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Choses à Savoir ÉCONOMIE

Que vont doivent cacher les buralistes belges ?

Aujourd’hui, nous parlons d’une nouvelle mesure entrée en vigueur ce mardi 1er avril en Belgique. Elle ne touche pas directement votre portefeuille… mais bien vos yeux. Désormais, les paquets de cigarettes ne peuvent plus être exposés à la vue des clients dans les bureaux de tabac. Rideaux, vitres opaques, portes coulissantes : les buralistes doivent cacher tous les produits liés au tabac.


L’objectif est clair : réduire l’attrait de la cigarette, notamment chez les plus jeunes. Mais cette stratégie est-elle vraiment efficace ? Et comment est-elle vécue sur le terrain ? C’est ce qu’on va voir ensemble.


En Belgique, la lutte contre le tabagisme ne date pas d’hier. Et elle passe, entre autres, par une hausse régulière des prix.

En novembre dernier, le prix du paquet est passé de 8 à 11,50 euros. Une augmentation significative qui aligne davantage la Belgique sur les tarifs français.

Ce levier économique vise à dissuader la consommation, en particulier chez les plus jeunes, plus sensibles au prix. À noter que depuis 2016, le prix des cigarettes a globalement augmenté de plus de 40 % en Belgique.


Malgré ces efforts, la Belgique reste un pays où l’on fume beaucoup.

Selon la Fondation contre le Cancer, environ 24 % de la population fumait encore en 2022, dont 19 % quotidiennement. En moyenne, un fumeur belge consomme 14 cigarettes par jour.

Des chiffres qui montrent que le chemin est encore long. Et c’est justement pour enrayer cette dynamique que les autorités misent désormais sur des stratégies comportementales, comme la réduction de la visibilité des produits du tabac.


Sur le terrain, ce sont les buralistes qui doivent s’adapter. Et cette nouvelle règle change pas mal de choses dans leur quotidien.


Prenons l’exemple de Maxence Provost, buraliste installé à Callicanes, à la frontière franco-belge. Il a anticipé la mesure en installant des vitres opaques pour cacher les paquets. Résultat : plus rien n’est visible côté client — ni les marques, ni les prix.


Et cela complique le quotidien : « Il y a beaucoup de clients qui sont surpris », explique-t-il. « Maintenant, les prix, ils ne peuvent plus les voir. Ils ne peuvent plus voir la marque. »


Cela implique aussi plus de pas à faire, plus de gestes, et beaucoup plus de questions à gérer : « Vous avez telle marque ? C’est à combien ? C’est en 20 ou 25 unités ? » Des informations qu’on pouvait deviner en un coup d’œil, et qu’il faut désormais demander.


Certains buralistes, comme Maxence, s’interrogent : « On vend du tabac ici, alors pourquoi le cacher ? »

Et les clients ne sont pas plus convaincus : « Ça ne change rien. Ceux qui fument continueront de fumer », estime l’un d’eux. D’autres vont jusqu’à trouver la mesure « un peu ridicule ».


Pourtant, il faudra bien s’y plier, car l’amende en cas de non-respect est salée : au moins 2.000 euros. De quoi convaincre même les plus réticents.

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  • Pourquoi le MEDEF est-il furieux contre Trump ?

    02:04|
    En mars 2025, l'ambassade des États-Unis en France a adressé une lettre à plusieurs entreprises françaises, leur demandant de renoncer à leurs programmes internes de lutte contre les discriminations pour pouvoir continuer à signer des contrats avec l'État fédéral américain.Cette initiative a suscité une vive réaction de la part du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), dont le président, Patrick Martin, a qualifié cette démarche d'« inadmissible » et d'« ingérence inacceptable ».Le MEDEF, principale organisation patronale française, défend depuis longtemps des valeurs telles que la mixité, l'inclusion des personnes en situation de handicap et la promotion de la diversité au sein des entreprises. Les programmes de lutte contre les discriminations sont considérés comme essentiels pour assurer l'égalité des chances et refléter les valeurs républicaines françaises. Ainsi, la demande américaine est perçue comme une tentative d'imposer des normes étrangères contraires aux principes français.Patrick Martin a souligné que cette exigence traduit une « dérive du gouvernement américain » visant à exercer une emprise sur l'économie mondiale et les valeurs européennes.Il a également rappelé que la France dispose de ses propres règles en matière de diversité et d'inclusion, et qu'il est hors de question d'y renoncer sous la pression d'un pays tiers.Cette position est partagée par le gouvernement français. Laurent Saint-Martin, ministre du Commerce extérieur, a dénoncé ces « ingérences inacceptables », affirmant que les pressions américaines sur les politiques d'inclusion des entreprises françaises, ainsi que les menaces de droits de douane injustifiés, ne sont pas acceptables.Les entreprises françaises concernées se trouvent donc dans une situation délicate. D'un côté, elles souhaitent maintenir leurs relations commerciales avec l'État fédéral américain ; de l'autre, elles sont attachées aux valeurs d'inclusion et de diversité, inscrites dans le cadre légal français. Patrick Martin a exprimé sa conviction que ces entreprises assumeront leurs valeurs autant que possible, tout en appelant l'État français et l'Union européenne à les soutenir face à cette « décision funeste ».Cette affaire met en lumière les tensions croissantes entre les États-Unis et leurs partenaires européens concernant les politiques sociales et économiques. Elle soulève également des questions sur la souveraineté des nations en matière de législation interne et sur les limites des influences étrangères dans les affaires nationales. Le MEDEF et le gouvernement français restent fermes sur leur position, affirmant que les valeurs françaises ne sont pas négociables, même face à des pressions internationales.
  • Savez-vous ce qui change au 1er avril ?

