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Choses à Savoir ÉCONOMIE
De combien va diminuer l’abonnement électricité au 1er février 2026 ?
En février 2026, les Français verront une baisse du prix de leur abonnement d’électricité. Ce n’est pas une révolution, mais c’est un signal économique important, à la fois pour le pouvoir d’achat et pour la stratégie énergétique du pays. Cette diminution s’explique par une décision technique mais structurante : la baisse de la Contribution tarifaire d’acheminement, un prélèvement présent sur toutes les factures d’électricité.
D’abord, rappelons ce qu’est un abonnement d’électricité. Il s’agit de la part fixe de la facture, payée indépendamment de la consommation réelle. Cette part finance notamment l’entretien et le fonctionnement des réseaux électriques. Contrairement au prix du kilowattheure, très exposé aux fluctuations des marchés de l’énergie, l’abonnement évolue en général lentement. C’est pourquoi toute baisse est rare… et politiquement significative.
À compter du 1er février 2026, l’État a décidé de réduire de 25 % la contribution tarifaire d’acheminement. Cette mesure représente un effort budgétaire total de 540 millions d’euros, intégralement rétrocédés aux consommateurs sous forme de baisse de facture. Concrètement, cela se traduira par une diminution moyenne de 5 % du prix de l’abonnement électrique.
En chiffres, l’impact est modeste mais réel. Pour un ménage, la baisse est estimée entre 10 et 12 euros par an, selon la puissance du compteur et le contrat souscrit. Pour certains professionnels fortement dépendants de l’électricité — artisans, commerçants, boulangers — le gain peut atteindre jusqu’à 200 euros par an. Ce n’est pas suffisant pour compenser l’ensemble des hausses passées, mais cela vient alléger une charge fixe souvent perçue comme incompressible.
Pourquoi cette décision maintenant ? Elle s’inscrit dans une logique plus large. Le gouvernement souhaite encourager l’électrification des usages : chauffage, mobilité, industrie. Pour que cette transition soit acceptée, l’électricité doit apparaître comme une énergie compétitive et stable. Réduire le coût de l’abonnement, c’est envoyer un signal clair : plus on électrifie l’économie, plus il faut rendre l’accès à l’électricité attractif.
Les autorités reconnaissent toutefois les limites de la mesure. Elle ne fait pas disparaître la complexité de la tarification énergétique, ni les contraintes liées aux investissements dans les réseaux. Mais elle constitue une baisse immédiate, visible et mesurable, à un moment où la facture énergétique reste une préoccupation centrale pour les ménages et les entreprises.
En résumé, au 1er février 2026, le prix de l’abonnement électrique baissera d’environ 5 %, grâce à une décision ciblée sur les taxes fixes. Une petite baisse, mais un choix économique lourd de sens.
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Pourquoi Lidl ne fera plus de publicité à la télévision ?
02:01|Pendant des années, les pubs Lidl faisaient presque partie du décor télévisuel français. Des promos qui claquent, des prix choc, une mécanique bien huilée… Et puis, soudain : rideau. Lidl annonce qu’il stoppe la publicité sur la télévision linéaire, c’est-à-dire la télévision “classique”, celle des grandes chaînes et des écrans publicitaires traditionnels.Officiellement, la raison est simple : le risque réglementaire est devenu trop élevé. En juillet 2025, Lidl a été condamné par la Cour d’appel de Paris à verser 43 millions d’euros à Intermarché. En cause : des publicités jugées trompeuses, accusées d’avoir mis en avant des produits en promotion sans garantir leur disponibilité sur une durée conforme à la loi. Car en France, lorsqu’un distributeur communique à la télévision sur une offre promotionnelle, il doit pouvoir prouver que les produits sont disponibles suffisamment longtemps — typiquement pendant quinze semaines — afin d’éviter l’effet “produit fantôme” : une promo séduisante… mais introuvable en magasin.Résultat : Lidl estime que la télé n’est plus un terrain rentable. Car sur ce média, tout est très encadré, très surveillé, et surtout : une erreur coûte extrêmement cher. Quand une pub passe à la télévision, elle touche des millions de personnes d’un coup. Donc si un juge considère qu’il y a tromperie, les dommages peuvent devenir gigantesques.Mais il y a une seconde raison, moins avouée — et plus stratégique.Lidl n’a plus vraiment besoin de la télévision. La marque est déjà connue, installée, populaire. Et surtout, aujourd’hui, le vrai pouvoir publicitaire se joue ailleurs : sur Internet.Le digital permet de cibler. De personnaliser. D’optimiser. Là où la télé bombarde tout le monde au même moment avec le même message, la pub en ligne permet d’adresser le bon produit, à la bonne personne, au bon endroit. Une promotion sur un outil de bricolage ? Vous la verrez si vous habitez une zone où ça se vend bien. Une offre alimentaire locale ? Elle peut être adaptée région par région. Autrement dit : on ne “pêche” plus au filet géant, on vise au harpon.Et puis, dernier point essentiel : sur Internet, les règles existent… mais le contrôle est souvent plus tardif, plus diffus, moins immédiat. Donc le risque financier paraît, à tort ou à raison, plus faible.La décision de Lidl est donc peut-être moins un coup de tête qu’un signal : la télévision perd son statut de média roi, surtout pour les grands distributeurs. Et Lidl pourrait bien être le premier domino d’une longue série.
