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Choses à Savoir ÉCONOMIE

Pourquoi voir la Joconde va bientôt coûter plus cher ?

Le Musée du Louvre prévoit une augmentation du prix d'entrée, notamment pour les visiteurs non européens, afin de financer un vaste projet de rénovation et d'amélioration de ses infrastructures. Cette initiative vise à moderniser le musée et à offrir une meilleure expérience aux visiteurs.


Projet de rénovation du Louvre


Annoncé par le président Emmanuel Macron, le plan intitulé "Renaissance du Louvre" comprend plusieurs mesures majeures :


- Nouvelle entrée : Une nouvelle entrée sera créée près de la Seine pour remplacer l'actuelle pyramide de verre, jugée obsolète face à l'afflux massif de visiteurs. Cette nouvelle entrée vise à améliorer la gestion des flux et à réduire la congestion.


- Salle dédiée à la Joconde : La célèbre peinture de Léonard de Vinci, actuellement exposée dans une salle souvent surpeuplée, sera déplacée dans une salle spécialement conçue pour elle. Cette mesure permettra aux visiteurs d'apprécier l'œuvre dans de meilleures conditions et de désengorger les autres parties du musée.


- Rénovation des infrastructures : Le musée prévoit des travaux de modernisation pour remédier aux problèmes d'infrastructures vieillissantes, tels que les fuites d'eau et les variations de température, qui menacent la conservation des œuvres.


Financement du projet


Le coût total des travaux est estimé entre 100 et 500 millions d'euros. Pour financer ce projet ambitieux, plusieurs mesures ont été annoncées :


- Augmentation du prix des billets : À partir de janvier 2026, les visiteurs non européens devront payer un tarif d'entrée plus élevé. Cette mesure vise à générer des revenus supplémentaires pour financer les rénovations. ([lefigaro.fr](https://www.lefigaro.fr/culture/au-louvre-le-tarif-specifique-et-plus-cher-pour-les-touristes-extra-europeens-en-place-des-2026-20250128?utm_source=chatgpt.com))


- Billet spécifique pour la Joconde : L'accès à la nouvelle salle dédiée à la Joconde nécessitera l'achat d'un billet supplémentaire, indépendant du billet d'entrée général. Cette tarification vise à réguler le nombre de visiteurs et à financer l'entretien de cette salle spécifique.


- Mécénat et partenariats : Le musée compte également sur le soutien de mécènes et sur les revenus générés par des partenariats, notamment avec des institutions comme le Louvre Abu Dhabi, pour compléter le financement nécessaire.


Justification de l'augmentation des tarifs


L'augmentation des tarifs pour les visiteurs non européens se justifie par plusieurs facteurs :


- Saturation du musée : Avec environ 9 millions de visiteurs annuels, le Louvre est confronté à une surfréquentation qui affecte la qualité de la visite et la conservation des œuvres.


- Coûts de maintenance élevés : Les infrastructures vieillissantes nécessitent des investissements importants pour garantir la sécurité et la préservation des collections.


- Contribution équitable : Étant donné que les visiteurs étrangers représentent une majorité du public, il est considéré équitable qu'ils contribuent davantage au financement des améliorations du musée.


En conclusion, ces mesures visent à assurer la pérennité du Musée du Louvre et à améliorer l'expérience des visiteurs, tout en garantissant la conservation optimale des œuvres d'art qu'il abrite.

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  • Pourquoi les touristes hors UE vont-ils devoir payer plus chers les musées ?