    02:42|
    À partir du 1ᵉʳ avril 2025, plusieurs réformes importantes entrent en vigueur en France, impactant divers aspects de la vie quotidienne. Voici un aperçu des principaux changements :Revalorisation des aides socialesLe Revenu de solidarité active (RSA) est revalorisé de 1,7 % pour tenir compte de l'inflation. Ainsi, une personne seule percevra désormais 646,52 € par mois, soit une augmentation de 10,81 €. Un couple avec deux enfants bénéficiera de 1 357,70 €, contre 1 334,98 € auparavant.La prime d'activité connaît également une hausse similaire. Par exemple, un bénéficiaire célibataire sans enfant verra son allocation portée à 633,21 €, soit une augmentation de 10,58 €. Pour un bénéficiaire avec trois enfants, la prime atteindra 1 393,08 €, en hausse de 23,29 €.De même, l'Allocation aux adultes handicapés (AAH) est revalorisée de 1,7 %, portant son montant maximal de 1 016,05 € à 1 033,32 €.Durcissement des règles d'indemnisation du chômageLes allocations chômage sont désormais mensualisées sur une base de 30 jours, quel que soit le mois, entraînant une perte de 5 à 6 jours d'indemnisation par an pour les demandeurs d'emploi. De plus, les bornes d'âge pour la durée d'indemnisation sont relevées de deux ans : l'âge ouvrant droit à 22,5 mois d'indemnisation passe de 53 à 55 ans, et celui donnant droit à 27 mois passe de 57 à 59 ans.Modification des conditions d'indemnisation des arrêts maladiePour les salariés du secteur privé, le plafond du salaire pris en compte pour le calcul des indemnités journalières est abaissé à 1,4 fois le Smic, contre 1,8 fois précédemment. Cette mesure réduit le montant des indemnités perçues par certains salariés en arrêt maladie.Élargissement du prêt à taux zéro (PTZ)Le PTZ est désormais accessible à tous les logements neufs sur l'ensemble du territoire français, et ce, jusqu'au 31 décembre 2027. Ce dispositif, réservé aux primo-accédants sous conditions de ressources, vise à faciliter l'accession à la propriété en permettant d'emprunter sans intérêts.Augmentation des frais de notaireLes départements ont désormais la possibilité d'augmenter les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), communément appelés "frais de notaire", de 0,5 point pour une durée de trois ans. Cette hausse, si elle est adoptée localement, pourrait alourdir le coût des transactions immobilières pour les acquéreurs.Obligation d'une autorisation de voyage pour le Royaume-UniÀ partir du 2 avril, les citoyens français et européens devront obtenir une autorisation électronique de voyage (ETA) pour se rendre au Royaume-Uni. Cette autorisation, similaire à l'ESTA américain, coûte 12 € et est valable deux ans. La demande peut être effectuée via une application dédiée ou sur le site officiel du gouvernement britannique.
  • Pourquoi Elon Muck rachète-t-il X à lui même ?