Comment la Chine veut transformer le yuan numérique en véritable compte d’épargne ?
02:52|À partir du 1er janvier, la Chine franchit une nouvelle étape décisive dans sa stratégie monétaire. Pékin lance un plan d’action inédit : les banques commenceront à verser des intérêts sur les soldes détenus en yuans numériques, la monnaie digitale de banque centrale du pays. Une évolution majeure, qui pourrait profondément modifier le rapport des ménages chinois à la monnaie… et redessiner l’équilibre du système bancaire.Jusqu’ici, le yuan numérique, aussi appelé e-CNY, fonctionnait comme une version électronique du cash. Utile pour payer, rapide, traçable, mais sans rendement. Autrement dit, garder de l’argent en yuans numériques ne rapportait rien, exactement comme des billets dans un portefeuille. Avec ce nouveau dispositif, la logique change : le yuan numérique commence à ressembler à un compte bancaire rémunéré, même si les taux annoncés restent modestes.L’objectif est clair : encourager l’adoption massive du yuan numérique. Malgré plusieurs années de tests et des centaines de millions d’utilisateurs enregistrés, l’e-CNY reste encore peu utilisé dans la vie quotidienne. En offrant des intérêts, même faibles, les autorités créent une incitation directe à conserver des soldes en monnaie numérique plutôt que sur des comptes classiques ou en liquide.Mais cette décision répond aussi à un enjeu macroéconomique. L’économie chinoise fait face à une consommation atone, à une épargne de précaution élevée et à une perte de confiance persistante après la crise immobilière. En rémunérant les soldes en yuan numérique, les autorités espèrent canaliser l’épargne, mieux la suivre, et potentiellement l’orienter plus facilement vers des politiques de relance ciblées.Derrière cette mesure se cache également une transformation du rôle des banques. Le yuan numérique est émis par la Banque populaire de Chine, mais distribué par les établissements commerciaux. En rémunérant ces soldes, les banques deviennent des acteurs clés d’un système monétaire hybride, où la frontière entre monnaie centrale et dépôts bancaires s’amincit. À terme, cela pourrait concurrencer les comptes traditionnels, surtout si les taux proposés deviennent plus attractifs.Le plan a aussi une dimension stratégique. La Chine est aujourd’hui le pays le plus avancé au monde sur les monnaies numériques de banque centrale à grande échelle. En ajoutant une rémunération, Pékin teste un outil puissant : une monnaie programmable, traçable et désormais incitative. Un instrument qui pourrait, demain, permettre des politiques monétaires beaucoup plus fines, allant jusqu’à des taux différenciés selon les usages ou les profils.Enfin, ce projet dépasse les frontières chinoises. À long terme, le yuan numérique pourrait devenir un outil de souveraineté financière, facilitant les paiements transfrontaliers hors du système dominé par le dollar. Si l’e-CNY devient attractif pour les résidents, il pourrait aussi séduire certains partenaires commerciaux.En résumé, en rémunérant le yuan numérique, la Chine ne cherche pas seulement à moderniser ses paiements. Elle expérimente une nouvelle forme de monnaie, à la fois instrument économique, politique et géopolitique. Une expérience que le reste du monde observe de très près.
Pourquoi le prix du simit a été multiplié par 6 en cinq ans ?