    02:05|
    Depuis ce mercredi, une nouvelle mesure entre en application en France et elle risque de faire grincer des dents : dans certains grands musées et monuments, les touristes venant de pays situés hors de l’Union européenne vont devoir payer leur billet d’entrée nettement plus cher. C’est le cas notamment du Louvre ou du château de Versailles, parmi les sites les plus fréquentés au monde.Alors pourquoi cette augmentation, et surtout pourquoi viser spécifiquement les visiteurs non-européens ?La première raison est très simple : l’argent. Entre l’entretien des bâtiments historiques, la restauration des œuvres, les exigences de sécurité, la gestion des flux de visiteurs et les travaux de rénovation permanents, le coût de fonctionnement de ces lieux est colossal. Or, les budgets publics ne sont pas extensibles à l’infini. L’État cherche donc à renforcer les ressources propres des musées, c’est-à-dire leurs recettes directes issues des billets, des boutiques, des expositions ou du mécénat. Augmenter le prix d’entrée pour une catégorie de visiteurs permet de générer des revenus supplémentaires rapidement, sans toucher le prix payé par la majorité des Français et des touristes européens.Deuxième raison : une logique de tarification différenciée, déjà répandue dans le monde. Dans de nombreux pays, les résidents payent moins cher que les étrangers, car on considère que les habitants financent déjà en partie les infrastructures par leurs impôts. La France a choisi un découpage particulier : non pas “Français contre étrangers”, mais “visiteurs de l’UE ou de l’Espace économique européen contre visiteurs extra-européens”. L’idée implicite est que les Européens appartiennent au même espace politique et économique, et qu’ils contribuent indirectement au financement et à la préservation de ce patrimoine.Troisième raison : rendre la hausse acceptable politiquement. Si le prix augmentait pour tout le monde, la mesure serait explosive auprès des Français et des Européens, qui fréquentent ces lieux, parfois en famille, parfois régulièrement. En ciblant les visiteurs extra-européens, on limite le coût politique interne. C’est aussi une cible jugée “solvable”, parce qu’un touriste venant d’Asie, d’Amérique du Nord ou du Golfe a souvent déjà dépensé des milliers d’euros pour le voyage, l’hôtel et les activités. Dans ce contexte, une hausse de quelques dizaines d’euros apparaît comme supportable.Mais la mesure suscite de fortes critiques. Certains y voient une discrimination contraire à l’idéal d’un patrimoine universel. D’autres soulignent une contradiction symbolique : faire payer plus cher des visiteurs de pays dont certaines œuvres exposées en France proviennent historiquement.En résumé, la hausse des prix pour les touristes hors UE n’est pas une sanction. C’est une stratégie économique : faire contribuer davantage ceux qui viennent de loin, afin de financer la conservation du patrimoine, sans augmenter la facture pour les visiteurs européens.
  • Le Texas va-t-il vraiment devenir plus riche que la France ?

    02:25|
    Le Texas va-t-il vraiment devenir plus riche que la France ? Depuis quelques semaines, la formule circule, portée par des déclarations politiques aux États-Unis — et relayée par Donald Trump, qui adore ce genre de comparaison très “scoreboard” : qui est devant, qui dépasse qui.Mais derrière le slogan, que disent les chiffres ?D’abord, on parle ici de PIB, le produit intérieur brut : la valeur de tout ce qui est produit en un an sur un territoire. Et sur ce point, le Texas est déjà une puissance mondiale. Selon les estimations basées sur les données de référence du Bureau of Economic Analysis, le PIB du Texas en 2024 se situe autour de 2 700 milliards de dollars. Si le Texas était un pays, il ferait partie du top 10 mondial.La France, elle, reste au-dessus : autour de 3 100 milliards de dollars selon les comparaisons internationales courantes (les chiffres varient selon l’année retenue et le taux de change). Autrement dit : non, le Texas n’est pas encore “plus riche” que la France en PIB total. Il manque encore plusieurs centaines de milliards.Alors pourquoi cette idée revient-elle avec autant de force ?Parce que le Texas a une dynamique économique très particulière. C’est d’abord une superpuissance énergétique : pétrole, gaz… et aussi éolien. Cette abondance énergétique fait baisser les coûts et attire les industries. L’électricité y est souvent moins chère qu’ailleurs, et surtout l’État assume une stratégie pro-croissance avec une fiscalité plus légère.Résultat : depuis une dizaine d’années, le Texas devient un aimant pour les sièges sociaux et les grandes entreprises, notamment dans la tech. Austin est devenu l’emblème de cette transformation — au point qu’on parle parfois de “Silicon Hills”. Tesla, SpaceX, Apple, Google : les projets et les implantations s’enchaînent.Autre détail frappant : le PIB par habitant du Texas est très élevé, supérieur à celui de la France. Mais attention : PIB total et niveau de vie ne racontent pas la même histoire. Un PIB par habitant haut peut coexister avec des inégalités plus fortes, et surtout avec un modèle social radicalement différent : santé, assurance, services publics… ce que le PIB ne mesure pas.Maintenant, la question clé : est-ce que le Texas peut dépasser la France bientôt ?À court terme, c’est peu probable. Pour que le Texas dépasse la France “dans les prochains chiffres”, il faudrait un bond massif d’environ 14 % en un an, pendant que la France stagne. Pour une économie déjà géante, c’est très rare.Mais à moyen terme — quelques années — le scénario devient crédible si la croissance texane reste forte.Conclusion : Trump vend un récit politique. Mais derrière ce récit, il y a une réalité : le Texas est en train de devenir une économie-monde. Pas encore devant la France… mais de plus en plus proche.
  • Que sont les multiplicateurs keynésiens ?