    02:19|
    L’annonce a surpris, mais elle est cohérente avec la vision d’Elon Musk : sa start-up d’intelligence artificielle, xAI, a racheté la plateforme X – anciennement Twitter – dans le cadre d’une opération entièrement en actions, valorisant le réseau social à 33 milliards de dollars. Cette transaction peut sembler étrange au premier abord, puisque Musk possédait déjà X. Mais derrière ce jeu de vases communicants se cache une stratégie ambitieuse.Tout commence avec le lancement de xAI en 2023, une start-up née en réaction au succès fulgurant de ChatGPT. Elon Musk, cofondateur de l’entreprise OpenAI à l’origine de ChatGPT, a quitté l’aventure en désaccord avec ses anciens partenaires. Il décide alors de bâtir sa propre IA générative, baptisée Grok, censée être plus libre, plus sarcastique et moins « woke » que ses concurrentes.Ce chatbot a un avantage clé : il s’alimente en temps réel des milliards de messages publiés sur X. Dès lors, il devient évident que pour renforcer xAI, Musk a besoin de maîtriser totalement les données et les infrastructures de X. D’où ce rachat, qui n’est pas un changement de propriétaire, mais une fusion d’intérêts entre deux entités déjà liées.En intégrant X à xAI, Elon Musk espère créer un écosystème complet : une IA puissante, formée sur des données vivantes, connectée directement à une immense base d’utilisateurs – il revendique 600 millions d’usagers, même si la fréquence d’usage reste floue. Cette synergie devrait permettre de proposer des services plus intelligents, plus personnalisés… et plus rentables.Mais les motivations de Musk ne sont pas seulement techniques. Le rachat intervient dans un contexte politique sensible. L’homme le plus riche du monde est devenu l’un des principaux soutiens de Donald Trump, utilisant X comme un levier d’influence. Il a même été nommé à une commission présidentielle chargée de « rationaliser » le gouvernement, un euphémisme pour désigner une politique de licenciements massifs dans l’administration.Enfin, ce rachat « à lui-même » offre à Musk une marge de manœuvre financière. En fusionnant X et xAI, il peut restructurer ses actifs, attirer de nouveaux investisseurs, et valoriser xAI à hauteur de 80 milliards de dollars. Il s’agit aussi d’un message : Musk ne veut pas seulement concurrencer les géants de l’IA, il veut façonner une plateforme complète, mêlant technologie, influence sociale et politique.En clair, Elon Musk ne rachète pas X à lui-même… Il fusionne ses ambitions.
  • RSA: quelles sont les sanctions pour ceux qui ne respectent pas les nouvelles règles ?

    02:27|
    Depuis le 1er janvier 2025, la réforme du Revenu de solidarité active (RSA) est généralisée à toute la France. Cette réforme, issue de la loi pour le plein emploi votée en décembre 2023, impose à tous les bénéficiaires du RSA – soit environ 1,8 million de personnes – de réaliser un minimum de 15 heures d’activité hebdomadaire. Ces heures peuvent consister en des formations, des stages, des entretiens professionnels ou des ateliers d’aide à la recherche d’emploi. L’objectif affiché : favoriser le retour à l’emploi. Mais cette mesure fait débat, notamment à cause du régime de sanctions prévu pour les allocataires qui ne respecteraient pas ces nouvelles obligations.Pour l’instant, les sanctions ne sont pas encore appliquées, car le décret d'application officiel n’a pas été publié. Cependant, un projet de barème transmis récemment aux conseils départementaux en précise les grandes lignes. En cas de non-respect des obligations, les bénéficiaires pourraient voir leur allocation suspendue de 30 % à 100 %, pour une durée allant de un à deux mois. Le mécanisme dit de « suspension-mobilisation » prévoit toutefois que si la personne reprend ses engagements durant cette période, elle pourra récupérer rétroactivement les sommes perdues.Si les manquements se répètent, la sanction pourra aller plus loin : suspension de l’allocation pendant jusqu’à quatre mois. Et dans les cas les plus graves (refus répétés, abandon total du parcours d’insertion), l’allocataire pourra même être radié de France Travail, perdant ainsi son RSA.Toutefois, le gouvernement affirme vouloir éviter une logique punitive systématique. Le cabinet de la ministre Astrid Panosyan-Bouvet insiste sur l’approche « individualisée et bienveillante » du dispositif. Des garde-fous sont prévus : pour les foyers comprenant au moins deux personnes, la sanction ne pourra pas excéder 50 % de l’allocation. De plus, un simple oubli de rendez-vous ne sera pas automatiquement sanctionné : il faudra un faisceau d’indices concordants prouvant un désengagement.Enfin, les conseils départementaux, qui auront la charge d’appliquer les sanctions, sont encore en phase de concertation avec l’État. Le décret final est attendu pour le printemps, avec une entrée en vigueur des sanctions espérée d’ici l’été 2025. Cette réforme, à la fois ambitieuse et controversée, soulève déjà de vifs débats sociaux et politiques.
  • Pourquoi Facebook a la réputation d'être un réseau social de boomers ?