02:12|En Turquie, l’inflation ne se lit pas seulement dans les statistiques officielles. Elle se voit, se touche… et se mange. Depuis quelques années, un aliment en particulier est devenu le thermomètre quotidien de la crise du pouvoir d’achat : le simit, ce petit pain circulaire recouvert de sésame, omniprésent dans les rues turques depuis des siècles. En moins de cinq ans, son prix est passé d’environ 3 livres turques à 20 livres, parfois davantage selon les quartiers. Une multiplication par six, qui résume à elle seule la violence de l’inflation subie par le pays.Le simit occupe une place unique dans la société turque. Peu cher, nourrissant, vendu partout dès l’aube, il constitue le petit-déjeuner traditionnel des classes populaires. Mais avec la flambée des prix, il est devenu bien plus que cela. Pour de nombreux ménages, étudiants, chômeurs ou travailleurs précaires, le simit est désormais aussi un déjeuner, parfois même l’unique repas de la journée. Quand les revenus stagnent et que les prix explosent, ce pain devient un refuge alimentaire.Pourquoi une telle hausse ? D’abord parce que le simit concentre plusieurs facteurs inflationnistes. La farine, l’énergie, le transport et les loyers commerciaux ont tous fortement augmenté. L’alimentation affiche une inflation proche de 35 % sur un an, le logement dépasse 50 %, et l’éducation plus de 65 %. Même un produit simple, composé de farine, d’eau et de mélasse, n’échappe pas à cette spirale.Ensuite, particularité turque, le prix du simit est encadré par l’État, au même titre que le salaire minimum. Officiellement plafonné, il est régulièrement réajusté à la hausse pour suivre – imparfaitement – l’inflation. Au 1er janvier, une nouvelle augmentation de 27 % est prévue. Une hausse inférieure à l’inflation officielle, ce qui signifie que le pouvoir d’achat continue de reculer.Le paradoxe est là : même quand l’inflation ralentit, les prix restent durablement élevés. Après avoir dépassé 75 % en rythme annuel en 2024, l’inflation est retombée autour de 30 %, mais sans retour en arrière. Le simit ne redeviendra pas bon marché. Il incarne ce phénomène bien connu des économistes : la rigidité à la baisse des prix.Le symbole est d’autant plus fort qu’il renvoie à l’histoire politique du pays. En 1993, alors candidat à la mairie d’Istanbul, Recep Tayyip Erdogan dénonçait déjà un système dans lequel une famille ne pouvait vivre décemment en ne consommant que des simits et du thé. Trente ans plus tard, le calcul refait montre qu’une famille nourrie ainsi dépenserait près de 22 500 livres par mois, soit l’essentiel du salaire minimum, qui concerne plus de 11 millions de travailleurs.Ainsi, le simit est devenu bien plus qu’un pain. Il est le baromètre social d’un pays où l’inflation, même en recul, continue de ronger le quotidien. Et tant que ce symbole restera hors de portée, la crise restera tangible pour des millions de Turcs.
Pourquoi le Venezuela est-il un enjeu géopolitique américain ?
02:30|Début janvier, après une opération militaire américaine à Caracas ayant conduit à l’arrestation du président Nicolas Maduro, le président américain Donald Trump a tenu un discours sans ambiguïté. Selon lui, les grandes compagnies pétrolières américaines vont pouvoir retourner au Venezuela, investir massivement, réparer des infrastructures délabrées et, je cite, « faire à nouveau couler l’argent ». Une promesse spectaculaire… mais immédiatement tempérée par une précision essentielle : l’embargo américain sur le pétrole vénézuélien reste en vigueur.Ce paradoxe apparent n’est pas un hasard. Le Venezuela possède l’un des sous-sols les plus riches de la planète. D’après Agence internationale de l'énergie, le pays détient environ 303 milliards de barils de pétrole, soit 17 % des réserves mondiales connues. Un chiffre colossal, supérieur à celui de l’Arabie saoudite. Pourtant, cette richesse contraste violemment avec la réalité économique du pays.Car aujourd’hui, le Venezuela produit moins d’un million de barils par jour, selon OPEP. Au début des années 2000, il en produisait plus de trois millions. En cause : des années de mauvaise gestion, de corruption, un sous-investissement chronique et surtout, des sanctions américaines en place depuis 2017, renforcées par un embargo pétrolier instauré en 2019.Privé d’accès aux marchés occidentaux, Caracas a dû écouler son pétrole sur le marché noir, principalement vers l’Asie, avec des rabais massifs. Un pétrole de qualité lourde, difficile à raffiner, souvent transformé en diesel ou en asphalte. Ironie de l’histoire : les raffineries américaines du golfe du Mexique ont été conçues précisément pour traiter ce type de brut vénézuélien.Alors pourquoi Washington agit-il maintenant ? Selon plusieurs analystes, les États-Unis n’ont pas besoin du pétrole vénézuélien pour leur sécurité énergétique. L’enjeu est ailleurs : reprendre le contrôle politique d’un acteur stratégique, affaiblir les circuits parallèles, et envoyer un signal clair à la Chine et à la Russie, très présentes en Amérique latine.En clair, derrière le discours économique, le pétrole vénézuélien est avant tout un outil de puissance. Et dans ce dossier, l’or noir sert moins à faire rouler les voitures… qu’à faire avancer les pions sur l’échiquier mondial.
