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Choses à Savoir ART

Une dose d'art au quotidien.

Une dose d'art au quotidien.
Dernier Épisode4/21/2022

Que représente la couronne pour Jean-Michel Basquiat ?

Nourri par les influences de sa jeunesse et par ses diverses luttes, le peintre Jean-Michel Basquiat va devenir dans les années 70 et 80 un artiste majeur d’avant garde de la culture underground new yorkaise. En 1976, âgé d'à peine 16 ans, au même moment ou Keith Haring recouvre les murs de ses Radiats Babies,Jean Michel Basquiat va se faire connaître en graffant près des galeries d’art de Manhattan le mot SAMO, qui signifie Same Old shit, pour faire référence au quotidien des jeunes afro américains. Sa créativité lui servantà exprimer ces réflexions, mais également son intérêt pour des thèmes comme la lutte pour la cause afro-américaine, la musique jazz, le corps humain, ou encore la religion l’amène rapidement vers les galeries d’arts. La couleur et les mouvements de sa peinture transmettent pour l’époque l’énergie de toute une génération, il devient à 23 ans en 1983 le plus jeune artiste jamais exposé à la Biennale du Whitney Museum of American Art, musée d’art à Manhattan.Parmi les éléments récurrents de sa peinture, on peut retrouver le symbole de la couronne, mais alors que représente-elle pour l’artiste Basquiat ?Qu’elle soit d’épines ou à 3 branches, la couronne est devenue l’un des plus forts emblèmes de l’art criant et revendicateur de Jean-Michel Basquiat. Apparue très tôt dans ses dessins, la couronne pourrait transcender une envie chez lui de reconnaissance, qu’il entretient depuis sa jeunesse dans une famille relativement instable. Elle ferait également écho à ses racines, les Basquiat étant des nobles français ayant émigrés aux Etats-Unis et à ses vocations. Son ami l’artiste Francesco Clemente dira je cite “ La couronne de Jean-Michel a trois pointes, une pour chacun de ses trois lignages royaux : le poète, le musicien et le champion de boxe “ Mais bien plus loin que ces seules hypothèses, la couronne à trois branches est un moyen pour Basquiat de se réapproprier les lois de domination dans ses œuvres. Il suffit ainsi de remarquer que ces ornements sont fréquemment positionnés au-dessus de mots, de questions ou de personnages, sur lesquels Basquiat met alors l’emphase, et redéfinit la verticalité dans ses toiles. Cela rentre d’autant plus en résonance avec sa situation personnelle :premier street-artist à entrer dans le monde de l’art contemporain, la très importante commercialisation de ses œuvres le propulse loin de son passé modeste, dans des milieux ou le luxe est commun, et où il lui ait difficile de s’adapter aux codes sociaux des sphères élitistes du monde de l’art qu’il commence à fréquenter dans les années 80. Il peint ses héros, capte la culture populaire américaine, dessine les griots africains qui transmettent leurs histoires, et refuse tout au long de sa courte vie jusqu'à sa mort en 1988 d’une overdose, de voir l’art comme marchandise, en écrivant par exemple sur certaines de ces toiles les mots ; “Not for sale”. Voilà, j’espère vous en avoir appris un peu plus sur le street-artist Jean-Michel Basquiat et de son utilisation de la couronne, comme symbolique de son monde, de ses luttes, et comme l’un des plus célèbres éléments de son art.
4/21/2022

Que représente la couronne pour Jean-Michel Basquiat ?