    02:10|
    L’expression « il n’y a que des boomers sur Facebook » est devenue courante pour décrire la présence massive des générations plus âgées sur le réseau social, en particulier les baby-boomers (nés entre 1946 et 1964). Ce phénomène, souvent tourné en dérision par les plus jeunes, est en réalité appuyé par des données concrètes sur l’évolution de l’audience de Facebook.Selon le rapport Digital 2024 de DataReportal, l’âge médian des utilisateurs de Facebook dans les pays occidentaux ne cesse d’augmenter. Aux États-Unis, par exemple, 70 % des internautes âgés de 50 à 64 ans utilisent Facebook, et près de 50 % des plus de 65 ans y sont également actifs. À l’inverse, seulement 33 % des 18-24 ans s’y connectent régulièrement, et la tendance est à la baisse. En France, c’est le même constat : l’audience des 13-17 ans a chuté de plus de 40 % en cinq ans.Ce vieillissement de l’audience s’explique en grande partie par un phénomène de saturation et de migration : les plus jeunes ont progressivement délaissé Facebook au profit d’autres plateformes jugées plus dynamiques ou « cool », comme Instagram, TikTok, ou Snapchat. À titre d’exemple, en 2024, TikTok comptait plus de 60 % de ses utilisateurs dans la tranche des 16-24 ans, contre moins de 20 % pour Facebook.Paradoxalement, Facebook reste le réseau social le plus utilisé au monde en termes de nombre total d’utilisateurs actifs (près de 3 milliards en 2024), mais sa base d’utilisateurs vieillit. Ce phénomène a transformé la plateforme en un espace perçu comme plus conservateur, axé sur le partage d’articles, les souvenirs de famille ou les discussions politiques, loin des codes visuels et rapides des réseaux plus jeunes.C’est donc un mélange de perception culturelle et de réalité statistique qui alimente cette réputation : les jeunes associent Facebook à leurs parents (ou grands-parents), ce qui le rend automatiquement moins attrayant. À mesure que les générations évoluent, chaque plateforme tend à trouver sa « niche générationnelle ».En résumé, dire qu’« il n’y a que des boomers sur Facebook » n’est pas totalement faux : la plateforme est bel et bien dominée aujourd’hui par les utilisateurs plus âgés, tandis que les jeunes générations investissent massivement d’autres réseaux sociaux à l’image plus actuelle et moins institutionnelle.
  • Quel est le nouveau contrat signé par Trump avec Boeing ?

    02:13|
    Le 21 mars 2025, le président Donald Trump a annoncé la signature d'un contrat majeur avec Boeing pour le développement du F-47, un avion de combat furtif de sixième génération destiné à remplacer le F-22 Raptor dans le cadre du programme Next Generation Air Dominance (NGAD) de l'US Air Force. ​Le F-47 est conçu pour être l'avion de chasse le plus avancé jamais construit, intégrant des technologies de furtivité de pointe qui le rendent pratiquement indétectable par les systèmes radar ennemis. Il sera doté d'une portée accrue, d'une meilleure maniabilité et d'une capacité à opérer en réseau avec des drones autonomes, connus sous le nom de Collaborative Combat Aircraft (CCA), qui effectueront des missions de soutien telles que la guerre électronique et la reconnaissance. ​Le contrat attribué à Boeing est estimé à plus de 20 milliards de dollars pour la phase de développement et de fabrication initiale, avec des coûts totaux du programme susceptibles de dépasser 50 milliards de dollars sur sa durée de vie. Cette attribution représente une victoire significative pour Boeing, surtout après avoir perdu le contrat du F-35 au profit de Lockheed Martin en 2001. L'annonce a immédiatement impacté le marché boursier : l'action de Boeing a augmenté de près de 4 %, tandis que celle de Lockheed Martin a chuté de plus de 5 %. ​Le développement du F-47 s'inscrit dans une stratégie visant à maintenir la supériorité aérienne des États-Unis face aux avancées militaires de nations comme la Chine et la Russie. Les capacités accrues du F-47, notamment sa furtivité avancée et sa capacité à opérer avec des drones, sont essentielles pour contrer les systèmes de défense aérienne sophistiqués de ces adversaires potentiels. ​Des prototypes expérimentaux du F-47 sont en cours de test depuis 2020, et l'US Air Force prévoit de déployer l'appareil d'ici la fin de la décennie, faisant de lui le premier chasseur de sixième génération opérationnel des États-Unis. Ce projet pourrait également ouvrir la voie à des collaborations internationales, plusieurs alliés des États-Unis ayant déjà manifesté leur intérêt pour le F-47. ​En conclusion, le F-47 représente une avancée majeure dans l'aéronautique militaire, combinant des technologies de pointe pour répondre aux défis stratégiques contemporains. Le contrat attribué à Boeing souligne l'importance de maintenir une industrie de défense robuste et innovante, essentielle à la sécurité nationale et à l'économie américaine.
  • Pourquoi les touristes boudent-ils les Etats-Unis ?

