelle ?
02:44|Le bektachisme est l’une des confréries spirituelles les plus énigmatiques de l’histoire du monde musulman. Né entre mystique soufie, chiisme hétérodoxe et traditions populaires d’Anatolie, il a longtemps évolué à la marge de l’islam officiel, tout en jouant un rôle politique et culturel majeur dans l’Empire ottoman.La confrérie tire son nom de Hacı Bektaş Veli, un mystique du XIIIᵉ siècle originaire d’Anatolie. Personnage semi-légendaire, il prêche une spiritualité fondée sur l’amour, la tolérance, l’égalité entre les êtres humains et la recherche intérieure plutôt que sur l’observance stricte de la loi religieuse. Dans un monde médiéval souvent dominé par l’orthodoxie, ce message tranche radicalement.Le bektachisme se distingue d’abord par sa lecture symbolique et ésotérique de l’islam. Les textes sacrés ne sont pas rejetés, mais interprétés à plusieurs niveaux. Les rituels sont volontairement secrets, réservés aux initiés. Contrairement à l’islam sunnite classique, les bektachis ne mettent pas l’accent sur la prière canonique quotidienne, le jeûne strict ou la séparation rigide entre hommes et femmes. Le vin, normalement interdit, peut même avoir une valeur symbolique lors de certaines cérémonies.Autre particularité majeure : le bektachisme accorde une place centrale à Ali, le gendre du prophète Mahomet, et aux douze imams du chiisme, tout en intégrant des éléments préislamiques, chrétiens et chamaniques. Cette hybridation religieuse a longtemps nourri sa réputation de doctrine “hérétique” aux yeux des autorités sunnites.Son importance historique explose à partir du XVe siècle, lorsque la confrérie devient intimement liée aux janissaires, le corps d’élite de l’armée ottomane. Cette alliance offre au bektachisme une protection politique considérable. Pendant plusieurs siècles, la confrérie agit comme un contre-pouvoir spirituel, diffusant une vision plus égalitaire et plus souple de la religion au sein de l’Empire.Mais cette proximité avec les janissaires scelle aussi son destin. En 1826, lorsque le sultan Mahmud II fait massacrer et dissoudre les janissaires, le bektachisme est à son tour interdit. Les tekkes, les lieux de rassemblement, sont fermés, les maîtres spirituels persécutés, et la confrérie entre dans la clandestinité.Aujourd’hui, le bektachisme survit principalement dans les Balkans — notamment en Albanie — et en Turquie, sous une forme discrète. Plus qu’une simple confrérie religieuse, il incarne une autre voie de l’islam, profondément humaniste, où la quête spirituelle prime sur la loi, et où la foi se vit comme une expérience intérieure.Le bektachisme reste ainsi un rappel troublant : l’histoire religieuse n’est jamais monolithique, et certaines traditions ont longtemps prospéré… précisément parce qu’elles refusaient les dogmes rigides.
Quel est le mystère des pierres bleues de Stonehenge ?
02:26|Depuis des siècles, Stonehenge fascine autant qu’il intrigue. Mais parmi toutes ses énigmes, l’une est particulièrement tenace : l’origine des “pierres bleues”, ces blocs de plusieurs tonnes qui ne proviennent pas du tout de la région où le monument est érigé. Pendant longtemps, leur présence a semblé presque inexplicable.Ces pierres bleues — une quarantaine à l’origine — sont des roches volcaniques et métamorphiques, différentes des grands blocs de grès visibles aujourd’hui. Dès le XXᵉ siècle, les géologues établissent qu’elles proviennent du pays de Galles, à plus de 200 kilomètres de Stonehenge. Une distance colossale pour des sociétés néolithiques ne disposant ni de roue, ni de métal, ni d’animaux de trait.Comment ces pierres ont-elles été transportées ? Deux hypothèses se sont longtemps affrontées. La première, spectaculaire, évoquait un transport humain volontaire, par radeaux, traîneaux et rouleaux de bois, sur des générations entières. La seconde proposait une origine naturelle : les pierres auraient été déplacées par les glaciers lors des dernières glaciations, puis réutilisées sur place par les bâtisseurs.C’est précisément ce débat qu’une étude récente est venue raviver — et peut-être trancher. Publiée dans la revue Communications Earth & Environment, cette recherche est menée par deux scientifiques de l’Université Curtin, en Australie.Leur travail repose sur une analyse fine de la géologie et de la dynamique glaciaire britannique. Leur conclusion est claire : aucun glacier connu n’aurait pu transporter ces pierres jusqu’à la plaine de Salisbury. Les modèles climatiques et géomorphologiques montrent que les glaces se sont arrêtées bien plus à l’ouest. En revanche, elles auraient pu déplacer certaines pierres jusqu’au sud-ouest du pays de Galles, où elles auraient ensuite été récupérées.Autrement dit, les pierres bleues n’ont pas voyagé seules jusqu’à Stonehenge. Elles ont été extraites, choisies et transportées intentionnellement par des humains sur des centaines de kilomètres. Cette conclusion renforce l’idée que Stonehenge n’est pas seulement un exploit architectural, mais aussi un projet social et symbolique majeur, mobilisant des communautés entières.Pourquoi faire un tel effort ? De plus en plus d’archéologues pensent que les pierres bleues avaient une valeur rituelle ou identitaire particulière. Leur provenance lointaine aurait renforcé leur prestige, leur pouvoir symbolique, voire spirituel. Stonehenge ne serait donc pas seulement un observatoire ou un calendrier, mais un lieu de mémoire et de rassemblement, reliant différentes régions de la Grande-Bretagne néolithique.Ce que cette étude récente change profondément, c’est notre regard sur ces sociétés anciennes. Loin d’être primitives, elles étaient capables de planification à long terme, de coopération à grande échelle et de choix culturels sophistiqués. Le mystère des pierres bleues n’est peut-être pas totalement résolu… mais il révèle déjà une chose essentielle : Stonehenge est l’œuvre d’une ambition humaine bien plus grande qu’on ne l’imaginait.