Nourri par les influences de sa jeunesse et par ses diverses luttes, le peintre Jean-Michel Basquiat va devenir dans les années 70 et 80 un artiste majeur d’avant garde de la culture underground new yorkaise. En 1976, âgé d'à peine 16 ans, au même moment ou Keith Haring recouvre les murs de ses Radiats Babies,Jean Michel Basquiat va se faire connaître en graffant près des galeries d’art de Manhattan le mot SAMO, qui signifie Same Old shit, pour faire référence au quotidien des jeunes afro américains. Sa créativité lui servantà exprimer ces réflexions, mais également son intérêt pour des thèmes comme la lutte pour la cause afro-américaine, la musique jazz, le corps humain, ou encore la religion l’amène rapidement vers les galeries d’arts. La couleur et les mouvements de sa peinture transmettent pour l’époque l’énergie de toute une génération, il devient à 23 ans en 1983 le plus jeune artiste jamais exposé à la Biennale du Whitney Museum of American Art, musée d’art à Manhattan.Parmi les éléments récurrents de sa peinture, on peut retrouver le symbole de la couronne, mais alors que représente-elle pour l’artiste Basquiat ?Qu’elle soit d’épines ou à 3 branches, la couronne est devenue l’un des plus forts emblèmes de l’art criant et revendicateur de Jean-Michel Basquiat. Apparue très tôt dans ses dessins, la couronne pourrait transcender une envie chez lui de reconnaissance, qu’il entretient depuis sa jeunesse dans une famille relativement instable. Elle ferait également écho à ses racines, les Basquiat étant des nobles français ayant émigrés aux Etats-Unis et à ses vocations. Son ami l’artiste Francesco Clemente dira je cite “ La couronne de Jean-Michel a trois pointes, une pour chacun de ses trois lignages royaux : le poète, le musicien et le champion de boxe “ Mais bien plus loin que ces seules hypothèses, la couronne à trois branches est un moyen pour Basquiat de se réapproprier les lois de domination dans ses œuvres. Il suffit ainsi de remarquer que ces ornements sont fréquemment positionnés au-dessus de mots, de questions ou de personnages, sur lesquels Basquiat met alors l’emphase, et redéfinit la verticalité dans ses toiles. Cela rentre d’autant plus en résonance avec sa situation personnelle :premier street-artist à entrer dans le monde de l’art contemporain, la très importante commercialisation de ses œuvres le propulse loin de son passé modeste, dans des milieux ou le luxe est commun, et où il lui ait difficile de s’adapter aux codes sociaux des sphères élitistes du monde de l’art qu’il commence à fréquenter dans les années 80. Il peint ses héros, capte la culture populaire américaine, dessine les griots africains qui transmettent leurs histoires, et refuse tout au long de sa courte vie jusqu'à sa mort en 1988 d’une overdose, de voir l’art comme marchandise, en écrivant par exemple sur certaines de ces toiles les mots ; “Not for sale”. Voilà, j’espère vous en avoir appris un peu plus sur le street-artist Jean-Michel Basquiat et de son utilisation de la couronne, comme symbolique de son monde, de ses luttes, et comme l’un des plus célèbres éléments de son art.
4/20/2022

Pourquoi Louise Bourgeois sculptait-elle des araignées géantes ?

Dans le paysage artistique moderne, Louise Bourgeois est considérée comme une desfigures majeures du 20ème siècle et ce, malgré une reconnaissance qui sera arrivée sur le tard. Née en 1911 dans une famille de tapissiers, elle est rapidement mise en contact avec les arts manuels. Dans les années 1930, Louise se met alors à fréquenter les salons et ateliers parisiens où elle rencontre des artistes comme André Lhote ou Fernand Léger, et va par la suite prendre des cours au musée du Louvre. Elle épouse l’historien d’art américain Robert Goldwater en 1938 et va partir dans la foulée pour les États-Unis. C’est la bas qu’elle commencera réellement sa carrière artistique, après une tentative infructueuse d'intégrer le groupe des surréalistes, André Breton s’y étant opposé. D’abord s’étant adonnée à la peinture,elle se concentre au début des années 50 sur ce qui lui construira sa renommée, le marbre, le plâtre et le latex. Des thèmes comme la maternité, la féminité, le corps et la sexualité, déjà présents dans son œuvre se placent à partir de 1970 au centre de son travail.Mais alors d'où vient l’idée de sculpter ces gigantesques araignées ?Pour comprendre ce qu’elles représentent pour Louise Bourgeois, il faut préciser la place qu’occupe l’art pour cette dernière. L’artiste place sa vie personnelle et ses émotions au cœur de son processus créatif. Comme elle le dit elle même, je cite : « Pour exprimer des tensions familiales insupportables, il fallait que mon anxiété s'exerce sur des formes que je pouvais changer, détruire et reconstruire. » Ces sculptures, sont ainsi imprégnées de ces pensées, ces réflexions et des ses traumas personnels et aborde par conséquent son travail dans une dimension quasi-thérapeutique, Louise Bourgeois étant très proche du monde de la psychanalyse. Dans ce sens, ces sculptures gigantesques d’araignées représentent symboliquement la figure de la mère, la ou le symbole du pénis, autre élément récurrent de son art, fige la figure du père. LouiseBourgeois elle-même dira que l’araignée symbolise la mère, je cite, « parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu'elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable, indispensable qu'une araignée’. Symbole des tapisseries que réparait sa mère, l’araignée sculptée est parfois rapprochée avec des motifs en lien direct, tels que le fil ou bien les aiguilles.Comme elle sait si bien le faire, Louis Bourgeois joue sur l'ambiguïté de l’araignée telle qu’elle est perçue dans l'inconscient collectif, mais l’Aranéide reste pourtant bien positive dans sa vision des choses. La consécration en temps qu’artiste se développe dans les années 70, et elle aura droit à sa première exposition rétrospective au Moma à New York en 1982-1983.Bien loin de ne se limiter qu'à des sculptures d’araignées, Louise Bourgeois, artiste polyvalente et transtemporelle aura multiplié les supports de créations et aura développé des thèmes de prédilections tout au long de sacarrière jusqu'à sa mort en 2010 à travers son art qui restait pour elle “une garantie de santé mentale.’
4/18/2022