    02:25|
    Les États-Unis, autrefois l'une des destinations les plus prisées au monde, voient leur attractivité touristique sérieusement s'effriter. Selon un rapport de Tourism Economics publié fin février 2025, le pays pourrait enregistrer une baisse de 5,1 % des entrées de visiteurs étrangers par rapport à 2024 — alors qu’une hausse de 8,8 % était initialement attendue. Cette inversion de tendance inquiète les professionnels du secteur, d’autant que les conséquences économiques pourraient être colossales : jusqu’à 64 milliards de dollars de pertes pour l’industrie touristique américaine en 2025.Plusieurs raisons expliquent ce désamour. La première est d’ordre politique. Le climat généré par l’administration Trump semble peser lourd dans la balance. Les mesures impopulaires et clivantes prises ces derniers mois — notamment l’augmentation des droits de douane visant le Canada, le Mexique, la Chine et l’Union européenne, ou encore les tensions diplomatiques autour de l’Ukraine et Gaza — ont suscité un fort rejet à l’international. Pour Adam Sacks, président de Tourism Economics, ces décisions nourrissent « l’antipathie envers les États-Unis », dissuadant de nombreux voyageurs, notamment en provenance d’Europe de l’Ouest et du Canada.La deuxième raison est économique : le renforcement du dollar. En 2025, la monnaie américaine atteint un niveau élevé, rendant les séjours plus coûteux pour les étrangers. Résultat : les dépenses touristiques sur le sol américain devraient chuter de 10,9 %. Les touristes, en quête de bonnes affaires, se tournent vers des destinations plus abordables.Les conséquences de cette situation sont déjà visibles. Statistics Canada a constaté une baisse de 23 % des passages frontaliers canadiens en février, deuxième recul mensuel consécutif. Du côté des compagnies aériennes, United Airlines note une forte diminution des réservations en provenance du Canada, et une baisse de la demande sur le marché intérieur.Les touristes mexicains et européens ne sont pas en reste, eux aussi freinés par les tensions politiques et la montée des prix. L’alerte est donc lancée pour un secteur qui, aux États-Unis, pèse lourd dans l’économie nationale. Si la tendance se confirme, elle pourrait avoir un impact durable sur l’image du pays et sa place dans le tourisme mondial.
  • Comment fonctionne le nouveau « fonds à 500 euros » pour soutenir l’armée française ?

    02:17|
    Le « fonds à 500 euros » est une initiative lancée par le gouvernement français pour permettre aux citoyens de soutenir directement l'effort de défense nationale, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes. Il s'agit d'un placement inédit, à la fois patriotique et potentiellement rémunérateur.Concrètement, ce fonds vise à récolter 450 millions d’euros auprès du grand public, sur les 5 milliards nécessaires pour soutenir les entreprises françaises de défense dans leur développement, leur modernisation et leur souveraineté technologique. Le nom « fonds à 500 euros » fait référence au ticket d’entrée indicatif, mais chacun pourra investir plus ou moins selon ses moyens.Ce placement ne prend pas la forme d’un don, mais bien d’un produit d’épargne. Il est conçu pour être attractif : bien que comportant un certain risque, comme tout investissement en capital, il pourrait offrir un rendement estimé à partir de 5 %. Cela représente une opportunité pour les citoyens de faire fructifier leur épargne tout en contribuant à un objectif stratégique national, comme le développement de drones, la cybersécurité, ou le renforcement des chaînes industrielles de défense.Ce fonds ne servira pas à financer les dépenses courantes de l’armée, comme les soldes ou le carburant, mais des projets ciblés et porteurs d’innovation. Il sera géré par Bpifrance, la banque publique d’investissement, avec un engagement de transparence et de traçabilité des fonds investis.Cependant, à ce jour, le fonds n’est pas encore disponible à la souscription. Son lancement a été officiellement annoncé le 20 mars 2025 par Éric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts, mais les modalités précises – date d’ouverture, plateforme de souscription, durée, fiscalité – n’ont pas encore été communiquées. Il est donc conseillé de suivre les annonces de Bpifrance et du ministère de l’Économie pour ne pas manquer sa mise en place.Cette initiative suscite à la fois de l’enthousiasme et des interrogations. Certains saluent ce lien renouvelé entre citoyens et défense nationale, d’autres s’inquiètent de voir le financement militaire en partie confié à l’épargne privée. Reste à voir si ce produit séduira massivement les Français lorsqu’il sera lancé.