    02:58|
    Les multiplicateurs keynésiens, c’est une idée très simple et très puissante en économie : quand l’État dépense de l’argent, l’impact final sur l’économie peut être plus grand que la dépense de départ.Pourquoi ? Parce que l’argent injecté ne reste pas “immobile”. Il circule, il est dépensé, puis redépensé. Et à chaque étape, cette dépense devient le revenu de quelqu’un d’autre.Prenons un exemple. L’État décide d’investir 100 millions d’euros pour rénover des écoles. Cet argent est versé à des entreprises de bâtiment. Ces entreprises vont payer des salariés, acheter des matériaux, rémunérer des sous-traitants. Les salariés qui reçoivent ces salaires vont ensuite consommer : faire leurs courses, payer un plein d’essence, aller au restaurant. Les commerçants, en voyant leurs ventes augmenter, vont eux-mêmes commander davantage à leurs fournisseurs, payer plus d’heures à leurs employés, investir un peu. Et ainsi de suite.Au final, les 100 millions de départ peuvent produire 150 millions, 200 millions ou plus d’activité économique. Le multiplicateur keynésien, c’est précisément ce coefficient : combien d’euros de PIB sont créés au total pour 1 euro de dépense initiale.Pour comprendre ce mécanisme, Keynes part d’une notion essentielle : la propension marginale à consommer. Autrement dit, quand un ménage gagne 1 euro de plus, est-ce qu’il le dépense ou est-ce qu’il le garde ? Si, en moyenne, les ménages dépensent 80 centimes sur chaque euro supplémentaire, alors la relance est très efficace, car la consommation alimente en permanence une nouvelle vague de revenus.Dans un modèle simple, le multiplicateur est égal à 1 divisé par 1 moins cette propension à consommer. Si les ménages consomment 80% d’un revenu supplémentaire, alors le multiplicateur est 1 / (1 – 0,8), soit 5. Dans ce cas théorique, 100 millions de dépense publique peuvent créer jusqu’à 500 millions de PIB. C’est la version “pure” du raisonnement keynésien.Mais dans la réalité, le multiplicateur n’est pas toujours aussi élevé, parce qu’il existe des fuites. Une partie de l’argent est épargnée, donc ne circule pas. Une autre part sert à acheter des produits importés, donc la demande profite à l’étranger. Les impôts prélèvent aussi une partie des revenus. Et parfois, une relance trop forte peut générer de l’inflation ou pousser les taux d’intérêt à la hausse.Conclusion : le multiplicateur keynésien mesure la force d’une relance. Il est souvent plus élevé en période de crise ou de chômage, quand l’économie tourne au ralenti, et plus faible quand l’économie est déjà proche de ses limites.
  • Pourquoi les Etats Unis veulent-ils que les passagers s'habillent mieux à bord des avions ?