Comment a été inventé la marionnette Guignol ?

La célèbre marionnette Guignol qui fascine encore de nos jours les enfants est, de par ses origines, directement en lien avec le métier d’arracheur de dents. D’abord qui est concrètement Guignol ? Marionnette française née à Lyon vers 1808, elle rassemble dans son concept les traditions de la Capitale des Gaules à celles du théâtre français de la marionnette. Plus généralement, Guignol désigne un style de spectacle de marionnette comique, dont découle une littérature propre, mais également des compagnies, une historiographie et des déclinaisons médiatiques dont la plus célèbre reste celle diffusée sur Canal +, les Guignols de l’info. La technique pratiquée pour donner vie à Guignol et ses partenaires, comme Gnafron ou Madelon, implique une gestuelle particulière et de nombreux accessoires, le tout renvoyant à un comique de situation typique de la commedia dell'arte.Mais alors, comment est concrètement né Guignol, dans quelles circonstances ?Tout comme la barbe à papa est née par le biais d’un dentiste, Guignol est né par l’entremise d’un arracheur de dents. Penchons-nous sur son créateur. Laurent Mourguet, jeune lyonnais qui voit le jour en 1769, embrasse jeune la profession de ses parents, celle de canut, des ouvriers tisserands de la soie. Avec la Révolution Française, la pénurie de travail guette les ouvriers lyonnais, et nombre d'entre eux sont obligés de se reconvertir. Laurent Mourguet, déja immergé dans le monde de la culture dans sa jeunesse, se fait alors marchand ambulant dans la campagne lyonnaise, et découvre de ce fait le patois local. En 1797, il revient sur Lyon même pour s’installer comme arracheur de dent sur les places de la ville. Un problème se pose alors à lui, comment réussir à attirer une nouvelle clientèle ? Il décide alors de rassembler ses connaissances pour monter un spectacle de marionnettes, comme cela se faisait déjà à Paris 150 ans auparavant, et ainsi éveiller l’attention des populations qui circulent.Sur la base du théâtre classique de Polichinelle, personnage important de la commedia dell'arte, un texte est ainsi improvisé selon les humeurs du marionnettiste et les actualités du jour afin de réaliser un spectacle qui remplit de ce fait le rôle d’une gazette orale. Et cela marche, son spectacle commence à avoir du succès, à tel point que Laurent Mourguet va abandonner la profession d’arracheur de dents. Avec le temps, Laurent Mourguet se professionnalise, apprend à manipuler, et en vient à créer Guignol, dont on date traditionnellement la première apparition le 24 octobre 1808. La marionnette prend alors les traits de son créateur lui-même : fossettes et large sourire dans un visage rond. Guignol s'impose comme porte parole des petites gens de l’époque, par opposition à Polichinelle qui lui, symbolise plutôt l’individualisme. Par sa simplicité et sa bonne humeur Guignol va gagner en succès avec les ans, et pas seulement auprès du jeune public, notamment en étant joué des cafés théâtres à Paris.Digne représentant de la culture et du parler lyonnais, on consacre aujourd’hui à Guignol 4 théâtres à Lyon, et plus d’une douzaine à Paris, ou le style a bien évidemment évolué et se veut plus interactif, et enrichi de contes populaires. Quant à son nom, plusieurs versions sont affirmées par différents historiens, mais d’après le dictionnaire Larousse, Guignol était le nom d'un canut lyonnais, que Laurent Mourguet donna à sa marionnette. Voila, j’espère vous en avoir appris un peu plus sur l’histoire de la création de Guignol, à la base intervenue pour attirer la clientèle auprès de son père.
4/17/2022