Pourquoi les appareils électroniques vont-ils coûter plus cher en 2026 ?
02:45|En 2026, les appareils électroniques — smartphones, ordinateurs, tablettes, consoles ou objets connectés — vont coûter plus cher. L’une des raisons majeures, encore peu visible pour le grand public, est l’augmentation rapide du prix de la mémoire vive, la RAM. Et cette hausse est directement liée à l’explosion de l’intelligence artificielle.La RAM est un composant essentiel de tout appareil électronique. Elle permet de stocker temporairement les données utilisées par le processeur et conditionne la rapidité et la fluidité d’un système. Sans RAM, pas de multitâche, pas d’applications modernes, pas d’IA embarquée. Or, depuis deux ans, la demande mondiale de mémoire a changé de nature.Traditionnellement, la RAM était majoritairement destinée aux PC, aux smartphones et aux serveurs classiques. Désormais, les grandes entreprises de l’IA — OpenAI, Google, Microsoft, Meta, Amazon — consomment des quantités colossales de mémoire pour entraîner et faire fonctionner leurs modèles. Les serveurs d’IA utilisent des mémoires spécifiques, comme la HBM (High Bandwidth Memory), indispensables pour alimenter les puces de calcul de type GPU. Un seul serveur dédié à l’IA peut embarquer plusieurs centaines de gigaoctets de RAM, soit l’équivalent de dizaines, voire de centaines de smartphones.Selon plusieurs cabinets d’analyse, la demande en mémoire liée à l’IA progresse de plus de 40 % par an. En face, l’offre ne suit pas. Les fabricants de mémoire — Samsung, SK Hynix et Micron — ont volontairement limité leurs investissements après la crise de surproduction de 2022-2023. Résultat : en 2026, la production mondiale de DRAM devrait augmenter d’environ 15 à 16 %, bien moins que la demande.Ce déséquilibre a déjà un impact sur les prix. En 2025, les prix de la DRAM ont augmenté de plus de 50 %. Pour 2026, plusieurs prévisions évoquent une nouvelle hausse comprise entre 30 et 50 %, selon les segments. La mémoire HBM, très utilisée par l’IA, est encore plus sous tension, car elle mobilise davantage de silicium et des chaînes de production complexes, au détriment de la RAM “classique”.Or la RAM représente entre 10 et 20 % du coût de fabrication d’un PC ou d’un smartphone milieu et haut de gamme. Quand ce composant augmente fortement, les fabricants n’ont que deux options : réduire les performances ou augmenter les prix. De plus en plus, ils choisissent la seconde solution. Des hausses de prix sont déjà anticipées sur les PC et les smartphones dès 2026, avec une augmentation moyenne estimée entre 6 et 8 %.En résumé, l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle accapare la mémoire mondiale. Et cette bataille invisible pour la RAM se traduira très concrètement, en 2026, par des appareils électroniques plus chers pour les consommateurs.
Joyeux Noël ! Rendez-vous le 5 janvier
01:29|À l’approche de Noël, le podcast fait une courte pause pendant les fêtes, l’occasion pour moi de vous remercier chaleureusement pour votre fidélité et votre présence précieuse, de vous souhaiter de très belles fêtes pleines de chaleur et de moments simples, et de vous donner rendez-vous dès le 5 janvier pour de nouveaux épisodes.
Le "made in China" va-t-il remplacer la K-beauty coréenne ?