    02:19|
    Officiellement, ce n’est pas une lubie fashion ni une envie de ressusciter les années 60 : c’est une tentative – très symbolique – de calmer la montée des tensions dans le transport aérien.Depuis quelques années, Washington observe une explosion des comportements agressifs dans les avions : insultes, menaces, refus d’obtempérer, bagarres… Au point que la Federal Aviation Administration (FAA) a durci sa politique de sanctions. Dans ce contexte, le Department of Transportation (DOT) a lancé fin 2025 une campagne nationale baptisée « The Golden Age of Travel Starts With You », destinée à relancer la “civilité” dans les aéroports et à bord.Mais quel rapport avec la tenue vestimentaire ?Le secrétaire aux Transports Sean Duffy a explicitement relié l’idée de civilité au fait de se présenter dans une tenue « respectueuse », en donnant des exemples très concrets : éviter les pyjamas, les chaussons, le style “je sors du lit”, et préférer un minimum de tenue correcte – par exemple jean et chemise. Dans l’esprit de la campagne, mieux on s’habille, mieux on se comporte.C’est une approche psychologique assez classique : ce qu’on appelle parfois “l’effet costume”. En bref, l’apparence influence notre état d’esprit. Se sentir “présentable” incite à se comporter comme dans un espace public — pas comme sur son canapé.Deuxième objectif, plus pragmatique : rappeler que l’avion est un espace ultra-contraint, où une incivilité peut dégénérer très vite. Et où la sécurité dépend aussi de la coopération des passagers. Une personne pieds nus, en chaussons, ou en tenue trop relâchée n’est pas seulement une question d’élégance : c’est aussi une question d’hygiène, de règles de cabine, et de respect du personnel navigant.Troisième raison : la campagne vise surtout à réinstaller une norme sociale. Pas une loi. Il n’y a aucune obligation juridique à s’habiller “classe”. C’est un message de responsabilisation, au même titre que “respectez l’équipage” ou “restez courtois”.Évidemment, les critiques sont nombreuses : plusieurs médias soulignent l’hypocrisie d’un appel au “glamour” alors que l’expérience aérienne moderne est tout sauf luxueuse (cabines serrées, retards, stress, services réduits).Conclusion : si les États-Unis poussent les passagers à mieux s’habiller, c’est moins pour la mode… que pour tenter de restaurer de la discipline sociale dans un transport devenu explosif.
  • Qu'est-ce que l'instrument “anti-coercition” ?

    02:43|
    Quand on parle de guerre commerciale, on imagine tout de suite des surtaxes, des ports bloqués, des containers coincés… Mais depuis peu, l’Union européenne s’est dotée d’une arme très spécifique pour répondre à un phénomène moderne : le chantage économique.Cet outil s’appelle l’instrument anti-coercition, ou ACI.Le principe est simple : lorsqu’un pays tiers menace l’Union européenne – ou l’un de ses États membres – avec des mesures commerciales pour lui faire changer une décision politique, l’UE peut riposter avec des contre-mesures lourdes, rapides et coordonnées.Et c’est précisément ce que vise Emmanuel Macron dans le contexte actuel : Donald Trump a brandi de nouvelles menaces de surtaxes douanières contre plusieurs pays européens. Pour Paris, ce n’est pas seulement un conflit commercial classique : c’est une tentative de pression politique via l’économie.Alors, qu’est-ce que la “coercition économique” exactement ?Selon la définition de la Commission européenne, il s’agit d’une situation dans laquelle un pays tente de forcer l’UE ou un État membre à adopter – ou abandonner – une décision, en menaçant d’agir sur le commerce ou l’investissement. Concrètement : “faites ce que je veux, ou je vous taxe”. C’est ce que Bruxelles considère comme une interférence inacceptable dans la souveraineté européenne.L’ACI est surnommé le “bazooka commercial” parce qu’il autorise une gamme de représailles très large.Cela peut commencer “soft” : droits de douane, quotas, restrictions sur certains produits.Mais cela peut aller beaucoup plus loin, notamment en visant des secteurs stratégiques : services numériques, investissements, accès au marché unique, et même marchés publics européens. En clair : l’Europe peut dire à certaines entreprises étrangères “vous ne jouerez plus chez nous”.Attention : ce n’est pas une arme qu’on déclenche sur un coup de tête.D’abord, la Commission européenne doit analyser les faits, vérifier si la situation rentre bien dans la définition de coercition. Ensuite, elle propose une réponse. Puis les États membres valident à la majorité qualifiée. Cela signifie que l’activation peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois.Et un point important : l’ACI a été adopté récemment, via le règlement européen 2023/2675, entré en vigueur le 27 décembre 2023. Jusqu’ici, il n’a jamais été utilisé.En résumé : l’instrument anti-coercition, ce n’est pas un simple outil de taxation. C’est une doctrine : si quelqu’un tente de faire plier un pays européen par l’économie, c’est toute l’Union qui répond.
  • Pourquoi 31 tonnes d’or sont bloquées à Londres ?