Qu’est-ce qu'un “hareng rouge” au cinéma et en littérature ?

Nous avons déjà évoqué, dans un précédent épisode, ce qu’était un Macguffin dans un scénario. Aujourd’hui, nous nous concentrons sur un autre élément scénaristique dont vous ne connaissez peut-être pas le nom mais que vous avez sûrement déjà croisé, le hareng rouge. Rassurez-vous, nous ne parlons pas du poisson, mais bien d’une technique utilisée assez fréquemment au cinéma et en littérature. Le hareng rouge, ou en anglais, red herring, fait référence à un procédé de narration utilisé par les scénaristes ou les écrivains, qui vise à mettre en place une ou plusieurs fausses pistes dans une histoire, qui donnera un retournement final que le spectateur ne pouvait pas anticiper. Par ce procédé, les créateurs d’une œuvre s'assurent également du fait que cette ultime révélation donne un tout autre sens à l’intrigue qui s’est précédemment déroulée, que cela amène d’autres possibilités d’interprétations aux spectateurs.Mais alors pourquoi appelle t-on cela un hareng rouge ?L’origine de l’expression reste complexe à déterminer, mais on suppose principalement que cette dénomination viendrait du kipper, un poisson fumé très odorant alors utilisé dans la chasse pour éduquer les chiens à suivre une piste ou à les détourner de celle-ci. Toute la difficulté de cette technique réside donc dans le fait d’amorcer et de disséminer des indices tout au long du film ou du livre afin que le rebondissement final ne donne pas l’impression de sortir de nulle part. Des éléments qui ne sont pas trop évidents, qui se doiventde rester ambigu. Le hareng rouge reste donc une technique subtile, que les réalisateurs et romanciers doivent manier avec attention, pour pouvoir garder l’effet de surprise intact. Dans quelles œuvres peut-on trouver ces fameux harengs rouges ? Hé bien, parmi les long métrages les plus célèbres qui se servent de ce procédé, on peut trouver le film “Sixième Sens” réalisé par Night Shyamalan, qui pour ce faire met en place des ellipses qui permettent de cacher des éléments importants de l’intrigue en se mettant dans la logique et le point de vue du spectateur. De cette manière, le spectateur comble les espaces laissés par la narration avec ses hypothèses, et permet au hareng rouge de donner du sens au tout. On retrouve également les films “Usual suspects” de Bryan Singer, ou bien “Fight Club” de David Fincher qui se servent eux aussi d’un hareng rouge pour étoffer leurs récits.En littérature, on peut noter l’utilisation de ce procédé dans les romans d’Agatha Christie qui en fait même explicitement référence et usage dans son histoire “Ils étaient dix”, en l’évoquant dans la comptine qui fait office de fil rouge. Dans cette dernière, le red herring, traduit par hareng sault ou rouge, peut être interprété de manière littérale comme le poisson, mais également dans le sens technique du terme, alors que Agatha Christie joue sur cette ambiguïté. Voilà, j’espère vous en avoir appris un peu plus sur le hareng rouge, une technique populaire des scénaristes et romanciers notamment dans le genre policier, sur laquelle vous pourrez maintenant poser un nom.
4/14/2022

Pourquoi les représentations de l’art égyptien montrent-elles des personnages de profil ?