01:56|La question peut sembler légère, mais elle est en réalité très sérieuse économiquement : la beauté « made in China » est-elle en train de détrôner la célèbre K-beauty coréenne ? Depuis une quinzaine d’années, la Corée du Sud s’est imposée comme une puissance mondiale des cosmétiques, portée par l’innovation, le soft power culturel et des marques devenues incontournables. Mais depuis peu, un nouvel acteur accélère très vite : la Chine.La K-beauty a longtemps dominé le segment des cosmétiques innovants et accessibles. En 2023, l’industrie cosmétique sud-coréenne représentait environ 14 milliards de dollars d’exportations, contre moins de 2 milliards au début des années 2010. Des marques comme Innisfree, Laneige ou COSRX ont popularisé les routines en dix étapes, les masques en tissu et les soins ultra-techniques, tout en profitant de la vague K-pop et des dramas coréens. La Corée du Sud exporte aujourd’hui ses produits vers plus de 150 pays.Mais la Chine rattrape son retard à une vitesse impressionnante. Le marché chinois de la beauté est devenu le deuxième plus grand au monde, derrière les États-Unis, avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 80 milliards de dollars en 2024. Surtout, les marques locales chinoises connaissent une croissance à deux chiffres, là où les marques étrangères stagnent. Selon plusieurs cabinets d’études, les marques chinoises représentaient moins de 30 % du marché en 2015 ; elles dépassent désormais 50 % des ventes de cosmétiques en Chine.La force de la beauté chinoise repose sur trois leviers économiques. D’abord, le prix : des produits souvent 20 à 40 % moins chers que leurs équivalents coréens ou occidentaux. Ensuite, la vitesse d’innovation : certaines marques chinoises lancent de nouveaux produits en quelques semaines, en s’appuyant sur les données issues du e-commerce et des réseaux sociaux. Enfin, la maîtrise du marketing digital : sur Douyin, Xiaohongshu ou Tmall, les marques chinoises exploitent à grande échelle le live-shopping et les influenceurs locaux.Autre élément clé : la Chine n’est plus seulement un marché intérieur. Les exportations de cosmétiques chinois ont progressé de plus de 20 % par an depuis 2020, notamment vers l’Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l’Afrique. Là où la K-beauty s’est mondialisée par la culture, la C-beauty s’impose par la puissance industrielle et logistique.Faut-il pour autant enterrer la K-beauty ? Pas encore. La Corée conserve une image premium en matière de formulation et de dermatologie. Mais une chose est sûre : la beauté made in China n’est plus un outsider. Elle est devenue un concurrent crédible, capable de redessiner l’équilibre économique mondial du secteur cosmétique.
Qu'est-ce que la “doctrine Monroe” ?
02:39|La doctrine Monroe est une vieille idée de politique étrangère américaine… mais qui revient régulièrement sur le devant de la scène, notamment quand il est question de Donald Trump et du Venezuela.À l’origine, la doctrine Monroe est formulée en 1823 par le président américain James Monroe. Son principe est simple et brutal : l’Amérique aux Américains. Autrement dit, les États-Unis déclarent que le continent américain n’est plus une zone d’intervention pour les puissances européennes. En échange, Washington promet de ne pas se mêler des affaires européennes. À l’époque, il s’agit surtout d’empêcher l’Espagne, la France ou le Royaume-Uni de reconquérir leurs anciennes colonies en Amérique latine.Sur le papier, la doctrine Monroe est défensive. Mais avec le temps, elle va être largement réinterprétée. À partir du début du XXᵉ siècle, les États-Unis s’en servent pour justifier leur propre influence, voire leurs interventions, en Amérique centrale et du Sud. Coups d’État soutenus, pressions économiques, interventions militaires : la doctrine Monroe devient un outil de domination régionale, au nom de la stabilité et de la lutte contre les influences étrangères.C’est là que le lien avec Donald Trump apparaît. Lors de sa présidence, Trump et plusieurs membres de son administration ont explicitement invoqué la doctrine Monroe, notamment à propos du Venezuela. Pourquoi ? Parce que le régime de Nicolás Maduro entretient des relations étroites avec des puissances considérées comme rivales par Washington : la Russie, la Chine et l’Iran. Pour les États-Unis, cette présence étrangère en Amérique latine viole l’esprit de la doctrine Monroe.Dans le cas du Venezuela, l’enjeu est à la fois géopolitique et économique. Le pays possède les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde, mais il est plongé dans une crise économique et politique profonde. En soutenant l’opposant Juan Guaidó, en imposant de lourdes sanctions économiques et en menaçant à mots couverts d’une intervention, l’administration Trump s’inscrivait clairement dans une logique : reprendre le contrôle de l’arrière-cour américaine.Ce retour à la doctrine Monroe marque une rupture avec le discours multilatéral classique. Il traduit une vision du monde très transactionnelle et souverainiste : chaque grande puissance aurait sa zone d’influence, et l’Amérique latine resterait celle des États-Unis. Une vision critiquée par de nombreux pays de la région, qui y voient un réflexe impérialiste dépassé.En résumé, si l’on parle aujourd’hui de la doctrine Monroe à propos de Trump et du Venezuela, c’est parce qu’elle incarne une logique ancienne mais toujours active : empêcher toute puissance étrangère de s’implanter durablement en Amérique latine, quitte à peser lourdement sur les choix politiques et économiques des pays concernés. Une doctrine vieille de 200 ans, mais loin d’être enterrée.