    01:30|
    Le Venezuela possède environ 31 tonnes d’or conservées depuis des décennies dans les coffres de la Bank of England (Banque d’Angleterre), comme beaucoup d’États qui stockent une partie de leurs réserves à l’étranger pour des raisons de sécurité et de liquidité. En 2020, ces 31 tonnes étaient évaluées à environ 1,95 milliard de dollars, soit environ 15% des réserves du pays (les montants ont évolué depuis avec le prix de l’or)...
  • Pourquoi Trump veut plafonner les intérêt des cartes bancaires ?

    02:20|
    Donald Trump a relancé une idée spectaculaire : plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10%, au moins temporairement. L’annonce a fait l’effet d’une bombe, car aujourd’hui, le coût réel d’un crédit revolving aux États-Unis est souvent bien plus élevé : les taux moyens tournent autour de 19–21%, et peuvent monter bien davantage selon le profil de l’emprunteur...
  • Pourquoi vos transactions crypto ne seront plus jamais invisibles ?

    01:48|
    Si vous avez déjà acheté du Bitcoin, échangé de l’Ethereum, ou simplement testé une plateforme crypto “pour voir”… cette info vous concerne : depuis le 1er janvier 2026, l’Union européenne a déclenché une nouvelle étape dans la traque fiscale. Et cette fois, ce n’est plus une menace vague : c’est un mécanisme automatique...
  • Quel “jouet” emblématique signe son grand retour ?

    01:58|
    Trente ans après leur apparition, les petits œufs électroniques Tamagotchi signent un retour spectaculaire. Pas un simple frisson nostalgique : un vrai phénomène économique.Le chiffre qui résume tout tient en une ligne : les ventes de produits Tamagotchi (hors jeux vidéo) ont été multipliées par environ sept en cinq ans, depuis 2019. Autrement dit, la “renaissance” s’est construite sur la période post-Covid : davantage de temps à la maison, un besoin de réconfort, et l’envie d’objets simples, affectifs, quasi anti-stress.Ce retour s’appuie aussi sur un socle industriel solide. Bandai Namco rappelle qu’au total, plus de 100 millions de Tamagotchi (ces “œufs” de poche) ont été vendus dans le monde depuis le lancement de la marque. Ce volume historique compte, car il transforme le produit en icône transgénérationnelle : les parents d’hier peuvent aujourd’hui offrir à leurs enfants un objet qu’ils ont connu… et s’en racheter un “pour de bon”.Pourquoi ça marche maintenant, alors que le smartphone existe ? Justement parce que le Tamagotchi est l’inverse du smartphone : un usage limité, des règles simples, une petite dose de responsabilité et de récompense. Et surtout, c’est un objet. Il se porte, se montre, se collectionne. La preuve : à Tokyo, l’effet “accessoire de mode” est devenu un argument en soi, notamment chez les plus jeunes. Économiquement, le Tamagotchi profite d’un marché en forte traction : celui des “kidults”, ces adultes qui achètent des jouets pour eux-mêmes, à la frontière entre collection, lifestyle et cadeau. C’est un segment sur lequel Bandai multiplie les déclinaisons : éditions, couleurs, collaborations, et renouvellement régulier des gammes. Et l’actualité alimente la machine : expositions anniversaires, communication événementielle, et mise en scène du produit comme un morceau de culture pop. Au fond, l’histoire est classique… et très moderne. Dans une économie saturée d’écrans et d’abonnements, un petit objet à trois boutons et à l’attachement quasi émotionnel devient un produit parfait : faible barrière d’entrée, fort capital nostalgie, et achat impulsif. Le Covid n’a pas “créé” le Tamagotchi ; il a remis en valeur ce que l’objet vend depuis 1996 : une relation, miniature, mais intense.