La civilisation égyptienne antique est caractérisée par une certaine longévité et stabilité en ce qui concerne l’art. En environ 3120 ans d’histoire et d’évènements, l’Egypte antique a pu développé et adapté sa propre conception de ce que nous appelons aujourd’hui l’art, et parmi les nombreuses occupations artisanales pratiquées à l’époque,nous nous arrêtons aujourd’hui sur la peinture et le dessin. D’abord, comme de nombreuses civilisations de ce temps, l'art égyptien est avant tout un art fonctionnel. Bien entendu, les artistes égyptiens cherchaient à représenter de la plus belle des manières qui soient, mais le concept de “l’art pour l’art” était absent des mentalités de l’époque. Et c’est dans cette logique que prennent place ces fameuses représentations de pharaons, de dieux, ou bien d’autres acteurs importants de la société. Les artistes Égyptiens, qui faisaient partie de l’élite de la population sachant lire et écrire, ne s'intéressaient pas au fait de capter le réel tel qu’il est, à figer un portrait du monde par la peinture ou la gravure.Au contraire, la représentation du corps est alors extrêmement normée.Comme vous le savez peut-être, les personnages dans l’art égyptien ne sont pas totalement représentés de profil. Que ce soit sur des papyrus, des poteries, dans des tombeaux ou autre, ils sont alors fréquemment dessinés et sculptés avec le visage de profil, un oeil vu de face, des jambes séparées et de profil tout comme les hanches et enfin une poitrine de face faisant apparaître leurs deux bras.Mais alors pourquoi cette hybridation dans leurs retranscriptions picturales ?Partant de ce constat, ce type de représentation est considéré par l'Égyptologie comme aspective, c'est-à-dire qu’elle occulte toute notion de perspective. Elle vise donc à transmettre une version purement conceptuelle et la plus exhaustive possible de l’être humain, et c’est en cela qu’elle se rapproche par nombres de ces aspects du mouvement cubiste qui apparaîtra des milliers d’années plus tard dans l’histoire de l’art. Pour résumer cette manière de construire une œuvre, on peut alors dire que les artistes égyptiens ne dessinent pas ce qu’ils voyaient, mais ce qui donnait du sens pour eux. C’est pour cela que les deux épaules des personnages apparaissent sur les représentations, les deux seins, les deux bras, les deux jambes, etc. pour éviter de reproduire partiellement une entité. Une hypothèse plus religieuse est également avancée pour expliquer cette représentation. Une personne devait être montrée sous tous ses aspects car c’était comme cela qu’elle devait se réincarner par la suite, il fallait alors détailler chacun de ces membres. Si vous vous demandez comment les artistes faisaient pour construire ce genre de représentations, ils utilisaient des grilles préparatoires qu’ils peignaient sur leurs dessins pour réaliser les bonnes proportions et ainsi normaliser la scène. Ces grilles n’avaient pas vocation à rester sur le dessin et n’étaient pas une nécessité absolue pour la création d’une œuvre, mais on en retrouve de nombreuses encore présentes et visibles . Voilà, vous en savez maintenant un peu plus sur l’art Egyptien et notamment sur l’importance accordée aux représentations complètes et non photographiques des personnages.
4/13/2022

Quelle femme a inspiré la Vénus de Botticelli ?