Quel Pape a écrit un roman érotique ?
02:27|Ce pape est Pie II.Avant de devenir pape en 1458, Pie II s’appelait Enea Silvio Piccolomini. Humaniste accompli, diplomate au service de plusieurs cours européennes, il appartient pleinement à la Renaissance naissante, bien loin de l’image austère que l’on associe souvent à la papauté médiévale. Comme beaucoup d’intellectuels de son temps, il écrit abondamment : discours politiques, poèmes, traités moraux… et un ouvrage qui va traverser les siècles pour une raison bien particulière.Vers 1444, Piccolomini rédige un court roman en latin intitulé Historia de duobus amantibus — L’Histoire de deux amants. Le récit s’inspire d’un fait divers réel survenu à Sienne. Il raconte la passion clandestine entre Eurialus, jeune chevalier allemand, et Lucrèce, une femme mariée issue de la noblesse italienne. Le ton est sensuel, parfois explicite pour l’époque, et tranche radicalement avec la littérature religieuse habituelle.Ce n’est pas un texte pornographique au sens moderne, mais un roman érotique humaniste : le désir y est décrit sans détour, les corps sont évoqués, l’amour charnel est central, et l’auteur ne cache ni la force des pulsions ni la complexité morale des personnages. Le succès est immédiat. L’ouvrage circule dans toute l’Europe, est copié, commenté, et devient l’un des textes profanes les plus lus du XVe siècle.Pourquoi un futur pape écrit-il un tel livre ? Parce qu’à ce moment de sa vie, Piccolomini n’est pas encore homme d’Église au sens strict. Il mène une existence mondaine, a des relations amoureuses, et revendique une vision très humaniste de l’homme, héritée de l’Antiquité. Pour lui, comprendre l’amour et le désir fait partie de la compréhension du monde.La rupture intervient plus tard. Une fois élu pape sous le nom de Pie II, il change de ton. Il reconnaît publiquement ses écrits de jeunesse, les juge incompatibles avec sa nouvelle fonction et adopte une posture beaucoup plus morale. Fait remarquable : il ne renie pas totalement le livre, mais le présente comme l’erreur d’un homme avant sa conversion spirituelle.Ce contraste fait de Pie II une figure unique dans l’histoire de la papauté. Aucun autre pape n’a laissé derrière lui un roman érotique aussi assumé et diffusé. Son parcours illustre parfaitement la tension du XVe siècle entre héritage antique, liberté humaniste et autorité religieuse.En résumé, oui : l’histoire a bien connu un pape romancier érotique. Et ce détail, loin d’être anecdotique, raconte à lui seul toute la complexité intellectuelle et culturelle de la Renaissance.
Pourquoi l’opération Babylift est l’un des épisodes les plus controversés de la guerre du Vietnam ?
02:43|En avril 1975, les derniers jours de la guerre du Vietnam se jouent dans le chaos. Les forces nord-vietnamiennes approchent de Saïgon, la capitale du Sud, et l’effondrement du régime sud-vietnamien paraît inévitable. C’est dans ce contexte d’urgence qu’est lancée l’opération Babylift, une vaste évacuation aérienne destinée à transporter des milliers d’enfants vietnamiens vers les États-Unis et d’autres pays occidentaux. Derrière l’image d’un sauvetage humanitaire spectaculaire se cache une histoire complexe, mêlant compassion, improvisation et zones d’ombre.L’opération est officiellement annoncée par le président américain Gerald Ford au début du mois d’avril 1975. Son objectif affiché est simple : évacuer les orphelins vietnamiens menacés par l’avancée communiste et leur offrir une nouvelle vie à l’étranger. En quelques semaines, plus de 3 000 enfants sont transportés, principalement vers les États-Unis, mais aussi vers l’Australie, le Canada et certains pays européens.Pour l’opinion publique occidentale, les images sont saisissantes : des nourrissons emmaillotés, alignés dans des avions militaires, encadrés par des infirmières et des bénévoles. Elles suscitent une vague d’émotion mondiale et renforcent l’idée d’un geste humanitaire massif.Mais très vite, l’opération est frappée par un drame. Le 4 avril 1975, le premier vol Babylift s’écrase peu après le décollage de Saïgon, causant la mort de plus de cent personnes, dont de nombreux enfants. Malgré ce choc, l’opération se poursuit, illustrant la détermination des autorités américaines à accélérer les évacuations.Avec le recul, l’opération Babylift apparaît beaucoup plus controversée qu’il n’y paraît au premier regard. D’abord, tous les enfants évacués n’étaient pas orphelins. Certains avaient encore des parents vivants, qui, dans la panique générale, ont pu croire confier temporairement leurs enfants à des structures d’accueil, sans comprendre qu’ils quitteraient définitivement le pays. Dans d’autres cas, les dossiers d’adoption étaient incomplets ou imprécis.Se pose alors une question éthique majeure : s’agissait-il uniquement de sauver des vies, ou aussi de vider des orphelinats à la hâte, sans vérification rigoureuse ? Pour certains historiens, l’opération répondait aussi à un objectif politique : donner une image positive de l’engagement américain au moment même où la guerre se soldait par un échec.Des décennies plus tard, de nombreux adultes issus de Babylift cherchent encore leurs origines. Certains ont retrouvé leurs familles biologiques, d’autres non. Leur parcours illustre les conséquences humaines durables de cette évacuation massive.L’opération Babylift reste ainsi un symbole ambigu : à la fois acte de solidarité et épisode troublant d’une guerre marquée par la précipitation et la confusion. Elle rappelle que même les gestes présentés comme humanitaires peuvent soulever, avec le temps, des questions profondes sur la responsabilité, le consentement et la mémoire.
Quel libertin devint roi ?
03:00|Dans l’histoire de France, peu de souverains offrent un contraste aussi saisissant entre jeunesse dissolue et destin royal que Charles X of France, connu avant son accession au trône sous le titre de comte d’Artois. Avant d’incarner l’un des derniers rois de la monarchie française, il fut en effet l’un des princes les plus libertins de la cour de Versailles.Né en 1757, dernier petit-fils de Louis XV et frère cadet du futur Louis XVI, le comte d’Artois grandit dans un univers où luxe, privilèges et plaisirs constituent le quotidien. Très tôt, il se forge une réputation de prince dépensier, amateur de fêtes, de jeux d’argent et d’aventures galantes. À Versailles, son nom devient synonyme de légèreté, voire d’irresponsabilité. Il accumule les dettes et multiplie les liaisons, au point d’inquiéter régulièrement la famille royale.Ce goût prononcé pour les plaisirs n’est pas anodin. Il reflète l’esprit d’une partie de l’aristocratie finissante, déconnectée des réalités sociales et économiques du royaume. Tandis que les finances de l’État se dégradent et que le mécontentement populaire monte, le comte d’Artois continue d’incarner une noblesse insouciante, symbole, pour beaucoup, des excès de l’Ancien Régime.Lorsque éclate la Révolution française en 1789, il fait partie des premiers princes à quitter la France. Hostile à toute concession envers les révolutionnaires, il s’exile et passe plus de vingt ans à errer à travers l’Europe, cherchant sans relâche à obtenir l’aide des monarchies étrangères pour restaurer la royauté. Durant cet exil, son image évolue : le libertin frivole se transforme progressivement en défenseur acharné de la monarchie et de la tradition.Le retour en France se fait en 1814, avec la chute de Napoléon et la restauration des Bourbons. Son frère Louis XVIII monte sur le trône, et le comte d’Artois devient l’héritier. À la mort de Louis XVIII en 1824, contre toute attente, l’ancien prince noceur devient roi sous le nom de Charles X.Mais le contraste est frappant : celui qui fut un libertin notoire adopte désormais une posture ultra-conservatrice. Profondément attaché à la religion, il cherche à restaurer l’autorité de l’Église, à renforcer le pouvoir royal et à effacer l’héritage révolutionnaire. Cette politique rigide l’isole rapidement d’une société française qui a profondément changé.En 1830, ses ordonnances autoritaires provoquent une insurrection à Paris : la Révolution de Juillet. Charles X est contraint d’abdiquer et part une nouvelle fois en exil.Ainsi, le comte d’Artois demeure une figure paradoxale : libertin flamboyant devenu roi rigoriste, symbole à la fois des excès de l’Ancien Régime et de l’incapacité de la monarchie restaurée à comprendre son époque. Une trajectoire qui résume, à elle seule, le crépuscule de la royauté française.