Sandro Botticelli est considéré aujourd’hui comme l’un des peintres les plus aimés et les plus importants du XVème siècle et de la Renaissance Italienne. Il précise tout au long de sa carrière son style ornemental, linéaire et gracieux en reprenant des éléments de la peinture gothique et en évitant volontairement l’exactitude anatomique dans ses dessins. On compte parmi ses tableaux les plus connus des toiles comme Le printemps, Mars et Vénus ou encore La naissance de Vénus.Mais un point commun lie étroitement tous ces succès du peintre florentin : le personnage féminin principal prend les mêmes traits physiques fins et élégants, ceux de la muse de Botticelli. Mais alors qui était cette femme qui a grandement inspiré le travail del’artiste ?Cette femme, c’était Simonetta Vespucci. La légende raconte qu’elle fut la plus belle femme qui ait jamais vécu à Florence au XV ème, Yvan Cloulas, historien francais, écrira qu’elle je cite « incarnait l'idéal féminin ». Celle qui était surnommée la “sans pareille” par les florentins était une femme noble, arrivée dans la capitale de la Toscane pour célébrer son mariage avec Marco Vespucci,cousin du navigateur Amerigo Vespucci, en 1469. Elle se rapproche rapidement d’une famille importante de l’époque à Florence, la famille des Médicis, et plus particulièrement de Julien de Médicis qui deviendra son amant. Simonetta Vespucci sera également approchée dès son arrivée, entres autres peintres, par Sandro Botticelli qui voyait en elle un modèle de beauté envoûtant. Simonetta vivra à partir de leurs rencontre un véritable amour platonique avec Botticelli, l’artiste et celle qui était devenue sa muse se suivant étroitement jusqu'à la mort de cette dernière. Obnubilé par son modèle, Botticelli en produira deux portraits, et s’en inspirera à de nombreuses reprises dans ses œuvres mythologiques. Malheureusement, Simonetta Vespucci sera emportée par la tuberculose très jeune, à 23 ans en 1476. Elle n’aura pas pu admirer ses représentations dans les oeuvres de Botticelli, comme Le Printemps dans lequel elle incarne l’allégorie vernale sous le nom de Flore, et dans ce que l’on considère comme le principal chef d’oeuvre du peintre, La Naissance de Vénus ou elle représente alors la déesse grecque de l’Amour, peint respectivement en 1482 et 1485.Ainsi, Botticelli continuera de peindre les traits de sa muse disparue quasiment, jusqu'à la fin de sa carrière. 10 ans avant sa mort, en 1510, il représentait Simonetta, et ses longs cheveux blond vénitiens dans son dernier nu, La Calomnie d'Apelle en 1495. Signe du lien étroit que les deux entretenaient, Sandro Botticelli fut enterré près de Simonetta dans l’église d'Ognissanti à Florence, comme il l’avait expressément demandé sur son testament. Ainsi, peu d’éléments du tempérament et du caractère de Simonetta en tant que tel nous sont parvenus, occultés par sa beauté qui correspondaient aux normes de l’époque. Elle restera néanmoins une personnalité importante du XV ème siècle à Florence malgré sa courte vie, et aura habité l'œuvre de Botticelli au point de devenir le personnage central de quelques-unes deses toiles les plus populaires.
4/11/2022

Pourquoi dit-on un "tube" pour désigner une musique populaire ?

Aujourd’hui le terme “tube” désigne bien de façon familière un titre musical qui rencontre un grand succès commercial ou populaire. Outre le fait qu’il semble en perte légère d’inertie ces dernières années, il est considéré comme la version française de l’anglicisme “hit”. Mais alors comment est-on arrivé à associer le terme tube au domaine musical, au fil des années ?Déjà au 20 ème siècle, il était de coutume de donner un nom aux chansons qui obtenaient du succès commercial. Dans les années 50, avant le mot tube, on employait alors le terme saucisson . Pourquoi ? Dans l’argot musical de l’époque, un saucisson, était de la musique produite et vendue pour subvenir aux besoins alimentaires de l’artiste. Boris Vian, poète, écrivain, et entre autres parolier français était à ce moment également directeur artistique chez le label de musique Philips. Et c’est lui, qui au milieu des années 50 commence à employer le terme tube à la place de saucisson. Ce terme faisait directement référence au fonctionnement du premier appareil de reproduction sonore destiné à un public amateur, le phonographe. Grâce à cet appareil apparu en 1877, il était possible de graver sur de petits cylindres des notes de musiques dans le même esprit que pour une boîte à musique ou un orgue de barbarie., Pour le très imaginatif auteur de “J’irai cracher sur vos tombes.”, le terme tube fait donc référence dans son utilisation au cylindre du phonographe, mais comporte également une dimension plus négative qui se sera perdue avec le temps.Boris Vian fait allusion aux chansons à succès dont les paroles sont creuses comme des tubes. Il appuie cette dimension péjorative du tube en écrivant une chanson en 1957 pour Henri Salvador, sobrement intitulée Le Tube, dans laquelle il décrit avec humour les mécanismes de composition d’une chanson à succès dans laquelle les paroles comptent peu. Quelques mois plus tard, dans le même sillon, il sortira en librairie une critique contre le fonctionnement du showbizz dans laquelle il pose à l’écrit son terme, “En avant la zizique… et par ici les gros sous”. Par un glissementsémantique, au fil du temps, “tube” s’est imposé nationalement et a complètement perdu sa dimension négative originale instaurée par Boris Vian.